Je me répète d'un chapitre à un autre, ayant des mots qui ont la résonnance d'une pièce vide un jour de visite de logement, mais je n'en ai pas d'autres. Alors encore merci pour vos encouragements, c'est une motivation précieuse.
Pour les reviews, un grand merci à Galswinthe***, Mamanlily***, Annetoutsimplement***, lea228, SoSweetySoCrazy***, mlca66, moonlightdiary, kaylena.
J'ai essayé de répondre à vos demandes, sur la mise en forme, sur l'histoire, sur les personnages . . . Je tiens compte de vos remarques et je vais intégrer à mon récit des séparations de type POV, ou simplement leur nom. Il faudra attendre les prochains chapitres pour que Bella s'ouvre du point de vue émotionnel.
Pour celles qui ont visitées ma fic', merci à SLGI Moony, oliveronica cullen massen, Liyuqin, Julytwilight et Doggywoman. Merci à vous.
Pour celle qui trouve qu'il y a trop de rebondissement, je serais tentée de dire « désolée » mais adorant lire des fictions je serais dans le même état que vous, si je pensais qu'une histoire se déroulait avec trop de rapidité. Je ne bâcle pas ma story, si je peux vous rassurer, mais j'essaye de mettre du rythme, trop peut-être. Malheureusement, pour la suite, il y aura encore du moooooooove.
Je m'excuse d'avance des coquuuilles, des photes « aurrrrrrybles » et des répétitions-tions. Lol.
Bonne lecture.
9
(Edward)
Je ne sais pas ce qui se passe. Mon père et mon frère sont dans le couloir, ils sont en grande discussion avec un policier. Rien de bon. Je ne sais pas si Bella est en bonne santé, je ne sais pas ce qui en est pour James.
Enfin, ma famille entre dans la pièce. Je peux les détailler chacun leur tour. Mon père, à l'air d'avoir vieilli de 10 ans, il fait son âge, il a l'âge d'un père qui a eu peur pour son fils. Emmett, lui, a simplement l'air déboussolé. Je ne sais pas si c'est de m'avoir trouvé à demi conscient, me baladant entre deux mondes, ou s'il a reconnu Bella, son ancien amour de jeunesse. Après tout, il n'y a que 5 ans que leur histoire a pris un autre tournant. Mais il fait le choix d'apaiser la tension palpable, pour me parler avec une pointe d'humour.
- ah, enfin réveillé, ça fait deux jours que tu dors, j'aurais préféré passer mon weekend avec ma femme, frérot.
- merci de te montrer, si . . . attentionné de ma propre santé.
- ça va toi, me demande-t-il, redevenant sérieux.
- oui, mais Bella ? Elle se trouve où ? Vous ne l'avez pas ramenée avec vous ?
Ils se jettent un regard en coin. Ce n'est pas fait pour me rassurer. Mon amour est dans un sale état, peut être pire que ça, et je ne le supporte pas, je ne supporterais pas d'être la cause de sa perte. Mon père prend la parole, c'est le chef de famille qui s'adresse à moi, mais je sens et j'entends le ton professionnel qu'il emploie.
- Edward, elle s'est fait opérer, le jour de son admission, elle a de multiples fractures et contusions. Elle a eu un hématome sous-dural aigu et elle a été mise dans un coma artificiel. Elle a subi un traumatisme crânien violent quand elle a chuté.
- elle a fait une chute.
Je suis sidéré, qu'a-t-il pu lui arriver. C'est un cauchemar et je n'en verrais jamais la fin. Mais que lui a-t-il fait subir, je n'aurais jamais dû la laisser seule. Je n'aurais jamais dû me rendre chez lui. Je sens les larmes pointées. Dans quel état il l'a mise, mais dans quel état il l'a mise. Je n'arrive plus à gérer mon stress et mes émotions comme mes pensées se bousculent en moi. Je suis à deux doigts de tout lâcher, à deux doigts de craquer.
- oui, mais tu es fatigué, tu sauras tout de cette histoire plus tard, me dit mon père qui comprend mon état d'esprit.
- je veux savoir, je veux la voir. Je ne peux pas rester là, dans l'ignorance totale de ce qui lui est arrivé, c'est trop pour moi, papa, il m'a dit . . . je ne peux pas en parler. Ce qu'il lui a fait et ce qu'il m'a fait. Personne ne devrait vivre ça.
- ce n'est pas possible fils. Tu es si fatigué.
- tu ne comprends pas, je n'arrive même pas à éprouver de la haine pour lui.
