Bonjour amis lecteurs, en attendant la fin de la saison 2 de Vampire Diaries la semaine prochaine (je suis traumatisée par l'épisode d'hier perso) je vous livre le chapitre 7 de cette fic (sachez que le 8 est écrit et que je potasse mon chapitre 9).
Je tiens encore à remercier les reviewers (et les lecteurs) pour leurs petits mots, leurs encouragements qui sont le seul salaire de nombreuses heures d'écriture et aussi de décortication des scènes de la série. Je suis touchée de voir que vous suivez toujours malgré les mises à jours très… espacées. (oui j'aime faire des atténuations)
(ATTENTION CHAPITRE TRES LONG, 28 pages Word)
Bonne lecture aux courageux !
Morsures !
Votre dévouée auteur,
Eléa Telmar.
Chapitre 7: Il était une fois
POV Elena
Damon était parti comme un voleur après notre baiser, l'air inquiet après avoir reçu un coup de fil. Il m'avait stipulé de n'ouvrir à personne et de rester à la maison quelques temps. Avant de me quitter, il avait effleuré mes lèvres du bout de ses doigts, humant mon odeur. Le souffle était venu à me manquer quand il murmura:
«-Prends soin de toi Elena. Ne fais rien de dangereux, je ne sais pas ce dont je serais capable s'il t'arrivait quelque chose. Tu comptes trop désormais. Ca nous mènera à notre perte. Où à notre bonheur.»
Avant que je ne puisse lui répondre quoi que ce soit, il m'avait de nouveau embrassé avec fièvre, comme si nous ne devions jamais nous revoir. Cette urgence m'avait troublée et me laissait un gout à la fois fiévreux et amer. L'angoisse me tiraillait. Je n'avais aucune idée de ce qu'il avait en tête, mais son visage m'avait ordonné de lui faire confiance et de lui obéir. Ma vie venait de basculer sans que je ne le veuille vraiment. Tout m'apparaissait différent, même les bibelots familiers. Ils étaient plus beaux, plus chaleureux et aussi plus angoissants. J'avais voulu me voiler la face afin de ne pas souffrir. Parce qu'on était condamnés, lui et moi. Tôt ou tard il se lasserait de moi, j'en étais convainque.
Dans quoi m'étais-je encore embringuée? Pourquoi ne pouvais-je pas tomber amoureuse d'un type banale dont le principal problème serait de faire changer sa roue de scooter et de décrocher une bourse pour l'université? Hein? Pourquoi avait-il fallu que je jette mon dévolu sur un vampire. Le mauvais vampire de surcroit. Pourquoi avais-je choisi Damon alors que j'avais Stefan. Et pourquoi ne regrettais-je pas ce choix, même si je savais que c'était la pire erreur de ma vie? Je maugréais contre mon cerveau en ébullition qui ne me laissait aucun répit et montais les marches quatre à quatre.
Je rejoignis Jeremy, et aperçus qu'il avalais une substance rouge sombre. Mon sang ne fit qu'un tour quand je devinais qu'il essayait de se transformer en vampire.
MAIS QU'IL EST STUPIDE!
Sans réfléchir, je me jetais sur lui afin de lui de lui arracher la fiole. Jeremy roula sur le côté et le récipient répandit son contenu sur le tapis. Mon frère se débattait comme un tigre, lapant encore et encore. Il me mordit pour me faire lâcher prise. Je glapis mais ne cédai pas. Parce que si je baissais les bras, je renonçais à son humanité. Il vagit, furibond:
«-Elena, mais pour qui tu te prends?»
Franchement mais il osait de demander ce qui ne tournait pas rond? Il est fou ou quoi? C'est pas moi qui suis entrain de tenter de me suicider afin de vivre je ne sais quelle expérience. Alors que j'allais répondre, un courant d'air passa à côté de moi et arracha Jeremy de mes bras. Le temps d'un clignement de paupière je vis Stefan, la main assurée posée sur la gorge de mon frère. Il cracha:
«-Je croyais qu'on avait été assez clairs avec Damon. Tu laisses ta soeur tranquille.»
Hein? Gné? On rembobine? Qu'est ce que les frères Salvatore ont bien pu dire à mon frère? Mais j'leur ai demandé un truc moi? Mince, qu'ils se mêlent de leurs oignons! Des vrais commères ces garçons, pire que les mamas italiennes! Jeremy peinait à reprendre son souffle tellement Stefan serrait son cou. Je me redressais et forçait mon «petit ami» à lâcher mon cadet.
«-Stefan, je pense qu'il a compris. Vraiment. Lâches le.»
Le vampire s'exécuta et Jer tomba de toute sa hauteur, avalant l'air à grands traits comme si on avait cherché à l'étouffer. Je le rejoignis, paniquée que Stefan ai pu, dans sa colère le tuer et donc le transformer vampire. Tandis que mon frère toussait et que je lui passais la main dans le dos dans un geste réconfortant, j'expliquais la situation à Stefan:
«-Je l'ai vu boire du sang de vampire. J'en ai déduit qu'avec ce qui s'était passé cette nuit avec Ana, il allait chercher ensuite à mettre fin à ses jours pour se transformer. Mais je ne veux pas...» J'étais au bord des larmes «Jer, je ne veux pas te perdre, tu es mon petit frère, je...»
Jeremy releva la tête et je vis qu'il était aussi vide que le jour où papa et maman étaient morts. Je le pris dans mes bras et continuais:
«-Ne me laisse pas, Jer. Je t'en prie. J'ai besoin de mon frère. Je t'aime trop pour te laisser choisir ce destin...
-J'suis désolé Elena. Pour tout. Pour les disputes. Je sais que tu ne voulais pas faire le mal, t'as jamais été ce genre de fille.»
Il effectua une légère pression qui me fit cependant mal. Je piaillais et mon frère me dévisagea d'un air ahuri.
«-Qu'est ce qui ne va pas? Je t'ai à peine touchée!» S'écria t'il. Je répliquais:
«-Tu rigoles, Jer! T'es devenu Hulk en une soirée pour ne pas...»
Mon visage se décomposa à l'unisson de celui de Stefan. Ni une ni deux il fondit sur mon frère et l'examina avec attention.
«-Jeremy, regarde moi.»
Mon frère obéit. Il suivit du regard le doigt de Stefan, réagit à ses gifles, se plia à l'inspection minutieuse des différents signes qui aurait pu trahir sa transformation involontaire par Stefan.
«-Il va bien? Je veux dire, toi aussi tu as l'air d'aller bien et tu es... toi... est ce qu'il...?» Demandais-je, morte d'angoisse. Mon amoureux m'assura:
«-Il est définitivement toujours humain.»
Puis il se tourna vers mon frère et prit son air sérieux, son air de prof arrogant:
«-Jeremy, tu dois bien comprendre que tu ne peux pas faire ça. Maintenant le sang se dissipe dans ton système sanguin. Si tu essayais de mourir à présent, tu pourrais réellement ne jamais revenir. Pigé?»
Mon cadet hocha la tête, boudeur. Puis il se tourna vers moi. Nous allions avoir la conversation que j'avais chercher à déclencher toute la journée:
«-Elena, moi aussi je déteste quand on se dispute, mais là, tu avais dépassé les bornes.
-Je sais, Jeremy. Encore une fois, je suis désolée, je pensais bien faire.
-Cesse de penser toujours aux autres. Nous sommes aussi forts que toi. Je suis aussi fort que toi. Je mérite de vivre et pas d'en avoir l'illusion, tu ne crois pas?» Me demanda t'il doucement. J'opinais du chef, mal à l'aise. Il me prit de nouveau dans ses bras et demanda de sa voix de gamin:
«-On fait la paix?»
J'embrassais sa joue et il sourit. Stefan, adossé au mur observait notre réconciliation d'un oeil bienveillant et souriait doucement. La sérénité régnait de nouveau dans la maison et je me sentais libérée d'un poids énorme. J'allais rejoindre mon «amoureux» quand Jeremy fit la gaffe du siècle.
«-Au fait, Elena, t'as vu Damon? Je crois qu'il était venu te voir à la base. J'lui ai un peu tenu compagnie en t'attendant.»
Stefan se tendit et je mordis ma lèvre. Il fallait que je trouve un mensonge rapidement. Je ne pouvais pas quitter Stefan comme ça. Pas si mal. Il n'y a jamais de «bonne façon» de dire à quelqu'un qu'on n'éprouve plus les mêmes sentiments pour lui mais je ne pouvais pas rompre comme ça, après tout ce que je lui avais dit au Grill. Je prit une grande inspiration et répondis:
«-Yep, mais tu sais il a du repartir de suite. Un appel du shérif Forbes si j'ai bien entendu.»
Un craquement se fit entendre, nous faisant tous les trois sursauter. Stefan fronça les sourcils tandis que je prenais Jeremy dans mes bras, comme si c'était un gosse. Maudits réflexes! Mon «chéri» s'approcha et murmura à mon oreille:
«- Je vais voir ce qui se passe. Histoire qu'il n'y ai pas de squatteur indésirable dans ton jardin. Genre Damon.»
J'eus envie de lui répondre qu'il n'avait pas à se donner cette peine mais la sonnerie de mon portable m'en empêcha. Je décrochais, intimant l'ordre à Stefan d'attendre avant de s'en aller. Par chance, le vampire m'obéit. De l'autre côté du combiné j'entendis:
«Allô, Elena?
-Damon?» M'étranglais-je, tandis que Stefan se raidit. Le Salvatore brun avait-il des penchants suicidaires qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Je répliquais, cinglante:
«-Qu'est ce que tu me veux?»
Il y eut un rire sarcastique mais glacé à l'autre bout du fil.
«-Tu sais à quel point je raffole de nos petites joutes verbales «blood bag» mais je vais devoir écourter ce délicieux moment. Elena, il faut que tu viennes me rejoindre.»
J'écarquillais les yeux de plus en plus. Damon avait-il perdu les trois neurones qui lui restait ou quoi? Ne se doutait il pas que Stefan était là et qu'il entendait tout. J'hoquetais, mal à l'aise:
«-Damon, tu as perdu l'esprit si c'est pour...
-Je suis à l'hôpital.» Assena t'il. Je hurlais:
«-Ah non, tu ne vas pas voler du sang humain! Damon t'abuses! Des gens ont vraiment besoin de sang pour survivre!
-Moi aussi je te signale.
-T'es mort, Damon, ça compte pas.» Déblatérai-je du tac au tac.
«-Sérieusement Elena. Tu devrais venir. C'est Matt, Tyler et Caroline...»
La voix de Damon s'était teinte de sérieux. Presque de peine. Je retrouvais tout de suite ma voix normale et l'écoutais attentivement.
«-Qu'est ce qui se passe?
-Ils ont eu un accident. Caroline est dans un sale état.»
L'image du coup de fil en bas repassa dans ma tête. Ainsi le Shérif l'avait prévenu et il ne m'en avait rien dit. J'aurais voulu faire un esclandre mais c'était avouer aussi que nous avions parlé un certain temps, lui et moi. Et ça, Stefan devait l'ignorer. Je m'entendis répondre:
«-Okay, je dis à Jenna de me déposer. A plus tard. Bye.»
Je me tournais vers Jeremy et lui annonçais:
«-On va à l'hôpital.»
Mon frère grimaça et répondit de mauvais poil:
«-Mais j'te dis que ça va, j'vais pas me tuer.
-Ce n'est pas pour ça. Caroline a eu un accident. On doit y aller. Et je ne veux pas te laisser ici.
-Je n'ai pas besoin de baby sitter.» Dit-il, grincheux.
«-Visiblement si. Maintenant en route, tu arrêtes de geindre et tu demandes à Jenna de nous déposer.»
Ni une ni deux, mon frère m'obéit. Sans doute avait il senti la pointe d'angoisse m'étrangler. Stefan s'approcha de moi et déposa ses lèvres sur mon front.
