Bien le bonjour, aujourd'hui a été une longue journée, et malgré ma fatigue (levée à 5h et il est 1h du mat, toujours debout) j'ai tenu à finir ce chapitre, j'avoue qu'il ne me convient pas, mais plutôt que de rester dans une impasse, j'ai préféré vous le livrer, ne soyez pas trop dure.
Les remerciements d'usages pour les reviews que vous me donnez et qui servent d'engrais pour mon jardin imaginaire. Donc, merci à Jackye****, à aelita48**, à mlca66**, à Galswinthe****, à Annetoutsimplement**** et à Mamanlily****.
Un merci aux visiteuses : aurelie01, 777, Carlie Hale, Sand59, Adele88 et toutes celles qui ne laissent pas de traces de leur passage.
Je tenais aussi (j'ai failli oublier, mes yeux se ferment tout seuls, sorry, sorry), je tenais à vous dire pour mon laïus du chapitre dernier, que je n'ai pas cité le nom de la peureuse qui se cache derrière son statut de visiteur, (oui je pourrais mettre le mot visiteur au féminin mais je trouve ce mot laid depuis que je suis tombée sur un film de boules qui parlait d'elle, vous savez avec la célèbre Tabatha Cash, ouais je suis une petite nature, I know). Donc pour toutes celles qui voient leur pseudo apparaitre dans ma liste de remerciements, c'est pour vous montrer ma gratitude (et oui, ça existe) et la considération que je porte à chacune des reviews que je reçois. MERCIIIIIIIIIIIII ( ceci n'est pas une faute, mais une volonté de l'auteur, Lol).
Je remercie les moteurs de recherche pour toute l'aide que j'ai pu y pêcher, en médecine légale et en maladie génétique, mais aussi sur la ville de Seattle.
Bonne lecture.
12
(Bella)
Je viens de rentrer, l'appartement est vide. Edward ne devrait pas tarder. Je marche de la cuisine, où j'ai pris un verre d'eau, vers le salon. Par réflexe, je mets mon portable en charge. Un bruit derrière moi et je me retourne, le cœur battant la chamade. Ce n'est que mon sac qui a glissé au sol. Il n'y a personne. Je souris de ma bêtise. Même si je fais celle qui le prend avec humour, je suis en plein instant de panique. Je m'assoie dans le fauteuil et ramène mes pieds sous mes fesses. Je deviens parano. Je laisse mes larmes couler.
Depuis mon entretien avec Carlisle, je n'arrive plus à penser à autre chose. Je repense à cet homme que je trouvais charmant mais trop collant. Si je savais à cette époque quel être malfaisant il était, aurai-je su faire des choix différents. J'en doute. Je me repasse le film de ce cauchemar. Il m'est impossible de continuer à vivre ici. Je ne supporte plus cet endroit. Il me fait froid dans le dos et seule la présence de mon amour me donne le courage d'y rester.
J'entends la porte d'entrée de l'immeuble claquée. Je sursaute, puis rapidement j'essaye de reprendre mes esprits. Il faut que je lui dise mon mal être, on ne peut pas vivre une vie entière dans la crainte, c'est usant. Il grimpe les marches, sans doute, car je l'entends atterrir avec énergie à chaque palier qu'il atteint. Il est devant la porte, je ne peux m'empêcher de frissonner en me disant que je croyais également que c'était lui, quand . . .
- bonsoir mon amour.
- Edward, m'écriai-je malgré moi.
Il me dévisage. Il franchit le seuil en une seconde et se trouve accroupi devant moi. Il me consulte du regard, il est inquiet.
- tout va bien ma chérie ?
- il faut que nous parlions, c'est important.
- Isabella, tu me fais peur, parles.
Je lui caresse la joue, il appuie sa tête contre ma main et tourne son visage pour m'embrasser la paume. Il se redresse et me pousse sur le côté, glissant dans le fauteuil. Je monte sur ses jambes et pose ma tête sur son épaule. Il me caresse les cheveux, tout en gardant le silence. Alors que je commence à me détendre, il fredonne une mélodie. Je l'écoute un moment puis je lui demande :
- c'est joli cet air, c'est de qui ?
- de personne.
- mmmh ?
- c'est de moi.
- oh, tu . . . tu m'étonneras toujours.
Il m'embrasse avec tendresse. Et comme chaque fois, il tente de transformer un moment de douce intimité, en moment de fougue sexuelle, mais je ne veux pas me laisser prendre à son jeu.
- non, il faut que nous parlions.
- nan, nan.
