Il est impossible de traduire les émotions que j'ai pu ressentir en écrivant cette histoire. Il a fallu que j'accepte de m'ouvrir à des inconnues. J'espère simplement que j'ai pu satisfaire les lectrices avec une histoire qui se voulait différente mais qui ne l'était peut-être pas.
Je remercie toutes celles qui m'ont laissés des mots d'encouragements avec un merci spécialement pour aelita48 et ses très nombreuses reviews, je crois qu'il y en a eu 16 en deux jours, j'ai juste envie de te dire « pfiou ».
Mais je n'oublie pas toutes celles qui m'ont soutenus et accompagner : Olivia59350, lea228, Jackye, Kaylena, JulieintheHeaven, Galswinthe, Annetoutsimplement, mlca66, Sand91, ebecquereau et toutes celles que j'oublie. Désolée.
Mais aussi les lectrices assidues qui n'osent pas toujours donner leur avis : unaestrella, cricri2388, Tapadi62, Slot, Axellita, chris57, CelineR91.
Merci à vous toutes.
Bonne lecture
21
(James)
Je ne suis plus capable de me contrôler. Je ne peux pas la toucher elle. Alors, je vais me rabattre sur Bree, ce sera fait.
Je pars à sa recherche, je sais où elle aime se cacher. Je n'ai pas envie d'attendre qu'elle vienne à moi, alors je pars la retrouver dans sa tanière.
(Bree)
Je sais que c'est la fin. J'ai de la fièvre et j'ai des pertes de sang. Je dois faire une hémorragie, ou une infection. Je ne sais pas exactement. Je sais juste que la fin est là pour moi.
J'entends des pas qui viennent du couloir. James approche. Vu sa façon de marcher, je sais qu'il est dans un de ses mauvais jours.
Je ne me souviens pas de ce que j'ai fait ou dit quand il rentre dans la pièce, mais je reçois son poing dans la figure. Je tombe lourdement au sol. Ma tête rentre en contact avec le ciment froid de l'atelier, un choc brutal, douloureux. Je ne perds pas conscience de ce qui m'arrive. Je reçois une avalanche de coups de pieds dans le ventre. Je souris intérieurement. Au moins il ne fera plus de mal à mon bébé.
Je sens ses mains me soulevaient de terre. Il me jette en travers de son épaule. Ma tête se balance de droite à gauche alors qu'il avance dans le couloir. J'entends une porte qu'on ouvre, referme. J'entends sa voix à elle. Elle cris, elle lui cris dessus.
(Bella)
Je n'y crois pas. Ce que j'avais pris pour des organes, ce que je croyais être des restes humains est en fait le corps d'un nourrisson. Un minuscule être, qui alors âgé de quelques heures est déjà craintif, au point de garder le silence. Je suis certaine que sa mère a dû croire qu'elle avait mis au monde un enfant mort-né. Je comprends aussi l'état de sa robe.
Je prends l'enfant contre moi. Sa bouche a une étrange torsion. Elle a dû prendre des coups au travers de la peau de l'abdomen de sa mère.
Je la détaille. En dehors de sa bouche, elle a tous ses doigts et tous ses orteils. Elle a l'air de respirer normalement. Je place mon oreille sur son minuscule torse. Je n'entends pas de bruit venant de sa poitrine. Elle est toute petite, même pour un bébé né à terme, elle est bien plus petite que la norme.
Je la porte près de mon visage, pour l'embrasser. Elle est dans un sale état. Elle est épuisée et il lui faut de quoi manger. Je défais le haut de mon chemisier, j'ai déjà eu des montées de lait, mais je n'ai pas beaucoup mangé, alors je ne sais pas si je peux lui fournir un peu de réconfort.
Je pince mon mamelon droit, rien. Je recommence, jusqu'à ce que cela devienne douloureux. Des larmes de dépits coulent sur mes joues.
- oh, ma pauvre puce, je ne peux même pas te donner cette petite consolation.
Elle garde encore les yeux fermés. Elle réagit peu. J'ai peur de la voire mourir dans mes bras. Je tente ma chance, avec peu de confiance en le résultat que j'en obtiendrais.
