Bonjour amis lecteurs, en attendant la fin du Hiatus de la saison 2 de Vampire Diaries, je vous livre le chapitre 5 de cette fic (sachez que le 6 est écrit et que je suis entrain de me mettre très sérieusement au 7, dont le canevas est bien avancé). La fic au total, ça y est compte donc 1 prologue, 10 chapitres et un épilogue.

Je tiens encore à remercier les reviewers (et les lecteurs) pour leurs petits mots, leurs encouragements qui sont le seul salaire de nombreuses heures d'écriture et aussi de décortication des scènes de la série. Je suis touchée de voir que vous suivez toujours malgré les mises à jours très… espacées.

Bonne lecture (ATTENTION CHAPITRE LONG)

Morsures !

Votre dévouée auteur,

Eléa Telmar.

Chapitre 5 : Faire le premier pas

POV Elena

Les derniers jours avaient été mouvementés. J'avais l'impression d'avoir été en apnée pendant tout ce temps. Et me noyer en plein cauchemar. D'abord, il y avait eu Isobel… Ma mère. Enfin ma mère biologique. Elle avait débarqué, du jour au lendemain, pour me voir. Ca c'était ce qu'elle avait présenté, officiellement. Et j'avais voulu la croire. Vraiment.

Quelle cruche !

Pour une fois, j'aurais mieux fait d'écouter la « voix de la conscience » en l'occurrence Damon Salvatore. Oui oui, vous avez bien entendu, je parle bien du même gars toujours habillé en noir, cynique, cruel, sadique. Et donc qui donne aussi de bons conseils. Si c'est pas un scoop ! Monsieur Saltzman m'avait convoquée dans son bureau alors que nous préparions les chars pour la fête de fin d'année. Dès que j'avais croisé son regard, j'avais su que quelque chose n'allait pas. Et j'étais bien loin de me douter des catastrophes que tout ceci allait occasionner.

/FLASHBACK/

Nous étions, tous les 4 dans une classe vide. Damon, Stefan, Alaric et moi. On aurait cru un sommet de l'ONU. Damon avait réagi avec beaucoup plus d'empressement que d'habitude. Il semblait furieux et réellement inquiet. Si un vampire sadique et dingue a peur de quelque chose, je pense que je devrais aussi m'inquiéter. Non?

Je ne parvenais pas à mettre le doigt sur la cause de cet emportement. Il avait toujours adoré ces tractations qui le rapprochaient de Katherine. Et Isobel devait savoir quelque chose sur elle, vu qu'on lui ressemblait, qu'on était ses descendantes.

Alors pourquoi être aussi en colère, maintenant ?

Isobel lui donnerait toutes les réponses dont il avait besoin…

Je l'entendis demander d'une voix grave :

-« Isobel est venue te parler… Tu lui as demandé si elle avait quelque chose à voir avec l'oncle John ? Ils bossent ensemble ? »

Alaric avec grimacé avant d'enfoncer encore plus ses mains dans ses poches.

-« Non. »

Le vampire brun réagit à l'unisson avec moi. Sauf que lui pouvait prendre la parole. Pas moi. J'étais trop soufflée par la nouvelle. Inquiète, angoissée et aussi paradoxalement heureuse. J'allais rencontrer ma mère. Ma vraie mère. Enfin je veux dire la biologique. Ca me faisait quelque chose quand même.

« Non ils sont étrangers ou…

-Je ne lui en ai pas parlé.

-Et pour l'invention ?

-Je n'ai pas demandé… »

Alaric semblait de plus en plus mal à l'aise, tandis que Damon tournait autour de lui comme un fauve en cage sur le point de devenir complètement fou et de fondre sur sa proie. J'avoue que son état d'énervement me mettait moi aussi les nerfs à vif. Cependant je me gardais bien de bouger, ne serait-ce que d'un pouce. Quand il était comme ça, le vampire brun m'effrayait au plus haut point.

-« Est ce qu'elle sait pour la tombe ?

-Je ne sais pas… » Avoua le prof d'histoire, assez penaud. Le vampire explosa alors littéralement, comme une cocotte minute :

-« Les mots t'ont échappé ? Mais bon sang qu'est ce que… »

Ce fut au tour d'Alaric de sortir de ses gonds. Il répliqua avec acidité :

-« Désolé pour tes plans, Damon, j'étais un peu distrait pas ma femme vampire et morte, que je n'avais pas revu depuis des années. J'ai donc pas pu poser tes fichues questions ! »

Damon se détourna de l'enseignant, sans doute pour éviter de lui arracher la gorge dans un accès de colère. Je m'étonnais à ce qu'il lâche le morceau aussi facilement, mais c'était mal connaître Damon. Avec vélocité, il revint à son interlocuteur et posa la question ultime. Celle qui scellait nos destins :

-« Et qu'est ce qu'elle veut ? »

Je crus qu'il était temps de prendre la parole. D'une voix assurée mais aussi emplie de douceur, du plus que j'en avais en tout cas, je lui répondis :

-« Moi. Elle veut me voir, Damon »

POV Damon

J'avais failli m'étrangler face à la nouvelle. Ok ok, je savais que cette fille était dérangée pour accepter de sortir avec un vampire mais là, on avait tiré quand même le pompon! Accepter de rencontrer sa mère vampire, sadique et amie de Katherine, j'aurais décidément tout entendu de la part d'Elena.

Cette gamine devait avoir des penchants suicidaires...

Déjà j'aurais dû m'en douter quand Alaric m'avait envoyé ce SMS. Ca puait l'entourloupe. Mais comme avec tout ce qui touchait Elena, j'étais venu comme un toutou. Mon dieu, je suis certain que c'est à force de me gaver de Bambis que je deviens aussi mou du genou et larmoyant.

Il faudrait y remédier.

Mais je m'écarte du sujet. Je ne vais pas en plus pleurnicher, sinon je ne serais qu'un Stefan bis et franchement je pense que ça créerait des meurtres. Ou des suicides. Ou les deux, quitte à (ne pas) choisir…

J'avais eu une nuit affreuse à ruminer toute ma rancœur envers les deux tourtereaux les plus assortis et amoureux de monde. Même Roméo et Juliette me semblaient moins cucul la praline que Stefan et Elena. Mais peut être ne suis-je pas objectif. Quoique, sait-on jamais. Peut être que c'est la présence de cette petite humaine qui ressemble a Katherine qui me fait perdre la boule. Après tout je viens de renoncer définitivement à elle (ou devrais-je dire « à elles »), il y a de quoi avoir mal.

J'étais parti loin, avant de me calmer et de me souvenir que la chérie de Stefan avait quand même l'art et la manière de s'attirer les pires ennuis du monde. Et j'étais donc revenu. Si la situation, dans cette salle de classe n'avait pas été aussi tragique, si Elena ne risquait pas de mourir et si je n'avais pas l'impression qu'on me broyait le coeur, je suis certain que j'aurais pu trouver ça très drôle. Même distrayant. L'ancien moi aurait fait feu des deux pouces et aurait patienté tranquillement pendant les pubs. Mais là, je me sentais fébrile, inquiet.

-« Alaric est sensé arranger une rencontre » Renchérit Stefan. S'il n'avait pas été mon frère, je crois que je l'aurais éviscéré. Quoique non, laisser le moi, je vous le rend dans 2 minutes, quand il aura retrouvé son cerveau… « On ne sait pas pourquoi elle est là, ni ce qu'elle veut »…

Rohh Stefan, ou l'art d'enfoncer des portes ouvertes. Qu'est ce qu'on ferait sans lui hein ? J'me le demande.