Il continue sa mélopée, m'abreuvant de doux baisers et de gestes tendres. Je suis tentée une nouvelle fois de me laisser aller sous le joug de son appétit débordant et insatiable, mais je ne résiste pas non plus, à l'envie de mettre enfin un terme à mes doutes.
- s'il te plait, arrête.
Il me regarde. Ses yeux sont noirs de désir, il est dur pour lui de mettre un terme à ce qu'il avait entrepris de me faire, mais il stoppe net, embrassant une dernière fois mon épaule.
- je t'écoute.
- j'ai deux choses importantes à te dire. La première est une surprise et la seconde une évidence pour moi.
- tu me mets l'eau à la bouche, raconte, ajoute-t-il avec impatience.
- je ne sais pas par quoi commencer !
- la plus importante, celle qui aura une incidence sur nos vies.
- mais les deux ! M'écriais-je.
Il me redresse sur ses jambes, pour plonger son regard dans le mien.
- il va falloir que tu craches le morceau, ou je vais devoir mettre en pratique des méthodes de tortures ancestrales.
- je n'ai pas envie de rire, Edward. Je ne sais même pas par où commencer. Les deux nouvelles auront un impact, à plus ou moins long terme, mais je ne suis pas prête. Oh . . .
Je me relève et le laisse seul, assis dans le fauteuil. Je commence à marcher de long en large, je ne sais pas comment lui dire. Je ne sais pas ce qui se passera.
- j'ai peur Edward. Chaque jour qui passe, j'ai peur.
- Bella.
- s'il te plait, c'est déjà difficile pour moi.
Il me fixe, mais ne rajoute rien d'autre.
- Edward, je ne peux plus vivre ici, c'est trop dur pour moi, je ne retrouve plus mes repères et te récupérer chaque nuit sur ce canapé au lieu d'être avec moi, ajoute à mon stress. Je ne dors plus et je rêve, je cauchemarde, je ne me sors plus cette histoire de la tête.
J'étouffe un sanglot. Je reprends ma respiration, détournant les yeux vers la fenêtre. Il fait mine de se lever, je lève ma main, lui interdisant de venir me rejoindre.
- non, sinon je ne pourrais jamais en finir.
- bien, dit-il en se rasseyant. Je t'écoute.
- tu sais que je t'aime.
Il hoche la tête, je lui souris maladroitement.
- je vais chercher un nouvel appartement, si tu veux, nous pourrions le prendre ensemble, mais à la seule condition que nous partagions les frais à part égale.
- si tu ne souhaites que ça, dit-il.
Je penche la tête sur le côté. Il me parle de faire part égale, il ne me parle pas de déménager ?
- tu es d'accord ?
- Isabella, mon amour.
Il se lève et viens me rejoindre. Il me prend par la taille et m'embrasse avec tendresse.
- nous sommes sur la même longueur d'onde ma chérie.
- ah.
- oui, si tu savais à quel point cet endroit me fait horreur. Savoir qu'il . . . et que tu aurais pu . . .
- Edward, dis-je en glissant mes bras autour de sa taille, j'ai vu que tu ne supportes plus de te doucher ici, et tu ne restes pas plus de quelques secondes dans la chambre.
- je t'aie inquiété.
- oui.
- pardonnes moi, amour.
- tu es d'accord pour déménager ?
- oui, dès aujourd'hui si c'était possible.
- alors il ne nous reste plus qu'à nous mettre en quête de notre nouvelle maison.
- oui, mon ange, notre maison.
Je l'embrasse, le serrant contre moi, heureuse d'avoir pu rapidement trouver un point d'entente avec lui. Me reviens en mémoire la plus importante des 2 nouvelles. Je le repousse légèrement, pour éviter qu'il ne parte dans tous les sens, ou qu'il ne revienne sur sa tentative précédente.
- tu es prêt pour la seconde nouvelle ?
- je suis tout ouïe.
- tu devrais t'assoir.
- non, ça va.
- si.
- tu m'inquiètes là.
- je suis sure que tu ne devineras pas.
- Bella ! Gronde-t-il.
- ok, pour notre nouveau logement il faudrait une chambre supplémentaire.
- ?
- pas une chambre d'amis.
- Bella ?
- tu te souviens le jour de ta sortie ? Avant qu'Angela n'arrive.
- non.
- notre petit câlin ?
- NON, s'écrie-t-il.
- SI, l'imitai-je. Tu vas être PAPA.
Et hop, plus personne. Heureusement que le fauteuil était derrière lui.
- Edward ? Ça va.
