Bonjour amis lecteurs, après une LONGUE pause, je m'y suis remise. Alors je tiens à préciser que je vais suivre la trame jusqu'à la fin de la saison 1 scrupuleusement mais après, je vais prendre des libertés avec la saison 2 qui n'est pas assez Damonesque à mon gout sauf quelques minuscules passages de brillance.
Merci pour les petites reviews, elles sont toujours les bienvenues et très touchantes. Merci pour les remarques de style, pour souligner les efforts (et aussi les erreurs) que j'ai faite. Merci de vous accrocher alors que la fic a été très peu mise à jour, je vais y remédier, j'ai un chapitre d'avance désormais !
Vous l'avez attendu patiemment, je vous le livre et il valait le coup, vu sa longueur ! vous allez vous gaver de lecture !
Bonne lecture
Morsures !
Votre dévouée auteur,
Eléa Telmar.
Chapitre 4: Une rose au paradis
POV Elena
Lorsque je rentrais ce soir là, comme tous les autres soirs, je m'attendais à voir Stefan. Et comme tous les jours depuis une semaine, il ne m'attendait pas sur le canapé du manoir. Ses hurlements de dément raisonnaient dans toute la demeure, glaçaient mes os et faisaient couler mes larmes. Mais je ne bougeais pas. Je ne parvenais pas à m'éloigner de cette maison qui me tourmentait tant. A croire que j'avais une certaine tendance pour le masochisme. Bon, il y avait aussi la case « Oncle John à la maison » qui me donnait une autre bonne raison de déserter l'habitation de ma famille. Je détestais cet homme, il m'avait toujours mise mal à l'aise. Quand il me regardait, j'avais toujours cette impression qu'il m'attendait. Qu'il y avait un secret entre lui et moi que nous étions les seuls à connaitre. Mais non. Cet œil perçant qui m'enveloppait me soulevait le cœur depuis la plus tendre enfance. Je le rejetais sans qu'il n'ait jamais rien fait pour me déplaire, tout au contraire. Il m'avait toujours comblée de présents. Mais à tout bien y réfléchir c'était sa volonté de se faire aimer de moi à tout prix qui m'avait encouragée à le détester. Pensive, je me servis un grand verre d'eau agrémenté de sirop de menthe. J'étais fatiguée, la journée de cours avait été éprouvante, surtout avec ma quasi nuit blanche. Les leçons avaient passé à vitesse d'escargot, Matt m'avait superbement ignorée et j'avais planté un devoir surprise en biologie : c'était officiel, il me fallait un Edward Cullen pour que je puisse copier sur lui la prochaine fois. Je souris à cette remarque anodine et stupide, fouinant dans les placards afin d'y débusquer des biscuits que j'avais découvert en Espagne avec mes parents, quelques années auparavant, les « Oreo ». Après quelques minutes, je mis enfin la main dessus et me calais dans le canapé. J'avais une montagne de devoirs à faire et je m'en moquais totalement. On était vendredi soir et j'allais profiter de mon week end. Je pris la zapette et mis l'émission de télé réalité la plus stupide possible afin de me détendre. La débilité profonde des candidats me remontait le moral, c'était déjà ça.
Un nouveau feulement retentit dans le manoir suivit d'un autre, plus rauque. Damon venait de nouveau de remettre son frère en place. Je renonçais à descendre les voir : de 1 je ne voulais pas le voir dans cet état et de 2 je n'avais pas envie de croiser Damon.
Lorsque j'étais passée les voir à la pause de midi, Stefan m'avait effrayée au plus haut point. Des larmes roulèrent sur mes joues. Encore. Et cette fois ci, je frappais mon poing sur la table, m'arrachant un hurlement de douleur. Au moins désormais j'avais une raison de pleurer….
/ FLASHBACK/
J'étais descendue, malgré les recommandations de Damon. L'ainé des Salvatore vaquait à ses occupations, fouinant partout pour découvrir quel maléfice l'objet mystérieux pouvait produire. Et surtout pourquoi John voulait tellement mettre la main dessus. Je me reprochais d'aller en cours, le laissant seul dans cette quête. Certes, Alaric le prof d'histoire l'aidait un peu, mais je ne supportais pas de me sentir mise à l'écart. Je ne lui étais d'aucune aide et cela m'angoissait encore plus. Stefan aurait pu canaliser les colères de Damon lorsqu'il ne trouvait rien. Il aurait pu aussi veiller sur lui. Car quoi qu'ils en pensent tous les deux, ils formaient une équipe. Alors, craignant pour leur éternité, j'avais bravé mes incertitudes et mes craintes. Prenant mon courage à deux mains, j'avais fait face à ma plus grande peur : le regard fou de Stefan en sevrage.
Il paraissait calme, malgré cette lueur malsaine qui dansait dans ses yeux. Son visage si harmonieux et tendre était tendu. Ses muscles saillaient. On l'aurait cru bon pour l'attaque. Dans son marcel qui autrefois avait été blanc, il ressemblait plus à un monstre échappé de l'enfer qu'à l'ange que j'avais croisé à la rentrée. Le vampire blond redressa sa tête et huma mon odeur. Il sourit, et je ne pus savoir si c'était de joie ou d'envie. Sans doute un peu des deux. Après tout, j'étais son plat favori, une pochette de sang géante. J'enroulais mes mains autour des barreaux qui le gardaient prisonnier et murmurait avec autant d'assurance et de douceur que je le pouvais :
-« Bonjour Stefan. »
Aucune réponse.
-« Comment tu te sens ?»
De nouveau, aucun bruit de répondait à ma question. Je vis qu'une bouteille de sang animal se tenait entre lui et moi. Elle était pleine. S'il voulait se prouver qu'il pouvait supporter la tentation, il avait nettement fait ses preuves. D'un ton encourageant, je poursuivis en lui indiquant la bouteille de plastique :
-« Damon dit que tu dois boire ça. »
Il hocha la tête de gauche à droite afin de m'indiquer son renoncement à cette nourriture. Je continuais pourtant de l'encourager à boire.
-« Tu en as besoin, Stefan. »
Mon cœur battait douloureusement dans ma poitrine. Pourquoi ne se battait-il plus ? Pourquoi ? Voulait-il abandonner ? Ne jamais plus se nourrir d'animaux ? De plus, de jours en jours il s'affaiblissait. Bientôt il serait si faible que…
-« Tu ne peux pas vivre sans. » Arguais-je. J'étais certaine que l'annonce de sa mort le ferait réagir. Je ne m'attendais simplement pas à ce que ça soit dans ce sens…
Stefan releva son visage vers moi. Cette fois ci, il semblait plus calme et plus serein. Il m'adressa un triste sourire et contempla le plafond de longues minutes. Incapable de bouger, folle de joie de voir que l'homme que j'aimais existait encore sous cette enveloppe granitique, j'attendis qu'il s'adresse à moi. Sa voix mélodieuse s'éleva dans les airs et mes jambes faillirent se dérober sous moi. C'est à cet instant que je me rendis compte d'à quel point il m'avait manqué.
-« Je ne veux pas survivre. » Prononça-t-il, posément. Son timbre assuré m'alarma. Ma réponse fusa, d'une voix que je ne reconnaissais pas comme mienne, aigue :
-« QUOI ? »
Il avait détourné son regard de moi, ne nouveau muré dans ses certitudes et sa douleur. Mon cœur saignait, j'avais l'impression qu'on me l'arrachait méticuleusement.
