Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. La fiction a muri, grâce à vous, à vos reviews, à vos commentaires, pour que j'améliore mon « style » laissant place à de nouveaux personnages et à de nouveaux rebondissements.

Alors que je pensais que les quelques mots que je couchais sur les touches de mon clavier, pouvaient apportés du plaisir et un peu, prétentieusement, faire « voyager et rêver », il en est tout autre, en tout cas pour une poignée d'entre vous.

Mon récit a permis à certains individus de se déchainer, montrant la méchanceté dont peuvent faire preuve certaine personne et j'en suis navrée, et profondément blessée.

Quand on décide d'écrire une histoire sur le thème de twilight, il n'a jamais été imposé que tous les évènements des 4 volumes de la Saga de S.M., soient reportés, suivis . . .

Pour moi, ce sont les personnages et le jeu des acteurs qui nous influencent lors de nos écris. Il serait bien naïf de simplement faire du plagiat en pensant répondre aux attentes des lecteurs.

Ce long didactique à but simplement informatif, pour informer les langues de vipères si peu courageuses qu'elles préfèrent contacter un auteur sous le couvert d'un message privé. A ses filles, je n'ai qu'un message à leur faire passer : 1) Je continuerais ma fiction, avec les mêmes personnages. 2) Que j'en inventerais d'autres et je les moulerais à l'image que je souhaite, 3) Je détournerais des idées reçues, je m'enfoncerais dans la noirceur des personnages, recherchant à partager leurs peines et leurs pleurs . . . et 4) Je resterais « vrai », je ne compte pas changer la totalité de mon histoire pour satisfaire une seule personne.

Mais je n'en oublie pas pour autant que le site est un site de Fan, un site qui compte énormément de personnes dont la seule ambition, est de faire partager leur passion ou de passer un bon moment. Alors j'en finis là de ce laïus triste à en mourir et je remercie bien haut et bien fort, les personnes qui laissent des traces de leur passage. Les critiques construites sur des faits avérés permettent d'avancer et de s'améliorer, alors merci à toutes celles qui me suivent avec cet état d'esprit.

Bonne lecture.

11

Il y a maintenant près de 4 mois que je suis sortie de l'hôpital, quinze jours après mon chéri, qui c'était entre temps installé chez moi. Les médecins s'étaient mis d'accord sur le fait que je m'étais remis rapidement de ma « chute » et qu'il n'y avait pas de raison de me garder hospitalisée. La seule demande qui me fut faite, était de rester au repos. Donc de ma sortie jusqu'à, il y a 15 jours, ma vie était partageait entre l'appartement et mes sorties ménagères, courses, shopping . . .

Nous avions commencés mon amour et moi à sortir de notre bulle. Nous ne pouvions pas passés notre vie à nous satisfaire charnellement, même si je trouve qu'il y a des occupations bien moins sympathiques (tu m'étonnes). Je sentais qu'Edward, malgré ses caresses et ses mots doux, n'arrivait pas à se sortir James de la tête, quoi de plus normal, ils ont tout partagés pendant 10 ans. Il ne dort pas dans ma chambre, oh il se couche avec moi mais chaque nuit ou presque je le retrouve dans le salon. S'il n'y avait que ça, mais il va jusqu'à préférer se doucher au premier où à la clinique. Un matin, je l'ai surpris en train de toucher le mur du couloir. À l'endroit où la masse que James avait utilisé, a défoncé l'ouverture du conduit à linge sale. Je ne peux moi non plus . . . Je ne peux pas m'empêcher de frissonner en passant devant. Je n'ose pas lui dire qu'il met de plus en plus difficile de vivre ici.

Je suis partagée entre l'idée de me trouver un autre appartement, ou de lui demander d'emménager avec moi. Mais je suis orgueilleuse, et je ne veux pas qu'il en fasse l'acquisition, ou qu'il paye tout, non, c'est hors de question. C'est la seule raison qui me motive à rester ici.

