Bonjour amis lecteurs, en attendant l'arrivée de la saison 3 de Vampires Diaries pour la mi septembre (et la suite des aventure du couple Delena, parce qu'enfin on l'a eu notre baiser j'ai envie de dire !) je vous livre un nouveau chapitre de cette fic (sachez que le suivant est écrit).
Désolée pour ces longs mois d'absence mais j'étais partie en vacances (oui oui tout ce temps, c'est l'avantage d'être encore étudiante) et je n'avais pas d'accès internet et pas le temps d'écrire…
Un grand merci à tous ceux qui passent sur la page, qui lisent la fic, qui la commentent, qui en font la pub et qui laissent aussi des petits mots à votre serviteur qui travaille tout de même pour livrer des chapitres qui je l'espère vous distrayent.
Sur ce, je n'ai qu'à vous souhaiter une bonne lecture !
Mille Morsures !
Votre dévouée auteur,
Eléa Telmar.
oOoOoOoOoOo
Chapitre 8: Caïn et Abel
POV Stefan
Katherine prenait sa douche à l'étage tout en s'entretenant au téléphone avec Rose, son maker et une sorcière. Elle avait donné rendez vous à Damon lors du bal organisé par les Lockwood. Un bal masqué, cela va sans dire. Et Katherine y serait comme un poisson dans l'eau, elle qui passait son temps à manipuler tout ce qui bouge en ville, mortel ou non. Quelque chose en moi me poussais à me révolter contre elle. Ma «chère» créatrice n'avait aucune affinité avec la philanthropie. Ni avec Elena. Je me doutais que ce qui se tramait lorsque je quittais la pièce ou elle se trouvait ne me conviendrait pas.
J'étais torturé à force de penser à mon humaine et à Damon. Elle avait renoncé à lui. Elle me l'avait dit, droit dans les yeux, sans sourciller. Et elle détestait mentir. J'avais obtenu ce que j'avais désiré, les éloigner. Mais ce que je n'avais pas anticipé, c'est la puissance du lien qui c'était tissé entre eux. Elena avait «rompu» avec Damon parce qu'elle aimait Damon. Parce qu'elle préférait l'avoir vivant à ses côtés en tant «qu'ami-ennemi» plutôt que mort (si je puis dire) et définitivement loin d'elle. Au lieu de me prouver son désintérêt pour lui, elle m'avait une nouvelle fois souligné son penchant pour mon ainé et cela me mettait au supplice.
La petite humaine têtue se la jouait fine pour garder auprès d'elle tous ceux qu'elle aimait. Moi y compris visiblement, même si elle refusait de suivre mon plan.
Je jouais négligemment avec la bague de fiançailles qu'elle avait refusée quelques heures plus tôt. Je ne pouvais pas l'en blâmer. Depuis que j'avais recommencé à boire des humains je n'avais pris que des mauvaises décisions qui nous avaient éloignés l'un de l'autre. La pire étant de rejoindre Katherine après avoir découvert la relation entre ma petite amie et mon frère. J'avais signé ma propre perte et j'étais perdu dans mes sentiments. J'aimais Elena, je la voulais vivante. Mais tout risquer pour qu'elle choisisse mon ainé me torturait. Et dans ces instants là, la haine, violente et pure me submergeaient. J'étais capable de la tuer pour toute cette douleur qu'elle m'obligeait à ressentir. Ce sentiment d'abandon alors que j'avais tant besoin d'elle. Le monstre prenait peut à peu le pas sur mon humanité. Bientôt l'être bon que je m'étais efforcé de devenir serait englouti à jamais. Ce n'était plus qu'une question de jours, peut être même d'heure. La folie s'emparait de moi et je m'y confrontait avec un mélange de peur et de soulagement. Peur de perdre Elena pour jamais. Heureux de ne plus rien ressentir quand se serait le cas.
Finalement elle avait raison de me préférer Damon. Il pouvait être un type bien. Il l'avait été, autrefois, lorsque nous n'étions que des mortels. Et même un peu après, avant que la colère n'obscurcisse toute son âme. Longtemps j'avais espéré pouvoir rendre à mon frère son humanité. Je pensais seulement que ça ne serait pas au détriment de la mienne. Mais visiblement les frères Salvatore ne pouvaient pas vivre l'un à côté de l'autre, sans heur.
Nous étions ennemis malgré nous.
J'aimais mon frère parce qu'il était de mon sang. Je le haïssais parce qu'il était aimé de la seule fille que je désirais à mes côtés pour l'éternité. Il me détestait parce que je m'étais vu contraint de tisser une alliance avec Katherine qui voulait faire du mal à Elena. Bref, nous étions dans un cercle vicieux que jamais je ne pourrais enrayer seul. J'avais besoin d'aide mais plus personne pour m'aider. Bonnie, Jeremy et même Caroline étaient aux abonnés absents. J'étais de nouveau seul avec mon fardeau à porter... L'éternité est haïssable, surtout lorsqu'on vous déteste.
La sonnerie de la maison retentit. J'ouvris la porte sur un homme d'une trentaine d'année, élégant, sobre et très classe. Une aura de calme et de détachement émanait de lui. Une sorte de... plénitude. Comme si le temps n'avais aucune emprise sur lui. Il avait une tenue rigide et droite, comme celle d'un aristocrate. On l'aurait cru tout droit sorti d'un roman de chevalerie. Sans l'armure et les éperons, bien entendu. Il ne prit pas la parole tout de suite, analysant ma personne tout comme je venais de le faire. Mon inconnu m'adressa un petit sourire satisfait et dit:
«-Bonjour... Je suis bien à la pension Salvatore?
-En effet, monsieur. Mais cela fait des années que nous ne louons plus de chambres.» Le renseignais-je avec courtoisie. Il haussa les épaules, comme s'il savait déjà. Cette nonchalance m'indisposais. J'appréciais les bonnes manières, allez savoir pourquoi.
«-Ce n'est pas grave, je ne suis pas là pour ça...
-Alors pour quoi?» Grinçais-je sans me départir de mon sourire. Le sien s'agrandit avec une magnifique hypocrisie.
«-J'ai entendu dire qu'une jeune femme était arrivée fraichement en ville... brune... belle... et à noter, immortelle.»
Je frissonnais devant le ton posé et froid, presque mécanique qu'il avait employé. Il passa une main dans ses cheveux cendrés afin de remettre en place une mèche rebelle, sans que cela n'y change grand chose. Il ne me disais rien qui vaille et je répliquai un peu sec:
«-Qu'êtes vous venu faire à Mystic Falls? Et que voulez vous faire à cette femme?»
Il ignora superbement mes questions et observa le paysage, rêveur. Je voulus claquer la porte à son nez, mais avec une rapidité prodigieuse pour un vampire et une force titanesque, il abattit sa paume dessus pour m'en empêcher. Il m'étudiait comme on le fait d'un animal que l'on dissèque en biologie.
«Je ne ferais pas ça si j'étais vous, Monsieur Salvatore. Avant de déclarer la guerre à un vampire inconnu, il vaut savoir à qui l'on a à faire... Question de prudence élémentaire.
-Je vous préviens, si vous êtes venus pour mettre en danger...»
Il me coupa d'un mouvement de la main, comme s'il chassait un insecte et dit pour lui même:
«-A quoi joues-tu, Katharina Petrova...»
Je frissonnais. Personne ne prononçait le nom originel de Katherine Pierce. Elle me l'avait formellement interdit. Pareil pour Damon. Nous n'étions d'ailleurs qu'une poignée à connaitre cette identité, lorsqu'elle n'était qu'une jeune slave qui avait dû quitter son foyer pour rejoindre l'Angleterre avant qu'elle ne s'exile dans le nouveau monde ou le sang pouvait être versé à flots. J'étais de nouveau sur la défensive et l'étranger le remarqua:
«-Calmez vous Stefan, si j'avais voulu vous tuer ce serait déjà fait.
-Qui vous dit que cela serait si aisé?» Sifflais-je. L'autre m'adressa un sourire narquois et enchaina:
«-Je me demande pourquoi Katharina c'est encombrée de toi, le vampire dépressif et végétarien... Je pensais plutôt voir Damon à son bras.
-Pardon?
-Damon, le vampire le plus sauvage, impulsif et sadique du monde, complètement obsédé par elle depuis plus d'un siècle et demi. Elle aime avoir des amants transis à ses pieds qui ne discutent pas ses ordres...»
Il choisi alors de me tutoyer afin de bien souligner mon insignifiance face à lui:
«-Toi, tu n'es que Stefan, le gentil et doux Stefan qui refuse son statut de créature de la nuit de monstre. Il est Cain, tu es Abel. Et Katherine a plus une âme de Lilith que d'Eve...
-Je ne suis pas tel que vous le croyez...
-Ah... Tu es donc redevenu le vampire sanguinaire que tu fus, juste après ta création? Cela pourrait expliquer ses tours de passe passe... A Katharina j'entends...
-Vous me connaissez alors que j'ignore tout de vous. La bienséance voudrait...
-Je suis au dessus de la bienséance, Stefan.» Me coupa l'étranger sans prendre plus de gants.
«- Je me demande ce qu'elle a vu en toi... Bientôt sans doute serais-je fixé...
-Plait-il?
-Katharina... Elena... Ca sonne bien, tu ne trouves pas?»
Je me tendis. Il savait. Je le sentais jusqu'au bout de mes doigts. Il continua:
«-Chacune avec un des frères Salvatore à son bras. Visiblement l'une d'entre elle a eu une main plus chanceuse que l'autre... Ou plus de gout.»
Je grinçais sous l'affront mais choisi de ne pas relever...
«-Si vous touchez à un cheveu d'Elena...