«-Tu ne veux pas que je t'accompagnes?
-Ce bruit dehors... Ca me fait flipper. Tu ne peux pas vérifier si tout est Ok? Je ne veux pas de nouveau truc surnaturel dans ma vie, pas ce soir en tout cas.» Répondis-je doucement. Voyant sa déception, j'embrassais légèrement ses lèvres (trop froides, trop timides, trop prévisibles) avant de reprendre:
«-Mais viens me rejoindre après. S'il advenait quelque chose de terrible à Caroline, je pense que je serais contente que tu sois là, à mes côtés.»
Il sourit, de son petit sourire de gamin triste et opina du chef tandis que je quittais la maison sans me retourner afin de retrouver l'autre frère Salvatore.
oOoOoOoOoOo
Ma tante me déposa devant les portes de l'hôpital avant de chercher à se garer. Je me précipitais à l'intérieur et me dirigeais vers les soins intensifs. Des images me revenaient pas flashes: j'avais parcouru ces mêmes couloirs, une année auparavant. Ma tête se mit à bourdonner et le parallèle devenait de plus en plus obsédant.
J'aperçus une jeune femme qui me ressemblait étrangement.
Mon parfait double.
Brune, longiligne, aux yeux chocolats.
Elle m'observait à la fois nerveuse et paisible. Elle arborait les mêmes vêtements que moi lorsqu'on avait transféré papa et maman après notre accident de voiture. Elle rongeait ses ongles et faisait les cent pas. Comme moi ce soir là, sauf que Jer et Jenna se trouvaient à mes côtés, annihilant la crise de panique et de nerfs qui couvait dans mon esprit.
Les «Bip Bip» sinistres et angoissants des monitorings résonnaient dans mon cerveau comme le glas d'une église. Je déglutis avec peine. J'affrontais de nouveau mes démons. J'avais peur.
Un monde où Caroline n'existait pas serait beaucoup moins drôle, moins vivant. Mon amie d'enfance blonde était gentiment naïve et écervelée, mais elle possédait un coeur d'or, n'avait pas son pareil pour émettre des gossips et faire des soirées de rêves. Caroline méritait de vivre. Elle était la vie à elle toute seule. Imaginer que toute notre insouciance soit révolue me tiraillait.
Caroline c'était l'humanité dans mon monde qui peu à peu avait plongé dans les ténèbres. Elle m'avait permis, sans en savoir rien, de garder la tête froide, de garder un aspect «normal» d'adolescente avec ses crises de jalousie quant à ma relation avec Matt, avec
ses sorties shoppings et ces palabres interminables à propos de Léonardo Di Caprio ou encore de George Clooney et Taylor Lautner. Non, Caroline ne pouvait pas mourir. C'était trop... injuste.
Mais la vie est injuste, voyez vous...
C'est alors que je vis l'espace d'une seconde, mon double me sourit, d'une façon que je ne me connaissais pas. Comme si il préparait un mauvais coup. A la façon d'Isobel. J'hoquetais de stupeur. Le temps que je cligne des yeux, la vision s'effaça. Je chassais le trouble que j'en éprouvais, sans doute dû au stress et aux souvenirs douloureux que cet endroit faisait ressurgir. C'est alors que j'aperçus la mère de Caroline, le Shérif Forbes, en pleine conversation avec Damon. Mon coeur se mit à battre plus fort. Il semblait lui aussi contrarié. Il croisa mon regard l'espace d'un instant furtif, me sourit d'une façon quasi imperceptible (un sourire damonesque quoi), cherchant à me réconforter un tantinet. Cependant il respectait une distance, une froideur à laquelle je ne m'attendais pas. Il ne bougea pas pour me consoler.
Un reniflement ignoble me sortit de ma torpeur et je vis Matt, affalé sur un banc, la tête entre ses mains. Je m'assis à côté de lui et embrassais sa joue avant de caler ma tête sur son épaule et poser ma main sur sa jambe, tapotant tout doucement afin de le calmer un peu.
«-Ca va aller Matt. Tu connais Caroline, elle ne sait pas quoi faire pour se faire remarquer. Elle va devenir folle quand elle va apprendre qu'elle est passé aux infos locales et dans le journal». Cherchais-je à blaguer.
Le visage de mon ex petit ami se froissa d'un sourire. Il releva ses grands yeux azurs où je m'étais tellement perdue gamine. J'avais aimé passionnément Matt, et je l'adorais toujours. On avait tout fait ensemble, c'était mon frère de coeur. L'arrivée de Stefan nous avait peu à peu éloignés en raison de tous les secrets que je devais garder mais notre relation restait paradoxalement inchangée. Je ne supportais pas de le voir dans cet état et le pris dans mes bras. Il me serra contre son coeur, et ses larmes roulèrent dans mon cou. Après un long moment il se décida de m'expliquer ce qui c'était passé.
«-On partait, le père de Tyler nous a fait flipper et nous a quasi jeté hors du Grill.»
Ainsi, le maire Lockwood savait lui aussi. Il avait donné l'ordre. Au moins, il avait cherché à les protéger, je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça. Matt semblait perdu dans ses pensées, ses pupilles roulaient dans leurs orbites, il était prisonnier des horreurs qui étaient subvenues par la suite.
«-On écoutait de la musique... Et puis... Tyler a entendu un bruit. Je ne sais pas trop ce que c'était. Moi j'entendais rien, Caroline non plus. Il est devenu dingue. Il avait tellement mal qu'il ne pouvait plus garder le volant. Alors, Caroline a pris la main... Enfin, elle nous a envoyé dans le décor...» Rit-il piteusement et douloureusement. Je souris aussi de manière misérable. Il poursuivit.
«-Le reste... ça c'est passé si vite. On nous a sorti de là, Caroline allait bien. Elle voulait aider, comme toujours, tu la connais...
-Ouais, Caroline qui faisait sa Caroline quoi.» Soupirais-je, amusée. Le visage de Matt était plein de tendresse à l'évocation de sa petite amie et du bonheur ordinaire qu'il vivait à ses côtés.
-«Bref, a un moment je me suis écarté d'elle et puis elle s'est effondrée. Et maintenant elle est là, et...»
Sa voix s'étrangla en un sanglot. J'allais le reprendre dans mes bras quand Bonnie surgit. Elle tenait dans ses mains deux cafés. Elle en offrit un à Matt qui la remercia d'un signe de tête. La mère de Caroline s'approcha du petit ami de sa fille. Sans doute cherchait elle des réponses. Je pris le parti de m'éloigner, entrainant dans mon sillage ma meilleure amie. Sans doute serait elle plus à même de m'expliquer tout ce qui se tramait.
Lorsque nous fûmes à une distance raisonnable pour que nous puissions parler sans tabou et langage codé, je stoppais et me tournai vers elle. Je savais que Bonnie ne pourrait pas me mentir et je lui posais la seule question qui m'intéressait, celle qui me brûlait les lèvres depuis que j'avais débarqué ici:
«-Bonnie, comment va Caroline? Vraiment.»
Il y eu un moment de malaise. Sans doute voulait elle le dire de la façon la moins abrupte possible, sachant ce que j'avais vécu auparavant. Je la vis reprendre sa respiration puis dire à toute vitesse:
«-On ne sait pas si elle va s'en sortir. Elle est très faible.»
J'en eus les jambes coupées. Tout ce que j'avais craint était sur le point de se réaliser. C'était tout bonnement impossible, je ne pouvais pas attendre qu'on prononce le décès de Caroline. C'était trop injuste surtout quand on se sait entouré de vampires et de sorcières. Oh, mais j'y pense... Et si...
«-Tu... tu ne peux rien faire genre une incantation ou je sais pas quoi?
Elle ignore comment. J'me trompe?»
Je me retournais et failli m'écraser contre le torse du vampire le plus horripilant, arrogant, narcissique, sadique et sexy du monde. Damon Salvatore. Qui d'autre pourrait être assez bête pour entretenir une guerre ouverte avec une sorcière?
Je lui lançais un regard furieux afin de le calmer un peu. Derrière moi, j'entendis la voix de Bonnie lui répondre:
«-Non , en effet, je ne sais pas.
-Normal, ça a pris des lustres à Emily de maitriser tout ça.
-Mais je peux affaiblir un vampire arrogant.
-Tu devrais arrêter les menaces, tu commences à y croire...» Railla-t'il tandis que je le gratifiais d'un coup de coude dans les côtes. Caroline était mourante et tout ce qu'on faisait c'était se chamailler. Ca ne faisait pas avancer le chmilblique. Je vis le visage de Bonnie se fermer, ses yeux se voiler et presque instantanément Damon plia comme Stefan l'avait fait quand l'appareil s'était déclenché. Je cherchais un moyen de les faire arrêter quand un infirmier la bouscula, rompant le charme. Damon se redressa sur ses pieds et avança menaçant. Je m'interposais, mécontente:
«STOP! Tous les deux! Il faut qu'on trouve un moyen pour Caroline!
-Elle a commencé.
-Pff tu l'avais cherché.
-Gamine.
-Momie.»
Quand ils eurent fini de s'envoyer des noms d'oiseau à la figure (et sans doute aussi devant mon air ennuyé) ils décidèrent qu'il était peut être temps de trouver des solutions. Damon se plaça sur mon côté, sa main pressa la mienne l'espace d'un instant et je l'entendis me proposer:
«-Elena, je peux donner mon sang à Caroline.»
Errrreur! WRONG! Il a perdu l'esprit ou quoi? Je m'entendis répondre, abrupte:
«-Non, non. C'est hors de question.
-Ca pourrait la guérir. D'ici 24 heures elle pètera le feu et bon, on est dans un hôpital donc si elle risque de mourir c'est le meilleur endroit pour tenter ce genre d'expérience. Ils auraient trop la frousse d'avoir un procès pour la laisser claquer sans avoir tout essayé.»
Présenté comme ça c'était tentant mais mon instinct me disait que quelque chose clochait. Rien ne pouvait être aussi magique. Je me souvins de Vicky, la soeur de Matt quand Damon l'avait transformée en vampire. Quand j'avais dû me rendre à l'évidence qu'elle ne s'adaptait pas. Qu'elle était condamnée. Je ne voulais pas de cette fin pour mon amie d'enfance. S'il fallait la perdre, autant la perdre tout à fait. Ce serait moins douloureux sur le long terme.
«-C'est trop risqué.
-Fais le!» Répliqua Bonnie avant que Damon ne puisse m'envoyer un contre argument à la figure. J'étais sciée et alternait entre le vampire et la sorcière. Quelle mouche piquait Bonnie? Damon choisit de prendre un petit air supérieur afin de répondre:
«-Comme quoi, même une sorcière peu avoir du bon sens.»
Pourquoi me suis-je évertuée à mettre leurs querelles en mode stand-by? Si ma relation avec Damon est amenée à en devenir réellement une, ça va être fun les soirées entre copines. Et si je décide de faire ma vie avec lui, j'vous raconte pas l'ambiance. VDM. En attendant je continuais de penser que c'était une erreur:
«-Bonnie je...
-On parle de Caroline là, Elena.»
Merci, je le savais. Mais ce n'est pas parce que c'est Caroline que l'on doit vendre son âme au diable. Je vis dans les yeux de Damon que ses convictions flanchaient. Il était prêt à renoncer à sa fausse bonne idée parce que je n'étais pas d'accord. Mais Bonnie enfonça le clou:
«-Elena, s'il y avait eu une chance de sauver tes parents. Et que ça soit cette chance, tu n'aurais pas hésité. Comment peux-tu ne pas voir que c'est la même chose ici? Caroline c'est comme ta soeur, on se connait toutes les trois depuis toujours. Comment ne peux tu pas lui offrir cette chance même si elle contient des risques? La Elena que j'ai toujours connue ne ferait pas la fine bouche!»
Je devais avouer qu'elle marquait un point et ébranlait mes certitudes. Bonnie se tourna vers Damon et assena:
«-Tu vas le faire.
