Bonjour amis lecteurs, en attendant la fin du Hiatus de la saison 2 de Vampire Diaries ce soir (et ça va dépotter moi je vous le dit, j'le sens !), je vous livre le chapitre 6 de cette fic (sachez que le 7 est écrit et que je suis entrain de ploger dans le 8).

Je tiens encore à remercier les reviewers (et les lecteurs) pour leurs petits mots, leurs encouragements qui sont le seul salaire de nombreuses heures d'écriture et aussi de décortication des scènes de la série. Je suis touchée de voir que vous suivez toujours malgré les mises à jours très… espacées.

Bonne lecture (ATTENTION CHAPITRE LONG)

Morsures !

Votre dévouée auteur,

Eléa Telmar.

Chapitre 6: Rendre les armes

POV Elena

Aujourd'hui nous fêtions les fondateurs. Je me préparais à assister aux cérémonies en grande pompe puisque aujourd'hui je défilais sur le char de Miss Mystic dont j'étais la dauphine, en costume d'époque. Je suffoquais dans ma robe, trop lourde et chaude pour cette belle et suffocante journée d'été. J'étais définitivement certaine que seuls des hommes devaient créer des vêtements à cette époque, car ils étaient hautement inconfortables. Superbes sur un cintre, ils torturaient la malheureuse qui les portaient. Jenna serrait toujours plus le corset et j'hoquetais à chaque laçage. Dieu, ils veulent tous nous tuer. Pourquoi donc Caroline adorait Autant en Emporte le Vent? Car c'était elle qui avait tout choisi pour le char, dans les moindres détails, et donc aussi les robes à crinoline. Avec tendresse, ma jeune tante caressa mes cheveux que nous avions passé des heures à discipliner et à boucler, dans un geste maternel qui me désarma. Longtemps je l'avais considérée comme une amie, maintenant je me prenais à l'aimer plus que tout. Jenna ne remplacerait jamais ni maman ni papa, mais elle remplissait son rôle avec douceur et générosité. De jeune femme insouciante et irréfléchie, elle était devenue une femme mûre, assurée. Elle avait grandi suite à ce drame, comme Jeremy et moi. Elle embrassa ma joue tout en passant par dessus ma taille un immense ruban de soie verte. J'ajustais la ceinture en souriant, tandis qu'elle nouait le tissu dans mon dos dans une énorme papillote. Satisfaite du résultat, elle m'obligea à tournoyer sur moi même pour admirer le résultat, qui était tout à fait charmant, bien que cocasse. Je n'avais jamais eu un postérieur si volumineux et ma tante me conseilla de prendre garde quand je bougerai de ne rien renverser. Nous partîmes dans un fou rire joyeux à nous faire pleurer avant qu'elle ne me laisse seule pour quelques retouches maquillage. Je devais convenir que la jeune fille que j'observais dans le miroir me devenait de plus en plus étrangère, à mesure que je détaillais ma tenue. Droite comme un i, gracieuse et en même temps pleine de noblesse, le cou dégagé, il ne restait plus grand chose de l'adolescente timide et tourmentée que j'étais devenue depuis la mort de mes parents. Cet attirail me redonnait de l'éclat et de l'assurance. Ma robe dans les tons d'automne me convenait parfaitement, en accord avec ma carnation et mes cheveux bruns. J'esquissai un petit sourire en coin et hoquetai de stupeur. Là, dans le miroir, ce reflet étranger me parut le temps d'un court flash être celui de mon sosie, Katherine.

Un battement de coeur, un froissement de muscle et l'illusion se dissipa. Mais pas la gêne. J'avais l'impression de ne plus m'appartenir. Aujourd'hui je n'étais plus Elena.

Aujourd'hui j'étais elle.

Katherine.

POV Damon

Il faisait beau en cette matinée de Mai et une folle agitation régnait sur la ville. On se serait cru dans une ruche. La journée des fondateurs, rien que ça. Personnellement j'en étais un peu blasé, étant moi même un des Fondateurs. Il y avait un char pour la pseudo bataille de Willow Creek où «Stefan et Damon Salvatore» avaient perdu la vie tout comme d'autres civils comme «Pearl». Si ça n'est pas ironique cette petite histoire! Jeremy le frère d'Elena ajustait les derniers accessoires du char et m'adressa un sourire sombre. C'est moi ou aucun petit frère ne m'apprécie? D'ailleurs, en parlant de frère, où était mon boulet?

Stefan prenait bien soin de m'éviter depuis plusieurs jours. Il ruminait l'idée d'annoncer à Elena qu'elle était la fille naturelle de John. Et craignait que je lâche l'info. Malgré 145 ans de vie vampirique, mon frère ne me connaissait tellement pas. Je n'aurais jamais pu faire ça à Elena. Réellement pas. Il était sur les dents. Ou plutôt crocs. Ok, ok, ce n'est jamais très agréable de découvrir que son père n'est pas ce qu'on imagine. Cependant, je sentais qu'Elena en avait besoin. Elle était du genre à vouloir savoir d'où elle venait pour mieux se construire. Nous avions oublié ce trait d'humanité, nous autres vampires.

Bonnie passa sans me voir, me dévisageant d'une façon bien peu affable. Aoutch, s'être mis une sorcière à dos, ce n'est pas très intelligent. Mais je ferais avec.

Alors, où était Stef? Après le jeu «Où est Charlie» voici «Où est Stefan». Mais c'est beaucoup moins amusant. Si au moins j'avais une Elena pour m'aider dans cette quête du Graal, ça deviendrait tout de suite bien plus drôle. Parce que la petite humaine avait ce don de transformer même les trucs les plus barbants en trucs potentiellement fun.

«- Que fais tu ici, Damon?»

Ah, j'ai trouvé Grincheux. Finalement, quand on pense à sa chérie, il rapplique. Aurait il des pouvoirs surnaturels genre médium? Ca demande confirmation...

«-Damon, je suis sérieux, pourquoi es tu là?»

Hummm c'est moi ou il pose encore des questions bêtes et inintéressantes?

«-Si je te dis que je suis là pour manger de la barbe à papa...

-Je te traiterai de menteur. -Je n'ai pas précisé de quelle genre de barbe je parlais.» Ricanais-je et je le vis se tendre. Ce qu'il était prévisible et prude! Plus sérieusement je repartis:

«-Je suis venu te chiper ta chérie.

-Ne commence pas Damon.

-Oh, mais c'est toi qui a commencé, Stefan avec ton petit speech genre «j'me sens menacé, laisse Elena tranquille etc etc». Ca m'amuse énormément.

-Tant que tu m'écoutes.» Assena mon petit frère. La menace était à peine voilée et cela me fit sourire. Ce qu'il pouvait être possessif quand il le voulait!Il voulait jouer. On allait jouer, non mais.

«-Mais je te comprends, petit frère. Je suis le plus sexy, le plus sauvage, le plus in-cernable de nous deux. Tu as peur que maintenant que Katherine ne compte plus je me retourne vers le double. Mais Elena n'est pas Katherine.»

Je venais juste de prononcer ces mots quand ladite Elena s'avança vers nous. Et ce que je vis me coupa le souffle. Enfin, métaphoriquement, c'est ça le désavantage de la mort, c'est qu'on ne peut même plus faire de compliments grandiloquents.

Elle avançait à petits pas menus, malhabile dans sa lourde robe. Elle soulevait le bas comme si elle avait peur de se prendre les pieds dans l'ourlet. De ses yeux chocolats, elle toisait la foule, cherchant sans doute son prince charmant, j'ai nommé Stefan. Quand elle l'aperçut, elle se figea instantanément. Nous, les deux frères chamailleurs nous étions aussi devenu muets. La ressemblance avait toujours été frappante avec Katherine, mais là, elle éclatait au grand jour. Elle avait le même charme, la même prestance, le même charisme. Il émanait d'elle cette impression de puissance et de faiblesse qui m'avait désarmé chez la vampire quand elle était arrivée à Mystic Falls. Elle souriait de la même façon que Katherine aujourd'hui. Un peu trop fièrement.

J'allais pour faire un pas vers elle, mais mes jambes avaient décidé de ne pas m'obéir. Je me contentais donc de l'observer avec adoration.

Elena hocha la tête, humblement, et nous fit la révérence.

Si j'avais été en vie, mon coeur aurait cessé de battre.