Nous passions du temps dans sa famille et dans la mienne. Je m'entends très bien avec Esmé, qui me traite comme son propre enfant. Ma relation avec Carlisle reste un peu complexe, c'est mon patron avant tout et j'ai du mal à le voir différemment, quand à mon histoire avec Emmett, nous continuions notre nouvelle relation fraternelle, qui ne plaisait pas à tout le monde. Edward faisait bonne figure mais je sentais qu'il était jaloux de ce que son frère savait de ma vie et que lui découvrait. Je ne parle pas de Rosalie. Une grande blonde pulpeuse, magnifique mais qui m'avait pris en grippe dès qu'elle avait fait le rapprochement entre « Isa », l'ex de son mari et « Bella » la petite copine de son beau-frère.

Compliqué ! La blague, ce n'est pas simplement compliqué, c'est insondable, incroyablement malchanceux d'être tombée amoureuse du frère de mon premier amour. Il y en a qui trouve notre histoire comique. Etrange, moi pas. Surtout quand nous avons dû nous rendre chez eux pour dîner.

Imaginez. Moi, assise du bout des fesses sur le canapé de leur salon, tenant la main de ma moitié. Et en effet miroir, Em et Rosalie nous regardent, se tenant dans la même position. Les garçons parlent de la pluie et du beau temps, mon ami me questionne sur ma santé, rit de mon travail avec son père et me rappelle que nous aurions pu nous retrouver bien plus tôt. Mais qu'est-ce-qui lui a pris de dire ça. Sa femme s'est levée d'un bon, et est partie se réfugier dans la cuisine, en n'oubliant pas sur son passage, de me lancer un regard noir.

Edward m'a serré la main, alors que je baissé la tête, rouge de honte pour mon ami. J'aurai pris mes jambes à mon cou, si Em' ne s'était pas levé pour la retrouver. Pendant d'interminables minutes, Edward m'avait murmuré des mots de réconfort. Je n'osais même pas lever les yeux vers lui. Je me sentais . . . Enfin, je n'étais pas à ma place. « Partons », n'avais-je pu m'empêcher de lui souffler à l'oreille.

Il avait pris mon menton dans sa main et m'avait regardé dans les yeux. « Je t'aime ». Je n'avais rien su répondre, je luttais contre mes larmes et les émotions qu'il me faisait ressentir, pfiou . . . je ne pouvais pas tout gérer.

Au bout de ce qui fut une éternité, Rosalie revint dans le salon chargé d'un plateau, et en suivant, son époux portait les boissons. Malgré toute la volonté et la bonne humeur d'Emmett, les tentatives d'Edward pour sortir notre hôtesse de son mutisme, la soirée resta au point mort. En partant, je ne me suis même pas approché du couple pour les embrasser, leur glissant qu'un simple « merci et bonne nuit ».

Plus jamais je veux revivre une situation comme celle-là. Et dire qu'Alice ne tarit pas d'éloge sur sa super copine Rose. Eh ben, je la lui laisse.

Nous avons mangé très souvent chez ses parents, en leur présence ou pas, et je n'ai plus voulu me trouver seule avec elle. Je ne m'autorise pas le droit de me mettre en froid avec quelqu'un de la famille de mon homme. Je me suis éloignée aussi de mon ex, ne voulant pas que notre relation, même en étant purement amicale, lui créait des problèmes dans sa relation.

Les jours, les semaines et maintenant les mois sont passés, Edward a ouvert sa clinique et c'est tant mieux. Le voir tourner en rond d'impatience me rendait folle, je ne savais plus quoi faire pour le rassurer. Il a eu sa première intervention il y a maintenant 3 jours, la petite fille est en bonne santé. Il est heureux. Je le vois. Au moins il peut penser à autre chose, ne plus se focaliser sur le passé, ne plus ressasser ce que son père lui a appris des méfaits de James.

Quant à la petite Swan que je suis, j'ai repris le travail depuis 2 semaines, après que l'on met retirer ce foutu plâtre au bras (que j'ai gardé quinze jours de plus, parce que je suis chanceuse, nan) et après une vingtaine de séances de kiné pour mon genou et ma cheville. Comme prévu, personne n'avait fait de remarque concernant James et je faisais de mon mieux pour oublier cette histoire. J'avais eu droit à des petits surnoms liés à ma claudication. Il me faudra un certain temps pour me servir de ma jambe normalement, et je n'ai plus autant de force dans le bras, mais rien d'irréversible.

