Accrochée à la rambarde de la Sirène, Tanya était occupée à rendre tout son estomac à la mer. Essoufflée, elle posa son front sur ses bras et sourit faiblement en sentant Fitz relever ses cheveux pour l'aider à ne pas s'en mettre partout. Avec un soupir, la brune se redressa et prit la choppe d'eau que lui tendait son second avec un sourire narquois.
« J'ai raison, et tu le sais.
- Non, c'est impossible.
- Arrête de faire ta tête de mule par Davy Jones! T'as un polichinelle dans le tiroir et basta!»
Agacé par la mauvaise foi de sa capitaine, Fitz se détourna pour aller sonner les cloches d'un matelots tire-au-flanc. Tanya, elle, resta sur le pont, songeuse. Fitz, elle le connaissait depuis qu'elle avait cinq ans. C'était son meilleur ami, son frère, sa première fois. C'était son protecteur, et probablement l'homme de sa vie. Oh, certes, un autre avait emporté son cœur sur l'océan, et elle espérait qu'il le chérissait de son mieux, mais Fitz avait tous les droits sur elle. L'inverse était vrai également. En entendant ce dernier hurler après le marin, la brune reprit ses esprits. Elle était capitaine, elle avait des responsabilités. Son état rapidement oublié, elle prit place à la barre et, compas en main, elle dirigea le navire vers leur prochaine destination: les îles à moitié abandonnées qu'elle avait aperçut au large des côtes du royaume mortel.
Plusieurs heures plus tard, alors qu'elle était allongée dans son lit en train de ruminer, Fitz rejoignit Tanya. Couchés en cuillère, il passa ses bras autour de son ventre, comme pour la protéger. Avec un souffle tremblant, Tanya glissa sa main dans la sienne et crocheta leurs doigts.
«Je … Je peux pas mettre un enfant au monde Fitz. Je sais pas comment faire. J'ai pas eu de modèle, et si c'est pour lui faire la même chose mon père, lui faire subir la même souffrance que moi ça n'en vaut pas la peine. Je-
- Tu te prend trop la tête Tanya, l'interrompit-il. Tu sais pas de quoi le futur est fait, tu sais pas comment tu seras avec ce môme, mais une chose est sûre: tu ne le fera jamais souffrir autant que ton père t'as fais souffrir car tu sais ce que ça fait, et tu veux éviter ça.
- Mais-
- Tu ne seras peut-être pas la meilleure mère du monde, mais tu vas l'aimer ton gosse. Et son père aussi il va l'aimer. Tu feras tout pour le protéger, je le sais. Et je t'aiderais. T'es ma flamme rappelle toi.»
Sur ces paroles pleines de tendresse et de sagesse de la part de Fitz, Tanya se mit à sangloter sans bruit. Elle avait peur, mais au moins elle n'était pas seule. Les deux marins finirent par s'endormir dans cette position, habitué l'un à l'autre depuis toujours. C'est ainsi que se déroulèrent plusieurs mois. Fitz rassurait Tanya qui voyait son ventre s'arrondir de jour en jour, si bien que rapidement ses vêtements devinrent trop petits. Un matin, plus angoissée qu'un autre, la capitaine débarqua en culotte et avec une chemise trop petite dans le dortoir homme, les larmes aux yeux.
« FITZ! Je suis devenue trop grosse!»
Ce dernier la regarda éberlué avant d'éclater de rire. D'un geste de la main il fit signe aux autres marins qui se moquaient gentiment de déguerpir alors qu'il posait son bras autour des épaules de son amie.
«Tanya, tu n'es pas grosse tu es enceinte. C'est normal, tu sais, t'as un haricot qui pousse dans le bide.
- Mais mes vêtements ne me vont plus, je ne peux pas rester nue enfin!»
Tout en levant les yeux aux ciels et jurant intérieurement sur les humeurs de femmes enceintes, Fitz ouvrit sa propre armoire et en vida la moitié dans les bras de sa capitaine.
« Et maintenant, tu as de quoi faire jusqu'au terme.»
Tanya fit une moue boudeuse en regardant la pile de vêtements sur ses bras, mais il est vrai qu'aucune escale n'était prévue avant un long moment. Ils étaient actuellement en train de longer les côtes de la Cour du Jour pour atteindre la Cour de l'Hiver, puis après celle de la Nuit. C'est là-bas que la brune devrait retrouver son homme pour au moins une semaine. Elle finit par remercier Fitz et se diriger de nouveau vers sa cabine où elle rangea les vêtements dans son armoire et de s'habiller. Se regardant d'un œil critique, elle convint cependant du confort de la largeur de sa tenue. La journée continua ainsi, et s'enchaîna encore deux mois. Elle estima qu'elle devait être à trois ou quatre mois du terme. Tanya était à la fois pressée de mettre son enfant au monde, de le serrer dans ses bras – car son idiot de meilleur ami avait eu raison, elle l'aimait déjà son bout de chou – mais en même temps elle appréhendait énormément. Revoir son amant lui ferait du bien.
Pourtant, rien ne se passa comme prévu. Alors que la Sirène Ensorcelée se dirigeait vers la terre inhospitalière de la cour de l'Hiver, un autre navire attaqua. Sous les ordres d'une Tanya dans un état de colère intense, les hommes défendirent leur bateau corps et âmes. Les ennemis ne semblaient jamais arrêter d'arriver. Plusieurs des marins de Tanya furent blessés, perdant soit quelques gouttes de sang, soit des torrents. Plusieurs têtes volèrent, détachées de leur corps, alors que les coups de feu et les cris d'agonie résonnaient dans l'ambiance saturée de poudre, d'humidité et d'éclat de bois.