POV Elena

Damon s'était figé. On aurait cru qu'il s'était transformé en statue en m'apercevant. Je me rembruni, comprenant que le voile que j'avais vu passer sur ses yeux clairs était sans doute dû à ma ressemblance avec sa chère Katherine. Il se reprit et m'adressa un sourire narquois et tapota dans le dos de son frère, comme pour l'encourager. Pincez moi je rêve, Damon qui montre à son frère de la sollicitude!

J'avançais au devant d'eux cherchant à ne pas grimacer au moindre pas. J'avais l'impression d'être la petite sirène d'Andersen: afin de se faire aimer du prince, elle vend sa voix contre des jambes. Mais la cruauté de la sorcière ne s'arrête pas là: la pauvre jeune fille devait ressentir la douleur des lames de rasoirs entaillant ses chairs à chaque pas. Voilà à peu près ce que je ressentais à cet instant précis. Damon s'approcha de moi et baisa ma main avec une élégance toute droite ressortie de son éducation de 1864. Il ne déposa pas ses lèvres sur le dos de ma main, plutôt l'effleura. Une infinie sensualité émanait de ce geste. Damon était un pécheur et représentait la tentation de chair ultime. Le moindre de ses gestes devenait noble et pur, malgré sa monstruosité.

«-Bonjour Elena.

-Damon.

-Profite bien de ton moment de gloire et fais attention à toi.

-Il n'y a plus rien à craindre de toute façon.» Soulignais-je doucement. Il opina du chef.

«-Avec toi on ne sait jamais. A chaque fois qu'il y a une accalmie à Mystic Falls, une nouvelle catastrophe arrive et tu es au coeur de tous ces drames. Tu es poisseuse.

-Merci du compliment.

-De rien, ça fait plaisir.» Ironisa t'il. J'étais furieuse contre lui et je m'empressais de retrouver mon amoureux. Il me stoppa cependant d'un trait:

«-En tout cas Elena, tu as tout d'une grande.

-C'est parce que j'ai mis des talons!» Repartis-je et il ne put retenir un sourire. Je le quittais alors, rejoignant Stefan qui n'avait pas loupé un mot de notre conversation, qui arborait une mine sombre, renfrognée.

Je déposais un baiser-fleur sur ses lèvres, prestement mais tout de même voluptueux. Il m'avait manqué ces derniers jours. Il me repoussa doucement ce qui me fit froncer les yeux. Ce n'était pas la réaction à laquelle je m'attendais. Je détestais cette distance qu'il instaurait entre nous depuis les révélations d'Isobel. Certes, pendant un temps je m'étais oubliée avec Damon mais le seul qui pouvait m'aimer comme je le désirais, c'était Stefan. Il possédait toutes les qualités que j'attendais d'un hommes: la douceur, l'abnégation, la bonté, la sagesse, la tempérance. C'était un amant, un ami, un frère et un partenaire. Inquiète de sa froide réaction, je soufflais:

-»Qu'est ce qui se passe, Stefan?»

Il m'observa de ses yeux bruns et brûlants sans dire un mot, tout en caressant mon visage doucement. Il déglutit avec peine et murmura finalement:

«-Il faut qu'on parle, Elena.»

Mon coeur s'était glacé dans ma poitrine. D'instinct, mon esprit rejetait cette idée. Je percevais que ce qui sortirai de cette conversation ne serai pas bénéfique à mon endroit. J'avais envie de lui hurler «NON» mais rien qu'un gargouillis s'échappa de mes lèvres. Je tremblais qu'il ne mette fin à notre relation. Si tel était le cas, on aurait l'air bien sur le char tout à l'heure. Et puis je ne pouvais pas le perdre. Il faisait partie de moi. Frissonnante, malgré la chaleur du soleil au zénith qui mordait ma peau, je m'entendis lui répondre:

«-Viens, qu'on se trouve un endroit tranquille.

-Non, c'est bien ici». Assena t'il, abrupt.

Okay okay okay, ça sent de plus en plus mauvais cette histoire.

«-Elena, ce que je vais dire ne va pas te plaire mais...»

Ma respiration s'accéléra, les larmes me montèrent aux yeux. Non, pas maintenant, pas alors qu'on a surmonté toutes ces erreurs, tous ces drames. Il ne pouvait pas renoncer.

J'attendis la sentence, patiemment, trop choquée pour chercher à me défendre. A nous défendre.

«Elena, j'ai découvert qui était ton père.»

Je faillis tomber à la renverse. Si je m'attendais à ça. Stefan enchaina:

«John Gilbert est ton père.»

Mon amoureux me laissa un moment afin de digérer la nouvelle. Incrédule, je sortis après de longues minutes de mon mutisme.

«-John? Mais.. c'est possible?

-Je n'ai pas de preuve, mais, il sortait avec Isobel quand elle était ado. Et c'est lui aussi qui l'a amené au bureau de ton «père» quand elle était sur le point d'accoucher.»

En effet, ça faisait quand même pas mal de coïncidences... Mais cette nouvelle ne me comblait pas vraiment comme je l'avouais à mon amoureux:

«-Durant toute ma vie, je n'ai jamais apprécié cet homme. Je...

-Je suis désolé, Elena. J'ai voulu te le dire avant que Damon ne te l'annonce, c'est lui qui a fait le lien et...»

Damon? Damon avait trouvé? Vraiment?

Paradoxalement je ne partageais pas la crainte de Stefan. Damon ne m'aurait rien dit de but en blanc, il m'aurait forcé à chercher, à fouiner. Il n'aimait pas les choses simples. Et ça m'aurait peut être même moins fait souffrir que cette vérité toute nue que me servait le cadet des Salvatore. Cependant, je rassurais et remerciais Stefan.

«-Je suis heureuse que tu me l'aies dit. J'ai juste... C'est tellement fou... et je suis supposée faire quoi? Me planter devant lui et le mettre face à ses responsabilités? Ou faire des insinuations? Ou tout garder pour moi?»

C'était une nouvelle tuile qui me tombait sur la figure. Jeremy, mon frère, me détestait ayant découvert que j'avais masqué le meurtre de son ex petite amie, Vicky, transformée en vampire par Damon et tuée par Stefan alors qu'elle s'attaquait à lui. Puis j'avais demandé à Damon de lui effacer la mémoire. Rien que pour ça, il pouvait me détester à vie et même au delà. Comme s'il avait lu dans mes pensées, mon vampire souffla:

«-Tout va s'arranger. C'est ton frère, Elena. Il comprendra. Pour le moment il est furieux parce qu'il est perdu. Ca passera.»

J'avais tellement envie de le croire. Mais quelque chose au fond de moi me disait que ça ne serait pas si facile.

D'ailleurs, au loin, j'aperçus mon cadet et m'empressais de le rejoindre.

J'appelais Jeremy, courant malgré les volants de ma robe. Cet objet était vraiment une atrocité. Je soulevais mes lourdes jupes afin de parvenir à effectuer de plus grandes enjambées.

«-Jeremy! Jeremy, s'il te plait, attends moi.» Criais-je tout en le rejoignant. Je posais ma main gantée sur son bras. Il se détacha de mon étreinte, brusquement.

«-Dégage Elena. Laisse moi tranquille.»

La haine que me vouait mon frère, avec lequel j'avais toujours été si proche me blessa. Je tentais maladroitement:

«-Jeremy, s'il te plait... Je ne veux pas que ça se passe comme ça entre nous.

-Pourquoi ne pas demander à Damon d'effacer ma mémoire à nouveau?» Arga t'il, furieux. J'accusais le coup bien qu'il soit cruel et injuste d'une certaine façon. Il poursuivit «Comme ça je redeviendrai ton petit frère paumé.» Il chercha à me quitter et je l'en empêchais:

«Jer!

-Stop! Ce que tu as fais... ça ne se répare pas. Pas aussi facilement. Tu m'as trompé Elena. Tu as transformé mes souvenirs et que sais-je encore. Comment veux tu que je te pardonne ça? Toucher à mon intégrité. Franchement, mets toi à ma place.

-C'était pour ton bien...» Argumentais-je.