Elena avait une respiration saccadé et semblait incapable de bouger, sans doute en raison du choc. On aurait dit un joli petit poisson hors de l'eau. Son cœur battait au rythme d'un passo doble mais elle s'efforçait à conserver une apparence sereine. Elle ne me trompait pas cependant. Cherchant à être aimable (pouah pouah pouah) je m'entendis dire (d'une voix mièvre et désespérément désespérante) :

-« Tu n'as pas à la voir si tu ne le veux pas. »

Okay, je retire tout ce que j'ai balancé sur Stefan et les portes ouvertes. Je fais pas mieux. Pire, je suis cliché.

Vie de Merde.

La petite humaine de Stefan haussa les épaules et murmura juste :

-« Je pense que je n'ai pas vraiment le choix, Damon… »

Gné ? Vraiment, parce que je vois pas ce qui t'y oblige, sweetheart. Temps mort, retour en arrière, j'ai loupé un épisode !

-« Elle a menacé de tuer tout le monde. »

Tiens, enfin un VRAI vampire en ville. Un vampire qui voulait vampiriser. Mais que c'est étonnant que les monstres veulent du sang et des massacres et pas des glaces à la vanille ! Un vampire vampirique ça semblait pas aller de soi. Par contre un vampire gentil comme un toutou, pas de problème, on signe où? Mais ils sortent de quelle planète? Celle de Twilight ou quoi?

J'imitais la position d'Elena; un haussement d'épaules et un froncement de sourcils avant d'ironiser :

-« Et je suppose que vous n'êtes pas d'accord. Right ?

-Damon, je veux le faire. Je veux la rencontrer. »

Elena, si tu connaissais ce qu'est un VRAI vampire, surtout le genre auquel appartient ta mère et dont je fais encore partie même si tu ne veux pas le reconnaitre, ce monstre infernal qui a mis en off toute émotion, tu n'irais pas voir cette… chose.

-« Si je ne le fais pas, je le regretterai »

Pauvre petite poche de sang… si seulement tu savais. Au contraire, c'est en la rencontrant que tu regretteras de ne pas avoir réfléchi à deux fois avant de te jeter dans la gueule du loup… Ou plutôt du vampire.

/ FIN FLASHBACK /

POV Elena

Nous avions ainsi mise en place une sorte de souricière. Damon et Alaric dehors. Stefan et moi à l'intérieur. Damon s'était violemment opposé à l'idée, évidemment. Il ne supportait pas qu'on le mette sur le côté, son caractère sanguinaire ne le permettait pas. Dieu que c'est compliqué de gérer des vampires, moi je vous le dis. Faudrait instaurer un permis à passer, ou je sais pas moi, un livre «Comment-survivre-quand-des-vampires-sont-à-vos-trousses-et-veulent-vous-tuer.» Vous voyez le genre?

/ FLASHBACK/

J'allais devoir jouer de tous mes charmes, de toutes mes astuces et le manipuler encore une fois afin qu'il me cède et par la même, passer maitre en la matière face à un si brillant professeur et victime aussi.

«-Damon, sois raisonnable pour une fois.»

Il m'avait regardé avec son sourire en coin caractéristique.

«-Et si je n'ai pas envie?

-Ce n'est pas un jeu Damon.» Il avait rit, ce qui m'avait encore plus mise en rogne:

-«Et je ne vois pas ce qu'il y a de drôle dans toute cette histoire!»

Il avait eu du mal à reprendre son sérieux puis il avait enchainé, encore sous l'emprise du fou rire:

«-Parce que tu sais comme si j'avais de l'importance et que c'est désopilant. Tu as juste la trouille que j'attire un peu trop l'attention sur le secret des Salvatore!

-Y'a de ça, c'est vrai. Mais ça n'est pas la raison principale.» Avais-je affirmé. Et là, le brun perdit toute sa superbe. Je poursuivis:

«-Si je ne veux pas que tu viennes Damon, c'est parce que tu es trop important. Parce que je ne veux pas qu'Isobel s'en prenne a toi.

-Tu sais que Stefan t'entend?» Ricana t'il avant de repartir:

- «Petit frère, je compatis, mais dis toi que c'était la déclaration d'amour la plus pourrie de tous les temps.

-Damon, stop! Je ne suis pas amoureuse de toi. Mais je tiens à toi. Stefan vient avec moi parce que Je sais qu'il ne fera rien de stupide.

-Ah parce que je le suis, stupide? Toujours agréable de l'entendre. Genre tu y crois à cette excuse bidon? Vraiment? Allons, Elena, ne sois pas si perfide, j'ai fais deux trois trucs assez intelligents depuis mon arrivée.

-Pour faire le mal.

-Pour m'amuser.

-Ca revient au même.

-Tout est une question de perspective.»

Rah ce qu'il m'énervait à avoir toujours le dernier mot! Je trépignais de mécontentement. Bon, relax, continues comme si de rien était.

«-En tout cas, elle a dit qu'elle s'en prendrait à tous ceux auxquels je tiens. Je ne veux pas avoir à m'inquiéter pour toi. Avant Atlanta, avant toute cette histoire avec Katherine, avant même l'addiction de Stefan et les vampires de la tombe ça ne m'aurait rien fait que tu te mettes en danger. Je n'aurais pas cherché à te protéger. Mais plus maintenant. Je ne veux pas te perdre, Damon.» Je n'avais pas trouvé mieux. Le manipuler en mettant en avant ce truc à nous, en le lui disant clairement.

En le traitant comme un ami.

Il ricana avant d'assener:

«- Je ne me priverai pas d'une petite bagarre avec un vampire qui ne mange pas d'écureuils. Ca promet d'être distrayant et en plus...»

Je n'y tenais plus et m'énervais:

«-Pourquoi les hommes sont ils si égoïstes.

-Parce que les femmes sont des hypocrites manipulatrices. Et techniquement, je ne suis pas vraiment un homme.

-Ah bon, Damon? C'est rare que les garçons parlent de leurs petits problèmes.» Répliquais-je, acide. Il pouffa doucement, en ajustant une mèche de cheveux sombres.

«-Je voulais dire que je suis... mort. Mais toi par contre, tu es un joli petit bout de femme.» Conclut il en m'adressant un clin d'oeil. Okay, je suis grillée, il a saisi «l'hypocrisie» et me le souligne. Grrr. Alors que je pensais avoir perdu, il soupira, prit son manteau et fit mine de partir du Grill. Je le retins par le bras, afin de m'en assurer.

«-Pas d'entourloupe. Parce que moi aussi, je peux y passer.

-Elena je vais te poser une devinette: quel est le coup le plus rusé que le Diable ait réussi?» Je fis une moue, pas certaine de suivre sa pensée.

«- Il a convaincu tout le monde qu'il n'existait pas. Dis toi qu'Isobel est tout le monde. Et que je suis le Diable.»

Je lui souris, c'était un peu comme ça que je le voyais avant. En démon. Je compris qu'il avait saisit qu'il serait plus utile plus tard. Il tapota sur mon épaule et murmura:

«- Bonne chance, Elena. Tu sais, si j'avais eu une gosse comme toi, je ne l'aurais pas abandonnée. Et quoi qu'il arrive, dis toi que rien que pour ça, Isobel craint.»

Nous nous esclaffâmes et sa main frôla la mienne. Puis il s'éclipsa, tel un chat, tandis que Stefan prenait son poste au billard. Je pris une grande inspiration. C'est parti!

Elle était arrivée, comme ça d'un coup. Et mon dieu, qu'elle était belle. Malgré ce petit air hautain et suffisant. Je reconnus beaucoup de ma personne en elle. Je veux dire physiquement. La couleur de mes yeux, de mes cheveux, la forme de ma bouche et même la tâche de naissance que j'arborais au dessus du mon sein droit.

Elle prit en premier la parole.