La capitaine, malgré son ventre proéminent et sa difficulté à bouger comme elle le voudrait, se défendait comme une lionne, tantôt utilisant le pistolet que l'un de ses meilleurs armuriers lui avait confié, tantôt utilisant son sabre. Pourtant, unennemi vicieux l'attaqua par derrière. Elle poussa un bref cri quand elle se senti partir en avant, mais la pirate réussi à se rattraper sur un tonneau non loin. Tonneau qu'elle projeta contre son adversaire le temps de se retourner. Armant son pistolet, Tanya plissa les yeux. Elle avait devant elle le capitaine adverse, c'était donc une bataille de capitaine et personne ne devait intervenir. Se laissant quelques secondes chacun, les deux dirigeants se lancèrent l'un sur l'autre au même moment.
Tanya pressa la détente une première fois, touchant son adversaire fois à l'épaule gauche. Ce dernier leva son sabre dans le but de désarmer la brune mais elle ricana et esquiva d'un simple pas de côté. S'en suivit une joute acharnée au sabre avant que Tanya ne dégaine de nouveau et ne tire dans la seconde épaule de son adversaire. Il serra les dents et se leva d'un coup, tentant le tout pour le tout. Un tonneau vola derrière lui, attirant brièvement le regard de la Capitaine de la Sirène, ce qui lui permit de lever la jambe et d'asséner un violent coup de pied dans le ventre de la brune. Elle poussa un hurlement déchirant sous l'horrible douleur qui traversa son ventre et son bassin. Dans un geste désespéré elle vida son chargeur sur son adversaire; le touchant miraculeusement à la tête. La vue brouillée, les oreilles sifflantes et les jambes la supportant à peine, elle recula avant de s'effondrer.
Assise contre le mât central, Tanya se tenait le ventre, en larme. Une douleur atroce lui transperçait les entrailles alors que du sang commençait à s'écouler entre ses jambes, tachant le pantalon blanc qu'elle avait mit ce jour là. Elle se mordait la lèvres jusqu'à presque se l'arracher pour ne pas hurler à chaque mouvement du bateau, la mer étant agitée.
Fitz, se précipitant à ses côtés, donnait des ordre à n'en plus finir. Dire qu'il était inquiet était un euphémisme. Il avait vu trop de femmes mourir en donnant naissance avec des complications pour ne pas avoir peur de perdre Tanya. Le brun s'approcha d'elle et lui souffla des paroles à l'oreille alors qu'il la souleva dans ses bras forts pour l'emmener dans sa cabine. Le hurlement déchirant de Tanya vrilla les oreilles de chaque matelot. Chacun avait apprit à apprécier cette capitaine dure mais juste au fil des mois passés ensemble. L'entendre aussi mal ne les laissait pas indifférents. Le second de l'équipage déposa doucement sa capitaine sur son lit et commença à s'affairer.
«Je pense qu'il faut le faire sortir, sinon tu va mourir, lui aussi. Et je refuse de laisser ça arriver!»
Tanya ne pouvait pas articuler un mot tant sa mâchoire était serrée pour s'empêcher de hurler. Elle laissa Fitz la manipuler, ayant une confiance aveugle en lui. Elle l'entendit vaguement jurer avant de le voir disparaître par la porte de sa cabine. Il revint plusieurs minutes après, accompagné du cuisinier en chef, Joris, de plusieurs drap et autres tissus blancs et de plusieurs bassines d'eau. Commença alors la lente agonie de Tanya. Fitz jeta un regard inquiet à son collègue d'infortune. La brune continuait de saigner sans discontinuer et les deux hommes ne savaient pas quoi faire. Alors en désespoir de cause, le cuisinier se redressa.
«Je vais appuyer sur son ventre. Il faut faire sortir ce bébé Fitz et je ne tiens pas à ouvrir le ventre de ma capitaine ici, qui sait qu'elle infection elle pourrait chopper.»
Les deux hommes sentaient une pointe d'angoisse dans leur cœur alors que le grand cuisinier s'adressa à la Tanya.
«Je suis désolé capitaine ça va faire mal mais je préfère te voir souffrir que morte. Quant à toi essaye de pousser. Ça sera vite terminé.»
Les mains tremblantes, le blond commença à presser le ventre arrondi alors que Tanya tentait de faire ce qu'on lui disait. Cependant, n'étant pas dilatée, la douleur était atroce et ses hurlements retentirent d'un bout à l'autre du navire. En larme, en sang et en sueur, la brune suppliant pour qu'on l'achève, qu'on sorte enfin cet enfant de ses entrailles, qu'on arrête de la faire souffrir. Derrière la porte, sur le pont du navire, les marins avaient jetés l'encre. Deux d'entre eux avaient prit un canot pour aller chercher un médecin au plus vite. Le reste de l'équipage était pâle, le visage creusé par l'inquiétude et l'angoisse. La voix de leur capitaine se faisait de plus en plus faible alors que les minutes s'engrenaient, devenant des heures. L'un des plus jeunes avait fini par éclater en sanglot et se réfugier dans les bras de son mentor, la terreur lui tordant l'estomac. Quand enfin les cris de la brune se turent, un silence assourdissant prit place sur tout le navire, brisé uniquement par le ressac de la mer. Le cuisinier ressorti, recouvert de sang, le visage grave. L'équipage s'attendait au pire, les oreilles bourdonnantes.
