Bonjour amis lecteurs, en attendant l'arrivée de la saison 3 de Vampires Diaries pour la mi septembre (et la suite des aventure du couple Delena, parce qu'enfin on l'a eu notre baiser j'ai envie de dire !) je vous livre un nouveau chapitre de cette fic (sachez que le suivant est écrit).

Un grand merci à tous ceux qui passent sur la page, qui lisent la fic, qui la commentent, qui en font la pub et qui laissent aussi des petits mots à votre serviteur qui travaille tout de même pour livrer des chapitres qui je l'espère vous distrayent.

Sur ce, je n'ai qu'à vous souhaiter une bonne lecture !

Mille Morsures !

Votre dévouée auteur,

Eléa Telmar.

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Chapitre 7: De l'ombre à la lumière.

POV Stefan

Damon était parti en claquant la porte depuis plus de deux semaines. Depuis qu'Elena avait rompu avec lui. Ainsi, elle m'avait écouté... Elle qui était toujours aussi bornée! J'étais à la fois heureux de la savoir seule et désenchanté parce que si elle avait quitté Damon c'était pour le protéger. Donc pas amour pour lui. Mais ça, mon frère ne le savait pas et j'allais bien me garder de le lui dire. Je le croisais chez Caroline, où il avait demandé asile, lorsque j'instruisais la blonde quand à sa condition de vampire. Bonnie avait aidé à lui fabriquer une bague pour qu'elle puisse marcher au soleil. J'avais du un peu batailler, mais finalement elle avait accepté parce qu'Elena pensait que c'était ce qu'il fallait faire. Puis elle s'en était allée, sans un mot de plus à mon endroit. Damon donc me saluait avant de trouver une quelconque excuse pour sortir. Longtemps nous avions eu des relation houleuses mais jamais il ne m'avait traité de la sorte. Jamais il ne m'avait fait ressentir son mépris à ce point. C'était comme si je n'existais pas. Il m'évitait parce qu'il ne comprenait pas pourquoi Katherine restait à la pension...

Katherine.

C'était mon «maker» et mes sentiments pour elle étaient assez flous. Je l'aimais comme on aime une mère, après tout, elle m'avait donné cette vie. Je la craignais aussi. Mais il y avait plus que ça. Elle m'écoutait, me consolait. Je n'étais pas dupe, je savais qu'il y aurait tôt ou tard un prix à payer pour tout ça, mais pour le moment je n'avais besoin que d'une présence pour me rassurer. Avec elle à mes côtés, je me sentais moins... seul. Elle m'aimait, à sa façon. Tour à tour passionnée puis glaciale, joueuse et dure. En elle je revoyais parfois pendant de fugaces instants Elena. J'étais tombé amoureux d'Elena parce qu'elle ressemblait à Katherine et désormais en aimant Katherine je ne pouvais me sortir Elena de l'esprit. Parce qu'Elena était la fille qui m'avait tout donné et qui avait cru en moi, en mon humanité. Avant qu'elle ne tombe amoureuse de l'autre. De Damon. J'étais lasse de porter en moi un rival. J'avais laissé à Elena le choix. Je le respectais mais me battrais pour qu'elle me revienne.

Qu'importe le prix à payer. Même si pour cela il fallait que je m'allie à Katherine, pour le meilleur et pour le pire.

Depuis son arrivée, de nombreux vampires étaient venus à la maison, dont Rose. Je n'avais pas été invité à me joindre à la conversation, mais elles avaient parlé de «double» de «pierre de lune» et de «malédiction». Katherine cherchait quelque chose, quelque chose qui pourrait changer la vie de tous les vampires et la faire revenir en grâce auprès d'un autre. Le tout à Mystic Falls. Je n'avais pas mis longtemps à comprendre qu'elle avait mis la main sur le «double», car il faut bien l'avouer, ça ne pouvait pas être le double des clés. On parlait d'Elena là. Et savoir Elena embarquée dans une histoire avec Katherine pour chef d'orchestre ne me plaisait guère. Mais, elle aussi, tout comme mon frère me fuyait. Quand j'essayais de l'approcher, il y avait toujours Bonnie pour se mettre en travers de ma route. La sorcière avait pris de l'assurance et ses pouvoirs s'étaient développés d'une façon prodigieuse. Alors, je laissais ma douce vivre sa vie, comme si je n'avais jamais fait partie de la sienne. Et cela me désolait.

A cet instant, je rêvais tandis que Katherine sommeillait sur entre mes bras. Pour cette nuit encore elle avait partagé ma couche. Avec elle, c'était comme si Elena n'était pas tout à fait partie. Dans le monde onirique que mon esprit construisait je dansais avec elle. J'étais de retour au bal des fondateurs où je l'avais invitée après moultes hésitations et sous les moqueries de Damon. Katie avait à l'époque tout pour me plaire. J'aimais son teint halé, si étrange pour l'époque, son irrévérence, sa liberté d'esprit, sa joie de vivre. Ce soir là, elle avait relevé ses longs cheveux bruns en une coiffure compliquée dont s'échappait quelques boucles suaves, dont une glissait le long de sa nuque, sensuelle. Sa poitrine retenue par un corset laissait apparaitre un décolleté généreux et ferme. Elle rirait de me voir si maladroit et si éperdu d'amour pour elle, de son petit rire stupide qui vous donne l'envie de rire. Je m'approchais d'elle, à la toucher et elle écarta ses mains des miennes et me réprimandant gaiment.

«-Pas de contact, Monsieur Salvatore, sinon ma réputation est perdue!»

Elle tourbillonna dans un délicieux mouvement de crinoline. On aurait cru une ballerine tellement sa grâce était grande. Elle m'émerveillait. Je lui désignais mon ainé:

«-Damon boude encore. Il vous en veut de ne pas l'avoir choisi.»

Elle hocha la tête, une petite moue enfantine sur les lèvres:

«-Et bien vous direz à Damon qu'il est charmant mais que son jeune frère est meilleur danseur. Pour un bal, entre un bel accessoire et un bon cavalier, je pense qu'il faut choisir la seconde option pour s'amuser, non?

-Je vous suis grée du compliment, Miss Katherine.» Avais-je répondu doucement, en rougissant. Elle m'offrit un sourire éclatant, recommença à rire. Oui, à cette époque, Katherine me semblait être un ange, insouciant qui illuminait ma vie morose de bourgeois de province. Au détour d'un entrechat elle me désigna de nouveau Damon et lâcha, mi figue, mi raisin:

«-Regardez, vous n'aviez pas à vous en faire, il a déjà trouvé de quoi se distraire!»

Je tournais mon regard vers mon frère et l'aperçus en grande conversation avec une beauté. Grande et svelte, aux longs cheveux bruns et lisse, jean et converse. Mon cerveau ne mit qu'une seconde pour deviner que je voyais Elena de dos. La jeune femme semblait apprécier la compagnie car elle tendit sa main à Damon qui y déposa un baise main. Comme le jour de leur première rencontre «officielle». Puis, mon ainé sourit et Elena lui adressa un sourire solaire, avant de l'entrainer dehors. Je laissais Katherine au milieu de la piste de danse et couru à leur poursuite. Alors que j'ouvrai la porte à double battant de la vieille propriété des Lockwood, je me trouvai précipité au Grill. Un instant désemparé par ma découverte, je détaillais le décor. Ma queue de pie s'était transformé en chemise noire, tandis que devant moi se tenait Elena. Elle prenait appui sur sa canne de billard et jouait négligemment avec ses cheveux. J'avais toujours adoré la regarder jouer, prendre ce petit air sérieux avant de tirer la boule. D'ailleurs, elle prit position, visa et rata sa cible. Dépitée, elle tapa du poing sur le bois avant de se tourner en ma direction. Son visage contrarié s'illumina en me voyant et elle claironna:

«-Bon, visiblement c'est à ton tour!» Tout en me tendant la queue de billard. Alors que j'allais m'approcher pour la saisir, Damon entra dans mon champs de vision, deux bières à la main, annonçant d'une voix moqueuse et tendre:

«-Prépare toi à perdre, petite humaine!»

Elena éclata de rire et bu une gorgée de la boisson qu'il lui tendait. Damon observa le jeu, posa son verre. La jeune fille l'imita et il lui prit la main, doucement. Elle se lova contre lui et il la retourna en disant:

«-Je vais te montrer, histoire que tu mettes quelques trucs dans les trous. Car, apprenez mademoiselle «qu'à vaincre sans risque il n'y a pas de gloire».

-Citation de?

-César. La guerre des Gaules. Ce type savait de quoi il parlait.» Assura t'il en lui adressant un clin d'oeil complice. Il prit la canne dans ses mains et montra à Elena comment se positionner. Leurs doigts se frôlaient, se nouaient avec harmonie. Leur tendresse était tellement pure et évidente que je dus détourner les yeux. Quand je revins à leur tableau, Damon vola un baiser à Elena tout en tirant. Un coup en trois bandes, magnifique. La brunette tapa dans ses mains, fit un tour sur elle même avant d'embrasser mon frère.

Alors seulement, je me réveillai.

Katherine dormait encore, nue contre moi. Je pus détailler ses longues jambes fines, ses cuisses rondes, le galbe de ses hanches, la ligne de son sein. Peut être avait elle senti mon regard posé sur elle. C'est à cet instant que ses paupières frémirent. Elle m'observa un instant avant de se fendre de son sourire le plus doux ( s'il était réel) et de murmurer:

«-Hey Stefan. Bonjour.»

Un désir brutal d'elle monta en moi. Elle avait le don d'éveiller le monstre que j'étais. Sans aucune douceur, je la fis basculer. D'instinct, elle ouvrit ses cuisses afin que j'y fasse mon chemin. Elle eut un hoquet de surprise lorsque j'entrais en elle, sans préambule. Je fermais les yeux et me laissais bercer par ses gémissements, échos de mes saccades. Avec elles, c'était toute ma rage, mon dégout de moi même et mon désespoir que je déversais.

Damon POV

Je me trainais misérablement dans le salon de Caroline Forbes. J'habitais ici depuis presque deux semaines, depuis que je m'étais aperçu que le ménage à trois Stefan-Katherine-Damon ça ne me branchait pas. Ou plutôt, plus. Venir ici m'avait semblé naturel. Elizabeth, la mère de Caroline (et Shérif, membre actif du Conseil) était devenue au cours de l'année passée mon amie. J'avais inventé une histoire de querelle entre Stefan et moi, d'ex petite amie revenue que je n'avais aucune envie de croiser et HOP, illico presto la chambre d'amis était à moi. Gentiment elle m'avait invité à entrer chez elle. ERREUUUR fatale Shérif! Quand on combat les vampires, la leçon n°1 c'est justement de ne jamais énoncer cette phrase, même par courtoisie. Il faudrait que je le lui souligne un jour. Maintenant que je n'en avais plus besoin, j'entends!

Caroline mâchouillait ses céréales en écoutant la radio et la musique insupportable de Lady Gaga qu'elle venait de sortir, Judas. N'allez pas croire que je n'aime pas cette chanteuse, mais quand on sort du lit, ça a un peu le même effet qu'un marteau piqueur. Le lyrisme en moins. Bref, la reine du lycée ressemblait à un poisson mort, avec des couettes genre «Grease», des chaussons à tête de lapin et un peignoir bleu fluo. Loin de l'icône glamour qu'elle était, habillée.

Elle m'adressa un pâle sourire et me tendit un toast, m'annonçant:

«-Maman est partie au boulot.»

Cool. Comme si ça m'intéressait. Nan, en fait pas cool. Caroline va me parler de ses pulsions (vampiriques ou pas) des hormones et tout le toutim et s'il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est ça. En plus, depuis qu'elle est devenue «vampirella», je ne peux même pas la charmer pour l'arrêter. Je savais que ça allait être une mauvaise journée, je le savais! J'allais être désagréable mais je me retins.

«-Stefan va passer d'ici une heure. Juste pour te prévenir que ton tour de garde se termine.»

Ah, ça par contre, c'est une bonne nouvelle! Enfin bonne. On va dire que c'est une nouvelle pas trop mauvaise. Car oui, il se trouve que je babysitte bébé vampire Caroline quand Stefan n'est pas là. En gros je dois veiller à ce qu'elle fasse son rototo, vérifier si elle ne vide pas sa mère de son sang la nuit, si elle se nourrit bien de Bambis et de son copain Panpan et qu'elle ne craque pas pour la première poche de sang venue. Bientôt, little bro' va me demander de vérifier ses langes, vous allez voir! Yerk yerk yerk. J'avais dû prendre un air dégouté car Caroline soupira:

«-Moi aussi je trouve que ça craint. Je déteste être un vampire.

-Au moins tu n'es pas morte.