Quant à James, il est enfermé, sous bonne garde et reçoit les soins adaptés à sa maladie. Après avoir passé une évaluation psychologique, il a été reconnu sadique et psychopathe. Rien de surprenant quand on sait que les psychopathes sont dénués de toutes émotions. Ils ne se sentent jamais coupable de rien, n'éprouvent jamais de remords et prennent les autres pour des objets, ce qu'Edward était pour son « ami ». Sadique, oui, il est. Il a réussi à ce que ce soit sa victime qui se sente coupable, et Edward ne s'en remet pas. Il a appris de ses parents que James était recherché dans l'Etat de Californie, pour le meurtre présumé de 2 jeunes femmes et pour la disparition d'une troisième, dont le corps restait introuvable. Ces femmes ne sont pas des inconnues pour mon compagnon, elles étaient des flirts, des débuts d'amourettes, mais James dans sa folie de possession les avait faites disparaître, purement et simplement. Il était même suspecté pour la mort de sa grand-mère et de ses parents. Il a été reconnu comme non responsable de ses actes, comme toutes les personnes qui ont un problème neuro reconnu. Il a été interné dans une unité spécialisé de la prison fédérale de l'Etat de Washington.

Edward ne dort plus la nuit, moi non plus. Nous nous occupons à des jeux d'adultes, nous faisant oublier à chacun la peur que nous avons ressentis de nous perdre. Et quand le manque de sommeil est plus fort que nos peurs, nous sombrons dans des rêves Dantesques qui ne nous permettent pas de rattraper les heures de repos qui nous font défauts.

Comme tout le monde a pu s'en apercevoir, nous avons décidé de vivre ensemble. Après tout, il ne servait à rien d'attendre que les choses se fassent, elles s'étaient déjà faites, à notre insu, mais sans que nous ayons tenté de les arrêter.

Ce matin, j'ai mon rendez-vous de reprise de poste. Même si je bosse depuis 2 semaines, c'est une contrainte à laquelle je ne peux pas me soustraire. Je suis debout dans la cuisine, jus d'orange, baies de Goji et un café. Depuis que je suis avec Edward, je n'ai plu fumer. Au début car je n'en avais pas le temps. Il me sautait dessus avec une telle avidité que je n'y pensais pas. Mais depuis cette soirée d'horreur, j'ai une envie folle de m'en griller une. Mais je ne le fais pas. Par respect pour lui et ses anciennes addictions. Maintenant, sachant où se trouve mon paquet de Dunhill, je suis tentée de mis remettre. « Non, non, non et non, Isabella Mary Swan ». Autant profiter de cette diète pour arrêter définitivement. Quand j'y pense, le plus drôle, c'est que j'ai commencé après ma séparation d'avec Emmett, et j'arrête avec Edward.

Edward, Edward, Edward. Il est déjà parti. Pour se remettre en forme, il s'est mis au vélo. Mais n'en ayant pas lui-même, il m'a « emprunté » le mien, me laissant sa Volvo flambant neuve. Il est passablement énervé de voir que je ne l'utilise pas et que je préfère ma vieille Custom 501 Excalibur que j'ai hérité de ma relation avortée avec Jake. C'est lui qui m'a appris à conduire une moto et à apprécier la puissance de ma Morini. Donc comme une adolescente, je brave la route sur l'objet de ma plus grosse punition. Je ris en repensant à la tête de Charlie quand je me suis garée devant chez lui la toute première fois.

Mais il est temps pour moi de me rende au boulot. Je suis prête à partir quand je suis prise de nausée. Depuis quelques jours, des semaines même, chaque matin, c'est la même routine. Je ne garde rien. Carlisle pense à un effet secondaire de mon traumatisme, il m'a obligé à faire des prises de sangs et autre examens pour vérifier que tout aller bien. J'ai perdu pas mal de poids au début mais là c'est vrai que je me sens serrer dans mes tenues. Je sais que lui et Esmé craigne pour ma santé et celle de leur fils.

Heureusement que je ne leur dis pas quel est mon moyen de transport pour venir au boulot, Carlisle serait capable de venir me chercher chaque matins.

Ce matin, j'ai rendez-vous au laboratoire qui se trouve à côté du boulot pour récupérer mes résultats sanguins. Il ne me faut que quelques minutes pour arriver à destination. A l'intérieur, je salue Marie, la petite étudiante qui travaille à la réception.