-Serait-ce une menace, Stefan?» Ricana le vampire tout en gardant une étonnante courtoisie. Cet individu m'effrayait malgré moi et me dissuada de lui répondre. Il afficha une mine satisfaite et continua:
«-Quand tu verras Katharina, dis lui qu'Elijah la salue.
-Elijah?» Répétais-je quelque peu sonné, cherchant en vain à me souvenir si j'avais déjà entendu ce prénom dans mon existence de vampire. Faute de conclusion acceptable je cherchais à en savoir un peu plus:
«Elijah comment?
-Simplement Elijah. Elle comprendra.»
J'allais enchérir mais il disparut en un courant d'air. Désarçonné par cette rencontre fortuite, je me précipitais à l'étage afin de prévenir Katherine.
Nous allions au devant de gros problèmes, je le pressentais. Cet «homme» nous conduirait à notre perte. Jamais je ne pourrais l'oublier.
Elijah.
POV Katherine
La tornade Stefan me surprit au sortir d'une douche chaude et revigorante. J'avais désormais la main, je pouvais tout. J'allais être libre de nouveau. Et avec un Salvatore à mon bras. Damon avait scellé son destin en protégeant l'humaine de Stefan (qui visiblement était devenue son humaine, la vie n'est-elle pas d'une délicieuse ironie?). Il mourrait au moment venu. J'avais besoin d'un vampire, il m'était tout désigné. Oeil pour oeil, dent pour dent. Et rien de personnel dans toute cette histoire... Quoique...
Caroline avait été mon premier choix, mais désormais j'avais une querelle à régler avec le brun. Le jeune Lockwood devenu loup-garou grâce à mes soins était aussi presque mûr, il fallait attendre une pleine lune. Ca avait presque été trop facile de le provoquer et de le tenter pour tuer cette jeune fille innocente mais sotte...
Quant à Elena... Ce soir au bal, je l'aurais ainsi que la pierre de lune. Enfin.
Je pouvais déjà anticiper le gout sucré de la liberté et rêver de ne plus sursauter au moindre son. Je m'étais choisie face à mon sang. C'était une vilaine manie de vouloir survivre coute que coute. Mais j'en faisais mon affaire. Le truc, c'était d'agir selon sa conscience afin de pouvoir vivre avec soi même pour l'éternité. Ca tombait bien, je n'avais aucune conscience!
Stefan cependant m'apparut agité, presque anxieux. Et furieux.
«-Que tu me caches des choses; Katherine, je le conçois. Que tu fiches en l'air ma relation avec Damon passe encore. Mais que tu mettes en danger ma ville, mes amis et des innocents, je suis contre!» Me hurla t'il à la figure.
Je fis un effort pour rester stoïque et détachée mais cette colère et cette angoisse qui émanaient de mon «enfant» m'intriguaient. Stefan avait toujours été le plus réfléchi et le plus effacé des frères Salvatore, c'est pour ça que j'avais voulu le récupérer le plus vite possible. Avant même de m'occuper de son ainé. Il pouvait s'avérer utile et ses conseils s'avéraient souvent justes et avisés. Damon était trop fonceur et pas assez tacticien. Mais dans la bataille il était le plus puissant. Voilà pourquoi je me devais de l'amener dans notre fine équipe. J'avais cru y parvenir en poussant Elena à le détester, mais force était de constater qu'il était devenu bien plus coriace avec les années. Je décidais de ne pas risquer de perdre mon dernier atout et de le caresser dans le sens du poil:
«-Pourquoi cette rage soudaine, Stefan? Je n'ai tué personne que je sache, je n'ai fait que taper dans ta réserve de poches de sang. Ou plutôt celle de Damon, alors qu'est ce que tu en as à faire?
-Ne me prends pas pour un imbécile!
-Loin de moi cette idée.
-Je t'interdis de lui faire du mal!
-A qui?» Les questionnais-je, faussement innocente.
-Tu le sais très bien!
-Oh, Elena?» Je fis une pause calculée. «Ne t'inquiète pas, Bambi-boy, c'est mon arrière arrière et je ne sais pas combien arrière petite fille. Je serais incapable de faire pareille atrocité.» Minaudais-je amusée.
«-Sauf que tu n'as aucun sens de la famille.» Trancha Stefan, fou de rage, s'approchant toujours de moi avec férocité.
«Coupable!» Ris-je pour le provoquer avant d'enchainer:
«-Qu'est ce qui te fais dire que je manigance quelque chose de dangereux pour cette misérable ville qui, soit dit en passant, m'a tout pris?
-Tu t'enfermes des heures durant avec Rose et cette sorcière dont j'ignore le nom. Tu parles de liberté. Tu cherches à mettre la main sur une pierre magique, tu veux récupérer Damon mais aussi Elena... et maintenant il y a cet Elijah en ville...»
Si mon coeur avait pu arrêter de battre, je crois qu'il l'aurait fait à cet instant précis. Elijah était en ville? Si tel était le cas, alors mon avantage était caduc. J'analysais le comportement de Stefan et compris qu'il ne me testait pas, qu'il ne cherchait pas à me déstabiliser.
Lui aussi avait peur.
J'allais lui demander de plus amples explications lorsque une douleur incroyable me faucha dans mon élan. La porte de la chambre s'ouvrit à la volée et j'aperçus la silhouette sombre et gracile de Bonnie, la meilleure amie sorcière d'Elena. Puis ce fut celle de Damon, tendue comme un arc. Il sauta sur son frère et le plaqua au sol. Bonnie haussa les épaules et une nouvelle salve de douleur m'arracha un cri.
«-Pour Caroline. Et pour Elena.» Siffla la sorcière tandis que je portais les mains à mon crâne. Damon cracha à la figure de son frère et se précipita vers lui.
«-Stefan, tu ne vois pas que tu es entrain de tout gâcher?»
Je luttais contre la magie de Bonnie Bennett qui cherchait à prendre contrôle de mon esprit et à me guider vers l'inconscience, en vain. Cette migraine affreuse qu'elle provoquait m'épuisais. J'avais anticipé une attaque subite suite à l'annonce de mon ultimatum du bal mais je ne pensais pas que l'adolescente puisse contenir autant de pouvoir en elle. J'apprenais une nouvelle fois et à mes dépends qu'il ne fallait jamais sous estimer son adversaire. Et je détestais ça. Je me jurai qu'un jour j'ouvrirai cette magnifique gorge pour me délecter de son sang. Lentement. Douloureusement. Afin que je puisse y prendre plaisir.
J'aperçus le corps de Damon s'abattre sur celui de son frère dans un craquement d'os répugnants. Stefan mordait, arrachait des lambeaux de chairs. Ainsi, il me faisait presque peur. A moi, c'est pour vous dire. La lutte intérieur qu'il vivait m'intriguait. Je ne comprenait pas comment sa partie humaine pouvait s'avérer aussi puissante face à son instinct. Mais bientôt, elle rendrait les armes et le blond deviendrait l'un des pires tueurs que je connaisse. Il fallait seulement se montrer patient. Damon tenait mal la pression et lorsqu'il agissait sur un coup de tête, sous une impulsion il pouvait commettre l'erreur qui lui permettrait de remporter la victoire.
-« Tiens tiens Damon, de nouveau parmi nous ? » L'interpella t'il une voix moqueuse. «Notre ménage à trois te manquait sans doute...
-Contrairement à toi, petit frère, je sais quitter les jupons de ma mère.» Ricana le brun.
«-Oui, pour voler ma petite amie. Tu as des difficultés pour chauffer ton lit? Tu n'as pas d'honneur pour prendre ce qui ne t'appartient pas?
-Tu veux qu'on parle d'honneur, Stefan-oolique? Elena ne s'est rapprochée de moi que parce que tu lui as menti. Parce que tu as bu du sang humain. Parce que tu as failli la tuer. Et aussi une de ses amies... pas très classe soit dit en passant.
-Toi aussi je te signale!» S'égosilla le blond en plaquant son ainé contre le mur, dévastant les lambris qui s'écrasèrent sur le sol. Bonnie sursauta un instant avant de m'envoyer une nouvelle salve de douleur afin de s'assurer que je ne viendrais pas en aide à Stefan. Damon afficha un petit air suffisant, celui qui me rappelait que je lui avais tout appris, plein d'arrogance et de froideur:
«-Yep! Un vrai délice. Elena surtout. Dans tous les sens du termes.»
Stefan grogna, feula et recommença à se débattre sous le regard satisfait de Damon. Il cherchait à bousculer son frère afin de réaliser le déclic. Afin qu'il se sépare de moi. Mais il n'y parviendrait pas, j'en étais certaine. Bonnie quand à elle tremblait et son nez commença à saigner abondamment. Je ne pus retenir une remarque cinglante:
«-Renonce petite fille. On est pas à Halloween.
-Je le sais.» S'écria la sorcière en m'encerclant de flammes. Je souris et répliquais:
«-Pas mal, pour une débutante. Mais tu n'es pas Emily Bennett.
-Plait-il?» Répliqua la jeune fille d'un ton que je reconnus d'instinct. Les yeux de l'adolescente c'étaient révulsés et je fronçais les sourcils. C'était officiel, je détestais les sorcières et leurs tours de passe passe.
«-Emily?
-Tu ne t'en sortira pas cette fois ci, Katherine. J'en ai fait le serment.»
Je cherchais à m'extirper de ma prison de flammes mais mon ancienne amie (qui possédait son arrière arrière petite fille) m'en empêcha en ravivant le brasier. Elle était capable de tout pour se venger de moi. C'était l'un d nos nombreux points communs. De leurs côté, les deux frères Salvatore se jaugeaient et Stefan lança:
«-Mais moi, j'ai toujours joué franc jeu avec elle. Je suis un monstre. Et elle le sait depuis le premier jour. Je ne suis pas un type bien. Mais je n'ai pas voulu qu'elle croit le contraire.»