-Je ne ressens plus rien. Je pense que c'est un point commun que j'ai avec les cadavres non? Ah, au temps pour moi, y'a toi aussi.»

Je montrai des dents et me forçai à sourire, ce qui fit éclater Caroline de rire. Même si elle me tapait sur les nerfs, je devais avouer que je l'appréciais de plus en plus, mon ex petite humaine blonde. Parce que d'abord je pouvais parler avec elle d'Elena. Enfin c'était elle qui me parlait d'Elena, mais en tout cas j'avais des nouvelles. Ca revient au même. Ensuite, parce qu'elle connaissait tout de moi, le «bon» (oui tout est relatif) et le moins bon. Et puis, elle avait cette folie qui me plaisait. En se transformant, le caractère de l'individu se démultiplie. Caroline était donc devenu un tyran hyper-actif, mégalomaniaque et peu sur de lui. Du bonheur en barre!

La voir faire des montagnes russes entre ses pulsions meurtrières, sa jalousie maladive, sa fragilité et sa passion pour (le gnangnan-prince-charmant-au-pays-des-bisounours) Matt valait toutes les séries américaines du monde.

De plus, Caroline Forbes était loin d'être la petite écervelée que j'avais cru voir en elle, quand j'avais jeté mon dévolu sur elle, en début d'année dernière. Ma petite Barbie (ex gonflable) avait fait son petit bout de chemin si c'est pas trop mignon. Elle tenait tout de papa Damon (car oui elle avait MON sang dans son corps quand Katherine l'avais tué, faisant de moi son «maker») dans le machiavélisme, mais j'y viendrai plus tard. Suite à un coup de fil de Stefan pour me dire que j'avais du courrier, j'étais venu jouer le postier et récupérer mon dû: la facture de téléphone. J'avais failli faire un arrêt (oui c'est métaphorique mais ça vous donne une fourchette d'idée) en voyant le montant . J'avais donc fouiné et demandé un relevé de numéros. Un revenait à tout va. Une nouvelle fois, sentant le coup fourré katherinesque, je me renseignai et découvris qu'il appartenait à une certaine... Isobel!

BINGO BANCO, on est dans la panade. J'en avais averti Caroline et nous avions tiré à la courte paille pour désigner celui qui devrait se coltiner Bonnie. Inutile de dire qui avait perdu. Je suis un excellent tricheur, tout un art...

Au moins, ça avait réconcilié les deux filles après de longues palabres sur le pourquoi du comment Bonnie était injuste et que Caroline n'était pas un monstre et que si elle avait tué c'était pas de sa faute et qu'elle aurait voulu que Bonnie soit là et que... Bref, c'était à savoir qui aimait plus que l'autre. Les filles sont vraiment des êtres étranges...

D'ailleurs, quand j'y pense, en me la jouant égocentrique notoire, j'arrivais à faire des trucs bien, n'est ce pas un comble!

Bref, nous avions cherché à comprendre ce qui se tramait à la pension de famille, en vain. En agent secret on était plus double zéro que double zéro sept. Enfin je dis ça, je dis rien hein!

Bonnie s'entrainait pour maitriser ses pouvoirs d'arrache pied et faisait rempart à Stefan pour tout ce qui touchait à Elena. Au moins, de ce côté, tout allait bien, la brunette était dans une bulle anti-vampire ce qui m'arrangeait, vu que je ne pouvais plus la protéger depuis qu'elle m'avait mis à la porte. Quand à Caroline, comme je le disais précédemment, elle me rendait fier de ma progéniture: elle avait trouvé toute seule sa place dans cette guerre qui se tramait. Elle était devenue un agent double. Katherine restait persuadée que la petite Caroline était resté la même qu'humaine, mais elle avait oublié qu'elle lui avait enlevé avec la vie le droit d'aimer. Et pour ça, Caroline était un petit peu revancharde. Donc, elle me répétait tout ce que Katherine lui disait de transmettre et lui répétait ce que je lui disais: beaucoup de mensonges mêlé dans du vrai pour qu'elle ne se fasse pas tuer. Je veux dire vraiment tuer.

Nous étions samedi matin, le week end commençait et il y avait du soleil, que demander de plus? Alors que j'allais surfer sur internet pour trouver un lieu où m'enterrer tant que Stefan jouerait au prof avec Barbie-Caroline, un bruit sourd nous fit sursauter, Blondie et moi. Cette dernière se figea tandis que je me dressai prêt à attaquer. C'est là que je découvris le petit frère d'Elena, pieu au poing. Enfin, si on peut appeler ce travail de sagouin un «pieu.» Je fronçais les sourcils, dubitatif et dit, caustique:

«-Quel bon vent t'amène Jeremy, en cette belle journée.

-Je... J'étais venu te tuer.» Marmonna le garçon. Je m'exclamais en lui montrant le bout de bois:

«-Avec ça? J'espérais que tu t'appliquerais un peu plus tout de même.»

Il abaissa son arme minable et sourit de lui même. Elena avait raison, Jeremy était un garçon instable mais il avait bon fond. J'enchainais, toujours moqueur, tandis que Caroline s'approchait:

«-C'est toi qui as taillé ça?»

Ma mine dégoutée face au bout de bois à moitié taillé, d'une façon plus qu'amateure termina de dérider l'adolescent. Il hocha la tête et annonça:

«-C'est plus dur à faire qu'il n'y parait.

-Ah qui le dis tu!» Ricanais-je et il me rejoignit dans le rire. «Au moins, les gens du XIXeme siècle savaient manier un couteau. Ton arrière arrière grand père notamment. Tu manques à tous tes devoirs, l'ado dépressif.

-Aoutch.»

Caroline craignait que ma cordialité soit feinte et encouragea Jeremy à quitter les lieux. Cependant, à mon grand étonnement, il refusa et planta son regard dans le mien que je soutins de longues secondes.

«-Si tu ne veux pas tuer Damon, qu'est ce qui te fait encore rester ici, Jeremy?»

J'avoue que Caroline marquait un point.

«-Je suis ici parce que je voulais te demander ton aide.» Murmura t'il en s'adressa à la blonde. «Mais tu pourras aussi faire l'affaire. C'est à propos d'Elena. Je crois qu'elle est en danger.»

POV Jeremy

A mon grand étonnement, j'avais vu Damon se tendre instantanément quand j'avais prononcé le nom de ma soeur. Se pouvait-il, comme Bonnie et Caroline me l'avaient assuré, que le ténébreux, beau mais surtout psychopathe Damon Salvatore puisse éprouver quelque chose pour quelqu'un autre que lui même?

En tout cas s'il jouait la comédie, à cet instant, il était en passe de mériter un oscar, moi je vous le dis. Le grand brun traversa la pièce, le visage fermé et se versa un verre de bourbon. A dix heures du matin, ça commence fort. Il observa Caroline et lui ordonna:

«-Va chercher Bonnie, witchy girl pourrait nous servir dans toute cette histoire.»

L'amie d'enfance de ma soeur opina du chef et s'effaça à une vitesse prodigieuse. Damon observait mes réactions, blasé:

«-Pff, bleusaille.

-C'est quand même flippant.

-Attends de voir ce que sait faire un vrai vampire. Caroline est encore au stade de baby doll.» Cracha t'il tout en pianotant sur son portable. Je ricanais:

«-Un vampire comme toi?

-Si seulement tu savais ce que je peux faire avec un corbeau...

-Zoophile Damon?

-Suicidaire, Jérémy?» Enchaina t'il dans un sourire me faisant découvrir ses quenottes blanches et luisantes. Je déglutis avec peine mais répliquai:

«-Ce n'est pas un peu too mutch?

-Tu préfères le brouillard? J'avoue que c'est plus inquiétant encore.» Se moqua t'il en dardant ses prunelles glacées dans les miennes, ce qui me fit frissonner.

«-Que vas tu faire?

-Ce ne sont pas tes affaires gamin!

-On parle d'Elena là.

-Je ne savais pas que le KGB recrutait encore. Ils sont moins regardant qu'autrefois d'ailleurs, pas étonnant qu'ils soient...

-Damon!» M'énervais-je. Le vampire se contenta de froncer les sourcils et de me regarder en coin genre «non mais pour qui tu te prends?»

«-J'envoie un SMS à Alaric. Vu que les jeunes vous vous enlisez, laissez les grandes personnes s'occuper de ça.»

Le brun était vraiment inquiet. Je le sentais dans ses intonations, arrogantes comme à l'accoutumée et pourtant moins glaciales, moins tranchées. Il avala une nouvelle gorgée de Bourbon et s'assit en face de moi. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de lui, me demandant ce que ma soeur pouvait bien lui trouver. D'ailleurs, je remarquais qu'il n'avait rien demandé à son propos. Avait-il joué avec elle? Avait-il voulu prouver à son frère quelque chose? Il me tira de mes pensées:

«-Je sais que je suis le plus sexy des frères Salvatore et que dans les films ils disent que les vampires sont des super coups, mais Jeremy ça n'arrivera jamais avec toi, tu n'es pas mon genre...»

Damon était de ces individus qui pour se protéger utilisent l'humour, même s'il est noir. Je ne me laissais pas démonter, après tout, Damon m'avait tué, que pouvait-il m'arriver de pire?

«-Elena va mal depuis que tu lui as parlé. Vraiment mal. Elle ne rit plus, ne mange presque plus. Jenna s'inquiète.

-Et qu'est ce que tu veux que ça me fasse? Je dois déjà jouer les garde chiourme pour Caroline, j'vais pas en plus me coltiner Elena pour la beccée?» Répliqua le brun, exaspéré.

Une nouvelle rasade de Bourbon pour lui calmer les nerfs. Si je me souviens, c'est en étant bourré et triste qu'il avait rompu mes cervicales. Il fallait que je l'arrête.

«-Damon, on doit aider Elena.

-Je SAIS Jeremy. Je sais mais pour le moment je ne trouve pas trop d'idée. J'suis désolé mais mon cerveau marche à plein régime là.

-Tu es... contrarié?» M'étonnais-je, comprenant que oui, Damon voulait sauver Elena de tout ce qui pouvait la blesser. A n'importe quel prix.

«-Jeremy ne pose pas des questions désobligeantes, je me verrai forcé de te tuer.» M'assura t'il avec un petit sourire sadique et suffisant. Je lui indiquais ma bague magique, arrogant:

«-Tu peux toujours essayer.»

Il grimaça simplement et posa son verre, blasé:

«-Ces passe-passe de sorcières... Pfff, elles vont ruiner mon commerce de transfusion amateur.»

Le vampire éclata d'un rire sinistre avant de s'avachir dans le sofa en face de moi. Il reprit la parole et dit sobrement:

«-Au fait, pendant que j'y pense... Je suis désolé de t'avoir tué. Mais visiblement tu te portes bien, pour un cadavre.

-Je te retourne le compliment. La rigidité mortuaire te va bien au teint.» lui répondis-je, mordant. Il sourit doucement et prit un ton ironique:

«-Oh, le petit frère qui essaye de faire de l'humour, comme c'est touchant!»

Je ne pus me retenir de sourire à mon tour. Damon était certes un sadique psychopathe, menteur et manipulateur, quelque chose en lui inspirait à la fois respect et crainte. Je continuais de lui parler de ma soeur.

«-Je ne sais pas ce qui c'est passé entre vous. Je n'ai pas à le savoir d'ailleurs. Mais je sais qu'elle tient à toi. Même maintenant, après ce que tu m'as fait. Et que tout ce qui se passe, tout ce qui vous éloigne, ça la tue. Je ne veux que son bonheur, et visiblement, c'est toi qui peut le lui redonner, mec.

-Mec? Vraiment? Jeremy, on a pas gardé les oies ensemble il me semble?» Me reprocha le grand brun, caustique avant d'enchainer: «Je ne suis pas ce genre de gars, Jeremy. Ce n'est pas moi qui recolle les coeurs brisés. C'est le job de Stefan de nettoyer après la tempête meurtrière Damon. Moi j'me contente de prendre. Sans me soucier des conséquences...

-C'est faux, Damon. Tout en toi montre que toi et Elena...

-Ne me pousse pas à bout, Gamin!» Me prévint Damon en me décrochant un regard noir. Je déglutis avec peine et énonçais:

«Tu pourrais tout changer si tu le voulais... Transformer la réalité.»

Le vampire se redressa et me dévisagea, étonné de ce que je venais oser de prononcer. Mais il n'allait pas accéder à ma requête sans me tourmenter, je le savais. Sardonique, Damon me demanda d'expliciter mon propos:

«Je pense que j'ai mal entendu, Jeremy... Tu veux que j'efface les souvenirs de ta soeur? Toi qui a pleurniché parce qu'elle avait fait la même chose pour toi?

-Ca n'est pas la même chose.