- bonjour Bella.

- bonjour ma grande alors ces partiels ?

- je pense que je repique ?

- ne dis pas ça, attends de voir les résultats.

- je n'ai pas assez bossé, mais je verrais le moment venu. Je peux vous aider ?

- je viens pour mes résultats.

- oui, oui, monsieur Bandcroft les a mis . . . là, oui, les voilà.

Elle me tend une enveloppe cachetée. Je regarde le pli un instant et je l'ouvre. Je ne m'attends pas à avoir du cholestérol, ni un taux de sucre trop élevé. Je lis rapidement le relevé sanguin. Arrive la partie sur mon taux d'HCG (hormone gonadotrophine chorionique), et là, il faut dire que je ne tiens plus debout. Mon pourcentage explose. Je ne sais même pas, je ne comprends pas, pourquoi Carlisle a demandé un test de grossesse. Et fichtre de fichtre, je suis positive, je suis enceinte. Et merde, merde, de merde. Je suis fichtrement enceinte.

Les fesses collées au lino, je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus rien, nada, nothing, niente. Juste une révélation, « la Swan, tu es dans la merde ». Je reste assise sur le sol un bon moment, j'ai le postérieur en compote et gelé. Je ne réagis plus, en état de choc, c'est ça, je suis en état de choc. On se protège à chaque fois, et puis je prends la pilule. Et dire qu'Edward m'avait proposé de ne plus mettre de condom et de faire la prise de sang d'usage. La loose. J'ai beau y réfléchir, prendre le sujet dans tous les sens et me repasser le film de nos chaudes nuits d'amour, et . . . Il y en a eu, je ne vois pas quand, ni comment . . . Non ! Non ! Non de non, à la clinique, le jour de sa sortie.

- putain de merde.

- Bella, ça va.

Je secoue la tête de gauche à droite. J'aperçois Quil devant moi. Je le regarde, mais je ne le vois pas. Enfin pas vraiment, je suis enceinte, je suis enceinte, je-suis-en-ceinte.

- Bella, ma puce, qu'est-ce qu'il y a, tu me fous la trouille.

Quil est tendu, il me regarde éperdument, cherchant ou attendant une réponse de ma part qui ne vient pas. Je lui tends la feuille de mes résultats. Il la prend et détail rapidement ce qui s'y trouve. Puis je sais qu'il est sur les bons résultats, quand il affiche un grand sourire.

- eh bien ma vieille, t'es dans la merde.

- oui, dis-je hébétée, je sais. Et il ne me reste plus qu'à prendre rendez-vous avec la gynéco pour savoir depuis quand je suis . . .

- il va falloir t'habituer à l'idée que tu vas être maman.

- surtout si mes calculs sont bons, il y aurait presque 4 mois et demi, et j'ai rien vu, rien vu ! Je dois être à ma quinzième semaine. Depuis mars, le 7.

- je penche plus pour 18 ou 19, me reprend-t-il.

Je le regarde dans les yeux, il est sérieux, et en refaisant rapidement le calcul, je me rends compte que j'ai tors et qu'il a raison. Il éclate de rire et m'aide à me relever. Je suis de mauvaise humeur, je n'aime pas les imprévus. Rien n'est posé ou fini dans ma vie, tout est en friche, je ne sais pas si j'ai de la place pour un enfant. Oh il me tarde d'avoir une famille, mais quand une relation débute, c'est dur de se dire « hey chéri, tu vas être papa ». Il ne nous manquait plus que ça. Merde, merde, merde et merde.

- tu gardes ça pour toi, ok.

- je serais une tombe, salut Marie, lui dit Quil, bonne journée.

- bonne journée à vous deux.

- toi aussi Marie, dis-je, tu ne dis rien et à personne.

- Bien sûr Bella.

Nous sortons du labo et nous dirigeons vers l'entrée de l'immeuble où se trouve la morgue.

- tu ne dis rien au boss, ok.

- je crois que c'est trop tard Bella.

- pourquoi ?

- il a demandé un double de tes résultats.

- et merde. Mais putain je suis dans la merde.

- tu peux le dire Chérie. Mais je ne te savais pas aussi grossière.

- la ferme. Tu dirais quoi si tu apprenais « chéri, j'attends un bébé, c'est toi le père ».

