Ah ahhh les vacances sont finies et me revoici devant le PC… J'espère que tout va bien pour vous mes petits lecteurs…

Merci pour les reviews et les encouragements.

J'vous embrasse fort fort fort…

Bonne lecture

Morsure !

Votre dévouée auteur.

Eléa Telmar.

oOoOoOoOoOo

Chapitre 3 : Les avions de papier

POV Elena

J'étais revenue au manoir en voiture, encore déboussolée par ma journée en compagnie de Damon. Chamboulée. Je ne me reconnaissais pas. Ca n'était tellement pas moi, de me jeter dans les bras d'un garçon sans réfléchir. Avec Damon je ne me contrôlais plus, à chaque instant je pouvais basculer. J'étais une équilibriste tentant en vain de ne pas tomber dans le vide… Et aujourd'hui, j'avais raté le fil. Je me mordis la lèvre, arrivée sur le perron, espérant que le vampire brun ne m'y attendrait pas. Mon cœur battait la chamade. Je n'étais pas fière de ce que j'avais fait. Je survivrais mais mon orgueil en avait pris un coup. Moi qui je croyais tellement au dessus de ça… Une fille publique aurait eu plus de retenue que moi. Finalement j'agissais comme toute personne normale, banale au contact de l'ainé des frères Salvatore. Mais, ce qui m'horrifiait c'était cette absence de remords. Je savais que c'était amoral et c'est ce qui me chagrinait. Mais je ne regrettais pas d'avoir embrassé Damon. C'est ma faiblesse qui m'ennuyait le plus. J'avais trompé Stefan, je l'avais oublié pendant quelques heures alors qu'il devait tant souffrir. Quand je passais le pas de la porte, je grimaçais : évidemment mon charmant tortionnaire était rentré au bercail. Damon hocha la tête en ma direction sans prendre vraiment garde à moi. Après tout, notre accord se résumait à une close toute simple: une seule fois et puis on passe à autre chose. Le vampire brun ne devait pas être au premier « deal » de ce genre. Il ne fallait pas oublier qu' il était capable de tout mimer, même l'amour histoire de perdre ses victimes. J'avais succombé, il avait obtenu de moi ce qu'il voulait, je n'avais plus la moindre valeur à ses yeux. Savoir que je n'avais été qu'une fille de plus me noua la gorge et des larmes perlèrent. Je les ravalais et emboitais le pas de l'ainé des frères Salvatore.

Je ne voulais pas lui donner l'occasion de voir qu'il s'était joué de moi, que j'avais été faible et que je ne pourrais jamais tenir ma promesse. Je ne pouvais pas agir comme si rien ne c'était passé entre nous aussi vite.

Moi je n'étais pas comme lui.

Moi, quand j'embrassais quelqu'un, c'était parce qu'il avait une alchimie, un trouble. Il y avait quelque chose quoi. J'avais voulu ce baiser, je l'avais rêvé et désiré. Et maintenant que je l'avais obtenu, par jeu, je n'arrivais pas à oublier son gout sucré. Mais Damon si. Je n'avais échangé avec lui qu'un baiser parmi tant d'autres qu'on lui avait donné. Sauf que moi, je lui avais donné un petit bout de moi… Alors, pour lui cacher ma faiblesse, je ferais comme si rien ne s'était passé. J'étais en colère aussi. Contre moi. Tous ces sentiments contradictoires m'assaillaient et je supposais qu'ils allaient me torturer pendant de longues semaines. Le prix à payer pour ce baiser était bien lourd. Je poussais un profond soupir et descendis à la cave, entendant Damon parler à son frère qui délirait. Le brun grommelait, tout en ouvrant le freezer où il conservait des poches de sang « animales » pour Stefan Je faillis rater une marche et dévaler les escaliers mais il me retint. Foutus réflexes vampiriques ! Ma peau me brûla à son contact. Il resta indifférent. Il gâchait tout. Je me détournais de lui, refoulant mon désespoir et ma fureur. Je les canalisais toutes les deux vers le seul qui ne me traiterait jamais comme une moins que rien, comme un mouchoir : Stefan. Douloureusement, je soufflais en observant la porte qui retenait mon amoureux prisonnier:

-« C'est si dur de le voir enfermé. »

Je n'attendais pas de réponse. Je voulais juste que MON vampire m'entende, qu'il comprenne que j'étais là pour lui, que je l'attendais, que je le voulais. Voilà tout. Ca arrive les erreurs, les moments d'égarements. Damon ne serait que ça. Une tempête dans ma vie. Maintenant j'étais de nouveau là pour Stefan et seulement pour lui. Je le choisissais. Et on serait heureux tous les deux quand il serait redevenu le gentil vampire que j'avais connu. J'avais besoin de lui. Je voulais Stefan. C'était très égoïste, mais j'avais besoin de lui pour ne plus souffrir et pour retrouver un peu de dignité envers ma personne. Mais, comme dans mon enfer personnel se trouvait Damon, celui là alla de sa petite pique mesquine et sournoise :

« -C'est toi qui l'a mis derrière les barreaux.

-Tu as aidé. » Répondis-je du tac au tac, glaciale.

La hargne qu'on pouvait distinguer dans ma voix m'étonna moi-même et arracha un grognement aux deux vampires. La tension était montée d'un cran. Stefan avait peur que je lui échappe sans doute… Comprenait qu'il se tramait quelque chose entre son aîné et moi. Après tout je ressemblais à Katherine…

Je chassais cette idée très vite. Je ne voulais pas penser que nous puissions être semblables aussi dans nos amours. Ca serait impensable. Non. Katherine avait aimé le brun et s'était servi du blond. Maintenant ça serait l'inverse. Et TOC !

Damon restait figé, ses yeux glacés me transperçant de part en part. Le vampire le plus dangereux en ville semblait craindre que je puisse lui tenir tête. Il avait pensé gagner avec moi ? Et bien il allait voir ce qu'il allait voir ! Rirait bien qui rirait le dernier et quelque chose me disait que c'était l'humaine qui vaincrait cette fois ci le vampire !

Mais, comme Damon ne supportait pas de perdre une joute verbale, surtout contre moi ou son frère, il s'empressa de répondre avec une folle désinvolture qui me donna l'envie de l'empaler sur le champ :

-« Je ne pouvais décemment pas le laisser mordre des gens alors que la ville est sur les dents pour trouver des vampires. »

Mais bien sûr… et il espérait que j'allais être assez stupide pour gober ça. J'étais peu être assez idiote pour succomber à ses charmes et pour me faire jeter comme une malpropre l'heure d'après mais quand même, j'avais toujours bien réussi à cerner les relations entre les gens qui m'entouraient. Et quoi qu'en dise le « Mister Vampire 3 S » (pour sexy, sardonique et sadique) il aimait son frère. D'ailleurs, je posais la petite question mesquine qui le mettrait en difficulté et l'énerverait. Car ce que Damon détestait plus que les humains qui avaient enfermé Katherine c'était qu'on puisse le comprendre et anticiper ses coups et/ou émotions.

-« Et ça n'a rien à voir avec le fait que tu te fasses du souci pour lui ?

-C'est ton truc, pas le mien. » Se contenta t'il de répondre en un haussement de tête. Ce qu'il pouvait m'exaspérer à m'ignorer !