«-Et bien maintenant occupes toi de tes affaires et laisse moi tranquille.» Trancha t'il avant de rejoindre son char, sur les ordres d'Alaric.

oOoOoOoOoOo

La parade se déroula sans heur. Je souriais, masque de joie de circonstance, malgré la tempête qui grondait dans mon coeur. Alors que je faisais un petit signe à Bonnie, Damon sortit de nulle part et fit en sorte que Stefan croit que je le saluais. Je grimaçais et cherchais à rassurer Stefan. Il faudrait que je parle aussi en tête à tête avec Damon. Il devait cesser son petit jeu de séduction. Avec ces blagues, il blessait son frère, il me tourmentait.

oOoOoOoOoOo

J'avais envoyé un SMS à Damon lui demandant de me retrouver au Grill, après la parade. Je me changeais très rapidement afin d'arriver à l'heure à notre rendez vous. J'évitais Stefan que je sentais de plus en plus inquiet. Il fallait mettre un terme à tout ceci. Je tombais sur Damon directement. Il se tenait à une distance raisonnable de ma personne. Le brun n'avait que très rarement des contacts avec moi. Comme si ma peau pouvait le brûler. Pas de tendresse. Jamais il ne m'embrassait sur la joue pour me dire bonjour, jamais il ne me prenait dans les bras pour me consoler, sauf cas de force majeur. Il entama la conversation.

«-Je te préfère comme ça. En civil. Le look de cette période... ne t'allait pas vraiment.

-Serais-ce une insulte?

-En réalité, Elena, c'était un compliment de premier ordre.»

Je baissais les yeux, gênée par le velours de sa voix, le ton de la confidence. Il instaurait une sorte de proximité entre nous malgré les gens autour de nous. Il parvenait à nous isoler du monde. Plus rien n'existait que lui quand il était à mes côtés.

Je pris mon courage à deux mains et allait droit au but de notre entretient:

«-Damon, écoute... je sais que Stefan est inquiet à propos de notre amitié.

-Notre amitié?

-Bien euh... oui.

-Il t'as sermonné toi aussi?

-Non? Pourquoi? Il t'a dit quelque chose?» M'écriais-je. Parce que si Stefan avait dit à son frère de me laisser tranquille alors je devrais me montrer encore plus vigilante. Avec l'esprit de contradiction de Damon, il ne me laisserait aucun répit. Et si Damon se montrait vraiment raisonnable, la distance qu'il mettrait entre nous me serait insupportable. Oui j'étais comme Katherine finalement. Je les voulais tous les deux. J'avais besoin d'eux deux. Il me répondit tranquillement:

«-Non, non. Rien qui ne mérite d'être répété.

-Bien. Alors, je pense que tu devrais arrêter avec tes commentaires à double voir triple sous entendus. Et aussi ces regards que tu me lances.»

Il m'enveloppait d'un regard tendre et fou tout à la fois, caressant et terriblement troublant. S'il savait ce qu'il me coûtait de renoncer à cette tendresse rude. C'était un pan «amimoureux» que j'appréciais. Il me donnait un équilibre. Mais poursuivre cette relation ambigüe était égoïste de ma part. Je ne pouvais pas aimer les deux frères. Damon n'était pas pour moi. Ma raison me le soulignait à chaque instant. Mais mon coeur semblait se déchirer à chacune de mes paroles. J'avais peur de le perdre, définitivement.

«-Quel regard?» Demanda Damon, faussement innocent, tout en me regardant avec une telle intensité que j'en eus un frisson. BON SANG! Une dernière pique pour qu'il saisisse bien mon propos.

«-J'aime Stefan, Damon. Vraiment. Je ne veux pas le perdre. Ne me fais pas regretter d'être ton amie.» Soupirai-je avant de m'éloigner.

« -Je crois que le grand amour n'existe pas, Elena. C'est vrai quoi, on ne le retrouve que dans des films ou dans des chansons!

-Moi j'y crois, Damon. Et si tu avais un jour ressenti ça, tu serais de mon avis.» L'encourageais-je.

«-C'est impossible. Franchement, qui peut dire sincèrement «je t'aimerais pour toujours ?»

-Wintey Youston?

-Oui quand elle est défoncée au crack !» Ricana t'il et il m'arracha un sourire moqueur. Damon jouait, encore, toujours. Afin que personne ne le perce à jour. Il avait trop souffert pour se confier à quiconque, pas même à moi. Je repris mon sérieux et énonçait une vérité que j'avais expérimentée à la mort de mes parents jusqu'à rencontrer Stefan:

«-Tu sais, Damon, la souffrance peut occuper une telle place qu'on en oublie le bonheur. On l'oublie parce qu'on ne se rappelle pas avoir été heureux. Et puis, un jour, on ressent quelque chose d'autre, ça nous fait bizarre, seulement parce qu'on a plus l'habitude. Et à ce moment précis on se rend compte qu'on est heureux.»

POV Damon

Les paroles d'Elena résonnaient dans mon crâne. Comment pouvait elle si bien me comprendre. Sa douceur, sa tendresse me blessaient plus surement que des balles de bois. J'étais écartelé par sa fraicheur, son naturel poignant. Quel dommage que la vie ne soit pas comme un livre. J'aurais adoré sauter des chapitres, revivre des bons moments et lire la fin, histoire de savoir où tout ceci nous mènerait.

Elena aperçut son frère et alla le rejoindre prestement. Je savais la situation tendue entre eux. Je respectais la petite humaine. Elle cherchait toujours à réparer ses tords, elle ne fuyait jamais ses responsabilités. Elena commença:

«-Jeremy, je sais que je ne peux pas réparer le mal que je t'ai fait. J'ai menti et j'avais tord. Mais Jer', on est frère et soeur. Et je t'aime. Je dois arranger ça. Je dois essayer.

-Va en enfer, Elena.» Cracha son petit frère tout en quittant le Grill. Je serrais les poings afin de ne pas me précipiter sur lui et lui donner une correction. Elena accusait le coup, les larmes aux yeux. Et ces pleurs me broyaient mon coeur mort. Je ne supportais pas de la voir malheureuse. Alors, j'emboitais le pas à l'adolescent, ne sachant pas réellement ce que j'allais faire de lui...

«-Trop de choses se bousculent dans ma tête, et je n'ai aucun moyen de les exprimer!» Pleurnichais-je ironiquement.

-«Tu n'es qu'un con.» Répliqua Jeremy.

Je le saisis par le bras et le retournais brutalement afin qu'il me fasse face. Le jeune homme avait peur de moi, son pouls s'accélérait. Mais il avait trop d'honneur pour l'avouer et cherchait à me masquer son trouble. Acide, je tonnais:

«-Tu ne me parles pas comme ça. Je ne suis pas ta soeur! Et d'ailleurs, en parlant d'elle, tu ne lui parles plus JAMAIS comme ça.»

Je sentais que je sortais de mes gonds et que je me dirigeais vers une pente glissante. Jeremy, insolent repartit:

«- Et quoi? Tu vas me tuer parce que j'ai blessé Elena?»

Oh, mais c'est qu'il me tentait le petit humain rebelle! C'est mal! Et je n'aimais pas le sous entendu de sa question, une sorte de «qu'est ce que ça peut te faire?» Cette question, je ne voulais pas y répondre moi même parce que j'en avais peur.

«-Laisse lui du mou.

-Elle a effacé mes souvenirs.» Argua l'ado. Je le corrigeais brusquement:

«-Errrrr, FAUX! C'était moi! Elle cherchait à te protéger le pleurnichard égoïste!

-Elle n'avait pas à décider pour moi.» Répondit il. Dieu, donnez moi la patience, je sens que sinon je vais l'envoyer vasler contre un mur puis lui rompre la nuque.

«-Lâche moi, Damon, avant que je ne te fasse remarquer.»

Mais c'est qu'il y croit le gosse! J'en tremble. Pfff!

«-Tu serais inconscient avant que tu ne puisse esquisser le moindre mouvement.

-Laisse le partir.»

Stefan. Evidemment. Il ne pouvait pas regarder ailleurs pour une fois? Ou bien ils se sont ligués. Les petits frères qui font tourner en bourrique leurs ainés. Je ne voyais pas d'autre option.

«Ce que Damon essaye de te dire, c'est qu'il ne faut pas en vouloir à Elena...»

Oh, mais c'est que Stef' pensait que tous les gens qui nous entourent sont des mollusques sans cervelle! Franchement, j'avais été assez clair dans ma démonstration, non?

Le reste je ne l'écoutais que d'une oreille distraite. Stefan faisait son mea culpa et s'auto flagellait. Mon dieu que ce garçon était masochiste. Je ne voyais pas d'autre explication à sa passion de se voir toujours le fautif, en tout.

Je savais que mon frère était énervé contre moi. A cause de Jeremy, à cause d'Elena. Cherchant à détendre un peu l'atmosphère, je décidais de faire une petite blague:

«-Le bon et le mauvais flic. Ca marche. Miami Vice nous voilà!

-Que fais tu?» Demanda t'il, abrupt.

Okay, Stefan est donc vraiment vraiment énervé. Peut être même furieux.

«-C'est un voyou.