-« Bonjour, Elena… Tu es son portrait craché. De Katherine. C'est étrange. »

Okay okay, temps mort. J'ai mal entendu ou…

-« Vous avez rencontré Katherine ?

-C'est elle qui m'a trouvée après mon.. changement. Elle serait fascinée par ta personne. »

Je remarquais son bijou. Elle compris, et me raconta comment Katherine l'avait aidée à l'obtenir. J'avais cherché à savoir qui était mon père. Isobel était restée muette comme une tombe. Elle n'avait aucun respect de la vie humaine contrairement à…

-« Stefan. Stefan Salvatore. » Murmura t'elle, narquoise, à mon endroit. Puis elle reprit, penseuse. « Pourquoi Stefan ? Pourquoi pas Damon ? »

Je sursautais, craignant qu'Isobel puisse découvrir ce que nous avions fait Damon et moi, cet unique baiser qui m'avait tellement bouleversée. De plus, sa question m'ébranla. Je n'avais jamais voulu considérer avec sérieux l'idée Damon comme un homme possible à conquérir. Il n'avait pas de cœur à offrir, j'en étais certaine.

-« Ou peut être apprécies tu les deux ? »

Beark ! C'est moi ou ma mère biologique vient de me demander lors de ma première rencontre avec elle si je me fais des plans à trois le samedi soir avec les frères Salvatore? Un coup d'œil rapide vers Stefan m'indiqua que lui aussi était très mal à l'aise avec ces insinuations.

-« Je veux l'invention de Jonathan Gilbert. » Annonça t'elle de but en blanc. C'est moi ou cet objet est une obsession ces derniers temps ? D'un ton abrupt et très impoli (pas grave, je n'ai pas à l'être) je répondis :

-« Je ne l'ai pas.

-Oh, vraiment ? Alors qui ? » Demanda t'elle, intéressée. Je pris un petit air hautain et suffisant (un peu comme elle d'ailleurs) et répliquais d'une vois doucereuse :

-« Damon. Et il ne me donnera jamais cet objet. »

Isobel eut une mimique que je ne compris pas. Un petit soupir et un sourire en coin, comme si je venais de faire une blague. J'ai raté un morceau de la conversation ou pas ? Puis elle ancra ses prunelles glacées et déterminées dans les miennes et dit simplement :

-« Nous verrons bien, Elena. Tu as 36 heures. »

POV Damon

Rick et moi nous faisions les cent pas dehors, espérant que tout se passe bien. J'avais les nerfs à vifs de me sentir impuissant et éloigné d'Elena si elle était en danger. Je savais que ce n'étais pas ma place mais quand même. J'étais impliqué. Beaucoup trop à mon gout, mais tant pis pour moi. Je bougonnais, furibond :

-« On devrait être à l'intérieur. »

Alaric tentait de me calmer. J'appréciais de plus en plus de type. Comme quoi j'allais vraiment mal. Je pactisais et m'entichais d'une poche de sang sur patte tueuse de vampires de surcroit. Cherchez la logique.

Vous n'en voyez pas ? Normal, il n'y en a aucune.

-« Isobel a été claire. On ne met pas un pied à l'intérieur si on veut que tout se passe bien pour Elena. »

Ou comment me faire prendre une douche froide, sans savon, sans eau. Je le savais, ce type n'était pas net. Rick n'est pas seulement un homme, c'est aussi un magicien !

-« Roh, Rick, je vais pas la massacrer dans un resto bondé !

-Tu ne vas pas la tuer, un point c'est tout ! » Répliqua mon comparse d'une voix glacée.

Je ricanais malgré moi, lui tournant le dos:

-« Elle a foutu vos deux vies en l'air et tu continues de la protéger ?

-C'est ma femme. » Je tiquais, il se reprit « C'était… C'était ma femme. Okay ? »

J'opinais du chef. Voilà quelque chose de bien véridique. Alaric se tordit les mains, il semblait vraiment malheureux.

Toute cette histoire faisait remonter des souvenirs douloureux pour lui. J'eus pitié.

Il l'aimait toujours, passionnément, malgré tout. Même s'il était passé à autre chose avec Jenna. Il n'oubliait pas Isobel. Il y avait cette blessure, toujours suintante.

On aurait dit moi avec Katherine. Voilà pourquoi, peut être, je ne le détestais plus.

Il était mon reflet. J'eus ainsi le déclic : je ne voulais plus jamais revoir Katherine. Parce que sinon, je me retrouverai dans le même état que le prof d'histoire. Je devais tourner la page. Définitivement.

Rick me sortit de mes pensées :

-« J'ai longtemps cherché la personne que j'avais épousée, mais cette chose, là bas avec Elena… Ce n'est pas elle. Ca ne peut pas être elle.

-Elle a abandonné son humanité » Me contentais-je d'expliquer.

-« Je ne comprends pas ça. Stefan a son humanité. C'est un bon gars. Toi, t'es un con qui tue des gens pour le plaisir… et pourtant il y a aussi en toi ce je ne sais quoi, ce quelque chose qui te rend humain… »

Je sursautais. J'avais une humanité et Alaric, comme Stefan des mois auparavant, la sentait ? Oui j'avais retrouvé mon humanité. Parce que j'avais recommencé à ressentir des choses. Mon humanité avait des grands yeux chocolat, une taille fine et svelte et plus de courage qu'Hannibal, César et Alexandre réunis.

Mon humanité.

Elena.

Et à cause de ça, j'étais dans le pétrin.

Alaric semblait dépité face à ce corps sans émotions qu'était devenu Isobel. Je cherchais à lui expliquer ce qu'un monstre comme moi et elle possédait comme capacités.

-« Tu sais, tu peux éteindre tes sentiments quand t'es un vampire. C'est comme un bouton. On. Off. On. Off. A toi de choisir. Stefan… il est différent. Il VEUT cette expérience humaine. Ressentir tous ces sentiments à la Ted dans « How I Met Your Mother ». Il a pressé le bouton « ON ». Le problème est qu'en tant que vampire, ton instinct est justement de ne rien ressentir. OFF.»

oOoOoOoOoOo

Elena m'avait annoncé qu'elle avait besoin de l'invention pour qu'Isobel parte. Mais bien sûr ! Et c'est qui qu'on prend pour un pigeon imbécile ? C'est bibiiii ! Et d'ailleurs pourquoi tout le monde veut ce stupide truc qui ne marche pas ?

Enfin que je n'arrive pas à faire fonctionner, nuance.

Et donc comme je ne sais pas ce que c'est, je ne sais pas si c'est bon pour les vampires, ou si c'est mauvais. Donc, dans le doute, je garde le tout en ma possession.

Mais Isobel mettait de plus en plus de pression sur Elena.

D'abord avec Matt, puis Caroline et Tyler… Et il y avait eu une menace à peine voilée à propos de Jeremy. Ca commençait à m'échauffer les oreilles cette histoire.

Alors j'avais pris les choses en mains.

D'abord chercher dans les villas saisies la plus chère. Et m'y rendre. BINGO, elle avait suivi mes leçons. J'y avais trouvé son repaire et deux loques humaines qui dansaient langoureusement. J'avais fait partir l'homme qui n'avait aucun intérêt. J'avais passé énormément de bon temps avec cette humaine qui servait de « blood bag » à la mère d'Elena. Et en plus, elle était délicieuse sous tous rapports.

Quand Isobel était rentrée à la maison, elle n'avait pas parue surprise de me voir. Après tout, j'étais son maker, je lui avais appris comment bouger, à qui parler, comment s'abriter. C'était une copie de mon cerveau de tueur. En plus pâle.

-« Que fais tu ici, Damon ?

-Tu as fais sensation en arrivant en ville » Me contentais-je de lui répondre.