Enervée au plus haut point, je me précipitais à l'étage, non sans avoir murmuré à Stefan que je l'aimais. Je passais en trombe dans le salon ne prenant pas garde aux bruits de pas de Damon derrière moi. Je n'avais pas envie de lui parler. Je n'avais plus envie de le voir. Ca aurait pu être différent s'il y avait mis du sien. On aurait pu avancer s'il ne m'avait pas traité plus bas que terre. Mettre en pratique le « deal ». Mais là, je ne pouvais pas dire « Amen ». C'était trop me demander. Alors je pris la fuite… Tout du moins le tentais-je… Je me trouvais sur le porche et farfouillais dans mon sac à main. Je voulais mettre le plus d'espace possible entre cette maison et moi tant que Stefan n'y vivrait plus en liberté que je devrais côtoyer Damon seule. Mais où étaient ces maudites clés ?

-« C'est ça que tu cherches peut-être ? » Me nargua le vampire brun en faisant tournoyer mon porte clé « Mon voisin Totoro ». Je sautillais pour le récupérer, en vain.

-« Redonnes-moi les clefs de ma voiture » Piaillais-je misérablement. Damon haussa les épaules avec dédain et demanda, narquois :

-« Et pourquoi devrais-je le faire ? Après tout, tes exercices de contorsion pour me les reprendre sont très divertissants… En tout cas plus que les râles de Stefan. » Compléta t'il en levant les yeux au ciel, exaspéré.

N'y tenant plus, j'ouvris les vannes et lui lançais à la figure toute la rancœur que j'accumulais depuis qu'il m'avait plantée, seule dans cette foutue clairière au bord de l'eau. Ca marchait peut être avec cette gourde de Bella dans Twilight, mais je n'étais pas cruche et je ne m'appelais pas Isabella Swan, donc avec moi ça ne passait pas.

-« Peut être parce que je n'ai aucune envie de te voir ?

-Insuffisant » Se contenta de répondre mon tentant tortionnaire.

-« Parce que je te tape sur les nerfs.

-Ne t'accorde pas tous les honneurs. Stefan risquerait d'en prendre ombrage. » Ricana t'il paisiblement en faisant sauter mes clés dans sa main droite.

-« Parce qu'on s'est embrassé et que tu m'as planté comme si j'étais une…

-C'est ce qui fait mon charme! » Murmura t'il, un sourire éblouissant toujours accroché aux lèvres. Ce qu'il pouvait m'énerver quand il faisait ça ! Si seulement j'avais la force de le lui faire ravaler je ne m'en priverais pas !

-« Rends-moi mes clefs ! Tout de suite Damon ! Je ne plaisante pas ! »

Damon prit une mine de vierge effarouchée et piailla d'une voix de fausset qui en d'autres circonstances m'aurait sans doute fait mourir de rire

-« Oh, que j'ai peur ! Elle va me donner une gifle ou me tuer… Oh mais j'y pense… c'est pas grave, je suis déjà mort ! » Jubila t'il.

-« J'ai lu quelque part que la verveine et le sapin étaient parfaits pour en finir avec les gens de ton espèce. » Assenais-je en retrouvant mon calme avant de me précipiter sur le vampire et de le frapper de plein fouet. Damon pendant quelques secondes fut désarçonné. Il ne s'attendait pas à ça. Tant mieux. Je parvins ainsi à récupérer mes clefs. Alors que ma main frôlait la sienne avant que je ne m'échappe, il l'emprisonna. Je tentais de la retirer.

-« Tu ne fais pas le poids.

-Peut être pas. Mais je peux crier. » Fis-je tranquillement. Il éclata de rire et poursuivit de sa voix nonchalante et blasée

-« Allez, ne le prends pas comme ça. Je fais ça pour simplifier les choses.

-Pardon ? » M'étonnais-je sincèrement, arrêtant pendant quelques instants mes tentatives pour « récupérer » ma main.

-« Si tout avait été parfait tu aurais été amenée à regretter ce baiser. A culpabiliser.

-Je ne vois pas en quoi le fait que tu te comportes comme le dernier des goujats aide. » Notais-je avec acidité avant de reprendre : « Maintenant laisse moi partir.

-Rohh non, Elena, pas cette mine renfrognée, ça ne te va pas du tout. On dirait Maître Yoda. Tu connais Maitre Yoda hein ? C'était ta génération ou pas ? J'avoue que je m'y perds un peu pour le coup, avec ces sagas à rallonge.

-Je sais qui est Yoda…

-Moi je suis « le côté obscur de la force » -murmura t'il en singeant la voix de Dark Vador- Je suis ce qui tente, ce qu'on ne peut posséder sans se perdre ou se compromettre… Allez Elena, pas de mesquinerie. Là, c'est à Katherine que tu ressembles. Arrête de bouder. En plus ça te fait une ride, « so » met en stand by le mode « Elena-je-suis-une-agent-secrète-en-mission-supra-confidentielle ».

- Comment peux-tu êtres aussi arrogant et désinvolte après tout ce que tu as fait ? » Dis-je en lui retirant finalement ma main, le toisant de toute ma hauteur, sans peur. Il hocha tranquillement la tête et m'offrit un sourire enjôleur et amusé :

-« Et comment peux-tu être aussi courageuse et stupide pour dire à un vampire qu'il est arrogant et désinvolte ? »

Sure de moi je répondis du tac au tac acide et acerbe :

-« Si tu voulais ma mort, je le serais déjà.

-Tu apprends vite mon ange. » Répliqua le démon qui me faisait face, ancrant ses prunelles glacées et charmantes dans les miennes. Avec effronterie je lui répliquais :

-« Mais je ne le suis pas.

-Pas encore. » Précisa t'il avec désinvolture. Il semblait follement s'amuser. Je lui tournais le dos, excédée de n'avoir rien à lui répondre, pris le volant de ma voiture, mis le contact et quittait le manoir dans un vrombissement de moteur.

oOoOoOoOoOo

J'avais roulé à tombeau ouvert, les larmes aux yeux. J'étais perdue et je n'avais qu'une envie, me reposer afin de tout tirer au clair. Je détestais Damon. Je l'aimais. Et j'aimais Stefan. Différemment. Et ça ne me convenait pas car ça n'était pas possible d'aimer deux garçons aussi différents. Non, je me plantais. Je détestais Damon et j'étais attirée par lui. Pas d'amour. De la pulsion, des phéromones. Ma vie serait un enfer. J'allais être clouée au pilori. Tant pis, je l'avais cherché. Tant pis pour moi. Tant pis pour Damon. Oui, après tout, ce baiser catastrophique et ses conséquences ne devaient plus me toucher. Sinon ça montrerait son importance. Et ça n'était pas un événement. Ce ne méritait pas que je m'attarde dessus. Fatiguée par les montagnes russes qu'avaient faites mes émotions dans la journée, je dis à Jenna que j'allais dormir. Elle ne fit pas d'histoires, pensant que j'avais eu un week end occupé suite à l'élection de Miss Mystic et me laissa m'affaler sur mon lit moelleux. Jeremy pénétra dans ma chambre et s'assit face à moi sans prononcer une parole. Il m'adressa un sourire compatissant et attendit.

-« Jer… » Hoquetais-je, désemparée. Mon petit frère m'indiqua de me taire en posant son index sur mes lèvres. Il souffla :

-« Te biles pas Elena. Tu n'as pas de comptes à me rendre. Mais on est frère et sœur. Si tu as un souci alors j'ai un souci. Okay ?

