Poster après avoir pris quelque chapitres d'avance, c'est quand même cool :D Voici donc déjà le chapitre suivant!
Les ennuis continuent, bien entendu ^^
Disclaimer: SK appartient à Hiroyuki Takei, mis à part mes deux OC, Xia et Suzuka. (Ah oui et le flic du début aussi, j'ai tendance à l'oublier XD)
Chapitre 5 : Alone in the Dark
- MEN !
Suzuka se rua sur le corps de son ami et posa une main sur sa joue.
Avec un soupir de soulagement, elle sentit la fraîcheur de sa peau et le bruit sourd de la vie grouillant dans son corps : son esprit ne l'avait pas quitté. Il n'était qu'évanoui.
- Mais qu'est-ce que tu as fichu pour te mettre dans cet état… ? souffla la gamine, stupéfaite.
Un frisson agita sa colonne vertébrale. L'impression de menace qu'elle ressentait depuis quelques temps s'amplifiait dans cette pièce banale, au milieu de ces machines anodines. C'était comme si une présence menaçante se trouvait dans son dos, comme le regard d'un ennemi embusqué, vrillé sur ses omoplates. L'Aïnou ne put s'empêcher de se retourner plusieurs fois pour vérifier ses arrières.
Quelques minutes plus tard, elle avait troqué sa peur contre une profonde inquiétude pour son ami. Elle se mordilla la lèvre inférieure, embarrassée. Car bien qu'elle n'ait pas arrêté d'appeler son prénom, de lui serrer les mains, de lui tapoter les joues et même de lui secouer les épaules, le chinois aux cheveux blancs ne voulait pas se réveiller.
Ça commençait à devenir agaçant. Et elle n'avait pas envie de s'attarder plus longtemps dans cette salle de jeux. Elle voulait retrouver les deux autres, mettre les voiles au plus vite et rentrer à la maison. Plus jamais elle n'irait dans un endroit interdit. Si seulement le crétin qui roupillait à ses pieds voulait bien reprendre ses esprits…
- Allez, Men, réveille-toi, marmonna-t-elle. J'ai peur…
S'il faisait semblant d'être évanoui, cet aveu aurait dû le satisfaire et lui faire ouvrir les yeux. Mais non. Désemparée, Suzuka se tordit les mains. Que fallait-il qu'elle fasse ? Elle n'allait pas devoir lui faire du bouche-à-bouche, quand même !
« Beurk » songea la petite à cette idée. L'image qui lui vint à l'esprit l'agaça tellement qu'un accès de colère la gagna. Son bras se détendit brutalement et assena à Men la plus belle baffe de sa courte existence.
- Ah, ben j'aurais dû y penser plus tôt ! s'écria Suzuka, soulagée, en voyant le garçon cligner des yeux sous le choc.
Lorsqu'il revint complètement à lui et vit la fillette aux cheveux bleus penchée sur lui, il glapit de terreur et bondit en arrière pour se mettre hors de sa portée.
- Doucement, ce n'est que moi, fit son amie avec un sourire moqueur. Je t'ai fait peur, Men-chan ?
Réalisant que son agresseur avait disparu et que c'était bien Suzuka qui lui faisait face, le chinois commença à respirer.
- La…la… la chose… exhala-t-il.
- Quelle chose ?
Il lui fallut deux secondes pour se souvenir que le monstre était parti.
- J'ai été attaqué… murmura-t-il.
- Ah oui, par quoi ? Par une machine diabolique ? ricana Suzuka. N'essaie pas de me faire peur !
- Ce serait pas mal que tu aies peur de temps en temps, s'écria Men furieux. Parce que c'est la vérité ! On doit s'en aller tout de suite ! Ce truc risque de revenir !
- Mais quel truc ? Tu as rêvé ou quoi ?
- La chose ! Le monstre ! Je n'ai aucune idée de ce que c'était, mais c'est monstrueux ! Et ça parle ! Elle a failli m'attraper !
Men se précipita sur son amie et la secoua par les épaules.
- Suzuka, il faut que tu me croies !
L'accent de sa voix était si sincère que la fillette en fut ébranlée.
- Oui, mais… tu es sûr que…
- Je sais ce que j'ai vu et ce qui s'est passé ! Il y a quelque chose dans ce bowling, quelque chose d'agressif et de dangereux ! Nous sommes sur son territoire ! Enfin, t'es shaman ou quoi ? Tu ne sens pas ?