Il se retourna et dévisagea Stefan. Ses cheveux flottaient au vent (du ventilateur). Il était à la fois sauvage et sublime. Stefan hochai la tête et répondit avec détachement :
-« Il semblerait en effet… »
Damon siffla comme un crotale. Ses prunelles azur s'ancrèrent dans celles de son frère. Le combat commença tout d'abord comme une sorte de danse. Le brun sautillait et virevoltait dans tous les sens et son cadet l'imitait. Puis, il passa la vitesse supérieure. Comme une fusée, il fondit sur lui et sa tête finit sa course dans son estomac. Sous la violence du choc, Stefan valsa et s'écrasa contre une console, qu'il brisa en mille morceaux. Cependant, il atterrît sur ses pattes. De nouveau Damon se jeta sur lui, mais Stefan le prit de vitesse et coupa net quelque chose. Une atroce douleur se fit sentir au niveau de son avant bras gauche, le faisant tomber à genoux et il découvrit avec horreur un moignon. Sa main gesticulait furieusement au sol. Stefan allait tenter de la récupérer mais Emily-Bonnie fut plus rapide et s'en saisi, délaissant un court instant ses incantations et me donnant quelques secondes de répit. En représailles, elle mit encore plus de coeur à l'ouvrage. Bonnie payerait pour les sévices de sa grand grand grand mère à mon égard! Damon replaça sa main et attendit quelques secondes qu'elle se ressoude avec son bras.
Stefan grimaça de fureur et se rua de nouveau sur son frère. Il le poussa furieusement et se retrouva à califourchon sur Damon. Telle une harpie, il laboura son visage de ses ongles, aussi tranchants que des lames de rasoir. D'un geste précis, le brun lui attrapa le poignet, le lui tordit et le força à s'allonger sur le parquet. Désormais, c'est Damon qui l'enserrait de ses cuisses et un rire rauque, guttural, s'échappa de ses lèvres.
Stefan le toisa, pleine de fierté :
-« Je ne vois pas ce qui est drôle Damon.
-Pourquoi l'avoir choisie elle? Après tout ce qu'elle nous a fait? Pourquoi te détourner d'Elena alors qu'elle a tant besoin de toi?»
Stefan se glaça avant de donner un coup de poing à son frère. Il semblait vraiment souffrir et cela anesthésia Damon un court instant. Parce qu'ils étaient tous les deux désespérément amoureux de cette humaine. Chacun à leur façon. Stefan avait cherché en elle la rédemption. Damon y avait trouvé son humanité. Je ne pensais pas que les vampires non végétariens puissent ressentir des sentiments humains. Je les jugeais trop brutaux, trop triviaux pour ça. Mais Damon se dressais contre son frère (chéri quoi qu'il en dise) parce que je planifiais de détruire leur précieuse humaine ainsi que leur amour fraternel. Et il avait raison. Stefan avait l'esprit trop fragile et trop embrouillé suite à sa rupture avec Elena pour voir tous les tenants de mon plan. Stefan répondit :
-« Pourquoi as-tu voulu la seule chose que j'avais? Pourquoi me l'avoir volée! Tu savais que je l'aimais! Tu le savais!
-Que veux tu, je suis un sale gosse!» Ricana Damon pour ne pas perdre de sa superbe. Mais c'était un mensonge. Tout en lui transpirait la culpabilité. Il n'avait jamais voulu tomber amoureux de l'humaine de son frère. Il n'avait sans doute jamais souhaité que cela soit réciproque. Que cela puisse devenir possible. Parce qu'il aimait trop Stefan. Parce qu'il aimait trop Elena. Et parce qu'il avait toujours cru qu'il n'était pas assez bien pour être heureux.
«-Je vais te tuer! » Crépita Stefan avant de cracher à la figure de son aîné. « Tu dois mourir ! Tu n'as pas le droit d'être heureux après ce que tu m'as fait subir ! Tu es un menteur et un manipulateur ! Tu m'as volé ma vie, je te volerai la tienne!»
Damon planta un pieu dans les côtes de son frère ce qui lui arracha un cri:
«-Et qui m'a obligé à vivre ainsi, Stefan? Qui n'a pas voulu me laisser mourir en 1864 comme je le souhaitais!
-Je sais et je me repens de ce choix tous les jours depuis lors!» S'époumona le blond. Damon parut touché par ce cri du désespoir car il en lâcha l'autre pieu. Cain hésitait à sacrifier Abel. Stefan tira profit de cette hésitation pour se jeter de nouveau sur son frère
«-Oeil pour œil et dent pour dent !
-Je suis désolé Stefan. Mais je l'aime. Je n'ai jamais voulu ça, mais c'est vrai. Elle a fait de moi un homme meilleur. Si tu savais, ce que c'est d'aimer, de vraiment aimer et surtout d'être aimé en retour, alors tu comprendrais. Tu nous pardonnerais. Et tu m'aiderais à la garder en vie.
-Elena m'a aimé! Plus qu'elle ne le pourra jamais!» S'époumona Stefan alors d'un pieu se logeait à quelques centimètres du coeur de Damon qui lui resta presque stoïque. Il me lança un regard glacé et dit à son frère et à moi:
«- Reviens vers Elena. Elle a besoin de toi en tant qu'ami. Elle a peur.
-Je ne peux pas.
-Tu l'aimes. Ne l'abandonne pas.
-Si je ne peux pas l'avoir alors personne ne devrait la posséder.» Cracha le blond, presque fou. Damon soupira, prit la tête de son frère dans ses mains et souffla:
«-Stefan, c'est moi le méchant dans l'histoire. Pas toi.
-Je fais ce que je veux, je ne suis pas tout blanc ou tout noir!» Hurla le blond prêt à abattre un pieu mortel dans la poitrine de Damon. «Bonnie» tremblait de plus en plus mais ne faiblissait pas. Elle était prête à prendre Stefan sous la coupe de son charme si Damon le lui demandait. Mais Damon semblait déterminé à mourir s'il le fallait. Il devait affronter son frère parce qu'il espérait le ramener de l'ombre où je me complaisais à la lumière. Auprès d'Elena. Même si cela impliquait pour lui de renoncer à elle, pour toujours. Mais ce que le brun ignorait, c'était que Stefan était détruit (et qu'il avait lui même travaillé à cette destruction) et qu'il oscillait entre amour et haine pour l'humaine. J'avais savamment attisé cette ambiguïté afin de mieux le contrôler. Damon ouvrit patiemment sa chemise et offrit sa poitrine à son frère:
«-Maintenant Stefan, fais ce que tu as à faire. »
Il sourit, apaisé et ferma les yeux. Je ne bougeais pas, mais fermais les yeux, refusant de voir le dernier acte de la lutte fratricide des frères Salvatore.
Le ballet des vampires s'arrêta là.
Un éclair doré se précipita dans la pièce et sépara les combattant. Une bouche frôla mon cou avec des allures de caresse, m'obligeant à revenir à la réalité. La chevelure blonde de Stefan ainsi que son corps basculèrent brusquement de la fenêtre, tombèrent à terre et rebondirent trois fois avant de rouler dans le petit bois...
POV Stefan
Lorsque je repris connaissance, Katherine veillait sur moi et m'avait transporté dans ma chambre. Alors que je voulais bouger, elle me plaqua contre le sommier sans grand ménagement, m'arrachant une gémissement:
«-C'est ce qui arrive quand on se comporte de façon stupide!» Siffla t'elle. Je me défendis:
«-Ils étaient venus pour nous défier. Peut être même nous tuer.
-Damon ne t'aurait jamais exécuté. Tu es son frère et il recommence à éprouver des sentiments humains qui le maintiennent dans un certain état de faiblesse vis à vis de toi. Ils venaient nous prévenir. Nous dire qu'ils étaient prêt à se battre contre nous, pour ton Elena, ce soir au bal.»
Je dévisageais mon «maker» hébété. C'est vrai que cette hypothèse tenait la route. Mais j'en voulais tellement à mon frère que je n'avais pas pu penser que ce fut le cas. Il appréciait tellement me faire sortir de mes gonds...
Katherine avait reprit son air sérieux tandis qu'elle prenait en main un morceau de bois toujours logé dans mes chairs, m'arrachant un grognement sourd:
«-Cesses de faire l'enfant, Stefan, tu ne peux pas rester éternellement avec un cure-dent géant dans le buste. Et continue de me dire ce qui te tracassait avant que la sorcière et ton frère ne débarquent.»
Je lui parlais d'Elijah, de mes angoisses et de mon antipathie pour ce personnage, du fait qu'il connaisse Elena, Damon et les autres... ainsi que sa propre identité.
Pour la première fois de ma longue existence je vis le visage insensible de Katherine se faner et la panique s'installer dans ses traits. Un quart de seconde.
«- Qui est Elijah? C'est un vampire, à n'en pas douter.»
Katherine fit une pause dans le soin de mes blessures et son regard s'ancra dans le vague un court instant. Son visage frémit en une sorte de sourire avant de se transformer en une grimace atroce l'espace d'une seconde.
«-Oui Stefan. C'est un vampire. Un des vampires Originaux.
-Comment? Un des quoi?»
Katherine prit un air catastrophé avant de me renseigner:
«-Il est en quelque sorte notre père à tous. Tu n'as jamais pris «histoire vampirique renforcée» toi?
-Je n'ai pas eu des professeur adéquat. Je pense que c'est le «maker» qui doit dispenser les cours, non?
-Touché.» m'accorda ma créatrice.
«-Mais alors.. Pourquoi est il en ville?» M'inquiétais-je. Un vampire originel à Mystic Falls présageait de nombreux cataclysme. Et son arrivée qui coïncidait avec celle de Katherine m'angoissait encore plus.