-Okay. Merci Jer' ». Me contentais-je de lui répondre. Alors que je croyais qu'il allait rejoindre sa chambre, il me prit dans ses bras et me fit un câlin. Je me laissais aller contre son torse d'ado de 15 ans et ce contact simplement humain me fit du bien. Mon secret nous éloignait plus que jamais et pourtant à cet instant j'eus l'agréable impression que nous étions revenu un an en arrière, quand papa et maman vivaient encore et que nous étions encore très proches lui et moi. La peine me revint à la figure et me gifla avec une violence que je ne soupçonnais pas. J'avais été trop brisée en quelques mois. Mon cœur rafistolé ne supportait pas un nouvel impact. Jeremy m'allongea et se cala contre moi avant de murmurer à mon oreille :

-« Dors Elena. Tout ira bien. Je suis là. »

Quelques minutes plus tard je m'enfonçais avec délice et volupté dans un sommeil réparateur.

oOoOoOoOoOo

Un bruit strident m'agressa les oreilles quelques (trop courtes) heures plus tard. Mon réveil matin. On était Lundi. J'avais cours. Nouvelle semaine. Chouette ! Maugréais-je mentalement en envoyant valser ledit réveil matin et en remettant ma couette sur mon visage, pas du tout motivée pour quitter mon cocon protecteur où je me complaisais dans la déprime et la fureur. On a toujours une drôle d'impression le matin, au réveil. Comme si l'on voulait encore glisser, s'échapper à notre journée et glandouiller sous les draps. Ne pas retrouver le boss ennuyant ou pervers ou encore les deux à la fois, ne pas passer ce stupide contrôle de maths où l'on est sûr de se planter même si on a travaillé comme un fou (désolé, y'a du traumatisme !) ne pas s'avouer qu'aujourd'hui il va falloir quitter la personne que vous aimiez… et affronter sans doute celle que vous avez cru aimer. Une minute. Car sans doute serais-je amenée à croiser Damon. Et ça, ça serait au dessus de mes forces. Alors, je fais comme tout le monde, je me protège. Parce que lorsqu'on veut fuir, on ferme les yeux, on baille et on refout la tête sous la couette en dodelinant et en poussant un profond soupir de contentement. C'est jouissif de faire quelques secondes la nique à l'autorité du réveil. C'est surtout le cas en hiver et que votre mère, votre père, votre épouse, votre mari où que sais-je encore, vous réveille en disant :

-« Debout tu es en retard, et couvres toi bien aujourd'hui, il fait froid. »

Je ricane. Jenna. Evidemment. Il n'y a qu'elle pour prononcer ces mots qui marquent l'autorité parentale. Rien qu'en entendant cela, moi comme vous, vous comme moi, on sait d'avance que votre journée sera pourrie. J'en ai eu la confirmation quelques secondes plus tard, quand je loupais une marche pour me rendre aux toilettes. Rebelote avec le petit déjeuner qui était trop froid si on considère le café et trop chaud au vu de la mine carbonisée de mes tartines de pain grillé. Sans compter que ma voiture n'avait pas voulu démarrer. Okay okay, j'ai saisi le concept, je suis maudite. Ava !

Il se passe décidément beaucoup, beaucoup de chose le matin au réveil…

Je courrais pour ne pas être en retard. Je me souvins de ma maîtresse en maternelle qui m'attendait en regardant sa montre mimant la sévérité, de la douceur de maman qui nous réconfortait quand on paniquait devant cette mine renfrognée et qui nous faisait des bisous magiques quand un bobo survenait sur notre route et des glaces offertes les dimanches sur une plage, à l'été… J'avisais ma montre. Je serais encore à la bourre à moins d'un miracle. Un coup de Klaxon. Je relevais les yeux, cherchant mon salut.

Un regard bleu clair.

Pas de salut pour moi. Bienvenue en enfer, Elena !

OoOoOoOoOo

POV Damon

Elena m'en voulait. C'était ce que j'avais recherché. La pousser à bout. Je voulais qu'elle s'éloigne de moi, définitivement. Cette misérable humaine s'avérait dangereuse pour moi. Je me souciais d'elle. Je faisais attention à elle. Je ressentais des choses depuis que je la connaissais. Je redevenais humain. Je réapprenais la joie, le désir, la confiance. Ca c'est vrai, je ne m'en plaignais pas. Mais avec ces bonheurs futiles et dérisoires venaient la jalousie, la peur, la rage, la haine, la déception. Et ces émotions me renvoyaient en pleine figure ce que j'avais cherché à fuir pendant près de 145 ans. Elena était mon poison. Mais paradoxalement ce quelque chose en elle m'intoxiquait certes mais aussi me rendait complètement accro. On aurait dit un camé qui cherche sa dose. Car c'était pour ça que je n'avais pas dormi de la nuit. Que j'avais passé la soirée à me les geler (façon de parler) dehors sous ses fenêtres, voir si elle allait bien. Que j'avais sauté dans ma voiture quand je m'étais aperçu que la sienne avait rendue l'âme. J'étais pathétique comme tous ces humains. Il faudrait que je m'en aille, que je me ré-endurcisse. J'aimais Katherine. Pas Elena. Katherine qui était toujours en vie, quelque part. Que je retrouverai dans l'immensité de l'éternité. Il ne fallait pas que je me fourvoie. Mon erreur nous avait blessé tous les deux, profondément (dans les deux sens du terme) hier. Alors je n'allais pas remettre le couvert. Après tout, on se souvient de notre premier vélo comme de notre première amante. Katherine avait été celle-ci. Mon émerveillement. Mon péché, mon obsession. Un désir fou qui m'avait tourmenté des nuits entières. Je me souvenais de tous mes gros chagrins en pensant qu'elle me préférait Stefan et de toutes mes joies, les plus vives de mon existence quand elle m'avait choisi moi. Quand elle ne m'avait pas utilisé mais traité comme son égal. Quand elle m'avait reconnu en elle. Je se souvenais aussi de nos pérégrinations et de nos interrogations quand à notre vie future, après ma transformation. De nos grandes décisions. De nos rêves d'avenir. Et puis de ce qu'il en était advenu par la suite…

Je n'avais pas encore 21 ans quand je l'avais rencontrée. Et 23 quand ma vie « humaine » c'était terminée. J'étais encore un gamin qui cherchait à vivre paisiblement alors que je devais affronter un cap dans mon existence. J'allais devenir un adulte, en pleine guerre civile. Un adulte… Age à la fois maudit et béni. C'est là que tout passe ou casse.

