Avertissement : PG-13/T
"Le froid conserve tout, même les cons, et les cons servent parfois.. lancé par Shin Masara
Se base sur le film : Anvengers 2012 (post-film)
Chaîne du froid
Lorsque Tony s'enfermait dans son atelier, ça n'annonçait généralement rien de bon, voire la fin du monde si jamais il y restait plus de trois jours sans remonter une seule fois. C'était un fait que chaque habitant de la maison avait acquis comme étant une vérité universelle. Un isolement de quelques heures aboutissait généralement à une invention bégnine ; une amélioration de l'armure Iron Man, une nouvelle fonctionnalité pour les flèches de Clint, un toaster électrique qui savait prendre de lui-même les tartines dans leur sachet et en commander de nouvelles en cas de rupture de stock (bien que ce dernier ait bien failli charcuter la main de Steve lorsqu'il s'était approché un peu trop près).
Mais ça faisait maintenant 56 heures et 42 minutes, selon JARVIS, que Tony n'avait pas réapparu, mais personne n'osait aller voir ce qu'il avait encore inventé. Steve, dans un pur élan d'esprit de sacrifice, prit la décision d'aller tirer le génie de son antre. À travers les vitres Steve vit avec effarement le chantier qu'était devenu l'atelier. Les voitures de collections, pour celles qui n'étaient pas à moitié détruites, étaient remplies de débris de métal, les documents qui devaient auparavant siéger sur le bureau étaient désormais éparpillés aux quatre vents, des caisses, des tuyaux, des câbles électriques, et gaines d'aération se regroupaient pour former un véritable parcours du combattant entre la porte et Tony en équilibre plus que précaire juché en haut d'un escabeau.
Steve s'empressa de taper le code qui lui avait été attribué et se fraya un chemin tant bien que mal jusqu'à Tony.
– Aaah ! Aaaahaahaaaa ! s'écria l'homme qui ressemblait désormais à un scientifique fou en pointant son tournevis high-tech vers le blond.
– Tony ? demanda Steve en stoppant sa progression.
– Surtout ne bouge pas, pas d'un poil, et lève les bras.
Steve leva un sourcil interrogateur et méfiant. Il savait que sa relation avec le brun était conflictuelle, parfois explosive, et qu'il n'hésiterais pas à tout faire pour le mettre dans l'embarras ou se moquer de lui.
– C'est pour faire quoi ?
– Lève les bras c'est tout.
Steve obéit prudemment, et il leva la tête quand ses mains touchèrent un métal dur et froid. Au-dessus de lui se tenait une conduite de métal d'environ 80 centimètres de diamètre, qui parcourrait en quart de cercle un coin de la pièce et disparaissait à travers le mur. Et elle se courbait juste au-dessus de sa tête, à la jonction de deux tronçons.
– Voilà, maintenant pousse sur tes bras !
Steve posa ses mains à plat sur la conduite, poussa sur ses biceps, et bloqua ses coudes quand il fut au maximum.
– Parfait ! s'écria Tony. C'est parfait ! Voilà qui va me faire gagner du temps !
– Tony, tu peux m'expliquer ce qu'il se passe ici ? Pourquoi ton atelier ressemble à un champ de mines de la seconde guerre mondiale ?
– J'avais besoin d'un système particulier pour construire ce que je voulais, j'ai donc fais quelques arrangements.
Steve grogna. Ils ne devaient pas avoir la même notion de "quelques arrangement", et pas seulement parce qu'il avait une mentalité en retard de 70 ans.
– Ce qui n'explique pas pourquoi je me retrouve à soutenir ton édifice.
– Il se trouve que j'ai fait l'erreur de commander du matériel dans une firme qui devrait très clairement déposer le bilan et aller élever des chèvres en Patagonie. Quasiment tout me lâche, les pièces de métal qui sont trop fines, les boulons pas à la bonne taille, les joints qui fuient.
– J'ai l'air d'un idiot comme ça, grommela le blond.
– Non Steve, un con, on dit un "con", tu as l'air d'un "con" comme ça, tu sais au bout de 70 ans il serait temps que tu te retires le baobab que tu as coincé dans le cul.