-Qui te dis que...
-Pour Elena. Et parce que tu l'as aussi brillamment proposé.» Ricana Bonnie.
Le vampire brun m'adressa un regard à la fois apeuré et tendre. Un mot de moi et il pouvait tout. Les larmes aux yeux je soufflais:
«-Fais le.»
Il opina du chef. Sur ces entre faits, Matt héla Bonnie qui nous laissa seul à seule. Ma nervosité grimpa d'un autre cran. Damon m'observait avec tendresse et recul en même temps, comme s'il avait peur de perdre pied et de ne pas pouvoir se retenir de m'approcher, de me toucher... ou de me tuer.
«-Tu devrais y aller. Stefan ne va pas tarder». Dis-je, mal à l'aise. Il tiqua mais ne releva pas. Le grand brun repartit en prenant mes mains dans les siennes:
«-Il faut qu'on parle. De tout à l'heure.
-Damon, on a pas le temps de tout ça..» Soufflais-je, inquiète que quelqu'un puisse nous surprendre. Faire un esclandre n'était pas dans mes options ce soir. Damon dit d'une voix certes basse mais exaspérée:
«-Allons Elena, on s'est quand même embrassé!»
J'avais envie de lui hurler que je n'avais qu'une envie c'est que nous recommencions, là, de suite, que j'avais besoin de ses bras, de sa présence, de son humour pour que je m'évade de ce monde cruel, violent, dur et injuste. Paradoxal quand on sait que Damon est un vampire sadique et cruel, n'est ce pas? Mais je ne pouvais pas. Parce que chaque minute comptait pour Caroline:
«-Damon vraiment...
-Si tu veux oublier, libre à toi. Mais moi je ne peux pas.»
Il passa à côté de moi en frôlant mon corps de la façon la plus sensuelle du monde, m'arrachant mille frissons avant de pénétrer dans la chambre de mon amie. Je fermais le yeux et murmurais:
«Moi non plus, je ne peux pas Damon.»
Une larme roula sur ma joue et je sentis des bras se refermer sur moi: ceux de Jeremy. Il entama de me bercer, doucement. Je lui confiais:
«-Quelque chose cloche dans toute cette histoire.»
Il embrassa mon front et chuchota, réconfortant:
«-Ca va aller Elena. Ca va aller...»
Si seulement j'avais su ce que notre décision allait produire... Je pense que j'aurais arrêté Damon sur le seuil de cette chambre d'hôpital. Mais comme nous ne sommes que des mortels, nos choix influencent le destin. Le mien me précipita dans les ténèbres.
oOoOoOoOoOo
POV Stefan
J'avais fouillé de fond en comble le jardin d'Elena ainsi que le petit bois qui jouxtait sa maison sans découvrir le moindre rôdeur. Mon esprit vagabondait, inquiet du comportement d'Elena.
Depuis plusieurs semaines, quelque chose avait changé entre nous.
Et aussi entre elle et Damon.
Ma petite amie ne s'en rendait pas compte mais elle était différente avec lui. L'indifférence avait cédé la place à l'intérêt. A l'amitié. Et Damon était tombé fou amoureux d'elle. Elena ne s'en était pas aperçue (à dessein ou juste parce qu'elle ne pensait pas que mon frère puisse s'intéresser à elle) et cela me tuait à petit feu. Métaphoriquement. Elle n'instaurait aucune distance entre eux et me mettait sans le savoir au supplice.
Et puis il y avait eu Isobel.
Quand sa mère avait avoué à Elena l'éclatante vérité à propos de Damon, j'avais vu un éclair passer dans ses yeux. De la colère? Ou de l'espoir? Elle s'était tourné vers lui. Avait attendu quelque chose de lui. N'importe quoi, un signe, un démenti. Oui. Pendant une minute elle s'était demandé si Damon et elle c'était dans le domaine du possible. Et depuis, cette incertitude de son amour me tenaillait.
Je l'aimais comme un fou.
Je l'avais choisi.
Avec Katherine, ce n'avait été qu'une distraction pour elle. Là, j'étais libre de mes choix et Elena aussi. Damon dans cette histoire s'amusait avec elle. Il ne pouvait pas réellement l'aimer. Ni la mériter comme moi. Je donnais un coup de poing dans un arbre, dépité. Elena s'éloignait et plus j'essayais de la retenir auprès de moi plus elle m'échappait. C'est alors qu'un rire léger retentit à mes oreilles.
«-Stefan, te voilà enfin, j'ai cru que jamais je n'allais y arriver.» Tinta une voix. Je me retournai et vit Elena, un sourire charmeur aux lèvres. Je m'approchais d'elle afin de l'embrasser. Inquiet de l'effet que je pouvais encore lui insuffler, j'écoutais son rythme cardiaque. C'est alors qu'éclata la vérité.
Je m'approchais d'elle et la pris par la taille. Elle m'adressa un sourire resplendissant et se lova contre moi, comme une chatte. Je fondis sur elle et mordit sa jugulaire. Tant pis pour elle. Tant pis pour moi.
Elle piailla avant de m'envoyer valser. Je m'écrasais dans les fourrés et accusais le coup.
«-Tu t'es relâchée, Katherine. Je me souvenais d'une meilleure comédienne.
-Ne sois pas désobligeant, Stefan.» répliqua mon «maker» d'une voix tranchante et froide. Elle soupira et s'assit sur une souche en observant les paysages une petite moue d'enfant gâtée aux lèvres:
«-Ca n'a pas changé ici. C'est toujours mortellement ennuyeux.»
Un temps. Je me redressais et demandais:
«-Qu'est ce que tu viens faire ici?
-Du shopping?» S'amusa t'elle avec son petit sourire qui m'avait tellement fait rêvé, lorsque j'étais humain.
«-Katherine...» M'impatientais-je. Elle bougonna:
«-Tu étais bien plus enthousiaste quand tu me voyais autrefois.
-En 145 ans de l'eau est passé sous les ponts. J'ai changé.
-Pas en ce qui concerne tes goûts pour les femmes si j'en juge par ton choix de petite amie» se moqua t'elle négligemment avant de repartir:
«-Elle n'est pas moi, Stefan. Pourquoi l'as tu choisi? Pour revivre notre passion à travers elle?»
Je serrais le poings afin de ne pas m'énerver:
«-Ca ne te regarde pas.
-Dans un sens si. Je suis son arrière et je ne sais pas combien de fois arrière grand mère. Ca compte.
-Ne joue pas à ce petit jeu avec moi Katherine.» La menaçais-je.
Elle haussa un sourcil, narquoise, genre «tu crois que tu me fais peur», avant de sortir son poudrier et retoucher quelques imperfections:
«Stefan, pas d'héroïsme. On sait tous les deux que je pourrais t'arracher le coeur et me faire les ongles en même temps.
-Katherine, ce n'est pas un jeu.
-C'est là où tu te trompes. La beauté de l'immortalité, c'est que tout est un jeu. Je suis certaine que tu adorerais rejouer avec moi.» Argua t'elle, tentatrice, s'approchant sensuellement de moi. J'étais perdu. Elena, Katherine. Katherine, Elena. J'avais l'impression de devenir fou. Je cherchais à retrouver une contenance en avançant:
-«Non, je ne crois pas. Pas tant que je ne connais pas les règles.
-Stefan, souviens toi de ce que je vous avais dit, autrefois. Il n'y en a pas.
-hum, avec toi, il y en a toujours. Alors, pourquoi es tu revenue?
-Parce que tu m'as manqué?
-Menteuse!» Répliquais-je acide. Elle fronça les sourcils, cette fois contrariée que je ne lui obéisse pas au doigt et à l'oeil. Et bah NA! Elle se contenta de souffler:
«-Aoutch»
Elle grimpa à un cerisier et se mit à déguster les fruits rouges tandis que je l'observais d'en bas de l'arbre fruitier. Katherine était imprévisible. C'était ce qui m'avait plu en elle. Enfin je crois. Elle semblait rêveuse, ailleurs. Elle murmura alors, en observant les étoiles dans le ciel:
«-Tu sais Stefan, aucune créature au monde n'est plus ridicule et déplaisante qu'une fille amoureuse.»
Je ne voyais vraiment pas où elle voulait en venir.
«-J'ai croisé Elena aujourd'hui. Cette gamine est soporifique.» Se plaignit-elle. Je bombais le torse et avec fierté assurais:
«-Tu ne connais pas l'amour, Katherine, alors tu t'en moques.
-Erreur, Stefan. Je le reconnais quand je le croise. C'est tellement pathétique.» Soupira t'elle, comme dégoûtée. Je repartis faussement affable:
«-Alors nous ne voudrions pas t'indisposer, ni elle ni moi.
-Oh, mais votre relation ne m'indispose pas du tout, Stefan.» Rit-elle. Je pus contempler ses quenottes étincelantes puis le lui répondis:
«-Je ne vois pas...
-Allons, allons, Stefan. Ne sois pas ridicule. Tu le sais aussi bien que moi. Ce n'est pas toi qu'elle aime. C'est Damon. Et vu le baiser qu'ils ont échangé sous la véranda pas plus tard qu'il y a deux heures, je peux te dire que ça ne laisse aucun doute. Même moi j'ai eu un petit pincement au coeur.» M'expliqua t'elle d'une voix ironique et détachée.
Alors que j'allais pour l'étrangler, elle s'envola et s'enfuit aussi vite qu'elle m'était apparue en criant:
«-On se reverra bientôt Stefan!»
Ensuite, je pris ma voiture de sport et fonçais vers l'hôpital.
Je devais en avoir le coeur net.
J'avais besoin de savoir. Même si je ne pourrais pas m'éloigner d'elle.
Parce que j'y étais addict. Et quand on est accro, même si ça fait mal... parfois ça fait encore plus mal de décrocher.
oOoOoOoOoOo
POV Caroline
J'avais mal partout, c'était comme si mon corps tout entier s'était ligué pour me blesser.
La douleur anihilait mon esprit, j'avais l'impression d'en être prisonnière.
J'avais repris connaissance un court instant et avais aperçu Damon à mon chevet. J'avais eu envie de me redresser et de m'écarter de lui, le plus possible. Un je ne sais quoi me disait qu'il était le mal incarné. Peut être parce que j'étais sortie avec lui, l'espace de quelques mois. Je ne savais plus très bien si ce qui avait suivi était le fruit du délire ou la réalité. Ses yeux avaient changé. Ou plutôt son regard. Des veines y étaient apparues et des petites dents pointues sortirent de sa bouche, tels des crocs. Il avait caressé doucement mon front et avait murmuré d'un façon très tendre:
«-N'aie pas peur, Caroline, ça va bien se passer. Je te le promets. Je ne pourrais jamais racheter tout le mal que je t'ai fait. Mais pour une fois, je vais faire un truc bien. Calme toi et obéit moi.»
Il avait amené son poignet à sa bouche puis il y avait eu un bruit de succion des plus dégoutant. C'est alors qu'il me le tendit et j'aperçus avec effroi sa main sanguinolente qu'il amenait vers ma bouche. Je m'agitais. Ce type était complètement dinguo et space, franchement. Genre j'allais boire son sang! Bonnie arriva sur ces entre faits. Je la regardais, l'implorant presque de virer Damon Salvatore. Mais au contraire, elle approcha mes lèvres du liquide sombre. Je me débattais pour échapper à leur plan étrange mais Bonnie me tenait fermement. Elle demanda à Damon:
«-Tu ne peux pas la charmer, que ça soit plus facile?
-Comme si je n'y avais pas pensé.» Singea t'il.
«-Alors qu'est ce que t'attends. Qu'elle m'arrache un bras ou qu'une infirmière débarque?»
Damon prit une pose amusée, mode mannequin (vraiment trop cute, je me souvenais désormais du pourquoi du comment j'étais sortie avec lui. Un apollon de cette sorte, si je ne l'avais pas eu sous mes dents, j'en aurais été malade!).