Donc j'essaye de faire monter un peu de lait dans mon autre mamelon. Je souris rassurer quand je vois une goutte du précieux liquide apparaitre.
- merci mon dieu, merci, merci.
Je la positionne face à mon sein. Elle pose sa bouche sur ma peau. Je lui glisse le peu de liquide qui est sorti entre ses lèvres. Elle avale avec avidité et se met à téter. Je ris quand elle me mord avec force la chair. Elle me fait mal, mais je suis rassurée de la voir comme ça.
Pendant plusieurs minutes, je la laisse faire. Elle s'arrête d'elle-même, souriant. J'embrasse le sommet de son crâne. Je la pose sur mon épaule et lui fais faire son rot.
Tous ces gestes que je ne croyais pas être possible pour moi, me viennent tout naturellement. Je souris à cette petite fille qui ne veut pas ouvrir les yeux.
Je réunis la toile sous laquelle elle était cachée et lui en fait un lit. Je l'y place, la recouvrant avec. Je suis émue, je ne pensais pas vivre ça avec un autre enfant que celui que je porte. Je me couche près d'elle. Je m'endors, épuisée.
La porte qui claque contre le mur, en s'ouvrant, me réveille. Je sursaute. Je me redresse, il est là. Il jette une forme à terre. Je ne reconnais pas tout de suite la pauvre Bree. Je hurle, je lui hurle de ne pas approcher de moi.
Il me regarde. J'ai peur, non, pas de la peur, de la haine. Il a de la folie dans les yeux, de la malveillance et plus.
Je me mets en position accroupis, devant l'enfant, en espérant qu'il ne vienne pas à la trouver. Bree respire difficilement et je remarque que le sang sur sa robe est en plus grande quantité.
Alors que je m'attends à ce qu'il me parle ou s'en prenne à moi, il se jette sur son corps, inerte, et le roue de coups. Je suis certaine à cet instant qu'elle nous a quittés.
« Adieu Bree Tanner »
(Edward)
Je roule à pleine vitesse sur la voie rapide. J'ai emprunté la trois voies qui mène à la zone industrielle de Seattle. Le vent qui balaye la route me fait zigzaguer. Je dois maintenir fermement le volant pour ne pas être envoyé contre la rambarde de sécurité.
Après des heures d'errance dans la ville, son jeu de piste téléphonique m'a échoué ici : « textile avant-garde », une usine qui a l'air abandonnée. L'enseigne représente une abeille. Je ne sais pas si je suis au bon endroit, jusqu'à ce que je repère la porte entrouverte, comme une invitation.
Je sors de la voiture, laissant les clefs sur le contact et ma portière grande ouverte. Je cours vers l'entrepôt, la porte d'entrée a été forcée. Je pénètre dans le bâtiment, passant de la lumière du soleil, aveuglante, à l'obscurité. Je me frotte les yeux, clignant de l'œil pour retrouver un semblant de vision. Peu à peu je m'habitue au manque de luminosité et je vois enfin où je me trouve. Un bureau d'accueil à gauche, j'y cours. Rien. Des papiers juchent le sol, tout y est en vrac. La poussière recouvre chaque pile de dossiers abandonnés et seul le meuble principal de la pièce à l'air d'avoir été nettoyé dernièrement. Je ressors, regardant autour de moi. Il y a un escalier qui mène à l'étage, je m'y engouffre. De grandes vitres cloisonnent le sas dans lequel j'atterris. J'ai une vue sur l'ancien atelier de confections. Des centaines de machines à coudre sont placées les unes, derrière les autres, sur plusieurs rangées. Je me retourne dans l'autre sens, rien, hormis une porte avec inscrit « vestiaires ». Je regarde s'il y a une porte, un moyen de s'y rendre. Non ! Il faut que je redescende. Je cours en sens inverse, dévalant les marches. Une fois arrivé en bas, je tourne sur moi-même. Je refais le tour de l'endroit. Toujours l'accueil, mais sur le côté, une porte que je n'avais pas vu. J'y cours. Je tente de l'ouvrir, mais elle est fermée. Je me recule, prends de l'élan et me jette dessus. Une fois. Deux fois. A ma troisième tentative, elle cède et je manque de peu de tomber dans le cagibi que j'ai forcé, me retenant à des manches à balais, évitant les seaux et les produits d'entretiens.