-« Ne… ne dis pas ça… Stefan… s'il te plait… »
Stefan murmura doucement, de sa voix feutrée que j'aimais tant :
-« Je suis désolé, Elena. Je sais que ça te blesse. Mais c'est assez tout ceci.
-Je… Je ne comprends pas. » Balbutiais-je.
Il sourit, amusé.
-« Non, tu ne veux pas comprendre. Après ce que j'ai fait, ma… « vie » doit se terminer.
-Tu n'as rien fait d'aussi grave Stefan. Pas qui puisse mériter la peine de mort. » M'écriais-je, abimant mes mains sur le bois rêche et les barreaux rouillés de la porte. Je voulais tout envoyer valser afin de le rejoindre. Il devait changer d'avis. Il ne pouvait pas me laisser toute seule. Ca n'était pas juste. Stefan chuchota :
-« Ne pleure pas, Elena. Je veux que ça se finisse. »
Je n'en avais pas entendu plus. Face au choc de cette nouvelle mon corps m'avait poussé à m'enfuir le plus loin possible. J'avais gravi les marches quatre à quatre. Damon était rentré et m'adressa un regard plein d'incompréhension.
C'est alors que tout devint noir.
Lorsque je revins à moi, Damon semblait inquiet. Je me redressais vivement et il s'écarta à vitesse vampirique, rejoignant l'autre bout du salon. J'avais mal à la tête, elle me tournait toujours. Le vampire brun se cala tranquillement contre le mur et attendit que je revienne tout à fait parmi les vivants. Dès qu'il jugea que j'étais de nouveau « apte », il prit la parole.
-« Je t'avais dit de ne plus t'aventurer en bas.
-Je sais. »
Mes mains tremblaient. D'autres m'auraient prise dans leurs bras, mais pas Damon. Il se contenta de m'observer de son regard glacé. D'une voix tranchante et moqueuse, qui rompait tout à fait avec la douceur de celle de Stefan, il assena :
-« Il est juste dramatique. Il va pas se laisser dépérir. »
Face à cette assurance, j'eus envie d'y croire. Sans y parvenir.
-« Mais pourquoi il dirait ça ?
-Il se sent juste mal d'avoir blessé cette fille. C'est typique de Stefan de s'ériger en martyr. Ca passera. »
Une nouvelle fois, le ton n'appelait aucune remise en question. Et malgré tout, je continuais à douter. A avoir peur.
-« Vraiment ? Parce qu'il semble souffrir beaucoup »
Je ne pouvais pas enlever de ma tête le calme absolu que j'avais vu apparaitre sur le visage de Stefan quand il avait évoqué sa mort prochaine. De nouveau, l'ainé des frères Salvatore avait la parade.
-« Ca lui passera aussi. Dès qu'il se sera nourri.
-Je ne parlais pas simplement de douleurs physiques…. »
Damon baissa les yeux, mal à l'aise d'un seul coup et murmura :
-« Je sais de quoi tu parles. »
/FIN FLASHBACK/
Damon remontait de la cave, jurant dans sa barbe, d'humeur exécrable. Stefan avait du encore lui tenir tête et j'allais sans doute payer les pots cassés. Fatiguée, ne souhaitant pas subir une nouvelle joute verbale éreintante, je tournais la tête et fermais les paupières. Peine perdue, ma misérable condition d'humaine et la lenteur qui allait avec ne dupèrent pas le vampire. Amusé par ma vaine tentative, il murmura :
-« Ca marche peut être avec Stefan, mais pas avec moi Elena. Je suis un peu trop sournois et manipulateur pour qu'une apprentie me roule dans la farine.
-Je pouvais toujours essayer. Ca aurait pu fonctionner » Répliquais-je avec humeur. Damon éclata de rire avant de répondre :
-« J'oubliais votre plus précieux cadeau à vous, les mortels : L'espoir. C'est vrai qu'il fait vivre…
-Je ne veux pas te paraitre un tantinet revancharde mais…
-Oh t'inquiète Elena, je sais déjà que tu es revancharde… »
Il m'obligea d'un sourire éclatant tandis que je bouillais de fureur. Cependant je ne parvins pas à contenir ma pique :
-« Toi aussi ça t'a fait vivre l'espoir. Parce que ton espoir c'était de retrouver Katherine. Tu n'es pas si différent de ces humains que tu détestes tant ! »
Le brun hocha la tête avant de dire tranquillement :
-« Tu te fourvoies Elena. Je ne déteste pas les humains.
-Première nouvelle ! » Ricanais-je.
-« Je suis sérieux. Comment pourrais-je détester mes plats préférés ? »
Je claquais la langue avec humeur et bougonnais :
-« Tu es infernal !
-Oui. Je sais. C'est ce qui fait mon charme » Déclara t'il avec une folle désinvolture.
Pendant un long moment nous demeurâmes silencieux. Il avait entrepris de tripoter l'objet que Pearl nous avait remis et moi je regardais Brandon se consumer d'amour pour Carla mais cette dernière avait couché avec Nick et découvrait qu'elle était enceinte de son ex, Mitch. Les soaps sont décidément d'une débilité profonde mais qu'est ce que ça pouvait relaxer. Le cliquetis métallique m'insupportait au plus haut point mais je ne fis aucun commentaire. Il jouait avec mes nerfs et je n'avais aucune envie de lui montrer ne serais-ce qu'une fraction de seconde qu'il pouvait me faire ressentir quelque chose. Alors que l'épisode se terminait, je repris la parole, n'y tenant plus :
-« Tu as trouvé ce que c'était ? »
Damon releva son regard glacé tenant l'objet non identifié du bout des doigts comme s'il pouvait le blesser. Je me mordis la langue. Je m'étais promise pourtant de l'ignorer mais quelque chose m'avait poussé à lui parler. Le vampire fit une moue dont il avait le secret et marmonna :
-« Nope ! Mais quoi que ce soit, ça ne marche pas. »
J'hochais la tête, pas tellement convaincue mais espérant que mon compagnon ne se plante pas. Je notais :
-« C'est peut être mieux ainsi. Un ennui de moins à gérer.
-J'avoue que toi tu les accumules. » Me taquina le vampire avant de replonger dans son mutisme.
-« C'est ce qui fait mon charme » Grinçais-je et il ne put s'empêcher de sourire.
-« Touché » Commenta le brun puis il recommença à manipuler l'ONI (objet non identifié).
-« Pearl n'a pas dit un mot de plus à propos de cette chose ?
-Elle pensait voler la « boussole à vampire ». Elle n'a pas demandé son reste à ton arrière arrière et je sais pas combien de fois arrière grand père, Elena. Jonathan Gilbert était un savant fou, mais savant quand même. »
Un nouveau temps. Damon qui revint à moi. Il ne se perdait plus dans ses souvenirs, dans ses pensées. Il s'ouvrait à moi sans que je ne comprenne pourquoi. Une lueur de folie embrasait ses yeux. Désormais me parler l'intéressait.
-« Tu as parlé à ton oncle récemment ?