«-J'avoue que c'est une bonne option. Vas y Caroline, éclate toi sur Bonnie!» Se moqua t'il, tandis que Bonnie lui décrocha un regard morose. Ces deux là se détestaient sans que je ne comprenne pourquoi, Damon s'était toujours montré plus où moins courtois avec elle, en tout cas en ma présence. Il expliqua:
«-Elle délire. Je ne peux pas charmer un esprit qui ne sait pas où il en est. Ca pourrait la rendre folle. Déjà qu'elle n'a pas besoin de ça pour l'être!»
Hey, oh, je suis peut être entrain de délirer mais je t'entends quand même. Grrr, je vais me le faire un jour, vous allez voir!
Alors que j'allais répliquer au brun pour voir de quel bois je me chauffais, il colla son poignet contre mes lèvres. Par réflexe (oui, ce dédé, il n'avait pas fait gaffe que j'avais besoin de respirer) j'ouvris ma bouche et un flot salé s'infiltra dedans. J'eus un haut le coeur pour tout recracher mais je ne pouvais pas fermer mes lèvres, je ne pouvais que déglutir, encore et toujours. J'étais terrifiée par ce qui était entrain de se passer. Je pleurais fort, suppliant pour que tout cela cesse. Au bout d'une éternité, Damon se retira et je m'effondrais sur le lit, crachotant. J'étais fourbue, j'avais l'impression d'avoir jeté mes dernières forces dans la lutte pour survivre, pour ne pas boire le sang du petit ami d'Elena. Je voulus hurler à l'aide, mais sombrais dans l'inconscience.
Lorsque je me réveillais, la nuit était déjà bien avancée. Ca devait faire une journée que l'accident s'était produit. Et pourtant, je me sentais déjà bien mieux. Je veux dire vraiment vraiment bien. Limite si je pétais pas la forme. J'avais envie de danser, de bouger, de voir mes amies et de faire la fête comme j'adorais le faire depuis toute petite. A mes côtés se trouvait Elena, qui rayonnait littéralement.
«-Hey Caroline.
-Hey! Comment ça va?
-C'est plutôt à moi de te poser cette question!» Se moqua t'elle en me prenant dans ses bras. Je me laissais faire, mais une pointe d'inquiétude s'était infiltrée dans mon esprit. Il y avait trop de miel dans sa voix et trop de vigueur dans ses bras. Même ses intonations... C'était Elena mais sans l'être. Je connaissais trop ma meilleure amie pour ne pas sentir que quelque chose clochait. Je m'écartais, un peu désarçonnée. Peut être que c'était encore l'effet de la morphine qui me faisait planer. Mais dans le doute, je demandais:
«-C'est bien toi?»
Un sourire cruel s'afficha sur le visage «d'Elena». Elle ne me répondit pas et se saisit d'un oreiller proche de moi. Je vis dans ses yeux une envie de meurtre. Sauf que la seule victime possible, c'était moi. Je voulus m'écarter, fuir, le plus loin possible, mais mes forces ne m'étaient pas revenues. Je cherchais à la faire plier, à la faire réfléchir. Qu'avais-je fait pour qu'Elena veuille me tuer? De nouveau, des larmes perlèrent à mes yeux. Ca n'était pas possible, j'étais entrain de faire un cauchemar. Je me débattais, appelais à l'aide, hurlais. Je ne voulais pas mourir.
«-Elena, pitié! Mais qu'est ce que tu...»
La voix tranchante et glaciale de mon «amie» me coupa, sans ménagement.
«Je ne suis pas Elena. Souviens t'en. Je suis Katherine.»
J'ouvris de grands yeux et j'aurais pu éclater de rire en voyant mon reflet dans les prunelles de mon agresseur si je n'étais pas proche de la mort. Je ressemblais à un poisson mort, la même expression que Meredith, une pauvre asociale dont je me moquais. Elena était devenue schizophrène. En même temps, avec toutes tes tuiles qui lui étaient tombées sur la figure, on ne pouvait pas lui en vouloir. J'aurais juste préféré que ça ne tombe pas sur moi. Elle se saisit d'un de mes oreillers avant de l'abattre sur mon visage. Je suffoquais, me battais. Peu à peu l'air me manqua et je renonçais. J'allais mourir, me défendre prolongeait simplement mon agonie. Quand je me sentis aux portes du trépas, elle murmura glaciale et amusée:
«-Quand tu verras Damon et Stefan, dis leur ceci: Game on.»
oOoOoOoOoOo
POV Elena
Je m'apprêtais à retrouver un Stefan anxieux alors que je conduisais pour aller chez lui après avoir visité Caroline. Elle allait mieux, le sang de vampire avait fait des miracles. Je n'arrivais pas à croire qu'elle puisse être encore en vie. Sa mort possible avait fait remonter en moi tous les souvenirs sombres que j'avais enfoui pendant cette année. Je l'avais repoussé hier à l'hôpital quand il m'avait finalement rejointe. J'avais besoin de faire un point. La journée s'était avérée être bien trop riche pour ma pauvre personne. Entre Damon et ses baisers, Stefan et sa sollicitude et l'ombre de mes parents décédés, sans oublier les idées suicidaires de Jeremy, c'était un peu trop pour que je puisse gérer. Damon s'était infiltré dans ma chambre, afin que l'on puisse parler. Il s'était confronté à un mur. J'avais été incapable d'exprimer toute cette douleur qui me submergeait. Il n'avait pas insisté et avait juste dit:
«-Repose toi, Elena. Je veille sur toi.»
Il m'avait tendu avec une pointe d'ironie mon nounours, m'avait laissé mon intimité pour que je puisse me changer, commenté sardoniquement mon pyjamas, fait deux trois blagues grivoises, m'avait bordé et s'était calé dans le rocking chair de ma chambre, un livre de Jack London dans les mains. Il avait éteint les lumières à part une petite veilleuse et nous avions passé la nuit ainsi. Il savait que je ne dormais pas mais me laissais réfléchir à toute cette histoire. Et moi je lui en étais reconnaissante. Peut être était-ce ce trait de caractère du brun qui lui valait désormais la préférence. Je me sentais libre avec lui. Moins infantilisée.
Bref, j'avais décidé qu'avec Stefan, il me fallait être claire. Pour le moment, je ne pouvais pas rester avec lui, tout était trop compliqué dans notre vie.
Je me garai devant l'ancienne pension de famille et pénétrai dans l'habitation. Des éclats de voix, celles de Damon et de Stefan me parvenaient vaguement du salon. Ils étaient encore une fois entrain de se disputer. Je levais les yeux aux ciels. Même s'ils proclamaient haut et fort qu'ils se détestaient, on ne peux pas haïr autant une personne sans l'aimer un tantinet. Alors que j'allais les rejoindre pour faire les arbitres, je fus stoppée net:
«-Stefan, arrête de faire l'enfant. Tu sais qu'elle cherche à nous monter l'un contre l'autre. J'te voyais plus intelligent.
-Damon, ce que j'ai aussi appris avec les années c'est qu'entre elle et toi il n'y a pas tant de différence. Vous êtes de la même trempe!» S'énerva Stefan. Je réprimais un sursaut. Je n'avais jamais vu mon «petit ami» dans cet état de rage et de fureur. Damon restait calme, presque indifférent à l'excès de colère de son cadet. Mais malgré sa mauvaise humeur, Stefan cherchait à rester courtois, comme s'il avait peur de froisser son frère. C'était assez étrange. J'entendis Damon répondre:
«-Tu te trompes. Nous sommes complémentaires. Tu devrais être ravi, elle revenue; tu sais désormais que je ne vais pas flirter avec ta chérie.»
Les bras m'en tombèrent. Comment.. Comment pouvait-il dire ça? Comment pouvait il parler de moi avec tant de dédain? J'eus l'impression de revenir après notre «faux baiser» ce baiser qui ne devait rien signifier et qui m'avait fait basculer. Je mordis l'intérieur de ma lèvre pour ne pas gémir de désarroi. Je comprenais que je m'étais faite manipulée, encore une fois.
«-Katherine en ville n'est pas une bonne chose, Damon.» Lâcha Stefan.
Je défaillis. Mon double, en ville. Katherine. Katherine qui me volait Damon. Mes yeux me piquaient, c'était tellement injuste. Elle me volait tout, même mes rêves, même mon amour. C'était plus qu'il n'en fallait. J'allais la tuer. Le vampire blond reprit:
«-Mais j'avoue que je suis content pour toi, Damon. Vous formez un beau couple. Tu ne veux pas l'emmener en lune de miel quelque part. Loin.»
Son frère repartit, amusé:
«-J'aime tout ça. Te voir marcher sur des oeufs parce que tu crois que je vais exploser. Quel suspense!»
C'est à cet instant que mon portable sonna et que je dus sortir de ma cachette. Je donnais le change, faisant croire que j'arrivais tout juste. Si je trompais Stefan, ce ne fut pas le cas de Damon qui fronça les sourcils, visiblement contrarié.
A l'autre bout du fil, la voix paniquée de Matt:
«-Elena, Caroline a un problème. Elle est sortie de la clinique contre avis médical et là, elle se comporte d'une façon étrange. A un moment elle est comme d'habitude puis après presque cruelle. Viens m'aider, elle doit retourner à l'hosto.»
Je répondis rapidement puis me tournais vers les deux vampires.
«-Même si vos disputes perpétuelles semblent être de nouveau d'actualité, il va falloir revoir l'ordre du jour. Désormais notre mission s'appelle Caroline.»
oOoOoOoOoOo
POV Damon
Dès qu'Elena nous avait dit qu'il y avait un soucis avec son insupportable amie-barbie je m'étais éclipsé. Caroline était une jolie fille mais son côté «gossip girl» et superficiel m'avait rapidement lassé. J'avais cherché à la flairer, en vain. Puis, je perçus au loin les bruits sourds d'une fête. J'avais oublié la soirée du lycée. Et connaissant Caroline, elle n'aurait raté ça pour rien au monde, même suite à un accident de voiture. Je devais avouer que j'étais aussi inquiet. Blondie ayant mon sang dans son système, rien ne serait plus dangereux pour elle qu'un comportement inadéquat avec ses médicaments. Parce qu'elle pourrait devenir comme moi et je ne souhaite à personne cette malédiction que je porte. Je courus vers la fête et ne tardais pas à apercevoir, au centre de la piste de danse, se tortillant à la façon de la plus scandaleuse des stip-teaseuses, Caroline.
Les garçons n'arrivaient pas à la quitter des yeux. Et je devais avouer que cette gosse qui se déhanchait était rudement bien balancée... ce petit regard en coin, plein de connivence n'y était pas non plus pour rien. Elle avait un sourire radieux, un regard distant digne de n'importe quelle femme fatale.
On aurait cru qu'elle les avait tous charmé.
Même moi, je ne restais pas insensible. Diamétralement opposé à moi, je vis débouler Elena, suivie de près par Stefan. Je perçus une tension entre eux, le regard dont mon frère gratifiait sa chérie était à la fois tendre et haineux, dégouté et plein d'espoir. Qu'est ce qui se passait encore avec Stef? Il faudrait que je lise des articles pour savoir si le Prosac a des effets bénéfiques sur les vampires casse-bonbon!
Alors que j'allais rejoindre Elena, Caroline m'aperçut et descendit de son estrade de lap- dance, lâchant la barre d'une façon admirablement sensuelle. L'archange Caroline la pure avait-elle finalement cédé au côté obscur? Je fronçais mes sourcils, un peu décontenancé par cette attitude hautement provocante qu'elle avait à mon égard. Pour commencer à la connaitre, je sentais que quelque chose n'allait pas. Elle avait changé. Ce fard noir autour des yeux, ce look trash-rock-and-roll ça n'était pas du tout elle. La petite fashionista en rebelle, ça ne collait pas. Elle m'attrapa par le bras et m'entraina vers l'extérieur sans un seul mot. Je cherchais à détendre l'atmosphère:
«-Hey, Caroline, je ne suis pas un homme facile!»