Steve grogna en lui jetant un regard désapprobateur, mais ne put s'empêcher de rougir. Sa politesse, ses manières vieux-jeux, et sa façon de parler démodée lui valait bien souvent un bon nombre de railleries de la part des autres Avengers.
Soudain il sentit quelque chose lui tomber sur la tête, il eut à peine de temps de sentir la goutte d'eau s'infiltrer dans ses cheveux, que beaucoup plus lui arriva dessus.
– Aaah ! gémit Captain America, la fierté de l'Amérique, d'une voix qui aurait fait verdir de jalousie une pucelle outragée.
Tony baissa la tête depuis son perchoir à l'entente du son fort peu viril, mais à connotation franchement érotique sorti du contexte.
Le joint qui reliait hermétiquement les deux tronçons de la conduite avait définitivement rendu l'âme sous le coup de la pression, laissant se déverser une petite cascade d'eau pile poils sur la tête de Steve.
– C'est glacé ! s'écria le blond alors que l'eau coulait sur sa nuque, descendant le long de son dos.
– Ça ne serait pas un système de refroidissement sinon Steve, répondit Tony en essayant vainement de réprimer un sourire ironique.
– Mais pourquoi tu as besoin d'eau glacée ?
– C'est pour éviter la surchauffe, j'avais que ça sous la main, j'attends encore que ma commande d'azote arrive, ça conserve mes ordinateurs.
Steve frissonna, et se secoua la tête pour chasser l'eau des mèches de cheveux qui tombaient devant ses yeux.
– Tu devrais le savoir pourtant mieux que personne Cap', continua Tony son tournevis coincé entre les dents, le froid ça conserve tout, même les cons, et parfois même que les cons servent à quelque chose, regarde maintenant tu as une utili… té.
Tony avait baissé le regard vers le blond, et bloqua quelques secondes, en lâchant presque son outil. L'eau avait imbibé le t-shirt blanc spécial Steve, c'est-à-dire deux tailles en dessous, et plaquait encore plus, si c'était possible, le tissu contre chaque courbe de muscles du torse de Steve. Le fait de lever les bras avait fait remonter le maudit-t-shirt dans le but purement machiavélique de dévoiler la peau dorée des hanches du blond, ainsi que la fine ligne de poils presque imperceptible qui remontait innocemment jusqu'au nombril.
Tony ne pouvais qu'imaginer l'eau glacée se frayer un chemin au creux des reins du blond et disparaître dans les fibres du pantalon de jogging (lui aussi tout aussi serré, à croire que personne n'avait daigné lui offrir les vêtements à sa taille !).
Ce que par contre Tony n'avait pas besoin d'imaginer, c'était les tétons qu'il voyait parfaitement érigés à cause du froid. Il eut du mal à s'en détacher du regard, et finalement ne trouvait plus grand-chose à redire aux vêtements trop petits, peut-être même qu'il irait faire une petite virée dans l'armoire de Steve pour remplacer tout à l'identique et surtout deux tailles en dessous.
– Tony ? Est-ce que tout va bien ? demanda le blond. Tu arriveras à réparer ça ?
Tony se retint de dire sur un ton sarcastique que "quoi ? Moi ? Le Grand Tony Stark n'arriverait pas à réparer une vulgaire canalisation de bas-étage ? Je te le fais rien qu'avec l'orteil gauche, un œil sur la météo et l'autre sur un porno, tout en te lattant la tronche à Mario-kart avec l'autre pied !".
– Donne-moi deux minutes Cap' et je suis tout à toi.
Et plus encore si tu ne changes pas de t-shirt, genre là maintenant, tout de suite ! pensa Tony en essayant de se concentrer sur sa jointure.
– JARVIS, déclara Tony l'air de rien, fais-moi penser à faire une copie des enregistrements de l'atelier de ces dernières minutes.
– C'est fait monsieur, répondit l'intelligence artificielle, dois-je vous la sauvegarder sur l'ordinateur personnel de votre chambre ?
Et même si Steve devait être bien froid à ce moment-là, Tony se sentait chaud, très chaud.
Fin