- PAPA, je vais être papa ? Moi ? Avec toi ? Maintenant ?
- euh, oui, oui, oui et pas tout de suite, mon cœur.
Il se relève d'un bond et saute dans tout le séjour comme un bonhomme monté sur ressort.
- je vais être papa, papa, papa, je vais être papa, papa.
- euh, oui.
Il me prend dans ses bras et me fait tourner. Je vois la pièce défilée à grande vitesse et mon estomac me rappelle à l'ordre.
- chéri, si tu ne veux pas que je rende mon 4 h, tu devrais me reposer.
- je suis heureux, mais heureux.
Il continus quelques secondes à me faire virevolter dans la pièce, puis il s'arrête. Il dépose un baiser sur mon front, et tombe à genoux, posant son oreille sur mon ventre. Il passe ses bras autour de ma taille et me serre légèrement contre sa joue. Il se met face à moi, enfin, face à mon ventre et commence à parler, la bouche au niveau de mon nombril.
- bébé, c'est ton papa.
- je ne crois pas qu'il t'entende.
- n'écoute pas ta maman, je sais que tu m'entends.
Il lève mon top et caresse la peau en dessous. Je frissonne, il est évident qu'il a bien pris les infos que je lui ai annoncées. Peut-être est-il temps de le refaire descendre de son nuage.
- Edward.
- Chut, je parle à ma fille, ou mon fils, chantonne-t-il, peut-être même des jumeaux.
- on se calme, on ne s'emballe pas monsieur Masen. Il nous reste quelques petites choses à faire, comme avertir mon père, et vu que ton père a été informé, je te laisse la corvée.
- mais pourquoi !
- sois un homme petit Padawan, et tu deviendras grand.
- mais je ne veux pas moi.
Je le regarde. Lui prenant la tête entre mes mains, je lui applique mes lèvres sur son front.
- on a du boulot, amour, une maison, un bébé et une vie a continué.
Il se relève et se tient face à moi. Il prend ma main gauche et en embrasse le bout de chaque doigts. Il glisse ses lèvres autour de mon annulaire, enfermant ma chair dans sa bouche.
- je sais où tu veux en venir et il en est hors de questions, lui dis-je en lui arrachant mon bien.
- mais c'est la seule chose à faire.
- non Edward.
- trouillarde.
- je te propose un deal.
- non merci.
- je fais la grève du sexe si tu ne m'écoutes pas.
- ce n'est pas bien le chantage, ma chère.
- oui, mais c'est toi qui a lancé les hostilités.
- mea culpa.
Je me dégage de son étreinte. Il est hors de questions qu'au bout de 6 mois en couple, on se . . . non mais il est complètement fou. Je m'éloigne de lui, il est incroyable. Je le dévisage.
Une idée affreuse vient de me venir à l'esprit. Et s'il reportait ses angoisses sur notre relation. Oui, tout s'expliquerait, il a quitté une addiction pour une autre. Tout devient limpide. Il n'est jamais satisfait, au niveau sexuel, au niveau relationnel, et jaloux de ce qui peut nous éloigner.
Je réfléchis à toutes ses fois, ou il a paru mécontent. La première fois, c'est quand James lui a dit qu'il ne pouvait pas s'empêcher de tirer tout ce qui bouge. La seconde quand Em' a parlé de notre relation passé. La troisième, chez ses parents, quand son frère me taquinait sur ma maladresse et raconter des anecdotes de cours.
Je recule d'un pas, je viens d'avoir une révélation, je viens de prendre une belle claque. Une claque monumentale. Je secoue inconsciemment la tête.
- je suis vraiment qu'une conne.
- Bella ?
- tu t'es foutus de moi depuis le début, ou tu ne te rends vraiment compte de rien.
- de quoi tu parles ?
- tu ne m'aimes pas.
- tu délires. Je t'aime comme un dingue.
- oui, justement, réfléchis Edward, tu te focalises sur nous, tu vas trop vite, tu acceptes au bout de 5 mois que je sois enceinte, et là, tu veux qu'on se marie. Pourquoi ?
- tu te trompes, je t'aime, c'est tout.
- non, tu inverse tout, tu crois que tu m'aimes, mais en fait tu t'es trouvé un placebo, un remède à tes anciens démons.
- mais qu'est ce qui t'arrives, tu veux en venir où.
- mais merde, réveilles toi, Edward, pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ?
- MAIS JE NE SAIS PAS MOI, LE HASARD, UNE RENCONTRE COMME UNE AUTRE.
- NON, NON ET NON.