Elle me décocha un regard noir qui me passa l'envie de fanfaronner. J'aurais pu la mettre hors d'état de nuire en un tour de passe passe mais comme elle était importante pour Elena, je me privais de la joie que j'aurais éprouvée si j'avais pu contrôler son esprit.
Lorsqu'elle me relâcha enfin, je me rendis compte qu'elle m'avait fait mal. Je la dévisageais, intéressé soudain. Comment une humaine pouvait elle m'avoir fait mal? Mais qu'est ce qui se passait dans ce trou paumé d'assez dingue pour faire muter une misérable petite humaine écervelée?
Caroline semblait être véritablement en colère. Sans préambule elle cracha à mon visage:
«-Je me souviens.»
Euh... Je sais que pour une blonde c'est assez rare, mais tout de même, y'avait pas non plus de quoi nous en faire une maladie. Et puis de quoi parlait-elle? De sa première dent, du père noël qui n'existe pas?
-«De quoi?» La questionnais-je patiemment. Enfin patiemment... Je n'avais pas que ça à faire. Dieu, que ça me manquait le temps ou je m'abreuvais de son sang délicieux en lui sortant des blagues stupides sur les blondes du genre «Comment noie t'on une blonde? En mettant une glace au fond d'une piscine.»
Caroline se plaça devant moi, les poings sur les hanches. Un peu en mode poissonnière, ce qui est là aussi étrange. Genre, j'ai peuuur de cette petite humaine. Depuis son accident elle n'a plus d'instinct de survie ou quoi?
« -Je me souviens de comment tu m'as manipulée, rejetée, abusée... Oh et tu as effacé ma mémoire. Et nourri aussi. Sur moi.»
Euhh okay là c'est pas trop beaucoup normal. Qui est le CON qui lui a dit ça? Qui l'a mis sur la piste. Le visage fermé de Stefan, l'angoisse d'Elena me reviennent en mémoire. Et si c'était mon petit frère qui avait joué aux apprentis pyromanes, qui avait soulevé le voile pour que la blonde puisse plonger dans ses souvenirs. Afin de me punir. Peut être même qu'elle en parlerait à sa mère qui me tuerait. A l'amour et à la guerre, il n'y a aucune règle, et ça, Stefan le sait.
Cependant, je cherchais à nier encore l'évidence. Histoire de jouer encore un peu avant que l'on voit toutes les cartes et que l'on découvre le bluff.
«-Tu es barje Caroline.
-Les souvenirs sont revenus. Par morceaux.»
Quoi? Mais... Non, ça n'est pas possible. J'ai du mal entendre. Elle se fiche de moi hein? Y'a pas d'autre option. Je veux dire que non. Enfin... Mais dans quel pétrin je me suis fourré moi? Ma gorge s'assécha lorsque je soufflais:
-»Tu ne peux pas t'en souvenir. A moins que tu ne sois devenu un... vampire»
Caroline opina du chef, assez contente d'elle. Non. Un nouveau vampire en ville ça n'était pas une bonne option. Stefan n'avait pas pu se montrer assez débile pour faire un truc aussi dangereux... Quoique, on parle de Stefan, alors les trucs débiles ça le connait. Mais franchement quelle mouche l'avait piqué? La porte qui donnait sur l'extérieur d'ouvrit sur lui et Elena. Quand on parle du loup, on en voit la queue...
La jolie blonde s'approcha de moi et saisit ma gorge, me plaquant au mur. Des plaques de plâtre chutèrent sur mon crâne. Aoutch, ça fait mal quand même! Un petit rire narquois s'échappa des lèvres de la pom pom girl et elle susurra à mon oreille:
-»J'ai un message de la part de Katherine. Game on, Damon.»
Le nom de Katherine me fit réagir et je repris la main. Si Katherine était ici, si elle avait fait ça à la meilleure amie d'Elena alors cette dernière était sans doute en danger. Parce que Katherine avait toujours une bonne raison, pour tout. Peut etre qu'en utilisant Caroline comme appat... non non, les jeunes vampires sont trop instables. Si elle restait en vie, elle nous ferait tous repérer. Il fallait la tuer. Pas parce que j'en avais spécialement envie, elle ne m'avait rien fait, mais parce que je devais sauver ma peau ainsi que celle de Stefan, mon fardeau à porter jusqu'à la fin des temps (perspective aussi fun que la vision d'un opossum écrasé sur la route) Alors que j'allais lui faire rencontrer la vraie mort elle éclata en sanglots. Quand je vous disais que les bébés vampires sont impossibles! Je HAIS ces créatures qui voient toutes leurs émotions se démultiplier ainsi que leurs traits de caractères humains. Caroline était devenue un tyran perturbé. Elle me regardait de ses prunelles océanes, nimbées de larmes.
«-Qu'est ce qui ne va pas chez moi?
-Caroline... Tu dois me répondre. Et être honnête. Je n'aurais pas peur. Dis moi... As tu bu du sang humain?»
Caroline m'observa horrifiée et recula d'un pas ou deux. Sur le coup je me demandais si je n'avais pas commis d'erreur mais quand je vis son visage défait tandis qu'elle dodelinait de la tête en signe d'assentiment je compris qu'elle était devenue une créature de la nuit. Je cherchais à la rassurer afin que ses derniers instants de vie ne soient pas si sinistres. Je tapotais d'une façon que je trouvais comique son épaule. Par le diable, pourquoi c'est moi qui doit me coltiner les guimauves? J'suis pas le mieux placé pour ça! Quel dieu ai-je offensé pour que tous les trucs débiles et plein de bons sentiments me retombent sur la tronche? Je murmurais:
«-Tout est normal. Ca va aller. Je vais t'aider.
-Vraiment?» S'enquit-elle tandis que l'espoir renaissait dans ses yeux.
Cette lueur me tua presque. On aurait dit une toute petite fille le jour de Noël, pleine d'espoir devant ses nouveaux jouets. Mais moi je savais de quoi il en retournait. Lentement je bougeais avec elle afin d'atteindre un bout de bois qui pourrait me servir de pieu. Je m'en saisis avant de lui répondre:
«-J'ai pas le choix.
-Tu vas faire quoi?
-La seule chose que je puisse faire. Te tuer.» Lui annonçais-je.
Elle me dévisagea, horrifiée et chercha à fuir, tandis que de nouvelle larmes perlaient à ses prunelles. Mais si elle voulait sauver sa vie, elle n'avait qu'à prendre ses jambes à son cou au lieu de chouiner. Et en plus, c'était dégoutant de la voir renifler sa morve. Si je n'avais pas l'intention de la tuer, je lui aurais prêté mon mouchoir. Oui, je sais, c'est vieux jeu, mais j'ai encore mon mouchoir en tissus, mille fois mieux et moins irritant que ces affreux kleenex. Même si je ne peux pas tomber malade, un mouchoir peut toujours rendre service, surtout quand on drague une demoiselle en détresse. Mais je m'écarte du propos.
-»Pitié, non, j'veux pas mourir.
-Mais tu es déjà morte» Me contentais-je de lui préciser. Je voulais l'effrayer, qu'elle prenne conscience qu'elle était un monstre. J'avais besoin qu'elle me supplie de la tuer. Peut être était-ce un souvenir de mon moi démoniaque, qui sait?
Je la pris dans mes bras, face à son air horrifié et déboussolé. Elle était prête à recevoir la délivrance. J'allais abattre mon pieu quand, dans un dernier spasme de volonté de vivre, Caroline pivota offrant la poitrine d'Elena à mon arme. Elle poussa un hurlement déchirant tandis que je stoppais net mon geste. Je ne l'avais pas entendue arriver, elle mais aussi Stefan et Bonnie. L'humaine tremblait comme une feuille tandis que mon pieu reposait sur sa poitrine, au niveau de son coeur. D'habitude j'appréciais quand elle se la jouait «héroïne» mais là, c'était agaçant. La Caroline qu'elle avait connue n'était plus désormais, elle avait laissé place à un monstre. Je le savais. J'en étais un. Et même si elle me faisait ses petits yeux de labrador que j'adore elle ne parviendrait pas à me faire plier. Je ne pouvais pas renoncer à Mystic Falls. Parce que ça serait aussi renoncer à elle. Voilà pourquoi Caroline devait mourir. Pour que je puisse rester aux côtés d'Elena. Egoïste, n'est ce pas?
Mais Elena ne bougeait pas. Elle respirait fort, m'indiquant sa colère et sa peur. Je lui expliquais calmement:
«-Elle nous connait. Elle risque de ne pas se contrôler, c'est un poids pour nous. Il faut la tuer.»
Elena frémit, confrontée à cette atroce vérité. Caroline pailla tandis que Stefan lui barrait toute retraite en se plaçant derrière elle. L'humaine sortit alors de ses gonds et me menaça de son mignon petit doigt et de sa fragile personne:
«-Damon, on parle d'une de mes meilleures amies là!»
Non? Pas possible? Tu crois? A noter qu'à côtoyer de trop près mon frère on attrape la même maladie que lui; la stupidité congénitale. Elena me prendrait-elle pour une demeuré que ça ne m'étonnerait pas.
Enfin passons...
Il ne fallait pas se voiler la face, ça sentait mauvais. Il fallait qu'Elena comprenne que c'était pour notre bien à tous que j'allais mettre fin à «l'éternité» de Caroline.
-»Dois-je te rappeler la tragique histoire de Vicky Donavan? Caroline ne s'en sortira pas. Sa même est une chasseuse de vampire. On sait ou cette histoire va se finir, Elena, alors passe au dernier chapitre.»
Elena sursauta et un voile triste passa sur ses yeux. Je m'en voulus de l'obliger à se rappeler de cette affreuse nuit mais je n'avais pas le choix. Il fallait le faire. Pour Mystic Falls. Pour ceux qu'elle aimait. J'enfonçais le clou:
«-Elle va mourir.
-Mais pas ce soir!» Trancha Elena, butée. Je commençais à perdre patience moi. J'appréciais qu'elle me tienne tête, c'était tout l'intérêt de notre relation, mais là, il n'y avait pas à chiquer, j'avais raison et elle tord. On ne pouvait pas avoir un nouveau né. Stefan à peine sevré, moi qui ne pouvait me passer de sang humain trop longtemps, on aurait tôt fait de Caroline une vampiresse sanguinaire.
Mauvais plan.
Même si en d'autres lieux et quelques mois plus tôt ça m'aurait parut un plan follement amusant. Je répondis, de mauvaise humeur:
«-S'il arrive la moindre chose... Ca sera de ta faute.» Crachais-je tandis que je retirai mon pieu de sur sa poitrine. Elle recommença à respirer normalement avant de se précipiter sur Caroline. Celle ci semblait complètement à la masse.
Stefan s'approcha lui aussi d'elle et l'enjoignit à le suivre. Il allait commencer le B-A- Ba de la vie la plus enquiquinante du monde, la «vie à la Stef Salvatore», d'abstinence totale. Même ces frapadingues de prêtres catholiques ont le droit à des exceptions dans leur abstinence, avec des gamins ou mêmes des copines «d'avant» leur voeux.
Elena se retrouva seule avec moi, en colère contre moi. Alors que je voulais m'expliquer avec elle, Bonnie s'approcha, elle qui s'était tenue à l'écart jusque là. D'un regard elle comprit ce qui s'était tramé entre nous quatre. Saisissant la main de Caroline afin de vérifier la justesse de sa théorie, elle s'écarta d'elle apeurée. Stefan hâta le pas afin que Blondie soit aux abris quand la sorcière entrerait dans une rage noire. J'essayais de narrer les faits mais Bonnie ne m'en laissa pas l'occasion. J'ouvris la bouche, une douleur fulgurante me transperça la tête. Puis, ce fut le noir total et la chaleur des flammes de l'enfer.
oOoOoOoOoOo
POV Elena
Damon se tordait de douleur sur le sol et je l'observais, impuissante. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Bonnie avait touché Caroline puis avait cherché à mettre le plus d'espace entre elles, comme si le seul fait de la toucher la dégoutait, la terrifiait. Les larmes aux yeux, mon amie sorcière s'étrangla:
«Caroline... C'est... c'est impossible... tu ne peux... pas être...»