-C'est EXACTEMENT la même chose, Jeremy.» Trancha Damon, mécontent. Je ne me laissais pourtant pas impressionner et plaidais ma cause:

«-Je ne comprends pas pourquoi tu refuses d'accéder à ma requête. Tu veux qu'elle souffre toute sa vie?

-Apprends qu'il n'y a rien au monde qui ne me blesse autant que de savoir qu'Elena va mal.

-Alors pourquoi restes tu buté de la sorte? Tu pourrais le faire avec elle? Pourquoi ne pas utiliser cette capacité?»

Damon arborait un air très sérieux, qui lui donnait la gravité des statues romaines. Après un long silence il souffla:

«-D'abord, parce que ta soeur est sous verveine. Ca ne fonctionnerait pas.»

Ce fut à mon tour de froncer les sourcils. Il pensait vraiment que j'allais me contenter de ça?

«-Franchement, Damon, il suffirait qu'elle n'en boive pas deux jours et ça serait plié. Alors, pourquoi ne pas l'hypnotiser?»

Le vampire me lança un regard furieux. Sans doute craignait-il d'exposer ses sentiments pour ne plus jamais souffrir. Elena m'avait raconté ses déboires avec Katherine, son double et tout ce à quoi il avait renoncé pour elle. C'est un Damon mécontent mais aussi fébrile qui me répondit:

«-Parce que je ne le veux pas. J'ai toujours laissé à ta soeur son libre arbitre. Parce qu'elle le mérite. Parce que j'ai toujours voulu que ce qui se passe entre nous soit vrai. Pas une illusion. Avec elle je veux ressentir des choses. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises.»

J'étais complètement soufflé par l'aveu de le brun venait de me faire à demi-mot. Son portable vibra, effaçant le moment de gêne qui se profilait. Alors que j'allais me tordre le cou pour voir qui était l'envoyeur, Damon ricana:

«-C'est une tare de famille la curiosité maladive?

-Je t'ai dit qu'elle était en danger. Je le sais parce que Tyler a vu Elena chercher quelque chose chez lui. Sauf qu'à cet instant, Elena était chez moi entrain de terminer une dissertation. J'en ai conclu que son double...

-Okay okay, si tu veux tout savoir Sherlock, j'en étais arrivé à la même conclusion avec mon enquête en parallèle.

-Tu veilles sur elle?» M'étranglais-je.

Mais Damon ne me répondit pas. Il continuait de pianoter sur son portable, à toute allure. J'osais alors lui demander:

«-Est ce que... tu l'aimes?»

Le vampire brun m'adressa un sourire blasé et rangea son smartphone dans sa poche.

«-Qu'Elena souhaite que je ne fasse plus partie de sa vie est une chose. Mais rien n'indique que je ne désire pas faire partie de la sienne.»

J'hochais la tête indiquant que je me contenterai de cette réponse en demi teinte. Caroline à cet instant rentra chez elle et annonça:

«-Bonnie a dormi chez Elena. Elle se prépare à nous rejoindre.»

Damon se leva et prit sa veste en cuir noir et enchaina:

«-Bien. Caroline, je compte sur toi pour ne pas faire de bêtise, je serais absent toute la journée. Je reviens demain dans la matinée. Dis à Bonnie de regarder des sors défensifs dans son grimoire et d'arrêter la magie blanche.»

Il était très sérieux. Il partait et nous laissait en plan! Je sentis la rage s'emparer de moi et Damon aussi. Il se tourna vers moi et demanda de sa voix faussement innocente qui me tapait encore plus sur les nerfs:

«-Quelque chose te déplait Jeremy?

-Tu avais promis de veiller sur Elena?»

Il s'approcha de moi et serra ma gorge dans ses mains, prêt à m'étouffer:

«-N'attaques pas mon honneur, gamin. Apprend que je pars avec Alaric chercher des menus travaux que feu Isobel a conservé. Et que j'amène ton impossible soeur avec moi, parce que Rick veut se la jouer «beau papa modèle». Pigé?»

Je hochais la tête et Damon me reposa par terre sans aucun ménagement. J'avalais l'air à grand traits et massais mon cou. Sans se retourner; le brun prit congé sur un:

«-Salut la marmaille, si je reviens et que la ville est décimée, je saurais qui en est le responsable!»

Caroline m'observa un instant, mal à l'aise avant de chercher à me réconforter:

«Ne t'inquiète pas, il va trouver un moyen de protéger Elena.»

Je n'en avais aucun doute. Maintenant, c'était à Bonnie, Caroline et moi de jouer. Parce que Damon aimait Elena et qu'Elena aimait Damon. Mais tous les deux étaient assez borné pour ne pas le reconnaitre.

POV Elena

Bonnie m'avait réveillée après notre pyjamas partie de la veille. Ma meilleure amie se montrait aux petits soins depuis qu'elle savait ce qui s'était passé entre moi et Damon. Elle ne comprenait pas du tout mais elle ne jugeait pas et restait présente. Ses tours de magie me distrayaient. L'avoir à la maison et savoir qu'elle me soutenait avec Jeremy c'était le plus important. Nous formions une fine équipe à laquelle se greffait Caroline maintenant qu'elle avait sa bague magique et qu'elle avait quitté Matt pour ne pas le blesser. Bonnie finissait de s'habiller tout en babillant des blagues vaseuses:

«- Tu sais ce que fait un malien qui veut crâner?

-Vas y je t'écoute...

-Il met «parti manger» en statut sur MSN».

J'éclatais de rire, franchement, avant de marquer un temps d'arrêt. Parce que je venais de penser que cette blague, Damon Salvatore aurait lui aussi pu me la faire. MAIS FAITES QU'IL SORTE DE MA TETE! Bonnie qui s'était fixé cette mission afficha un grand sourire qui se fana instantanément. Je me forçais donc à reprendre une certaine bonne humeur malgré tout. J'avais entendu Jeremy partir tôt ce matin, sans doute pour voir une petite amie. Depuis quelques temps, mon petit frère était redevenu lunaire, tendre, charmant. Comme quand il avait une fille dans la tête et dans la peau. On n'avait jamais vraiment parlé de nos histoires de coeur tous les deux, mais je sentais que ça recommençait à occuper son esprit. Et Jeremy était un gentil garçon, tendre et prévenant qui méritait de trouver chaussure à son pied. Depuis qu'il était «mort», nos tensions s'étaient évanouis et nous faisions front commun contre les créatures de la nuit. Je devais ça à Damon. Paradoxalement.

Son visage aux traits parfait, sa voix suave et grave, ses prunelles et ses répliques caustiques me manquaient cruellement. Comment avais-je pu en arriver là? Comment avais-je pu tomber amoureuse d'un tueur? Jamais je ne le saurais mais je payais au prix fort mon désir pour lui. La sonnette retentit et je me précipitais au rez-de-chaussée afin d'ouvrir la porte. Je marquais un temps d'arrêt lorsque j'aperçus la sombre et longiligne silhouette de l'ainé des Salvatore. Alors que j'allais une nouvelle fois claquer la porte, il me saisit le poignet et me tira sans ménagement vers l'extérieur.

«-Je croyais avoir été claire, je ne VEUX pas que tu t'approches d'ici, de la maison, de Jeremy, de moi!

-Allons allons Elena, je sors d'un traité de paix avec ton frère. Moi aussi je suis content de te voir, au fait.

-Je préfèrerai rôtir en enfer que de te parler.» Crachais-je en m'apprêtant à le gifler. Il arrêta mon geste, stoïque et ricana:

«-Tant d'émotions pour la présence d'une seule personne. Je suis flatté.»

Je ruminais ma fureur et cherchait à me débattre de toute mes forces. Le brun ne bougeait pas d'un pouce, et lassé de mes effort souligna:

«-Tu n'y arriveras pas. Humaine vs Vampire, je gagne.

-Je te hais.

-Tant mieux, la haine est une passion.» Se moqua t'il en m'écrasant sur son torse. Je frémis de cette promiscuité, mon corps s'alanguit. Et puis je me souvins que je devais rester à distance de cet homme et lui écrasais le pied sans aucun ménagement. Surpris de me voir encore me battre, il relâcha son étreinte et je pus m'enfuir tout en prononçant:

«-Je t'en foutrais de la passion. Et du meurtre, l'ultime crime passionnel.»

J'allais rentrer à la maison quand j'aperçus Bonnie sur le seuil, m'en empêchant.

«-Bonnie, qu'est ce que tu fabriques?»

Ma meilleure amie prit un air désolé et me répondit doucement:

«-Je te sauve la vie, Elena. Mais pour ce faire, il faut que tu me fasses confiance.

-Je te fais confiance». Répondis-je du tac au tac. «Mais laisse moi rentrer chez moi.»

Bonnie fit non de la tête. Une voiture déboula de nulle part et klaxonna. Je reconnus à l'intérieur de l'habitacle Alaric, mon prof d'histoire qui héla Damon:

«-Duke n'est pas la porte à côté. Si on y va, on y va maintenant, les enfants. J'ai passé un coup de fil là bas...»

Je dévisageais ma meilleure amie qui ne moufta pas. Mais qu'est ce qui se passait? Alors que j'allais demander plus d'explication, Damon me tourna vers lui:

«-Allez princesse Elena, votre carrosse est avancé.»

Butée, je croisais les bras et répondit:

«Non, je ne viens pas. Surtout si c'est avec toi.

-Allons, allons, pas d'enfantillage, tu sais qu'avec moi, les road trips sont d'enfer.» Argua t'il en me prenant de haut.

«-Peut être que cette fois ci encore quelqu'un cherchera à te tuer?» Soulignais-je, faussement innocente.

«-Mauvaise langue.» S'amusa le vampire.

«-En tout cas cette fois ci, je ne chercherai pas à te sauver.

-Mauvaise perdante.» Conclut le vampire brun.

«-Peut être. En tout cas, je reste ici.

-Elena ne me force pas à te...» Me prévint-il, très sérieux. Arrogante et sûre de moi, j'annonçais:

«-Tu n'oserais pas.

-Ne me tente pas...»

Il s'approcha de moi à vitesse vampirique. Je le grondai:

«-J'ai des voisins.

-S'ils parlent, j'aurais l'occasion de m'arrêter de me nourrir de Bambis. Donc ton avertissement ne compte pas.» Me dit il en arborant son sourire «damoniaque». Puis, il me prit sans ménagement et me fit basculer sur son épaule, comme un sac à patates. Je me débattis de toutes mes forces, tambourinant de mes petits poings son dos et gesticulant dans tous les sens. Il grommela:

«-J'ai l'impression d'avoir pêcher une anguille. Tiens toi tranquille ou je t'assommes.

-Tu n'oserais pas.» Affirmais-je.

Il y eut un temps puis Damon me déposa devant lui et m'ouvrit la portière.

«-Ne me tente pas très chère.»

De mauvaise grâce, je pris place dans la voiture, me jurant qu'ils payeraient tous pour ce qu'ils m'avaient fait.

Damon prit place à l'arrière de la voiture tandis que je cherchais à négocier ma liberté avec Alaric:

«-Jenna va se demander où je suis passée!

-Tu révises avec moi pour ton DS de la semaine prochaine. Et tu dors chez Caroline.» Récita paisiblement le prof d'histoire. Dépitée je demandais:

«-Vous êtes tous dans la manigance.

-Yep! Guilty!» S'écria Damon avant de préciser:

«-Il y a quelques jours j'ai découvert que Katherine cherchait à rentrer en contact avec un numéro. J'ai composé ledit numéro et devine sur qui je suis tombé?»

Il fit le bruit d'un roulement de tambour.

«-Visiblement ça n'était pas une mine.» Grinçais-je avant que, butée, je ne détourne mon visage de lui. Il savait que je détestais les devinettes, pourquoi donc chercher à m'en faire. Il grogna:

«-Espèce de rabat-joie.

-Vampire sadique!

-Je prends ça comme un compliment.

-Tu ne devrais pas.» Conclus-je, acide. Damon prit mon visage entre ses mains et m'obligea à me retourner pour lui faire face. Ses yeux lançaient des éclairs.

«-Katherine veut mettre la main sur ta mère.

-QUOI?» M'écriais-je en pensant instinctivement à Miranda.

Damon leva les yeux au ciel:

«-ISOBEL. Katherine veut voir Isobel.»

Oh, ce n'est que ça... Isobel... Cette inconnue qui m'avait donné la vie avant de m'abandonner, assez folle pour se faire transformer en vampire sadique et sans coeur et... L'idée fit son petit bout de chemin dans mon esprit et un temps passa avant que l'alerte rouge ne se déclenche dans mon cerveau. Sarcastique, Damon précisa:

«-Pigé, sweetheart? Heureusement que tu n'es pas une girafe, le temps que ça monte au cerveau...»