- merde, Cullen, bouges toi.
Je suis complètement désemparé, déboussolé. Je retourne dans l'entrée, me rapprochant du bureau.
- mais merde il faut que je casse quoi pour aller de l'autre côté.
J'ai beau tourné sur moi-même, je ne vois rien. Mon regard est attiré par deux grandes armoires accolées l'une à l'autre. Je me place devant, puis en fait le tour. Je regarde le sol, il y a des traces, comme si elles avaient été mises là. Je passe mes mains derrière l'une d'elle et tente de la renverser. Je n'y arrive pas. Je me recule. Même si je trouve quelque chose derrière, c'est impossible que ce soit pour l'atelier.
Je retourne dans le bureau et casse le pied d'une des chaises, pour m'en servir de levier. Je reprends ma besogne. Je tire d'abord avec une main et y glisse le morceau de bois. Je tire vers moi.
- à la une, ouche, à la deux, pfiou, et à la trois.
Dans un grand vacarme et un nuage de poussière qui me prend la gorge, l'armoire est au sol. Elle a permis de mettre au jour un couloir. Je m'y engouffre. A droite, aucune porte, mais à gauche, une série de quatre. J'ouvre la première, c'est un autre local d'entretien. Je passe à la suivante. « Vestiaires ». Donc, je dois pouvoir accéder à l'atelier. Je rentre, passant devant les casiers vides. Je pousse la porte qui me fait face et débouche au milieu des machines. Je cours entre les allées, à la recherche d'un indice. Je veux vérifier les moindres recoins. Je ne veux pas passer à côté de ma femme et ne pas la voir.
Au bout de quelques minutes, je me retrouve à nouveau devant la porte des vestiaires. Rien. Je ressors dans le couloir. Allé, on passe à la suivante.
Une ancienne salle de pose, type réfectoire. Il n'y pas d'autre issue que celle par laquelle je viens d'entrer.
- et merde, putain, de, merde
Je claque la porte en sortant. J'arrive enfin devant la dernière. Je la pousse doucement, ne sachant pas si j'allais y découvrir une autre pièce vide, ou pire.
Un autre couloir, pourquoi mettre une porte à l'entrée d'un couloir. Je m'avance. Il est long de plusieurs mètres, sans qu'il n'y ait aucuns accès. J'avance, je crains le pire. Je m'approche de la fin, mais que vais-je trouver.
(Bella)
Je le regarde faire sans broncher. Je ne veux pas risquer ma vie, c'est lâche et je sais que jusqu'à ma mort, je ne m'en remettrais peut être pas, mais j'ai sous ma responsabilité deux vies. Je n'ai pas le choix. Je peux juste me promettre qu'elle aura une sépulture digne de son courage. Oui, elle a eu du courage, en accouchant seule. Et elle a eu du courage de rester alors qu'elle était sûre de mourir. D'autres diront qu'elle était folle, pas moi. Elle a cru à son amour, et par amour, des milliers de femmes acceptent de subir les pires sévices.
Il est face à moi. Depuis que je l'ai rencontré, près d'un an en arrière, ses cheveux ont poussés, et il les a attachés en queue de cheval sur sa nuque. Il a le visage recouvert de taches de sang et de poussière. Il affiche un sourire de carnassier.
Mais contre toute attente, et malgré la violence qu'il a pu exprimer devant moi, je n'ai pas peur, je n'ai plus peur.
Avant qu'il ne se tourne vers moi, j'avais récupéré le canif. Je le tiens maintenant ouvert, dans ma main droite. J'ai les bras en arrière, pour lui laisser penser qu'ils sont toujours attachés. Il est légèrement penché en avant, il est sur ses gardes. Il s'approche de moi, les bras tendus vers l'avant, pour parer les coups possibles.
- Bella, je t'ai réveillé ma chérie.
Je ne lui réponds pas, je ne veux pas rentrer dans son jeu. Je le fixe en silence. Si l'un d'eux nous doit faire le mauvais choix, ce sera lui.
Sa réaction ne tarde pas à se faire attendre, il se rue sur moi. Je me projette sur le côté, évitant d'être propulser sur l'enfant qui dort derrière moi.