-Pourquoi pense tu que je passe ma vie ici, coincée avec un vampire en instance de sevrage et un autre complètement sadique ?
-Parce que t'aime les trucs étranges ? » Soupçonna t'il avec une parfaite naïveté.
-« Je l'évite. » Grognais-je. « Donc je squatte ici.
-Tu seras là encore cette nuit ? » Me questionna t'il d'une voix suave.
-« Damon. Arrête. Le deal.
-C'est vrai, j'oubliais. Les règles. Mais qui a besoin de règles hein ? » Se moqua t'il, plongeant son regard hypnotisant dans mes prunelles. « Non, je pensais plutôt à tes « égarement nocturnes »… » Murmura t'il en m'envoyant un clin d'œil entendu. Je rougis violemment. Ma gorge devint sèche et je sifflais :
-« Ca n'arrivera plus. Et les règles sont là pour être suivies.
-Ou transgressées»…
Nouveau silence. Deux lacs d'une profondeur incroyable me fixaient. Son sourire emballait mon cœur. Il me charmait contre mon gré et ses sous entendus salaces n'aidaient pas à m'apaiser. Je n'aimais pas me sentir aussi… tendue. Avec Damon ça avait été souvent houleux mais toujours évident. Aussi simple que respirer. Là il me rendait nerveuse. Et lui aussi me cachait quelque chose. Un nouveau progamme sur HBO. Rediffusions de « True Blood », saison 1. J'aimais bien cette série, avant. Quand les vampires n'étaient que des monstres imaginaires. La nuit avait bien avancée. J'avais faim, mais aucune envie de me lever. J'étais bien, dans mon canapé, Damon à côté de moi. Même s'il y avait de l'électricité dans l'air, j'avais peur de quitter la pièce. Mon odeur pourrait parvenir à Stefan et le torturer de nouveau. Je n'en avais aucune envie. L'épisode que je connaissais pas cœur défilait devant mes prunelles sans que je ne prononce une parole. D'ailleurs, nous n'avions pas prononcé un mot depuis des heures. Le vampire brun se redressa et quitta la pièce quelques secondes avant de revenir et de me tendre un sandwich. Je l'avisais, déboutée.
-« Je ne l'ai pas empoisonné, Elena. Crois-moi, si j'avais à te tuer, ça serait d'une autre façon…
-C'est sensé me rassurer ? » Le questionnais-je, narquoise.
-« Non. C'est juste un fait. Je ne gaspillerai pas ton sang. » Anonna le brun avant de se rassoir à mes côtés en poussant un profond soupir. Puis, il prit un verre sur la table basse devant lui et se servit une lampée de Vodka. Ce petit détail me fit frémir. Damon aimait le Bourbon. Il en buvait tout le temps au bar et même ici après des longues journées de traques ou de manipulation, pour se détendre. Jamais de Vodka. A Atlanta, il m'avait confié qu'il détestait le gout. Alors pourquoi…
-« Qu'est ce qui ne va pas, Damon ? » Je levais les yeux au ciel, maudissant ma curiosité et ce je ne sais quoi qui faisait que Damon, quoi qu'il fasse, m'importait. Je n'arrivais pas à me séparer de lui alors que c'était le mieux à faire. Le vampire haussa les épaules et s'écarta de moi tranquillement. Il n'aimait pas que je puisse le comprendre. A chaque pas qui nous rapprochait, il reculait de trois.
-« Déjà tes gouts pour les séries. » Ricana t'il. Je ne rentrais pas dans son jeu. Le vampire se rapprocha un peu plus de moi et passa son bras autour de mes épaules. Je me calais contre lui et papillonnais des cils, fatiguée. Ma tête roula. Ma respiration se fit plus lente. Un bruit métallique du verre qu'on repose sur la table. Je souris, contente qu'il n'éprouve plus le besoin idiot d'avaler un truc aussi infâme que de la Vodka pure. Un autre crissement, celui du plastique. Je rouvris mes yeux et avisais avec horreur qu'il buvait toujours, mais une chose brune. Je mis quelques secondes à comprendre que c'était du sang humain qu'il aspirait consciencieusement tandis que je me laissais aller entre ses bras. J'avisais le liquide avant d'éclater de rire.
-« Quoi ?
-Rien. Pendant deux minutes j'ai cru qu'on était normaux. Et puis il y a eu… ça ! »
Damon haussa les épaules et répondit :
-« La diète est terminée pour moi. Je ne peux décemment pas laisser tout ce sang frais se perdre…
-Ca serait dommage en effet… » Ris-je doucement.
Damon passa sa main dans mes cheveux, paisible. Sa respiration était lente, profonde. Les mouvements de son torse me berçaient doucement. J'étais dans mon cocon, protégée. A nouveau, à son contact, c'était comme si aucun drame ne s'était passé dans ma vie. Les blessures de mon cœur se refermaient en sa présence.
L'épisode se terminait. Sookie avait retrouvé son vampire après la mort de sa grand-mère et courait dans une robe de mousseline au devant de lui. Damon soupira ostensiblement :
-« Et là, elle se foule la cheville, fait un rouler-bouler et s'écrase dans les jambes de Bill le vampire au faciès de chien écrasé.
-Hey ! Qu'est ce que tu as contre ce pauvre Bill et Sookie ?
-A part que leur histoire d'amour est dégoulinante de bons sentiments et de sucre ?
-C'est une histoire d'amour. » Arguais-je.
-« Oui, j'avais saisi le concept. Mais pour moi toutes les histoires d'amour n'ont pas pour obligation d'être à pleurer de gnangnantisme. »
Il m'intéressait désormais. Jamais nous n'avions parlé d'amour tous les deux. Je me redressais et le regardais intensément.
-« Quoi, qu'est ce que j'ai dit encore ?
-C'est quoi pour toi aimer, Damon ? »
Sa superbe vacilla tout d'un coup. Il ne s'attendait pas à ça de ma part. Mais, rapidement, il se recomposa un sourire.
-« Je ne sais pas, Elena. On ne peut pas aimer, nous autre, les vampires.
-Stefan m'aime.
-Non. Ce qu'il apprécie en toi, c'est ton sang, ta voix, ton corps. Peut être même tout ça à la fois. Mais il ne t'aime pas. Parce qu'un vampire n'est omnibulé que par une chose : la soif et l' instinct qui le poussent à se nourrir.
-Ca fait deux choses donc… et puis, tu mens. Ou tu te voiles la face. »Murmurais-je à son oreille, sûre de moi. Il s'écarta de moi et répondit avec dureté :
-« Et toi, tu es une romantique, Elena. Je peux te jurer, main sur le cœur qu'un vampire peut désirer mais pas aimer, et là réside toute la différence. Je pense que tu l'as déjà expérimenté, dans ta vie d'humaine. Ne serait-ce qu'hier soir. »
J'allais répliquer mais ma phrase ne fut qu'un faible gargouillis. Je mis quelques temps à retrouver mes esprits avant de dire :
-« Matt… Je suis sortie avec lui donc…
-Ah, c'était donc Matt le Casanova d'opérette… » Sourit il, amusé. Je rougis violemment.