-La relation qu'a Elena avec son frère ne te regarde restes en dehors de tout ça.»

Mais c'est que Stefan aussi pensait qu'il pouvait me dicter mes faits et gestes! Espèce de poule mouillée, au moins moi je fais quelque chose pour éviter qu'Elena souffre au lieu de tourner le pieu dans son coeur!

«-J'oubliais, y'a qu'un rôle de chevalier blanc. Pardon. J'suis désolé d'empiéter sur tes plates bandes. Mais j'suis le seul à avoir eu le cran de dire ce que nous pensons tous les deux. Dommage.

-Pas de ça avec moi. Tu ne fais pas ça pour de bonnes raisons.»

Touché, coulé. Avantage Stefan. Ou comment me réduire au stade d'une larve. Franchement, quand il était en mode «revanchard», mon petit frère était imbuvable. Et en plus, Elena n'était pas une mauvaise raison. Je ne pouvais pas l'aimer. Mais je me devais de la protéger. Parce que je ne supporterai pas un monde sans elle, pour le moment. Stef' me faisait enrager. Je décidais de le titiller encore un peu. Juste pour la forme.

«-Tu vois, tu redeviens jaloux. Et puis, c'est quoi les bonnes raison Stefan? Celles qui t'arrangent? Allez, éclaire ma lanterne, toi qui sais tout grand manitou.

-Et bien tu vois, Damon, c'est justes quand tu fais le bien de façon désintéressée. Et je sais que ce concept t'es tout à fait étranger.»

Je croisais les bras, prenant une posture arrogante et détachée. Finalement je trompais bien mon monde. Parce que pour une fois, j'avais agi exactement comme un gentil. J'avais agi comme Stefan. Mais j'avais trop de fierté pour l'avouer. Je n'oserai jamais avouer la vérité quand à mes actes. Mon frère me jeta un dernier trait avant de s'effacer, fier de lui:

«-Mais comme tu ne sais pas ce que c'est, je comprends très bien que tu ne puisses pas comprendre ce que je te dis.»

oOoOoOoOoOo

/ 23h 45 /

Je courrais partout. La nuit était tombée et Anna, la petite amie de Jeremy et de surcroit une des acolytes vampires de 1864 venait de tirer le sonnette d'alarme. Les vampires de la tombe allaient marcher sur Mystic Falls. Ils allaient massacrer ses habitants et en particulier les membres des familles fondatrices: Les Forbes, les Lockwood et les Gilbert. Donc Elena.

Les vampires sont des êtres vicieux, cruels. Ils avaient eu un siècle et demi pour ruminer leur vengeance. Ils avaient endurés les pires souffrances durant tout ce temps, des cruautés qui auraient rendu n'importe quoi fou. Ils s'étaient affamés, se transformant peu à peu en momie. Les veines après les années s'étaient affinées, elle avaient séchées et le sang n'avait plus correctement circulé dans leur organisme. Puis, ils avaient durant des années agonisé dans d'atroces souffrances, se transformant peu à peu à parchemin sur patte. Il y avait de quoi se rebeller.

Nous autres, vampires, nous n'avons pas d'équilibre. Tout ce que nous ressentons est exacerbé. Lorsque nous haïssons, c'est un sentiment furieux, insatiable que seul le sang peu calmer. Le sang qui coule, encore et encore, avec ce doux parfum de vengeance. Je ne pouvais pas leur en vouloir, moi même j'étais revenu à Mystic Falls pour assouvir pareil dessein, avant de rencontrer Elena. Si nous haïssons avec violence, nous aimons aussi de désespérément. Nous pouvons devenir n'importe quoi pour l'objet de notre dévotion.

La petite voix fluette d'Anna raisonnait dans ma tête, à l'infini, affolant mon coeur mort.

«-Damon, les vampires de la tombe... ils veulent tuer les familles fondatrices... Ils attaqueront... quand le feu d'artifice commencera... Ils sont déjà là...»

Ils ne feraient aucun quartier. Ils les saigneraient tous, comme des porcs. Le Shérif Forbes, Mme Lockwood, Elena... Tous ces gens qui peu à peu étaient devenu des «proches». Des gens dont je me souciais. Ceux qui avaient peu à peu ranimé mon humanité. Mon pire fardeau. Ma plus grande richesse aussi.

Il fallait que j'empêche ce massacre. Et pour ce faire, je me devais de courir après le temps. Espérons que pour une fois, je gagnerai. D'abord me devais de trouver Alaric, mon petit Blade privé. Nous avions jusqu'à minuit.

/ 23h 47 /

Je trouvais enfin le prof d'histoire. Jamais je n'avais été aussi heureux de le voir. Si ce n'est pas marcher sur la tête ça! Le vampire qui court après le chasseur de vampire, non pas pour le massacrer mais pour lui demander de l'aide. Alaric aimait cette petite ville et il adorait chasser le vampire. Il faisait d'une pierre deux coups. Et moi aussi. Je me débarrassais des vampires de la tombe et Elena restait en vie. J'attrapais Rick par le bras et l'attirait un peu à l'écart, personne ne devait apprendre ce que nous savions. Mon acolyte attendait que je prenne la parole, tendu. Je voyais mon reflet dans ses yeux et ne m'y reconnaissais pas. Malgré ma volonté de contenir mon angoisse, elle transparaissait sur mon visage.

«-Rick... tes armes contre les vampires sont toujours dans ta voiture?

-Oui... Pourquoi?» Répliqua vivement le prof, une pointe d'angoisse dans la voix.

«-Les vampires de la tombe ont décidé de s'inviter à notre petite fête... Sauf que pour eux, c'est open bar... Donc sans trop m'avancer, je peux te dire qu'on risque d'avoir besoin d'un ou deux pieux. Peut être même trois, qui sait?

-Compris.» Lâcha Alaric, me plantant là.

Bien, ça c'était fait. Maintenant, il fallait que je prévienne Stefan, Elena et les autres. Ils devaient fuir. Fuir et vivre, ou rester et mourir.

/ 23h 49 /

C'est alors que je les aperçus, Stefan et Elena. Ils riaient, main dans la main. Insouciants de tout ce drame qui se tissait dans l'ombre. Je décidais de leur laisser encore quelques instants de bonheur avant de les plonger dans l'horreur et l'effroi. Même si je détestais viscéralement mon frère, je ne me sentais pas le coeur de rompre le charme entre lui et sa petite amie. Ils étaient si bien assortis que s'en était une douleur de les voir.

La jeune fille souriait de toutes ses dents, observant son petit ami avec adoration, douceur, confiance. Mon coeur se serra le temps d'un battement de coeur humain. Un flash dans mon esprit me renvoya l'image d'une Elena avec la même posture, la même tendresse. Sauf que cette fois là, ça m'avait été adressé. J'aurais été capable de n'importe quoi pour qu'elle me regarde ne serais-ce qu'une seule autre fois ainsi. Mais non. Elle avait obéit à mon commandement après notre baiser. Elle avait oublié. Oublié nos moments de complicité, de joie, de joutes verbales et même de douceur suite à notre baiser.

Je pensais que rien ne pourrait jamais m'ébranler. Même pas ce baiser.

Mais il avait tout changé.

Depuis lors, je n'avais plus confiance en personne, même pas en moi. J'avais toujours été attiré par les mauvaises personnes. Celles que je ne pouvais obtenir. Comme si j'étais condamné à éprouver des sentiments nous partagés. Le bonheur n'était pas destiné à des gars comme moi. Vous savez, il y a les filles dont on rêve et celles avec qui on dort, il y a les filles qu'on regrette et celles qui nous laisse des remords. Il y a des filles que l'on aime et celles qu'on aurait pu aimer.. Et puis enfin, il y a cette femme qu'on attendait.

Je frémis rien qu'à cette idée. Je n'osais désigner ces sentiments avec Elena sous le terme «amour». Parce que je ne pouvais pas l'aimer. Il y avait ce truc insaisissable et que je ne reconnaissais pas. Mais je tenais à elle. J'étais capable de tout pour qu'elle vive, heureuse et épanouie. Parce qu'elle le méritait.

J'avais la conviction que ma vie entière n'avait été qu'un chemin semé d'embuches qui m'avait mené tout droit à ce soir.

A sauver Elena.

Pour l'amour d'elle.

/ 23h 54 /

Lorsque Stefan m'aperçut, il serra plus fort Elena contre son coeur, m'indiquant une nouvelle fois qu'elle était sienne. Oui oui c'est bon Stef, on est au courant, change ton disque, il est rayé. J'avais l'atroce envie de lui envoyer une pique bien sentie, mais nous n'avions pas le temps pour ça. Il fallait sortir Elena de ce traquenard...