Je passe mes mains sur mon visage. Il est devant moi, je ne l'ai pas vu s'approcher. Il tend la main pour me toucher.
- NON. Je ne veux plus que tu . . . je me sens . . . dans la peau d'une idiote.
- mais, qu'ai-je fait. Je n'ai rien dit. Je, je, je . . . tu étais la seule, tu vivais ici, j'ai rien trouvé sur toi qui m'indiquait . . .
- TU-N-AS-RIEN-TROUVE-SUR-MOI ?
- Bella, et merde, ce n'est pas ce que tu crois.
- tu as pris des infos sur mon compte. Mais pourquoi ? Et nous, c'est quoi pour toi ? Tu m'as vu et tu t'es dit « pourquoi pas ».
- non, non Isabella, tu transformes ce que je te dis, j'ai voulu savoir à qui j'avais à faire.
- tu te fous de moi. Je transforme ce que tu dis, c'est ça ? Alors réponds à une seule question. As-tu pris des informations sur mon compte ?
Il garde le silence. Il est calme et ça me met encore plus en rogne, j'ai envie de lui rentrer dedans, de le frapper, de lui faire mal, comme il me fait mal.
- mais merde, tu vas me répondre. Tu as monté un dossier sur moi ? Oui, ou non ?
- oui, OUI, tu es contente, OUI, j'ai tellement peur de me tromper, j'ai tellement peur que l'on ne m'aime pas pour moi, mais seulement pour mon argent . . . alors oui, par peur, j'ai fait des recherches. Je le fais avec toutes les personnes que je rencontre depuis que je pèse plusieurs millions de dollars.
Je le regarde incrédule. Il est complètement, mais alors complètement inconscient de ce qu'il dit. Il se cache derrière des peurs pour justifier ses actes.
- pourquoi ne pas me l'avoir dit.
- je n'y pensais plus.
- ah, est ça justifie . . . tout ! Je n'en veux pas de ton argent de merde, tu m'entends, moi je ne t'ai rien caché.
- ok Isabella, je ne t'ai pas dit pour les recherches que j'ai faites sur toi, mais si tu me disais pourquoi on se dispute, de quoi tu as peur.
- je n'ai peur de rien.
Je ne peux pas le regarder, je sais que je suis injuste, mais il vient de toucher un de mes points faibles. De quoi ai-je peur. Suis-je en train de péter un câble comme ma mère quand elle a quitté mari et filles. Suis-je véritablement convaincu de ce dont je l'accuse. Je doute du bien fondé de mes réflexions. Suis-je devenu folle. Je ne le sais pas.
(Edward)
Il y a des étapes dans la vie d'un homme qui lui sont impossibles à éviter. Aujourd'hui, face à la femme que j'aime, je suis en train d'en vivre une.
Elle vient de soulever un point que je ne peux décemment pas ignorer. Mais elle se trompe, je l'aime. C'est la première fois de ma vie que je ressens ça. Une certitude. Pas besoin de tourner autour du pot, elle est faite pour moi, et je suis fait pour elle.
Je la regarde avec attention, elle panique, à vouloir toujours dire ce qui me passe en tête, je suis en train de l'effrayer. J'aurais dû fermer ma gueule. Elle n'aurait jamais su que ma paranoïa me pousse souvent à dépasser les bornes, j'ai l'habitude de tout vérifier sur une personne. Je tiens ça de mon père, un besoin impossible à arrêter de contrôler mon monde. Je n'aime pas les surprises.
C'est une erreur monumentale, je le sais mais je sens qu'elle a d'autres craintes. Je ne sais pas si c'est sa grossesse ou une réminiscence de son calvaire. Cet appartement garde trop de souvenirs morbides.
Elle doute de l'amour que je lui porte, elle se pose trop de questions et je n'ai rien vu venir car à l'inverse de ce que je m'étais promis, je n'ai pas avancé. Chaque soir, je suis revenu ici et je lui ai fait l'amour. Pas une fois nous sommes restés l'un près de l'autre, simplement pour profiter de la présence rassurante que nous nous apportions.
Je comprends ses doutes et je me dis qu'inconsciemment, j'ai tout donné, tout fait, pour que cette histoire, notre histoire fonctionne, mais je ne me suis pas questionné sur ce que cela m'apportait. J'ai voulu faire comme tout le monde, pour être comme chaque membre de ma famille. En couple. Dix ans de disettes sociales, voilà ce que j'ai vécu.
- Bella, je suis désolé.
- Edward, ça ne sert à rien de s'excuser si tu ne sais pas pourquoi tu le fais.