Elle m'enlaça avant de me faire plier brusquement (ah la fourbe):

-« Tu as l'appareil ? »

Au moins, elle était pas « bornée ». Ironie quand tu nous tiens…

Mais je n'avais vraiment pas envie d'aller sur cette pente glissante. Je pressentais qu'Isobel nous cachait quelque chose. Et l'Oncle John aussi. Et vu que les fumiers s'attirent… Tout en reboutonnant ma chemise (que l'humaine d'Isobel m'avait aidée à enlever) je demandais :

-« Que manigances tu avec John Gilbert ?

-Oh, on est sorti ensemble, autrefois… »

Voyons ça… Mais c'est que ça devient intéressant toutes ces histoires de familles… John, Isobel… Dans leur jeunesse. Ca doit faire bien… 18- 20 ans non ? Rohh mais regardez moi ça, si je me souviens bien, quelqu'un a 18 ans… Mais c'est en fait passionnant. Mieux qu'un bouquin de Jack London…Mais je m'égare, revenons à l'invention.

-« Pourquoi veux tu la trouvaille de Gilbert ?

-Moi ? Pour rien. Je ne suis qu'une messagère. Tu sais, on est du même côté.

-Vraiment ? Lequel ? » Ricanais-je.

-« Celui de Katherine ». Murmura t'elle.

Je contractais mes mâchoires, nerveusement. Ou comment tirer sur la corde sensible. Je décidais cependant de me jouer à mon tour d'elle. Isobel était une jeune vampire, encore insatiable et instable. Elle se distrayait avec moi. Doucement, elle s'était approchée comme un fauve face a sa proie. Son corps frôla le mien. Elle était belle et désirable, comme autrefois.

Elle avait un visage d'ange, une peau douce comme la soie et lisse comme le marbre. Un regard de biche à brûler toute la calotte polaire. Lorsque son souffle se mêla au mien, j'étais sur le point de perdre pied. J'avais besoin d'assouvir cette pulsion de luxure qu'elle insufflait dans mon corps mort. J'ouvris doucement la bouche. Elle fondit dessus comme une louve. Elle m'embrassait avec ferveur et passion.

Quelle merveilleuse actrice !

Son baiser était brûlant, enivrant, épique. Sa langue jouait voluptueusement avec la mienne, ses quenottes mordillaient sensuellement mes lèvres. Tout en elle invitait le pauvre homme que j'étais à succomber à ses charmes… Tant pis pour Katherine, pour l'invention, pour moi et pour tout le reste. Alors que j'allais me noyer dans cet océan d'ivresse charnelle le visage radieux d'Elena lorsque je l'avais faite valsé à l'élection de Miss Mystic Falls m'apparut.

Alors, je redevins maitre de moi même et écrasais le crâne d'Isobel au sol. Ce dernier effectua le bruit d'une coquille d'œuf sur le marbre de la villa.

Oups, j'y étais allé un peu fort.

C'était un crime de briser un aussi beau marbre ! Furieux d'avoir failli faiblir, cruel et déterminé désormais, je crachais :

-« Maintenant que j'ai ton attention, écoute bien. Erreur numéro 1 : On ne vient pas dans ma ville menacer les gens auxquels je tiens. Erreur numéro 2 : s'attaquer à Elena. Mauvaise idée. Tu la laisses tranquille ou je te taille en morceaux. Parce que tu sais quoi, Isobel ? Je tue les messagers… parce qu'ils délivrent un message. Katherine veut quelque chose de moi ? Dis à cette garce d'oser venir me le demander et de venir le chercher. »

Sur ce, je laissais Isobel clouée au plancher et rentrait chez moi, plus perdu que jamais.

Je me servais un verre de bourbon, ne prenant pas garde à l'ombre derrière moi. Puis j'entendis un toussotement léger qui me fit bondir. Elena fixait obstinément le sol, comme une gamine prise en faute.

-« Que fais tu ici ? » M'écriais-je, paniqué soudain. Et si Isobel avait été plus rapide que moi, qu'on l'ai invitée à entrer chez Elena qu'elle…

-« Je dois t'avouer que je ne sais pas trop. Stefan m'a dit que tu sortais. Et je t'ai attendu. Voilà. » Dit elle en effectuant un geste vague, typique de quand elle était gênée. Je souris malgré moi.

-« Ne t'inquiète pas Elena. On va s'en tirer. J'ai vu pire.

-Vraiment ? » Assena t'elle mi figue mi raisin.

-« Oui. Assurément. Je n'ai pas trop d'exemple à l'esprit mais…

-Espérons qu'elle ne tuera personne. » Soupira t'elle douloureusement. Je me retins d'aller la prendre dans mes bras. Je n'étais pas ce genre de type. Je ne m'abaisserai pas à ça. Certainement pas. Je m'approchais cependant d'un pas histoire « d'agir en humain » et c'est elle qui se blottit tout contre moi. Je la laissais faire, empoté comme pas possible, tétanisé aussi. C'était d'un ridicule fini. Et désormais j'étais mal à l'aise. Je l'écartais de moi, avec (un semblant de) douceur et assenais :

-« Elena, écoute bien ce que je vais te dire. Si un problème a une solution, il ne faut pas s'inquiéter. Si un problème n'a pas de solution, ça ne sert à rien de s'inquiéter. Il ne faut donc jamais s'inquiéter, CFD. »

Elle rit, doucement, rajustant sa frange derrière son oreille en souriant.

-« Merci Damon. J'avais besoin d'entendre un truc dans ce genre. C'est pour ça que je t'aime bien. Parce que tu es fou. Que tu oses tout.

-C'est à ça qu'on le reconnaît. Le fou.

-Bonne nuit. » Murmura t'elle en déposant un baiser sur ma joue, ce qui me désempara encore plus. Avant de passer le pas de la porte, elle se retourna et me recommanda :

-« Cache bien l'invention. Ca sent le coup fourré toute cette histoire avec Isobel. »

J'opinais du chef et la regardais partir. Dès que la porte se referma je jetais l'objet en l'air, pensif. Mais pourquoi, pourquoi le monde entier voulait-il cette invention ?

POV Elena

Damon finalement était un dingue, mais un doux dingue face à Isobel. J'étais morte d'inquiétude depuis que Jeremy était aux abonnés absents, que John était parti le chercher et que ma « mère » avait menacé Caroline, Tyler et avait occasionné l'accident de Matt. J'avais appris par Bonnie que l'invention était un moyen de démasquer voir de détruire les vampires, et que c'était Emily Bennett, son ancêtre qui avait jeté un sort à cet objet, histoire de protéger les humains des vampires. Cette découverte m'avait bouleversée. Si John ou le Conseil mettait la main dessus, Stefan et Damon couraient un danger de mort. J'étais « morte »d'inquiétude. Il fallait que je trouve une solution, au plus vite. Je devais les sauver tous les deux. De John, d'Isobel, de la ville et d'eux même. Mon cerveau analysait toutes mes options jusqu'à ce qu'il déduise qu'il n'y avait qu'une seule solution : donner l'invention à Isobel pour sauvegarder la ville. Mais pour que Stefan et Damon survivent quand elle l'utiliserait, il fallait rendre l'invention inoffensive. Et c'était là que Bonnie entrait en scène.

Ma meilleure amie avait été difficile à convaincre. Son instinct de sorcière lui disait de ne pas m'aider. Avec ce qui était arrivé à Grams je ne pouvais pas lui en vouloir. Mais mes soupirs, mes larmes avaient eu raison d'elle. On se connaissait depuis toutes petites, elle savait que je ne voulais pas qu'ils meurent. Ni l'un, ni l'autre. Isobel avait raison. Je tenais à eux deux.

Désormais on en était à la phase 2 du plan. Convaincre Damon de laisser Bonnie toucher l'invention et en ôter toute sa magie. Et c'était mal embranché.