«-Damon, qu'est ce que tu fais?» Demanda la jeune fille étonnée de me voir là tandis qu'elle recherchait un contact physique avec moi. Tétanisé, je la laissais agir avant de me reprendre:

«-Je te sauve la vie. En quinze mots, les vampires sont là. Les familles fondatrices sont leur cible.»

Je jetais un coup d'oeil à Stefan et me dit que c'était peut être la dernière fois de ma vie que je les verrais tous les deux. Malgré moi, j'éprouvais de la tristesse. D'une voix un peu tremblante, je lui ordonnais:

«-Sors la d'ici et protège la. Fais attention à toi.»

Stefan compris que je leur faisais des «adieux» possibles.

«-Où vas tu?»

Je n'avais plus le temps (ni le cran) de poursuivre et de regarder Elena, perdue et anxieuse. C'était au dessus de mes forces. J'avais envie de la serrer contre mon coeur, de lui dire toutes ces folles idées que je ressassais dans mon esprit depuis des jours. Je décidais de m'en tirer par une pirouette.

«Ca fait plus de quinze mots, Stefan.»

POV Elena

/ 23h 58 /

Je vis Damon s'enfuir dans la nuit sans un regard pour moi. Avait il perçut ma main qui s'était agrippée à la sienne, mes doigts cherchants les siens et ses phalanges qui répondaient à mon étreinte?

Il me sauvait la vie. Il me protégeait. Et ses recommandations à son frère raisonnaient dans mon esprit comme des dernières volontés. J'étais ébranlée. Imaginer qu'il ne puisse plus faire partie de ma vie, de ne plus voir sa sombre silhouette et son éternel sourire ironique me blessa cruellement.

Mais je n'avais pas le temps de m'appesantir sur mes émois. Il fallait prévenir le plus de personnes possible, les éloigner de cet enfer. Et commencer par ceux qui m'étaient le plus cher. Je me tournais vers mon petit ami:

«-Jeremy est quelque part ici.

-Allons le retrouver.»

/ 00h 00 /

Le maire venait de terminer son discours à propos de Mystic Falls, des Fondateurs, de leurs travaux et de leurs efforts afin de construire notre petite ville paisible. C'était risible. Stefan et moi continuions de chercher Jeremy. J'avais aperçu Caroline, Tyler et Matt quitter précipitamment le Grill et m'en étais rassurée. Eux ne couraient pas de danger. Le feu d'artifice commença. Nous étions arrivé au point de non retour. La fin venait de débuter.

Alors que nous allions traverser la rue, Stefan s'effondra, tenant sa tête. Je trébuchais avec lui, emportée par son poids. Paniquée, je ne comprenais pas ce qui était entrain de se passer. Comment un vampire peut il avoir une migraine aussi violente?

Je vis arriver un des adjoints du Shérif Forbes avec une seringue. Paniquée, je cherchais à soulever Stefan, en vain. C'est alors qu'Alaric vint à mon secours:

«-Je m'occupe de celui là, il y en a un autre un peu plus loin.»

L'adjoint lui obéit et détala.

«-Je ne sais pas vraiment ce qui c'est passé, il a eu mal à la tête, il est tombé...

-Il n'est pas le seul. Les flics embarquent tous ceux qui s'effondrent... Et leur injectent de la verveine.

-Quoi? Mais.. c'est impossible.

-Ils vont tuer tous les vampires...»

Mon sang ne fit qu'un tour, je compris que Bonnie nous avait joué, que l'appareil venait d'être déclenché et que cette nuit, la chasse aux vampires était réouverte. Rick chargea Stefan sur son dos et m'entraina avec lui, afin de nous mettre à l'abris des sbires du conseils. Dans la panique, le visage de Damon s'imposa à moi. Si Stefan avait failli être embarqué, alors lui aussi. Je n'acceptais pas cette fatalité. Je laissais mon amoureux aux soins d'Alaric et m'enfuis dans la nuit. Je devais sauver Damon.

POV Damon

Tout c'était passé très vite. Une douleur fulgurante dans mon crâne, à me faire tomber à genoux. Un homme sans visage, une piqure, la brûlure de la verveine.

Bonnie nous avait joué, elle n'avait rien enlevé du charme de l'appareil. Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle avait fait ce qu'elle croyait être juste. On me chargea dans un camion, puis on me débarqua dans une cave. J'allais mourir. Mon seul regret était de n'avoir pas osé dire à Elena ce que j'éprouvais pour elle. D'avoir été aussi trouillard. Parce que ce que je n'arrivais pas à m'enlever de l'esprit c'était cette question: «Et si?» «Et si je lui avais dit?»

Je reconnus le pas de John Gilbert descendre les marches de bois. Il annonça à nos bourreaux qui disposaient nos corps:

«-Le dispositif est arrêté. La seule chose qui les retienne c'est la verveine.»

J'avais donc bien déduit. C'était la fin. Je fermais mes yeux afin de revoir le visage d'Elena. De Katherine. Des deux seules femmes qui avaient réellement compté dans ma misérable existence. Des sosies.

John trébucha, m'obligeant à ouvrir mes prunelles. Anna, pauvre petite Anna, lui tenait la jambe. Elle le suppliait du regard de l'épargner, parce que Jeremy l'aimait. Cela aurait pu émouvoir n'importe quel homme mais pas le monstre qu'était John Gilbert. L'oncle la reconnu aussi, immédiatement et ordonna à son sous fifre de remonter.

Elle se débattait pour survivre. Elle ne voulait pas laisser tomber. Malgré la verveine et son corps menu elle chercha à se relever. Alors, John s'approcha, pieu au poing.

Anna le supplia, courageusement. Elle gardait de la fierté et de la noblesse dans cette requête. Alors, John abattit son pieu et elle rencontra la vraie mort.

Le blond s'écarta de son cadavre sans aucun remords, persuadé qu'il était d'avoir accompli une mission divine. Il se saisit un jerricane d'essence et le vida à proximité des autres corps. Nous allions brûler comme un feu de la Saint Jean.

J'entendis l'allumette craquer. Puis j'aperçus les flammes courir et commencer à lécher les peaux des autres vampires. La chance avait voulu que je sois celui qui avait été déposé tout au fond de la cave, loin de l'origine du brasier. J'allais pouvoir vivre encore un peu. Et espérer. Sans trop le vouloir cependant.

Je tournais ma tête loin du sordide spectacle, cherchant à m'isoler de ce tableau de l'enfer...

POV Elena

Stefan m'avait rejointe, malgré tout. Je ne comprenais pas son obstination à ne pas vouloir me lâcher une seule seconde. Les vampires étaient hors d'état de nuire! Afin de le renvoyer auprès d'Alaric, je m'enquis de sa santé:

«-Tu es sûr que ça va, je ne voudrais pas que...

-Ca va. C'était comme si des aiguilles me transperçaient le crâne et puis ça c'est stoppé net.»

Rick qui nous suivait précisa:

«-J'ai vu 5 vampires tomber. On les emmène dans une maison abandonnée à la sortie de la ville.»

Stefan alors fit le lien avec l'éclatante vérité qui me broyait le coeur:

«-Le dispositif. Il a fonctionné.»

Bonnie nous avait tous trahi. Y compris moi. Alors qu'elle était supposée être ma meilleure amie. Elle me le payerait!

«-On a demandé à Bonnie de désactiver un dispositif qui pouvait protéger les gens des vampires.»

En pleurs, je ne pus m'empêcher de répondre, folle de chagrin:

«-Pour vous protéger. Damon et toi.

-Certes mais il y avait aussi les vampires de la tombe...

-On doit sortir Damon de là.

-On ne peut pas Elena.» Avança patiemment Stefan.

«-Et bien on va trouver un moyen!» Pestais-je, avant de reprendre mon chemin. «Tu vas peut être abandonner Stefan, moi pas!»

Je commençais à courir vers le nord ou se trouvait la villa en ruines où nous jouions gamins avec Caroline, Tyler, Bonnie et Matt, mais tombait nez à nez avec «L'oncle John». Abrupte, je lâchais:

«-Où est Damon?

-Avec le reste.» Annonça t'il avec un petit air suffisant et content de lui. Je me retins de le gifler. Il enfonça le clou :

-«C'est fini pour Damon. Il doit rôtir en enfer à l'heure qu'il est.»

Stefan déglutit avec peine. Je pris ma tête dans mes mains, soufflée par l'annonce officielle de la mort de mon... ami? D'une voix aigüe je m'entendis dire:

«-Tu es fou? Pourquoi?