- j'en ai à revendre, me coupe mon frère.
Je le regarde, il est inutile de le reprendre, il est en colère et son amour de frère ne peut pas saisir la tourmente de mes sentiments et de mes émotions.
- vous ne pouvez pas savoir ce que c'est que de dépendre à ce point d'une personne.
Je détourne le regard, je ne peux retenir plus longtemps les larmes qui faisaient barrages aux bords de mes yeux. Il est temps que j'ouvre mon cœur aux hommes de ma famille.
- James a été le seul ami, l'unique personne qui est su anticiper mes moments de faiblesse. Il y a eu des jours, alors que je me battais contre la drogue et l'alcool, des jours où l'obscurité dans mon cœur été tel, que je n'arrive pas à imaginer un futur pour moi. J'ai tenté à plusieurs reprises de mourir.
Ils me regardent tout d'eux, à leur tour étourdi de ce qu'ils apprennent.
- il y a eu des moments de ma vie, dont je ne suis pas fière et pour lesquels je ne suis pas prêt à vous raconter les détails. Mais si je n'arrive pas, si je ne conçois pas de détester James, c'est parce que je sais ce qu'a été sa vie. Ecoutez, je vois à vos têtes que vous me prenez pour un fou ou simplement un naïf . . .
Je ne sais pas par où commencer. Je ne sais pas si ce qu'il m'a fait vivre ces derniers jours, mérite que je trahisse sa confiance. Mais je les aime, et leurs tristesses affichées ne me laissent pas d'autre choix.
- James a été violé à de multiples reprises, lors de son enfance. Le mot viol est mal employé car ce sont de véritables sévices qu'il a subi pendant les douze premières années de sa vie. Je sais que ça ne l'excuse en rien, que ça n'excuse pas son geste, mais il a besoin d'aide.
- mais si tu savais ce qu'il lui a fait, si tu pouvais voir la rage qu'il lui a fallu pour mettre ton immeuble dans cet état.
- ce n'est que du matériel.
- et Bella fait partie d'après toi des dommages collatéraux, me demande mon père.
- NE DIS PAS CA ! Elle est tout pour moi et je ne me pardonnerais pas, jamais, ce qu'elle a vécu par ma faute.
Je regarde mon père, il est triste. Son air et le ton qu'il emploie ne sont pas là pour me rassurer.
- James l'a traqué dans tout l'immeuble, Edward.
- non de dieu, si je n'avais pas voulu régler ça seul, si j'avais attendu.
- il avait décidé de passer à l'acte, quoi que tu penses, il faut que tu comprennes qu'il est des esprits dérangés, dont personne, ni par des mots, ni par des actes, n'arrive à sauver.
- je l'ai aimé comme un frère, je lui ai ouvert la porte de ma maison, de ma famille et de mes amis.
- Edward, mon fils, il est . . .
Il se tait, il ne parle plus, sa voix chaude et grave vient de s'éteindre sur un sanglot. Mon frère pose sa main sur l'épaule paternelle. Je comprends son silence soudain, quand j'aperçois Esmé. Ma mère vient de rentrer dans la pièce. Elle a entendu la fin de la phrase de mon père. Et elle est sous le choc.
- reprends depuis le début, veux-tu, lui demande-t-elle
- Bella a été pourchassé dans son appartement, elle a essayé d'échapper à James, en passant par les combles. Mais il a suivi son cheminement. Il a récupéré une masse sur le chantier.
- il lui a fait du mal, demande-t-elle.
- il n'a pas pu lui mettre la main dessus.
Elle parait rassurée, mais la suite, même sans les détails, est une évidence.
- mais alors ses blessures.
- elle est tombée du plafond, enfin elle a voulu descendre par la trappe du couloir, celle qui mène des combles au couloir du second.
- d'où les fractures.
- oui, pour certaines. Elle ne lui a échappé que grâce à sa volonté, elle s'est jetée dans l'ancien conduit du linge sale.
- mais il a été condamné et en 2 endroits, ne puis-je m'empêcher d'intervenir.
- oui, le premier contre-plaqué a ralenti la chute de Bella et le second a été détruit quand elle a reçu des débris et nous avons dû démonter la trappe qui obstruait la sortie du conduit pour l'évacuer de là.
- mais qu'a eu cette enfant, s'énerve Esmé.
- maman.
- chérie, elle a plusieurs fractures du bras, une entorse du genou et de la cheville . . .
- mais tu parlais d'hématome sous-dural aigu, à cause d'un traumatisme violent, la coupai-je
- oui, ils ont dû la mettre dans un coma artificiel après lui avoir fait une craniotomie et hémostase des vaisseaux hémorragiques.