«Elle est vivante mais inconsciente. Elle a perdu beaucoup de sang et je ne sais pas à quel point elle est en danger. Son bébé est pour le moment vivant mais nous ne savons pas nous occuper d'un mioche tout juste né. Prions pour que le médecin arrive à temps.»
Les Sirènois pâlirent un peu plus à ces paroles qui s'abattirent sur eux comme une sentence. Petit à petit ils reprirent leurs activités mais sans convictions, l'esprit tourné vers leur bien-aimée capitaine. Dans la chambre où l'odeur de sang était prenante et où la chaleur était oppressante, Fitz recouvert d'encore plus de sans que le cuisinier était allongé près de Tanya, et maintenait le bébé d'une inquiétante couleur rouge foncée, presque violette et d'une taille si minuscule qu'il tenait à peine dans sa main contre sa mère, peau à peau. Tanya, la tête sur le côté, sans force papillonna des yeux légèrement.
«I-Ivan .. Fitz ... mal ...»
Le brun, la gorge si nouée qu'il eut du mal à respirer, embrassa le front de sa sœur.
«Repose toi Tanya... on a réussi à faire sortir ton enfant, tout va bien. Je te surveille, un médecin est en route.»
Le regard brillant d'une terreur sourde, elle continua de regarder Fitz dans les yeux avant de laisser l'inconscience l'accueillir pour de bon. Le brun se mordit la lèvre et et posa son front contre le sien, adressant une prière désespérée à Davy Jones, lui demandant de ne pas lui prendre Tanya. Une soudaine cacophonie sur le pont le fit se redresser. La porte s'ouvrit à la volée sur un médecin totalement affolé. Ce dernier se précipita sur eux, examinant Tanya.
«Elle a perdu quelle quantité de sang ? Pendant combien de temps ?»
Fitz le regarda avec un air de merlan frit.
«Elle saignait avec le débit d'un coup de couteau pendant ... deux heures, je pense.»
Et en effet, le lit était recouvert de sang et autres matières organiques éjectées lors de l'accouchement. Le médecin jura doucement dans sa barbe.
«Il lui faut beaucoup de repos, elle ne doit absolument pas bouger. Elle a perdu énormément de sang et cela pourrait la tuer. Pour le moment je vais examiner ce bébé, son état est très inquiétant.»
Le médecin prit alors le nouveau né délicatement et le posa sur le bureau qu'il avait débarrassé d'un geste du bras avant de le recouvrir d'un drap propre. Fitz regarda le soigneur s'agiter pendant plusieurs minutes autour du bébé, sortant des dizaines d'outils. Le second ne comprenait pas ce qui se passait mais d'une main toujours sanglante il caressa la chevelure d'ébène de sa meilleure amie. Après un long moment dans un silence pesant, le médecin se releva, le bébé emmitouflé dans le drap.
«Il est vivant. Cependant il ne se réveille pas, c'est assez anormal. Il faut absolument le surveiller, jour et nuit. Si sa respiration s'arrête c'est fichu.»
Fitz hocha la tête et observa l'homme de science s'approcher du lit.
«Nous devons la laver tant qu'elle est inconsciente. La douleur sera pire une fois réveillée.»
Hochant la tête, le brun alla à la porte et héla deux hommes pour leur donner les directives. Effrayés, ils obéirent immédiatement. Présent à la porte, Joris se proposa de veiller sur le nouveau-né et de le laver pour laisser aux deux autres le soin de s'occuper de leur capitaine. Fitz prit Tanya dans ses bras après l'avoir enroulée dans le drap pour la couvrir un minimum et emboîta le pas au médecin qu'il guida. Arrivé dans la pièce qui servait de salle d'eau aux matelots, le brun patiemment que l'eau chaude arrive. Il posa doucement la capitaine dans le bac et entreprit de la déshabiller complètement. Le ventre bleui par les mains du cuisinier était bien moins arrondi qu'avant l'accouchement, les jambes de Tanya était encore tremblantes et couverte de sang séché, ses cheveux sales et emmêlés.
Fitz pensa que la dernière fois qu'il l'avait vue aussi abîmée c'était la première fois qu'un homme avait abusé d'elle, alors quelle était à peine âgée de quinze ans. Le médecin versa l'eau dans le bac de lavage et pris une éponge douce qui était enveloppée dans sa valise pleine d'outils divers et entreprit de s'occuper du corps meurtri de la brune. Fitz tenait le buste hors de l'eau, tandis que cette dernière se tentait d'un rouge sombre. Une fois qu'elle fut parfaitement lavée, le médecin soupira.
«Écoutez, je me doute que ce n'est pas la naissance que vous attendiez pour votre enfant. Cependant c'est sûrement la seule que cette femme pourra supporter. Son corps est abîmé à l'intérieur. Elle a été dilatée de force et le bébé arraché de là où il était accroché.»