Il se redresse, pour ne pas tomber. Il rit. Le jeu lui plait.
- Bella, tu me surprends, tu as décidé de ne pas te laisser faire. J'adore.
- ta gueule.
Je n'ai pas pu m'empêcher de lui répondre. C'est plus fort que moi, quand je suis en colère, je deviens grossière.
- je vais te faire souffrir.
Je sers les dents.
- quand il arrivera, parce qu'il arrivera, il découvrira ton corps.
Ta gueule Bella, ferme ta gueule, ne l'écoute pas, il cherche juste à te troubler, à te faire peur.
- tu as vu ce qu'il reste de notre pauvre Bree.
Involontairement, je tourne la tête vers son corps. Il en profite et m'envoie son pied dans le ventre. Je tombe et je cris autant de surprise que de douleur. Je repense au visage déformé de la pauvre enfant qui dort à côté de nous. Je reste au sol et me roule en boule. Il s'approche et m'attrape par les cheveux.
- tu vas venir avec moi, on va faire un tour.
Je le laisse me sortir de la pièce, criant car il m'arrache le cuir chevelu. Je ne sais pas où il m'emmène mais au moins, l'enfant est en sécurité.
(Edward)
Au bout du couloir, il y a une porte, derrière cette porte un autre couloir, à la verticale de celui dont je sors. A gauche, un placard, à droite le couloir continu sur quelques longueurs et débouche sur une porte en face et une à droite. Celle-ci est ouverte. Je me dirige vers elle, mon cœur bat la chamade. Je rentre et de suite, je vois un corps. Son corps.
Je ne distingue pas ses yeux chocolat, je ne vois que ses longs cheveux bruns, qui la soustraient à ma vue, partiellement en tout cas. Elle est recouverte de poussière et de sueur. Je me mets à crier son nom.
- Bella, Bella, ma chérie, mon amour, oh non, oh, non.
Je me baisse lentement vers elle, tombant au sol, mes genoux rentrent en contact avec le ciment gelé. Je glisse deux doigts vers sa gorge, à la recherche de sa carotide, près à lui faire du bouche à bouche au moindre signe de vie de sa part. Mais je ne sens rien, elle est morte. Je suis arrivé trop tard.
Je reste près d'elle, près de son corps. Sans vie. Ses longs cheveux recouvrent son visage. La moindre parcelle de peau, qui n'est pas cachée par le tissu de la robe qu'elle porte, est d'une vilaine teinte bleue.
J'attrape sa main qui est posée au sol, dans une position grotesque. Je la porte à mon front et je pleure de désespoir.
- pardonnes moi mon amour, pardonnes moi.
Je suis parcouru de sanglots, je n'arrive plus à parler. Elle est morte. Par ma faute, elle est morte.
(Carlisle)
Mais merde ce n'est pas croyable, mon fils a disparu lui aussi et ils ne trouvent rien, ils ne font rien. Je tente une nouvelle fois de contacter mon fils. Mais pour des prunes. Je ne sais plus quoi faire. Je m'en veux d'avoir gardé le silence, de lui avoir demandé de ne rien dire à Bella.
Je regarde ma femme qui est en train de pleurer. Je vois Charlie qui approche de moi. Il est soucieux, et je ne le serais pas moins que lui, nous sommes deux parents qui avons peur pour nos enfants et notre petit-fils ou petite-fille.
De ne pas savoir si c'est une fille ou un garçon, était pénible, mais dans cette situation, c'est intolérable de se dire que nous n'aurons peut-être pas la chance de tenir cet enfant dans nos bras.
- Carlisle !
- Charlie, vous avez des nouvelles.
- non, mais j'ai demandé à mes collègues de Seattle de me tenir informé. Je leur ai donné la description du véhicule d'Edward et le numéro de sa plaque, qu'ils auraient trouvé eux même. Mais au moins, c'est une information qu'ils n'auront pas à trouver.
- bien, au moins, il y a quelqu'un qui fait quelque chose.