Suzuka lut alors la vérité dans les prunelles rouge carmin de Men. Évidemment qu'elle sentait. La chose dont parlait son ami existait et s'était tenue dans cette pièce. Elle en avait conscience depuis qu'elle avait quitté ses amis, de plus en plus fort, à mesure qu'elle se rapprochait. Elle avait même commencé à percevoir sa présence insidieuse juste après que Xia se soit blessée. Mais le ressentir était une chose, l'admettre en était une autre.
- Raconte, murmura-t-elle.
…
Les deux enfants demeurèrent silencieux après que Men ait décrit en détails son combat contre la créature. La situation lui paraissait si grave qu'il n'omit même pas de raconter ce qui s'était passé avec les lumières et les machines avant l'attaque de la chose. Pour se remettre de leurs émotions, ils avaient grignoté quelques sucreries piochées dans le sac que Suzuka n'avait pas lâché depuis tout à l'heure. Le sucre chimique des bonbons leur procura un certain réconfort.
- A ton avis, qu'est-ce que c'est ? murmura Suzuka en mâchonnant une fraise acidulée, les yeux fixés sur ses genoux. Un Jibakurei ? Hana disait qu'il y en avait un…
- Non, ce n'était pas un Jibakurei, répondit Men en suçotant sa chupa chup au coca.
- Comment tu le sais ?
- Parce que j'en ai déjà vu un, idiote !
- Ouais, ouais, c'est ça…
Le garçon frappa du poing sur le sol.
- Je sais ce que je dis ! Ce n'était pas seulement un fantôme ! Cette chose avait un corps ! Quand je l'ai battue, elle l'a quitté et il s'est désintégré !
- Bon d'accord, marmotta Suzuka, mais alors, c'est quoi ? Un humain possédé ?
- Non, il n'y avait pas d'autre âme : c'était un corps déjà mort.
- Alors un kyonshi ?
Men fronça les sourcils et retira la sucette de sa bouche.
- Comment tu connais ça, toi ?
Suzuka haussa les épaules.
- On me l'a expliqué, c'est tout. Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Le petit chinois l'observa, dubitatif, puis reprit :
- On m'avait dit que c'était un secret de famille et qu'il ne fallait pas trop en parler, mais bon, si tu le dis… ça pourrait être comme un kyonshi, mais ce n'était pas tout à fait ça. Ce que j'ai combattu parlait et se déplaçait seul. Ça n'avait pas de dôshi. Je suis quasiment sûr que ce monstre contrôlait son propre corps… et j'ai pas senti d'autre présence de toute manière. Mais c'est vrai que ça y ressemblait. Son corps était fragile, tout pourri, et elle l'a quitté quand il s'est détruit…
- Est-ce que ça n'existe pas, suggéra Suzuka, des kyonshis qui sont leur propre dôshi ?
- En principe non, répondit Men après réflexion. Le kyonshi n'est que l'instrument du shaman, où il va faire fusionner son fantôme. Mais c'est pas impossible de bricoler, tu sais…
- Bon. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Il faut qu'on retrouve Hana et Xia. Tu les as laissés où ?
- En fait, euh… marmona Suzuka. On t'a cherché et on s'est séparés. Xia… Xia a eu un petit accident, mais rien de grave, hein, elle s'est juste coupée au bras…
Elle raconta alors ce qui leur était arrivé après son départ, mais passa sur les détails pour ne pas l'affoler. Il aurait bien le temps de s'inquiéter pour sa sœur quand ils seraient sortis.
…
Une fois leur collation terminée, Men avait parfaitement repris ses esprits. Tenant son épée fermement en main, il fut ravi de laisser derrière lui la salle de ses cauchemars en suivant Suzuka dans le débarras par lequel elle était passée. La fillette aux cheveux bleus lui indiqua le chemin qu'elle avait suivi, heureuse de constater que la porte ne s'était pas subitement refermée dès qu'elle l'avait franchie. Le débarras paraissait même beaucoup moins inquiétant que lorsqu'elle était seule : l'avantage du nombre. Elle se serait presque sentie bête s'il n'y avait pas eu l'horrible aventure de Men.
C'est en arrivant à l'autre porte que les ennuis recommencèrent. Une mauvaise surprise les attendait.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'écria Suzuka, horrifiée.
- Ben quoi ? s'inquiéta Men en regardant partout autour de lui, sans comprendre ce qui effrayait son amie.
L'Aïnou, elle, avala sa salive bruyamment et une vague nauséeuse retourna son estomac rempli de bonbons. Elle ferma les yeux, les rouvrit, mais rien à faire, elle ne reconnaissait toujours pas cet endroit.