-« Qui voulais tu que ça soit d'autre ? »Le taquinais-je. Il haussa les épaules avec nonchalance :
-« Ma foi, j'en sais trop rien, après tout tu as l'art et la manière pour envouter tous les pauvres imbéciles qui t'entourent… »
Son regard croisa le mien pendant une micro seconde. Je lui faisais désormais face, sur le canapé en cuir noir, aussi noir que sa tignasse désordonnée. Il semblait tout à fait calme et serein, pas gêné le moins du monde.
-« Je tiens à te signaler que tu fais partie de mes proches, Damon.
-Tiens donc, je suis revenu en grâce ? » Fit-il, acide cette fois.
-« On a jamais eu une relation facile, toi et moi. On se blesse, on se déchire et puis tout rentre dans l'ordre…
-Jusqu'au jour où l'un de nous en aura assez et quittera la partie. » Avisa t'il tranquillement. Cette remarque me souffla. Penser qu'il ne puisse plus faire partie de mon monde me blessa mortellement et il n'en imaginait rien.
-« Avec Katherine non plus tu n'as jamais eu une vie facile…
-J'étais humain, à l'époque Elena. J'étais faible, fragile, déboussolé. Elle m'a asservi, détruit, dévasté. J'ai perdu des années à courir après un fantôme.
-Tu étais amoureux… »
Il ricana avant de reprendre :
-« Au bout de quelques années ça n'est plus qu'une habitude. Tu te répètes que tu « aimes » cette personne. Je pense que l'amour ne devrait pas être un sentiment valorisé, que tout le monde cherche à éprouver. En effet, c'est ce qui nous perd.
-C'est ce qui nous rend heureux aussi.
-Non. Jamais les histoires d'amour ne se passent comme on le voudrait. Regarde cette série. La fille se fait dépuceler par son vampire. Okay, je suis. Mais franchement, y'a très peu de premières fois qui se passent sur une fourrure avec un feu de cheminée en arrière plan. C'est tellement cliché. On aime des images, pas l'essence même de la personne. 1998, Titanic : Jack Dawson meurt en Atlantique Nord sous les yeux de milliers de jeunes filles en fleur, en voulant sauver Rose.
-Je ne vois pas…
-Pour toi c'est le sacrifice ultime. Mais au contraire, cette fin soit disant « sublime » n'est que le résultat d'un égoïsme incommensurable.
-Damon… » M'énervais-je, n'appréciant guère qu'il dénigre l'un de mes films préféré.
-« Enfin, Elena. Il meurt de froid. N'as-tu jamais pensé que si Rose était restée dans son canot, Jack aurait pu être en vie ? Qu'ils se seraient retrouvés ? C'est « l'amour » et l'intérêt personnel qui les ont menés à leur perte. Mais on ne voit que la beauté du geste ultime, du sacrifice. Pathétique ! Et après ça devient des valeurs, et on rêve sa vie plutôt de la vivre tout simplement. Prenons un autre exemple… Ah voilà, j'y suis. Elena, ta première fois, ça donnait ça ? Ce truc infâme qu'on voit à l'écran ? Où quelque chose d'imparfait qui en réalité faisait de ce moment un instant proche de la perfection, paradoxalement.»
Il attendait une réponse. J'aurais du vouloir me défiler, tenter par tous les moyens de lui faire oublier cette question. Et pourtant, je ne le fis pas. Je n'en avais jamais parlé à personne et finalement c'était un soulagement d'en parler à quelqu'un. Jamais je n'avais évoqué cet épisode de ma vie de femme. Même pas avec Bonnie. Je n'en avais jamais eu l'occasion.
Et encore moins avec l'intéressé puisque tout avait changé dans ma vie peu après.
-« C'était avec Matt. Le jour où mes parents sont morts. A la fête. Dans la chambre d'amis. Et c'est vrai, ça n'avait rien à voir avec ça. » Souris-je, tendrement. Je ne regrettais pas le moins du monde ce moment là de cette journée. J'avais choisi. Ca avait été parfait à sa manière. Damon avait raison. On s'était frôlés, désirés. Il y avait eu de la maladresse, de la tendresse, de la fièvre. Il s'était empêtré dans son pantalon, n'avait pas réussi à dégrafer mon soutient-gorge. J'avais eu toutes les peines du monde à déboutonner son Jean, je m'étais tordue la cheville avec mes talons vertigineux. Et ça n'avait jamais eu vraiment d'importance. Au contraire, ça avait rendu tout beau. On était amoureux et ça m'avait semblé naturel. On aurait pu faire ça dans les bois ou sur un cactus que ça aurait toujours été bien. Après tout c'est toujours bien quand on aime la personne, non ? Me forçant à me tirer de mes rêveries, je le questionnais à son tour.
-« Et toi, la première fois ?
-Une catin. J'avais quinze ans. Cadeau de mon père. Ce fut…
-Traumatisant ? Inattendu ?... Court ? » Ricanais-je. Il grimaça et me lança un « très drôle, très spirituel Miss Gilbert » avant de reprendre son sérieux :
-« Non c'était… dérangeant. Justement parce que je n'avais jamais imaginé ça comme ça. Je savais comment ça « marchait » si on peut dire, mais je n'avais pas eu tellement de plaisir. Avec le temps et la pratique, j'ai découvert certaines choses plus agréables. Et puis il y a eu Katherine… » Souffla t'il et ses yeux roulèrent dans leurs orbites.
Il murmura avec douceur, une douceur que je ne lui connaissais pas :
-« Elena, j'ai quelque chose à te dire. C'est très important…
-Tu as aimé Katherine. C'était celle qui allait te transformer. Ton « maker ». Le lien qui vous unit, elle, Stefan et toi…
-N'utilise pas des mots que tu ne peux pas comprendre, Elena.
-Damon, tu as aimé, tu aimes et tu aimeras, quoi que tu en penses ou en dises.
-N'utilise pas des mots que je ne peux pas comprendre ». Me répondit-il, un peu trop brutalement. Au bout d'un moment, il souffla :
-« Ca va aller si je m'en vais ? Je dois faire une course avec Alaric…
-Tu le fréquentes pas mal en ce moment… Est-ce...
-Le jour où je virerai gay Elena, promis tu seras la première avertie.
-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire… Vous êtes… amis ? » Le questionnais-je, vraiment étonnée. Il ricana puis reprit son sérieux et susurra :
-Je n'ai pas d'amis, Elena » Il se détourna de moi, enfila son blouson en cuir noir, poursuivant sans se retourner « Bonne soirée avec Stefan le dépressif. »
Il quitta la pièce avec une rapidité qui m'étonna. Il rompait l'harmonie et la douceur qui s'était instaurée entre nous. Damon fuyait le bonheur. Et il était difficile d'aimer quelqu'un qui avait une si piètre opinion de lui-même. Car sous le masque froid et calculateur, sous la rancœur, la colère et la cruauté, il y avait un jeune homme bien. Il se parait de tous les artifices pour ne plus se rapprocher des autres. Sa misanthropie soulignait sa pire phobie la peine. Damon ne voulait plus souffrir. Il ne voulait plus rien sentir. Il avait glacé son cœur quand il s'était senti trahi avec Katherine, avec Stefan même. Et avec moi. Car j'avais bien le pressentiment qu'à mes côtés, il goutait un peu à la simplicité de la vie d'humain. Le vampire criait haut et fort qu'il aurait adoré planter ses crocs dans ma jugulaire. Je souris face à cette affirmation. Damon me mordrait peut être un jour, mais jamais il ne me tuerait : je possédais quelque chose qui lui appartenait. J'avais fait renaitre en lui un objet qu'il avait enterré et ignoré de longues années durant. Quelque chose qui lui faisait peur. Qu'il ne se sentait pas la force d'affronter. Je repoussais tranquillement la poche de sang et quittait le canapé. Tranquillement je descendis les marches qui me conduisaient à la cave de la maison des Salvatore. J'avais réussi à faire ressurgir du vampire le plus sanguinaire du coin un peu de bonté. Alors je n'aurais sans doute pas trop de difficultés, maintenant que je savais ce que je voulais, à remettre Stefan dans le droit chemin. Car, quoi qu'ils en disent tous les deux, j'en étais certaine maintenant. J'étais celle qui leur avait révélé leur bien le plus précieux. Damon le fuyait, Stefan courrait après.