Fitz ne dit pas un mot, il ne contredit pas le médecin concernant sa parenté avec l'enfant. Tanya, sa belle et douce Tanya, sa sœur, sa meilleure amie ne pourrait pas avoir d'autres enfants que celui-ci et c'était probablement de sa faute. C'est lui qui était allé écarter ses chairs pour le faire sortir. Le pirate soupira doucement.
«Si le bébé était resté coincé, quelles auraient été les conséquences ?
- La mort des deux.»
Le ton implacable du médecin lui fit fermer les yeux. Avec un hochement de tête, Fitz reposa Tanya dans le bac pour lui laver les cheveux, tendrement.
«Elle a prit un coup de pied dans le ventre.»
Le médecin fixait le second de son regard brun glacial. Le pirate fronça les sourcils et jeta un regard sombre à l'autre homme dans la pièce.
«J'ose espérer que vous ne m'accusez pas de battre ma capitaine Doc. Nous avons essuyé une attaque ennemie, d'ailleurs en cherchant un peu autour de notre navire vous verrez peut être deux ou trois têtes hors de l'eau.»
L'homme se garda de tout commentaire, sachant très bien que sa vie était désormais en jeu.
«Cette femme va mettre plusieurs semaines à se remettre physiquement. Elle devrait bientôt reprendre conscience, allons la remettre dans sa chambre.»
D'un commun accord, les deux hommes repartirent dans la cabine de la capitaine. Heureusement, la pièce avait été nettoyée et aérée. Se faisant une note mentale pour féliciter ses hommes, Fitz déposa Tanya dans son lit, la couvrant jusqu'à menton. Commença alors une longue attente, Fitz ayant reprit le bébé conte son torse en peau contre peau. Plusieurs heures plus tard, alors que le soleil déclinait, Tanya reprit enfin des couleurs. Elle ouvrit les yeux, papillonnant avant de se fixer. Elle tenta de se redresser mais une douleur fulgurante dans son ventre lui coupa le souffle dans un cri et elle retomba dans les oreillers. Aussitôt, Fitz et le médecin furent à ses côtés.
«Tanya ! Comment tu te sens ?»
La brune observa d'abord le médecin avec méfiance puis tourna son regard vers son meilleur ami. Les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'elle le vit, la chemise entrouverte pour garder son fils au chaud. Elle était à la fois émue et prise d'une angoisse sans nom.
« Il-»
Elle toussa violemment, étouffant jusqu'à ce que le médecin lui fasse boire de l'eau aromatisée avec plusieurs herbes médicinales.
« Il est vivant pas vrai ?»
La voix faible et cassée d'avoir trop hurlé, la brune était était bord des larmes, épuisée. Son corps était entièrement douloureux, pourtant elle voulait prendre son petit contre elle. Le serrer dans ses bras, le sentir vivre. Fitz paru comprendre et, malgré les protestations du médecin, il plaça l'enfant contre la poitrine de Tanya, et plaça ses fines mains sur son bébé sous la sienne qui le maintenait. Le regard gris de la pirate se perdit sur le petit visage, trop petit, de son fils et laissa ses larmes couler. Par Davy Jones, il était si petit … Tournant la tête vers le médecin, Tanya lui demanda s'il allait survivre. Un bébé ne devait jamais naître plus d'un mois à l'avance, elle le savait. Le médecin se tut quelques instant avant de soupirer.
«Il y a de fortes chance qu'il ne dépasse pas la première lune. Du moins si vous restez en mer. Rejoignez la terre Capitaine, vous aurez de meilleures chances de sauver votre fils.»
La brune sentit une lueur d'espoir s'allumer dans son cœur. D'un regard, elle fit comprendre à Fitz de trouver une ville où larguer les amarres. Elle donnerait tout pour la survie de son fils. Le brun hocha la tête et après une brève hésitation il sorti de la pièce pour aller donner ses directives. Il donna également des nouvelles de leur capitaine aux matelots. Les plus inquiets se pousser un soupir de soulagement. Le jeune émotif lâcha même de nouveau quelques larmes. Avec un sourire indulgent, Fitz posa sa main sur sa tête et ébouriffa ses cheveux. Après plusieurs minutes il retourna dans la cabine de Tanya pour rester à ses côtés. Elle allait nourrir son fils qui avait enfin ouvert les yeux, comme sil attendait le reveil de sa mere pour le faire.
Aussitôt, il fut à ses côtés, prêt à l'aider. Le médecin ricana légèrement et aida le «papa», toujours convaincu que l'enfant était son fils à s'installer derrière Tanya pour la redresser. Elle se cala naturellement dans ses bras alors qu'il entoura son ventre de ses bras, l'aidant à maintenir le tout petit nourrisson conte elle alors qu'elle lui donnait le sein. Elle avait un doux sourire aux lèvres, la brune observa son bébé manger avec des étoiles dans les yeux. Fitz avait plus ou moins le même sourire aux lèvres. Le petit finit par se rendormir après avoir longtemps gardé son regard dans celui de sa mère. Fitz se retira du lit pour laisser Tanya se reposer.
Plusieurs jours se passèrent dans une ambiance étrange. Un mélange d'angoisse, d'impatience, de tension régnait sur le bateau. Tanya n'avait pas bougé de son lit, le médecin n'était pas reparti, préférant garder un œil sur sa patiente et son bébé. Fitz avait prit le commandement de l'équipage pendant la convalescence de la véritable capitaine. La sirène faisant maintenant route vers la Cour de la Nuit afin de rejoindre au plus vite l'équipage d'Ivan pour lui annoncer la nouvelle.