Parce que ça aurait du être ainsi il y a 145 ans. C'est le bien.»

Je regardais le sous bassement où l'on liquidait le vampire brun. Stefan semblait hésiter à intervenir. John argua:

«- Vas y. Tu ne t'en sortiras pas. Mais ça serait une épine dans mon pied en moins. Je n'aurais pas à te tuer moi même.»

J'indiquais à Stefan une alternative:

«-Il y a une porte de service. Elle est sur le côté. Je te rejoins.»

Il ne demanda pas son reste et me laissa seule devant l'homme que je détestais le plus sur cette terre. J'accourus pour retrouver Stefan mais John m'attrapa par le bras, me clouant sur place.

«-Fais encore un pas et j'appelle les flics, leur disant qu'on a oublié un vampire.»

Je décidais alors qu'il était temps que je lâche ma bombe. C'était le bon moment.

«-Je te demande de ne pas le faire.

-Tu sais que ça ne veut rien dire pour moi.

-Vu que tu es mon père, ça devrait.»

Il y eut un long silence qui confirma mes suppositions (et donc celles de Damon et Stefan). J'enchainais:

«-Tu aurais dû vouloir mon bonheur et ne pas chercher à assassiner ceux qui m'ont redonné la vie après la mort de papa et maman. Maintenant laisse moi passer.»

Il s'écarta et je lui lançais un dernier trait:

«-Je vais aller chercher Damon. Et si je brûle avec lui, sache que tu auras assassiné ta propre fille. Alors, qui est le monstre maintenant?»

Je ne demandai pas mon reste et rejoignis Stefan qui semblait vouloir défoncer la porte. Damon était dedans et malgré tout, ils étaient frères. Mais en plus, je l'aimais beaucoup et Stefan ne supportait pas que je puisse souffrir. Alors que le verrou cédait, j'entendis quelqu'un lui crier:

«-Tu ne peux pas y aller, le feu te tuera.»

Je me plantais devant ma meilleure amie et cruellement lui dis:

«-Si tu n'avais pas menti, on en serait pas là. C'est son frère, Bonnie.»

Mon amie d'enfance m'observa, incrédule. Elle venait de comprendre que je lui en voulais, pire, que cela remettait en cause notre amitié. Son mensonge allait me faire perdre Damon et je ne pouvais pas passer l'éponge. Alors que Stefan allait se précipiter dans la cave en flamme, je le pris de cours et m'élançais dans le brasier.

J'entendis mon amoureux réagir tandis que Bonnie hurlait.

Mon amoureux cependant ne me suivit pas et je supposais que la sorcière l'en empêchait. Pour ça, je lui en était reconnaissante. Je trébuchai sur les planches de parquet avant d'ouvrir une porte. Les flammes léchèrent mes joues et je dus reculer d'un ou deux pas. Je leur dis:

«-Je ne peux pas entrer. Il y a trop...»

Et alors les flammes reculèrent, le brasier s'amenuisant, afin qu'un chemin m'apparaisse.

Je descendis quatre à quatre les escaliers avant de m'arrêter face à l'horreur. Des corps brûlaient, des hommes geignaient et agonisaient. Je cherchais parmi les morts les traits du seul que j'étais venu sauver. Ne l'apercevant pas, je criais:

«-DAMON! Où es-tu?

-Elena?» Me répondit une voix incrédule.

C'est alors que je le vis. Au centre de la pièce, à quatre pattes. Je le rejoignis en quelques enjambées et le prit dans mes bras. Oui, il y avait un milliard de choses plus intelligentes à faire mais ça avait été plus fort que moi. Il avait refermé ses mains autour de ma taille et me serrait à m'étouffer, comme pour se prouver que tout ceci était bel et bien réel. Je pleurais de joie, de soulagement. Il était en vie.

«-Je suis étonné de tant de chagrin pour un si petit détail.» Murmura t'il.

«-Tu n'es pas un détail, Damon. Tu ne l'a jamais été.» Lui répondis-je dans un souffle. «Ne meurs jamais, ok?

-Humm je le suis déjà en même temps alors...

-Damon!

-Et bien, «blood bag» si tu veux savoir si je tiendrai ma promesse, il faudrait qu'on sorte d'ici non? A moins que tu veuilles te dorer la pilule? Je te préviens, tu vas plutôt frire.»

Je me ressaisis et l'aidais à se relever avant qu'il ne m'utilise comme béquille.

«Viens. Dépêchons nous.»

Tandis que nous remontions, les flammes reprenaient leur droit et leur intensité. Nous arrivâmes à l'air libre et ce n'est qu'alors que je m'écroulais. La tension, la peur ne me tenaient plus debout. Damon s'effondra à mes côtés. Bonnie et Stefan quand à eux, entamèrent de nous réconforter et de nous soigner, nous entrainant vers le Grill.

oOoOoOoOoOo

Je repris connaissance quelques minutes plus tard. Devant mon air confus, Bonnie m'expliqua que Damon allait s'en sortir et que Stefan l'avait ramené chez eux, afin qu'il «se restaure» comme elle l'avait dit, d'une mine dégoutée. Moi, je choisis de la confronter:

«-Pourquoi nous avoir menti, Bonnie?

-Isobel menaçait la ville. Je pensais bien faire. Je ne lis pas l'avenir, jamais je n'aurais imaginé que John...

-Regarde où ça a failli nous mener ce soir!» Explosais-je.

-»Je sais et je suis désolée. Ca n'arrivera plus. Elena, je t'adore, on a toujours tout fait ensemble... Mais là, nos chemins se séparent. Ton petit ami et son frère sont des tueurs, je ne peux pas passer outre.

-Et pourtant, ce soir, tous les deux, ils ont cherché à sauver la ville. Parce qu'ils allaient pourfendre les vampires de la tombe Bonnie.»

Ma meilleure amie m'observait, les yeux humides. J'étais en colère c'est vrai mais je ne pouvais pas me fâcher indéfiniment avec elle. J'avais trop besoin de ses conseils, de sa joie de vivre.

«-Je déteste quand on se dispute. Mais je ne peux pas tout oublier non plus. Tu as failli les tuer. Et je n'aurais pas pu le supporter. En tant qu'amie tu aurais dû comprendre ça.

-Je sais. Saches cependant que je ne souhaite que ton bonheur Elena.

-Je sais. Il va falloir qu'on trouve comment on va gérer tout ça, toutes les deux. Rentre chez toi Bonnie, repose toi. On en reparlera. J'ai besoin de digérer tout ça...

-Stefan arrive, je vous laisse. Bonne nuit, Elena.»

Bonnie s'effaça afin de laisser place à mon petit ami. Je le rassurais platement:

«-Le feu s'est éteint. On dit que c'est un vieux câble qui a mis le feu.»

Il me serra contre son coeur mais je perçus qu'il était contrarié. Je poursuivis:

«-Je suis contente que tu ailles bien. Que tout soit rentré dans l'ordre.»

Mon amoureux soupira bruyamment et haussa les épaules:

«-J'ai essayé tellement de le détester. Damon.

-C'est ton frère, c'est normal qu'il compte à tes yeux. Il est aussi important pour moi.»

Stefan ricana et baissa la tête, blasé. Je ne comprenais pas ce qu'il me reprochait.

«-Stefan je...

-Tu l'aimes.

-Pardon?» M'étranglais-je, ne sachant pas de qui il parlait... jusqu'à ce que ma lanterne s'allume. Oh. Damon. Qui d'autre. Je me mordis la lèvre avant de reprendre. «Non. Bien sûr que non. c'est ridicule!» Assurais-je.

«-C'est juste que... tu sais... je connais mon frère. Je peux sentir ce qu'il a dans le crâne...»

Je pris sa tête dans mes mains et le fit se taire en l'embrassant du mieux que je pouvais. Mais, malgré moi, quelque chose m'encourageait à déguerpir du Grill. Je devais prendre des nouvelles de Damon. Je tâchais de regarder avec le plus de douceur possible mon amoureux puis rejoignis le lycée et la maison. J'étais persuadée que Damon s'y était réfugié sitôt Stefan parti du manoir.

Mon portable vibra. Un SMS de Stefan.

«Prends soin de toi. Bonne nuit ma chérie. 3. S.»

Je l'effaçais et aperçus sous mon porche la silhouette de Damon Salvatore.

Il semblait inquiet, nerveux.

Le voir ainsi, sans son masque distancié me troubla encore plus.