J'étais allée sur le champs la réconforter. Bonnie avait dû affronter trop d'événements tragiques cette année liés aux vampires. Sa réaction était certes logique mais disproportionnée. On parlait de Caroline, pas d'un monstre genre Katherine.
«-Ca va aller, Bonnie. Stefan va s'occuper d'elle. Rien n'aura vraiment changé. On sera encore toutes les trois, comme avant.
-Mais dans quel monde tu vis?» S'écria t'elle, me repoussant brusquement. «Elena, ça n'est pas rien. Ce n'est pas comme avant! Caroline est un vampire! Je suis une sorcière! On est ennemies. C'est fini notre amitié. Grandis un peu!»
D'un geste elle fit valser des barres de fer qui s'écroulèrent dans un horrible bruit. j'étais choquée de voir cette colère, cette puissance qui émanait d'elle. Jamais je n'aurais par ailleurs cru qu'elle pourrait me parler sur ce ton. Moi aussi j'étais ravagée par l'éclatante vérité: Caroline était un vampire. J'avais cru que Bonnie m'aiderait à passer outre. A faire «comme si». Mais je m'étais trompée.
Quand elle se retourna, mon amie avait un regard noir et décidé. J'en frissonnais. Puis je m'aperçus qu'un robinet de la chaudière à pétrole du lycée s'ouvrait, «comme par magie». Le liquide se déversa, roulant jusqu'à Damon. Et donc on revient au début de ma réflexion. Damon, qui venait de tomber à terre, la tête entre les mains. Le pétrole s'enflamma, allumé par Bonnie grâce à des incantations qu'elle maitrisait désormais. Paniquée, je cherchais a empêcher le drame de se produire:
«-Bonnie, arrête! Ce n'est pas de sa faute!»
C'était de la notre. Bonnie avait ordonné presque à Damon de donner son sang à Caroline. J'avais donné mon accord. Même s'il nous l'avait proposé, le brun n'aurait jamais rien fait sans mon aval, je le savais. Peut être (et même sans doute) que Bonnie avait besoin d'un coupable. D'un coupable pour oublier son propre rôle dans cette tragédie. Elle était butée, bornée mais se fourvoyait. D'une voix dure et cruelle elle répliqua:
-«Tout ce qui arrive est de sa faute!»
Je n'en pouvais plus. Pourquoi donc ce voiler la face et se comporter comme une gamine de dix ans! J'explosais donc:
«-Non, c'est nous qui lu avons demandé de le faire!»
Les flammes commencèrent à brûler le bas de la jambe de Damon. Mon coeur cessa de battre un instant. Qu'importait ce que Damon ressentait pour moi. Je ne pouvais pas supporter que mon amie d'enfance le réduise en cendre. Parce que je l'aimais. C'était au dessus de mes forces. Je m'écriais donc:
«-Bonnie! Qu'est ce que tu fais? Arrête! Tu vas le tuer!»
Mais elle continuait, encore et toujours à psalmodier ses trucs. Le feu entourait désormais Damon et je l'entendais hurler, à l'agonie. C'en était trop. Je sautais par dessus les flammes et m'écrasais sur Bonnie, afin de la déconcentrer et que les effets de ses charmes se dissipent. Je ne m'étais pas trompée. Après l'avoir destabilisée, je m'aperçus qu'en effet le feu s'était éteint et que Damon pouvait se trainer un peu plus loin pour panser ses blessures. Je soufflais soulagée avant de me concentrer sur mon amie qui pleurait toutes les larmes de son corps et qui me donnait des coups de poings, de pieds, des gifles, désespérée. Elle hoqueta:
-«Pourquoi? Pourquoi m'as tu arrêtée?
-Parce que tu es injuste. Parce que tu as besoin d'un coupable. Et que nous le sommes tous. Pas seulement lui.»
Bonnie s'arrêta net de geindre, comme si je l'avais frappé. Ses grands yeux s'ouvrirent comme des soucoupes et elle souffla.
«-Elena... pas toi... Pas avec lui. Tu... tu ne peux pas... Pas Damon...»
Je mordis ma lèvre, mal à l'aise, me redressai afin d'aller rejoindre le grand brun. Un petit air triste au visage, dépité aussi je lâchais à ma meilleure amie.
«-Je ne te demande pas de comprendre.»
Je la laissais seule sur la pelouse, envoyant un SMS à Jeremy afin qu'il s'occupe d'elle. Jer' savait trouver les mots qu'il faut pour réconforter les gens. Et comme il n'était plus en dehors de toute cette histoire, il pourrait la consoler. Du moins je l'espérais.
Je reconduisis Damon au manoir tandis qu'il avertissait Stefan de ce qui c'était passé. Dans la voiture, le grand brun me prit le bras et murmura:
«-Merci, Elena. Je... quoi que tu aies entendu avec Stefan tout à l'heure, je cherchais à te protéger.
-Vraiment?» Répliquais-je, glaciale, cherchant à m'échapper de son contact.
«-Aussi un peu moi, j'avoue.» Ricana t'il. «Mais aussi toi. Parce que je ne sais pas si tu es capable d'assumer. Après tout c'est toi l'humaine, qui sait ce qui est le bien et le mal.»
J'opinai du chef en lui sourit en retour.
«-Je t'avoue que je ne sais pas encore trop bien.»
Je me garais devant le manoir et Stefan vint à notre rencontre. Inquiète, je demandais des nouvelles de Caroline. Mon petit ami avait le visage des mauvais jours:
«-Elle dort, je lui ai administré de la verveine pour la mettre KO. Elle en avait besoin. Ca fait trop à gérer en trop peu de temps. J'ai pris la liberté d'appeler sa mère et de dire que nous sortions ce soir et qu'elle dormait chez toi. Histoire d'expliquer son absence...»
J'embrassais distraitement ses lèvres, comme un remerciement.
«-Tu as bien fait. Merci pour elle.»
Damon passa en disant:
«-Désolé de vous interrompre mais on a un plus gros soucis encore que «Vampire Caroline». Croyez moi.»
Je fronçais les sourcils, ne suivant pas très bien. Mais la mine renfrognée de Stefan m'indiquait que lui aussi savait de quoi il en retournait. Dès que nous fûmes dans le salon, Damon se servit un verre de Bourbon et m'invita à m'assoir. Mauvais signe. Il lança à son frère cadet:
«-Alors, lequel de nous deux s'y colle? Parce que je sais que tu sais que je sais. Donc autant faire bien les choses. T'as la primeur, petit frère. T'es doué pour lâcher ce genre de bombes.»
Stefan grogna et croisa les bras. Ce n'était pas son genre et tergiverser. Je paniquais de plus en plus quand il se lança:
«-Katherine est en ville. Elle m'a parlé.»
J'étais trop soufflée pour tout analyser. Alors oui, j'avais bien entendu tout à l'heure... D'une voix blanche je dis:
«-Attendez... Katherine... Votre Katherine?»
Damon fit une petite moue genre «oui-je-suis-désolé-mais-en-gros-on-est-dans-la-merde» et Stefan l'imita. Le brun sentant la panique m'envahir prit les devant:
«Calmos, Elena. Si Katherine voulait que tu sois morte, tu le serais déjà. Mais tu ne l'es pas. Donc elle a d'autres plans. Bonne nouvelle. Mauvaise nouvelle. Ca dépend des points de vue.»
Il avait dit ça avec le même ton caustique et sarcastique que d'habitude. Comme pour me donner le change. Histoire d'attendre que je sois prête d'assumer ma relation avec lui. Stefan répondit:
«-Il faut protéger Elena.
-Je t'aiderai.
-Toi, tu restes à distance d'elle!» S'énerva Stefan. Je ne compris pas sa fureur soudaine contre son frère et m'interposait:
«-Mais qu'est ce qui t'arrive, Stefan?»
Il me décrocha un regard noir style «on-ne-me-la-fait-pas-à-moi».
«-Je t'ai vu, Elena. Quand Bonnie a voulu le tuer tout à l'heure. Quand il a failli cramer dans la cave avec les autres vampires. Tu ne l'abandonnes jamais. Et pas parce qu'il compte pour moi. Parce qu'il est important pour toi.» Annonça t'il avec un faux calme. Mon cerveau paniquait et bouillonnait. J'étais au pied du mur. Mentir à Stefan ou pas? Je l'avais assez aimé et tenait assez à lui pour savoir qu'il méritait la vérité. Alors que j'allais répondre, Damon me contra, toujours caustique:
«-Au risque de te voir une centième fois froncer les sourcils, on s'était...
-On s'était embrassé» Terminais-je paniquée. Pourquoi avais-je dit ça moi? Stefan me toisait furibond. J'avais envie de disparaitre dans un trou de souris:
«Que veux tu dire par «embrassé»?»
J'étais de plus en plus mal à l'aise. Mais pourquoi avais-je dit ça moi?
«-Et bien tu vois, tu mets ta bouche en coeur, et bisous bisous» Répliqua, on ne peut plus ironiquement, Damon. Alors que Stefan allait fondre sur lui, je balbutiais piteusement:
«-Stefan... Il... je crois que... il est... il est important pour moi... Je t'aime toujours, tellement. Mais je l'aime plus que toi. Et ça me tue... parce que c'est toi qui mérite le plus... d'être aimé...»
Des larmes roulèrent sur mes joues. Le blond s'approcha de moi, le regard fou.
C'est alors que des bruits de bris de glace retentirent à l'étage. Ni une ni deux, les vampires s'éclipsèrent, me laissant seule au salon.
Seule face à ma peine.
Je m'affalais contre le mur du manoir, les larmes aux yeux. J'avais perdu Stefan. Et pour quoi? Pour un homme qui m'aimait aujourd'hui et qui m'aurait oubliée demain. J'étais folle. Et pourtant je sentais que ça en valait la peine. Mais renoncer à Stefan me blessait cruellement. Il avait été mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest ; ma semaine de travail, mon dimanche de sieste; mon midi, mon minuit. Je croyais que l'amour jamais ne finirait, j'avais tort. Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye, démontez la lune, et le soleil, videz l'océan, arrachez la forêt car rien de bon ne peut m'advenir désormais.
Alors que j'allais rejoindre les ténèbres, mon vampire blond se posta devant moi. Plus rien de doux ne ressortait de lui. Je l'avais blessé, trahi. J'avais peur à cet instant de Stefan, plus que jamais. Il assena:
«-J'ai besoin de savoir... Tu l'aimes?»
Je pris une grande inspiration et dit d'une voix chevrotante.
«-Oui. Je crois que oui.»
Il baissa la tête, impuissant. Il y eut un silence entre nous.
«-Qu'est ce qu'on fait maintenant?» Osais-je. Il leva les yeux au ciel et dit, abrupt:
«-Franchement Elena, je ne sais pas. Je vais m'occuper de Caroline, c'est ce que j'ai de mieux à faire. Quand à toi... Sors de chez moi. Je... Pense qu'on devrait essayer de ne plus se voir pendant quelques temps.»
Je ne pouvais qu'être d'accord avec lui. Il fallait qu'on panse chacun nos blessures avant qu'on ne puisse de nouveau se parler.
«-Je suis désolée, Stefan. Je ne pensais pas... Saches que j'ai toujours été sincère avec toi. Je t'ai aimé, plus que tout. Et j'ai cru que ça pourrait me suffire.
-Je sais...»
J'allais partir quand il me rejoignit sur le seuil et me prit par le bras.