- mais cela veut dire que c'est grave, un traumatisme de cette espèce peut être irréversible et si elle se réveille, elle risque d'avoir des séquelles, ajoute ma mère.
- oui ma chérie.
- et son pronostic vital ? Demandai-je.
- aucun organe n'est touché. Il ne lui reste plus qu'à reprendre conscience.
- et James ?
- il est en isolement. Et le policier, qui était avec nous tout à l'heure, nous a informés qu'il était recherché en Californie.
Je ne sais plus quoi dire. Y a-t-il simplement quelque chose à dire, cette histoire est ahurissante. Je ne suis plus en état de penser. Un pan de ma vie vient de m'exploser aux yeux. Je ne sais pas si je serais capable, un jour, de refaire confiance à quelqu'un. Je ne sais pas si je pourrais fermer les yeux et trouver le sommeil. Je ne suis plus rien de celui que je croyais être devenu.
- quelqu'un a prévenu les parents de Bella ?
Esmé venait de nous ramener sur terre. Encore une erreur de ma part. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt. Et sa sœur.
- le père de Bella est chérif dans la ville de Forks.
Je me retourne vers mon frère qui a lâché les infos, comme s'il parlait de sa propre copine. Il fait une drôle de tête. Après ce que m'avait raconté mon amour, je croyais qu'il n'avait jamais rien ressenti pour elle.
- sa sœur Alice est une amie de Rose, je vais lui dire de la contacter, ajoute-t-il une nouvelle fois.
Je le regarde, il est assis sur la chaise, près la fenêtre. Oui, il est important que j'aie une conversation avec lui. Il faut que je recommence à vivre et il est important que ce soit sur des bases saines. Je me retourne vers mes parents, je prends la décision d'avancer, et ça commence par ça.
- maman, papa, pouvez-vous nous laisser seuls.
Ma mère me regarde, mon père la prend par le bras et la fait sortir. J'attends que la porte soit fermée pour me tourner vers mon frère.
- raconte.
Il se prend la tête entre les mains. Il souffle un instant et la relève, plongeant ses yeux dans les miens.
- je suis certain que tu ne souhaites pas que je te parle de ce qui est arrivé aujourd'hui.
- Emmett, gagne du temps.
- j'ai rencontré Isa à la fac. Je faisais mon footing tous les matins, quand je l'ai vu pour la première fois. Je l'ai suivi sur quelques kilomètres, et je suis rentré. Puis chaque jour, je l'attendais, sans même qu'elle le sache. Elle était tellement différente de toutes ses filles qui me tournaient autour. Déjà, elle ne me regardait pas. C'est tellement agréable d'être avec quelqu'un qui n'attend rien de toi.
Il s'assoit au fond du fauteuil qu'il occupe, détourne les yeux vers la fenêtre, comme quelqu'un qui se plonge avec nostalgie dans ses souvenirs.
- un matin comme un autre, je l'ai vu chuté. Elle se tenait la cheville en jurant. Je me suis approché d'elle, comme si ma route croisait la sienne dans le plus simple des hasards. Elle a accepté que je la prenne dans mes bras pour que je l'emmène à l'infirmerie. Je l'ai tenu en silence au départ, la laissant poser sa tête sur mon épaule. Elle ne pesait rien, j'aurais pu la porter des heures entières. Dans les couloirs qui mènent jusqu'au local de l'infirmière, je lui ai demandé de me parler d'elle, elle était timide. Je lui ai donc parlé de moi. Lui racontant les blagues de mes potes. J'ai attendu qu'elle reçoive des soins pour la ramener dans sa chambre.
Il pose sa tête contre le dossier, toujours plongé dans sa contemplation du ciel de Seattle.
- je lui ai proposé de sortir un soir ensemble. Elle a refusé. Je l'ai supplié. Elle a accepté en me disant qu'elle me devait bien ça. Je les embrassais en sortant de sa chambre. J'avais tellement envie d'elle que je lui aurais fait l'amour dans l'instant. Une semaine plus tard, on ne se quittait plus. Un mois plus tard, j'ai commencé à me comporter comme un connard, en lui disant que je voulais passer à l'étape supérieure. Je ne savais pas qu'elle était vierge, je ne savais pas, parce que je ne regardais que mon propre intérêt et il y avait tant de filles en chaleurs autour de moi.
