Suite des aventures de nos petits monstres... cette fois, ça se corse... ! Bonne lecture...
Disclamer: Shaman King et ses personnages appartient à Hiroyuki Takei. Xia et Suzuka sont ma propriété exclusive (eh oué!)
Chapitre 3 : Juste derrière toi…
Une sueur froide coula le long du dos de Men qui resserra sa prise sur son épée. Les néons se mirent à clignoter avant de s'éteindre à nouveau.
Un souffle glacial traversa la pièce et il sentit ses petits cheveux se dresser sur sa nuque. Dans le silence de l'obscurité, il entendait son propre souffle, rapide et saccadé. Ça devenait franchement pénible, à présent. Suzuka aurait pu avoir l'idée d'éteindre la lumière pour l'effrayer, mais ce courant d'air froid… comment aurait-elle pu mettre au point un coup pareil, toute peste qu'elle soit ?
Men serrait toujours dans sa main gauche le sac de sucreries de la tournée d'Halloween et tendit sa Jian dans l'obscurité. Il lui fallait se concentrer pour mieux repérer son ennemi dans le noir. Ce n'était pas un fantôme, il n'en percevait pas la présence. Si c'était un être humain, il devrait pouvoir entendre sa respiration ou ses pas. S'il parvenait à calmer les battements de son cœur…
Tout à coup, l'éclairage revint. Froide et crue, la lumière inonda la salle de jeu banale et inoffensive. L'espace de deux secondes, Men se sentit très bête.
Puis toutes les machines de la salle se mirent en marche au même moment.
Le jeune garçon poussa un cri et eut l'impression que son cœur allait exploser. Un horrible vacarme venait d'exploser à ses oreilles, les couleurs vives et fluorescentes des écrans jetaient des rayons multicolores, et les bips sonores se confondaient dans le brouhaha de musiques électroniques des jeux. Le passage du silence absolu au boucan infernal fut rude et le shaman se retint de plaquer ses mains sur ses deux oreilles. Il devait garder son sang-froid et surtout, ne pas lâcher son arme.
Il était à présent sûr que quelqu'un se jouait de lui, ou alors c'est qu'il devenait complètement fou ! Apparemment ce n'était pas Suzuka… peut-être était-ce sa sœur ? Ce serait bien une idée de Xia, et de plus, elle savait garder son sang-froid mieux que personne.
Mais comment avait-elle fait pour déclencher toutes ces foutues machines ? Et ce bruit, bon sang, ce bruit !
- Arrêtez ça ! Mais arrêtez ça, tout de suite !
Men n'en pouvait plus. Furieux, le cœur battant, il flanqua un violent coup d'épée dans le jeu le plus proche.
…
- Pourquoi est-ce que tu tiens tant à cette peluche ? grinça Suzuka en jetant un regard en biais à Xia.
La dernière lubie de la petite chinoise venait de la faire dégringoler dans son estime. Mais celle-ci s'en moquait. Seule comptait à ses yeux la douce et soyeuse fourrure brillante du trésor qui l'attendait dans son carcan plastifié.
Hana trouvait cela un peu étrange, lui aussi, mais après tout, si Xia en avait envie, il irait la lui chercher, sa peluche !
Le gamin blond s'était avancé d'un pas conquérant vers la machine et avait farfouillé dans la poche de son déguisement, à la recherche d'une pièce de monnaie, au cas où l'engin serait encore en état de marche.
Pas un sou… Il faudrait donc l'attraper en glissant sa main dans l'ouverture métallique qui offrait autrefois son jouet au vainqueur. Hana se sentait capable d'y arriver. La peluche avait glissé tout au fond du cube de plastique et était proche de l'ouverture. D'ailleurs, si Xia n'avait pas attiré son attention dessus, il ne l'aurait pas remarquée.
Le petit blond s'agenouilla et jeta un coup d'œil à l'intérieur de la bouche d'acier avant d'y enfourner sa petite main. Il s'agissait de ne pas se blesser avec un clou ou un bout de verre ! Il aurait l'air malin ! Sa main remonta le long du siphon de fer-blanc, tâtonnant pour en trouver la sortie, mais elle ne rencontra que le froid du métal et quelques débris de poussières. Comme il n'y arrivait pas, il se mit à tordre son bras dans tous les sens, presque jusqu'à sentir l'articulation de son épaule craquer. Il grimaça, tint bon, mais il eut beau se contorsionner dans tous les sens, pester, grogner, secouer la machine, ses doigts ne pouvaient atteindre l'enrobage de la peluche que convoitait son amie.
Furieux, Hana retira son bras endolori et se laissa tomber sur le sol en massant ses articulations meurtries.