-« Damon, écoute moi juste.

-Je ne vais pas donner l'appareil à Isobel parce qu'elle le donnera à John et que John me tuera. J'aime être un mort vivant, ça a des côtés funs, genre à Halloween ». Répliqua avec véhémence le vampire en mimant un monstre. Je ne pouvais que le comprendre, moi aussi je serais paniquée à l'idée de devoir me séparer d'un objet que je sais capable de me tuer. Surtout quand on est déjà mort. Je veux dire, ce paradoxe déjà à de quoi remuer plus d'un vampire. Et quand on est un vampire, on est libéré (normalement) de la mort elle même. Vu qu'on est déjà un cadavre. Vous me suivez ?

-« Mais il sera devenu inutile, Bonnie peut enlever le sort qui pèse sur lui. » Argais-je, désespérée.

-« JE. NE. LUI. FAIS. PAS. CONFIANCE ! » Tonna Damon en nous dévisageant.

Quand je disais que c'était mal parti ?

Bonnie décida qu'il était temps de prendre la main. Elle sauta du bureau et toisa de toute sa hauteur le vampire, sans faillir. Elle m'aida a convaincre Damon en faisant quelques tours de passe passe.

-« On va le faire Damon. On va régler ça à ma façon ». Avais-je conclu.

-« Je ne suis pas d'accord. J'ai voulu la tuer. Pourquoi elle me rendrait pas la pareille ? Hein ? CQFD ! » Dit il, en pointant ma meilleure amie du doigt presque paniqué. Bonnie en rajouta une couche.

-« T'as raison, tu ne peux pas me faire confiance, les sorcières sont un tantinet revanchardes »

Je vais les tuer, je vais les tuer, je vais les tuer...

-« Mais tu peux me faire confiance, Damon. » Argumentais-je, cherchant à le faire fléchir. Jeremy avait été enlevé par ma mère biologique. Et vampire. Sans cœur. Un peu l'alter ego de Damon quand il était arrivé. Il risquait de mourir. Et ça, je ne pourrai jamais le supporter. Il fallait faire quelque chose, au plus vite. Et qu'importe le prix à payer. Damon me regarda avec une telle intensité que j'en eu les jambes tremblantes. Ses yeux azurs me transperçaient, comme s'ils essayaient de lire en moi. Il avait avec moi un lien indescriptible. Nous étions des aimants l'un pour l'autre. Complémentaires et pourtant impossible à lier. Le ying et le yang. L'alpha et l'oméga. Je le désirais. Je le fuyais. Je tenais à lui. Je le haïssais.

Il fit une de ses petites moues caractéristiques (celle qui me fait instantanément sourire et rougir) et rendit les armes en déposant l'objet dans ma paume. Et ce, avec une incroyable sensualité.

Ses doigts, lorsqu'ils touchèrent ma peau, lui procurèrent des minuscules décharges électriques. Ils l'effleurèrent un peu plus longtemps qu'il n'aurait fallu, dans un geste tendre. Damon était capable de tendresse avec moi. Il pouvait aussi tomber les masques et sourire, rire. J'avais remarqué qu'en ma présence il était le plus souvent détendu. Peut être même heureux. Rien ne pouvait me faire plus plaisir. Damon était un homme auquel je tenais. Malgré toutes les atrocités qu'il avait commise. Quelque chose en moi me disait que c'était un homme bon qui s'était perdu. Qu'on avait corrompu. Et que cette chute avait entrainé la perte de son âme et de sa sensibilité. Mais je la lui rendrai. Il méritait de ressentir. Il en valait la peine.

Je répondis à sa caresse par une légère pression sur sa main et un regard qui en disait long quant à ma gratitude. En effet, la vie de Jeremy était dans la balance, Isobel me faisait chanter, j'étais paniquée et tétanisée. Pourtant, avec ce geste, insignifiant de Damon, je repris espoir. Je me calmais. Je retrouvais confiance en moi. Bonnie rompit notre communion en se saisissant de la pierre. Après quelques incantations dans une langue qui m'était inconnue, les flammes des foyers de la maison crépitèrent affreusement et des langues de feu sortaient des cheminées. Puis plus rien. Ma meilleure amie se contenta de dire, affichant le visage d'un gamine faussement innocente et humble :

-« C'est fait ».

Damon ne put retenir un sarcasme :

-« Super ! Et on fait quoi maintenant ?

-On le donne à Isobel ». Me contentais-je de lui répondre avant de composer le numéro sur mon portable.

Deux heures plus tard, c'est à dire en pleine nuit, (quand diable pourrais-je dormir tout mon soul et me faire une nuit de sommeil complète ? Sans doute quand je ne sortirai plus avec un vampire. Et merde, c'est mal barré cette histoire !) je poireautais dans le parc. Il faisait froid. Je piaffais d'impatience, chaque minute comptait. Peut être que Jérémy était déjà mort ? Pitié, faites qu'il ne le soit pas ! Pitié, pitié pitié. Je faisais les cent pas. Une bourrasque me fit sursauter et lorsque je me retournais, celle qui était ma mère me toisait de ses yeux noirs onyx et glacés.

-« Où est l'appareil ? » Me demanda t'elle de but en blanc sans autre entrée en matière.

-« Où est mon frère ? » Répliquais-je du tac au tac, bien décidée à ne pas me laisser faire par un vampire sadique.

-« Elena, tu es peut être ma fille, mais ça n'est pas une négociation. -J'ai dit : « où est mon frère » ? » M'énervais-je. Isobel ricana avant de répondre :

-« Tu penses que je suis venue seule ? »

Ses deux acolytes humains se dressèrent derrière moi, menaçant. Mais j'avais plus d'un tour dans mon sac. Narquoise et guillerette, je répondis :

-« Et toi, tu pense que je suis venue seule ? »

Stefan et Damon apparurent un peu en retrait, menaçants et prêt à en découdre au moindre faux pas de ma mère. Et vu qu'ils avaient un siècle de plus qu'elle, elle n'avait vraiment vraiment pas intérêt à les mettre de mauvais poil.

Lorsque j'eus la confirmation que Jeremy était à la maison sain et sauf (et l'oncle John aussi était entier, ça par contre, Isobel l'aurait mis en pièce que ça ne m'aurait pas tiré une seule larme) j'entrepris de lui remettre l'invention tout en annonçant :

-« Vous avez pris des risques pour avoir ceci. Quelle valeur cela a sur vous ?

-Tu n'as pas à le savoir Elena. »

J'accusais le coup, mais je n'allais pas lâcher l'affaire.

-« Damon aurait pu ne pas me ne remettre. Vous savez comment il est. »

Isobel sourit. C'était la première fois que je la voyais vraiment sourire, pas un rictus mauvais. Et elle irradiait ainsi. Je comprenais comment un homme tel Alaric avait pu s'éprendre d'elle. Et elle me ressemblait. Tellement que j'en eus mal. Elle souffla :

-« Oui, je sais.

-Alors comment avez vous su qu'il me le donnerait ? » Demandais-je, curieuse désormais.

Ma mère leva les yeux au ciel, comme si j'étais la dernière des abruties et se contenta de lâcher la pire bombe de ma journée :

-« Parce qu'il t'aime ».

Me jambes faillirent me lâcher et j'eus toutes les peines du monde à demeurer debout. Je sentis que Stefan et Damon s'étaient eux aussi tendus. D'instinct, je cherchais le regard de Damon. C'était le plus susceptible. On aurait dit qu'il voulait disparaître dans un trou de souris. Ses yeux de brume inquiets firent battre mon cœur un peu plus vite. Il était mal à l'aise et croisait mon regard par intermittences. J'avais la folle envie de planter ma mère là et d'aller me jeter dans ses bras. Parce que si c'était le cas…

Mon cerveau bouillait. Je cherchais à le comprendre, à capter ses pensées et son attention.