«-Tu dois savoir qu'il est ici pour Elena. Tout comme moi.
-Mais qu'avez vous tous avec Elena?» M'insurgeais-je cette fois ci tandis que je reprenais peu à peu mes forces. Moqueuse Katherine me demanda:
«-Tu ne t'es jamais demandé pourquoi elle me ressemblait trait pour trait?
-Bien sûr que si.
-C'est ce qui met Elena en danger.
-Avec un double comme toi, la vampire la plus manipulatrice et arrogante de tous les temps, ça ne m'étonne pas que tu te sois fais des ennemis.» Lâchais-je, revêche.
«-Il n'y a pas d'erreur sur la personne. Elijah veut Elena. Pas moi. Même si nous avons des différents à régler, lui et moi.» M'assura t'elle d'un ton assuré et mystérieux. Je ne comprenais pas où cela allait nous mener.
«-Pardon mais il y a comme une erreur dans ta démonstration...
-Elena est le double Petrova. Elle pourrait briser une malédiction qui affaiblit les vampires. Celle du soleil et de la lune. On pourrait de nouveau marcher en plein jour, sans bague magique vois tu? Elijah la veut pour lever ladite malédiction.
-Et pourquoi toi tu voulais Elena?» Demandais-je, méfiant.
«-Pour la sauver. Elijah va la tuer, ce n'est qu'une question de temps.
-Et pas toi?
-Me prendrais- tu pour un monstre, Stefan?
-C'est ce que tu es.» Assenais-je, sur de moi.
«-Aoutch.» Lâcha à contre coeur Katherine avant de poursuivre: «Je ne veux pas tuer Elena. Pas tant que j'ignore pourquoi un Originel la recherche.
-Ouf. J'ai failli croire que tu avais des sentiments maternels pour elle.
-Ne pousse pas trop le bouchon Stefan.» Ricana la brunette avant de glisser à mon oreille:
«-Tu peux ne pas avoir confiance en moi. Jamais tu ne le peux croire ce que tu veux de moi. Mais pour le moment, on est du même côté: on veut garder Elena en vie, tous les deux.
-Damon aussi veut la sauver.» Hasardais-je.
«-Damon échouera dans son orgueil. Alors, tu vas prévenir ta belle...»
Je me redressais, assuré et dévisageait ma créatrice. Je n'arrivais pas à croire qu'elle ait pu encore une fois s'en tirer. J'étais monté dans le but de l'éviscérer et finalement j'allais avec son aide sauver la seule personne que j'aie jamais aimée. Cependant je pris parti de l'intimider:
«-S'il lui arrive quelque chose je te...»
Elle fronça les sourcils, amusée et me coupa:
«-Allons, allons, Stefan... tu sais que tu ne peux pas me battre. Je t'aurais étêté en moins de deux minutes si tu me pourfends. Et encore j'aurais la possibilité de me faire les ongles en même temps...» un temps, histoire que je saisisse bien la menace à peine voilée. «Maintenant va rejoindre ta demoiselle en détresse. Tu es doué pour jouer le preux chevalier.»
J'allais courir chez Elena sur le champs. Il fallait que je la prévienne. Je ne supporterais pas de la perdre. Alors que je refermais la porte, je vis Katherine pianoter un numéro sur son portable prépayé et dire:
«-Allô? Oui... Il faut qu'on parle... J'ai du nouveau à propos d'Elena Gilbert».
oOoOoOoOoOo
Il ne me fallut que quelques minutes pour me retrouver devant la porte de mon ancienne petite amie. Je sonnais à la porte et eus la surprise de découvrir Bonnie dans l'encadrement de la porte. Aussi affable qu'un puma qui aurait attrapé une pneumonie elle me demanda:
«-Qu'est ce que tu veux Stefan?
-Parler à Elena. Maintenant»
Elle me toisa des pieds à la tête, dubitative.
«-Et tu crois que je vais te laisser entrer. Tu es avec Katherine. Katherine qui aux dernières nouvelles s'apparente plus à une sociopathe manipulatrice avec ascendant de tueuse en série qu'à un enfant de choeur. Et qui veut une pierre de lune pour lever une sorte de malédiction vampirique dont on ignore encore le rôle d'Elena; mais il doit y en avoir un pour que Katherine ne cesse de la surveiller et qu'elle veuille te récupérer ainsi que Damon.»
Bonnie ne serait pas facile à convaincre. Son côté sorcière l'empêchait de me faire confiance, surtout depuis que j'étais redevenu ennemi public numéro un en passant dans le camp Katherine. Personne ne pouvait dont comprendre que c'était trop dur pour moi de rester dans l'entourage d'Elena? Que ça me rendait fou de savoir que Damon avait ses faveurs bien qu'elle s'en cache? Que j'étais capable de tout pour la récupérer, même de manipuler la plus grande des manipulatrices, en l'occurrence Katherine? Et que je ne serai bientôt plus capable de le faire, le «côté obscur» de ma personnalité devenant de jour en jour plus prégnant dans mon esprit? Je choisis d'abattre ma carte joker:
«-Bonnie, il faut que je parle à Elena. Je sais pourquoi Katherine est en ville et ce qu'elle attend d'elle.
-Je croyais qu'on s'était déjà tout dit, Stefan!» Claironna une voix de l'étage.
Elena descendit, quatre à quatre les escaliers, dans un petit pyjama au short mini, mini. Ses longs cheveux bruns tressés auréolaient son visage d'ange. Elle se tint à côté de Bonnie, les bras croisés sous sa poitrine.
«-Je t'avais dit de venir après t'être assuré que je ne sois pas là.»
Je plaidais ma cause avant qu'elle ne puisse me couvrir de reproches (justifiés):
«-Elena, il y a un nouveau vampire en ville. Un vampire surpuissant, l'un des tous premiers. Il s'appelle Elijah et il te cherche. D'après Katherine, tu serais la clé d'une sorte de malédiction...
-La malédiction du soleil et de la lune... Tu sais donc...» souffla Bonnie, blême. Je ne comprenais pas tout ce dont elle parlait mais je devais l'avertir. Faire une bonne action avant de disparaitre... Je poursuivis:
«-Il vient te chercher pour trouver ses derniers ingrédients. Et visiblement, ton sang devra couler pour libérer les vampires de leur interdiction de marcher au soleil si j'ai bien tout saisi...»
Elena ne froissa pas un muscle et se contenta de répondre:
«-Mon sang? Vraiment? Je me savais extraordinaire mais pas à ce point!» Ironisa la jeune fille de mon coeur avant de reprendre:
«-Merci d'avoir fait le déplacement. Tu peux retourner auprès de ta précieuse Katherine maintenant. Au revoir Stefan.»
Elle allait me claquer la porte au nez mais je l'en empêchais en calant mon pied entre la porte et l'encadrement. Elena me toisa avec humeur. Je pus lire dans ses yeux de l'impatience pour conclure cette conversation, de l'angoisse, de la peur et de la désillusion. Me voir lui occasionnait de la peine. Mais pourquoi? Parce qu'elle avait fait de moi un monstre en me rejetant et qu'elle voyait que j'essayais de me racheter à ses yeux? Parce que je venais de lui prédire sa mort prochaine? Parce qu'elle me détestait et que ma seule vue la terrorisait et l'indisposait? Les trois à la fois?
Je rouvris brusquement la porte et m'aperçus que ses prunelles chocolat étaient baignées de larmes. La voir si bouleversée de glaça. Bonnie quand à elle attendait un geste de son amie pour me mettre hors d'état de nuire. Elena racla sa gorge et prononça:
«-Et ne reviens plus... J'espère que cette fois ci, tu tiendras ta parole. Adieu Stefan. Adieu...» Souffla t'elle avant de baisser les yeux. Alors qu'elle rompait avec moi de nouveau, je tentais le tout pour le tout pour la retenir:
«-Elena!»
Elle se retourna et attendit que je poursuive. En vain. Alors elle rompit le silence:
«-Qu'est ce que tu veux encore, Stefan? Tu ne crois pas qu'on s'est fait assez de mal comme ça? Je ne veux plus que tu viennes. Je ne veux plus te voir. Laisse moi tranquille, même si je risque de mourir. Surtout si je risque de mourir d'ailleurs. Fais comme s'il ne s'était jamais rien passé entre nous. Je t'en prie...»
Elle posa sa main sur mon torse et m'invita à la quitter sur le perron de sa porte. C'était trop dur d'être rejeté d'elle une nouvelle fois alors que j'étais capable de tout pour la sauver d'elle même et de tous les monstres qui gravitaient autour d'elle. J'osais:
«-Je pense pas qu'on puisse oublier quelqu'un qui a marqué notre vie, comme ça, en un claquement de doigts, Elena. Je pense pas que ça soit possible que du jour au lendemain, une personne qu'on aimait nous soit indifférente. Tu ne m'es pas indifférente et vice versa.»
Elena sourit pauvrement et fit «non» de la tête.
«-C'est là où tu te trompes Stefan. Je vais de l'avant. Et maintenant, même si je sais que j'ai ressenti des choses pour toi, même si on a vécu des choses folles ensembles, se ne sont que des beaux souvenirs. Plus de la tendresse. Seulement des souvenirs.
-Non, non... L'amour est tellement fort, qu'il nous marque pour un bon bout de temps. Qu'on le veuille ou non, c'est comme ça. On ne peut rien y faire. Et quand tu me regardes comme ça, d'un air méprisant, tu penses que je devrais y croire?»
Elle s'écarta de moi et ancra ses prunelles dans mes yeux. Elle déglutit avec peine avant de répondre à ma question (qui aurait dû être réthorique):
«Tu devrais. Oui.»