Leur humanité.
Stefan rit quand il sentit mon odeur lui chatouiller les narines. Je rassemblais tout mon courage pour lui parler. Pour le faire changer d'avis. Je ne pouvais pas me rater. J'allais ouvrir la bouche quand mon amoureux m'arrêta.
-« Tu sais que Damon ne m'a pas donné de verveine depuis un sacré bout de temps. »
Un temps. Les battements irraisonnés et irraisonnables de mon cœur. J'ai peur. Je l'aime. Et l'un dans l'autre ça me rend folle. Je respire profondément mais je sais que ça ne servira à rien. Je ne peux pas changer mes sentiments. Je dois faire avec, tirer profit de ces faiblesses. Je vais y arriver.
-« Je pourrais être à ces barreaux en moins d'une seconde et te vider de ton sang. »
Malgré moi je frissonne. J'ai envie de m'enfuir, très très très loin de cette sinistre cave et pourtant je tins bon. Ca serait trop facile. Il doit savoir qu'il fait le mauvais choix. Qu'il n'avait pas le droit de me laisser l'aimer et de s'enfuir juste après. C'était égoïste et injuste. Alors je reste, j'ancre mes pieds dans le sol, je reçois les coups, les encaisse mais ne fuis plus. Je grinçais entre mes dents :
-« Oui, tu pourrais. Mais tu ne le feras pas.
-Elena, s'il te plait, pars. Je ne veux pas de toi ici. » Murmura t'il, douloureusement. Il faiblissait. Il craignait que je puisse le faire changer d'avis. Je m'accrochai à cette certitude comme une noyée à son bout de bois.
Le loquet me tendait les bras. Sans réfléchir, je l'ouvris. Je savais exactement ce que je voulais: l'aider. Je voulais qu'il vive. Je voulais qu'on s'aime et qu'on soit heureux, tous les deux. Alors tant pis, si je devais le perdre autant me perdre avec lui.
-« Qu'est ce que tu fais ? » Glapit Stefan. Il se recroquevilla, masquant à mes yeux son corps d'éphèbe. Dominatrice, j'ordonnai :
-« Sors d'ici. »
Stefan commença lui aussi à s'échauffer. La réponse cingle :
-« Non. Je pourrais te blesser. »
Je haussais les épaules avec effronterie et m'agenouille devant lui.
-« Alors je suis une folle stupide et suicidaire. »
Je me saisis de la bouteille pleine de sang et m'approchais de Stefan, la lui tendant. J'étais déterminée. Il n'aurait pas d'autre choix que de boire. Quitte à ce que je m'ouvre les veines devant lui. Mon envie de le garder vivant pouvait m'entrainer à faire des choses incroyablement stupides.
-« Elena…
- J'ai dis BOIS ! » Dis-je en haussant le ton.
Un éclair de colère embrasa les prunelles chocolat de Stefan et il se redressa avec une vitesse impressionnante, envoyant valser le sang et moi avec. De nouveau j'étais confrontée à la violence du Stefan vampirique. J'étais anesthésiée, mais préparée, contrairement à la première fois. Plus de peur. Seulement de la détermination. Qu'il advienne de moi ce qu'on voulait, Stefan devait reprendre sa vie.
-« Et moi j'ai dit dehors !
-NON ! » Dis-je froidement. Je reculais d'un ou deux pas et croisais paisiblement le bras. Mon air farouche et déterminé déstabilisa quelque peu mon vampirique amoureux. Sa colère fut tranchée net. Ses yeux redevinrent normaux. Ses crocs se rétractèrent. Ses muscles se détendirent. Nous nous toisâmes quelques secondes puis il rendit les armes. Des milliers de papillons s'envolèrent dans mon ventre. J'avais envie d'éclater de rire et de pleurer tout à la fois. J'avais gagné la partie, il me laissait lui parler.
Je souris, tendrement, certaine que Stefan verrait le jour se lever en dehors de sa prison ferrée.
OoOoOoOoOo
POV Damon
Alaric était un type bien. S'il n'était pas un chasseur de vampire et si je n'avais pas transformé sa femme en vampire, je suis certain qu'on aurait pu s'entendre. Devant nous gisait le cadavre d'un des miens. Il s'était allié à John. J'avais désormais la certitude que l'oncle d'Elena agissait dans l'ombre afin de me nuire, ainsi qu'à Stefan. Dans cette grande maison vide, mon comparse s'assit et prit une bière dans le frigo, sans doute destinée à John. Il la décapsula avec calme et avala une gorgée du liquide avant de s'assoir sur un tabouret de la cuisine.
-« Qu'est ce qu'il y a, Damon ?
-Je me disais que ta femme avait peut être eu tord de devenir un vampire. »
C'était méchant de lui rappeler que j'étais l'instrument du plus douloureux moment de sa vie. Mais après tout, je n'étais que ça. De la cruauté à l'état pur. Il se rembrunit mais ne commenta pas. Je poursuivis :
-« Si elle avait vu que t'étais une sorte de « Blade » je suis certain qu'elle serait restée. Les filles adorent les super-héros.
-Et toi les poupées gonflables. » Ricana le professeur d'histoire. Je grognais, indiquant mon mécontentement face à cette blague minable.
-« Damon, on est dans une impasse. John est futé, il verrouille tout. Chaque personne est une composante d'un puzzle mais on n'arrive pas à voir le dessin final. »
Quand je vous disais qu'il avait quand même un sacré bon sens. Navarro et Derrick à lui tout seul !
-« Bah, on trouvera. Je m'en voudrais pas à ta place pour ce cuisant four. C'est pas comme si t'étais pas habitué aux enquêtes… » Me moquais-je. « Après tout, tu pensais qu'on trouverait quoi ici ? Isobel en nuisette avec de la crème fouettée et des fraises ? »
Alaric cherchait toujours sa femme. Sa femme qui était la mère d'Elena. La mère d'Elena que j'avais transformée en vampire. La vampire qui avait écartée sa fille quand celle-ci avait voulu lui téléphoner. L'irlandais avait pisté le numéro et était remonté à cet endroit où finalement j'avais fait la seule chose que je faisais bien : détruire des vies.