-Tu m'aimes? Vraiment ? Tu es devenu quelqu'un de bien ?

-Non. Oui. Peut être. L'écoute pas, c'est une menteuse, manipulatrice, crois moi j'm'y connais bien.

-Alors moi, est ce que je peux avoir des sentiments pour toi? Maintenant que toi tu en as. Est ce qu'on pourrait avoir une chance, tous les deux ? Qu'en penses tu Damon ? Dis quelque chose ? Réponds quelque chose. S'il te plait...

Stefan surprit notre « conversation » et baissa la tête, dépité. J'aurais voulu le consoler, mais j'étais incapable de bouger. Glacée.

La nouvelle, cet aveu sur les possibles sentiments de Damon à mon égard me bouleversait. J'étais apeurée, mal à l'aise, comme lui. J'aimais Stefan. Je ne pouvais pas le quitter. Il était le genre de garçon que j'avais toujours voulu rencontrer. Damon… Damon était le côté obscur, le danger, l'instable. Et malgré moi, une part de ma personnalité était attirée par cette autre vie qu'il me proposait de vivre. Je ne savais jamais sur quel pied danser avec Damon, il était éreintant, prise de tête, soupe au lait, menteur, meurtrier, resquilleur, cruel, tendre, imprévisible.

Stefan et Damon étaient ma vie, comme la nuit et le jour. Personne ne pouvait me condamner à choisir entre eux deux.

Je ne les aimais qu'à deux. Choisir serait nous trahir.

Isobel se gaussait de son petit effet. Ah, je l'aurais bien empalée celle là.

-« Alors, l'appareil ? »

De mauvaise grâce cette fois, je déposais l'objet dans la paume de ma mère. Je voulais qu'elle sente par mon geste que j'étais en colère contre elle, que je la reniais, que j'espérais ne jamais la revoir. Comment pouvait-elle être aussi sans cœur ? Comment pouvait-elle arriver et envoyer valser toutes mes certitudes. Alors qu'elle refermait son poing sur l'appareil, je dis d'un ton sec et abrupt.

-« Merci. »

Pendant une centième de seconde je vis Isobel hésiter (et perdre sa superbe et vlan, dans les dents !) avant de me questionner :

-« Merci pour quoi ?

-Pour être une si grande déception ». M'entendis-je lui répondre avec dédain. Voilà c'était dit. Ca m'avait fait du bien. Une personne normale aurait souffert et c'était ce dont j'avais envie. Etre humainement cruelle. Même si ça ne lui fera rien. Elle n'avait plus de coeur, plus d'âme, plus rien.

-« Au revoir, Elena. » Souffla mielleusement ma mère.

Voilà, on s'était tout dit.

Quel pitoyable gâchis.

J'avais tellement espéré cette femme. Je veux dire, quand j'avais su qu'elle était vampire, je me l'étais imaginée un peu comme Stefan, douce, prévenante vis à vis de moi. Parce qu'elle était ma mère. Ou comme Damon, froide et distante, mais incapable de me faire souffrir par plaisir. Mais Isobel était une autre trempe de vampire, ceux que je détestais, les vampires comme Katherine: des êtres vils, égocentriques qui ne savaient que faire le mal et s'en délecter. Ils voulaient détruire. Mais moi, je ne lui donnerai pas cette satisfaction. Tant pis pour elle, tant pis pour moi. Alors qu'elle allait quitter Mystic Falls pour toujours, elle se retourna :

-« Un conseil, Elena : tant que tu auras un frère Salvatore à chaque bras, tu seras condamnée. Katherine était maligne et elle s'en est sortie. Mais toi, tu n'es pas elle. »

Non, je ne suis pas elle, en effet. Parce que moi je connais des sentiments que mon sosie de connaitra jamais: l'adoration, l'amour pur et sincère d'un homme, le dévouement. Quand à Damon, je n'étais pas certaine de pouvoir corroborer les propos de ma génitrice. On ne s'aimait définitivement pas. On avait quelque chose de spécial. Mais rien d'une relation amoureuse. Peut être de l'amitié. Et encore. Une amitié à sens unique. Moi je le considérai comme un ami. Damon me voyait comme «la copine de Stefan que je me coltine» ou «une poche de sang» ou un passe temps capable d'entendre sans moufter ses réflexions sadiques et pleines de luxures. Je voulu répondre à Isobel et me retournais. Une nouvelle bourrasque de vent. Puis plus rien.

Stefan s 'approcha de moi et me pris dans ses bras. C'est alors que je me rendis compte que des larmes coulaient sur mes joues. Stupides, stupides, stupides larmes! Elle n'en valait pas la peine! Définitivement pas. J'aurais voulu me donner des gifles pour hoqueter bêtement. Il me berçait doucement mais mes pensées vagabondaient vers Damon, toujours en retrait et immobile.

Par dessus l'épaule de son frère, je cherchais à capter son regard. Pour qu'il voie à quel point je lui étais reconnaissante. Pour être là. Pour l'avoir toujours été. Il m'observait sans réellement le voir, choqué. On aurait cru qu'Isobel était une gorgone et l'avait transformé en pierre.

Une brusque envie me prit de le rejoindre aussi, mais je la réfrénais en humant le parfum de mon amoureux, qui me serrait à m'étouffer. Il était énormément inquiet. En même temps je ne pouvais que le comprendre. Damon et moi nous nous étions rapprochés. Lui, le vampire sournois avait accepté de me faire confiance. D'agir dans mon intérêt. Je pouvais avoir une certaine influence sur lui, alors que son frère n'avais rien. Je ressemblais à Katherine...

J'embrassais ses lèvres avec une douceur infinie, qu'il sente tout l'amour, toute la reconnaissance que j'éprouvais à cet instant. Il me rendit mon baiser avec fièvre, précipitation même. Il me serrait tellement fort que j'eus peur à un moment qu'il ne me brise tous les os. Il murmura à mon oreille:

«-Tu veux que je te raccompagne?»

Je lui souris tendrement et prit son visage en coupe dans mes mains. Ses prunelles brûlaient d'inquiétude. Je souris paisiblement. Nous allions bien. Personne n'avait été blessé, l'invention était hors d'usage.

«-Stefan, cesse de te faire du soucis. Même si je sais que froncer les sourcils ne te donnera jamais de rides, ça nuit à ton sex appeal.» Tentais-je. Ma blague lui arracha un sourire timide.

«-Isobel a dit tout ça pour nous monter les uns contre les autres. Je sais ce qu'il en est. J'espère que toi aussi. Je ne suis pas ce genre de fille, Stefan. Je ne me serais pas battue pour toi si je n'avais pas été sincère.»

Il s'excusa doucement, prenant ma main dans la sienne. Il souffla, penaud.

«-Je sais. Désolé.

-Je vais rentrer à pieds. J'ai besoin d'être un peu seule, après tout ça. Ca m'a pas mal chamboulée, tu vois.»

Stefan sembla blessé sur le coup, puis il sourit, de son joli sourire de gamin qui me fait fondre, celui qui me fait croire qu'un jour, lui et moi ça sera simple. Quand on aura géré les vampires, les oncles mal léchés and co.

«-Bonne nuit, Elena. Tu m'appelles quand tu es rentrée?

-Oui, oui, histoire que tu vérifies si un puma ne m'a pas croquée.» Ris-je doucement.

J'embrassais une dernière fois Stefan puis lui tournais le dos afin de rejoindre la maison.

/ FIN FLASHBACK /

Ca, c'était le plan à l'origine. Celui que MOI j'avais mis en place. Parce que je savais que Stefan était un garçon à flipper pour le moindre truc. Et aussi parce que je n'étais pas si innocente après tout. Oui j'aimais mon vampire blond. C'était tellement évident.