POV Katherine
Je venais de passer une des chemises de Stefan lorsqu'un courant d'air me fit tressaillir. Dans l'encadrement de la porte fenêtre se tenait mon pire cauchemar, l'un des individus que j'avais soigneusement évité pendant un demi millénaire.
Elijah.
Il n'avait pas changé. C'est fou mais je me souvenais encore parfaitement de son odeur et de ses traits, jamais je n'aurais cru que nous nous étions quittés il y a si longtemps. Il pencha légèrement sa tête sur le côté, comme un cerf aux aguets et me toisa de ses prunelles aussi sombres que les abysses. Voyant que j'avais marqué un temps, il afficha un air triomphal et un sourire sardonique avant de quitter son promontoire et de me rejoindre.
«- Bonjour, Katharina.» Lâcha t'il avec une exquise courtoisie qui me fit redoubler de méfiance. Je l'avais trahi, j'avais joué avec lui et j'avais gagné alors que je n'étais encore qu'une humaine. J'avais défié les Originaux. Je devais être punie pour un tel crime. Pas être traitée comme une Lady. Que cherchait donc Elijah pour endormir ma confiance de la sorte?
J'optais pour garder profil bas histoire d'élaborer un plan de secours et gagner du temps.
«- Merci d'avoir le bon sens de paraitre effrayée, ma chère.» Lança t'il, narquois.
Ce petit sourire suffisant... Oh dieu, un jour je le lui ferai ravaler, et avec le plus grand plaisir. Cette arrogance me faisait sortir de mes gonds... Il me faisait penser à Damon comme ça. Grrrr... Relax Katherine, il pourrait t'arracher le coeur en un battement de cils.
Bien que mes nerfs soient à vif et que mon envie de fuir après l'avoir étripé me tenaillait le ventre j'optais pour le profil bas, ce qu'il sembla apprécier. Il caressa mes longs cheveux avec la même douceur un peu rigide qu'autrefois. Comme s'il se souvenait lui aussi que nous n'avions pas toujours été des ennemis mortels... L'espace d'un fugace instant cependant. Elijah jouait avec moi comme j'avais appris à me moquer des créatures qui gravitaient autour de moi. J'avais été à bonne école.
Il racla sa gorge, par habitude, rien n'ébranlait jamais Elijah.
«-Il y a un endroit où l'on peut parler?»
Qu'est ce qu'il me chantait là? Parler? Vraiment? Pas de sentence, pas de meurtre? Je vais vivre? Il va me gracier? Sans rire? Mais à quel prix? Car il y a toujours un prix avec les Originaux... Qu'est ce qu'Elijah vient faire là, de toute façon?
Je conservais mon ton (faussement) soumis:
«-Oui. Ici. Stefan n'est pas là...
-Aurais-tu finalement décidé de te séparer de ton animal de compagnie?» Demanda t'il sarcastique alors qu'il prenait place dans un fauteuil moelleux. Vexée par la pique je répliquais avec un peu trop de véhémence:
«-Stefan n'est pas un...
-Non, évidemment. Tu ne serais pas zoophile Katharina. Ce serait monstrueux, tu ne crois pas?» Se moqua t'il, paisible.
Par le sang, ce vampire me faisait perdre tous mes moyens et tout mon flegme.
«-D'ailleurs je pensais que tu préférais les étalons aux poneys, très chère.
-Plait-il?» Grinçais-je.
«-Je te voyais plus avec Damon Salvatore. Tu aimes avoir un partenaire qui soit aussi ton adversaire. Stefan n'a pas l'envergure pour te posséder corps et âme. Damon si.»
Je pestais intérieurement mais préférais conserver le silence. En effet, ma préférence allait vers l'ainé des deux frères. Stefan avait le charme de l'adolescence et toute sa complexité, mais je m'en étais vite lassée. Il me fallait un homme, un vrai. Et Damon, en se refusant à moi n'avait fait qu'attiser mon désir de l'avoir à mes côtés. Pour me taire, je mordis ma langue à m'en faire hurler de douleur.
«-Quoique j'ai appris que Damon avait quitté le manoir pour rejoindre une autre vampire... Et protéger une humaine de toi. Serait-il lui aussi devenu un être capable de sentiments?» Alors que j'allais répondre il me coupa sèchement:
«-La question est purement rhétorique, sweetheart.»
Ravalant ma fierté je lui révélais:
«-Les seules personnes qui ne savent pas que Damon aime Elena sont Damon et Elena.
-C'est souvent le cas, en effet.» Concéda l'Originel, satisfait de me voir sur une pente glissante. J'englobais d'un vaste geste la pièce saccagée et tentais de nous disculper aux yeux du vampire châtain:
«-Excuses moi pour l'état de la maison. Damon et Stefan on eu un... différent.»
Joli euphémisme pour dire qu'ils avaient failli s'entre tuer et que si Elijah (car ce ne pouvait être que lui) n'était pas intervenu ils se seraient massacrés comme il se devait. Avec une élégance exquise et un ton détaché, Elijah répondit:
«-Oh, voyons, pas de ça entre nous, Katharina. Qu'est ce qu'un peu de poussière? Je comprends parfaitement.»
Il ferma la porte fenêtre avec un doigté et une légèreté étonnante puis il entreprit de parcourir la pièce d'un pas lent et assuré, jouant avec sa chevalière négligemment. Il paraissait si.. humain. J'en oubliais presque qu'au moindre mouvement brusque de ma part il pouvait me tuer. Il jouait avec mes nerfs, moi qui était devenue sa proie.
«-Qu'est ce qui te donne l'audace de chercher à contacter un Originel?
-Puis-je me permettre de te faire remarquer que comme ce n'est pas toi, tu n'as pas à le savoir?»
Elijah pouffa doucement:
«-Même morte tu conserves le sang chaud, très chère.
-Peut être. C'est ce qui me caractérise.
-Certes. Cependant je t'encourage vivement à me répondre si tu veux pouvoir encore faire profiter le monde de ton «charmant» tempérament.»
Je marquais un temps d'arrêt. Lui dire la vérité ou pas? J'optais pour le vrai, de peur que le faux ne m'attire encore plus d'ennuis.
«-Je veux ma liberté. J'en ai assez de fuir. Tu es en position de m'accorder cette requête?
-J'ai une totale autorité pour te pardonner, Katharina. Mais tout a un prix...
-Elena Gilbert?» Lâchais-je, sure de moi. Elijah fronça les sourcils et j'explicitais mon propos:
«-Elena est mon double.
-Ta lignée ne s'arrêtait pas avec toi.» Demanda t'il, a moitié surpris. Il s'en doutait donc... Alors pourquoi n'avait il pas agi en conséquence? Je ricanais mi figue mi raisin:
«-Klaus et toi aviez essayé de réduire à néant tous les Petrova, mais vous en avez oublié un. Une petite fille.
-Je t'écoute avec attention.» Admit Elijah.
«-Je ne suis pas arrivée par hasard à Londres. J'ai fui ma famille après avoir connu le déshonneur. Un bébé m'était né sans père. On l'avait placé en nourrice. Elena est sa descendante... Et donc la mienne a fortiori» Affirmais-je, contente de lui avoir rabattu son caquet. Après un long silence, il se redressa et dit:
«-Tu trahirais donc ton propre sang. Ta propre lignée.
-Je me choisis. Comme toujours.
-Comme toujours...» Ricana Elijah pour lui même. «Et bien amène moi à ton double, Katharina.»
Ce fut à mon tour de chercher à avoir des garanties.
«-Elijah, tu es un homme d'honneur. On peut te faire confiance. Promets moi qu'après cette histoire je serais de nouveau libre. Dis le.
-Tu as ma parole que tu seras pardonnée si elle est bien ce que tu prétends qu'elle est.» M'assura t'il, paisible. Avant de me quitter, il se retourna, me dévisagea longuement et me demanda:
«-Qu'est devenue la jeune femme que je devais occuper il y a de cela si longtemps qui ne parlait que d'amour courtois et de romans de chevalerie, empreints d'honneur?
-Elle est morte Elijah. Le jour où je suis rentrée chez moi... Vous avez détruit tout ce que je chérissais. Alors j'ai appris à ne plus aimer. Pour ne plus souffrir.
-La vie est paisible sans l'amour Katharina, tellement rassurante, tellement tranquille...et tellement triste.»
Il hocha la tête dans ma direction avec élégance avant de disparaitre dans un rideau de fumée. Pourquoi me laissait-il la vie sauve?
Il pouvait à lui seul massacrer la ville si ça le chantait. Alors pourquoi me confier la traque de cette misérable humaine? Que craignait-il d'elle? Des milliers de questions sans réponses se bousculaient dans mon cerveau fatigué et me donnèrent le vertige. Il fallait que je me ressaisisse et vite!
A peine m'étais-je assise sur le lit que Stefan pénétra dans la pièce, complètement fou. Il ne cessait de répéter qu'Elena l'avait (encore) rejeté (quand comprendrait-il que son pathétisme me tapait sur les nerfs et aussi sur ceux de la donzelle à n'en pas douter). Furieux, il décida de noyer son chagrin en trouvant un coupable à ses malheurs. Inutile de préciser qui devait endosser le rôle. Il commença à frapper mon visage. D'un coup sec, je me saisis de son poing dans ma paume et ramenait son bras derrière son dos, prête à le briser au moindre mouvement belliqueux. Stefan était au bord des larmes (pauvre chouchou -ironique hein-)
«-Tu as tout fait pour qu'elle me déteste, tu as tout fait pour que je te revienne! A cause de toi j'ai tout perdu, c'est de ta faute! On tue et c'est le mal absolu... Et tu t'en moques!» beuglait-il.