- non, tu as raison. Cependant je veux que tu saches que je ne doute pas de mon amour pour toi. Néanmoins je dois t'accorder un point. Je me cache derrière le sexe. Je préfère prendre et donner du plaisir, plutôt que de, de . . .
- de penser à lui, prononce-t-elle.
J'approuve de la tête. Je suis épuisé. Physiquement parlant et mentalement, émotionnellement. Je me passe une main dans les cheveux, détournant mon regard. Je viens d'admettre, ce que je n'aurai pu avouer avant. Je sais que ce ne sont que de simples mots, mais je suis certain, qu'ils vont être durs à avaler pour elle. Il n'y a aucun moyen de revenir en arrière, pas d'échappatoire. Je prends ma veste que j'avais lancée sur l'une des chaises de la salle à manger, attenante au salon. Je m'éloigne la tête basse. Il m'aura tout pris, jusqu'au bout.
- mais tu comptes aller où là.
Je suis stoppé par son ton, elle est en colère, très en colère. Je me tourne lentement vers elle. Elle a ses deux mains sur la taille, les sourcils froncés, les yeux noirs. Elle est pleine de fureur, à deux doigts de perdre le contrôle d'elle-même.
- tu comptes me laisser là, en plan. Pas de réponse, pas de décision, si ce n'est prendre tes jambes à ton cou.
- je suis fatigué Bella.
- non, le pauvre chéri, il est fatigué. C'est bien, c'est l'une des rares fois où je sais ce que tu penses. Mais je m'en moque. Tu n'es pas le seul à être fatiguer.
- qu'attends-tu de moi exactement.
- je n'en peux plus de cette journée de merde. Il y a des jours où je ferais mieux de rester au lit. Putain !
Je la regarde, je ne peux m'empêcher de sourire. Je viens de découvrir une facette de sa personnalité que je ne connaissais pas. Quand elle est en colère, elle devient grossière, et plus la moutarde lui monte au nez, plus elle augmente le débit.
- au mon petit amour sourit, il y a quelque chose de drôle, racontes, j'ai dû rater le moment où je faisais de l'humour. Je manque de recul, vas-y !
- Bella, s'il te plait !
- mais oui, je t'en prie, racontes-moi encore une de tes belles histoires.
Et vlan, une claque de plus. Je suis partageais entre fou rire et crise de larmes.
- dis-moi ce que tu attends de moi.
- la vérité Edward, c'est évident. Pourquoi ne me parles-tu jamais de rien. Je t'ai raconté ce que j'ai vécu, mais tu ne me dis rien en échange.
Elle avance pour la première fois vers moi.
- nous allons être parents, je ne peux pas vivre avec toi, si tu es incapable de me faire confiance.
- tu sais le principal, le reste n'est pas . . . important.
- laisse m'en seule juge.
- c'est trop dur . . . je ne m'en sens pas la force.
Elle m'attire contre elle et pose sa tête contre mon torse.
- je sais que tu m'aimes, je sais que mes doutes sont dictés par la peur de me faire abandonner. Je n'attends rien de toi Edward.
Elle lève la tête et plonge ses yeux chocolat au fond des miens.
- si on doit construire nos deux vies et celle de notre enfant, il faut que ce soit sur des bases saines. Ton silence, me fait peur. Je sens un mur qui nous sépare. Je ne sais pas si on pourra un jour le faire tomber.
- Bella, je ne peux pas.
- alors nous sommes dans une impasse. Je n'aurais pas la force de te voir souffrir, te voir te détruire à petit feu. Je n'en ai pas la force et je ne sais pas si j'en aurais la patience.
- es-tu en train de me quitter.
- non, tu as les clefs en mains. Ton silence mettra un terme à notre couple.
- laisse-moi du temps.
- tu n'en as plus. Je suis enceinte et pour lui comme pour nous, il faudra que tu acceptes de crever l'abcès.
Elle caresse son ventre. Je tends la main vers elle, mais je retiens mon geste. Elle a parfaitement raison.
- asseyons-nous.
Je lui prends la main, l'attirant vers le canapé. Je la laisse s'assoir la première, puis je la copie.
- que veux-tu que je te dise, que je suis malheureux, que ma vie est un champ de mine ?
- non, seulement pourquoi tu pleurs, pourquoi tu passes tes nuits à t'excuser pour des crimes que tu n'as pas commis.
- je pleurs ?
- oui, tu demandes à ce monstre de te pardonner, pourquoi ?