Un soir, une forte tempête se déclara. Le vent violent faisait tanguer le navire comme jamais, la houle était déchaînée et il pleuvait dru. Emmitouflée dans ses couvertures, Tanya tenait son fils qui tremblait tout contre elle. Le vent glacial avait commencé à souffler la nuit, la réveillant en sursaut. Elle s'était alors hissée sur ses jambes bien faibles, malgré les interdictions du médecin. Fitz dormait à poing fermé dans le lit d'appoint de sa cabine. Le pauvre était épuisé: il veillait sur elle et son fils sans jamais faillir en plus de gérer l'équipage. Il avait mérité un peau de repos.
Malgré la couverture dans laquelle il était enroulé, le nourrisson tremblait de froid. Sa peau avait prit une teinte violacée tirant sur le bleu. Inquiète, Tanya le prit rapidement dans ses bras et s'affola de sentir sa toute petite main glacée. Elle retourna s'asseoir avec difficulté sur son lit. Si son ventre avait beaucoup perdu en volume, ne laissant qu'une vague rondeur, ses douleurs internes étaient les pires. Elle pouvaient parfois être si violentes qu'elles lui paralysaient le bassin et les jambes. S'allongeant de nouveau, elle glissa son enfant dans son giron, et rabattit les couvertures sur eux. Les nouveaux-nés ont du mal à réguler leur température, d'après ce que lui avait dit le médecin. Pourtant, les heures passaient et le petit n'allait pas mieux. En désespoir de cause, Tanya appela le médecin.
Ce dernier ne réagit pas du tout comme elle l'aurait espéré. Au lieu de lui dire de ne pas s'inquiéter, le visage du vieil homme se ferma. Son regard se posa sur Tanya, puis sur le nourrisson. Avec un soupir il prit place sur une chaise à côté du lit de la brune et posa son chapeau sur ses genoux. Il cherchait ses mots, ne voulant pas causer plus de tort qu'il n'allait en faire. Trop à son goût. Certes cette femme était une pirate, mais elle ne méritait pas autant de souffrance. La capitaine, quant à elle, sentait la terreur s'insinuer dans ses entrailles. Les premières paroles de l'homme face à elle lui revinrent en mémoire: on enfant n'avait que peu de chance de survie en mer. Un poing glacé comprima le cœur de la brune.
«Votre fils ne se réchauffera pas Tanya. L'état dans lequel il est touche certains nourrissons nés en hiver, mais aussi plus particulièrement ceux qui naissent trop tôt. Il suffit qu'ils soient exposés trop longtemps au froid et leur cœur commence à faiblir. Nous … Nous ne savons pas comment remédier à cela. Le cœur ne pompe plus assez de sang dans le corps du bébé, cela l'affaiblit et c'est un cercle vicieux.»
Pâle comme la mort, Tanya écouta la sentence tomber. Son fils était en train de mourir. Dans ses bras. Et elle ne pouvait rien y faire. Abasourdie, les oreilles bourdonnante, Tanya laissa son regard se faire vide peu à peu. En état de choc, la brune resserra son étreinte contre son tout petit. Son attitude dura plusieurs minutes, jusqu'à ce que Fitz entre dans la chambre. Il remarqua immédiatement que quelque chose clochait. S'approchant de son amie, il posa sa main sur son épaule, la faisant brusquement sortir de sa transe.
Sur le côté, le médecin observa attentivement les réactions de chacun. Tanya sursauta et tourna vivement la tête vers Fitz, les larmes lui montant immédiatement aux yeux. Le brun s'assit sur son lit et la serra doucement contre lui, faisant attention au bébé. La pirate s'accrocha de toutes ses forces à son second. Elle commença à sangloter des phrase difficilement compréhensibles, mais un simple coup d'œil à la troisième personne dans la pièce permit au capitaine de remplacement de comprendre de quoi il en retournait.
Posant sa bouche sur la tête de Tanya, son nez dans ses cheveux, Fitz ferma les yeux et jura à voix basse. L'instant se passait de mot, rien n'aurait pu apaiser la douleur d'une mère qui perd son enfant. Peu importe qu'il ne soit né qu'une dizaine de jours auparavant, Tanya l'aimait déjà plus que sa propre vie. C'était l'amour maternel, l'instinct de protection poussé à son paroxysme par la situation désespérée. Tous trois ne bougèrent pas avant un long moment. La jeune mère avait cessé de pleurer mais était restée prostrée contre son ami, seul pilier qu'elle acceptait à ses côtés. Pourtant, rapidement quelque chose la dérangea. Elle comprit avec horreur que son fils était immobile. Plus le moindre tremblement n'agitait son corps, pas la moindre respiration n'effleurait sa peau. Avec un cri, la brune se redressa et défit les tissus qui enrobaient le nourrisson pour l'observer.
Les yeux définitivement fermés, le petit corps conservait encore la chaleur de la peau de sa mère tandis que sa tête chauve roulait sur le côté. Muette de terreur, Tanya commença à le toucher partout pour susciter une réaction, n'importe laquelle ferait l'affaire: un cri, l'ouverture de ses yeux, un bâillement. Mais rien de tout cela ne se déroula. Les larmes s'écoulèrent encore une fois de ses yeux alors qu'elle commençait à suffoquer, en proie à une crise de panique. Aussitôt, le médecin se leva et donna ses instructions. Pendant que Fitz se chargeait de tenir Tanya contre lui pour endiguer sa panique, le médecin attrapa l'enfant et l'examiner.