Alaric partit dans un petit rire nerveux et couvrit son visage. Il semblait gêné. Gêné d'avoir espéré. Espéré qu'elle puisse encore l'aimer. Mais Isobel ne reviendrait jamais. J'en avais l'intime conviction. Parce qu'on était des vampires et que la seule chose qu'on pouvait offrir c'était un cœur sans vie, un corps glacé et la mort, tout simplement, au bout du compte.
-« Oh, tu sais, je crois que je devrais arrêter tout ça.
-Tout ça quoi ? » M'enquis-je, inquiet qu'il me laisse dans la panade. Parce que s'il pensait s'en sortir comme ça, il me mettait le doigt dans l'œil et jusqu'au cerveau. Même si je devais le droguer à mort, il m'aiderait à sauver Elena, Stefan et toute la ville du plan que je soupçonnais diabolique de John.
-« Je ne peux pas continuer à la chercher… »
L'ironie et le sarcasme, mes deux plus fidèles amies revinrent au galop et je lui répondis :
-« Sérieux ? Tu jettes l'éponge, après quoi… Deux ans de recherches. C'est un peu court… et modérément sain…
-Dit celui qui a cherché une fille pendant plus de 145 ans. » Ricana le professeur. J'hochais la tête. Le sous entendu me rappelait ma conversation avec Elena à propos de l'amour. Qu'est ce qu'ils avaient tous à penser que je pouvais être amoureux ? Il fallait que je songe sérieusement à redevenir méchant. Je n'aimais pas Katherine. Je la voulais. C'est différent. Avec détachement, je poursuivis la mauvaise blague :
-« Je m'étais dit que 200 était un bon chiffre. »
Un nouveau rire plus détendu de la part d'Alaric. Un regard confiant. Je n'étais pas un homme à faire confiance, mais ce type n'était pas du genre à trahir.
-« Ta femme… Elle m'avait charmé. Isobel… Elle était intelligente. Vive. J'aurais du voir qu'elle était différente. »
Je ne mentais pas pour lui faire plaisir. Isobel avait éveillé de l'intérêt dans mon cœur (et dans mon corps) mort. Alaric coupa court à mes réflexions, se levant prestement et regagnant sa voiture. Je le suivis, sans jeter un dernier regard à la maison.
Après de longues minutes de silence opaque, l'humain reprit la parole :
-« Pourquoi n'as-tu pas transformé Elena ?
-C'est à Stefan de le faire.
-C'est faux. Il ne voudra jamais.
-C'est sa copine.
-Mais tu adores faire enrager ton frère. Et là, tu le ferais sortir hors de ses gonds. »
Alaric n'avait pas tord. J'avais voulu la tuer tout d'abord, cette misérable petite fille. Puis je l'avais convoitée parce qu'elle appartenait à Stefan. J'avais songé à la transformer avant de rejoindre Atlanta. Je l'aurais d'ailleurs fait si elle avait été gravement blessée. Et puis, cette virée, là où elle avait choisi de sauver ma vie… Ca avait été un électrochoc. On était devenu ce jour là, amis à la vie à la mort. Et Elena avait cessé d'être seulement l'enjeu ultime d'une guerre fratricide. Elle avait pris une toute autre ampleur. Mais ça, personne, pas même elle, pas même moi ne devait en avoir conscience.
-« Qu'est ce que tu essayes de me faire dire, Alaric ?
-Rien. J'essaye de te comprendre. De savoir quelles sont tes motivations. Sauver Elena peut être ?
-C'est le truc de mon imbécile de frère. Le rôle du chevalier blanc n'est pas pour moi. » Crachais-je, dégouté. Alaric haussa les épaules, paisible :
-« Tu as choisi le mauvais rôle. Celui du mauvais garçon.
-Le côté obscur de la force.
-Y'a de ça, oui. » De nouveau l'habitacle resta silencieux quelques minutes. « Damon, pourquoi avoir choisi ce camp ? »
Je voulus lui répliquer que je n'avais pas eu le choix. Que ça avait été plus fort que moi. Mais non. J'avais tout anticipé, tout manigancé. Si j'étais immortel alors autant faire ce que tous les gens immortels peuvent faire : en premier lieu s'abolir de la justice et de la morale des hommes qui ne nous atteignent plus.
-« Le mal, c'est quelque chose de toujours possible. Et le bien, c'est quelque chose d'éternellement difficile. »
La voiture s'arrêta devant le manoir. J'étais de nouveau à la maison. L'odeur d'un feu de cheminée chatouilla mes narines. J'avisais la cour et aperçus qu'Elena n'avait pas déserté cette nuit encore. Un sourire stupide aux lèvres, heureux sans en comprendre réellement la cause, je passais le perron de la porte. L'odeur violente et lourde du sang de la petite humaine me donna le tournis. Je me recomposais un faciès détaché et froid. Cynique aussi. Jamais je ne pourrais être normal avec Elena parce que ça la conduirait à sa perte. Et à la mienne par la même occasion. Elle écrivait tranquillement son journal intime. C'était bien un truc de filles ça ! Quoique Stefan lui aussi en tenait un… Au temps pour moi, je ne m'étais pas trompé : un truc de filles. Modulant ma voix pour qu'elle ne puisse pas entendre que j'étais content qu'elle soit là, je dis, cassant :
-« Bon sang ! T'es toujours là ? Je vais devoir investir dans une tente !
-Tu t'attendais à autre chose ? » Lâcha t'elle avec mauvaise humeur.
-« Oh, une ou deux strip teaseuses auraient pu m'enchanter. Mais à défaut, je suis certain que je pourrais me contenter de tes talents » Me moquais-je, tandis qu'elle piquait du fard. Je la rejoignis sur le canapé du salon qu'elle affectionnait tant. Elle avait refermé son journal avec humeur :
-« Dans tes rêves Damon »
Je passais ma langue sur mes lèvres, faisant miroiter par la même occasion mes quenottes. Elle m'observait sans frémir. Assis à côté d'elle, sentant son odeur enivrante, je décidais de parler afin de me détourner de la tentation qu'étaient sa jugulaire et sa fémorale. Badin, je demandais :
-« Stefan à mangé ?
-Je pensais que tu t'en moquais. » Remarqua t'elle durement. Je fis une moue de pauvre petit gamin triste et répliquais :
-« Mets ça sur le compte de ma désormais célèbre curiosité morbide.
-Je pense que je l'ai convaincu. Mais il se sent coupable. Et le fait que tu l'aies puni pendant plus d'un siècle et demi n'aide pas les choses… »
oOoOoOoOoOo
POV Elena
Damon me dévisageait comme si je venais de le gifler. Enfin comme si un vampire venait de le gifler parce que moi avec ma misérable puissance d'humaine, mon coup de poing se serait avéré être une caresse. Enfin, bref, je lui avais coupé le sifflet et il semblait trouver que j'étais injuste. Ses sourcils s'étaient courbés, il avait penché sa tête sur le côté comme un cerf blessé.
-« Ca va être de ma faute maintenant ? » Cracha-t-il, s'écartant de moi avec violence. Je l'avais blessé. Et je m'en voulais, même si je ne comprenais pas ce qui le froissait. Je n'avais fait qu'évoquer une réalité Souhaitant me rattraper j'enchainais :
-« Non, ce n'est de la faute de personne. Je dis juste que tu n'es pas tout blanc dans cette affaire. »
Damon semblait tomber des nues. Serait-il possible qu'il ait un bon fond ? Que jamais il n'ait voulu cela ? Qu'il voulait juste avoir son frère pour lui tout seul ? Sa bouche s'ouvrit, formant un « O » d'indignation. Je poursuivis, avant qu'il ne me coupe.