Je la regarde, je suis soufflé. Je parle pendant mon sommeil. Inattendue comme révélation, mais explication logique à ses inquiétudes. Je lâche sa main que je tenais toujours. Je pose mes avant-bras sur mes genoux, laissant pendre ma tête en avant. Ce que je m'apprête à lui dire, je ne l'ai dit à personne, seul James est au courant et pour cause.
- j'ai fait des choses dont je ne suis pas fière, des choses que je voudrais pouvoir faire disparaitre d'un coup de baguette magique, mais nous ne vivons pas dans un monde fantastique, où « tout le monde il est beau » et où « tout le monde il est gentil ». J'ai compris sur le tard que j'avais eu une vie de privilégié, je l'ai compris à la mort de ma mère et à celle d'Aaron. Rien ne me prédestiner à devenir toxico ou alcoolo. Non, mon premier verre d'alcool, je l'ai bu pour un jour de l'an. J'avais 16 ans. Un verre de Loupiac, un blanc un peu sucré à mon goût mais que ma mère avait en affection. Je me souviens de mon léger étourdissement, et des rires de mes parents.
J'avale ma salive, essayant par le même coup de ravaler la boule de chagrin qui vient de naitre au fond de ma gorge. Impossible, le tiroir dans lequel j'enfermais mes souvenirs et les émotions qui les accompagnent viennent de s'en échapper. Comme un torrent, l'amour de mes parents pour moi et celui que je leur portais refait surface.
- j'ai cru à une blague. Quand je ne les ai pas vus arrivés, je me suis dit « maman et son shopping ». Au bout d'une demi-heure, je me suis inquiété de ne toujours pas avoir de leur nouvelle. J'ai appelé Charles, le chauffeur qui devait les conduire ici. Il m'a répondu quasiment tout de suite. Il pleurait. J'ai compris qu'une chose terrible venait de se passer.
- comment cela s'est-il passé ?
- un chauffard ivre. Ils étaient tous deux en voiture, venant me récupérer au conservatoire. Le choc a été violent, il a eu lieu sur le côté gauche, à l'avant, Aaron est mort sur le coup. Ma mère a été gravement blessée. Elle était tellement faible, qu'ils ont dû la maintenir dans le coma. Je n'ai jamais pu leur dire au revoir.
- et le chauffeur.
- mes parents lui avaient donné sa journée. Il ne s'en est jamais remis.
Je tords mes doigts dans tous les sens. Il me faut faire un énorme effort pour lui raconter ma vie avec plus de détails, pour lui ouvrir mon cœur. J'ai toujours trouvé plus simple de ne jamais rien laisser paraitre de mes doutes et des questions qui taraudent mon esprit. Mais plus je m'enfonce dans mon récit, plus je sens le poids de la culpabilité me quitter, ou au moins devenir plus facile à gérer. Je découvre avec surprise que me délestait de mes démons me permet de respirer. Je me sens plus léger, et cela ne m'est pas arrivé depuis l'enfance.
- je n'ai pas su gérer leurs pertes. Je sortais au départ pour sentir la vie en moi. Pour me sentir entier, je cherchais une intégrité nouvelle, un équilibre, mais je n'y parvenais pas. Les personnes qui venaient vers moi, ne le faisaient jamais gratuitement. Alors je n'ai plus cherché à vivre dans mon ancien milieu. Je sortais dans des boites mal famées, très vite, j'y ai découvert le sexe facile, la drogue mais surtout l'alcool.
Je me redresse et appuie mon dos contre le dossier du canapé. Je pose ma tête contre le cuir, prenant le temps de rassembler mes esprits et de lui parler de la période la plus noire de ma vie.
- comme tu le sais, mon père m'a sorti de cet enfer.
- oui, c'est ce que tu m'as raconté.
- quand je suis rentré en cure, je n'avais pas de colère, mais pas de volonté de vivre non plus. Je me haïssais d'être en vie et de les savoir mort. Je restais seul dans mon coin, assistant aux réunions de groupe comme un zombie, me pliant aux règles du centre.
Je me tais, j'ai besoin de . . .
- je t'écoute, je suis là, me souffle mon amour, et je reprends mon douloureux récit.
- Les premiers jours, je gérais la situation mais le manque à pris le dessus. Je me suis retrouvé enfermé dans ma chambre, faisant des crises d'angoisses, de démences parfois. J'avais des hallucinations, je croyais que tout le monde était contre moi. Dans mes meilleurs jours, je pleurais toute la journée pour qu'on me donne de quoi assouvir mon addiction. Au plus mal, je tentais par n'importe quel moyen de mettre fin à mes jours. C'est durant cette période que j'ai rencontré James. Lors d'une réunion il nous avait abreuvés de détails plus monstrueux les uns des autres, sur ce qu'avait été son enfance. Il était froid et paraissait même serein. J'aurais dû comprendre à ce moment-là, ou avec le recul, mais j'avais la tête pleine, et des années après, je me rends compte qu'il était déjà trop tard pour lui.