- Carlisle, ce que je m'apprête à vous dire me pèse beaucoup, surtout que je vais parler de ma fille, de la chair de ma chair. Mais il ne faut plus se leurrer, il y a maintenant 48h avérées que nous n'avons aucune nouvelles d'elle. Il faut que nous admettions une chose, il y a peu de chance que nous la retrouvions en vie et malheureusement, la disparition de votre fils ne laisse rien présager de bon pour l'avenir.
Esmé éclate en sanglots, je ne l'avais pas vu se rapprocher. Elle n'a loupé aucun mot, que ce père a prononcé.
La porte s'ouvre sur mon fils cadet. Il a l'air excité et je me demande bien pourquoi.
- Em' ?
- bonjour, papa. Charlie, j'ai eu les renseignements que vous vouliez par mon pote de la centrale.
- Raconte petit.
- le jour de l'enlèvement de Bell's, il y avait une camionnette blanche devant leur villa. Ray a pu vérifier qu'elle était à la même place les deux jours précédant sa disparition.
- bien, et la plaque, est-ce qu'ils ont eu sa plaque ?
- mieux que ça, ils ont retrouvé le van dans la zone industrielle.
- ils y sont ?
- non, c'est grâce aux caméras de surveillance qu'ils l'ont repéré.
- mais pourquoi ne sont-ils pas sur place.
- le FBI est en route, ils ont carte blanche. La police locale ne peut rien faire sans l'accord du Bureau.
- tu sais où, exactement ?
- oui, monsieur.
- alors, on attend quoi.
Le père de ma belle-fille sort en courant, suivit par mon fils. Je regarde ma femme.
- non, ma chérie, il faut que tu restes ici, pour prévenir le reste de notre famille.
- mais . . .
- nous allons les ramenés, je te le jure.
Je l'embrasse avec fougue et sors en courant dans le couloir, poursuivant une partie des hommes de ma famille. Je vais revoir mon fils. Je prie pour Bella et son enfant. Je prie pour ne pas tomber sur cette ordure, car si l'un de mes enfants à souffert, je le tue.
(Edward)
Je n'ose plus bouger, je me sens acculé, dans cette pièce si grande et pourtant dans laquelle j'étouffe. Je tiens toujours sa main dans la mienne. Sa peau est froide. Je n'arrive plus à réfléchir, je passe ma paume sur son ventre. Elle ne porte plus notre enfant. Une rage folle me parcours le corps. Je sens la haine naissante se transformer en fureur, je suis hors de moi, je ne peux pas accepter ça, il est hors de question qu'il s'en sorte, il est hors de question qu'il vive, il est hors de question qu'il ne subisse pas les mêmes atrocités que celles qu'il lui a fait subir.
La robe qu'elle porte, à le bas de maculé de plasma. Elle a bien donné naissance à notre enfant, et elle a dû le faire dans la plus grande douleur.
Je regarde à nouveau le corps étendu au sol. Il est couvert de sang. Je dégage son visage des cheveux qui le recouvrent. Je ne la reconnais pas. Elle a la figure tuméfiée, ses yeux sont restés ouvert sur le brun de ses yeux. Quelque chose me gêne. Je regarde encore une fois la silhouette étendue au sol. Ce n'est pas ma Bella
Un bruit derrière moi me fait sursauter. Je me dresse sur les genoux. Je fais froidement le tour de la pièce, regardant d'où provient le son que j'ai capté. La pièce est vide. Elle est tapissée d'étagères, de grandes fenêtres en hauteur. Au sol, je vois non loin de moi, un seau et de l'autre côté un tas de toile.
Je me remets sur pieds, me dirigeant vers le pot. Ce que je découvre me donne la nausée et me laisse présager le pire pour la suite.
Je me détourne, il ne sert à rien que je l'inspecte. Une femme a mis au monde un enfant, dans les pires conditions qu'il existe, au niveau de l'hygiène comme pour la santé de la maman et de son bébé.
Mais je sais que la mère n'a pas survécu, reste le nourrisson. Je me dirige vers le tas de toile. Une fois devant, je tends la main. Je laisse ma main en suspens. Et si je découvrais le pire la dessous. Mais je n'ai plus droit d'être lâche, je l'ai été une bonne partie de ma vie. J'ai fermé les yeux trop souvent. Je prends mon courage, et je lève.