A chaque fois qu'il apparaissait, il me faisait de l'effet. Lorsque je ne le voyais pas pendant une journée, j'étais paniquée. J'avais besoin de sa voix, de son visage, de son odeur.

Mais d'un autre côté, il y avait Damon. Et avec lui, je ne savais jamais sur quel pied danser. Ni ce que je voulais de lui. D'ailleurs, voulais-je quelque chose?

Aucune idée.

Tout ce que je savais c'est que j'étais irrésistiblement attirée vers lui.

Et que je ne faisais rien pour m'en détacher.

Ou plutôt, je ne voulais pas m'en détacher. C'était là tout notre drame.

/ FLASHBACK /

POV Damon

Elena avait repoussé gentiment Stefan, mais je sentais émaner d'elle énormément de confusion. Elle éprouvait à l'unisson avec moi. La révélation d'Isobel avait été un cataclysme pour moi. Elle avait mis des mots sur ce que je n'osais penser. Non, je ne pouvais pas aimer Elena. Parce qu'Elena était Elena, avec ses grands yeux chocolat tellement sensibles et humides comme ceux d'un cocker, ses valeurs, sa droiture. Rien ne nous rassemblait. On ne s'appréciait que pour mieux se déchirer par la suite. Et lorsqu'elle m'émouvait, qu'elle baissait sa garde avec moi, ça débouchait toujours sur une catastrophe.

Mais quand Isobel avait répondu «Parce qu'il t'aime», Elena avait tourné la tête vers moi, interrogative. Son coeur s'était emballé. De peur? De joie? De dégout? D'espoir? Elle m'avait dévisagé avec insistance, elle avait attendu quelque chose de moi. Peut être tout simplement que je démente. Impossible, j'étais trop désarçonné par cette réplique que je n'avais pas vu venir... parce que je n'étais pas prêt moi même à entendre qu'il puisse exister un «nous» entre la petite humaine et moi. Et pourtant, je devais avouer que même si ça me semblait bien étrange, ça ne me révulsait pas. Au contraire...

Elena donc était partie. Stefan, en bon prince avait accepté son petit caprice de solitude. Mais comme cette fille à l'art et la manière de s'attirer tous les ennuis possibles, (les six plaies d'egypte se seraient abattues sur elle que ça ne m'aurait étonné qu'à moitié) moi je ne l'avais pas lâchée d'une semelle. Nan mais, Isobel pouvait être n'importe où. Et quelque chose me disait que l'appareil n'était pas le seul motif de sa réapparition. Peut être une vengeance. En tout cas, la maman d'Elena m'avait dans le collimateur et je ne savais pas trop ce qu'elle pensait de sa fille. Alors, à tout hasard, mieux valait lui jouer les gardes du corps.

Je la suivais, comme une ombre, glissant sur le bitume, sans un bruit. Elena ne fit pas attention pendant de longues minutes et je pus admirer tout à loisir la finesse de ses attaches, le galbe de ses jambes de pompom girl et de danseuse. Il n'y avait pas à chiquer, Elena était rudement bien balancée, il aurait fallu être aveugle pour ne pas s'en rendre compte. Quoique même un aveugle l'aurait perçu... avec ses mains. Est ce que je peux me la jouer aveugle pendant 5 minutes?

Je ricanais face à mes divagations et je vis l'humaine frémir. Ni une ni deux, elle se retourna, pieu dressé, en position d'attaque.

Je ne pus me retenir d'éclater de rire face à notre Elena en mode Rocky Balboa. Lorsqu'elle me reconnu, elle parut bien embarrassée et baissa son arme, piteuse. Je la rejoignis en deux secondes et commençais:

«-Tu sais que tu rendrais jalouse Buffy avec ton petit pieu tout choupinou.

-Tu veux voir de quel bois il se chauffe le petit pieu tout choupinou?» Répliqua t'elle avec humeur.

«-Elena, le sarcasme ne te va pas.

-Vraiment?

-Tu ne fais pas partie du côté obscur, tu ne peux pas avoir ce petit côté suffisant que nous les vampires nous arborons.

-Arrête d'être arrogant, Damon.» Conclut-elle en serrant son pieu un peu plus fort.

«-Oh, mais c'est que tu me ferais presque peur!» Me moquais-je. Elle me donna un petit coup dans les côtes, amusée, puis redevint sérieuse.

«-Merci d'être venu avec moi. D'avoir été compréhensif toute la journée. Même si on a joué avec ta vie.

-Faut bien jouer avec quelque chose. Et puis, c'est plutôt ma non-vie.

-Oui, bon, on se comprend.» Bougonna t'elle, mal à l'aise.

-»On se comprend» murmurais-je avant de reprendre fort: «Bah, t'inquiète Elena, tout le plaisir était pour moi.»

Elena ne fit pas un seul mouvement. Elle savait que j'étais un genre de mec instable, elle n'osait pas reparler d'Isobel, de peur que je n'assume pas ou que je fasse une bêtise. Je lui en fus très reconnaissant. Nous arrivâmes devant sa maison. Elle me remercia poliment de l'avoir raccompagnée. Tout ce qu'elle esquissa comme geste fut une sorte de caresse sur ma joue, d'une infinie tendresse.

Alors, je la regardais avec une intensité toute repensais en la voyant fragile et calme face au monstre que j'étais à toutes les filles que j'avais connu, avec qui j'avais couché, sur lesquelles je m'étais nourri, ou même que j'avais seulement désiré. Je me dis qu'elles étaient comme des poupées russes. J'avais passé ma vie entière (et aussi ma mort, sinon ce n'est pas drôle et triste) à jouer à ce jeu. J'avais toujours été curieux de savoir qui serait la dernière, la toute petite qui y était cachée dès le début. Je n'avais pas pu l'attraper directement, ce n'est pas du jeu, j'avais été obligé de suivre une voie, un chemin de croix de plus d'un siècle et demi. Je les avais ouvertes, les unes après les autres en me demandant à chaque choix «Est ce que c'est elle la dernière?»

Et pour la première fois, je me pris à espérer que se fut elle.

J'avais couru de par le monde, pour aller partout, mais je ne croyais pas pour autant que ça me mènerait quelque part.

Et certainement pas là.

Elena me souriait et déposa sur ma joue un baiser, tout doux avant de faire un petit signe de la main pour me dire bonsoir. Alors qu'elle allait refermer la porte et que je tournais le dos à la villa, elle m'interpella:

«-Damon!»

Je me retournais vers elle, comme un tournesol face au soleil. Un aimant. Elle bougeait, je bougeais, c'était plus fort que moi.

«-Yep, Elena?»

Elle tordait ses doigts, signe de nervosité de sa part. Je patientais.

«-J'ai une question à te poser, réfléchis bien avant de répondre.»

Okay, je suis vraiment intrigué là.

«-Vas y, je t'écoute.

-Quand deux personnes s'aiment vraiment mais qu'elles ont toujours l'impression que ça ne colle pas, à quel moment elles s'aperçoivent qu'il n'y a pas d'espoir pour elle? Que quand c'est fini, c'est fini?»

Je passais maladroitement une main dans mes cheveux afin de me donner contenance. je n'étais pas doué pour ce genre de conversation, c'était bien ma veine! Je choisi de répondre avec mon coeur. (enfin avec la pierre qui me sert de coeur)

«-Jamais, Elena. Jamais.»

Elle haussa des épaules et ferma la porte, sourire aux lèvres.

oOoOoOoOoOo

J'étais rentré au manoir et me servais un verre de Bourbon bien mérité. C'est moi où la journée avait été épuisante et riche en rebondissements? J'étais EPUISE.