«-Elena, tâches de ne rien faire de dangereux. Je ne serais plus là pour... pour te protéger.
-Ne t'inquiète pas, je sais lacer mes chaussures...» Ris-je pitoyablement.
«-Je suis sérieux. Katherine est de retour et elle estime que Damon et moi sommes ses joujoux. Elle n'est pas prêteuse et ce que son plus infime défaut. Elle serait capable de tout si Damon se détournait d'elle à ton profit.
-Ce n'est pas une enfant.
-Katherine est capricieuse, colérique, instable, manipulatrice. Et elle obtient toujours ce qu'elle souhaite, qu'importe le prix à payer. Elle nous a monté l'un contre l'autre, Damon et moi, une fois. Elle continuera. Je ne veux pas que tu te retrouves au coeur d'une querelle vampirique...»
Je soupirai et promis. Il enchaina:
«-Tu dois renoncer à Damon. Pour ton propre bien. Et le sien aussi. Katherine ne supportera pas de vous voir ensemble. Elle a aimé Damon, peut être même l'aime t'elle toujours, même si elle ne l'avoue pas. Et je dois te dire que si elle se met en tête de l'éliminer, je ne pourrais pas l'en empêcher. Suis-je clair?»
J'étais offusquée par sa requête. Je n'étais pas le premier prix d'une tombola. Je méritais de prendre mes décisions toutes seules. Alors que j'allais lui répondre quelque chose de bien senti, il enchaîna:
«-Soit c'est ça, soit elle vous tue. Peut être même qu'elle assassinera d'abord tous tes proches, histoires que tu souffres avant.
-Je ne peux pas te croire.
-Elena, c'est une vampire. La vie n'a pas de valeur pour elle. Elle est encore pire qu'Isobel et Damon combinés. Les choses vont mal tourner, et je ne veux pas que tu te retrouves au coeur de la tourmente quand cela arrivera. Je ne veux pas avoir à te tuer de mes mains, Elena. Mais je n'hésiterai pas.
-Et pourquoi devras-tu me tuer, éclaire ma lanterne!» M'écriais-je, apeurée.
«-Parce que Katherine ne m'en laissera pas le choix. J'en suis certain. Si tu ne renonces pas à Damon, elle le prendra comme un affront et cherchera à se débarrasser de toi. Sauf qu'elle aime voir souffrir les gens. Je devrai donc prendre les devant et te tuer de mes crocs. Ce que je ferais, sans l'ombre d'un doute.»
Je frémis en entendant l'annonce de ma mort prochaine.
«-Stefan, je ne comprends pas. Ce n'est tellement pas toi. Tu es gentil, tendre, tu ressens de l'empathie avec les autres...
-Pourtant, ce n'est pas moi que tu aimes, c'est lui. Ce n'est pas moi pour qui tu te bats, c'est lui. C'est toujours lui! Je voulais que tu m'aimes autant que je t'ai aimée. On dit que dans un couple il y en a toujours un qui aime plus que l'autre. J'aurais seulement préféré que ça ne soit pas moi. Réfléchis bien à ma proposition. Je ne suis plus celui que tu as connu. Toutes ces qualités, c'était pour toi. Maintenant je vais redevenir une créature de la nuit puisque tu as brisé mon humanité.»
Termina t'il avant de s'effacer dans la nuit. Je regagnais ma maison, ma chambre et y trouvais une Bonnie éplorée ainsi que mon frère. Alors, toute ma peine, ma douleur, mes angoisses me submergèrent d'un coup et je me retrouvais dans leurs bras. Parce que même si Bonnie, Jeremy et moi avions changés, nous restions les mêmes paradoxalement. Quoi qu'il arrive, nous nous aimions, nous étions une famille. Nous pouvions compter les uns sur les autres. Bonnie murmura:
«-Je suis désolée, Elena. Ca va bien se passer, on va trouver quelque chose... Mais... euh... alors, comme ça avec Damon?» Demanda t'elle, réellement curieuse. En effet, moi qui l'avait tellement détesté, comment avais-je pu tomber amoureuse du vampire le plus flippant et sadique du monde? Jer ne commenta pas mais n'en pensait pas moins. Je séchais mes larmes et répondis:
«C'est une longue histoire... Alors... Par ou commencer?
-Peut être par là ou tout commence toujours dans les histoires? Par «Il était une fois?»» M'encouragea Bonnie. Je souris piteusement, remettant une mèche de mes longs cheveux derrière mes oreilles.
«Alors... Il était une fois...»
oOoOoOoOoOo
POV Damon
Stefan était monté sans un mot. Caroline n'avait pas bronché. Un bruit quelque part dans le salon. Sans doute était-ce cette folle de Katherine qui venait apprécier les tords qu'elle venait de créer. Mon frère était dévasté et il y avait de quoi. Même si c'était un grand tragédien et qu'il avait sans doute des talents pour voir toujours la vie en noir, je devais avouer que c'était un coup rude. Surtout que le traitre se trouvait être son propre frère, en l'occurrence moi. Katherine l'avait sans doute mis sur la piste. Elle lui avait forcé la main et nous divisait avant d'entamer la phase 1 de son plan. A moins que nous ne soyons la phase 1. Car elle allait nous utiliser. Caroline n'était qu'un avertissement. La vampire était la pire des garces, elle avait toujours un plan B, voir un plan C, D, E etc. J'allais me resservir un autre verre quand je perçus une présence dans le living. Quand on parle de garce on en voit le porte jaretelles!
«-Katherine!» Fis-je faussement heureux.
«-Damon» Repartit elle sur le même ton. «Comment vas tu?
-Trèves de civilités, nous ne sommes pas dans un diner mondain, il n'y a personne à impressionner.» Crachais-je.
«-Tu as changé, Damon. Si je me souviens bien, tu étais le plus dévoué des frères Salvatore à mon égard.
-T'as un siècle et demi de retard, Katie!» Persiflais-je.
Pendant un court instant je vis son beau visage se fermer avant qu'elle ne reprenne sa maitrise d'elle même. Dieu, cette femme était une machine et un glaçon. Tout était prévu à l'avance. Elle argua:
«-Tu m'as aimé autrefois. Tu as passé 145 ans en étant obsédé par moi.»
Erf oui et je n'en suis finalement pas fier. Quoique... tous ces tours de passe passe, tous ces morts, toute cette douleur m'ont menés à Elena. A ma rédemption. Sardonique je me tournais vers elle:
-»Et te revoici, la même petite putain menteuse, égoiste, manipulatrice.»
Elle tiqua devant les insultes. Oui, je ne l'en avais pas souvent gratifiée, mais là, ça faisait presque 145 ans que je me les gardais alors il fallait que ça sorte, pour mon «équilibre» mental. Je poursuivis:
«- Sauf qu'aujourd'hui je ne marche plus. Je sais que tu as quelque chose en tête. Que Caroline fait partie d'un plan. Stefan et moi aussi, sinon tu ne ferais pas tant d'efforts pour nous monter l'un contre l'autre.
-Coupable.» Ricana t'elle, faussement angélique. «Depuis quand es tu devenu aussi perspicace, sexy et machiavélique?»
Elle passa sa langue sur ses lèvres dans un geste terriblement sensuel qui réveilla l'homme qui était en moi. Afin de me calmer je me souvins d'à quel point je l'avais aimé, de quelles douleurs j'avais enduré pour elle.
«-Depuis que tu m'as ignorée pendant 145 ans alors que tu savais très bien où je me trouvais. Bref, Katherine, quoi que tu fasses ici, fais le au plus vite et reste loin d'Elena.»
Mon «maker» se leva et se dirigea vers la sortie. J'étais septique. La bataille avait été gagnée trop facilement.
«-Tu pars déjà?
-Je ne suis pas la bienvenue, visiblement.» Minauda t'elle, peut être dans l'espoir de m'amadouer. Je répondis sur le même ton:
«Ne boude pas, ce n'est pas sexy à ton âge.
Aoutch».
VLAN dans sa tronche à la salope! Damon mène la partie! J'allais rejoindre ma chambre quand elle m'interpella:
«Je n'ai pas droit à un baiser d'adieu? Toi, mon chevalier servant qui a tout risqué pour me sauver d'une mort certaine.
Et te voici bien vivante.» Me moquais-je, jetant aux orties les souvenirs, les serments et tout l'amour que j'avais eu pour elle. Cependant Katherine ne l'entendait pas de cette oreille. Avant que je n'ai pu la repousser, elle avait fondu sur moi et m'embrassait à pleine bouche. J'étais tétanisé et perdu. Malgré moi, mes mains palpèrent sa poitrine ronde, retrouvant le chemin qu'elles avaient maintes et maintes fois tracées. J'avais trop aimé Katherine pour rester insensible. J'avais trop voulu son corps, je l'avais trop rêvé. Sa brutalité, son insatiabilité, sa possessivité faisaient monter en moi le désir. Je n'avais pas à me contrôler avec elle. Nous étions au même niveau. J'oubliais Elena, j'oubliais ma propre volonté. Je voulais soumettre Katherine, je voulais soumettre le maitre du jeu. Pour une fois. Alors que j'allais sombrer dans la débauche et la luxure, je me reculais, histoire de savoir si ça valait le coup de tout envoyer en l'air pour une nuit sans lendemain:
« Okay. Réponds moi. Si tu réponds bien, j'oublie tout. Elena, les 145 années ou tu m'as manqué. J'oublierai à quel point j'ai souffert, à quel point je t'ai haï.»
Il y eut un long silence entre nous. Puis, elle afficha un petit air supérieur, coquin qui me fit saliver d'avance.
-Je sais ce que tu veux savoir... Avec lequel j'ai été sincère... Je suis désolée, Damon, mais... Mais c'est Stefan. Ca a toujours été Stefan. Ca l'était pour moi. Ca le sera pour elle. C'est Stefan. Pas toi.»
Elle s'écarta de moi et apprécia son portrait qui servait encore de marque page à Stefan.
Elle soupira, amusée:
-« Rien n'est plus trompeur qu'une photo : On croit fixer un moment heureux pour l' éternité alors qu'on ne crée que de la nostalgie. On appuie sur le déclencheur, et hop, une seconde plus tard, l'instant à disparu. »
Avant que je ne puisse la réduire en miette, elle s'était envolée dans un rire cristallin.
oOoOoOoOoOo
Elena POV
Après avoir pleuré un long moment dans les bras de Bonnie et Jeremy, j'avais décidé qu'il était temps pour nous tous de prendre un peu de repos. Je m'étais apprêtée afin d'aller au lit, de réfléchir à Stefan et à son avertissement. J'étais confrontée à un choix cornélien. Et même si j'allais devoir payer le prix, je devinais au fond de moi que ma décision était prise: je préférais renoncer à Damon plutôt que de le perdre ainsi que Caroline, Bonnie et les autres. Stefan ne blaguait pas à propos de Katherine et lui. Ils n'hésiteraient pas. Parce que je les blessais, malgré moi. Je comprenais de mieux en mieux la phrase de Damon quand il m'avait un jour dit que les vampires ne pouvaient plus ressentir s'ils le souhaitaient. Stefan souffrait et avait tout éteint dans ses émotions. L'interrupteur avec disjoncté. Alors que je retournais dans ma chambre après m'être brossé les dents, je sursautais en apercevant le vampire brun assis sur mon lit, comme entrain de m'attendre. Il se tourna vers moi, alerté par mon petit cri.
«-Hey, Damon. Tu m'as fait peur.
-Je faisais une ronde, histoire de m'assurer que tout allait bien.» M'annonça t'il, restant cependant à bonne distance de moi. Je lui en étais grée de ne pas chercher à me brusquer. J'avançais d'un pas et caressais sa joue un peu creuse. Ma peau s'enflamma à ce contact. J'en avais terriblement besoin. Maintenant que je savais ce qui nous unissais, maintenant que je ne le combattais plus, il allait falloir que j'y renonce. Pour lui. Et chaque moment passé à ses côtés me tuait. Parce que moi, je savais que se seraient les derniers instants d'intimité que nous pourrons vivre. D'une voix tendre, je le remerciais:
-«Merci. Merci de veiller sur moi. Et sur Jer'. Et maintenant sur Caroline, même si tu n'as pas l'air follement emballé.»