La panique s'empara de moi. Mystic Falls avait un vampire manipulateur à gérer plus un autre en sevrage et un nouveau né instable alors si on y ajoutait Isobel, c'était mort. Enfin façon de parler. Furieuse je m'écriais:

«C'est pour ça que vous me kidnappez? Pour que...

-Tout de suite les grands mots, Elena. Si un jour tu ne sais pas quel métier exercer, pense à tragédienne, ça t'irait comme un gant.»

Je n'avais aucune envie de rire et ordonnais à Alaric:

«-Ramène moi chez moi. Si je suis en danger à Mystic Falls alors mes amis le sont aussi. Je ne pars pas sans Bonnie, Caroline, Matt, Tyler, Jeremy...

-Tu ne pourrais pas une fois dans ta vie voyager léger, sans tes boulets?» Lâcha Damon avec amertume. Je le toisais, furieuse:

«-Je fais ce que je veux!»

Une gifle partit, sans que je n'y puisse rien. Tellement fort que je piaillais de douleur. On pouvait voir clairement sur la joue de Damon la marque blanche de mes mains.

Alors que nous allions recommencer à nous prendre le bec, la voiture pila d'un coup sec et Rick tonna:

«-On a un long chemin jusqu'à Duke, alors soit vous la fermez et je continue soit je vous réduit au silence par la force! Ai-je été assez clair?»

POV Damon

Elena voulut répliquer quelque chose mais se ravisa. Son expression horrifiée redevint boudeuse et elle se cala de façon à me faire dos.

D'accord, elle me détestait. Pour le moment!

J'observais son corps tout recroquevillé, en position foetale. Elle semblait perdue, apeurée aussi. Cette journée ne se passait pas du tout comme elle l'avait planifié, et la laisser dans l'ignorance la faisait encore plus angoisser. Cependant, je ne voulais pas l'inquiéter pour rien, ignorant moi même ce que nous trouverions à Duke. Peut être que je me montais la tête, même si ça m'étonnerait. Ce fut plus fort que moi, je dus la consoler. A force de manger comme Stefan, je devenais aussi pathétique et gnangnan que lui. A se pendre, si encore je le pouvais! Demain, tournée de sang frais, A positif, les plus rares et les plus épicés, histoire de se requinquer! Je lui pris doucement sa main cette fois ci. Elle lutta pour me la reprendre et voyant que j'insistais, dit, mécontente:

«-Qu'est ce que tu veux, Damon? J'suis coincée avec toi pour la journée, et ça ne me ravi pas, alors ne me demande pas de faire plus!

-Tu ne pourras pas me détester éternellement Elena.» Lui assurais-je en lui décrochant un sourire que je savais ravageur. Il la laissa pourtant de marbre. Enervée, elle répondit:

«-N'en sois pas si certain. Je peux être têtue quand je le veux.

-Je sais, blood bag, mais je me pousse pas à bout, j'aurais peut être l'envie de te transformer en encas.» Lui murmurai-je avant d'attirer à moi la jeune fille et d'approcher son cou de mes lèvres. Je pouvais sentir la pulsation de son sang dans ses artères, il ne me manquait qu'un demi centimètre à franchir pour planter mes crocs dans sa nuque gracile et m'abreuver. Elle me donna un coup de coude afin de se dégager.

«-Je n'en attendrai pas moins de toi.» Dit-elle avec suffisance tout en sortant de nulle part une écharpe. Elle avait le don de me taper sur les nerfs! J'enchainais cependant, prenant sur moi:

-«Je suis vraiment désolé pour Jeremy. Je m'excuse. Je n'aurais pas dû.

-Quand Katherine entre en jeu, tu n'es plus toi même...» Me répondit-elle, douloureusement cette fois.

Un temps. Elle qui me regardait. Sa main qui caressa ma joue et embrasa mon coeur mort. Si je le pouvais, je crois que je me l'arracherai et le lui offrirai sans aucun problème, si ça pouvait racheter mes tords envers elle.

-«Je comprends ton geste. Tu étais malheureux. Tu as fais ça d'instinct.»

Je fronçais les sourcils. Si elle comprenait, alors où était le problème?

«Je comprends mais je ne cautionne pas. Tu as tué mon frère, sous mes yeux. Jamais je n'aurais cru que tu puisses me faire ça...

-Tu l'as toujours su! Dès le début tu as eu connaissance de mon passif. Que je n'étais pas le gentil garçon à sa maman!» M'énervais-je.

Elena repartit en haussant de nouveau le ton:

«-Désolée d'avoir espéré que tu puisses changer!

-Et pourquoi l'aurais-je fait, jeune fille?» Lui demandais-je, échauffé.

«-Parce que c'est ce que fait l'amour, Damon! Il change les gens.» S'écria t'elle avant de commencer à sangloter. Je restais désemparé. Alaric me fit signe de prendre l'humaine dans mes bras, pour la consoler et j'obtempérais. Elena s'agrippa à moi, laissant aller sa peine et son vague à l'âme. Et ses larmes, que je lui faisais verser me poignardaient toutes plus assurément que des lames.

«-Je pensais que je comptais pour toi. Que...»

Oh oui, Elena, j'ai cru que je pourrais devenir ce que tu attendais de moi. Mais force t'es de constater que je reste un monstre, quoi que je fasse. La bête ne se transforme pas en prince charmant comme à la fin du conte.

«-Je ne suis pas ce genre de garçon, Elena.» M'excusais-je. Elle soupira:

«-J'aurais voulu pourtant que tu le sois.»

Son aveu m'aurait tué si je n'avais pas déjà été mort. J'accusais le coup et caressais ses longs cheveux bruns, pour la rassurer. Pour me rassurer. Elle enchaina:

«-Pourquoi t'en être pris à Jeremy? Pourquoi Katherine peut elle te faire ça? Je sais que ta relation avec elle est...

-Ce n'est pas à cause de mes rapports avec elle que j'ai tué Jeremy, Elena.»

La petite humaine releva son visage d'ange et attendais que je poursuive, intéressée par ma version de cet épisode.

«-Je l'ai pas à cause de mes sentiments pour toi.»

Elena fronça les sourcils, pas convaincue:

«-Je te demande pardon? J'ai du mal entendre? En quoi tuer mon frère pouvait me prouver quelque chose entre...

-Katherine m'avait avoué qu'elle avait toujours aimé Stefan. Et que tu le choisirais toi aussi, ce que tu m'as annoncé dix minutes après elle. Et je suis devenu fou. Parce qu'une fois encore, après avoir ouvert mon coeur, je souffrais.»

Elena déposa un baiser sur ma joue, en signe d'apaisement et souffla:

«-On ne peut pas être ensemble Damon, on l'a toujours su. On s'était juste voilé la face. Tôt ou tard un truc dans ce genre se serait passé. C'est mieux comme ça.»

Pendant quelques minutes, nous ne prononçâmes plus une seule parole. Elena observait le paysage, sa respiration paisible. Puis, elle reprit la parole:

«-Ecoute, Damon, je suis désolée de t'avoir frappé.

-T'es en veine (sans mauvais jeu de mot) -elle éclata de rire, de ce rire qui illumine tout son visage- je ne suis pas en mode rancunier aujourd'hui. Excuses acceptées.»

Puis Elena redevint sérieuse:

«Pourquoi Katherine souhaite t'elle rencontrer Isobel?

-Isobel en plus d'être sa descendante était une férue de vampires et autres mythes de la nuit. C'est sa seule richesse pour une femme aussi vénale que Katherine.» Répondis-je, mécaniquement. Alaric reprit:

«-C'est là que j'entre en scène. Depuis son décès, je n'ai jamais vidé le bureau d'Isobel. Quoi que cherche Katherine, il y sera forcément.»

Elena frissonna. Sans doute que tous ces gens qui cherchaient à lui nuire ne la rassuraient pas. A sa place je serais sans doute mort de frayeur. Enfin, vous voyez ce que je veux dire...

«-Je suis touchée pour tout ce que vous faites pour moi. Vraiment. Mais Damon, tu as tellement aimé Katherine... je ne veux pas que tu sois amené à regretter quelque chose en prenant mon parti, en...»

Je la coupais en posant mon index sur ses lèvres. Instantanément une émotion étrange s'immisça en moi comme si plus rien n'existait au monde qu'Elena. J'avais envie de la serrer contre moi, de l'embrasser, de lui dire ce qui me tuait peu à peu...

«- Laisse moi clarifier quelque chose. Si j'ai le choix entre Katherine et toi, je laisserai Katherine mourir. Je te choisirai toujours, Elena.»

La petite humaine tremblait de tous ses membres et hocha de la tête, humble.

«-Merci Damon.»

Elle pressa ma main avec la sienne et m'apparut bouleversée. Je soufflais à son oreille:

«-Comprends moi bien, Elena, ça ne me dérange pas d'être le méchant. Je prendrai toutes les décisions de vie ou de mort pendant que Bonnie, Caroline et les autres s'occuperont des dommages collatéraux. Je te laisserai même me détester pour ça. Mais au bout du compte, tu seras en vie grâce à moi.»

Elle posa sa tête au creux de mon épaule et me laissa lui tenir la main. Quelques instants plus tard, elle s'endormi, bercée par la conduite sans à coups d'Alaric.

J'avais traversé de longs déserts, je m'étais relevé à bras le corps. Je m'étais retrouvé seul contre le monde entier après la mort de Katherine, j'étais devenu un homme au destin extraordinaire. Et pourtant rien ne m'avait jamais touché avant elle. Je veux dire réellement. Comme je la savais endormie, je la berçais doucement contre ma poitrine et murmurai à son oreille:

«-Si tu savais Elena ce que je serais capable de faire pour toi... Ce qui me touche, c'est toi et le bruit de des pas. Ce qui me blesse, c'est toi, quand tu es loin de moi. La seule chose qui pourrait me bruler désormais, c'est ta peau, puisque j'en rêve trop. Ce qui me fait peur... c'est tes envies, quand je n'en fais pas partie...»

Pour elle je pouvais risquer ma vie à chaque instant. Elena s'approcha un peu plus de moi et s'accrocha de sa main libre à ma chemise en soupirant. Toujours à mi-mot, comme si j'avais peur de rompre l'instant magique qu'elle m'offrait, je poursuivis:

«-Ce qui m'émeut, c'est toi, et le son de ta voix. Ce qui fais mal, se sont tes bras quand ils s'ouvrent pour d'autres que moi. Ce qui pourrait me tuer, c'est ton coeur, quand ses battements me leurrent.»

POV Alaric

J'observais les deux «jeunes gens» que je covoiturais dans le rétroviseur. Elena s'était lovée contre l'être le plus dangereux dans les parages, j'ai nommé Damon Salvatore, vampire de son état. Ce dernier caressait ses cheveux et murmurait quelque chose à son oreille d'une voix tendre, souple, veloutée.

Comme s'il lui disait des mots d'amours.

Je devais avouer que je ne pensais pas que le vampire puisse posséder cette capacité de tendresse envers un individu vivant. Ou même mort d'ailleurs. C'était comme si Elena faisait ressortir le meilleur de sa personnalité, comme si elle lui rendait un peu de son humanité. D'ailleurs, malgré ce qu'on pouvait en penser, ils étaient finalement bien assortis tous les deux. Je n'avais pas voulu voir ces regards en coin, parce que je pensais qu'elle serait intelligente et choisirait Stefan, le «gentil» vampire.

Pour un temps.

Avant de retrouver le chemin de la vie, d'avoir des enfants, un époux, une vie de famille. Mais force était de constater qu'elle avait hérité de sa mère plus que la beauté.

Elena ne pourrait jamais recouvrer une vie à la lumière maintenant qu'elle avait goûté aux ténèbres. La pâle existence d'humaine ne lui convenait plus maintenant qu'elle avait vu le monde fantastique qui se trouvait là, tout proche.

Stefan avait voulu lui laisser le choix de son existence et j'avais l'intime conviction que si Elena s'était toujours refusé à lui demander de la transformer c'est qu'elle avait des doutes vis à vis de leur couple plus que pour sa famille. Après tout elle ne serait pas vraiment morte... Avec Damon, se serait différent. Il n'avait pas l'esprit chevaleresque de son aîné et j'avais l'intime conviction qu'une force puissante les liait, elle et lui. Comme s'ils avaient endurés tous ces tourments pour enfin se retrouver. Elena était sa rédemption. Damon sa force. La petite étudiante effacée et douce avait laissé place à une femme déterminée. Isobel pouvait être fière de sa fille.

Damon croisa mon regard et ricana:

«-Stresse pas, je vais pas la bouffer.

-On dirait un gosse qui joue avec sa nourriture.» Me défendis-je.

«-J'ai beaucoup de défauts mais ma mère s'était montré intraitable sur ce point!