- je ne dirais pas non, mais je suis « single » depuis longtemps ma grande.

A peine ai-je mis les pieds dans le couloir, que j'entends mon nom. Carlisle m'appelle depuis son bureau. Je ne sais pas si c'est mon futur beau-père ou mon patron qui va me recevoir. Il faut vraiment que je change de boulot.

- force et honneur, me charrie Quil.

- ta gueule, lui dis-je en le repoussant sur le côté.

(Carlisle)

J'ai toujours cru que je serais grand-père tôt, mais que ce serait Emmett qui me l'annoncerait, avec un air penaud. Il a eu une passe dans sa vie où je craignais vraiment qu'il répète les erreurs paternel.

Et voilà qu'en demandant les examens d'usages à la reprise de poste d'une de mes employés, et pas la moindre, ma petite femme me pose un doute en me parlant de ma belle-fille.

« Elle a pris un peu de poids tu ne trouves pas, c'est bien pour elle qui était un peu trop mince. »

« Elle avait une mine fatiguée, ça m'inquiète pour ses deux-là »

Un assemblage rapide de certaines de ses réflexions m'avait poussé à demander son tôt d'hormone HCG. Et maintenant que je lisais ses résultats, je ne pouvais plus me voiler la face.

« Je vais être grand-père »

Quil passe par mon bureau et me préviens qu'il doit se rendre au labo, je lui fais signe de faire ce qu'il veut. Je pense à Bella, à Edward. Ils sont jeunes. Ils se connaissent depuis peu et pourtant je suis certain qu'ils sont faits l'un pour l'autre mais les évènements récents me laissent penser qu'un bébé n'est peut-être pas la meilleure chose pour eux. Ils sont dans une période de leur vie, où ils apprennent à vivre ensemble, ils se découvrent.

J'entends des voix dans le couloir et le ton grossier de ma belle-fille me renseigne déjà sur ce que sera le sujet de son entretien de reprise.

- Bella, dans mon bureau.

Je l'entends trainer le pas et enfin, frapper à ma porte.

- entre.

- bonjour Carlisle.

- bonjour Bella.

Elle est face à moi. Son regard est noir.

- on fait ça rapidement ou tu as quelques choses à m'annoncer, lui dis-je d'entrée de jeu.

- ne tournez pas autour du pot patron, je vous écoute.

- tous les examens sont ok, pour ta reprise.

- bien.

- je vois que ton bras est un peu faible, mais nous sommes assez bien équipés pour que cela ne soit pas un frein dans ton travail.

- je suis complètement d'accord avec vous.

- tu boites un peu.

- rien qui ne m'empêchera de m'assoir si nécessaire.

- tu ne viens pas en vélo au moins.

- non, ça ne risque pas, votre fils en a besoin.

- bien.

Je la regarde, nous sommes au travail et je n'aime pas mélanger mon travail et ma vie personnelle, mais je suis heureux de ce que je viens d'apprendre. Elle prend l'initiative de parler et tant mieux.

- vous n'aviez pas le droit de demander un test de grossesse, me lance-t-elle, s'en même essayer de cacher son mécontentement.

- je sais Bella, mais ton état inquiétait Esmé.

- ce n'est pas une excuse valable monsieur Cullen, vous êtes mon employeur et vous avez dépassé vos droits en la matière.

- Bella, je suis sincèrement désolé.

- bien.

- ai-je le droit de te féliciter.

- je ne pense pas que ce soit d'actualité, avec l'affaire de James, le procès qui est parti en appel et que l'on sait perdu d'avance s'il continus à se faire passer pour déficient mental, Edward est troublé. Il ne trouve pas le sommeil. Je . . .

- Bella, je ne voulais pas être grossier ou me mêler de ce qui me regarde pas ou moins, que toi, mais vous avez l'air épuisés, tous les deux.

- c'est le cas. Je ne suis pas contre cette grossesse, mais il y a tellement peu de temps que nous sommes ensemble, je ne veux rien lui imposer. Il se met déjà beaucoup la pression avec la clinique et il rêve . . .

Elle se tait, elle ne veut pas dire un mot qui pourrait mettre mal à l'aise mon fils ou m'inquiétait.

- tu peux me parler si tu veux.