Il y avait bien un couloir, derrière la porte du débarras qu'elle avait pris soin de laisser ouverte. Mais le sol de celui-ci était recouvert d'une moquette bleu acier. Une tapisserie sale, rayée de prune et de beige, s'étalait sur ses murs et des néons rouges les nimbaient d'une lueur effrayante. Même si cela paraissait totalement iréel, Suzuka dut bien admettre qu'elle n'y avait encore jamais mis les pieds.
…
Hana commençait à fatiguer, avec Xia appuyée sur son bras. Lorsqu'il lui demanda si elle pouvait changer de côté, la petite chinoise le regarda longuement avant de hocher la tête, un peu sonnée.
- On va faire une pause, marmonna le garçon blond.
Il commençait à s'inquiéter sérieusement. Non seulement Men restait introuvable, mais en plus, ils n'arrivaient plus à remettre la main sur Suzuka. La situation lui échappait et l'horrible impression de tourner en rond d'une salle à l'autre et de faire du surplace ne le lâchait plus.
- Tu ne trouves pas que ça ne tourne pas rond, ici ? demanda-t-il à sa petite compagne, qui semblait complètement à l'ouest depuis un bout de temps.
Xia leva ses yeux noirs vers Hana, qui y lut une angoisse indicible.
- Quelque chose est arrivé à mon frère, murmura-t-elle simplement.
- Co… Comment tu le sais ? demanda Hana, troublé.
- Il ne faut pas s'arrêter. Il faut les trouver tous les deux.
La petite fille tendit sa main valide à son ami pour l'aider à se relever.
- Si tu y tiens, fit le garçon, stupéfait.
Voilà que Xia refusait de faire une pause, maintenant ! Elle qui était tout le temps fatiguée ! Est-ce qu'il y avait de quoi s'inquiéter ?
Question stupide, songea Hana en ouvrant une troisième fois la porte de la salle au billard renversé. Il y avait même de quoi paniquer, là…
Hana sentit alors la petite chinoise s'appuyer contre sa taille et trembler de peur. Il posa un regard sur elle, puis saisit son poignet valide et l'entraîna.
- Viens !
Les deux enfants se mirent à courir, le cœur battant, sans plus faire attention aux portes identiques qui s'alignaient sans fin de part et d'autre. Tout ce dont ils avaient besoin, c'était de trouver enfin le but du couloir, la sortie, quelque chose, au moins, pour leur prouver qu'ils n'étaient pas en train de devenir complètement fous.
Puis, brusquement, Hana se rua sur une porte et l'ouvrit. Une salle de jeu identique aux dizaines d'autres qu'il avait trouvées s'offrait à ses yeux. Le petit blond tira sans ménagement sur le bras de son amie, comme si elle avait été faite de chiffons. Sa respiration était saccadée, autant par l'effet de la course que par celui de la peur.
Il y avait une porte au fond de la salle. Hana se précipita dessus et l'ouvrit, pour entrer dans une énième salle de jeu. Qui ressemblait toujours à la première.
Il allait devenir dingue.
- On tourne en rond ! hurla-t-il. Mais comment c'est possible ! Arrêtez ! Arrêtez ça ! Montrez-vous !
Le jeune shaman abattit son petit poing sur une table de billard, à bout de nerfs.
Xia, de son côté, reprenait lentement son souffle. Elle jeta un regard circulaire à la pièce, puis ferma les yeux. Il était impossible qu'ils tournent en rond, puisqu'ils allaient tout droit depuis tout à l'heure. Et les pièces ne se déplaçaient pas toutes seules.
Ce qu'ils voyaient ne pouvait pas être vrai.
Xia ouvrit les yeux. Hana se tenait la tête entre ses mains. La peur le tenait entre ses griffes et il ne parvenait plus à réfléchir correctement. La fillette s'approcha de son ami et posa une main sur son épaule.
- Ferme les yeux, chuchota-t-elle. Ferme-les.
- Qu'est-ce que tu racontes ! s'énerva Hana.
- Vas-y. Il faut fermer les yeux pour comprendre.
Hana obtempéra. Il ne voyait pas quoi faire d'autre. Il comprit alors ce que voulait dire son amie.
Le regard de Xia l'interrogeait lorsqu'il desserra les paupières.
- Tu vois, chuchota-t-elle. On le sent…
- Qu'est-ce que c'est à ton avis ?
Xia secoua la tête :
- Sais pas. Mais on dirait qu'il y avait un Over Soul autour…
Bénie soit l'intuition féminine, pensa Hana. Même venant d'un modèle réduit.