Je respirai un grand coup et me dirigeais vers lui.

Les dés étaient jetés, les jeux faits.

Ne restait plus qu'à déposer les armes.

POV Damon

/ FLASHBACK /

Après qu'Elena m'avait sorti des flammes de l'enfer et Stefan raccompagné à la maison, je m'étais rendu chez l'humaine. J'avais besoin de lui dire tout ce qui m'était passé dans la tête cette nuit. Lorsque j'avais du faire face à la mort, c'était elle qui m'était apparue. Elena. Mon seul regret avait été de ne pas lui avoir dit... de ne pas avoir tenté... de ne pas avoir accepté cette idée qui me brûlait le coeur, qui me terrifiait: j'étais amoureux.

J'aimais Elena Gilbert. Et je devais le lui dire.

A la place, je rencontrais un Jeremy déboussolé, ayant compris qu'Anna était morte. Il farfouillait je ne sais quoi et sursauta lorsqu'il m'aperçut dans l'encadrement de sa porte. Normal quoi.

«-Que fais tu ici Damon?

-Je suis en visite avec un tour opérator.

-Sérieusement. Je n'ai pas envie de rire.» Souffla t'il, et sa souffrance me transperça.

«-Je sais que tu tenais à Anna. Et que tu es intelligent. Donc que tu avais deviné qu'elle était morte. réellement.» Tentais-je. Le petit frère d'Elena haussa les épaules, en piteux état et me répondit:

«-Quand ils l'ont emmenée j'ai su que c'était fini. Et je n'ai rien pu faire.

-Tu n'es qu'un humain. Tu ne peux pas te blâmer d'avoir des faiblesses.»

Il y eu un moment de silence puis l'adolescent me demanda:

«-Pourquoi tu me dis tout ça?»

Franchement? Aucune idée. Puis je vis Elena malheureuse de voir son frère se refermer sur lui même. Et je sus pour quoi j'étais resté là. Pour quoi j'allais lui proposer ceci...

«- Je me suis emparé de ta souffrance une fois. Je pourrais recommencer. Sauf que cette fois ci, ça sera ton choix.»

Jeremy s'assit, sonné par ma proposition.

«-Tu sais, je sais que tu penses que tu me l'a enlevée mais c'est faux. C'est toujours là, même si je ne me rappelle plus pourquoi. Je me sens toujours vide. Seul.»

Je m'approchais du garçon dépressif. Il était sur le point de se tirer une balle que ça ne m'étonnerait pas. Il poursuivit.

«-Anna disait que les vampires n'avaient pas besoin de ressentir la douleur. Qu'ils pouvaient tout arrêter en oubliant leur humanité. C'est vrai?»

Je ne voyais pas où il voulait en venir. Je choisis de lui dire la vérité.

«Yep!

-C'est plus simple?

Qu'est ce qui serait plus simple?

La vie.» Souffla t'il, innocemment.

«La vie craint Jeremy. Quand t'es un vampire, tu peux éviter de te sentir mal si tu le désires.

C'est ce que tu as fais?

Oui, pendant très très très longtemps et la vie était bien plus facile. Mais j'avais aussi perdu quelque chose. Le droit d'aimer. Et après tout, c'est le but ultime de notre vie, Jeremy. Crois moi, j'ai assez vécu pour t'empêcher de faire cette erreur.»

/ FIN FLASHBACK /

J'étais descendus et attendais Elena sous la véranda. Les graviers crissèrent et je me retournais pour la voir, chargée comme un âne. Je ne pus me retenir de sourire quand elle manqua de trébucher. L'humaine m'aperçut, me sourit et rangea son smart phone dans sa poche. Elle gravit les marches afin de me rejoindre. Son parfum subtil et floral embaumait l'atmosphère. Elena ramena ses longs cheveux derrière son oreille, dans un bruissement de soie. A ce moment précis, vous voez, il y a six milliards quatre cent soixante dix millions huit cents dix-huit milles six cent soixante et onze personnes dans le monde. Il y en a qui pleurent, d'autres qui rentrent chez eux. Certains s'envoient en l'air avec leur secrétaires, racontent des mensonges. Et puis il y a des comme moi qui font simplement face à la vérité. Il y a six milliards de personnes dans le monde. Six milliards d'âmes. Et parfois, il ne nous en faut qu'une seule...

POV Elena

Il se tenait là, et comme un gentleman il me débarrassa de mon encombrant costume. Il ne m'adressait pas une seule parole. J'étais nerveuse rien que de le savoir si proche de moi. Nous devions parler de ce qui s'était passé entre nous. De ce feu qui nous dévorait. Nous étions des aimants, toujours à se repousser et pourtant éternellement attirés l'un vers l'autre.

«Que fais tu ici, Damon?

-J'essaye de faire quelque chose de bien. Pour une fois.»

Je ris doucement. Ses mains ses fermèrent sur les miennes et je voulus les lui retirer. Il m'en empêcha d'une pression de doigts et je cessais de lutter. Je n'en avais ni la force, ni l'envie. Il poursuivit, visiblement ému.

«-Tu sais, quand je suis revenu ici, je voulais la détruire. Aujourd'hui j'ai essayé de la sauver. Comment c'est arrivé?»

Je souris et pressais un peu plus fort sa main dans la mienne, touchée. Il y avait cette faille chez Damon qui m'émouvait. Stefan malgré tout ne possédait pas cette blessure suintante, cette volonté de distanciation. Son frère restait secret pour ne plus souffrir. Et je voulais plus que tout au monde le rendre heureux.

A cet instant, sous le porche de ma maison, nous ne jouions plus. Nous étions arrivé à un point de non retour dans notre relation. Il fallait montrer les cartes et prendre des risques, comme au poker. Le bluff prenait fin, tapis et priions pour que l'on ait pas tout risqué pour rien.

«-Je ne suis pas un héros, Elena. Je ne fais pas le bien. Ce n'est pas... dans ma nature.

-Peut être que si.

-Nan. C'est réservé à Stefan ce rôle. Et à toi. Même à Bonnie.»

Il pouffa avant de reprendre, s'écartant de moi, rompant le contact de nos mains. Il fourragea dans sa tignasse sombre, mal à l'aise.

«-C'est ridicule. Tout ceci est complètement stupide. Je n'aurais pas du venir... je... Elena c'est tellement absurde tout ça.» S'énerva t'il tout seul, me désignant le vide.

-« Toi qui me sauve dans cette cave déjà...»

Je fronçais les sourcils, mécontente de sa remarque. Blessée même.

«-Pourquoi prendre un air si surpris?

-Parce que je ne suis rien pour toi. Et pourtant, tu es venue... Bonnie t'a aidé. Ce qui veut dire que, finalement, quelque part, tu as décidé que je valais le coup d'être sauvé. Et ça me fait espérer. Et ça me rend complètement fou.»

Il tournait comme une toupie, parlant de plus en plus vite. Mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine, il était sur le bord de l'implosion. Je restais clouée sur place, incapable de prononcer le moindre son. De plus, j'étais déchirée. Que faire maintenant que Damon nous menait vers cette pente glissante de nos sentiments respectifs? L'amour, ce n'est qu'une question de timing, il faut beaucoup de chance pour trouver la bonne personne, au bon moment, au bon endroit. J'étais au croisement de ma vie. Un chemin blanc avec quelques pièges me conduisait à Stefan. L'autre, noir avec des ronces au sol vers Damon.

«-Damon, arrête, je...

-Je sais. Stefan est tout pour toi. Tu vis pour lui et c'est l'amour de ta vie.» Singea le vampire brun d'une voix aigüe. «Mais ça n'existe pas, ça. C'est ce qu'on raconte aux gamines mais l'amour unique, le prince charmant, il se barre toujours à la fin avec la Belle au Bois Dormant!» Cracha t'il, tapant du poing contre la rambarde des escaliers de la maison. Je sursautais et dans un geste d'apaisement posais ma main sur son avant bras.

«-Mais j'ai besoin de savoir. Pourquoi es-tu venue me chercher? Pourquoi avoir risqué ta vie pour moi alors que c'est Stefan que tu aimes? Pourquoi?

-Je ne sais pas. Peut être que tu as raison. Peut être qu'à force d'attendre comme ça le grand amour, on ne le voit pas, et on le perd.»

J'humectais mes lèvres et je vis dans ses prunelles glacées mon reflet avec des yeux brillants de larmes. Le vampire semblait tout aussi confus que moi.

«-Mais là, toi et moi, on confond tout. Je crois qu'on est encore sous le coup de l'émotion et que... Damon, si tu étais mort ce soir, ça aurait été une tragédie pour moi. Et toi, tu as eu peur et...