- Carlisle, chaque nuit, il rêve de lui, il pleure, il parle d'une erreur.

- as-tu essayé de lui parler.

- oui !, s'écrit-elle. Mais il tourne tout en dérision, ou en jeux . . . coquins.

Elle rougit. Nous avons toujours eu de bonnes relations mais je sais que pour elle, il est dur de me voir autrement que comme un patron.

- Bella, pourquoi ne pas voir un spécialiste.

- il ne veut pas. Jasper, le mari d'Alice m'a proposé . . . mais Edward est pudique, il lui est difficile de s'ouvrir aux autres.

- oh oui, je le sais ma grande. Tu es la seule qu'il est laissé entrer dans sa vie, depuis très longtemps.

- nous nous ressemblons pour ça.

Elle me regarde une nouvelle fois. Elle est en train de réfléchir. Je sais que cela est beaucoup pour elle comme pour mon fils. Cette histoire autour de James est loin d'être oublié.

(Bella)

Il est devant moi, il attend, mais je ne sais pas ce qu'il espère de moi. Je repense à Jazz. Il m'a proposé de venir manger chez eux, pour qu'il puisse parler avec Edward, mais je sais que mon amour n'est pas préparé pour ça.

Cette nuit encore, je l'ai retrouvé dans le salon, endormi sur le canapé. Nous nous étions couchés tôt, près de 4 mois sans fermer l'œil, ça commencer à devenir dur. Vers 3 heures, j'avais eu besoin de boire, j'avais trouvais le lit vide à côté de moi. En me rendant à la cuisine, je l'avais entendu divaguer. Il était étendu sur le canapé, dans une position peu confortable. Il parlait de son ancien ami.

« Je suis désolé, je ne savais pas, je voulais pas ».

Il pleurait pendant son sommeil. J'avais en premier lieu rien fait, m'asseyant près de lui, écoutant ses plaintes. Je tenais la couverture autour de mon corps, assise sur la table basse qui lui faisait face. Je lui caressais les cheveux doucement, quand il s'était redressé subitement. J'avais réussi à me retenir, de justesse, pour ceux qui connaissent ma maladresse légendaire. Il était en sueur et plein de courbatures.

Un raclement de gorge me ramène dans le présent. Carlisle attend toujours que je réagisse. Mais je suis impuissante.

- je lui dirais tout, dès ce soir.

- c'est la meilleure chose à faire Bella.

- je n'en suis pas certaine.

Je me lève de la chaise sur laquelle je m'étais installée et salue mon beau-père d'un signe de tête. Je sors de son bureau, me dirigeant vers le vestiaire et commençant ma journée de travail.

(Edward)

Je suis encore au travail et je n'ai pas envie de rentrer. Je ne supporte plus cet immeuble. Il recèle trop de stigmates du passé. Il porte en ses murs trop de traces de violences et de malheur. Malgré toutes les attentions dont Bella me couvre, je n'arrive pas à trouver le repos. Je ne peux pas rentrer dans la salle de bain, sans regarder la trappe, je ne peux pas descendre les escaliers, sans toucher du doigt, les bâches qui courent le long des ouvertures qu'Il a faites dans sa rage d'attraper mon amour. Rien ici, ne me permet de trouver le repos et je n'ose pas le dire à Bella.

Je suis devant la chambre de l'une de mes patientes. Je regarde la petite Eleanor. Ma première patiente. Contre l'avis de tous, et après avoir reculée à 2 reprises l'ouverture de ma clinique, j'ai pu ouvrir les portes. La soirée de présentation m'a permis de rencontrer beaucoup de personne du milieu médical et également des mécènes. Je compte dans un futur proche, faire venir aux Etats Unis des enfants, des femmes et des hommes qui sont atteint de malformations physiques, allant du bec de lièvre, à un problème osseux. Mais je veux rassurer le plus grand nombre, je ne suis ni magicien, ni dieu et il y a sur notre terre des millions de personnes que je ne pourrais pas aider.

Lors du gala, qu'Esmé a eu la gentillesse d'organiser, pour l'ouverture de mon dispensaire, une ancienne collègue du CHU, m'a apporté le dossier médical d'Eleanor. Enfant de 6 ans, elle est née avec une excroissance osseuse au niveau du front, et du nez.