- tu ne la . . . pas
- non, jamais, je l'aimais, c'est la première fille pour qui je ressentais ça. J'ai toujours eu des gonzesses faciles mais je ne me doutais pas qu'il en était tout autre chose pour Isa. Alors, lors d'une soirée, je lui ai demandé de me faire . . . enfin tu vois, pour me prouvait qu'elle tenait à moi. On a eu des préliminaires, je la caressais, et quand est venu l'instant ou mon membre . . . merde, t'es mon frère et c'est ta copine.
- continue.
- elle est partie. Le lendemain j'ai voulu la voir mais elle était partie.
Sa voix s'est éteinte sur un trémolo. Je ne le connaitrais pas, je penserais qu'il éprouve toujours quelques choses pour elle. Il a de nouveau baissé la tête.
- j'ai compris plus tard qu'elle était rentrée chez son père.
- pourquoi ne l'as-tu pas suivie ?
- je pensais que tout reprendrait normalement à son retour. Mais elle est revenue que le semestre suivant. Elle était avec un jeune indien. C'était son nouveau mec.
- c'est son meilleur ami.
- il avait l'air d'être plus qu'un ami.
- tu devrais lui parler.
- ça servirait à quoi ?
- tu pourrais être surpris du nombre de malentendu qu'il existe entre des anciens amours.
- tu l'aimes.
- plus que tout.
- tu as bon goût, dit-il en riant, recouvrant un semblant de bonne humeur.
- je sais, je sais, fis-je pompeusement, ne voulant pas le replonger dans son chagrin.
Il se lève et vient me serrer contre lui. Je le tiens contre moi un instant.
- je t'aime frangin, me souffle-il.
- moi-aussi, frérot. Dis, tu me rendrais un service.
- tu as envie de pisser.
- non idiot, il y a des aides-soignantes si j'en ai besoin. Non, Em', j'aimerais la voir.
- ok, je vais voir avec l'infirmière si tu peux y aller en fauteuil.
- merci Em'.
- attends de me voir revenir, avant de me remercier.
Il sort de la chambre en sifflant, la démarche libérée. Je regarde à mon tour par la fenêtre. Les évènements de cette semaine sont insensés. Je retourne à mes propres doutes et mes pensées me portent naturellement vers James. Comment une personne peut à ce point caché sa vraie nature à son entourage.
Je repense à ce qu'il m'a dit. J'ai toujours cru qu'il ne s'était rien passé. Que j'avais rêvé cette relation entre nous. J'étais en si mauvais état à cette époque, je me sentais seul au monde. J'ai cru que je devenais fou d'avoir pu fantasmer sur James, je m'en voulais tellement. Pendant nos réunion de groupe, il nous avait fait part de son passé et des brutalités qu'il avait subis. J'avais l'impression d'être un de ses agresseurs, de l'avoir moi aussi violé, d'une certaine manière.
Mais quand il m'a donné sa version des faits, j'avais eu la nausée. Comment ai-je pu avoir tant de peine pour ce mec. J'ai passé plus d'une décennie au près d'un psychopathe. Je lui ai présenté ma famille. Je me déteste d'avoir été si naïf. Et aujourd'hui il a essayé de tuer la femme que j'aime. Elle est dans le coma. Elle a de multiples fractures, elle aurait pu mourir et ça, je ne lui pardonnerais jamais.
Je tourne la tête vers la porte d'entrée, quand celle-ci s'ouvre. Je ne connais pas l'homme qui vient de rentrer. Il est de taille moyenne, moustachu, une chemise type canadienne, sur un pantalon en velours côtelé marron.
- bonjour, dis-je.
- bonjour, je ne voulais pas vous déranger.
- non, ce n'est rien. Nous nous connaissons ?
- non. Je suis le père de Bella.
Le deuxième acte. Je fais face à un homme, dont la fille lutte pour vivre. Je suis face à celui avec qui, je comptais créer des liens, qui justifierait l'amour que je porte à la chair de sa chair. Je suis face à celui qui me permettra de devenir un mari et un père. Et je ne trouve rien d'autre à lui dire que . . .
- oh, monsieur Swan, je suis désolé, tellement . . .
- je pense que ton état me prouve que tu n'es pour rien dans celui de ma fille.
- c'est quand même à cause de moi.
- son agresseur a été interné.
- oui.
- c'est un de ses collègues.
- oui, et je croyais qu'il était . . . mon ami.
- les apparences peuvent être trompeuses parfois, fiston.
Il me regarde droit dans les yeux. Je ne vois pas la colère que je pensais y trouver, je ne vois pas de douceur non plus, mais aucunes agressivités.