-« Tu t'es donné pour mission de le rendre malheureux. »
Cette fois ci, Damon ne tint plus. Il se redressa et décida de me faire face. Il semblait menaçant. J'avais appuyé là où ça faisait mal. Très mal d'ailleurs. Tant pis. Je voulais savoir pourquoi l'ainé adorait pourrir la vie du cadet. Glacial, Damon me demanda :
-« Laisse moi te poser une question, Elena. Dans cette recherche d'âme et ce nettoyage des démons du passé de ce charmant et oh combien parfait Stefan, t'as déjà essayé d'avoir toute l'histoire ? »
Les mains de Damon tremblaient. Sa voix trahissait une violente émotion. Il était hors de lui, d'une colère froide et venimeuse que je ne lui avais jamais connue. Un déclic se fit dans ma tête.
-« Il a dit qu'il y avait… plus ? »
Victorieux, Damon se tendit, comme s'il allait passer à l'attaque. Un sourire maléfique s'accrocha à ses lèvres et avec une lenteur calculée, me glaçant sur place, il reprit :
-« C'est un euphémisme. »
Puis, il tourna les talons et je compris qu'il allait de nouveau fuir la conversation. Je me jetais sur lui, courant pour le rattraper. Je le retournais, l'obligeant à me faire face. Il affichait une nonchalance qui m'énervait au plus haut point mais je me gardais d'en faire le moindre commentaire.
-« Dis moi, Damon. Dis moi l'histoire ».
Le regard du vampire brun devint vitreux. Il ne m'écoutait plus, se plongeant dans des souvenirs douloureux, muré dans le mutisme. Puis vint l'explication.
C'est avec horreur que je vis dérouler comme dans un film la fin de la transition de Damon. Stefan revenant avec la fille. Stefan encourageant son frère à la boire. Stefan arguant les bienfaits du vampirisme. Le sang. La lutte. Et enfin le renoncement.
C'était Stefan qui avait poussé Damon à devenir un vampire. Je comprenais la culpabilité de mon amoureux : il avait engendré un monstre. Et je comprenais aussi Damon : il avait du vivre sans celle qu'il avait aimé et pour laquelle il était prêt à tous les sacrifices. Il n'y avait pas de gentils ou de méchants dans cette histoire, seulement des victimes innocentes. La voix de Damon me sorti des méandres de mon imaginations.
-« Je devrais peut être le remercier. Après tout, ce fut un trip d'enfer. »
Damon s'était versé un verre de Bourbon. Il le porta à ses lèvres paisiblement, geste qui m'était devenu coutumier.
-« Oh mon dieu…
-Il n'a rien à voir avec ça.
-Damon, s'il te plait, sois sérieux. Stefan a dit qu'il voulait mourir. »
Le vampire brun venait de vider cul sec son verre et s'en servait un autre, indifférent à la tragédie qui se tramait autour de lui. Ses prunelles couleur brumes étaient ailleurs et tranchaient comme des couteaux. Il était redevenu un prédateur, un être vil et sans cœur. Il me lança un regard réfrigérant et assena :
-« C'est son choix. S'il est assez stupide pour le faire, alors… »
Un nouveau verre. Une nouvelle rasade. Un tintement de verre sur la table de noyer. Ses yeux dans les miens et cette atroce vérité :
-« Qu'il en soit ainsi. »
J'étais énervée. Je voulais lui faire ravaler sa superbe. Acerbe, je répliquais :
-« Ne fais pas ça, ça marche plus avec moi. Ne fais pas comme si tu t'en fichais.
-Et toi cesses de penser que je peux être quelqu'un de bien. Parce que je ne le suis pas Elena ! » Tonna t'il en envoyant valser son verre en cristal contre le mur. J'hoquetais de stupeur. Damon restait un fauve. Une main de fer dans un gant de velours. Dès que le choc fut passé, je m'époumonais :
-« Excuse-moi d'avoir été stupide ! Excuse-moi d'avoir cru en toi ! Excuse-moi de m'être attachée à toi. Excuse-moi d'avoir voulu bâtir quelque chose avec toi ! A près tout, tu as tout gagné. J'en ai fini, Damon. Tu ne voulais pas qu'on se détruise, c'est ce que tu m'avais dit après ce foutu baiser. Et bien tu es tombé à côté. »
Je quittais le salon, les larmes aux yeux, cherchant du réconfort auprès de l'autre frère Salvatore.
Arrivée devant la porte de la cave, je vis qu'elle était ouverte et que Stefan avait déserté. Folle de frayeur, je remontais précipitamment à l'étage, pensant y trouver de l'aide, en la personne de Damon. Car malgré mon coup d'éclat, j'étais certaine que pour son frère il me viendrait en aide. Le brun était aux abonnés absents. Je poussais un abominable juron et allais en toute hâte à ma voiture. Si Stefan voulait en finir il le ferait là ou tout avait commencé. Damon n'avait pas tord, son frère aimait la théâtralité. Et je savais où je devais me rendre grâce au vampire brun. J'y fonçais donc, vérifiant si j'avais bien sa bague en Lapis dans ma poche. Le trajet me sembla durer des heures. La musique de Lady Gaga vrombissait dans mes oreilles, entêtante . J'accélérais. Tant pis pour les flics, si j'en croisais un je poursuivrais ma course. Je devais sauver Stefan. Il ne pouvait pas rencontrer le soleil et brûler comme un feu de la saint Jean.
Je l'aperçus sur le rivage. Morte d'inquiétude, je claquais la portière et dévalais les coteaux. Je me pris les pieds dans une racine et terminait ma course en roulant sur le côté. Mon amoureux s'était retourné, étonné et alerté par mon attitude. Les genoux en sang, les bras écorchés, je me redressais aussi fièrement que possible et lui soufflais tendrement :
-« Damon m'a raconté la fin de l'histoire. J'ai pensé que je te trouverais ici. Je n'ai pas eu tord, apparemment. » Avançais-je timidement.
Stefan me dévisageait. Il était divin ainsi sous le clair de lune et j'eus l'impression qu'un ange m'apparaissait une nouvelle fois. L'éphèbe murmura :
-« J'aurais du mourir cette nuit là. C'est ce que j'avais voulu… Et j'aurais dû laisser mourir Damon » Termina t'il, douloureusement. Sa respiration s'était faite plus hachée, il avait fermé ses yeux comme pour fuir la réalité. « Chaque vie perdue, chaque personne blessée… c'était ma faute. »
Je regardais avec minutie mes pieds, mal à l'aise. Puis, décidée à lui sauver la vie coûte que coûte, dans le but purement égoïste de le garder à mes côtés, je lui avouais :
-« La nuit où mes parents sont morts, j'avais lâché une fête de famille pour aller à une soirée entre copains. Sur le retour, je me suis égarée en voiture et je suis tombée en panne. Ils sont venus me chercher. C'est comme ça qu'on s'est retrouvé sur ce pont. Et qu'ils sont morts. »
Des larmes perlèrent sur le bord de mes yeux. Jamais je n'avais dit à personne ce qui m'avait tellement rongée les premiers temps. La culpabilité.