-Pourtant, si je me souviens bien, tu prenais plaisir à chasser tes malheureuses victimes.

-Justement, Alaric! C'étaient mes victimes! Celle là se débat trop bien pour que je l'achève. Quand le taureau se bat bien à la corrida, il a la vie sauve, non?»

Je grimaçais, un peu choqué qu'il puisse la comparer à ce genre de bestiole. Le panneau indicateur de Duke indiquait encore 120 miles. Dieu, mais c'était encore si loin! Damon soupira à l'unisson:

«-On se traine, mec, un escargot nous dépasserait.

-Si ça ne te plait pas, tu n'as qu'à prendre le volant!» M'énervais-je avant de prendre malencontreusement un nid de poule qui projeta Damon vers l'avant. Il me décrocha un regard meurtrier et assena:

«-Ne me tente pas de te tuer. C'est mal et peu chrétien, Rick.

-Je conduis, tu n'oserais pas.» Assurais-je, en me cramponnant au volant. Le vampire pouffa doucement et lâcha:

«-Si tu penses que ça peut m'arrêter.

-On pourrait avoir un accident.» Plaidais-je.

Il revint à moi, un sourcil relevé, faussement dubitatif.

«-Non, ça ne pourrait pas m'arrêter.

-On pourrait faire des tonneaux!

-Yep!

-S'écraser contre un arbre.

-Y'a pas d'arbre.

-Un poteau électrique alors. Se prendre une décharge à cent mille volts. Un truc dans le genre.»

Damon darda un air blasé sur ma personne.

«- Et qu'est ce que j'en ai à faire, j'suis mort!

-Elena ne l'est pas...

-Oh, un peu de sang de vampire et elle pètera le feu. Donc si c'est sensé me dissuader, mec, c'est rapé. J'ai l'impression d'être un gosse puni de manège à la fête foraine. C'est cruel.

-Tu n'es plus un gamin Damon.

-Non, mais j'ai l'air plus jeune que toi. Tu devrais songer à un petit lifting vampirique, Rick, tu verrais c'est...

-Momie!

-Oh, petit, un peu de respect pour les ancêtres!» Se moqua Damon avant de replonger dans ses pensées. Sachant que j'allais regretter ce que j'allais dire, j'osais:

«-Qu'est ce qu'il y a Damon?

-Vous vous êtes tous donnés les mot aujourd'hui ou quoi? Gestapo, KGB, CIA? T'es de quelle équipe toi?»

Quand je vous disais qu'il était aussi affable qu'un putois ayant une pneumonie.

«-Il y a quelque chose qui sème vraiment le désordre dans mon esprit.» Enchaina t'il, d'une voix monocorde et trainante.

«-Raconte moi.

-Non.» Trancha t'il, buté. J'insistai:

«-Allez, Damon, crache le morceau.

-Même si tu n'étais pas sous verveine ne ne te dirais rien, mini Blade.

-C'est pas comme si on avait encore des heures de route à faire...

-On a des heures de route à faire.» Grinça t'il «et après tu vas te la jouer docteur Freud, prof et ça va me taper sur le système.» Un temps. «Quoique ça ne me changera pas tellement de d'habitude...»

Je conduisais et continuais de l'épier à travers le rétroviseur. Il écarta Elena de son corps, qui devait sans doute commencer peu à peu à se refroidir, il n'avait pas bu de café depuis des heures pour se réchauffer, la cala doucement contre la vitre et utilisa sa veste pour lui faire une couverture de fortune. La jeune fille papillonna des cils un court instant avant re replonger dans le pays de Morphée. Le vampire effleura du bout des doigts la joue de l'humaine, comme s'il avait peur de la faner et murmura d'une voix teintée de regrets:

«-Tu vois, Ricky Martin Saltzman, je suis amoureux d'une fille que je ne pourrai jamais avoir.»

Enfin il se lançait. Enfin il se l'avouait. Il mettait des mots sur ses sentiments pour Elena. En tant que beau père, j'aurais dû être effrayé et paradoxalement je me sentais apaisé. Parce qu'il fallait être aveugle pour ne pas voir qu'ils étaient destinés l'un à l'autre. Seul Damon ne voyait pas qu'Elena l'aimait à en mourir et seule Elena pouvait occulter que Damon n'avait d'yeux que pour elle. Je choisis cependant de faire «comme si je n'avais rien vu.»

«-Hummm... Et pourquoi tu ne peux pas l'avoir? Un autre homme dans sa vie, je suppose...»

Damon fronça les sourcils et je pris mon air le plus innocent. S'il ne fut pas dupé, il ne m'en laissa aucun indice.

«-Oui. Non. Je ne sais pas trop, avec eux c'est un coup «bisounours dans le pays des fées et des coeurs roses bonbons à vomir sa barbapapa» et le lendemain l'iceberg du Titanic semble plus amical. Quoiqu'il en soit, le problème n'est pas là.»

Là, par contre ça devenait intéressant. Qu'est ce qui pouvait bien turlupiner Damon Salvatore plus que ça?

«-Mon problème, c'est que je l'aime. Et ça me rend fou.»

Je dus réprimer un petit sourire en coin. Ainsi, l'homme le plus insensible du monde était tombé dans ce qui fâche tous les hommes. Et à pieds joints en plus! Le brun continua:

«-Je ne me contrôle pas quand elle est là.

-Tu n'as pas confiance en toi quand tu la vois?

-Je n'ai pas confiance en moi autour de qui que ce soit, Rick. J'arrache des gorges, de tue des gens. Bux Bunny n'est pas mon pote. J'suis une sorte de drogué en manque constant. Alors tu penses si j'ai confiance en moi à côté d'humains.»

J'avoue que quand on côtoie Damon trop longtemps, notre sens de la morale et des priorité en est profondément changé.

«-Pourquoi tues-tu des gens?

-N'as tu rien écouté, perroquet historien?» Gronda Damon avant de se clamer et d'énoncer, blasé, cette vérité.

«-Parce que j'aime ça. Et que j'aimerai toujours ça. C'est dans ma nature. C'est ce que je suis. Mais en plus, je dois la protéger, et elle, elle veut que je sois quelqu'un de bien. De meilleur. Et elle mérite quelqu'un de meilleur. Donc je ne peux pas être moi même et je ne peux pas l'avoir, CQFD.»

Il avait prononcé sa dernière phrase en regardant Elena intensément, comme s'il renonçait à elle. Je me montrais encourageant.

«-Tu es peut être comme ça maintenant, mais demain, qui sait?»

Le brun soupira afin de m'indiquer son ennui.

«-Conduis. Et arrête de parler.»

Il avait repris son air grave et pianotait sur son portable. Il ne cessa pas avant que nous soyons arrivé. Il organisait le sauvetage d'Elena.

Alors que je coupais le contact, Damon se penchant sur sa princesse et la réveilla en la secourant doucement.

«-Elena au Bois Dormant est demandée à l'accueil de Duke.»

La jeune fille sourit tout d'abord avant de se reprendre et de se redresser brusquement. Je lui ouvris la portière et Damon nous rejoignit. Je passai devant et je m'aperçus qu'il lui offrait son bras. Elle cracha:

«-Plutôt bruler vive.

-Si y'a que ça pour te faire plaisir, j'ai des allumettes» Se moqua le vampire brun. Bon sang ne saurait mentir, ces deux là étaient aussi invivables qu'ils étaient assortis!

Nous entrâmes dans le département de recherche du folklore. Mon coeur se serra l'espace d'un instant. Je n'y avais pas remis les pieds depuis qu'Isobel... Elena passa dans mon champs de vision et une fois encore je ne pus m'empêcher de penser qu'elle ressemblait beaucoup à sa mère: même bouche, même sourire en coin un peu gêné, même beauté naturelle, jusqu'à cette mèche rebelle qui revenait de temps en temps lui manger le visage. Je frappais à la porte et attendit qu'on m'invita à entrer. Lorsque ce fut fait, je me présentais:

-«Excusez moi, je suis Alaric Saltzman. J'ai appelé un peu plus tôt.»

La jeune étudiante qui se trouvait derrière son bureau se leva comme un diable et se dirigea vers moi, tout sourire. Elle était plutôt jolie et me faisait penser à Jenna. Elle me gratifia d'une franche poignée de main et se présenta, d'une voix légère à l'accent canadien assez subtil.

-Oui, bien sûr. Je suis Vanessa Monroe, assistante de recherche de folklore comparé.»

Elle observa l'espace d'un instant mes deux accompagnateurs. Je crus qu'elle était étonnée de me voir en compagnie et s'attendait à l'époux éploré plus qu'au détective privé mais elle ne fit aucun commentaire. Je soupçonnais Damon de lui avoir jeté un regard ravageur qui fait tourner la tête de toute les filles car son sourire s'élargit encore, comme le chat dans Alice au pays des merveilles. Elle sautilla jusqu'à son bureau et claironna:

«-Laissez moi le temps de retrouver les clés d'Isobel.»

Elle farfouilla dans un tiroir pendant quelques instant, dévisageant mes deux comparses, que je m'empressais de présenter:

«-Oh oui bien sûr, je manque à tous mes devoirs... je n'ai pas eu le temps de faire les présentations. Voici des amis, Elena et Damon.»

La jeune fille sourit et adressa un petit signe de la main à l'étudiante, mal à l'aise d'être le centre d'attention. Damon haussa les épaules et prit une position indiquant sa virilité tandis qu'il passait son bras autour de la taille d'Elena, qui se tendit avant de chercher à se dérober. Devant leurs chamailleries dignes d'enfants de primaire, je m'enquis:

«-J'espère que ça ne fait pas trop.»

Vanessa m'adressa un joli sourire et fit non de la tête avant de me désigner l'encadrement d'une porte.

«-Le bureau d'Isobel est juste là.»

Elle fit une petite pause, comme si elle était nostalgique d'une époque révolue. Elle appuya ma théorie en enchainant:

«-C'était l'un de mes premiers profs. Je suis en doctorat maintenant.» Précisa t'elle «Elle était géniale. Une des raisons pour laquelle j'ai choisi le folklore.»

Je ne pus une nouvelle fois sentir mon coeur se pincer. Tant de personnes qui la regrettaient. Une vie si belle, si fournie, si agréable qu'elle avait bazardée aux orties, ça me rendait malade. L'étudiante semblait hésiter puis elle me dit:

«-Je me dois de demander... Avez vous des nouvelles?

-Non. Je crains que non.» Tranchais-je avec le plus de douceur possible mais au vu de son expression faciale, j'avais fait chou blanc. Elena fit une petite grimace encourageante et finalement Vanessa nous conduisit vers le but de notre voyage en effectuant un geste divinement vague:

«-C'est par ici.»

Elle introduisit une clé un peu rouillée dans le trou de la serrure, la fit tourner deux fois. Un bruit sourd indiqua que le mécanisme s'ouvrait et la porte suivit. Elle nous invita à entrer et essaya d'allumer la pièce grâce à l'interrupteur, en vain. Sans se départir de sa bonne humeur (cette fille était de bonne composition visiblement) elle nous dit:

«-Regardez les murs et ses trouvailles. Fascinant n'est ce pas?»

Damon lui décrocha un regard blasé genre «vu qu'il fait aussi noir que dans le terrier d'une taupe on peut rien voir banane» (et encore je suis poli) et Elena souligna que la pénombre gâchait un peu la beauté du lieu. Vanessa indiqua la fenêtre dont les rideaux et volets étaient tirés puis énonça:

«-Je vais m'occuper de l'électricité.»

Sur ce, elle s'éclipsa. Elena commença à retourner les objets, imitée par Damon qui cherchait à consulter des ouvrage tandis que j'ouvrais la fenêtre. Un peu de lumière nous aida à nous y retrouver. Alors que le vampire brun parcourait le titre d'un ouvrage, il marmonna, sourcil froncé, comme quand il sentait un coup fourré:

«-Ou est elle allée?»

Elena sursauta quand la porte se rouvrit. Vanessa tenait fermement une arbalette à pieux, la pointa sur la jeune fille et avec un calme olympien appuya sur la détente. J'eus juste le temps de la mettre hors d'état de nuire et de me retourner quand un hurlement affreux brisa le silence du bureau. Elena m'observait, les yeux exorbités tandis que Damon Salvatore chutait à ses pieds.

POV Elena

Damon chercha à s'accrocher à moi, dans un geste désespéré alors qu'il tombait à la renverse. J'étais paniquée de savoir que l'étudiante d'Isobel avait failli nous assassiner. Plus précisément moi. Le vampire se tordait de douleur tandis qu'Alaric entrainai la jeune femme loin de nous. Je me doutais qu'il allait lui expliquer la situation. Je me penchais vers le brun et cherchais à abréger ses souffrances. Quand je posais ma main autour du pieu, un feulement hargneux me fit sursauter. Damon avait son visage de tueur, veines apparentes et crocs sortis. La douleur le rendait fou à lier. Pourtant quand il vit mon visage j'eus comme l'impression qu'il se calmait, qu'il cherchait à faire taire le tueur qui sommeillait toujours en lui. Il respira bruyamment et dit d'une voix rauque mais humaine:

«-Retire là, je ne peux pas l'attendre, Elena. Retire ce foutu truc, ça fait MAL!»