Je parle des rêves. Certains en ont des plus réalistes que d'autres, comme avoir un bon travail, une famille aimante et des amis. Ceux là, se sont des gens sans histoire. Ou plutôt leur histoire est tellement banale qu'elle ne vaut pas la peine d'être racontée. Et puis il y a les autres… Il y a les gens comme moi. Les autres se sont ceux qui courent après leurs rêves les plus fous, qui s'y raccrochent comme à une bouée jetée à un homme qui se noie. Ce sont les poètes, les artistes, les idéalistes. Ce sont des êtres qui ne tournent pas rond dans notre société qui ne pense qu'à l'enrichissement personnel au détriment du bien être collectif. Ce sont tous ceux qui ne pensent pas au train train quotidien. Ce sont ceux qui en se levant, le dernier jour de leur vie ne regretteront rien. Ils auront vécu tout ce qu'ils voulaient vivre. Ils peuvent partir tranquille. Oui, il y a longtemps de ça j'avais été ce genre d'homme. De cette espèce bizarre et romantique qui peuvent tout endurer pour celle qu'ils aiment. Même mourir. Et ça avait été mon cas. Et encore aujourd'hui je n'arrivais pas à regretter mon « moi » d'alors. Ca avait été bon, cette humanité. Ces plaisirs qui prenaient toute leur importance car je pensais que j'étais un être fini. J'avais voulu vivre mon rêve, mon idéal : passer l'éternité avec celle que j'adorais. Et l'éternité était atteignable.

J'étais mort ce jour là, abattu par un des habitants de Mystic Falls et j'en avais été heureux. Heureux de mourir au nom de mon amour, en voulant la sauver. Ne pas lui survivre. J'avais voulu renoncer au vampirisme aussi. Et puis Stefan m'avait mis sous le nez cette pimbêche. Forcément, l'instinct avait repris le dessus. Je m'étais nourri. J'étais devenu un vampire, irrémédiablement. Voilà pourquoi je haïssais mon frère. Il n'avait pas compris à l'époque ce que c'était de n'exister plus pour soi mais pour une autre. Maintenant, avec Elena il expérimentait ce que j'avais vécu avec Katherine. Et je l'enviais pour ça. C'était pour ça que j'avais embrassé son humaine. Pour le faire souffrir comme j'avais souffert. Katherine avait fait de moi un être de la nuit. Stefan avait fait de moi le monstre que je suis.

Elena s'est arrêtée, un instant. Elle m'a vu. C'est figée. Et a recommencé sa course.

Toute notre vie mortelle, nous courrons après le temps, sans jamais pouvoir le rattraper. Comme Cendrillon court après le carillon qui sonne les douze coups de minuit et dont le rêve s'évanouit avec le douzième, qui perd sa chaussure et qui n'ose s'arrêter dans sa course de peur que l'on découvre son vrai visage, celui d'une souillon. Il y a ceux qui ne s'arrêtent jamais de courir après le temps, parce qu'il représente un bus, une réunion ou dans le cas d'Elena l'école, le moyen de s'échapper de mon emprise. Elle me fuie. Elle a peur de moi. Elle me déteste. Elena est de ces gens là qui se battent toujours contre tout, même contre l'impossible.
Moi je fais partie des autres. Les autres, ils quittent le train en marche et s'accommodent avec lui. Le temps n'a plus une valeur vitale, ce n'est plus un ennemi, mais un camarade, un compagnon avec qui il faut palier. Les jeunes gens ont souvent cette vision du monde. Et puis le regard change. L'adolescent devient adulte. L'adulte devient souvent grande personne. C'est là, à cet instant précis de notre évolution, que la vie devient triste. Comme disait James Barrie, « devenir adulte oui, mais une grande personne non ! » L'adulte c'est la personne responsable. La grande personne c'est l'individu responsable qui a oublié qu'un jour, il n'y a pas si longtemps, il était lui aussi quelqu'un d'insouciant. Je suis une grande personne.

Désabusé. Froid. Calculateur. Ma vie est terne et monotone mais aussi trépidante et fantasque… pour une si petite ville j'entends. Je m'en contente. Je ne peux pas être heureux puisque je ne peux plus être malheureux. Je suis sans cœur. Je me protège. Plus d'émotions, plus de faiblesse. Devenir un monstre me rend plus fort. J'assume ce que je suis. Et si ça déplait à quelqu'un et bien tant pis pour lui !

Dans la vie, rien ne se passe jamais comme on le désirerait. Certains font des études pour plaire à leurs parents, allant à l'encontre de leur souhait de carrière. Pour d'autres c'est le contraire. Certains apprennent que leur conjoint qu'ils chérissent tant les trompe. D'ailleurs, si Stefan apprenait pour Elena et moi, que ferait-il ? Ce n'était qu'un simple baiser après tout. Mais quel baiser ! Un baiser qui aurait pu prendre une toute autre tournure… Le connaissant, il se montrerait magnanime… L'imbécile ! En tout cas je suis certain que ce coup là il ne l'avait pas vu venir ! Un peu de ma cruauté me revint. Je jubilais face à cet exploit qui m'étonnait encore. Avoir détourné du droit chemin la vertueuse Elena Gilbert ça n'était pas rien. Et en plus d'être distrayant ça c'était avéré agréable, ce baiser. Comme quoi… La vie est imprévisible. C'est ce qui la rend belle. C'est ce qui la rend triste. Mêmes histoires, différentes versions et elles sont toutes justes pourtant. Mais, celui qui souhaite la contrôler ne sera jamais heureux. Stefan ne pourra jamais l'être. Celui qui au contraire accepte la vie telle qu'elle est n'aura pas une existence pleinement heureuse, mais les malheurs ne seront que de petites tâches sombres dans sa mémoire et pas des pans entiers. Je fais partie de ce camp là. Elena a trébuché. Elena s'est étalée sur l'asphalte. Je pile, sors de voiture et n'écoute aucune de ses protestations. Désormais elle est dans ma voiture, que ça lui plaise ou non.

-« Tu n'as pas d'autres gens à qui tu pourrais pourrir la vie ? » S'énerva-t-elle d'entrée de jeu. Je hochai la tête, magnanime :

-« Si je te disais que tu es la seule qui me distraie ?

-Je dois prendre ça pour un compliment ? A droite.

-Prends ça pour ce que tu veux. » Lâchais-je, revêche en tournant à gauche. Moqueuse, Elena souligna :

-« Souffres-tu de dyslexie, Damon ?

-Pourquoi je sens que ta pique va tomber à plat et m'ennuyer profondément ? » Ricanais-je et mon sourire s'élargit à mesure que le sien disparaissait. Elle osa tout de même :

-« Le lycée est à droite.

-Je ne sais pas pour qui tes stupides camarades votent. » Plastronnais-je. Elle me donna un petit coup sur l'épaule et répliqua :

-« Je veux te dire qu'il fallait tourner à droite. « As I said »

-Je sais. » Dis-je platement. Elle piailla :

-« Quoi ? »

Je grimaçais et répondis :

-« Oui je savais. Et non tu ne vas pas en cours. Et oui je ne vais pas te dire pourquoi. Et oui je suis à côté de toi donc tu peux baisser le volume vocal. »

Elena se contenta de croiser ses bras et de me tourner le dos en marmonnant un truc du genre « Jenna va me tuer ». Je continuais de rouler, en silence. De toute façon elle se remettrait bien à crier tôt ou tard. Je ménageais donc mes oreilles. Pas fou non plus le vampire. Je la vis ouvrir grand les yeux et elle se remit à brailler. Quand je vous disais que ça n'allait pas tarder, hein ?

-« Damon, franchement !

-Moui ? » Fis-je, faussement innocent.

-« Ca ne marche pas deux fois les balades en voitures dans un lieu enchanteur. Au moins ne me ramène pas dans la même prairie ! Youhouuu toi pas être Edward. Moi pas être aussi désespérée et débile que Bella. De toute façon j'aurais choisi le loup garou alors…»

Je pilais sec et failli la projeter contre le pare-brise. Elle s'écria, folle de rage :

-« Non mais t'es malade ?