Le second de l'équipage faisait son possible pour maintenir sa capitaine contre lui, tant elle s'agitait pour récupérer son enfant des mains du médecin. Ce dernier après avoir prit les constantes du nourrisson le posa sur le bureau et se recula de quelques pas. Il n'y avait plus rien à faire. L'estomac noué et la gorge serrée, Fitz murmurait à l'oreille de son amie pour essayer de la calmer, d'apaiser un tant soit peu sa douleur. Cela prit longtemps avant qu'épuisée, elle ne le laisse retomber contre lui. Immobile, elle se contentait de laisser ses larmes glisser sur ses joues, amorphe. Le nez dans ses cheveux, Fitz se demandait comment Ivan allait réagir. Il connaissait le pirate de vue et ce dernier n'avait pas bon caractère. Pour être tout à fait franc, ils ne s'appréciaient pas du tout tous les deux. Ivan car il trouvait Fitz trop proche de Tanya, et Fitz car il n'aimait pas sa façon de traiter Tanya.
Certes, cette dernière avait un caractère bien trempé mais elle était amoureuse, alors cela l'amenait à faire des concessions que Fitz n'approuvaient pas. Pourtant, pour son bonheur, il n'avait rien dit, s'était contenté de rester à ses côtés comme à son habitude. Avec un soupir, l'ami d'enfance de la capitaine se redressa et allongea son amie sur ses oreillers. Prévenant qu'il allait chercher de quoi manger, le marin sortit de la pièce et s'appuya contre la porte. Les évènements étaient allés trop vite, trop brusquement. Les émotions s'étaient enchaînées si rapidement, épuisant l'homme moralement. Mais il devait tenir, ne serait-ce que pour Tanya.
Fitz se dirigea vers la salle d'eau et se passa un coup d'eau fraîche sur le visage pour se remettre les idées en place. Il s'observa tapidement dans le miroir face à lui et grimaça devant son teint cireux et ses cernes prononcés. Après un soupir la, il sorti et se dirigea vers la cuisine où un bol de bouillon pour Tanya l'attendait avec une assiette remplie de légumes sautés pour le médecin. Le marin s'assit quelques instants à la table libérée des autres hommes qui avaient fini de manger pour se ressaisir. Attrapant une bouteille de rhum, Il en vida la moitié dans sa gorge d'une seule grande lampée. Reposant brusquement le récipient en verre, le brun soupira et observa le cuisinier appuyé contre le plan de travail, tourné vers lui.
«J'ai un mauvais pressentiment. Quelque chose de mal va se passer, mon instinct me le fait sentir.»
Muet, le cuisinier se contenta d'observer son camarade. Après quelques minutes supplémentaires dans un silence plus que tendu, Fitz se leva et emporta les deux portions de repas dans la cabine de Tanya. Cette dernière était toujours allongée mais elle était passé en position fœtale, totalement recroquevillée sur elle-même. Le second donna sa portion au vieil homme alors qu'il allait s'asseoir aux côtés de sa capitaine. Pendant plusieurs minutes il essaya d'obtenir une quelconque réaction de la part de la brune mais elle resta inerte. Alors, en désespoir de cause, il la redressa lui-même pour la nourrir. Docile, elle se laissait faire.
Cet état léthargique dura les quelques jours de traversée que dura le voyage jusqu'au point de rendez-vous. Évidemment, la Sirène avait plusieurs jours de retard, mais lorsque le navire entra dans le port tous les marins présents virent Black Wind amarré. Un silence lourd et épais prit place sur le pont de la Sirène. Tanya avait fini par comprendre qu'ils étaient arrivés à destination. Elle avait reprit conscience mais restait muette. Fitz était de plus en plus inquiet, mais il n'en montrait rien, surtout devant un équipage qui pouvait se montrer hostile d'un moment à l'autre pour la moindre parole mal comprise. Agissant comme si de rien n'était, Tanya était à la barre de son bateau, à le manœuvrer pour l'amarrer correctement au port, non loin du Wind. Le médecin avait les sourcils froncés mais, incapable de savoir ce qui se passait dans la tête de la capitaine, il ne pouvait agir.
Une fois le bateau sécurisé, les marins descendirent chacun leur tour après avoir établi les tours de garde et les mission de ravitaillement. En dernier venait Tanya, Fitz et le médecin. Les yeux de la jeune femme semblaient chercher quelqu'un dans la foule. En effet, il était plutôt rare de voir deux si grands navires amarrés en même temps dans un port aussi petit que celui dans lequel ils étaient, alors les villageois étaient sortis en espérant satisfaire leur curiosité. Ils n'imaginaient pas à quel point elle le serait. Une fois les deux pieds au sol, la pirate continua d'observer la foule avant d'arrêter son regard sur un visage bronzé reconnaissable entre mille autres. Les yeux azur d'Ivan, son compagnon, étaient posés sur elle mais les sourcils froncés n'annonçaient rien de bon.