Il sourit, doucement, caressant ma main.
«-Tu m'as prouvé que parfois il fallait donner des secondes chances.»
J'étais touchée par ses paroles. Damon me laissait entrer dans son coeur. Il ne jouait plus, les barrières tombaient les unes après les autres. Je m'approchais encore et m'aperçus avec horreur qu'il sentait le bourbon. Un peu trop d'ailleurs. Il poursuivit d'une voix trainante, presque brisée:
«-C'est tout moi ça, l'éternel et fidèle garde du corps... Le calme en pleine crise...
-Tu as bu. Et ce n'est pas un bon cocktail quand tu es malheureux.» Notais-je. Pourquoi était il malheureux d'ailleurs?
-«J'suis pas malheureux. C'est pour ceux qui ont des sentiments. Et je n'en ai pas.»
Savait-il à quel point il me blessait? Et à quel point finalement il m'aidait à rompre avec lui. Mais rompre serait le précipiter de nouveau dans les ténèbres alors qu'il méritait la rédemption. Un accès de colère me monta au nez et je lâchais, revêche:
«-Damon, on sait tous les deux que c'est faux. Tu ressens.»
Le vampire brun se dressa devant moi et prit mes mains dans les siennes. J'avais envie de lui céder mais l'avertissement de Stefan m'empêchait de me jeter sur son frère. Car je m'imaginais en filigrane la patte de Katherine. Et si Stefan flanchait, elle, elle n'hésiterait pas à tous les tuer. Il s'approcha et souffla dans mon cou, m'arrachant mille frissons:
«-Est ce que ce qu'on vit là, toi et moi, ça signifie quelque chose? On ressent des choses, tous les deux. Et tu me mens, et tu mentais à Stefan et tu te mens à toi même en cherchant à ne pas choisir...
-Damon...»
Ca y est. C'était fini. Je devais le lui dire. Alors qu'il fendait sur ma bouche, (oh dieu que j'avais envie de l'avoir pour jamais à mes côtés), je le repoussais, le plus gentiment possible:
«-Damon... on vaut mieux que ça. Je tiens à toi. Ecoute moi. Je tiens, vraiment, vraiment beaucoup à toi.» Des larmes me montèrent une nouvelle fois aux yeux. «Et je suis tellement égoïste de t'aimer autant. Mais je ne peux pas faire ça à Stefan.»
Damon se recula, comme si je venais de jeter sur lui de la verveine. Sonné. Quelque chose n'allait pas. J'avais l'impression qu'il rembobinait la scène. Qu'il faisait des liens entre différents événement.
J'allais m'expliquer et tout lui raconter quand Jeremy entra.
oOoOoOoOoOo
Damon POV
Les paroles d'Elena se superposaient aux propos de Katherine dans mon esprit. Elena me rejetait. Elena ne voulait pas de moi parce qu'i y avait Stefan. Parce que Stefan ne le méritait pas.
«-Damon... on vaut mieux que ça. Je tiens à toi. Ecoute moi. Je tiens, vraiment, vraiment beaucoup à toi.» Des pleurs inondaient son visage angélique. «Et je suis tellement égoïste de t'aimer autant. Mais je ne peux pas faire ça à Stefan.»
Katherine m'avait prévenu. J'avais été stupide de croire qu'il puisse en être autrement. Après tout, je n'étais que moi, une homme dur, cruel. Elena gardait à l'esprit cette image. Et comme Katherine, elle me préférait mon frère:
«-Je sais ce que tu veux savoir... Avec lequel j'ai été sincère... Je suis désolée, Damon, mas... Mais c'est Stefan. Ca a toujours été Stefan. Ca l'était pour moi. Ca le sera pour elle. C'est Stefan. Pas toi.»
Je m'étais bien fait avoir... Alors qu'elle allait sans doute essayer de m'expliquer le pourquoi du comment, son cadet pénétra dans sa chambre, sans doute alerté par notre discussion.
«Hey, Elena. Qu'est ce qui se passe?» Demanda t'il en hochant la tête vers moi, suspicieux. Sa soeur cherchait à s'en débarrasser par un vague:
«Rien, Jer'. T'inquiète, retourne au lit.»
Ah parce que rompre avec moi, me faire miroiter le bonheur, me rendre l'espoir avant de tout me retirer et de piétiner mon coeur ça n'était rien?
La fureur s'empara de mon être, annihilant toute pensée rationnelle. Mon coté vampirique reprenait le dessus. J'avais mal et j'avais soif de vengeance.
Elle me blessait, elle aussi méritait de ressentir cette douleur.
Oeil pour oeil, dent pour dent.
Bien que je saches que je regretterai cette impulsion de folie meurtrière, je ne la maitrisais pas.
«-Non, ce n'est pas rien, Elena.»
Alors vint l'idée. Elena adorait son frère. Seule la douleur de le perdre pourrait égaler celle qu'elle venait de me causer en me repoussant. J'avais tout remis en cause pour elle, j'avais essayé de changer... pour rien. J'allais donc offrir à Jeremy «par bonté d'âme» puisque je suis «gentil Damon qui prend en compte les souhaits de son prochain» ce qu'il voulait tandis qu'Elena serait confrontée à l'une de ses pires craintes:
«-Jeremy, si je me souviens bien, tu ne voulais plus souffrir. Et bien, rien n'est plus simple. Tout ce que j'ai à faire, c'est tourner le bouton et casser.»
Avant que les deux humains ne se soient rendus compte de la portée de mes paroles, je brisais le cou de Jeremy avant de m'enfuir dans la nuit, alors que le cri d'effroi d'Elena raisonnait dans mes oreilles.
/ Une semaine plus tard. /
Je me retrouvais devant la porte des Gilbert. J'avais appris par Alaric que mon coup d'éclat s'était avéré moins grave que je ne l'avais craint. Jeremy portait la même bague que lui, héritage de famille, qui les mettait à l'abris des morts dues au surnaturel.
Bref, Jeremy était en vie. Par ailleurs, j'avais fouiné un peu dans les affaires de Stefan et de Katherine. J'avais reconstitué comme un puzzle leurs idées quand ils croyaient que je broyais du noir quand je me repentais de mon possible meurtre du frère d'Elena.
Les deux avaient édifié un plan machiavélique.
Katherine voulait me récupérer.
Stefan voulait Elena.
Le dénominateur commun était que notre relation sur le point d'éclore soit étouffée dans l'oeuf.
Ainsi, Katherine m'avait manipulé cette fameuse nuit en me confrontant à mes pires angoisses. Puis, à mon plus grand désarroi, j'avais entendu la voix dure de mon frère assurer notre maker qu'Elena jouerait son rôle, en rompant avec moi. Il était devenu mon propre double, sans coeur et sans âme. Cette idée me blessait. Parce que malgré tout ce que j'avais toujours soutenu, j'avais terriblement souffert d'avoir abandonné mon humanité. Pas sur le coup, mais maintenant que j'expérimentais de nouveau les sentiments, je me rendais compte de tout ce dont je m'étais privé pendant plus d'un siècle. Ils étaient devenus partenaires, bien que je me doutais que Katherine avait autre chose en tête que de me récupérer.
Elle avait besoin de moi pour accomplir un dessein encore plus grand.
Bref, j'avais fait profil bas pendant une semaine avant d'oser revenir devant Elena. J'avais besoin de fixer les choses avec elle. D'avoir une chance de m'excuser. Après, elle prendrait sa décision et je ne pourrais m'en prendre qu'à moi même
Je sonnais à la porte et attendis une bonne minute. C'est Elena qui m'ouvrit et elle se glaça quand elle m'aperçut. Elle chercha à me refermer la porte au nez, mais je l'en empêchais en glissant mon pied dans l'embrasure.
«-Elena, il faut qu'on se parle.»
Butée, elle cracha:
«-Je ne crois pas.»
Elle était vraiment en colère, tout en elle m'indiquait le panneau «sortie».
-«Elena, je sais que ça ne sert à rien, mais je suis réellement désolé. Je ne pensais pas que...
-Que tu allais le tuer? Allons, Damon, plus de mensonges! Même si c'est assez vil pour que tu puisses les utiliser pour te blanchir! Tu savais très bien que tu le tuais!»
S'époumona t'elle, rouge pivoine. L'expression des «yeux revolver» prenait toute son ampleur à cet instant quand elle me dévisagea. Je m'empressais de répondre:
-«Non, ce que je veux dire c'est que peut être que je savais qu'il ne lui arriverait rien...»
Elena sembla intéressée mais pas convaincue. Sarcastique, elle demanda:
«-Donc tu oses venir me voir et me dire en face que lorsque tu as brisé le cou de Jeremy tu savais qu'il portait la bague?»
Je n'avais pas le choix. Je devais tout lui avouer. Parce que je tenais à elle et qu'elle méritait la vérité.
-«Non. Non, je ne savais pas. Ecoute, Elena, Katherine m'avait rendu fou, à propos de toi, Stefan et moi. J'ai craqué. J'ai eu de la chance avec la bague. Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il ne l'avait pas portée. Je suis vraiment désolé. J'espère que tu pourras me pardonner. Que tu pourras de nouveau m'aimer, que je ne t'ai pas perdue.»
Elena semblait touchée par mes propos mais resta en retrait. Mes doutes nous avaient dressé l'un contre l'autre alors qu'elle se sentait prête à me rendre heureux. A croire que j'étais destiné au malheur et au drame. Elle murmura, la voix enrouée:
«-Merci d'avoir été honnête avec moi, Damon... Quand à la réponse à ta question. La réponse est oui. Tu m'as perdue pour toujours.»
Je souris amusé. J'avais bien mérité tout ce qui m'arrivait finalement. A ne pas croire au bonheur on le fait fuir.
«-Tu le savais avant que je ne m'excuse, n'est ce pas?
-Oui. Mais j'avais besoin de t'entendre. Maintenant vas t'en. Adieu Damon.» Souffla t'elle avant de refermer doucement la porte. Je reculais de plusieurs pas et la vis derrière le rideau de sa chambre. Elle prit la tête dans ses mains et ses épaules émirent des soubresauts. Elle pleurait. A cause de moi. Parce qu'elle m'avait perdu? Aucune idée. Je sortis un avion de papier que j'avais fabriqué quelques semaines auparavant et l'envoyais. Dessus, j'y avais écrit:
«Je t'aime et tu me fuis. Tu m'aimes et tu me quittes.
Quel gâchis! Je suis désolé.
D.»
L'avion plana avant d'atterrir dans la gouttière. Un autre pied de nez de la vie à mon égard. L'ange ne pouvait pas aimer le démon. Le démon ne pouvait pas espérer l'amour d'un ange. Ca n'était pas comme ça que ça marchait dans les contes de fées. Pas de «Il était une fois...»
Elena ne saurait jamais à quel point j'avais pu l'aimer. Tant pis pour moi.
Je rentrais au manoir et me servais un verre de bourbon avant de rassembler mes affaires pour partir d'ici. J'avais perdu Elena. J'avais perdu la femme que j'aimais et par ma seule faute. Une boule éclata dans mon ventre qui émit un spasme. Un flot que je ne connaissais plus déferla dans mon être et me faucha. De rage, j'envoyais mon verre se briser dans le feu de cheminée. J'eus un gout salé sur mes lèvres et c'est à cet instant que je me rendis compte que pour la première fois en un siècle et demi, je pleurais.
oOoOoOoOoOo
Voilà voilà voilà !
Comme je n'ai pas de Bonnie, n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !
De plus… C'est mon seul salaire ! :D
La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.
A très vite
Mille Morsures !
Eléa Telmar.