Il faut savoir et je sais que je vais être un peu lourd, il faut savoir que l'os frontal est articulé avec les os des mâchoires, des zygomatiques, etc . . . Mais il est articulé autour de la partie supérieur de l'œil et la cloison nasale. Je vous ai simplifié l'image.

Je ne peux m'empêcher de rire. Je parle seul, et je fais un résumé sur l'anatomie crânienne d'une enfant. Mais j'aime savoir et faire savoir, que mon métier n'est pas glamour, il est passionnant.

Pour revenir à mon intervention, la portion frontale du crâne d'un sujet si jeune présente une ligne de suture qui s'estompe en vieillissant, approximativement vers l'âge de 6 ans, l'âge de ma patiente. Chez un sujet jeune, le front a une légère protubérance, appelée « bosse frontale », mais pour Eleanor, cette proéminence ne pourra s'estomper totalement à l'adolescence et je suis là pour aider la Nature. Les os crâniens d'un nourrisson se soude et se développe pour devenir « matures », la boîte crânienne d'un enfant de son âge, a plus de mobilité que celle d'un adulte, c'est à ce moment-là qu'une opération de reconstruction, peut-être envisagée.

Il y a maintenant 3 jours, que l'opération a eus lieu, et je suis venu changer le pansement de ma jeune amie, comme chaque jour. Elle est assise dans son lit. Elle regarde par la fenêtre. Ses parents sont de New-York et elle ne les voit que ce soir. Une enfant ne pouvant rester seule à l'âge qu'elle a, une garde malade lui a été assignée, mais je ne la vois pas. L'enfant est patiente, ne se plaint pas et je suis certain qu'elle ne souhaite qu'une chose, comme tous les enfants, c'est retourné chez elle. Je rentre dans sa chambre après avoir frappé à sa porte.

- Bonjour ma grande, tu te sens bien.

- bonjour Docteur, oui.

- tu es toute seule, où est Cathy ?

- elle avait besoin d'un café, elle vient de sortir.

- comment te sens-tu.

- je ne sais pas.

Ce qui surprend, la première fois que l'on parle avec elle, c'est sa maturité. Sa voix est ferme, son langage n'a rien d'enfantin et elle s'est parfaitement ce qu'elle a, et ce que je lui ai fait. Je m'approche du lit et m'assoit au bord, pour être à sa hauteur et lui éviter de lever la tête.

- expliques moi !

- c'est difficile à dire, dit-elle.

- prends ton temps.

- je suis contente, car je pourrais marcher dans la rue et on ne me regardera pas avec de gros yeux. Mais j'ai . . .

- tu as peur ?

- oui, quand je me regarderai, ce sera toujours moi ?

- oui ma puce, mais tu n'auras plus ta bosse. Au début, elle sera là, lui dis-je en lui caressant la tempe, mais après, tu ne penseras plus à elle.

- bien.

Je me relève, vais chercher mon chariot dans le couloir et prends le nécessaire pour refaire son pansement. Je sens dans son attitude qu'elle a besoin de silence, alors je fais mon travail sans un mot. Elle a peur et je le comprends. C'est un autre visage qu'elle devra regarder chaque jour de sa vie et ça depuis l'opération. Je défais son bandage avec le plus de douceur, quand les cicatrices et les sutures apparaissent, je ne peux m'empêcher de sourire, c'est du bon boulot. Je ne tarde pas, et finis mon soin.

- et voilà jeune fille.

- merci.

- à quelle heure tes parents doivent arriver.

- vers 18h.

Cathy vient de rentrer dans la pièce et s'approche pour me saluer. Je ne lui tends pas la main, je porte toujours mais gants, elle me sourit et tourne la tête vers sa protégée.

- comment vas-tu ma grande ?

- je vous laisse mesdames, à plus tard. Cathy, ma secrétaire vous fournira tous les papiers nécessaires.

- merci Docteur Masen.

Je lui souris et sors de la chambre. Mon humeur n'est pas au beau fixe. Eh oui, c'est le week-end et comme tous les week-ends, je ne veux pas rentré, car rentré, c'est avoir du temps pour réfléchir et repenser à ce jour-là. Il y a bientôt 5 mois. Je me motive, après tout, Bella doit être rentré et c'est le principal.