Je lui laisse le temps d'une pause, pour qu'elle puisse réfléchir à tout ce que je viens de lui dire. J'ose regarder vers elle, espérant un instant qu'elle ne me juge pas.
(Bella)
- tu veux faire une pause Edward, lui demandai-je.
- non, autant en finir. Tu es prête.
- je suis toute ouïe.
- donc j'étais assigné la plus part du temps dans ma chambre. Après quelques rencontres dans les couloirs, James vînt me rejoindre dans ma chambre.
Il me regarde droit dans les yeux, ce qu'il n'a pas fait une seule fois depuis le début de son récit. Je lui souris péniblement, il a l'air de souffrir, et je ne sais pas quoi dire pour l'aider. Pour être honnête, je sais que je ne peux rien dire qui le soulage. Je sais aussi que le pire est à venir. Il reprend là où il s'est arrêté.
- La première fois, je ne savais pas quoi lui dire, alors je le laissais me parler de tout et de rien. Au fil du temps, je commençais à m'ouvrir un peu. Les semaines sont passées et nous devenions un peu plus complices. Mais parfois, il me faisait des réflexions que je prenais pour de l'humour, je me voilais la face, aujourd'hui je le sais.
- de quoi me parles-tu.
- je ne l'ai jamais dit à personne, Bella.
Sa voix n'est qu'un murmure.
- tu me fais peur, mais qu'est-ce qu'il t'a fait ce mec.
Il baisse de nouveau la tête, il a le dos vouté. Il est rouge de confusion et je commence à comprendre, les larmes me montent aux yeux. Je m'approche de lui et le serre dans mes bras.
- j'avais eu une crise de manque plus forte que les autres. Pour ma sécurité, l'équipe médicale m'avait mis sous sédation.
Je le regarde, je ne sais pas ce qu'il entend par sédation, c'est vague même si je sais en quoi ça consiste pour un malade « classique », mais je ne savais pas que ce genre de programme pouvait être utilisé lors d'une cure de désintox.
- je ne savais pas que c'était autorisé, dans ce cas-là.
- quand le patient est atteint à un degré trop élevé, c'est dangereux de le couper totalement de sa dépendance.
- d'accord.
- donc, reprend-il, ils ont tentés une substitution progressive de la drogue à travers une cure de désintoxication sous sédation rapide. Ils m'injectaient un calmant des moins nocifs pour ma cure, par lequel je ne risquais pas de développer une nouvelle dépendance. Je me suis retrouvé dans ma chambre, dans le brouillard total. Je revivais des scènes de ma vie de débauche, dans lesquelles des femmes s'occupaient de ma virilité . . .
Il se tait une nouvelle fois. Je lui caresse les cheveux au niveau de la nuque, lui laissant le temps de reprendre pieds.
- je croyais rêver, Bella.
- je te crois mon amour.
- et lui, enfin, je, je ne savais pas qu'il était là. Tu me crois, j'étais dans le coltard.
- oui, oui, mon ange.
- quand j'ai ouvert les yeux, il était au-dessus de moi.
Je ne peux m'empêcher d'émettre un son de colère.
- je n'ai pas compris de suite car j'avais l'impression qu'on me touchait intimement.
- Edward, murmurai-je, je suis si . . .
- puis il a disparu de mon champ de vision et pendant une seconde, je me suis dit que je devais mélanger mes souvenirs et faire un mauvais trip, jusqu'à ce que je sente ses lèvres sur mon sexe.
Je déglutis difficilement. Je suis en larmes, je ne m'attendais pas à ça et en même temps, je crains le pire pour la suite.
- j'ai jouie en lui, tu m'entends, j'ai jouie. Je me sens sale et pervertis, ou perverse. J'ai l'impression . . . de n'être qu'une merde.
- non, Edward, ce n'est pas toi.
- et qui d'autres, je ne l'ai pas repoussé.
- tu n'étais pas en état de le faire, il s'est servi de ta faiblesse passagère.
- mais je me souviens de tout.
- et alors, ce n'est pas pour ça que tu dois te sentir coupable.