- eh ben, je ne m'attendais pas à ça !
C'est le moins qu'on puisse dire. Je repense à Rose, et à ce qu'elle nous avait appris de sa sortie avec ma femme. Devant moi, un enfant dort, son pouce dans la bouche. Je me penche et le prends dans mes bras. Un bout de choux blond. Le sien. Les pires pensées me traversent l'esprit
Bas du formulaire
(Bella)
Je l'ai tué. Il m'a emmené dans le champ derrière l'usine. Me tirant par les cheveux, sans aucunes peines, n'y égare pour moi ou mon enfant.
Je ne ressens plus mon cuir chevelu. J'n'ai pas pris le temps de réfléchir, j'ai tué cet homme. Pour Sasha, mon fils, pour cette petite fille qu'il a défigurée, pour Edward et pour moi.
Je ne me souviens plus de quand. Je me souviens simplement du couteau dans ma main. Je me souviens de son sourire quand je relève la tête après qu'il m'ait lâchée. Je me souviens de son pied dans ma mâchoire, du sang dans ma bouche que je crache au sol.
Je me souviens de ma main qui se serre sur le manche du canif. Je le revois qui approche, hilare. Il parle, mais je ne l'entends pas. Il approche et je sais que le moment est venu de laisser parler mes instincts primaires. Je me redresse sur mes genoux, une main posait au sol, l'autre dissimulant mon arme.
Mes cheveux tombent sur mon visage, créant un rideau brun, qui lui cache mon expression. Il ne me voit pas sourire, quand il approche en riant, la démarche semblable à celle d'une petite frappe dans un mauvais film. Je me mets sur mes pieds, gardant mon genou gauche à terre, pour prendre de l'élan.
Il est là.
Il est proche.
Il attrape mes cheveux, tire ma tête en arrière.
Je lui plante la lame dans l'abdomen, forçant le passage vers le haut. Je vise son cœur. Je sais qu'il comprend ce que je fais. Je sais que j'ai atteint mon but quand il devient bleime, presque pâle, sous son bronzage de surfer.
Il porte ses mains à son ventre. Il me regarde, il est sidéré. Je retire la lame, et la lui plante dans la gorge. Je suis redevenue sauvage.
Je me tiens maintenant debout face à lui. Je revois Bree et ce qu'il lui a fait. Je le frappe à nouveau, visant sa carotide. Il tombe au sol. A genoux. Je pense à sa propre fille qu'il ne verra jamais et tant mieux pour elle. Je retire mon couteau de sa gorge. Ses yeux sont vitreux. Il tombe en avant, sur moi.
Je me recule. Mon pyjama est couvert de sang, de beaucoup de sang, de son sang. Je lâche l'arme au sol. Je regarde mes mains. Je recule d'un pas, puis d'un autre. Je me détourne de son cadavre et je retourne vers le bâtiment. J'avance doucement, je n'ai plus de force. J'avance, mais je sais que je n'y arriverai pas. J'ai mal, j'ai mal comme jamais. Une douleur irradie le bas de mon ventre.
- non, non, mon bébé. Il faut que tu restes encore un peu au chaud mon amour.
Des larmes coulent de mes yeux. Je n'y peux rien. Je suis épuisée. Je n'en peux plus. Mon corps est à bout. Je butte contre une pierre et tombe lourdement à genoux, me tordant l'un de mes poignets. Je pleure. C'est fini. Je lance un dernier regard vers lui. Il est toujours étendu.
Je commence à avancer. Je tente. Mais j'ai le souffle coupé. Une crampe, une contraction. Je porte une de mes mains à mon ventre. Merde, pas maintenant, pas quand je ne sais pas si mon enfant va être secouru. Pas sans savoir . . .
Je recommence à avancer, mes genoux sont en sang, mes larmes coulent toujours à flots. Avance Bella, avance. Pour lui, pour eux. Je lève les yeux. Je suis dans le brouillard.
Je pousse un cri de douleur et de surprise. Une contraction. Elles sont trop rapprochées. Un liquide chaud coule entre mes jambes. Non, non, pas comme ça, pas ici. Donnez-lui une chance de vivre. Je prie dieu, je prie toutes les divinités qui hante l'univers de laisser une chance à mon fils.