Oui en gros c'est à peu près ça, bon résumé de la situation. Mais je devais éviter de le laisser se complaire dans sa rébellion. Histoire qu'il ne me mette pas un pieu dans le coeur à la première occasion... Je pris sa tête entre mes mains et l'incitais à ce calmer. Peu à peu, les spasmes devinrent moins violents. Lorsque je fus certaine d'avoir toute son attention je lui murmurai, en pesant chacun de mes mots afin que la manipulation passe inaperçue et presque sincère (moment digne de l'actor studio alors tenez vous bien!)
«- Stefan, écoute-moi. Ecoute moi attentivement. Peu importe ce que l'on pense. Peu importe ce que l'on ressent, cela ne fera pas revenir les morts...»
POV Elena
Damon et Bonnie étaient rentrés précipitamment à la maison et m'avaient obligée à me barricader à l'intérieur. Lorsque Stefan avait sonné à la porte, son ainé avait eu l'élégance de filer par la porte de derrière avant de revenir dès la fin de notre dispute. Ensuite, Bonnie et lui avaient décidé de m'amener dans les ruines de l'ancienne pension des Salvatore afin d'assurer ma sécurité. Personne ne pourrait imaginer que je me cachais là. Tous deux filtraient les allées et venues dans les bois et scrutaient l'horizon sans prononcer une seule parole. C'était l'alliance la plus étrange et presque comique (si je n'avais pas été en danger de mort j'entends) que je n'ai jamais vue. Le vampire et la sorcière, deux ennemis mortels pour sauver... une mortelle. De temps à autre le portable de Bonnie vibrait, elle pianotait quelques secondes puis le rangeait de nouveau dans la poche arrière de son jean. Lassée de leur petit jeu digne des James Bond, je m'avachis sur mon «lit» (un duvet sur un matelas gonflable) et exigeais des explications. Ma meilleure amie fit un signe de tête à Damon qui s'éclipsa au «salon.»
«-Elena, j'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer.»
Pourquoi est ce que je m'en doutais un petit peu? DAMON SORS DE MON CORPS S'IL TE PLAIT! Grrrr! Je jouais négligemment avec une mèche de mes cheveux afin de calmer la sourde angoisse qui tordait mes entrailles.
«-Il y a un nouveau vampire en ville. Damon pense qu'il est très puissant, il l'a balayé d'un revers de main tout comme Stefan.»
Etonnement l'annonce de ce nouveau vampire ne me fit ni chaud ni froid, c'est l'idée d'un entretient entre les deux frères Salvatore qui m'arracha un frémissement:
«-Ils se sont vus?
-Katherine veut une pierre de lune. On sait que c'est Tyler qui l'a. Mais visiblement, selon les recherches qu'on a, tu pourrais avoir un rôle à jouer. On cherche encore à savoir lequel. Damon voulait gagner du temps et faire renoncer Katherine et Stefan.»
J'en avais le souffle coupé. Stefan travaillait peut être à ma perte. Et les paroles de Bonnie ne me rassuraient guère.
«-Ils se sont parlés?
-Plus leurs poings.» Précisa mon amie, de mauvaise grâce. Je jetais mon oreiller contre le mur mangé par le lierre de désarroi face à la nouvelle. Savoir que j'étais cause de leur mésentente alors qu'ils venaient tout juste de se pardonner le mal qu'ils s'étaient fait en un siècle et demi me torturait. J'étais un monstre.
«-Damon n'a pas à me protéger. On est pas ensemble, ni même des amis.»
Bonnie s'assit sur mon lit et prit mes mains dans les siennes. Elle m'observait avec une douceur extrême et chassa mes doutes et mes malheurs. D'une voix chaude et rassurante elle murmura:
«-C'est faux Elena et tu le sais. Toi même tu ne crois pas à ce mensonge.
-Il a voulu assassiner mon frère!» Argumentais-je.
«-Oui. Parce qu'il souffrait. A cause de toi.
-Il a voulu tuer Caroline quand il a découvert que c'était un vampire!
-Pour protéger la ville d'un être instable et insatiable.» Répliqua t'elle du tac au tac.
«-Tu es sensée le détester je te signale.» Grinçais-je avec humeur. Bonnie sourit:
«-C'est le cas. Je pense que c'est un type que je ne pourrai jamais sentir, il est trop cachottier, trop manipulateur et trop dangereux. Il ne me convient pas. Mais toi, Elena, tu es différente de moi...
-De toute façon, c'est fini. On ne peut pas revenir en arrière. J'ai déjà rompu avec lui.» Déclarais-je en tombant dans les bras de mon amie. «Rompu avant même qu'on n'ai commencé quelque chose...» Elle caressa mon dos en un geste réconfortant et dit:
«-Je sais , Elena. Parfois, il faut quitter les gens qu'on aime. Mais ça ne veut pas dire que vous ne devez plus vous aimer.»
Alors que Bonnie allait embrasser mon front, ma «porte» s'ouvrit brutalement sur un Damon moins stoïque qu'à l'accoutumée. Il se contenta de dire:
«-Il est ici.»
Mon amie lui emboita le pas et descendit les marches, décidée à me protéger coûte que coûte. Dans leur détermination, ils avaient oublié que je pouvais moi aussi les suivre. Difficilement aux vues des marches de bois vermoulues mais quand même. Et je devais avouer qu'ils avaient piqué ma curiosité.
Damon ouvrit la porte et c'est alors que je le vis: grand, presque blond, élancé, charmant et élégant dans son costume sombre, les mains jointes devant son bas ventre, d'un calme olympien, le nouveau vampire en ville se tenait devant moi. Il suintait les bonnes manières et la rigueur, avaient un charme qui exerçait une puissante fascination sur l'humaine que j'étais. Je le craignais et le désirais tout à la fois. Il m'attirait et me révulsait. Sa voix de ténor, posée et calme s'éleva:
«-Bonjour Damon. Bonnie. Je souhaiterai m'entretenir avec Elena.
-Que lui voulez vous?» Grogna le brun, sur la défensive. L'autre souleva un sourcil, blasé.
«-Cela ne te regarde pas.»
Damon allait le prendre par le col mais l'inconnu fut le plus rapide. Il se précipita à l'intérieur et plaqua Damon contre les lambris avec une facilité déconcertante. Aucune mèche de ses cheveux n'avaient bougé dans l'effort. Je l'observais éberluée. Nous n'avions pas pensé à cette éventualité, tellement sûrs que personne n'auraient l'idée de venir me chercher ici: la maison appartenait à deux vampires, la loi du seuil ne s'y appliquait donc pas. J'étais en danger. En danger de lui aussi paraissait inquiet et Bonnie cherchait à prendre le contrôle de la douleur du vampire. Ce dernier lâcha brutalement la pression qu'il exerçait sur le brun.
«-Tu fais une grossière erreur en pensant que tu peux me battre, Damon Salvatore. Tu ne peux pas. On ne tue pas facilement un Originel.»
Damon se rua de nouveau sur lui et le vampire inconnu bougea à une vitesse inquiétante. Il se saisit d'un pieu et l'enfonça dans le torse de Damon, juste en dessous du coeur. Ainsi immobilisé, il n'eut qu'a lui donner un puissant coup de tête pour l'assommer tout à fait avant qu'il ne se précipite sur mon amie.
Un hurlement d'horreur sortit de mes lèvres.
L'inconnu se tenait face à Bonnie qui invoquait son ancêtre, Emily Bennett de lui venir en aide, en vain. Je compris bien vite qu'ils luttaient tous les deux contre les pouvoirs de l'autre pendant deux bonnes minutes. La sorcière psalmodiait des formules magiques, le vampire cherchait à la charmer et visiblement y parvenait peu à peu. Un craquement dans les bois détourna l'attention du vampire blond. Deux jeunes hommes pensant qu'il nous agressait se ruèrent sur lui pour nous sauver, Bonnie et moi. L'autre se tourna avec flegme et les stoppa dans leur élan de ses paumes après avoir envoyé valser mon amie. Je vis les visages des deux hommes se tordre, les yeux exorbités et leurs bouches happaient désespérément l'air. Quand le vampire revint à moi, il tenait dans ses mains deux formes visqueuses et rouges tandis que les corps s'affalaient sur le sol. Il me fallut quelques instants avant que je ne comprenne que c'étaient leurs coeurs palpitants et chauds qu'il pressait dans ses mains. C'en était trop pour moi. Un violent haut le coeur déchira mes entrailles et je vomis tripes et boyaux.
J'étais désormais seule face au vampire sadique. Il s'approcha de moi à une vitesse incroyable et huma ma peau, les yeux fermés, presque avec gourmandise. Je ne pouvais m'empêcher de trembler de tous mes membres. Mon coeur battait si fort que j'avais l'impression qu'il voulait sortir de ma poitrine. J'étais sur le point de perdre connaissance quand il prit la parole:
«-Humaine.»
Il avait les yeux plongés dans le vague avant de m'observer avec presque gentillesse, à mon plus grand étonnement.
«-C'est impossible... et pourtant...»
Je tressaillis de nouveau quand il posa sa main glacée sur ma joue afin de chasser les dernières souillures de ma bouche. Amusé sans doute de me voir ainsi terrifiée, il murmura:
«-Bonjour toi.»
Il y eut un long silence entre nous, le temps que je reprenne mes esprits et que je comprenne qu'il ne me tuerait pas. En tout cas, pas tout de suite. Je balbutiais:
«-Pourquoi... êtes vous ici? Et qui êtes vous d'ailleurs?»
Il m'adressa une moue confiante et répondit:
«-Je suis Elijah. Un des Originaux.
-Une sorte de premier vampire?
-On peut dire ça comme ça, oui.
-Et que faites vous à Mystic Falls?
-Je suis venu ici pour te chercher, petit trésor.»