- tu ne comprends pas, pendant des années je m'en suis voulu, car avec ce qu'il a vécu, je me sentais dans la peau de l'un de ses agresseurs et j'en crevais de dégout. Et ce con, le jour où je me suis rendu chez lui, il m'a fait une déclaration.
- mais . . .
- mais quoi ? Il m'a fait vivre l'enfer pendant tout ce temps, je m'en suis voulu, m'interdisant d'être heureux. Jusqu'à ce que je te rencontre.
Il s'est mis debout, il est en colère et même si je sais que ce n'est pas dirigé contre moi, je ne peux m'empêcher d'être blesser.
- nous aurions dû attendre, dis-je.
- NON, ne mélange pas tout Isabella, si on ne s'était pas rencontré, je ne l'aurais jamais su, j'aurai jamais découvert que j'avais subi des actes sexuels non-consentis, je n'aurais jamais su que toutes les filles qui se sont approchées de moi, sont mortes par sa main, je n'aurais jamais su, que mon meilleur ami est un psychopathe.
- tu n'y es pour rien.
- mais si, au contraire. Je n'ai pas cherché à savoir qui, il était, je me suis laissé aller à croire ce qu'il me disait. J'ai été lâche.
- tu ne pouvais pas le deviné.
- j'aurais dû le savoir.
- NON EDWARD CULLEN, NON. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n'es pas lui, tu n'as pas le même problème que lui.
Il est debout face à la fenêtre. Il ne parle pas. Il se tourne légèrement vers moi. Ce qu'il m'annonce, va au-delà de la surprise, c'est stupéfiant.
- Bella, j'ai aimé ce qu'il m'a fait.
- QUOI ?
- oui, dit-il en se retournant, j'ai aimé ce qu'il m'a fait, même si je ne savais pas que c'était lui sur le moment. Mais ce qui me tue, c'est d'avoir aimé.
Je ne vois pas ce que je pourrais dire. Je comprends juste qu'il se hait de ce qu'il a pu ressentir. Ce n'est pas un choix qu'il a fait. Ce n'est pas une expérience qu'il a choisi de vivre, on lui a imposé. Et depuis toutes ses années, il a enfoui en lui ce mal être. Il vient seulement d'admettre qu'il a été violé et ça lui est insupportable.
- il te faut de l'aide.
- non.
- Edward, tu ne pourras pas avancer dans la vie, nous ne pourrons pas avancer, si tu ne fais pas le deuil de ton passé.
- et tu me conseilles quoi ?
- acceptes de parler avec Jasper, il est psychiatre, tu le sais.
- hors de questions.
- je ne te laisse pas le choix.
- tu crois m'imposer quelque chose, et par quel miracle.
- aucun, mais je refuse de vivre avec quelqu'un qui n'est pas en paix avec lui-même.
- simplement, tu décides ça, comme ça, dit-il en claquant des doigts.
- non, pas simplement Edward. Je t'aime, mais nous allons avoir un enfant. Et c'est la seule chose qui compte pour moi.
- c'est un ultimatum.
- non, je veux que cette histoire prenne enfin, fin.
- je ne peux pas Bella.
- Jazz est un homme bon, il est à l'écoute des autres, mais surtout, il est professionnel.
- je ne sais pas.
-je te laisse les cartes en mains.
Je me lève, prends ma veste et mon sac. Je récupère mon mobile.
- je vais chez mon père, je le lui annoncerai moi-même, pour ma grossesse.
- et moi ?
- toi ! Eh bien, tu appelles Jazz et tu prends une décision, la bonne.
- et si je ne le fais pas ?
- tu auras pris ta décision.
Je sors, attrapant les clefs de ma moto et mon casque. J'ai les yeux emplis de larmes. Je ne sais pas si ce que je viens de faire est la pire des conneries, mais je ne peux pas faire autrement. Il ne veut pas avancer et moi je ne peux pas vivre dans la crainte.
Une fois en bas, je prends mon mobile et compose le numéro de mon patron. La sonnerie se fait entendre. Il décroche.
- oui Bella.
- Carlisle, j'aurais besoin de prendre des congés.
- ça ne va pas.
- si, si. Je vais chez mon père. Je peux prendre 1 semaine, pour commencer.
- oui, si tu en a besoin, je ne peux pas te retenir.
- merci patron.
Alors que je m'apprête à raccrocher, il me pose une dernière question.
- tu as pu le dire à Edward.
- oui, au revoir Carlisle.
Je mets fin à notre conversation. Je marche vers le garage, et s'en attendre, j'enfourche mon bolide. En une minute, je quitte ma rue, mon quartier, ma ville.