-Le vampirisme induit la mort. Je ne peux pas être malade, Elena. C'est juste technique. » Répliquais-je, amusé.

-« Nan mais tu veux nous tuer. T'aurais pu…

-J'suis un macchabée, un cadavre, une momie… Je dois te le dire en quelle langue pour que tu comprennes ? Et comme ma condition est ainsi, j'm'en fous de m'envoyer dans le décor. Puis… si je me souviens bien tu m'as lancé une invitation hier…

-Pour me tuer ?

-Attends, que je me souvienne, comment avais tu dis déjà… Ah si je me le rappelle : « Mais je ne suis pas morte… » » La singeais-je. Elle se rebiffa mais ne commenta pas. Je poursuivis, sérieux de nouveau :

-« Elena, on est pas obligé de se faire la guerre.

-C'est toi qui l'a cherché.

-Ne fais pas l'enfant, j'ai passé l'âge de jouer à ces jeux là.

-Grand père !

-Ne sois pas désobligeante, Elena.

-Je fais ce que je veux.

-Tu vas bouder ?

-Si j'en ai envie, qu'est ce que ça peut te faire ! » S'énerva t'elle avant de se murer dans le mutisme. Un besoin mortel de la protéger, de lui faire comprendre mon comportement déferla en moi. Je commençais :

-« Souvent quand rien ne va, on a l'impression d'être tout seul entrain de courir dans un long corridor... Tu venais d'apprendre que ton parfait Stefan ne l'était pas tant que ça. Moi je venais de perdre Katherine et tu sais que toi et elle… Enfin tu vois. On s'est mis en danger. Et celui là on ne peut pas l'affronter… »

Elena releva son beau visage vers moi, attentive désormais. Je poursuivis, paisiblement :

-« A chaque fois qu'on est presque sûr d'atteindre la porte à l'opposé de nous pour l'ouvrir, le couloir a augmenté de dix mètres. On pense qu'on se noie. Et on perd. Voilà ce que je ne veux pas pour nous, Elena. Je ne veux pas qu'on aille mal. Qu'on se déçoive. Alors mieux vaut parfois gâcher certains souvenirs pour ne pas être enfermé dans le passé et souffrir dans le présent. »

Elle médita mes paroles et souffla ensuite :

-« Pessimiste. Intéressant.

-Je ne suis pas un rat de labo, Elena.

-Non, ils sont mignons, eux.

-Tu mens une nouvelle fois ! C'est mal. Finalement tu n'es pas si « sainte nitouche » qu'il n'y parait… » Ricanais-je en m'étirant. C'est l'humaine qui reprit la parole après une bonne minute de silence :

-« Tu te trompes, Damon. Il y a une lumière qui nous retient presque toujours avant de commettre l'irrémédiable. Et qui nous permet d'avancer. Ce peut être un ami, un amour, une chanson, un film, un livre, un tableau ou un voyage. Ceux qui malheureusement flirtent avec la mort sont ceux qui ne veulent pas saisir cette lueur d'espoir ou ceux qui malheureusement ne la discernent pas tellement ils ont des idées noires. »

Un nouveau silence entre nous.

-« Tu as fait un choix. Je ne le cautionne pas. Je ne le pardonne pas. Mais je peux comprendre. Pour moi aussi c'était étrange. Mais si tu avais agi normalement…

-On ne peut pas dire… Avec des « si » on mettrait Paris en bouteille. Et puis j'ai agi vraiment à ma façon. Je ne suis pas Stefan. Je n'ai pas de conscience, pas de tabou. Je suis ce que je suis, je suis fait comme ça. Je suis Damon, le méchant dans ce « ménage à trois ». C'est Stefan le chevalier blanc. En plus cette couleur lui va mieux qu'à moi. »

Elena sourit de ma remarque débile et plate. Au moins je serais parvenu à quelque chose. Elle chuchota ensuite :

-« Ma mère me disait cet adage français « On sait ce qu'on laisse, on en sait pas ce qu'on trouve. » »

Elena ou l'art de passer du coq à l'âne. On prenait une pente glissante. On allait parler de choses intimes. Et ça ne me disait rien qui vaille. Alors, le réflexe de cruauté et de protection me fit revenir à la réalité. Je devais reprendre le contrôle de la situation. Je ne pus m'empêcher de répliquer, ironique :

-« Elle est très con cette expression parce que c'est justement parce qu'on sait ce qu'on laisse qu'on le laisse, sinon on le laisserait pas…

- Mais pourtant c'est ce qui nous fait rester en vie parfois. C'est ce qui fait qu'on réfléchit à deux fois avant de prendre de grandes décisions. C'est ce que Pandore à laissé dans cette fameuse boîte qu'elle a ouverte par curiosité et qui a déversé tous les maux sur terre. C'est l'espoir. Parce qu'est ce qui nous empêche de tout envoyer en l'air après tout ? »

Franchement je n'en avais aucune idée. Pourquoi Vicky n'avait pas eu l'idée de se suicider ? Après tout, elle était malheureuse et avait objectivement une vie complètement pourrie. A croire que vivre ça n'était pas si mal tout compte fait. Ou sinon que les mortels sont des trouillards, à eux de choisir leur option. Moi je ne pouvais plus en parler. Ca faisait trop longtemps. Je ne savais même plus ce que ça faisait. L'immortalité nous fait revoir nos priorités. Non, moi je n'étais jamais plus proche de l'humanité que lorsque je plantais mes crocs dans les veines palpitantes d'une pauvre victime. Voilà où se trouvait mon humanité. Elena n'attendait d'ailleurs pas de question. Ni de réponse. C'était son truc à elle, cette empathie sirupeuse et vomitive.

-« La vie, on en sait jamais vraiment quand elle commence ni quand elle finit. Moi je crois qu'elle n'a pas de début ni de fin. C'est un cercle, une ronde à l'infini. La meilleure preuve c'est vous les vampires. Vous recommencez toujours des vies quelque part, loin de votre précédente résidence.

-Point de vue si tu veux mon avis terriblement ennuyeux. » Fis-je en baillant théâtralement. Elle poursuivit :

-« Des gens bien plus savant que moi nous expliqueront que la vie commence dès que le gamète masculin ou spermatozoïde féconde le gamète femelle ou ovule et qu'elle s'achève avec un électro-encéphalogramme plat. Triste conclusion.