- comment va-t-elle.
- elle est toujours inconsciente. Les médecins veulent lui laisser du temps, elle est épuisée, la connaissant, ça ne m'étonne pas d'elle.
Je regarde son père. Il fait de son mieux pour cacher sa peine. Je suis touché qu'il soit venu me voir. Je me rends compte que je ne me suis pas officiellement présenté à lui.
- monsieur Swan, savez-vous qui je suis ?
- oui, l'ami de mon Isabella.
- oui monsieur, et plus je l'espère. Je suis Edward Masen, dis-je en lui tendant la main avec difficulté.
- je croyais que vous étiez le fils de Carlisle ?, me questionne-t-il, en serrant doucement ma main.
- oui, mais Cullen Masen, c'est un peu long et beaucoup de questions peuvent découler d'un nom composé. Ma mère s'appelait Masen, mon père m'a adopté sur le tard, donc pour faire simple, je me présente le plus souvent comme Edward C. Masen.
- tu parles beaucoup !
Mon regard se tourne vers la porte, où une jeune femme brune, cheveux courts en bataille me regarde. C'est elle qui vient de m'apostropher de cette manière.
- Al', tu pourrais dire bonjour avant de lui tomber dessus de cette façon.
- oui papa !
Elle lui tire la langue. Puis comme si elle était montée sur ressort, elle se retrouve au bord de mon lit et me sert contre elle.
- aïe.
- Alice, la réprimande-t-il.
- bonjour Edward, je suis Alice Whitlock, la sœur de Bella.
- oh, euh, enchanté, quoi que j'aurais préféré que ce soit dans d'autre circonstance.
- c'est sûre. Alors ! Vous avez rencontré ma sœur comment.
- je suis son nouveau propriétaire.
- c'est vrai que la vieille bique a vendu.
Je la regarde, médusé. Cette fille est incroyable. Je suis à moitié dans les vapes, sa sœur n'a pas repris connaissance, et elle fait de l'humour, et . . .
- elle va bien.
- pardon ?
- Bella, elle va bien.
- comment ça ! Elle s'est réveillée.
- non, pas encore, mais elle ne va pas tarder.
- comment pouvez-vous en être sûre.
Elle se frappe du bout du doigt, la tempe.
- je le sais, c'est tout.
- ce que ne vous dis pas ma fille, c'est qu'ils ont arrêté toutes sédations. Elle a eu besoin d'un respirateur et son médecin avait peur, vu ses blessures qu'elle ne supporte pas une aide respiratoire. Mais elle est forte ma fille.
- Bella est une dure à cuir, déclare Alice, confiante. Tu te souviens papa quand elle s'était mise en tête de sauter du haut des falaises.
- oui, je remercie toujours Jacob de l'avoir sortie de l'eau.
- et la moto qu'elle avait achetée au vieux Rourke . . .
- je ne sais pas chérie si c'est le moment.
- papa, il est de notre famille, hein Edward.
- je . . . euh, oui, c'est ce que je souhaite, même si c'est un peu rapide.
- tu vois papa, il est important qu'il connaisse sa future femme, avant de l'emmener à l'autel.
- du calme Al', ils n'en sont pas encore là.
- oui, oui, mais tu sais que je ne me trompe que rarement, sauf si . . .
Elle se tourne vers moi, ses yeux inquisiteurs me dévisagent, comme si elle me passait aux rayons X.
- tu ne comptes pas faire du mal à ma sœur.
- jamais de la vie.
- bien, il faut que tu saches que j'ai les moyens de te faire souffrir, s'il te prenait l'envie du contraire.
- ALICE !
Je ris de bon cœur. Cette fille est adorable. Trop bavarde. Trop vive. Fatigante. Mais adorable.
- ce n'est rien monsieur Swan. Je t'écoute, raconte-moi cette histoire de motos.
Elle saute sur place et me rejoint presque sous les draps. J'ai juste le temps de me décaler qu'elle est déjà étendue près de moi, la tête sur mon épaule. Son père secoue la tête, il fait le tour du lit et va s'assoir sur le fauteuil près de la fenêtre. Il la regarde avec irritation, puis lentement, au fur et à mesure, je vois un sourire se dessiner sur ses lèvres.
Mes deux mains sont posées sur mes genoux, je n'ose pas bouger, la proximité de cette fille est dérangeante. Elle n'a pas l'air de se rendre compte qu'elle empiète sur mon espace vital.