Alors qu'elle se dirigeait vers lui d'un pas lent, Tanya sentit la foule s'ouvrir autour d'elle sans la voir. Fixée sur Ivan, elle se raccrochait de toute ses dernières forces au seul homme qu'elle aimait au-delà de toute raison. Ce dernier, voyant le ventre plat de Tanya ne comprenait pas. Quand ils s'étaient quittés quelques mois plus tôt, son ventre commençait déjà à s'arrondir. Pourquoi actuellement était-il aussi plat? Où était son enfant? Que s'était-il passé pendant son absence? La brune n'arrêta pourtant pas sa route. Une fois aux côtés d'Ivan, elle lui prit la main et l'entraîna vers le Wind, montant aisément à bord, comme si son ventre et ses hanches ne la faisaient pas atrocement souffrir. Elle n'était pas prête à se lever, son corps ne le supportait pas, pourtant elle serra les dents et entraîna son homme dans sa cabine.
Les hommes des deux équipages restés sur le port se regardèrent en chien de faïence pendant une poignée de seconde avant de vaquer à leurs occupations: ravitailler les navires en eau, nourriture et autre biens. Plusieurs dizaines de minutes plus tard un grand fracas retenti sur le Wind. Une fenêtre venait de voler en éclats, une chaise fracassée l'ayant traversée. L'ouverture laissait désormais passer les voix des deux amants qui semblaient violemment se disputer. Si la voix de Tanya était un mélange indéfinissable d'angoisse, de colère et de douleur, celle d'Ivan n'était que colère pure et ressentiment. Pas une once de soutient, pas un millième de réconfort. Juste une colère brutale, froide. Des bribes de paroles parvinrent jusqu'aux oreilles d'un Fitz trop atterré pour pouvoir bouger.
«J'espère pour toi que ce n'est qu'une vaste blague Tanya, et je peux t'assurer qu'elle est loin d'être drôle!
- Tu crois honnêtement que je serais capable de rire d'un sujet aussi grave?!
- Avec tout ce que tu viens de me raconter je ne sais plus qui croire!
- Alors tout ce qu'on a vécut tous les deux c'est du flan? Nos promesses ne comptent-elles donc pas pour toi? Dois-je te rappeler la dernière que tu m'as faite Ivan?!»
La voix de la Sirènoise venait de se briser dans un dernier éclat. Ivan reprit, toujours aussi furieux.
«Je t'ai promis de t'épouser après la naissance de notre enfant, oui. J'aurais peut-être dû ajouter la clause «vivant» à notre arrangement.»
Cette dernière phrase prononcée si froidement glaça le cœur des deux équipage qui, malgré eux, devenaient le témoin d'une déchirure définitive entre deux flammes. Déglutissant difficilement, Tanya faisait son possible pour s'empêcher de pleurer. Son coeur déjà meurtri semblait se briser encore plus. Elle voulait se l'arracher afin de ne plus ressentir cette douleur, cette atroce sensation qu'une poigne d'acier était refermée dessus.
«Je-je ne voulais pas … On s'est fait attaquer Ivan, tu dois me croire! J'ai défendu ma vie comme la sienne, je-
- Tais-toi! N'ouvre même plus la bouche je ne veut pas t'entendre!»
Ivan avait hurlé. S'il paraissait en colère encore un instant avant, désormais il était véritablement furieux et haineux à l'égard de sa désormais ex-amante.
«Je ne veut plus rien entendre de la part d'une femme incapable de se protéger et de protéger l'enfant qu'elle porte. Pourquoi crois-tu que j'ai autant insisté pour te garder près de moi sur le Black Wind? Pourquoi crois-tu que je m'inquiétais tous les jours jusqu'à ne plus dormir plusieurs jours de suite? Je savais que quelque chose dans ce genre là allait arriver, et ton échec me le confirme encore. Tu n'es qu'une incapable Tanya, une femme faible qui n'a pas su protéger mon enfant de la mort, qui l'y a précipité même! Tu devrais avoir honte de te tenir ainsi devant moi, pleine d'arrogance et mépris alors que tu ne connais pas la douleur que cela me fait de savoir que par TA faute, j'ai perdu mon seul et unique enfant!»
Glacée, la voix du Windois sembla sonner le glas pour elle Les reproches pleuvaient sur Tanya comme la pluie lors de la mousson. Chaque paroles, chaque phrase, chaque mot semblait être un couteau aiguisé de plus qui s'enfonçait dans son âme, allant jusqu'à bousiller la dernière parcelle de calme et de sérénité d'esprit. Vive comme l'éclair, elle s'empara de son couteau avant de se jeter sur Ivan dans un cri de rage, de détresse et de douleur. Ce son sembla réveiller Fitz qui, sursautant brusquement, se précipita à bord du Wind pour aller chercher sa capitaine, son amie qui souffrait le martyr à cause de cet homme détestable. La voix de la brune retentit alors, tremblante de rage, de colère, et de tout un panel d'émotions qui la faisait trembler.
« Tu dis que je ne sais pas ce que je ressent? Que je ne connais pas ta douleur? Mais as-tu la moindre idée, Ivan, de la douleur qui a transpercé mon corps quand ce fumier m'a donné un coup de pied dans le ventre? As-tu la moindre idée de la souffrance que j'ai enduré pour mettre au monde ton fils, d'à quel point je me suis battue?! Sais-tu combien de temps cela a prit à Fitz et à Joris pour faire sortir cet enfant afin qu'on ai tous les deux une chance de survie?! Cinq heures Ivan, j'ai hurlé, j'ai saigné, j'ai supplié qu'on m'achève pendant cinq putain d'heures, avant d'enfin pouvoir être soulagée de tout ça!»