-Conclusion quand même. » Assenais-je en remettant le contact. Je notais tout de même à ma passagère perdue dans ses élans de philosophie, avec beaucoup d'ironie :

-« Mais tout ceci ne prend pas vraiment en compte la vie. La vie ce n'est pas seulement un cœur qui bat à 120 pulsations minutes, des poumons qui se gonflent bien, des jambes et des bras. Ca tout être humain le possède ou l'a possédé un jour. Même moi j'ai toutes ces conjonctures… Bon à part le cœur hein, faut pas pousser non plus. Mais ce qu'est la vie en réalité, c'est la joie, la peine, les souvenirs, les rencontres, les autres… »

Je m'arrêtai en plein milieu de ma phrase. Elle resta en suspend. Je ne pouvais pas lui en dire plus. Je ne voulais pas. Non. Rompre avec elle. Redevenir le moi d'avant. Voilà. Renier l'humaine et son influence. Ne plus lui donner d'emprise sur moi. Oublier ce qui venait de se passer et ce lien toujours plus ténu qui semblait se consolider à chaque fois que je voulais le rompre. Je remis le contact et je repris ma course. Elena n'aurait raté qu'une heure de cours. Le lycée. Elle claqua la porte et se pencha vers moi. Inquiète elle me demanda :

-« Comment va Stefan ? »

Je grimaçais rien qu'à songer que j'allais devoir encore m'appuyer du baby sitting. C'était officiel, je détestais mon frère pour m'obliger à rester cloitré alors que l'oncle d'Elena, John Gilbert un fou vampirophobe avait pour but de nous réduire en charpie. D'ailleurs, il fallait que je parle à Alaric. Comme quoi, une question ennuyeuse peut faire avancer. Je répondis, acide :

-« Déprimé. Soporifique. Plein de droiture. Stefan quoi. Ton truc, pas le mien. Bienvenue dans le monde réel, il est redevenu normal. Dommage, je le préférais en mode « fun ».

-Il mange ?

-Non. Déprime j'viens de te dire. Il s'auto-flagelle. C'est son hobby du moment. Je préférais quand c'était le football. » Me moquais-je, masquant une pointe d'angoisse. Il fallait qu'il boive s'il ne voulait pas bruler comme un feu de la Saint Jean. Or il refusait catégoriquement. Ca marche les intraveineuses pour nourrir les vampires anorexiques ?

Elena restait très tendue. Je n'aimais pas ça, on avait l'impression que son cœur allait lâcher d'une seconde à l'autre, c'était agaçant.

-« Vas y, craches le morceau.

-Que… Comment tu le sais ?

-Je le sais. J'vais pas non plus te dire tous les trucs qu'ont les vampires pour décoder les humains sinon tu sèches toute la journée de cours. Et là, ta tante me tue –du moins tente-et Stefan me trucide pour « t'écarter du droit chemin ».

-Est-ce qu'il sait ? Pour toi et moi ?

-Je suis vexé que tu penses que je suis aussi stupide, Elena.

-Aucun affront à ta « suprême intelligence », Damon. Je me fiais plus à ton loisir favori : « comment pourrir la vie de Stefan jour après jours ».

-Touché. » Me moquais-je. L'humaine m'étonnerait toujours. Elle prenait son envol, devenait intéressante. Je répondis :

-« C'est ton mec. Tu feras ce que tu voudras. Mais saches que j'adore notre « ménage à trois »… J'espère que tu ne ruineras pas tout.

-Pourquoi cette remarque me fait penser à une autre, avant qu'on ne découvre le grimoire d'Emily ? » Me questionna t'elle, narquoise.

-« J'ai été clément cette fois ci après vos frasques. Mais prends garde Elena… Stefan n'est plus là pour te protéger… Et la clémence n'est pas tendre avec mes victimes. »

La jeune fille frissonna. Elle s'accouda à ma vitre et ancra ses prunelles dans le miennes. J'y lu toute la détermination du monde.

-« Voici les règles, Damon. On n'est pas amis. On se tolère. Tu ne fais pas de sous entendus. Tu arrêtes de charmer tout ce qui bouge, y compris moi. Et je m'installe chez vous en attendant que mon oncle parte parce que je le déteste. Entendu ? »

Ce qu'elle pouvait être adorable et amusante quand elle tentait de prendre le dessus sur ma personne. Si seulement elle savait à quel point je pouvais la maitriser, la blesser… Elle serait moins effrontée. Après tout, qu'est ce que je risquais à l'avoir dans mes pattes ? Déjà elle baby-sitterait son chéri. J'aurais les mains libres pour contrer les plans de Gilbert. Ca me servait en un sens.

-« Okay, marché conclu. Maintenant vas en cours. A ce soir. »

Je n'attendis pas sa réponse, passait la première et démarrais en trombe. Mais qu'est ce que j'avais fait ? Je voulais m'éloigner de cette humaine qui m'affaiblissait et je venais de lui ouvrir la porte du manoir ! Damon, ressaisis-toi, que diable.

C'était officiel, j'allais vivre un enfer….

oOoOoOoOoOo

POV Elena

La journée s'était passée, monotone et ennuyeuse. Je ne cessais de repenser à mon escapade avec Damon. Quelque chose en lui me touchait. Cette ambivalence que je ne comprenais pas. Un instant il pouvait abaisser toutes les barrières et la minutes d'après se montrer plus farouche qu'un léopard. Il y avait une faille chez le démon. Et cette faille m'émouvait, sans que je puisse découvrir où elle se trouvait. La haine était partie. Je n'arrivais pas à lui en vouloir parce que je comprenais ses actions. Il voulait avoir Katherine. Comme moi je voulais Stefan. Nous étions prêts à tout pour eux et pour avoir l'illusion d'être en leur présence. Même à nous retrouver ensemble sans l'avoir jamais réellement désiré.

J'avais inventé une explication vaseuse pour m'excuser de mon absence en cours du matin. Caroline m'avait regardée soupçonneuse. Matt non plus ne paraissait pas convaincu. D'ailleurs à midi, ils m'avaient questionné.

Mon meilleur ami avait débuté par un :

-« Stefan a changé de voiture ? »

Désarçonnée, j'avais répliqué sans y penser :

-« Non, pourquoi ?

-Alors qui t'as accompagnée, ce matin ? »

Je m'étais mordue la langue. Triple buse ! Je me serais donnée des claques pour ma franchise et ma débilité profonde. J'étais mal. Il allait falloir que je joue serré.

-« Damon. Stefan se sentait mal, donc…

-Ah, tu as passé la nuit chez les Salvatore ? » Me questionna Caroline, une moue désapprobatrice sur le visage. Elle gardait de mauvais souvenirs –biens que rares, revus et corrigés- de sa relation avec Damon. A juste titre d'ailleurs même si elle n'avait pas conscience de tout ce qu'il lui avait fait subir. J'avais juste hoché la tête. Ma meilleure amie profitait aussi par là même pour indiquer à Matt que j'avais tout à fait tourné la page et qu'il soit tout à elle. Je leur souhaitais beaucoup de bonheur d'ailleurs, ils le méritaient. Je dis :

-« Oui, Stefan m'a raccompagnée après l'élection et on a bullé le reste du week-end. »

Ce fut tout car Bonnie c'était jointe à nous. Or, vu les tensions qui nous animaient l'une et l'autre, je quittais la table et partis rejoindre la salle de cours. Et maintenant que la journée était finie, je rentrais à pieds à la pension. Là, j'y trouvais un petit mot tracé de la belle écriture de Damon :

« Salut Elena,

Je suis avec Alaric, des affaires vampiriques, encore, toujours. Que veux-tu, la rançon de la gloire... Il y a de quoi grignoter pour toi dans le frigo. Ne t'approche pas de Stefan, il commence à être sérieusement en manque, je n'ai pas envie de faire le ménage après qu'il t'a vidée de ton sang. En plus de devrais refaire les peintures blanches, alors sois gentille et écoute moi pour une fois. Je rentrerai tard.