- Tu as raison, soupira-t-il, son sang-froid légèrement retrouvé. Il y a un truc, ici, qui nous fait tourner en bourrique. Et je crois que j'ai une idée pour s'en sortir…
- Comment ?
Hana sourit.
- Ferme les yeux.
…
Une odeur nouvelle les récompensa lorsqu'ils ouvrirent la porte, paupières serrées. L'illusion qui les environnait s'était dissipée en partie lorsqu'ils avaient pris conscience du piège diabolique où ils se trouvaient enfermés. A peine eurent-ils franchi la porte et ouvert les yeux, que le pouvoir de leur invisible ennemi se délita : ils avaient réussi à quitter l'alignement infernal du couloir et de ses salles identiques, pour se retrouver dans une coursive sombre et puante, aux murs bétonnés.
Xia écarquilla des yeux dans le noir et fit un pas. Hana, qui y voyait à peine, mais tout de même un peu mieux qu'elle, la retint par sa robe, inquiet.
Devant eux s'ouvrait un escalier, qui plongeait dans les profondeurs du bâtiment. Il pouvait en distinguer les contours, à présent.
- Attention, souffla-t-il à Xia qui se raccrocha à lui, ne tombe pas.
Hana prit une profonde inspiration et jeta un œil autour de lui. Pas de sortie visible, juste cet escalier. Evidemment.
- Il va falloir descendre, murmura-t-il, en se demandant ce qui lui prenait de parler tout bas, tout d'un coup.
- Non, s'écria Xia, en roulant des yeux avec terreur. Non !
- On n'a pas le choix !
- Il ne faut pas descendre, Hana ! Je suis sûre que quelque chose nous attend en bas ! Je peux sentir…
- Moi aussi, la coupa le blond. Mais il faut y aller. On ne pourra jamais sortir d'ici si on n'affronte pas ce truc en face, quoi que ce soit. Fais-moi confiance.
- Je refuse de descendre ! hurla Xia tout haut.
Il y eut un silence, puis Hana capitula.
- Très bien, reste ici ! Mais je suis pas sûr que ça te plaise non plus !
- Je ne descendrai pas, répéta la chinoise, en tremblant. Et tu devrais pas, toi non plus…
- Si cette chose nous a piégés ici, c'est qu'elle a besoin de nous, répliqua-t-il. Même si elle est hostile, il faut aller voir ce que c'est et ce qu'elle veut. Je suis sûr que c'est un esprit. Et que je peux l'aider. Y a que comme ça qu'on pourra résoudre le problème.
- T'es complètement malade.
- Non, répliqua Hana. Je suis un shaman qui fait son devoir.
Tout gonflé de son importance, même si ses paroles n'étaient pas aussi stupides que le pensait Xia, le petit blond suggéra à son amie de se cacher dans un coin et de l'attendre. Il lui laissa son sac de bonbons en cas de petit creux et entama vaillamment sa descente, tandis que la fillette se recroquevillait dans le noir en tenant son bras blessé, tremblante…
…
Recluse dans son repaire, la mystérieuse créature se rongeait les sangs. Comment allait-elle faire pour attraper ces méprisables garnements, à présent ? Il ne lui restait plus qu'un corps de rechange, qu'elle gardait précieusement pour les urgences. Était-ce ou non une urgence ? Il lui fallait ces enfants. Elle en avait besoin. Pas les filles, elle pouvait s'en passer. Enfin, elle s'en contenterait, si les autres étaient abîmés, mais elle préférait de loin les garçons. Ils étaient plus résistants. Une bien meilleure affaire. Oui, mais comment s'en emparer, dans sa situation ? Ils étaient shamans et visiblement habitués à côtoyer et à maîtriser des esprits. En admettant qu'elle parvienne à prendre possession de l'un d'eux, il ne se laisserait pas faire et elle n'était pas de taille, pour l'instant, à résister à un duel de volonté. Le combat contre l'avorton aux cheveux blancs n'avait pas épuisé que son corps…
Soudain, la chose dressa l'oreille... (Métaphoriquement, bien sûr.)
Était-ce possible ? Un rêve ! Elle n'avait plus besoin de les attirer à elle, maintenant ! Voilà que ses victimes se dirigeaient vers son antre de leur plein gré…
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Bon, comme vous pouvez l'imaginer, ça va barder, encore une fois, dans le chapitre suivant. Vous n'aurez pas trop à attendre pour l'avoir en principe, c'est promis! :)