Mon sang se glaça dans mes veines, de nouveau mon coeur se mit à palpiter à toute allure. Je pris une grande inspiration et me lançais:
«-Et pourquoi? Je suis seulement une humaine.
-Tu vaux plus qu'il n'y parait au premier regard... et le regard n'a pas à se plaindre.. Elena Gilbert...»
Ainsi il connaissait mon nom. Un nouveau frémissement me parcourut l'échine.
«-Tu es le double de Katharina Petrova. Et tu es une clé pour lever la malédiction du...
-Soleil et de la Lune...
-Je vois que tu as suivi quelques leçons d'histoire vampirique.» Remarqua t'il assez étonné et presque heureux. Moi, j'étais terrifiée. Si j'étais la clé, alors tous les vampires du monde allaient se jeter sur moi pour recouvrir la liberté. Il prit mes bras dans ses mains afin d'arrêter les tremblements incontrôlés de mon corps.
«-Ne t'inquiètes pas. Je suis là parce que je ne veux pas que tu sois kidnappé tuée... En tout cas pas pour le moment.» M'assura t'il avec un sourire courtois et sadique tout à la fois.
Stop. Retour en arrière. Pause. Play. Pourquoi Elijah veut il m'aider? Voyant ma mine anxieuse il explicita son propos:
«- Si l'existence du double est confirmée, une armée de vampires viendra ici pour te ramener pieds et poings liés à Klaus.»
Bien on est d'accord sur ce point. Mais qui est...
«-Klaus?
-Le plus effrayant et le plus détesté des Originaux. Crois moi, tu n'as aucune envie de le rencontrer.» Assura t'il à mi voix et j'étais tout à fait apte à le croire.
«-Et pourquoi m'amener à Klaus et ne pas lever la malédiction seuls?
-Parce que les vampires ont besoin de son approbation. Avoir Klaus comme allié permet une hégémonie dans notre monde.
-Ah...
-Mais cela bousculerait les codes et l'ordre établi. Je ne veux pas de ça.» Me répondit Elijah platement. Finalement je me moquais du comment, cet homme me proposait (du bout des lèvres mais quand même) de me sauver, ça me convenait. Tout comme à lui visiblement.
«-Mon but est que la malédiction ne soit pas levée.
-J'ai du mal à vous suivre.
-Je ne suis pas esclave de la nuit en tant qu'Originel. Klaus lui souhaiterait que tous les vampires bénéficient de cet avantage...
-Pourquoi alors vouloir abolir la malédiction s'il n'est pas touché?» Lui demandais-je, de plus en plus perdue. Ca faisait beaucoup de nouvelles à assimiler en très peu de temps.
«-Klaus est paranoïaque. Il vit reclus. Il n'a confiance qu'en ses proches immédiats.
-Comme vous?» Supposais-je. Il pouffa dans sa barbe (imaginaire)
«-Plus vraiment.»
Je mis quelques instants à comprendre.
«-Vous ne savez pas où il est, c'est ça? Vous voulez que je serve d'appât?»
Il haussa les épaules en signe d'assentiment.
«-Klaus doit être détruit car il risque de bouleverser l'ordre naturel des choses en levant la malédiction. Vois toi comme un instrument dans le combat entre le bien et le mal. Entre Caïn et Abel.
-Vous voulez me faire croire que vous allez l'amener ici et vous allez le tuer? Comme ça?
-Juste comme ça.»
Je mordis ma lèvre et dus m'assoir. Qu'avais-je fait pour en arriver là moi? Je n'étais qu'une adolescente qui voulait vivre sa petite vie ennuyeuse d'ado avec ses fêtes, des peines de coeur et des dissertations à rendre et finalement je me retrouvais au coeur d'un complot vampirique qui risquait de me couter la vie. Et pas seulement qu'à moi... Alors une étincelle de lucidité me poussa à négocier avec Elijah.
«-Si je vous obéis, je veux une chose en retour.
-Laquelle? Je suis un homme de parole, Elena. Je fais un marché, je le respecte.
-Assurez moi qu'aucune des personnes que j'aime ne sera en danger.
-Accordé.» Trancha t'il avant de s'écarter de moi. Bonnie commençait à remuer mais Damon restait inerte. Je me trainais à côté de lui et pris sa main dans la mienne avant de caresser son visage. Ses traits étaient doux et apaisés. Jamais je ne lui avais connu cette expression et je me retins de sourire. Elijah commenta:
«-Vous, les êtres humains, avez besoin de beaucoup de choses pour vous sentir vivants: la famille, l'amour, le sexe.»
Le vampire détailla mes gestes et ma main qui serrait celle du brun avant de poursuivre:
«-Mais la seule chose essentielle, Elena, c'est d'être en vie. Lorsque votre coeur est menacé, vous réagissez de deux façons. Ou vous fuyez ou vous vous battez.»
Je rougis, mal à l'aise. Le discours d'Elijah me touchait particulièrement. J'avais repoussé Damon sans me battre pour lui. J'avais fui. Je voulus répondre quelque chose, mais Elijah s'était enfui dans les bois. Rassemblant mes forces, j'extirpais du corps de Damon le pieu qui l'immobilisait et le maintenait dans l'inconscience. Le vampire brun s'effondra sur moi et m'entraina dans sa chute. Je le redressai et déposai sa tête sur mes genoux, caressant ses courts cheveux ébène et murmurant à son oreille, les larmes aux yeux:
«-Reviens moi... Reviens moi parce que je crois que je suis folle de toi, folle du moindre de tes gestes, du moindre de tes mots. De ta façon de me regarder droit dans les yeux, de tes baisers, de tes caresses. J'aime quand tu es tout près de moi, si près que je peux entendre ton souffle, j'aime te croiser dans les couloirs même une demi-seconde. Je t'assure j'aime tout de toi sauf que je suis trop fière pour te dire tout ça, donc je le garde pour moi.»
Damon inspira brusquement et se redressa, se cognant à mon visage que j'avais rapproché du sien sans m'en rendre compte. Il chercha Elijah des yeux et, voyant que nous étions de nouveau seuls, se détendit. Il répondit à la pression de ma main, ancra ses prunelles dans les miennes et murmura:
«-Ca change de nos petites habitudes ces «rencontres du troisième type»!
-Ne refais plus jamais ça!
-Ca quoi?
-Essayer de te faire tuer. Je tiens à notre quotidien!» Le réprimandais-je. Il repartit:
«-Mais, Elenastrophe, on a tous besoin de croire que quelque chose existe au delà de la banalité du quotidien nous rendant capable de nous transformer en quelque chose de mieux, même si personne ne croit en nous.»
Je posais mon front sur le sien et soufflais:
«-Moi je crois en toi.»
Bonnie rompit le charme en grognant. Je me reculais vivement et me précipitais vers elle. Elle s'en tirait avec une bosse gigantesque et un mal de crâne carabiné. Lorsque Damon fut remis de ses blessures (quelques minutes plus tard) il s'approcha de nous et tendit les bras pour la soutenir. Mon amie se déroba.
«-Witchy Girl, je ne vais pas te gober.
-C'est plus fort que moi, j'ai du mal avec les croque-mort.
-Je suis plus un croque-vivant.
-Coque Monsieur ou Croque Madame?» Ironisa Bonnie. Damon haussa les épaules et la prit en amazone. La sorcière se débattit un temps avant de renoncer et de se laisser bercer par la démarche du vampire...
oOoOoOoOoOo
Lorsque nous pénétrâmes dans le hall d'entrée de la maison, Jeremy et Caroline nous tombèrent dessus. Katherine était entrée en contact avec eux et faisait marche arrière, aucune pression pour la pierre de lune lors du bal. Damon sembla surpris de vois sa créatrice se rétracter mais ne commenta pas. Jenna apparut en haut des escaliers et rit:
«-On se croirait dans une fraternité ici! Désolée les jeunes mais on est pas chez les Kapa Thau ou les Zeta Beta ici. Les fiesta c'est de temps en temps et quand l'ancêtre que je suis dois rendre son mémoire, ce n'est pas trop le moment pour faire une skins-party.»
Jeremy hocha la tête et je plaidais notre cause:
«-On restera silencieux, promis.
-Et qui fera la cuisine?» Demanda ma tante, soupçonneuse.
«-Je peux le faire.» Proposa Jeremy. Jenna éclata de rire:
«-Autant te donner une allumette et un morceau de tissu pour faire flamber la maison.
-On commandera des pizzas.» Intervint un nouvel arrivant, en l'occurrence Rick, le chéri de Jenna. J'ai déjà dit que j'adorais mon prof d'histoire?
Ma tante sourit et acquiesça d'un signe de tête avant de descendre et d'embrasser son amoureux. Nous autres, les «jeunes» en profitâmes pour nous rassembler au salon. Jenna nous rejoignit quelques minutes plus tard et prépara quelques amuse gueule. Damon s'offrit de lui proposer ses services et j'allais les rejoindre à mon tour lorsque je les surpris entrain de se disputer:
«-Je sais ce que vous pensez de moi et...
-Non, tu n'en as aucune idée.» Le coupa sèchement ma tante. Je décidais d'attendre la fin de la conversation avant de faire mon entrée dans la cuisine.
«- Tu n'es jamais sorti avec quelqu'un comme toi. Moi si. A de multiples reprises. Je ne veux pas de ça pour Elena. Elle a eu assez de tragédies pour que je lui évite de t'y rajouter.»
Elle quitta la pièce précipitamment et tomba nez à nez sur moi avant de se barricader de nouveau dans sa chambre pour étudier. Damon haussa les épaules et croqua dans une chips avant d'amener un bol au salon.