Essoufflée, le bassin paralysée par une douleur indescriptible, elle s'était jetée sur son ex-amant, le faisant basculer au sol. Immobilisé, Ivan n'avait d'autres choix que d'écouter la voix tremblante de Tanya déverser des jours de souffrances, de stress, de douleur. Et d'agonie. Car l'idée même de savoir que son enfant était mort dans ses bras lui donnait envie de se pendre au mât le plus proche.
«J'ai essayé de toutes mes forces, j'ai prié Davy Jones et même la Mère pour qu'ils veulent bien me laisser notre enfant. Je t'ai attendu avant de le nommer, je voulais que nous choisissions le prénom ensemble. C'est un petit garçon Ivan, tu le verrais, il est si petit, si petit …»
La voix s'éteignant progressivement, le regard gris d'habitude si alerte de la capitaine était totalement vide, fixé dans le vide. Ivan en profita pour se retourner d'un coup de hanche, immobilisant à son tour une Tanya plus que furieuse, brusquement revenue à elle dans un hurlement déchirant.
«Non justement je ne sais sais pas comment il est puisque je ne le verrais jamais! À cause de l'incapable que tu es! Je savais dès le départ que je n'aurais jamais dû te faire confiance, que je n'aurais jamais dû t'aimer. Si je pouvais retourner en arrière, je ferais en sorte que tu ne tombe jamais enceinte en te quittant le plus rapidement possible!»
Heurtée au plus profond d'elle-même, Tanya resta immobile une poignée de seconde avant de commencer à s'agiter violemment. Elle finit par reprendre le dessus sur Ivan et alors que Fitz arrivait dans l'encadrement de la porte, elle plongea son couteau en plein dans la poitrine de l'autre homme. Avec des cris de rage, de désespoir, elle continuait de le marteler de coup de couteau, brisant les côtes et lacérant la peau, le sang éclaboussant partout autour d'eux.
Fitz se précipita sur elle et lui fit lâcher son couteau d'un geste habile du poignet, la conservant contre lui dans une vaine tentative de la calmer. Ni les paroles, ni les actions de Fitz ne calmèrent Tanya, folle de rage et de douleur. Elle était au fond du trou, Le corps perclus de douleurs, le cœur brisé puis piétiné, l'esprit totalement sans dessus-dessous, la brune voulait juste que tout cela s'arrête. Elle voulait cesser de souffrir, que Davy Jones la laisse en paix et arrête de lui faire payer ses erreurs passées. Car tant de malheur ne pouvaient provenir de cela, n'est-ce pas?
Au bout d'un certain moment, elle réussi à se faufiler comme une anguille hors de la poigne d'acier de Fitz et s'échappa par la fenêtre, atterrissant sur le pont du Wind. Elle devait partir loi, très loin, là où ses maux ne pourraient pas la rattraper et lui faire payer ses pêchés. Le regard aussi effrayé que celui d'une bête sauvage, la capitaine sauta hors du Wind, se réceptionna avec une roulade qui termina dans un mur avant de se relever. Après un dernier regard hanté à Fitz qui la fixait par la fenêtre brisée, hurlant à son équipage de la rattraper, Tanya disparu dans les ruelles sombres.
Fitz observa impuissant son amie disparaître dans la foule et les ruelles. Il savait très bien que si elle ne voulait pas être retrouvée alors ils ne la retrouverait pas. C'est le cœur lourd que ce dernier sortit de la pièce et assuma les actes de son amie. Pour la mort de l'un des leurs, les Windois demandèrent la moitié du butin actuel des Sirènois ainsi qu'une vie. Plusieurs heures plus tard, après avoir inhumé le corps d'Ivan et réparé les dégâts causés par Tanya, Fitz allait accéder à leur demande quand deux matelots rompirent les rangs.
«Nous vous proposons un marché: nos deux vies sur le Black Wind pendant dix années ou jusqu'à ce que la Capitaine revienne et vous laissez tomber le butin.»
L'équipage adverse se concerta un bref instant avant que le capitaine ne finisse par accepter. Le second de Tanya regarda ses camarades avec un regard douloureux. Il savait qu'il y avait peu de chance qu'ils ne les revoit en vie alors après une dernière étreinte d'homme à homme, les deux matelots montèrent à bord du Black Wind tandis que les Sirènois remontaient dans la Sirène Ensorcelée. Une nouvelle aventure commençait pour l'équipage de Tanya, et bien des années de soucis pour Fitz.
Première partie sur le passé de Tanya, mon OC dans le monde de la piraterie. Une seconde partie devrait un jour sortir, cependant je ne garantis pas sa parution d'ici peu. Par ailleurs : la version Wattpad est antérieure donc j'ai temanié quelques passages ici.
Pour un peu plus de contexte : mon histoire est tirée dun rpg Twitter ayant pour décor un crossover entre ACOTAR et le Prince Cruel. Tanya est un Original Character, porate mortelle s'étant échapée du territoire mortel vers ses 18 ans. Fitz et elle se connaissent depuis des années.
Tout plagiat sera signalé ! Tanya, Fitz et Joris m'appartiennent ! De même que le médecin, La Sirène Ensorcelée, Ivan et le Black Wind.