Je m'accroupis derrière lui et une nouvelle fois, la pression que j'exerçais sur le pieu lui arracha un crachotement. Il se redressa vivement afin de s'accrocher à une table.

«-Qu'est ce qu'il y a? Tu ne veux pas que je t'enlève ce pieu?»

Damon me jeta un regard glacial et moqueur tout à la fois:

«-Elena, luv', l'idée imbécile que j'ai eu de ne manger que des Bambis et ses autres amis, Papan and co, fait que je suis beaucoup plus douillet pour ce genre de choses, type pieu dans le dos et tout le toutim. Donc, si tu veux que je t'étrangle, libre à toi. Mais j'avoue que je préfèrerai bousiller une table plutôt que ta mignonne petite personne succulente. Tu pourrais encore servir, sweet little blood bag.»

Je hochais la tête sans relever les surnoms stupides dont il m'affublait. Ni la menace à peine voilée. D'un coup sec j'arrachais le bout de bois de son fourreau de chair et le vampire sous la pression de ses doigts brisa la desserte en noyer. Je restais tétanisée devant cet acte. Jamais je n'avais vraiment été confrontée à la surpuissance des vampires, Stefan faisait toujours en sorte pour que je n'assiste pas au côté «dangereux» de son espèce et je devais avouer que c'était très angoissant de prendre conscience qu'il pouvait me tuer d'une pichenette. Damon maugréa:

«-Cette garce a signé son arrêt de mort.»

Un sourire sadique et une langue gourmande me firent paniquer.

«-Tu ne la tueras pas.» M'écriais-je en brandissant le pieu sanguinolent que je venais de lui retirer. Damon hocha la tête, amusé et en même temps arrogant. Il commença à se moquer de moi:

«-Mais c'est que j'en tremble presque.»

Je me renfrognais instantanément alors qu'il poursuivais en tapotant mon épaule, paternaliste:

«-Observe et apprend.»

Alors qu'il allait sortir de la pièce, je lâchais, dans l'espoir que ça le ferait revenir sur sa décision:

«-Si tu la touches, je jure de ne jamais plus te parler.»

Le vampire brun pivota afin de me faire face, un sourire ravageur aux lèvres.

«-Qu'est ce qui te fait croire que ça pourrait marcher sur moi?»

Je déglutis avec peine et argumentais:

«-Tu m'as aimé une fois.

-Vraiment? Et quand t'ai-je fait cette confidence, très chère?» Me décrocha t'il, toujours avec son air enjôleur. Je me mordis les lèvres. En effet, il ne m'en avait jamais rien dit, même si je savais. Si je sentais. Il poursuivit:

«- D'ailleurs, n'as tu pas été très claire sur nos sentiments mutuels désormais?»

Okay, okay, je suis mal partie pour plaider la cause de l'autre humaine. Il lâcha en une grimace un peu dégoutée:

«-Tu te surestimes.»

Ce qu'il pouvait m'énerver, ce qu'il pouvait m'énerver... Je vais réellement le gifler! Je serais même capable de devenir un vampire pour éprouver la satisfaction de le gifler et qu'il ressente vraiment la violence de ma main sur sa gueule d'ange. Il triomphait et c'était plus que je ne pouvais en supporter.

«-Okay, j'oubliais que je parlais avec un psychopathe...

-Merci pour le compliment, je suis touché.» Dit simplement le brun tout en effectuant un salut moqueur. Je grinçais:

-.. Qui mord et tue les gens de façon impulsive.

-J'suis boulimique, désolé.» Conclut il, en tournoyant élégamment, riant doucement. On aurait dit un enfant ainsi, malgré sa cruauté. Il semblait presque apaisé.

«-Vraiment, Damon, ne la tue pas.

-Parce que tu ne voudras plus me parler?

-Toujours c'est long.» Soulignais-je.

«-L'éternité encore plus. Je gagne!» Se pavana t'il en m'adressant un clin d'oeil facétieux. Je me mordis les lèvres.

«-Pense aussi au ménage qu'on devrait faire pour nettoyer tout ce sang.»

Damon observa la pièce et hocha la tête avant de lâcher à mi-mot:

«-Ce tapis persan vaut une fortune. Il irait bien dans le bureau du manoir...» Un temps. «Okay, je ne la massacre pas. Mais en échange, je veux le tapis.

-On ne négocie pas, Damon.

-Qui t'a dit que je négociais? Ca s'appelle «faire des compromis» Elena.»

Il repartit dans un rire violent tandis qu'il me laissait plantée là. Rageuse, je lui emboitais le pas. Il avait peut être gagné une bataille, mais certainement pas la guerre.

oOoOoOoOoOo

Alaric maintenait fermement Vanessa contre le mur et je m'aperçue qu'il la tenait désormais en joue. Damon la scrutait du regard, comme s'il allait la dépecer. J'avoue que je n'aurais vraiment pas aimé être à ce place à cet instant précis. Alors qu'elle recommençait à se débattre, Rick tout en maintenant la pression sur sa gorge leva sa paume comme pour la frapper. La jeune étudiante piailla, cherchant à protéger son visage de ses fines mains.

«-Pitié! Pitié, s'il vous plait.»

Mon prof d'histoire se tourna vers moi et je lui indiquait qu'il pouvait relacher la pauvre innocente, histoire qu'elle puisse s'expliquer. Cette dernière ne se fit pas prier:

«-J'ai flippé. N'importe qui en aurait fait autant. C'est impossible. Katherine Pierce ne peut pas être en vie.» Argua t'elle me me désignant du doigt avant de poursuivre:

«-Damon Salvatore est mort en 1864. Okay? J'ai lu toutes les recherches d'Isobel.

-Alors vous devriez savoir que c'est possible.» Trancha Alaric d'une voix caverneuse. Je m'approchais de Vanessa, affichant un air pacifique pour la mettre en confiance:

«-Je suis Elena Gilbert, la fille d'Isobel et une descendante de Katherine Pierce.»

La jeune étudiante ouvrit grand ses yeux devant cette révélation et se tourna vers le vampire brun s'attendant peut être à un autre scoop. J'enchainais:

«-Et vous venez de tirer sur Damon Salvatore. Joli coup, au passage.» La complimentai-je et elle piqua du nez. Damon sourit, laissant découvrir ses quenottes luisantes sous lesquelles se cachaient ses crocs. La pauvre jeune femme frissonna de frayeur tandis qu'il annonçais, calme:

«-A votre place, je serais très gentille avec moi.»

Son flegme et son détachement le rendaient encore plus terrifiant. Je poursuivis:

«-On a besoin de votre aide. On doit voir toutes les recherches d'Isobel, tout ce qui a un lien avec Mystic Falls.»

Paniquée à l'idée que Damon puisse abréger sa vie, Vanessa hocha la tête, prit une chaise et chercha à atteindre une caisse tout en haut de la bibliothèque. Elle s'en saisit finalement et nous la porta. Délicatement elle la posa devant moi et énonça d'une voix faiblarde:

«-Cette boite reprend les déplacements de Katherine à son arrivée à Mystic Falls. Avril 1864.» Précisa t'elle.

Damon se précipita dessus, ainsi qu'Alaric. J'eus du mal à retenir ma déception. Je m'attendais à des trésors, à trouver toutes les réponses et...

«-C'est tout ce qu'il y a?» M'entendis-je dire. Vanessa m'adressa un haussement d'épaule compatissant et répondit:

«-Tout ce que je connais en tout cas.»

Je choisis alors de ne pas me plaindre et de rejoindre mes deux acolytes dans les recherches. L'étudiante m'imita. Je m'aperçus bien vite que de temps à autre Damon l'observait à la dérobée comme un prédateur traque sa proie. Afin d'éviter tout dérapage, je tendis à Vanessa quelques brins de verveine.

«-Tenez prenez ça.

-Ca marche vraiment?» Me demanda t'elle, incrédule.

Non, non, je te donne ça pour le fun. Mais qu'est ce qu'elle est... Oups. Je viens de parler comme l'aurait fait Damon. Je suis bonne pour me pendre. Je...

«-Non, pas du tout» Ricana le brun. Voilà, quand je vous disais qu'il déteignait un peu trop sur moi hein!

«-Il peut nous entendre?» S'exclama t'elle toujours déconcertée. J'avais la folle envie de taper ma tête contre un mur, cette fille était désespérante. Damon ne se priva pas de se moquer allègrement d'elle et singea «l'ado de seize ans hystérique devant un acteur qu'elle adore»

«-Oh, non, ça serait terrible!

-Et il peut lire dans les pensées?»

Cette question m'aurait achevé en temps normal et j'aurais perdu mon sérieux. Alors que j'allais répondre, Damon me prit de court:

«-Nan, mais si vous voulez me voir nu, vous n'avez qu'à le demander.

-NON! ça il ne peut pas le faire.» Tranchais-je, tout en lui jetant un regard noir. Il leva les yeux au ciel et prit une posture innocente. Le faux-jeton! Je murmurai à Vanessa:

«-Il peut être un abrutit de première... mais au fond, c'est un gars bien.» Concluais-je d'une voix à peine audible. Manque de pot, super ouïe vampirique avait réussi à décoder mes paroles. Je HAIS les vampires et tous leurs tours de passe passe!

Le reste de l'après-midi ne fut que silence, troublé parfois par des «boum» des grimoires et encyclopédies que nous déposions sur les tables. Je vis Vanessa reculer doucement et me doutais que Damon devait venir vers moi. Il tenait à la main un lourd ouvrage avec écrit dessus en lettres d'or «Petrova».

«-Des trouvailles?»

Dépitée, je déposais un nouveau livre plein de post-it sur une pile déjà monstrueuse. Je devais me rendre à l'évidence, nous ne trouvions rien.

«-Il n'y a rien à propos de Katherine qu'on ne sache déjà.

-Oh, miss, quel dommage qu'on ne soit plus amis, je pourrais te dire ce que je sais.» Enonça t'il faussement désolé. J'avais envie de l'égorger, si ça pouvait me calmer les nerfs. Alors que j'allais répondre, Alaric s'écria:

«-Hey, regardez ça!»

Il tenait à bout de bois une photocopie d'une sorte de manuscrit, avec des symboles que je ne connaissais pas. Vanessa se pencha vers l'image et sourit. Nous autres l'observions, pendus à ses lèvres. Calme, elle nous raconta l'histoire de ce dessin:

-«Il n'y a pas de légende de loups garous dans les environs mais il existe une histoire plus globale et bien moins connue, seuls les initiés en ont eu vent.»

Un temps, histoire de ménager son auditoire. Puis elle lâcha l'info cruciale:

«-Le maléfice de la lune et du soleil.»

Alaric fronça les sourcils, inquiet. Damon fit un rictus qui montrait sa mauvaise humeur mais ne commenta pas. Ils voulaient en entendre plus. L'étudiante comprit.

«-Ca indique l'origine des vampires et des loups garous.»

Le vampire brun fit claquer sa langue avec humeur et je soupirai. Pourquoi est ce que je devais toujours me retrouver dans des plans compliqués et foireux sous fond d'ésotérisme? Je suis MAUDITE.

«-L'histoire est assez courte. Il y a 600 ans, les aztèques ont été envahis par les vampires et les loups garous qui fuyaient l'Europe. Ils terrorisaient les populations. Alors, un sorcier aztèque leur jeta une malédiction, rendant les vampires esclaves du soleil et les loups garous soumis à la lune. Finalement, les vampires ne pouvaient roder que la nuit et les loups garous qu'à la pleine lune.

-Problem solved» Ironisa Damon avant de souligner «Dommage que certaines sorcières connaissent des petits «trucs» pour palier ces désagréments».

Il fit tournoyer sa bague tape à l'oeil et l'étudiante continua:

«-Tous ceux qui sont touchés par le maléfice sont obligés de se transformer. Leur proie de choix: les vampires.

-Je n'ai jamais entendu parler de ce truc.» Grinça Damon, suffisant. La jeune fille ne se laissa pas démonter cette fois:

«-Normal il n'y en a que très peu. Ils ont été éradiqués par les vampires.

-Pourquoi?» Demandai-je, curieuse.

Vanessa se tourna vers moi et me dit sur un ton de reproche.

«-Mais, pour se protéger. On dit qu'une morsure de loup garou est fatale à un vampire.»