Alors que je pense que la fin de son récit est proche, elle recommence une nouvelle anecdote sur sa sœur. Il m'aura fallu du temps mais je commence à comprendre son comportement. Elle tente de ramener parmi nous sa sœur, en révélant le moindre de ses secrets, elle veut prouver qu'elle est toujours là.
Je me penche sur sa tête et y dépose un baiser. Elle sursaute. Puis tout aussi vite, elle reprend sa place contre moi. Elle passe son bras sur ma poitrine avec précaution. Après une avalanche d'histoires, une logorrhée sur sa sœur, le petit lutin vient de s'endormir contre moi.
Je regarde vers son père. Il est lui aussi au pays des rêves. Je ne sais pas depuis quand ils ne se sont pas reposer. Je ferme les yeux à mon tour, passant mon bras autour de ma future belle-sœur. Je tombe avec plaisir dans un repos mérité après tant de verbiage.
Je n'arrive pourtant pas à laisser mon esprit en repos, je me rends compte que si je ne l'avais pas regardé comme une compagne possible, il ne lui serait jamais rien arrivé. Il ne me reste que 2 possibilités. La première, partir, retourner en Angleterre, où à Paris, pour qu'elle puisse oublier ce qui vient de se passer. La seconde, resté, la courtiser, pour lui prouver que mes intentions ont toujours été bonnes. Je sombre sur ses obscures pensées, dans un sommeil sans repos.
(Bella)
Des pleurs, ceux d'une petite fille, me parviennent. J'essaye de me redresser, mais c'est impossible. Je n'arrive ni à bouger les mains, ni les jambes. Je me concentre sur le son de cette voix.
Je baisse les yeux vers l'endroit d'où me semble venir le bruit, mais je ne vois pas l'enfant. Je me rends compte que je ne la vois pas car j'ai toujours les yeux fermés. Je ne sais pas si je rêve ou si je suis en train d'halluciner. Je n'ai aucun point de repère. Seulement ceux qui me semblent être les pleurs d'une enfant.
Je me calme, reprenant mes esprits pour me concentrer sur l'essentiel. Reprendre conscience avec le monde. Je n'ai jamais su faire autrement que de contrôler mes émotions. Ma mère ne m'a pas permis d'être une enfant, j'ai dû jouer le rôle de la mère, pour Alice et même pour Renée. Je tourne mon esprit vers les sanglots.
- qui es-tu ?
- toi !
Je ne comprends pas. Mon esprit est dans de la ouate. Je suis absente et présente à la fois. Je n'ai pas conscience de mon corps et mon esprit divague et erre dans les limbes.
- moi ?
- tu n'es plus une enfant.
- mais . . .
- tu ne dois pas m'oublier.
Je ne comprends pas, sans doute la chute m'a-t-elle rendu folle. Je ne vois rien, toujours et je ne comprends pas.
- ne m'oublie pas.
- je ne comprends pas.
- qu'elle était ton rêve d'enfant.
- je ne sais pas, je ne sais plus, je voulais tant de chose enfant, je voulais danser, je voulais aller dans l'espace, avoir une famille. Je voulais même faire partie de la police. J'ai toujours voulu être heureuse et ne pas être seule comme papa. Je voulais qu'on m'aime. Je voulais une mère. Je ne veux pas être comme Renée.
- n'oublie pas tes rêves. Ce que tu as vécu, te montre qu'il est important d'aller au bout de tes rêves, qu'ils soient actuels ou passés. Tu dois être fidèle à toi-même. Ouvre-toi aux autres. Parles lui de tes craintes.
Je sens une brume se poser sur mon front, un frisson me parcourir. La voix n'est plus là, je ne l'entends plus et j'ai senti son départ. Je n'ai pas vu de lumière, pas vu de membres de ma famille mais j'ai la sensation d'avoir vécu une expérience mystique. Je sais également, que je n'en parlerais à personne, cela m'appartient. Non. Une seule personne le saura.
Reprenant pied avec la réalité, je laisse mon passé s'éloigner. Je tente d'ouvrir mes yeux. La lumière heurte violemment mes rétines, et je les referme immédiatement. Je souffle un instant et retente le coup. Un clignement, deux, puis j'ouvre complètement mes paupières. Je suis perdue les premières secondes et je reconnais le lieu où je me trouve. Une chambre d'hôpital. Je regarde mes bras, sur l'un un plâtre et sur l'autre est raccordée une perfusion. Pas d'antalgiques, c'est que je reçois un traitement par intraveineuse.