Stefan m'observait, visiblement désolé pour moi, mais aussi très touché. Sa détermination semblait vaciller. Je n'avais plus d'autre choix que de continuer ma démonstration. Lui prouver à quel point il avait tord.
-« Ce sont nos actions qui mettent en route toutes ces choses, mais on doit vivre avec. Si tu étais mort ce soir là, alors moi aussi j'aurais péri avec mes parents. Tu as peut être enlevé des vies, Stefan. Mais tu as sauvé la mienne. » Soufflais-je avec tendresse. Il me couva du regard et sourit, apaisé. Puis il fuit mon regard et inspira profondément. Il allait me donner son point de vue sur les événements.
-« J'ai fait un choix, Elena. Et ce choix est une torture. Ne pas boire d'humains, ça me ronge. Ca m'affaiblit. Et j'ai craqué. Et j'ai peur qu'un jour, je recommence à nouveau. Sauf que là il n'y aurait personne pour m'arrêter. Un jour, je ne serai plus capable de résister à la tentation, Elena.
-Tu y arriveras. » Répliquais-je, du tac au tac, assurée.
-« Tu n'en sais rien » Murmura mon amoureux. Il avait raison mais je refusais de baisser les bras. Il ne pouvait pas me laisser toute seule. Pas après m'avoir aidée à me reconstruire, pas après toutes ces épreuves que nous avions endurées ensembles ! Je sortis sa bague «magique» de mon Jean et la déposais à plat dans ma main. Emue aux larmes, je dis :
« -Ce que je sais, c'est que tu peux prendre ça, la jeter dans la rivière et attendre que le soleil se lève. Ou, avec du courage, tu peux prendre cette bague, la mettre à ton doigt, te battre comme un forcené et vivre. »
Tremblante, je lui remis sa bague protectrice et attendit qu'il me fasse part de sa décision. Mon cœur battait fort dans ma poitrine, tellement fort que j'en avais mal. On aurait cru qu'il voulait sortir de mon corps. Stefan affichait sa tête de garçon qui souffre. Je déposais un tendre baiser sur ses lèvres afin qu'il comprenne que quoi qu'il fasse, je ne lui en voulais pas, mais que je l'aimerai toujours et que j'avais besoin de lui. Néanmoins, je trouvais la force de murmurer :
-« C'est ton choix. Pas le mien. Agis selon ta conscience. »
Stefan me contemplait, plus perdu que jamais. Il apprenait une dernière fois mon visage, mes courbes. Ses prunelles tristes semblaient ne pas se rassasier de ce qu'elles voyaient. Aux portes du trépas, malgré les affres de la douleur, Stefan me semblait tellement vivant. Déchirée, je décidais enfin de m'éloigner de lui. C'est sans me retourner que j'allais rejoindre ma voiture, les larmes aux yeux. J'allais de nouveau perdre quelqu'un que j'aimais. Qu'avais-je fait pour mériter ça ?
J'avais gravi presque la moitié de la pente lorsqu'il m'arrêta :
-« ELENA ! »
Je me retournais vers lui et vit avec bonheur qu'il enfilait sa bague. Il semblait déterminé et une bouffée de joie s'empara de moi. Pas de deuil en ce jour, Miss Gilbert.
En quelques enjambées, Stefan fit voler en éclats l'intolérable distance qui nous séparait et c'est avec toute l'énergie du désespoir mêlé à la passion qu'il écrasa ses lèvres sur les miennes. Ce fut un baiser tumultueux et enfiévré, comme il ne m'en avait jamais donné. Et étonnement voluptueux. C'est avec un plaisir incroyable que je le reçus, certaine que désormais le pire était derrière nous.
OoOoOoOoOo
POV Damon
J'avais suivi l'odeur d'Elena et elle m'avait menée tout droit à la clairière. Après notre dispute, j'avais couru chez un fleuriste, avant de m'apercevoir qu'il était bien trop tôt (ou trop tard) pour acheter un bouquet. Je sais, c'est tellement cliché. Et vieux jeu. Mais ce qui fait que les choses deviennent des clichés, c'est qu'ils ont très bien marché. Bref, des fleurs et un mea culpa s'imposaient. Les paroles d'Elena m'avaient touchées. Je ne savais pas ce qui se passait entre elle et moi, mais ça nous poussait à nous détruire. On se déchirait autant qu'on s'appréciait. Elena n'était pas simplement une humaine. C'était aussi une… « amie »?
J'avais confiance en elle. Je me confiais à elle. Elle m'importait.
C'est alors que je les vis, ensemble. Ils se bécotaient. D'abord il y eut du soulagement. Stefan allait boire, donc vivre. Et puis, une douleur fulgurante dans tout mon être. Une vague de haine et de désespoir que je n'avais pas vue venir et qui me coupa les jambes. Mais qu'est ce qui m'arrivait ? Pourquoi avais-je l'envie mortelle de trucider mon frère ? Pourquoi me sentais-je désormais vide et de trop ? Pourquoi n'avais-je qu'une envie, celle de fuir et de mettre le plus de distance entre ce couple trop parfait et moi ? Ils avaient toujours été ensembles, ils étaient faits l'un pour l'autre et j'adorais notre ménage à trois tumultueux. Alors pourquoi étais-je ainsi ?
Un feulement s'échappa de ma poitrine. La rose blanche que j'avais cueillie au manoir pour Elena tomba à mes pieds. Mon cœur se brisa en mille morceaux. Mon échappée au paradis venait de prendre fin. Demain je retournerai dans mon enfer personnel. Seul. Je redeviendrai ce que j'avais toujours été. Et même si longtemps j'y avais aspiré, désormais je n'arrivais pas à me contenter de ce retour à la normale. Elena avait pris de l'importance dans ma vie. Je ne pouvais pas renoncer à elle. Pas comme ça. Je ne voulais pas qu'elle m'échappe. Et pourtant je devais renoncer. Je tournais les talons, dépité et commençais à courir. Dans les bois, l'ombre fugace d'une femme ressemblant étrangement à Elena attira mon attention avant que je ne chasse cette image de mon esprit. La petite humaine me rendait fou et faible. Je redoublais de vélocité, souhaitant oublier cette douleur qui brûlait ma poitrine et dont je ne connaissais pas le nom. Je ne reviendrai plus à Mystic Falls. Elena avait retrouvé son vampire, elle n'avait plus besoin de moi. Elle pouvait aimer mon frère et reprendre le fil de sa vie, jusqu'à ce qu'ils décident tous les deux de sauter le pas et de devenir deux immortels. Oui, je courrais en espérant ce dénouement heureux pour eux, loin des tracas.
Un rire argentin tinta à mes oreilles m'obligeant à me retourner. J'aperçus l'ombre de tout à l'heure se pencher et humer la rose. Pensant que j'étais décidément devenu fou, je filais sans me retourner, sûr de la sécurité d'Elena.
Je n'aurais pas du.
oOoOoOoOoOo
Voilà voilà voilà !
Comme je n'ai pas de Bonnie, n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !
De plus… C'est mon seul salaire ! :D
La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.
A très vite
Mille Morsures !
Eléa Telmar.