Les pas de Stefan rompirent mon moment de solitude et de réconfort. Bon sang, mais ce gamin n'a t'il voué sa vie qu'à me taper sur le système? Alors que je devinais son regard inquisiteur sur moi, je décidais de l'inviter à prendre la parole. Plus vite il le ferait, plus vite je serais peinard.

«Vas y, Stef. Quoi que ce soit, vas y, balance.»

Stefan prit une grande inspiration. Mauvais signe, il est très sérieux. D'ailleurs son faciès l'est aussi. Et contrarié en plus.

«-C'est à propos de ce qu'a dit Isobel.»

Je savais que j'aurais du vider cette femme de son sang. Ou que j'aurais du l'éviscérer dans la journée. Je suis devenu trop gentil, ramollo et mou du genoux, pétri de guimauve et de tendresse au contact de Stefan le névrosé et de son humaine!

«-Quoi?» Dis-je avec une fausse décontraction. Mon cadet sembla marcher (l'imbécile fini! Je devrais lui demander s'il n'a pas postulé pour jouer un petit rôle dans les lapins crétins, je suis sûr que ça lui irait comme un gant la bunny attitude)

«-Et bien je sais que toi et Elena vous vous êtes rapprochés. Et je sais qu'elle tient beaucoup à toi, et que toi aussi, de ton côté tu tiens à elle.»

J'avais envie d'exploser de rire face à l'absurdité de la situation. Comment Stefan pouvait il avoir peur de ma relation (instable et compliquée) avec Elena alors que lui était le genre d'homme idéal. Je n'aimais pas non plus la pente que nous prenions parce que c'était m'obliger à démêler mes sentiments et je n'étais pas prêt pour ça.

Alors, circulez, y'a rien à voir.

Utilisant ma meilleure amie de langue, l'ironie, je répliquais:

«- Oh oh, mais c'est que cette conversation prend une direction... intéressante, dis moi!

Je suis inquiet. Je ne veux pas qu'Elena soit blessée» Répondis Stefan avec une légèreté feinte. Et VLAN Damon, prends toi ça dans la figure! Aoutch. Stef était tombé sur un écureuil teigneux ou quoi? 1 pour le blond, 0 pour ma pomme. Il allait falloir y remédier. Il poursuivit:

«Elle te considère comme un ami.»

Non mais c'est qu'il commence à me chauffer lui avec ses sous entendus à la c*n!

«- Pareil pour moi. Elena est une très bonne amie. En fait, je pense même qu'on peut dire qu'elle est ma seule amie. Ca explique pourquoi je boycotte facebook! Mais bon... J'vois pas où est le problème.

-Au risque de passer comme le gars qui...pour le petit ami jaloux» Avança t'il, mal à l'aise que je le prenne «cool» et «détaché». Sarcastique à souhait je lâchais

«- Oh, aucun risque. Tu l'es.»

ET DAMON SALVATORE EGALISE! 1 partout, balle au centre dans le petites piques assassines entre frères quand à leur relation avec Elena Gilbert.

«- L'histoire ne va pas se répéter, en ce qui concerne Elena. Tu comprends ce que je veux dire?»

Nan, ducon, je suis tellement vieux que j'entends plus rien. Scoop, les vampires ont besoin d'un sonotone! Non mais il me prend pour qui l'asticot végétarien?

Je répondis vaguement, trop amusé par toute cette histoire. Rejoignant le guéridon et mon verre de bourbon, je vis mon frère se placer devant moi et répéter ses derniers mots de sa voix grave, sombre et «menaçante».

Franchement, qui se dévoue pour lui dire que sa paranoïa le rend un brin pathétique? (et encore, je suis gentil)

«-Stef, relax. Take it easy comme dirait Mika. Vraiment. On est juste amis. Bon, en plus ça me soulage tout ça parce qu'en tant qu'ami je ne prévoyais pas de lui dire la vérité de toute façon. Je te laisse faire, perfect boyfriend.» Assenais-je, sarcastique.

Se fut au tour de baby brother de faire des yeux de merlan frit. Je m'y ferais jamais, mon petit frère a vraiment des expressions bizarres.

«-De quoi tu parles?»

C'est moi où il est vraiment vraiment vraiment... BLOND. A, autant pour moi, il l'est. Et c'est 100% naturel.

«-De John. Je sais que vous n'aimez pas avoir de secrets l'un pour l'autre. Là je parle avec Elena. Parce que sinon, ça voudrait dire que tu sors avec John et je trouverai ça très étrange. Quoiqu'avec toi, on peut s'attendre à tout.

-Où veux tu en venir?»

Okay, le cas Stefan est vraiment désespéré. Quelqu'un pourrait il mourir histoire qu'on lui fasse une greffe de cerveau? Je pense que le régime végétarien a grillé les derniers neurones qu'il lui restait.

«-Je suis le seul par ici qui sait ce que 2+2 font? Isobel. Allo, la terre? Elle sortait avec John quand elle avait 15 ans. Elle est tombée enceinte. Oh, et elle a accouché avec l'aide du Docteur Gilbert, le frère de John. Atta, atta... Soit Isobel est une nouvelle immaculée conception et tu sors avec la petite soeur de Jésus. Ou sinon tu es rationnel pour une fois et tu poses la bonne question: quel est le rôle de John dans cette histoire, à ton avis? Vas y cherche... Oh, une étincelle dans tes yeux torves! T'as saisis? T'y es, maintenant? Ou t'es une girafe et ça met du temps à atteindre ton cerveau?

-Donc tu penses que John est le père d'Elena.»

BINGO little bro! Afin me parfaire mon ironie et mon sarcasme j'imitais les loupiotes des casinos quand le Jackpot tombe ainsi que le bruit des jetons.

«-Tu vas être génial. T'es doué pour lâcher des bombes avec tact. Dors bien.» Dis-je avant de me retirer. Stefan soupira, dépité. Avant de le quitter, je précisais, histoire de le faire bisquer un peu (oui, je ne suis pas très fair play, et alors?)

«-Oh, et quand tu le diras à Elena... et qu'elle aura besoin de quelqu'un à qui parler... dis lui que je suis là pour elle.»

Je m'affalais sur mon lit et observais le petit jour pointer. Je sentis alors quelque chose dans ma poche et y fouillais. J'y découvris une lettre et reconnu instantanément l'écriture ronde d'Elena.

«Fais un voeux et place le sur ton coeur.

Tout ce dont tu as envie, tout ce que tu veux.

C'est bon? Bien.

Maintenant croies que ça peut se réaliser. On ne sait jamais quand un miracle peut arrive, un sourire ou un souhait qu'on a longtemps imaginé et qui se réalise. Mais si tu crois que ça peut t'arriver au détour d'une rue et que tu ouvres ton esprit à cette possibilité, à cette certitude, il se pourrait qu'il se réalise. Le monde est plein de magie, qu'on nomme le hasard, le destin. Il suffit d'y croire. Alors, tu le fais ton voeux? Tu y es?

Maintenant, crois-y de tout ton coeur.

Parce que moi, j'y crois.

XOXO, Elena.»

Je froissai le papier et je ne sais plus quoi penser. Et si on s'aimait, pour de vrai? Je voulais dire de l'amour vraiment vrai. De celui qui me donne des sueurs froides rien qu'à l'imaginer. Le soleil brillait et j'avais l'impression de sortir moi aussi des ténèbres. Aujourd'hui commençait une nouvelle vie pour moi. Elena avait osé faire le premier pas. A moi de la rejoindre. Et je savais exactement ce que je devais faire...

oOoOoOoOoOo

Voilà voilà voilà !

Comme je n'ai pas de Bonnie, n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !

De plus… C'est mon seul salaire ! :D

La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.

A très vite

Mille Morsures !

Eléa Telmar.