Je tourne la tête de droite à gauche, rachis ok, mais jusqu'où. Je regarde mes pieds, malgré le drap, je souhaite savoir et de suite, si je suis paraplégique ou pas. Rien ne se passe. Je bouge les bras, les levants, les reposant. Ok, pour le haut du corps. Je lève les draps et je fixe mes pieds. Pendant plusieurs secondes, rien ne se passe. Puis l'un de mes orteils se contracte.
- hi ha, m'écriai-je, ravie.
- eh bien, au moins tu n'as pas changé sur ce point-là.
Je lâche instantanément le drap, qui retombe paresseusement sur mes jambes. Il est là, devant moi. L'objet de mes fantasmes d'adolescente. Mon crève-cœur.
- je ne pensais pas te revoir un jour.
- moi non plus.
- je te dois un merci.
- tu inverses tout, Emmett, merci de m'avoir sorti de là.
- tu délirais tellement.
- je ne me souviens pas, lui dis-je, ce qui est presque vrai.
- je faisais semblant de rien entendre.
- pardon ?
- le lendemain de ton départ, quand les filles de l'équipe de pom-pom-girls me parler de toi. Je faisais le sourd, j'étais sûre que tu reviendrais, on s'aimait. Enfin, je le croyais.
Je le regarde, il ne me parle plus de mon sauvetage, mais de notre rupture.
- c'est du passé Em'.
- oui, mais . . . je n'ai jamais compris pourquoi tu es partie. Je ne sais pas Swan, nous étions proches, je ne l'ai pas rêvé.
- tu te moques de moi Emmett Cullen, tu ne m'as plus jamais adressé la parole.
- j'avais les boules. T'es partie du jour au lendemain, pourquoi ?
- je te le . . . Emmett, je n'ai pas la force de discuter de ça.
- pourtant, il y a une semaine que tu pionce ma grande.
Mes yeux se posent une nouvelle fois sur lui, il ne rit plus. Je me sens bien, mais je ne suis pas prête pour une prise de tête.
- et Edward.
- il a dû reporter l'ouverture de la clinique.
- il doit être déçu.
- non, inquiet pour toi.
Je pose ma main valide à plat sur le dessus du lit. Je me perds dans la contemplation de la trame du tissu en coton. Je ne sais pas comment gérer cette situation. Je suis face à mon premier chagrin d'amour, et je lui parle de l'homme que j'aime, qui n'est autre que son frère.
- je ne suis pas venu pour te déranger. Edward veut te voir depuis plusieurs jours mais l'équipe médicale lui interdise ta chambre.
- pourquoi es-tu là ?
- je voulais prendre le temps d'aplanir les choses entre nous.
- approches !
Il tire la chaise qui est contre le mur, près de la porte et s'assoie près du lit. En une seconde, une partie de notre complicité passée est revenue. Je le vois si grand que l'on pourrait à cause de sa stature, croire qu'il est assis sur une chaise d'enfant. Je ne peux m'empêcher de rire.
- tu as poussé, dis-moi.
- hey, je suis devenu un homme.
Je ris de nouveau, il m'a manqué. Il me regarde, surpris de mon comportement. Je sais qu'il est heureux d'être là. Mais il a un trop plein de questions. Des questions qui lui pesaient depuis longtemps.
- pourquoi es-tu partie cette nuit-là ?
- tu ne le sais vraiment pas ?
- je sais que j'avais bu, que je t'ai demandé de passer un cap avec moi, puis tu as quitté ma chambre.
- tu simplifie volontairement la situation, ou c'est vraiment l'image que tu gardes de cette soirée ?
Je n'ai pas élevé la voix, je n'ai pas eu un ton dédaigneux, je veux simplement savoir, avoir enfin sa version.
- je t'ai vu rougir, tu n'étais pas prête. J'avais envie de toi et si j'avais laissé le connard que j'étais à l'époque prendre le dessus, je ne t'aurais peut-être pas laissé le choix, j'aurais tout tenté pour te convaincre. Je t'ai repoussé, pour que tu ne fasses pas quelque chose que tu regretterais le lendemain, pour que je puisse continuer à me regarder dans une glace, et tu es partie. Je t'ai appelé alors que tu t'enfuyais, mais quand je suis retourné en bas tu avais disparu.
- j'ai cru que tu étais en colère.
- non Isa, déçu, c'est vrai, je suis un mec et à cette époque, j'avais envie qu'on soit l'un et l'autre . . . qu'on ne fasse qu'un. Quand tu t'es enfui, j'ai rien compris, je voulais rester avec toi, que l'on parle.