- je vous en conjure, laisser le vivre. Ahhhhhhh !
Une autre. Je m'arrête pour reprendre mon souffle. Je suis si proche du bâtiment et pourtant il est hors de porter. Je suis si fatiguée, que je crois voir Edward avec un enfant dans les bras. Une prémonition. Je ferme les yeux. Je n'ai plus de force.
Mon corps glisse sur le côté. Mon visage est baigné par la lumière du soleil. Je pose une main sur mon ventre, puis l'autre.
- je t'aime Sasha.
Je souris dans le vide du ciel qui me surplombe.
- Je t'aime. Je ne sais pas si ta maman sera là avec toi . . .
Je respire, une autre douleur, je souffle et je reprends.
- prends soin de ton papa, dis-lui de jouer plus souvent du piano.
Je souffle une nouvelle fois. L'émotion est trop forte, une boule de chagrin est bloquée dans ma gorge. Je ferme les yeux et avale ma salive. Je les ré-ouvre et reprends.
- je t'aime mon amour, je t'aime et je veux que tu me promettes de t'occuper de ta nouvelle petite sœur.
Je pose ma tête à terre. Je sens les larmes coulaient aux bords de mes yeux, coulant dans mon cou.
Je ferme de nouveau les yeux. Je me tais. Je suis tellement fatiguée. Ma main glisse au sol alors que je cramponne l'autre à ma chemise. Je perds connaissance et je ne peux pas lutter. Je meurs.
(Emmett)
Je suis dans ma voiture. Devant moi celle de Charlie et Carlisle roule à pleine vitesse. Nous sommes hors de la ville, nous sortons de la trois voies qui mène à la zone industrielle. Le FBI est en route, nous sommes proches de la fin, mais j'ai peur de ce que nous allons y découvrir.
Je tente une nouvelle fois de contacter mon connard de frère ainé qui ne décroche pas son mobile. Je jette mon portable sur le siège passager. Je n'ai jamais eu peur comme ça. Je n'ai jamais cru perdre mon frère aussi fort qu'aujourd'hui et pourtant il m'en a fait voir. Il nous en fait voir. Oh, je ne le juge pas, mais je me rencontre qu'il a vécu le pire, enfin je le croyais.
Je donne un grand coup sur mon volant. Quand est-ce que le sort tournera pour lui, dans le bon sens. Je me focalise sur lui, je ne veux pas imaginer ce que vie Bella. Le simple fait de penser à elle me fait monter les larmes aux yeux. Je ne peux pas expliquer ce que je ressens pour ma petite belle-sœur. Mais je l'aime. Elle m'a permis de tirer un trait définitif sur mes douleurs d'adolescent, elle a rendu mon frère heureux . . . elle a fait beaucoup pour notre famille et je ne suis pas sûre qu'elle s'en soit rendu compte. Je pense à ce que ce salopard lui a peut-être fait subir. Je ne peux retenir plus longtemps mes larmes. Et comme un enfant, je pleure.
Je vois enfin le bâtiment apparaître devant moi. La voiture de mon frère s'y trouve, portière ouverte. Je me gare, faisant voler un nuage de poussière. Je suis dehors avant même que la voiture soit totalement à l'arrêt. Charlie me crie de faire le tour du bâtiment.
Il est isolé, il n'y a que lui, entouré d'un large terrain aride. Je cours comme un dératé. Je cours dans l'espoir de les trouver et en même temps de ne rien trouver. J'aimerai apprendre qu'il ne sait jamais rien passé, qu'ils sont tous les deux chez eux.
Je contourne la structure, arrivant de l'autre côté. Ce que je vois, personne ne voudrait jamais l'avoir vu.
Mon frère est affalé au sol, il tient un nouveau-né dans ses bras. Devant lui, au sol, inconsciente, sa femme git.
Elle ne bouge pas.
Il ne la touche pas.
Ses cheveux sont balayés par le vent.
Il la regarde.
J'ai la certitude à cet instant que ma petite sœur est morte. Je cours vers eux, je cours vers elle. Je ne veux pas la perdre. Je ne veux pas perdre mon amie.
- non, Bella. NON !