-Tu es une menteuse, Elena. Tu te voiles la face. Il se passe quelque chose entre nous et tu le sais.»

Je frémis et lorsque je fermais mes yeux une larme roula sur ma joue.

Douloureusement je soufflais l'évidence que j'avais voulu masquer au monde entier (et même à moi) depuis des semaines:

«- Damon... ne m'oblige pas à dire... ce qu'on sait déjà...

-Et qu'est ce qu'on sait Elena? On sait rien. On est paumé dans un labyrinthe et ça me tue. Je ne sais pas quoi faire quand tu es là, comment bouger, même respirer. Je ne me fais pas confiance à ton contact.

-STOP! Damon, stop.» M'écriais-je, posant ma paume sur son torse, là où son coeur aurait du battre.

Je murmurais, brisée:

«-Tu as gagné. Je rends les armes. Je te veux, Damon. Toi, et uniquement toi. Et je me déteste pour ça. Je me hais pour briser le coeur de Stefan, qui mérite d'être aimé. Je me hais de ne pas t'avoir enfoncé un pieu dans le coeur quand tu as tué Vicky. Je me hais parce que je ne peux pas renoncer à toi. Je me hais parce que je tiens à toi et qu'un jour tu te lasseras de moi. Voilà! Tu es content? Tu as entendu ce que tu voulais? Et maintenant, qu'est ce qu'on fait? C'est quoi la différence par rapport à avant?»

POV Damon

«- Tu as gagné. Je rends les armes. Je te veux. Toi, et uniquement toi. Et je me déteste pour ça. Je me hais pour briser le coeur de Stefan, qui mérite d'être aimé. Je me hais de ne pas t'avoir enfoncé un pieu dans le coeur quand tu as tué Vicky. Je me hais parce que je ne peux pas renoncer à toi. Je me hais parce que je tiens à toi et qu'un jour tu te lasseras de moi. Voilà! Tu es content? Tu as entendu ce que tu voulais? Et maintenant, qu'est ce qu'on fait? C'est quoi la différence par rapport à avant?»

J'étais littéralement scié. Elle m'aimait donc aussi. Je pris Elena dans mes bras, l'écrasais contre mon torse et la serrais contre mon coeur, à l'étouffer. J'embrassais le haut de son crâne avec avidité, humant son odeur fraiche et florale. Elle se débattait comme une folle et pleurait encore et toujours. Certains disent qu'on reconnaît le grand amour lorsqu'on s'aperçoit que le seul être au monde qui pourrait vous consoler est justement celui qui vous a fait mal. Il n'ont pas tord. Elle pensait que je jouais avec elle. Pourtant c'était l'exact inverse.

J'avais été à des années lumières de penser qu'un jour je pourrais lui plaire. Et ce jour, c'était aujourd'hui.

Alors, je me courbais afin de lui faire exactement face. Je pris son doux visage ovale dans mes mains, en coupe, comme si elle n'était qu'un oisillon blessé. Doucement, de peur de rompre de charme, de m'éveiller et de voir que tout ceci n'était qu'un rêve, je murmurais:

«-La différence c'est qu'avant ce soir je n'avais pas assez de cran pour te dire ce que je vais faire. Elena, l'acte d'amour le plus parfait, c'est le sacrifice, cacher ses sentiments pour pouvoir être bons amis. Je crois que je ressens tout ça pour toi depuis que nos regard se sont croisés, quand tu es tombée sur moi à la villa. Mais si ce que tu veux c'est que je laisse tout tomber, alors je vais le faire.»

Je pris tout mon temps pour déposer sur sa joue un baiser voluptueux. Nos souffles s'étaient accélérés, nous ne contrôlions plus rien. Elena releva ses prunelles incandescentes vers moi et son coeur rata un battement.

«- Damon, je ne veux pas que tu laisses tomber.»

Seule la distance d'un baiser sépare l'amour de l'amitié. Je décidais de la briser et fondis sur ses lèvres. Ce fut d'abord des hésitations, de la maladresse. J'avais tellement souhaité cette caresse que j'en devenais malhabile. Et cette imperfection me donnait encore plus envie d'elle. Puis, la droiture d'Elena reprit le dessus et une lutte acharnée s'engagea entre nos deux bouches. Elle ne pouvait pas trahir Stefan. C'était toute cette ambivalence qui faisait que je l'adorais. Je saisis ses mains qui cherchaient à me repousser et les nouait de force autour de mon cou. Quand elle sembla se laisser faire, j'enroulais mes bras autour de sa taille fine, l'obligeant à se cambrer toujours plus, à épouser les moindres recoins de mon corps. Alors qu'elle perdait l'équilibre, elle se rattrapa en nouant autour de ma jambe sa cuisse, dans une position équivoque et sensuelle.

Son souffle se faisait de plus en plus erratique, elle fourrageait dans mes cheveux, m'attirant toujours plus à elle comme si elle souhaitait que nous fusionnions. Je sentais sa chaleur et la proximité de ses hanches rondes, de son ventre mille fois rêvé me rendait fou. Brutalement, je déplaçais mes paumes en haut de l'arrière de ses cuisses afin de la plaquer toujours plus à moi. Elle hoqueta de plaisir mais ne s'échappa pas. Au contraire, elle se hissait toujours plus sur la pointe de ses pieds, insatiable de notre étreinte. Elena était chaude, tendre, imprévisible, nouvelle. Mais son corps ne m'était pas inconnu. C'était celui de Katherine, j'en connaissais les moindres recoins. Et pourtant quelque chose en moi me disais que je ne pourrais jamais me lasser d'elle.

Je reculais d'un pas afin de m'assoir sur la balancelle, l'attirant avec moi. A califourchon devant moi, jambes écartées et presque offerte, elle oubliait l'indécence de sa position, toute occupée à l'ivresse de notre étreinte. Je passais mes mains sur ses cuisses longues et musclées, complètement perdu et émerveillé de pouvoir effectuer ces gestes milles fois rêvés. Je n'étais pas mécontent de ce que je trouvais. C'était cent, mille fois mieux que tout ce que j'avais espéré. La langue gourmande d'Elena jouait avec la mienne, de temps en temps elle asticotait de ses dents ma lèvre. Elle se montrait d'une incroyable sensualité, de la racine de ses cheveux à ses chevilles. Tout ondoyait en elle, c'était une flamme de l'enfer échappée pour que je me consume. A regrets, je vis l'humaine s'éloigner de moi afin de reprendre son souffle (l'inconvénient des mortels, c'est bien leurs besoins vitaux!) et de ramener une longue mèche de cheveux que notre coup de folie avait dérangé.

Je choisi ce moment propice pour lui confier ce qui brûlait mes lèvres depuis tant de mois:

«-Elena, si j'avais rencontré la vraie mort sans t'avoir embrassée, ç'aurait été mon plus grand regret.»

Elena avait le souffle court, elle cherchait à reprendre pied. Je déposais un baiser léger au creux de son cou et il lui arracha mille frissons. Elle rejeta sa tête en arrière, m'offrant encore plus sa jugulaire. Le monstre en moi reprenait peu à peu le dessus, je sentais les pulsations de son coeur et ce sang qui m'appelait. Alors que j'allais la boire, alors que mon souffle parcourait sa peau, lui arrachant mille frisson, elle soupira mon nom.

«-Oh, Damon...»

Le tueur s'envola, cédant sa place à l'homme. Avec toute la tendresse que je pouvais avoir, je répondis à sa question, celle d'avant notre baiser.

«-La différence, c'est que je sais que tu m'aimes, Elena. Et que je...

-Pourquoi moi?» S'enquit la jeune fille d'une toute petite voix de gamine prise en faute.

«-Parce que tu fronces un peu les sourcils lorsque tu cherches à m'attendrir, parce que tu cites Camus alors que je n'ai vu aucun de ses livres dans ta bibliothèque...»

Elle éclata de rire et recommença à m'embrasser. Si j'avais eu un coeur à offrir, je me le serais arraché pour le lui donner. Et s'il avait battu, il aurait cessé de palpiter.

Je n'avais oublié qu'une seule chose, dans toute cette histoire.

Dans le jeu de la séduction, il n'y a qu'une seule règle: ne jamais tomber amoureux.

oOoOoOoOoOo

Voilà voilà voilà !

Comme je n'ai pas de Bonnie, n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !

De plus… C'est mon seul salaire ! :D

La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.

A très vite

Mille Morsures !

Eléa Telmar.