- j'avais honte et je n'étais pas . . . Tu avais eu tellement de copine avant moi que je ne me sentais pas à la hauteur.
- mais de quoi ? Tu étais novice en la matière et moi je n'avais connu que des filles faciles. Je ne t'aurais jamais rien imposé.
- pourquoi n'es-tu pas venu me rejoindre. Pourquoi ne pas me l'avoir dit. J'ai tellement pleuré à cause de toi, quand j'ai compris que tu ne viendrais pas.
- je pensais que tu voulais être seule. Et puis, le lendemain je ne me suis pas levé, tu sais que j'avais le défaut de me saouler en ce temps-là. Le surlendemain, tu n'étais plus là.
- tu ne sais donc pas pourquoi j'ai mis fin à mon semestre.
- non, j'ai toujours supposé que je t'avais déçu. Tu ne peux pas savoir toutes les conneries que j'ai faites parce que j'ai cru que tu me rejetais pour cette nuit-là.
- alors, on doit tout ça à cette salope de Jessica.
- de quoi parles-tu.
- le lendemain, j'ai trouvé des photos de toi avec des filles, elles avaient été gentiment glissées dans mon casier. Tu étais torse nu et elles, presque nues. Mais des photos ne veulent rien dire, pas te concernant, à cette époque, tu étais constamment torse nu. Ce qui m'a détruit, ce qui à motiver ma fuite, c'est tous ces cons qui ont commencé à me qualifier de gentil petit mot et de titre dont je ne souhaitais pas être baptisé. J'ai cru que tu t'étais épanché sur le fait que je n'avais pas voulu te faire une fellation. Que tu te vengeais. Je suis revenue pour faire mes papiers et reprendre les cours à l'Université. Je suis tombée sur Jessica, elle portait ta veste. Elle m'a salué, à flirter avec mon meilleur ami et m'a très simplement informé que « la baise avec Em' c'est trop de la balle, tu ne sais pas ce que tu as perdu ma vieille ».
- j'avais un côté exhib' sur dimensionné, je sais, mais pour ce que tu as reçu et sur ce qu'elle t'a dit, je n'ai jamais rien su. Je ne suis même jamais sorti avec elle. Elle t'a menti.
- elle était avec ses copines, elle m'a dit qu'elle avait passé la plus belle nuit de sa vie, elle disait l'avoir passé avec toi et elle m'a montré une preuve irréfutable pour moi.
- qui était ?
- te souviens-tu ce que tu aimais faire, une manière de marquer ton territoire ?
- le suçon derrière l'oreille.
- exactement, elle en avait un, le lendemain de cette soirée.
- je ne me souviens de rien Isa, je ne sais pas ce qui a pu se passer cette nuit, après ton départ, mais je sais une chose, je n'ai couché avec aucune nana.
- j'ai cru que tu m'avais remplacé. J'ai fait mon lot de mauvais choix moi aussi, je n'ai même pas essayé d'avoir ta version des faits.
- comme tu le disais toute à l'heure, c'est le passé.
- nous ne devions pas finir ensemble. Sinon, nous aurions cherchés l'un l'autre à se revoir. Tu as grandi Emmett, je ne te parle pas de ton physique, tu es différent, plus mature.
- c'est l'effet Rosalie.
- ce doit être une fille bien.
- la plus belle.
- alors, il ne nous reste plus qu'à devenir amis.
- oui. Si tu veux de moi.
Je lui tends la main, il la prend dans l'une des siennes et la porte à ses lèvres. Il y dépose un baiser.
- maintenant tu es ma petite sœur.
- si tu veux de moi comme telle, dis-je en reprenant ses mots, c'est d'accord pour moi. Mais je dois te prévenir que tu y gagne une seconde sœur.
- oui, Alice la terrible, tu sais qu'elle et Rose se connaissent. Elles font souvent du shopping ensemble.
Il rit, au moins une bonne chose de faite. Cette affaire aura eu de biens meilleurs échos que ceux à quoi je m'attendais. J'y ai trouvé un ami, en quelqu'un que je croyais détester jusque-là.
Les minutes passent, puis les heures, pendant lesquelles je remonte le cours du temps et me retrouve sur les bancs d'école. Mais au lieu de regarder le capitaine de l'équipe de foot, je vois un ami, un pitre, qui mime ses histoires, racontant sa vie, celle de son frère, de sa famille.
Je ris et c'est la plus belle chose que je pouvais attendre de notre réconciliation. Une histoire de plus, la chute de mon clown de « frère », finit de me rassurer. Je le sais, nous serons amis.