Damon. »

Toujours le mot rassurant. Je montais à l'étage et me calais dans le lit de Stefan. Sa bonne odeur me rassurait. Tout allait rentrer dans l'ordre. On irait bien et on recommencerait, comme si de rien n'était. On s'en sortirait, ensemble. Je l'aimais. Cette certitude me calma instantanément et éloigna de mon esprit les doutes qui me tiraillaient depuis 24 heures. Enfin j'éprouvais une sorte de paix intérieure. Je posais ma tête sur son oreiller, ne pris pas la peine de me déshabiller et me laissait aller dans les draps de mon amoureux. Le cauchemar allait prendre fin. Ca n'était plus qu'une question de temps…

oOoOoOoOoOo

Un courant d'air froid me fit frissonner et me réveilla. Je me dressais et me dirigeais vers la fenêtre ouverte. Alors que j'allais la fermer, un avion de papier voleta. Etonnée, j'observais son vol. Puis il y en eut un autre, et un autre encore. Je me penchais pour voir le petit malin qui s'amusait à faire des pliages à cette heure tardive de la nuit. C'est alors que je remarquais que quelque chose était écrit dessus. Je tendis la main et attrapais un de ces Concordes miniatures. Je ne reconnaissais pas l'écriture de ce galant. Ca ne pouvait pas être Damon, s'il était parti avec Alaric il devait se trouver loin d'ici. Et puis avec l'objet que mon oncle voulait récupérer et dont il ne connaissait pas encore l'utilité, il avait d'autres chats à fouetter. Ca n'était pas Stefan non plus. Alors qui ? Ami ou ennemi ? Aucune idée.

Je peux monter ?

Une demande d'invitation à entrer. Etonnant. La maison des Salvatore n'avait pas la close « je dois être invité à entrer » car il n'y avait pas d'humain qui y résidait de façon permanente. A moins que ma présence désormais ait changé la donne ? Non, ça devait être plus complexe que ça. Et puis tout le monde n'était pas foncièrement mauvais. Alors je me pris à tracer :

Qui es-tu ?

Il me répondit que je devais deviner. Pendant de nombreuses heures nous avions communiqué ainsi. Par avions de papier. Ils voltigeaient dans tous les sens et peu à peu je me convaincu que ça ne pouvait être qu'une seule personne. A part Stefan, seul Matt pouvait se montrer aussi attentif, aussi romantique et aussi original pour me faire passer des petits mots. La discussion était simple. Intime sans l'être vraiment. Mon inconnu était un fan incontesté de Tim Burton et d'Orson Wells. Il détestait Reagan et se pâmait devant Clint Eastwood. Il aimait lire, surtout des romans d'aventures, même si depuis quelques temps il n'en avait plus le temps. Matt… Je me sentais un peu honteuse qu'il agisse de la sorte envers moi. Nous avions rompu. C'est à Caroline qu'il aurait du faire cette sorte de cour.

Elle aurait adoré ça.

Elle avait cette esprit romanesque, cette envie que tout se passe comme dans les films, la rencontre fortuite, la cour assidue, les poèmes et enfin la demande en mariage à genoux. Oui c'était un truc de Caroline et Matt était aussi capable de tout ça.

Moi… moi désormais tout m'était égal. Je ne savais pas ce que je voulais, mais ce à quoi j'aspirais le plus ce n'était plus à cette vision de l'amour. J'avais besoin d'un ami, d'un père, d'un frère, d'un amant, d'un amoureux, d'un confident. De tout ça à la fois.

Stefan était un bon congloméra de pas mal de ces inspirations. Je comprenais tellement Caroline et sa jalousie envers moi quand le vampire m'avait choisi moi. Et pourtant désormais, j'étais prisonnière de cette cage dorée, je m'y morfondais. Comment expliquer sinon mon écart de conduite avec Damon ? Et mes gamineries avec mon ami d'enfance et chéri de surcroit de ma plus fidèle compagne avec Bonnie ?

Moi, sa meilleure amie, je la trahissais en correspondant avec lui. Je savais par Caroline que Matt n'avait pas tourné la page, qu'il espérait qu'il y ait encore un « nous » possible. Je lui donnais de faux espoirs… C'était affligeant.

J'étais descendue bien bas. Mais en même temps, ça faisait tellement longtemps que nous n'avions pas parlé aussi simplement lui et moi, sans aucune barrière. C'était très égoïste mais j'avais besoin de mon meilleur ami en ces instants de solitude et d'attente.

Trois heures sonnèrent à l'église évangélique de Mystic Falls. Et lorsque le dernier coup retentit, un nouveau petit avion vint se poser délicatement sur le rebord de ma fenêtre comme si elle s'était transformée en piste d'atterrissage. Avec mille précautions, je l'ouvris et mon cœur rata un battement. Là, en toutes lettres, la vérité sortait du puits:

Je t'aime.

J'ouvris en grand ma fenêtre, tentant d'apercevoir le visage de mon « inconnu ». En vain. Je m'y attendais un peu, de toute manière. Je poussais un profond soupir et froissais le papier avant de la jeter, à l'aveuglette dans la corbeille.

Le bruit mat qu'il émit me fit me retourner. Anormal.

Damon se trouvait sur le pas de ma chambre. Enfin de la chambre de Stefan. Mais comme Stefan est à la cave en cure de désintox et que j'ai un oncle qui me courre sur la grappe c'est officiellement ma chambre. La pension des Salvatore en est redevenue une finalement. Le brun me toise, narquois, la boule de papier dans sa main…

-« Tsss, c'est très vilain, Elena. Tu devrais être couchée à cette heure là, tu as cours demain au lycée si je ne m'abuse. Anglais. Début de la leçon à 8h30.

-Et qui es tu pour me faire la morale et me réciter mon emploi du temps ? Je fais ce que je veux ! Après tout, tu n'es pas mon père ! » Lâchais-je, revêche. Damon ne se départit pas de son sourire amusé et souligna fort à propos :

-« Ton père, heureusement non. Quoique, ça me donnerait certain droits non négligeable sur toi… Mmm c'est tentant. Genre te rembarrer tout le temps sans que tu mouftes… » Fit il, faussement rêveur. Je répondis avec effronterie :

-« Allons, allons, Damon, je sais que tu adores nos joutes verbales ! »

Il dodelina de la tête, pas très convaincu, fit une moue et fronça son nez :

-« Okay, j'avoue tu marques un point. A charge de revanche ! Bon revenons à nos moutons, je pense que le fait que j'ai l'âge de ton arrière arrière arrière grand père peut aider, non ? Je suis assez « vieux » pour que je puisse te donner des conseils ? »

Je haussais les épaules, vaincue. Intéressé de nouveau à ce qu'il avait en sa possession, il me demanda :

-« Alors, tu me dis ce qui est écrit sur ce petit papier et sur tous les autres qui sont bien entassés dans la poubelle ou je t'offre le moment le plus embarrassant de toute ta vie ? »

Je restais muette. Son sourire sadique s'élargit :

-« Va pour l'embarras donc. Stefan ne sera pas content d'avoir perdu son pari.

-Qui était ?

-20 dollars sur le fait que tu étais maso ou autre truc déviant. J'ai gagné !» se pavanoa –il tandis qu'il commençait à déplier la page. Peureuse je lui demandais :

-« Depuis quand…

-Depuis quand quoi, Elena ? » S'impatienta t'il avant de reprendre, ironique. « Stefan déteint vraiment sur toi. Tu étais vraiment plus drôle à Atlanta. Maintenant tu es comme lui : tu parles par énigmes et tes phrases sont toutes dégoulinantes de bonne volonté et de droiture.