Xia resta silencieuse, puis elle pinça les lèvres et décréta :
- Laisse-moi essayer.
Hana ouvrit des yeux ronds.
- Mais, tu as le bras bien plus court que moi, Xia-chan…
- Laisse-moi faire, je la prendrai moi-même.
Ferme et résolue, Xia balaya le sol de son pied avant de s'y agenouiller, pour ne pas salir la belle soie jaune de sa robe, puis pencha la tête sur le côté pour scruter l'intérieur de l'UFO-catcher. Elle repoussa une longue mèche tombée de son chignon avec grâce et glissa sa main dans la gueule de la bête.
Elle tâtonna prudemment dans le conduit froid, et commença à remonter. Comme sa main ne rencontrait que le vide, elle s'enhardit davantage et enfonça son bras jusqu'à l'épaule.
Hana la regardait d'un air à la fois inquiet et désapprobateur. Suzuka, elle, observait la scène avec attention, les yeux écarquillés, en suçotant sa framboise-cola avec délectation.
Soudain, Xia poussa un cri et pinça les lèvres de douleur.
- Quoi ? s'écria Hana, de plus en plus inquiet. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Quelque chose me tient le bras ! Je n'arrive plus à le sortir… !
- On te l'avait dit, soupira Suzuka, pas très impressionnée, en toisant sa « rivale » agenouillée.
Quelle comédienne, pensa la petite Aïnou.
Mais Xia ne semblait pas feindre. Son visage se crispait d'angoisse, et son bras, tordu d'une étrange façon, était complètement coincé dans le conduit métallique.
- Je veux qu'il me lâche ! hoquetait-elle. Je… veux… qu'il me lâche !
Hana se pencha pour regarder dans l'orifice, tandis que Suzuka, un peu troublée, consentait à poser ses sucreries pour aider la petite chinoise.
- Pousse-toi, ordonna-t-elle à Hana. Mon bras est plus petit, je vais pouvoir l'aider.
Suzuka s'agenouilla près de Xia, et, sous le regard anxieux d'Hana, retroussa sa manche orange pour plonger à son tour son bras dans le trou.
C'est alors que Xia poussa un hurlement strident, et retira sa main d'un geste sec. Suzuka sursauta violemment.
Le poignet de la fillette était curieusement tordu et la peau lisse de son avant-bras avait été lacérée. Une blessure profonde béait sur son bras et le sang coulait abondamment. Mais la petite tenait serrée dans sa main, la poche de plastique souillée contenant la peluche violette qu'elle avait si ardemment convoitée.
Hana eut une grimace horrifiée, et Xia hurla de plus belle.
- Calme-toi… calme-toi… bredouilla Suzuka, terrifiée, incapable de réagir.
Le sang ne l'effrayait pas. C'était plutôt la quantité, qui s'écoulait lentement sur le sol sale.
Xia leva son visage vers Suzuka, suppliante, toute dignité abandonnée:
- Aide-moi, Suzuka ! Je saigne !
Le premier geste de la fillette fut de se détourner de son amie blessée avec répugnance. Mais croisant le regard d'Hana, complètement paniqué, elle se reprit.
Courage, du sang-froid, c'est juste une égratignure, se dit-elle.
- Hana, dit-elle d'un ton ferme. Tu as un mouchoir ? Il faut faire un pansement pour arrêter le sang.
- Euh… je…
Le garçon retourna ses poches, qui malheureusement, étaient vides.
Ils n'allaient tout de même pas lui faire un bandage avec un vieux chiffon ! Suzuka baissa ses grands yeux bleus, qui tombèrent sur la boule de mousse orangée qui lui ceinturait l'abdomen. L'idée ne fut pas longue à germer dans son esprit.
Désolée, papa, pensa la gamine en empoignant son costume par le milieu.
Tirant de toutes ses forces, Suzuka déchira le déguisement de citrouille dans toute la longueur et en arracha une longue bande.
Xia pleurait toujours, et Hana, de plus en plus inquiet, triturait son couteau en plastique.
- Le robinet, là-bas ! Il marche peut-être encore ! S'écria-t-il, tout heureux d'avoir trouvé une idée constructive.
- Bonne idée, approuva Suzuka. Va voir.
.
Le robinet ne fonctionnait plus.
En poussant un peu plus loin, ils finirent par trouver les toilettes, d'une saleté repoussante, comme tout le reste du bâtiment. Suzuka avait enveloppé le bras de Xia de mousse orange, pour protéger la blessure et arrêter le sang, mais le tissu gaufré rougissait à vue d'œil.