Ce fut à mon tour de me glacer et de chercher Damon du regard. Sa superbe avait vacillé l'espace d'un instant avant qu'il ne se reprenne.

«-Bien. Il n'y a pas de vampires à Mystic Falls pourtant. Donc ça ne nous intéresse pas ce joli cours de folklore. Et ça n'a rien à voir avec Katherine et son retour...»

Moi par contre ça me disait quelque chose... C'est alors que ma lanterne s'alluma:

«-Il n'y en a pas... encore...

-QUOI?» S'écrièrent mes trois compagnons.

«-Les armoiries des Lockwood sont des animaux qui se combattent.

-Ce sont des chiens.» Argua le vampire brun. Je posais ma main sur son avant bras pour le calmer:

«-Les chiens ne sont que des loups domestiqués, Damon...»

Je vis alors les pupilles du vampires se rétrécir comme lorsqu'ils étaient très en colère. Puis, il reprit son masque calme et habituel avant de lâcher:

«-Bien, on n'a qu'à tuer Tyler et la lignée se termine.

-C'est hors de question.

-Elena quand je te disais de voyager léger, c'était très sérieux.» Dit Damon d'une voix trainante. Les mains sur les hanches, je répondis:

«-Puisque tu as de l'énergie à revendre, tu vas lui servir de garde du corps et faire attention qu'il ne devienne pas un loup-garou, c'est à dire en...

-vérifiant qu'il ne tue personne. C'est ce qui déclenche la malédiction.» Compléta la jeune étudiante. «Et il faut aussi un «réceptacle», une clé pour briser les liens qui briments loups garous et vampires. Souvent on parle d'une pierre de lune.»

Alaric semblait appuyer ma décision et le vampire hocha la tête, vaincu. Mon prof d'histoire prit la parole:

«-Il est tard, nous avons encore un long chemin à faire pour rentrer.»

C'est à cet instant que je me rendis compte que le soleil s'était couché. Vanessa haussa les épaules. Alors qu'elle allait nous raccompagner, je demandais:

«Hey... as tu fais des recherches sur les doubles?»

L'étudiante sembla un peu gênée et m'expliqua doucement:

«-Eh bien le mot à différentes significations selon les cultures. Mais souvent on retrouve l'idée que c'est un autre soi qui vit et respire.»

Nan, je m'en serait pas doutée... Je voulais dire autre chose que ce qui est évident, banane! Dieu, je deviens aussi invivable et sarcastique que Damon. Je cherchais à rester aimable cependant:

«-Isobel savait elle quelque chose sur ce lien entre moi et Katherine?

-C'est tout ce qu'elle avait que tu vois. Malheureusement.»

Elle n'avait pas tord. Cet après-midi de recherche avait soulevé tellement de questions.. Bien plus qu'elle n'avait apporté de réponses d'ailleurs. Alors que j'allais rejoindre Damon qui m'attendait sur le seuil tandis qu'Alaric allait régler quelques soucis administratifs, elle me héla:

«-Elena! Sois sur tes gardes. Les doubles tourmentent les gens auxquels ils ressemblent. Ils essayent de détruire leur vie, leurs espoirs.»

Je la remerciais d'un hochement de tête et parcourais la distance qui me séparait encore de mon vampire brun que je ne pourrais jamais avoir. Le coeur gros, je murmurais:

«-Elle a déjà commencé.»

Nous descendîmes les escaliers en silence et lorsque nous arrivâmes devant la voiture, je n'avais qu'une envie, rentrer dans l'habitacle et oublier la déception qu'était cette journée. Avec humeur je pris la poignée en main et Damon posa la sienne sur la mienne. D'une voix caressante il me dit:

«-Attends! Puis-je?»

Surprise de son geste, je sursautai tout en me retournant. Je perdis l'équilibre et me rattrapais à sa chemise noire. Il serra ma taille dans ses bras et mon coeur se mit à battre à tous rompre dans ma poitrine. J'étais bien, calée contre le torse de Damon Salvatore, quoique j'en pense ou dise. J'avais l'impression que c'était ma place. Le vampire brun agaça mon lobe d'oreille de son souffle:

«-Tu ne pourras pas me détester éternellement, Elena.

-N'en sois pas sur sûr.» Pestai-je en cherchant à m'évader de la délicieuse prison de ses bras. Il sourit, me lâcha et sortit de sa besace le vieux livre que je l'avais vu parcourir, avec Petrova gravé.

«-Tu n'as pas creusé assez profondément dans tes recherches.» M'annonça t'il en me tendant le livre. Etonnée, je le reçus.

-»Pétrova? Oui et alors?

-Katherine était originaire d'Europe. Son vrai nom: Prétrova. Katharina Petrova pour être précis.»

Ce fut un électrochoc pour moi. Katherine était mon ancêtre. Ce qui la précédait, ce qui la façonnait m'avait aussi précédé. C'était mon sang, ma lignée que je tenais entre mes mains. Même si je détestais cette vampiresse sadique et manipulatrice, je lui devais ma vie et ça me faisait quelque chose. Mais l'aveu de Damon impliquait d'autres questionnements, comme...

«-Comment tu l'as su?

-Un truc gravé sur un vieil objet de famille. Les garçons, de vrais fouineurs!» Rit-il, sans joie avant de retrouver tout son sérieux. Il prit mes mains dans les siennes et m'obligea à lui faire fasse en y impliquant une troublante pression. Ses yeux brûlaient, comme un ange en enfer quand il énonça, amer et plein d'espoir tout à la fois:

«-Je sais que tu as tous les droits de me haïr. Je comprends. Tu me détestais avant et nous sommes devenus amis. Tu m'as aimé. Je.. ça serait dommage de perdre ça.»

Les bras m'en tombaient. J'aurais voulu lui sauter au cou et lui dire que oui je pouvais lui pardonner, un jour, que je n'avais pas envie qu'il m'abandonne. Mais j'étais trop choquée pour agir de la sorte. Me voyant toujours stoïque il marmonna:

«-Oh, et puis laisse tomber...» Avant d'ouvrir la portière côté passager et de s'y installer. A contre coeur, je l'imitais en prenant place derrière lui. J'entendis Alaric qui venait de nous rejoindre murmurer à son endroit:

«-Si tu attendais le bon moment... c'était là.»

Il s'assit derrière le volant, enclencha la première et nous quittâmes Duke dans un vrombissement.

POV Damon

Le voyage retour se passa dans un silence de mort. Elena dormait paisiblement tandis qu'Alaric enchainait les musiques les plus ringardes dans son lecteur CD. Quant à moi, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que quelque chose clochait dans toute cette histoire, il y avait une fausse note, mais où?

Je sentais que l'humaine était déboussolée. Agissais-je de manière égoïste en voulant graviter encore dans son orbite, compter pour elle? Ne méritait-elle pas une meilleure vie, sans moi et donc sans Katherine à ses trousses? L'aimais-je assez pour renoncer à elle?

Je n'avais rien décidé quand je m'aperçus que la voiture s'était stoppée devant la maison d'Elena, que le soleil s'était levé et qu'il allait falloir nous séparer. Je sortis de voiture et la réveillais le plus gentiment possible pour un vampire.

Elle ouvrit les yeux, m'adressa un regard meurtrier, prit son sac et serra son livre contre son coeur, remercia Alaric et se dirigea d'un pas décidé vers chez elle. Alors qu'elle s'apprêtait à sonner je lui dit:

«-Elena, sois raisonnable... Les virées, ça nous réussi.»

Elle soupira et caressa ma joue. Ce contact me fit frissonner et son expression inquiète sur son visage me bouleversa.

«-Mais les choses ne sont pas toutes rentrées dans l'ordre.» Je posais ma main sur la sienne et elle ne pu retenir de verser une larme.

«-Je ne peux pas pardonner Damon. Pas ce que tu as fais. Même si j'en ai envie, c'est au dessus de mes forces. Je suis désolée.»

Cette vérité, que je savais sincère, me blessa aussi violemment que le pieu de l'étudiante de Duke. Alors, parce que j'étais ce genre d'homme, je rendis la pareille.

«-Finalement, toi et Katherine avez plus en commun que votre aspect extérieur.»

Elena sursauta, comme si je venais de la gifler. Elle détestait entrer en compétition (et en comparaison) avec son ancêtre. J'enfonçais le clou:

«-Vous vous délectez de me faire souffrir. Mais prends garde, Elena, un jour ma patience aura sa limite.»

Sans demander mon reste, je la laissai là, devant sa porte et rejoignis la maison de Caroline Forbes où je savais que mon armada pour sauver mon humaine m'attendait.

Quoi qu'elle puisse penser de moi et quoi que j'en dise, j'étais fou de cette fille et prêt à tout pour la garder en sécurité, même si je devais affronter la colère de Katherine et l'inimité de mon cadet.

POV Elena

J'étais seule à la maison, Jenna avait du profiter de notre absence pour sortir avec ses amis de la fac. Je montais dans ma chambre et m'allongeais sur mon lit, épuisée. Je frissonnai brutalement, sentant une présence. Je me retins de crier lorsque j'aperçus l'ombre de Stefan. Il afficha un sourire que je ne lui connaissais pas. Et que je connaissais bien paradoxalement. Un sourire «damoniaque».

«-Je ne pensais pas qu'un jour je te ferais un tel effet.» Me confia t'il en s'approchant de moi. Il prit mon visage en coupe dans ses mains et embrassa le sommet de mon crâne avec énormément de douceur et de tendresse. Cependant quelque chose avait changé en lui, et je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Je me remis rapidement de mes émotions et demandais, sèche:

«-Qu'est ce que tu fiches là, Stefan?»

Il s'était reculé et désormais marchait les mains dans les poches, en long et en large de ma chambre, tête baissée.

«-Je venais te prévenir.

-De quoi?» Demandais-je, une pointe d'angoisse dans la voix.

«-Katherine cherche quelque chose.

-Je m'en doutais.

-Elle n'acceptera pas que tu t'opposes à elle.» Assura t'il, ennuyé. Il essayait de me mettre hors circuit. Mais ça n'allait pas se passer comme ça, j'avais mon mot à dire et qu'elle soit un vampire assoiffé de mon sang n'y changerait rien. Elle n'était pas la bienvenue parmi nous. Cependant je choisis de me montrer un peu docile.

«Je n'en ai nulle intention.» Lui dis-je, paisible. Il me toisa des pieds à la tête et ricana. Okay, je suis une piètre menteuse et alors?

«-Elena, Katherine n'est pas prêteuse et ce n'est pas son moindre défaut.

-Que dois-je comprendre?» L'interrogeai-je, outrée de cette menace à peine voilée.

«-Katherine estime que Damon et moi nous lui appartenons. Or, tu es partie avec lui pour 24 heures. Elle est dans une rage folle.» Me répondit il. Et vu son intonation, Katherine n'était pas la seule à avoir du mal à supporter de me savoir avec Damon. J'arguai pour ma défense:

«-Je ne sors pas avec Damon. Il a essayé de tuer Jeremy. Tu vois, je suis tes précieux conseils. Mieux, j'essaye de l'éviter le plus possible.

-En partant es escapade pour la journée?

-Rick était aussi de la partie.»

Stefan rejeta son beau visage opalin en arrière et ricana:

«-Il ne compte pas. Cet homme t'adore parce que tu es la fille d'Isobel, quoi que tu fasses il sera d'accord. Même si tu te mets en danger de mort.

-Apprends que je ne laisse pas un vampire psychopathe dans ma ville sans chercher à me renseigner sur le pourquoi elle est ici.» M'énervais-je tout en défaisant mes lacets de chaussures. Non mais pour quoi se prenait-il? Il se glaça et répliqua vivement, se plaçant à quelques centimètres de moi.

«-Moi non plus.

-Te serais tu trouvé une vocation d'agent double?» Me moquais-je, acide. Il ignora la pique et poursuivit:

«-Elena, je te demande d'être prudente, ce n'est pas une gentille personne.

-Alors qu'est ce que tu fiches avec elle?» Pestais-je. « Quoi que tu puisses croire, Stefan, je suis persuadée qu'il y a du bon en toi.

-Ce n'est pas ce que je désire entendre, Elena, et tu le sais.»

J'ignorai cette dernière réplique, à dessein et dit:

«-Si elle veut me faire du mal, pourquoi ne l'en empêches tu pas, si tu tiens à moi? Et si ça n'est pas le cas, pourquoi venir me le dire? Je ne te suis pas...» Soulignais-je, de mauvaise humeur.

Stefan passa une main dans ses cheveux, signe d'extrême nervosité chez lui. Il mordilla sa lèvre et finalement se lança:

«-Elena, on a eu des différents. Je t'ai délaissée et je comprends que tu aies été tentée de voir ailleurs. Mais ce qu'on a ressenti l'un pour l'autre, c'était vrai. Puissant. Réel. Merveilleux...