-Comme toi. Répliquais-je du tac au tac. Damon singea l'étouffement.

-« Pardon ? Allez, Elena, pas de ça avec moi, on est entre adultes… Bon, je suis adulte depuis des plombes, je te passe quelques années. Tu sais aussi bien que moi que ce que tu viens de dire est éhontément faux.

-Non. Tu parles par énigmes et tu es le maitre des joutes verbales et des tours de passe passe. Tu as de la bonne volonté quand tu as quelque chose à y gagner. Et de la droiture puisque tu as voulu te sacrifier pour Katherine.

-C'était « l'ancien moi ». L'humain. » Assena t'il, platement, continuant de défroisser mon pli. « Je sais ça fait très schyzophrène. Avant je l'étais d'ailleurs un peu. On l'est tous quand on apprend qu'on est devenu le monstre de nos pires cauchemars. Maintenant, nous allons mieux » Ricana t'il. Je soufflais :

-« Je crois que malgré tout ce que tu dis, il reste toujours une part de ce « toi » dans l'être que tu es devenu Damon, après ta transformation. »

Le vampire brun n'avait pas prêté attention à moi et entamait déjà de parcourir un autre de mes petits mots. Je m'étais glacée, incapable de les lui arracher, morte de honte sans doute. A mon grand soulagement il se contenta de piques envers mon correspondant :

-« Pathétique. » « S'abaisser à ça ». « Aucune originalité ». « Imbécile. » Ponctuaient sa lecture.

Puis il revint à mon tout dernier avion de papier, lui rendit sa forme originelle et le fit se consumer grâce à une chandelle qui se trouvait dans le couloir. Narquois, il me dit :

-« Il faut vraiment que Stefan redevienne Stefan à 100%. Au moins tes fans cesseront de m'importuner avec leurs jacassements débiles, d'une platitude sans nom qui feraient pleurer tous les poètes. J'ai beau être ce que je suis, je reste tout de même sensible aux belles choses et là, c'est du brouet quand on attend des crèmes. Ca ne valait pas le coup de que vous laisse continuer. »

Eberluée par sa révélation, je lui demandais :

-« Tu entendais les avions ? Tu es rentré plus tôt, tu…

-Oh, ça va, ne fais pas comme si tu n'étais pas au courant ! Vampires ont superpouvoirs très chère Elena. C'est vrai, je te l'accorde, ils ont pas la capacité de décibel d'une hélice de Boeing. Mais quand même… On aurait dit une craie sur un tableau. Tu sais, le crissement horrible ? » M'annonça t'il tranquillement. « Assez désagréable quand tu veux dormir. J'ai été patient, remarque. J'aurais pu mettre fin à cette mascarade stupide bien avant, comme je le disais.

-Et pourquoi ne l'as-tu pas fait ? » M'enquis-je, voulant lui tenir tête.

-« Parce qu'au moins tu arrêtais de chouiner. A tout prendre je préfère dormir par séquences que l'insomnie. Je suis d'une humeur massacrante après une nuit blanche, j'ai une certaine tendance au sadisme ces jours là.

-Ca ne doit pas beaucoup changer des autres. » Fis-je, acide. Il hocha la tête avec désinvolture et nonchalance. Quand mon billet eut fini de se consumer, il chuchota :

-« Et voilà. Tout ceci n'a jamais existé. »

C'est alors que je pris conscience que si Damon avait entendu mon échange de lettres avec Matt, Stefan…

-« Te bile pas Elena, Stefan est trop absorbé à s'auto-flageller pour prêter attention à ça. Maintenant dors. Sinon j'utiliserai ma force vampirique pour te sonner assez pour que tu arrêtes de parler quelques heures. Le seul souci c'est que je n'ai pas vu de châle pour masquer une certaine blessure à ton cou. Suis-je assez clair ? »

Je frissonnais bien que certaine qu'il ne me ferait aucun mal. Il montra des dents et un horrible feulement passa ses lèvres… Okay okay… dans le doute, mieux vaut obéir, surtout que mon vampirique petit ami ne pourrait pas me sauver la mise. Damon retrouva sa mine affable et quitta la pièce, toujours en marmonnant :

-« S'envoyer des mots d'amour via avions en papier… Ils m'en auront fait voir de toutes les couleurs… C'est plus l'aéropostale… Les origamis… »

Je me retournais dans mon lit et fermais les paupières…

oOoOoOoOoOo

Soleil. Oiseaux qui piaillent. J'ouvris un œil. Un nouveau jour commençait. Un hurlement. Stefan sans doute. Je me redressai vivement. Plus rien. Damon a dû le calmer. Et je m'apaisais et me recouchais. La tête me tournais de m'être levée trop vite. J'attirais la couette à moi. Il faisait chaud. J'étais dans ma bulle, mon cocon. Comme hier. Sauf qu'hier je me sentais mal et j'avais peur d'affronter le monde. Désormais je suis forte. J'ai Matt et Stefan. Et Caroline. Et Jenna. Et Jer'. Et Bonnie. Ils me protègeraient de moi-même et de Damon. Je pouvais dormir en paix.

Il s'en passe des choses dans notre cerveau sous la couette, avant de se lever pour recommencer une journée de travail. Quoi que nous en pensions, quoi que nous rêvions la nuit, au petit jour tout redevient comme avant et tout est à recommencer. Et en même temps tout est différent et tout est à créer. Une journée nous éloigne encore un peu de notre berceau. Une journée nous rapproche toujours plus de notre tombe. Une journée nous fait tous courir après le temps, même ceux qui ne veulent pas lui courir après. Comme moi. Le temps ne m'avait jamais posé problème avant que je rencontre des immortels, figés dans l'éclatante beauté de leur prime jeunesse. Mais désormais, chaque seconde je vieillis. Chaque seconde je meurs. Et je n'ai pas envie que mon amour pour Stefan relève de l'éphémère… Aujourd'hui n'est pas si ordinaire. Aujourd'hui, une envie folle s'est emparée de moi. C'est démentiel. C'est impensable. Chaque journée nous transforme en Cendrillon.

Aujourd'hui j'ai décidé l'irrémédiable. Je change ma destinée, je change ma vie.

Je ne serais pas Cendrillon.

Je serais Mina.

Je battis des cils et m'étirais. Ma main frôla un objet fin mais rêche. Je tournais la tête, étonnée et découvris un petit déjeuner complet.

Et un avion de papier.

Dessus, l'écriture de Damon :

-Vas en cours jeune délinquante sinon j'aurais plaisir à goûter le bouquet de ton sang.

Damon.

Je regardais par la fenêtre et aperçus le vampire brun, dos à moi, observant l'horizon, sans doute entrain de concocter un nouveau plan diabolique pour rejoindre Katherine.

Rêveuse, je lançais l'avion de papier qui effectua des circonvolutions charmantes dans la pièce avant de retomber avec élégance sur mes genoux.

oOoOoOoOoOo

Voilà voilà voilà !

Comme je n'ai pas d'Edward Cullen, de Jacob Black ou de Jasper Hale personnel –introuvables y'en a plus en stock- n'oubliez pas de penser au petit bouton vert qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !

De plus… C'est mon seul salaire ! :D

La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.

A très vite

Mille Morsures !

Eléa Telmar.