Les robinets fonctionnaient encore dans les toilettes, bien qu'ils n'aient pas servi depuis longtemps. Le liquide brunâtre qui en jaillit ne leur inspirait pas confiance, mais l'eau redevint peu à peu claire et transparente, permettant à Xia d'étendre sans crainte son bras blessé sous le jet.
Une fois nettoyée, la blessure apparut comme une immense coupure translucide barrant l'avant-bras bronzé de Xia. Elle semblait assez profonde, mais pas trop grave. Xia resserra les lèvres de la plaie en la lavant, puis, Suzuka arracha encore un peu de mousse au ventre de son costume qu'elle appliqua sur la blessure. Hana entoura ensuite le tout avec la bande orange que son amie avait préparée. Il serra bien fort le pansement de fortune et fit un nœud.
Xia s'était enfin calmée. Elle était toujours très pâle et son joli visage avait été creusé par les larmes, mais elle avait repris le contrôle de ses nerfs.
- Parfait, décréta Hana. Il faut qu'on rentre à la maison pour le soigner mieux que ça, Xia.
- Rentrer ? répéta-t-elle, encore hébétée.
- Evidemment, soupira Suzuka. Tu es blessée. Il faut montrer ton bras à Ryû, ou à quelqu'un d'autre.
- Qu'est-ce qu'on va prendre… marmonna Hana d'un ton lugubre.
- Tu n'y es pour rien, protesta Suzuka avec feu. C'est de sa faute à elle ! Avec sa stupide peluche !
Tout le monde avait oublié le jouet qui avait coûté si cher à Xia, ainsi que leurs sacs de bonbons.
Suzuka proposa d'aller chercher leurs affaires, avant de reprendre le chemin du retour.
- Et Men ? s'écria soudain Xia. Où il est ?
- Oh non, c'est pas vrai… grommela Hana.
- Bon très bien, bredouilla Suzuka, un peu honteuse d'avoir complètement oublié leur camarade. On va le chercher, et ensuite, on s'en va. D'accord ?
…
Men haletait, complètement essoufflé, les yeux exorbités.
Le gamin était terrorisé.
Brusquement, les machines avaient cessé leur vacarme infernal. Puis s'était relancées. Il avait enfoncé son épée profondément dans l'armature en plastique du jeu, et n'avait pas réussi à la retirer.
Puis le noir était revenu, et il s'était roulé en boule dans un coin, en priant pour que tout cela cesse au plus vite. La sueur collait sa chemise noire sur son dos. Une sueur acide et froide de peur.
Il n'y avait plus un seul bruit dans la pièce… plus le moindre bruit que sa propre respiration, et le battement sourd de son cœur, qui résonnait dans ses oreilles.
Les frissons lui parcouraient la colonne vertébrale et à chaque seconde, il avait l'impression de sentir quelqu'un se glisser dans son dos, prêt à frapper. Men recula, sur les fesses et serrant les dents, car il savait que le bruit du frottement attirerait forcément l'agresseur dans sa direction, s'il existait. Il se mit à chercher frénétiquement le mur pour s'y appuyer, et ainsi éviter toute attaque surprise…
Lorsque les lumières se rallumèrent, il se retourna vivement et hurla de peur en découvrant juste dans son dos la face hideuse et grimaçante d'une bête gigantesque… peinte sur la coque en plastique de l'arcade qui se trouvait derrière lui.
Men se redressa, aux aguets, en cherchant à retrouver son calme. Ses gestes étaient saccadés, ses mains, tremblantes.
Avant toute chose, le garçon décida de récupérer son arme, tant que les néons restaient allumés. Il se rua sur son épée encastrée dans le plastique, et tira de toutes ses forces. A plusieurs reprises. Mais en vain.
Sa Jian le narguait, fichée avec malice dans l'armature d'un vieux jeu vidéo, qui, par un hasard ironique, se nommait « La Légende d'Excalibur ».
Haha, vraiment très drôle.
Men eut beau tirer, s'arquebouter, crier, frapper, jurer, son arme resta plantée dans le jeu où il l'avait enfoncée. Il venait de cesser ses efforts, et de s'appuyer contre le jeu, à bout de souffle, lorsque soudain…
- Alors mon garçon… Besoin d'un coup de main, peut-être ?
Au son de cette voix grinçante, le cœur de Men rata un battement. Il se retourna d'un bon en un réflexe subit. Découvrant ce qui se trouvait dans son dos, Men écarquilla les yeux, et cessa de respirer. Puis, ses jambes se dérobèrent sous lui, et il s'effondra à terre, tandis qu'un long hurlement s'échappait de sa bouche…
Alors, ça vous a plu? Désolée d'arrêter à un moment si critique, je n'ai pas pu résister ^^ ...