-Les contes de fées prennent fin un jour ou l'autre.

Laisse moi aller au bout de ce que j'ai à te dire, s'il te plait...» Je fermais ma bouche, instantanément et il enchaina:

«-Je tiens à toi. Je tiendrai toujours à toi, qu'importe ce qu'il adviendra de nous. Je ne veux pas qu'on puisse te faire du mal. Je te tuerai de mes mains plutôt que de savoir que tu devras affronter la vengeance de Katherine, je te l'ai dit.»

Je soupirai et pris ses mains dans les miennes avant de poser mon front contre le sien. J'avais envie de pleurer mais je me retins.

«-Stefan, je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute. Je t'ai trop aimé pour accepter ce destin pour toi. Tu n'es pas un monstre et tu n'auras pas à le devenir pour me sauver. Je trouverai un moyen si toute cette histoire tourne au vinaigre.

-Tu sais que ça ne sera pas suffisant...» Souffla t'il, malheureux. J'hochais la tête vigoureusement et le vis mettre un genou à terre. Il sortit un écrin noir et je me reculais, surprise.

«-Qu'est ce que c'est que ça?» M'écriai-je, paniquée.

Il soupira doucement et dit:

«-La raison pour laquelle je suis venu à toi, Elena. Pour quoi je me suis battu, jour après jour contre mon envie de sang. Te savoir en danger m'est insupportable. Je ne peux pas rester sans agir. Je te propose une éternité d'obscurité certes, mais je t'aimerai, jusqu'à ce qu'on brûle nos corps.»

Il ouvrit la boite et j'aperçus un diamant briller de mille feux. Des larmes me montèrent aux yeux. Jamais une fille ne sera aimée comme il me le montrait. J'aurais dû éprouver une joie incommensurable face à cette proposition qui réglait bien des soucis. Mais non. Parce que je ne voulais pas qu'il s'enchaine à moi qui ne cesserai de me languir de son frère. Il méritait plus que ça. Je laissais un silence entre nous avant de détruire ses rêves. Il souriait, heureux comme pas possible et il me fallut beaucoup de volonté pour refermer l'écrin et répondre:

«-Je suis très touchée par ton geste, Stefan. Mais je ne peux pas. Tu mérites d'être aimé. Je veux dire réellement. Et on ne se marie pas pour de telles raisons. Je suis désolée, Stefan. C'est non. Je ne veux pas appartenir au pays des ombres. Je reste dans la lumière.»

Il se redressa, les yeux dans le vague, complètement perdu et désabusé. Je venais d'enfoncer un nouveau clou dans son cercueil. Il me demanda avant de passer le seuil de ma chambre.

«-Est ce que tu aurais fait la même réponse, si j'avais été Damon?»

Les pleurs que je retenais depuis tout à l'heure finalement roulèrent sur mes joues. Je soufflais d'une voix éteinte:

«-Je ne sais pas.»

Le vampire blond se retourna alors vers moi et grinça:

«-Tu n'épouseras personne d'autre, Elena. Tu es à moi.

-Je n'appartiens à personne, Stefan.» M'écriais-je en lui lançant un coussin à la figure. Evidemment je le manquais. Dépitée, je lâchais:

«-Maintenant sors de chez moi. S'il te plait. Et ne reviens plus.

-Tu m'as invité ici. J'ai le droit d'aller et venir comme bon me semble.» Souligna Stefan. Je lui rétorquais:

«-Sans doute. Mais arrange toi pour que je ne sois pas là.»

Sur ce, je me levais, claquais la porte de ma chambre à son nez et retournai m'effondrer sur mon lit, afin de pleurer toutes les larmes de mon corps. Les relations entre les garçons et les filles étaient compliquées à l'adolescence, mais les relations humaines vampires les battaient. Lorsque mes larmes se tarirent, j'aperçus une paire d'yeux à ma fenêtre, l'espace d'un instant. Je me redressais, souffle court. Je n'avais pas rêvé, quelqu'un m'avait observé. Mais qui?

POV Damon

Alaric avait finalement décidé que la préparation à l'opération «Morsure» devait se tenir chez lui, sans que nous ne craignons d'être dérangé par un membre du «Conseil». J'envoyais un SMS à Caroline, Bonnie et Jeremy sans en dire un mot à mon acolyte historien. Lorsque nous arrivâmes devant la maison du prof, au moment de franchir le seuil, je fus arrêté net. Je posais mes poings sur mes hanches et me moquais:

«-Allons, Ala-Ricky Martin, fais moi rentrer.

-Tu as voulu me tuer Damon.

-J'ai encore envie de te tuer.» Souris-je doucement. Alaric ne se laissa pas démonter. C'est ce que j'aimais en lui d'ailleurs, sa capacité à me tenir tête. Petit humain courageux.

«-Ca ne plaide pas en ta faveur.

-Si je te dis que je veux aider Elena, j'ai droit à une image?»

Le prof d'histoire haussa les épaules et marmonna à contre coeur:

«-Damon veux-tu te donner la peine d'entrer?»

Je fis une petite courbette ridicule et pénétrais dans l'antre du chasseur de vampire.

Alors que Rick déballait ses pieux et autres armes anti-sangsue on sonna à la porte. Il sursauta et demanda:

«-Tu attends quelqu'un?

-Ouais... On monte une sorte de club étudiants.» Dis-je avec sarcasme tout en ouvrant la porte sur Jeremy Gilbert. Dès qu'Alaric le vit, il demanda:

«-Est ce qu'Elena sait que tu es ici?»

Mais qu'est ce qu'ils ont à toujours vouloir rendre des comptes à Elena? Jeremy bredouilla un peu mal à l'aise.

«-Non, pas vraiment. -Tu as quoi?» Dis-je, coupant court à une conversation que je ne maitrisais pas. Le frère d'Elena me montra des dizaines de pages de recherches et annonça

«-L'assistante de Duke m'a envoyé toutes les recherches d'Isobel.»

Rick souligna qu'elles auraient du être envoyées sur son adresse mail et je répondis d'un air faussement innocent que j'avais du me tromper. Alaric grogna mais ne releva pas et se tourna vers son jeune élève. Jeremy enchaina:

«-Visiblement la pierre est l'une des clés d'un rite très ancien. Celui qui brise en premier la malédiction bénéficie d'une hégémonie et peut donc détruire l'autre race.

-Si on commence à croire toutes les légendes des livres, on est des idiots.» Crachais-je. Jeremy ne pu étouffer un rire et il souligna:

«-Je te rappelle que tu en es une.»

Ce petit est aussi intelligent qu'il est ennuyeux à toujours chercher un bon mot. Alaric, sentant la tension monter entre nous s'interposa:

«-Où est la pierre en ce moment?

-Chez les Lockwood.» Affirma Jeremy tranquille. «On en a parlé avec Tyler quand il a su que son père la lui léguait. Il trouvait ça stupide de devoir prendre soin d'une pierre.»

Les états d'âme de Tyler Lockwood m'intéressant autant que ses premières couches je demandais;

«-Tu peux l'avoir?

-Je crois que oui.

-Voilà, ta vie a enfin un but!» Ricanai-je en tapant dans l'épaule du petit humain ex junky et dépressif. Amusé, il me questionna:

«-T'y croit alors?

-D'après le même livre, leur morsure est mortelle pour un vampire. Ne pas y croire ferait de moi quelqu'un d'encore plus stupide.

-Ca ne changerait pas de d'habitude.» Répliqua une voix grave et suave. Je me tournais et aperçus un nouveau membre de la «team Elena.»

«-Bonnie, il ne manquait que toi pour donner une touche de macabre à cette aventure.

-Je te retourne le compliment» Me dit elle, acide. Elle lâcha son grimoire sur la table d'Alaric et enchaina:

«-Bon j'ai eu ton message.

-Yep et tu as le grimoire.» Remarquais-je en tapotant sur le vieil ouvrage... qui s'écarta de moi, par magie. La sorcière s'en ressaisit et embrassa sa tranche, comme si elle était fière de lui. Ces filles sont folles. Elle se tourna vers moi et demanda alors.

«-Qu'est ce qui se passe?

-On va tuer Katherine!» S'enthousiasma Jeremy. Ah, la folie de la jeunesse! Bonnie fronça les sourcils et me toisa. Je pris un air faussement contrit:

«-Je peux expliquer.

-S'il te plait.» Un temps pour ménager mon petit effet. Puis je me fendis d'un sourire que je voulus rayonnant et répétais:

«-On va tuer Katherine!»

Bonnie stoppa net ma bonne humeur:

«-Ecoute, Damon, je ne t'aiderai pas à blesser des innocents.»

Jeremy sursauta, Alaric releva la tête de ses armes et je grimaçais. J'aurais du me douter que le «côté charitable» des sorcières prendrait le dessus sur Bonnie. Elle ne supportait pas de pouvoir faire du mal, ne faisant pas la différence entre faire le mal pour une juste cause et faire le mal pour faire le mal. Mon dieu, que ces filles gorgées de pouvoirs sont godiches. Cherchant à rester civilisé, je m'entendis dire:

«-Allons Bonnie, Stefan est un vampire, Katherine est une sale garce. C'est eux les méchants. Tu vas te la jouer moralisatrice? Je vais t'expliquer d'une autre manière que tu comprennes. Ils menacent Elena. Alors toi, la sorcière, tu vas te bouger les fesses et nous aider.

-C'est une question avec il s'il te plait à la fin.» Indiqua Jeremy en lui offrant son sourire de drague, un peu forcé. Mais bel effort.

Alors que la sorcière allait répondre quelque chose, la porte de la maison d'Alaric s'ouvrit à la volée et Caroline Forbes nous rejoignit. Ne la voyant pas buter su le seuil, je me tournais vers le prof qui plaida sa cause:

«-C'est mon étudiante, elle vient prendre des cours du soir.»

Caroline ne prit pas attention à ma réaction et c'est telle une tornade qu'elle nous raconta:

«-J'ai vu Katherine aujourd'hui.

-Ou?» L'interrogea Bonnie.

«-Au Grill. J'y étais pour mater Matt...»

Dieu, mais pourquoi, pourquoi me fais tu endurer ça? J'ai été un gentil vampire qui a fait ce que tout vampire doit faire, okay? Je sais que tuer des gens c'est mal mais c'est soit tuer soit mourir et je ne le veux pas. Alors ça ne compte pas, toutes les saloperies que j'ai pu faire. Donc pourquoi dois-je me coltiner des adolescentes en proie à leurs hormones et pourquoi pensent-elles que ça pourrait être intéressant? Je la coupais:

«-Vas droit au but.

-J'ai du faire semblant d'aller au toilettes... Elle m'y attendait. Pour faire passer un message.»

Ah, ça par contre c'est autrement plus mieux. Comme quoi, il faut élaguer et on peut trouver des choses exploitables.

« Elle veut la pierre sinon elle réduira la ville en cendres et en poussières. Le rendez vous est ce soir. Au bal masqué.»

J'ai toujours détesté les bals masqués. J'ajoute une question, monsieur Dieu: Pourquoi est ce que ça tombe toujours sur moi les plans pourris avec de la danse? En arrière plan j'entendais le pédagogue Alaric qui montrait ses armes.

«-Ca marche avec de l'air compressé. La gachette est là.»

Le pieu sorti, il l'empoigna et l'enfonça d'un geste sûr dans un mannequin, sous le regard horrifié de Caroline et Bonnie. Il haussa les épaules, désolé et plaida sa cause:

«-Hey, vous vouliez tuer des vampires...»

Je me postai à la droite d'Alaric et indiquais:

«-Pas de dégonflé. Si y'a une poule mouillé elle peut renoncer. Caroline?»

C'était elle qui me faisait nourrir le plus de doutes. Est ce que Miss Mystic Falls pourrait massacrer le moment venu. Elle m'adressa un sourire rayonnant et détaché (vampirique quoi!) et affirma:

-J'en suis. Elle m'a tué. C'est donnant-donnant.»

J'adorais quand elle se la jouait petite peste. Et je devais avouer qu'elle avait aussi des comptes à régler avec mon «maker». Rick et Jeremy semblaient eux aussi déterminés. Ne restait que la sorcière.

«-Bonnie. Tu es avec nous?»

Une flamme embrasa la bougie la plus proche d'elle. Nous étions donc prêts. Je ne pus me retenir de sourire devant notre alliance étonnante. Pour Elena, j'étais prêt à passer de l'ombre à la lumière.

oOoOoOoOoOo

Voilà voilà voilà !

Comme je n'ai pas de Bonnie personnelle (Klaus la séquestre en ce moment même), n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !

De plus… C'est mon seul salaire ! :D

La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.

A très vite

Mille Morsures !

Eléa Telmar.