Bonnie mettait Rick, Jeremy et Caroline au courant de notre «nouvel ennemi». Le prof d'histoire déballait quelques armes de chasseurs de vampires, cherchant à choisir le plus adapté pour ce genre de combat. Ils voulaient les prendre de court, Katherine, Elijah et... Stefan. J'en eus un frisson et m'interposais:
«-On parle de Stefan là. On ne peut pas lui faire de mal. Vous ne comprenez pas.»
Ce fut Damon qui stoppa la tirade que j'avais prévu. Lui, le frère. Celui en qui je pensais trouver un appuis.
«-Si, Elena, je te comprends parfaitement. Correction, ON te comprend parfaitement. Il est ta raison de vivre et tout le blabla avec l'arc en ciel, les petits poneys et le «ils se marièrent et vécurent heureux». En tout cas, il l'était. Mais c'était avant cette histoire.
-Tu ne pourrais pas être sérieux ne serait-ce que deux secondes? Pour une fois.» M'énervais-je. Il cracha:
«-On ne sait plus pour qui il roule. Katherine le manipule, il pourrait te chanter la sérénade ce soir et chercher à te tuer demain.
-Il n'est pas comme ça.
-Pourrais tu en jurer?» Lâcha Caroline, acide.
Déstabilisée de les voir tous s'allier contre mon premier amour, je n'eus d'autre choix que de me taire un bref instant avant de dire:
«-Je dois aller au manoir. Le convaincre de revenir parmi nous.
-Tu n'iras pas.» Déclara Damon avec morgue. Je le toisais et répliquais avec humeur
«-Et pourquoi?
-Parce que je ne peux pas te protéger, Elena. Je ne sais pas combien de vampires s'y trouvent.» Il claqua des doigts, furieux «Voilà le temps qu'il leur faudrait pour te tuer. Te maintenir en vie après ce que tu nous a raconté sur Elijah et la malédiction va nous demander beaucoup d'énergie. Je ne peux pas être distrait pour ta sécurité. Sinon, ça risque de finir en bain de sang et personne ne s'en sortira. Savvy?»
Je me contentais de baisser les yeux tandis que Jeremy avait rejoint Alaric pour une démonstration de tir de pieu. Nonchalant il souligna:
«-Elijah est un Originel. Il a dit à Damon qu'il ne pouvait pas le battre. Donc ce n'est pas un vampire qu'on pourra tuer comme les autres. Il va falloir trouver sa faille.
-Où as tu acheté tes neurones gamins? On dirait que tu deviens intelligent!» Se moqua le vampire brun.
«On ne sait rien de lui. Ni de ses pouvoirs.» Souligna Bonnie.
«-Don't worry, be happy. Je vais peaufiner tout ça et apprendre mes leçons d'histoire vampirique. C'est un One Shot avec Elijah. Je n'ai pas envie d'avoir de mauvaise surprise. Il me faut un A+ et je ne peux même pas soudoyer le prof.
-Serais tu prudent pour une fois, Damon?» Se moqua gentiment Alaric.
«-Ricky Martin Saltzman, je deviens comme toi. Quelle tragédie. Pour nous deux.» Ironisa le vampire brun avant de conclure:
«-Bon on y va, on a trois meurtres à préparer. Busy day!»
Ils s'affairaient tous, se distribuant des tâches pour me maintenir en vie. Savoir que j'avais passé un accord avec Elijah ne les rassurait pas et je n'arrivais pas à me faire entendre. Ils m'aimaient et étaient capables de se condamner pour que je puisse survivre. Peut être agissais-je égoïstement en cherchant à les protéger malgré eux. En effet, la nature voulait que chaque personne qu'on s'autorise à aimer fût quelqu'un qu'on prend le risque de perde. Moi je ne voulais pas de ça. Plus de tragédie, Jenna avait raison, j'en avais eu mon compte.
Caroline pressa son épaule contre la mienne m'invitant à la confidence:
«-Qu'est ce qu'il y a, Elena?
-Rien... rien.. Je me suis juste rendue compte d'une chose: quand on vous brise le cœur, il faut se battre de toutes ses forces et s'accrocher à la vie, parce qu'elle continue quoiqu'il arrive.»
C'est après avoir prononcé ses paroles que je m'aperçue que je n'avais pas quitté Damon des yeux en les prononçant.
POV Damon
Barbie Caroline murmurait quelque chose à Elena. Je ne comprenais pas comment l'humaine pouvait rester aussi calme. Peut être qu'Elijah l'avait shooté aux champignons. Ou que les Originaux enlèvent tout instinct de conservation à leurs victimes. Ou bien qu'elle était suicidaire. Ou tout ça à la fois.
Peut être qu'Elena souhaitait que tout rentre dans l'ordre et songeait qu'en y pensant assez fort que ça marcherait. Elle était assez stupide pour le croire.
Moi aussi j'aurais voulu que cela soit aussi simple.
J'étais fatigué de me battre mais l'idée que je puisse courir de risque de vivre dans un monde où elle n'existât plus me permettait de tenir. J'étais devenu le stupide type capable de se lever le matin pour monter au lit le café, les croissants... et la poche de sang pour petit déjeuner. L'horreur absolue, avec le cliché de la maison de banlieue et le chien. Heureusement que je ne pouvais pas avoir d'enfant en bon cadavre que j'étais, sinon c'eut été le pompon! Il n'y a que dans l'abomination nommée Breaking Dawn que les vampires peuvent se reproduire. Cullen est un super mâle pour conserver ses spermatozoïdes viable pendant un siècle... D'ailleurs, ils devaient sentir un peu le renfermé. Note personnelle: demander un jour à «Bella» ce que ça devait bien sentir... Mais je m'égare. Je devais revenir sur terre même si la réalité était bien moins attrayante que les stupidités de Stefenie Meyers.
J'essayais de me dire que la réalité valait mieux que le rêve. Je me persuadais qu'il valait mieux ne pas rêver du tout. Les plus solides d'entre nous, les déterminés s'accrochent à leurs rêves. Il arrive aussi qu'on se retrouve en face d'un rêve tout neuf qu'on avait jamais envisagé. Un jour on se réveille, et contre toute attente, l'espoir renaît, et avec un peu de chance on se rend compte, en affrontant les événements, en affrontant la vie, que le véritable rêve, c'est d'être encore capable de rêver.
Et ça, je le devais à Elena.
Caroline me prit à l'écart et souffla à mon oreille:
«-Tu as une minute?
-Pas maintenant Caroline...
-C'est très important. Voir Capital.»
Je levais les yeux au ciel. Caroline n'avait pas les mêmes sens des priorités que moi. Un drame pour elle c'était d'apprendre que Justin machin Bieber truc avait coupé ses cheveux alors...
«-Hier une jeune fille est morte chez les Lockwood suite à une soirée trop arrosée. Ma mère vient de me donner confirmation. Elle dit qu'elle pense à un accident. Mais si c'est Tyler qui a maquillé son crime...
-Cela veut dire que sa mutation a débuté et qu'il y a un loup garou en ville.»
Okay, je retire ce que j'ai dit précédemment. Parfois Baby-Doll Caroline pouvait avoir des points communs avec moi. Seulement parfois hein!
Nos préparatifs furent stoppés net par la sonnerie de la porte. Ce fut Rick qui ouvrit à Stefan, inquiet. Elena prit les devants et se jeta presque dans ses bras afin qu'il ne puisse rien soupçonner de nos tractations. Elle se donnait à lui afin de mieux le berner ensuite. Je serrais les dents et les poings pour ne pas l'étêter et faillis m'étrangler quand elle proposa à mon cadet, radieuse:
«-Nous devons parler. Allons ailleurs, dans un endroit tranquille.»
Stefan opina du chef et retourna au volant de sa voiture de sport, trop heureux pour poser des questions. Je retins Elena par la main et m'aperçus qu'elle tremblait.
«-Tu n'as pas à faire ça.
-Je sais, Damon.
- Alors, ne pars pas avec lui, s'il te plait !
Pourquoi?» S'énerva t'elle en me repoussant de toutes ses forces. Je ne pliais pas et affirmais ma prise sur son poignet. Ses yeux lançaient des éclairs et elle me cracha:
« Donne moi une raison.
- Parce que tu ne le veux pas.
- Insuffisant...» Trancha t'elle sans hésitation. Je plaidais de nouveau ma cause en jouant sur la palette de mes sentiments:
- «Parce que je ne le veux pas.
- Insuffisant...
- Qu'y a-t-il d'autre ?» M'étonnais-je. Je ne pouvais pas faire mieux pour la retenir de se mettre en danger. Elle approcha son visage de moi avec sensualité:
« Dis moi... dis moi la vraie raison... je resterai exactement où je suis et ne monterai pas en voiture si tu les dis... Trois mots... Sept lettres, dis-les et je suis à toi.»
J'étais pétrifié à l'idée qu'elle me soudoie un «je t'aime». Déjà parce que j'étais Damon Salvatore et que je ne pouvais pas aimer. Et même si c'était le cas, je n'étais pas assez stupide pour mettre un genoux à terre et chanter la sérénade. Sans oublier qu'elle était une girouette qui soufflait le chaud et le froid sur mes sentiments.
- «Je... Je...
Merci. C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre.» Conclut-elle avant de rejoindre mon frère ennemi dans son coupé cabriolet. Il n'est pire souffrance qu'être à côté de celle que l'on aime alors qu'il nous est interdit de la rendre heureuse. J'en faisais l'expérience chaque jour depuis notre baiser dans la clairière de mon réveil.
Je ne pouvais la vouloir pour moi. Je ne la méritais pas. J'espérais pour elle une existence parfaite et heureuse que je ne parviendrai jamais à lui offrir. Je pourrissais tout ce qui m'approchait, j'espérais enrayer le destin pour elle. Je ne lui voulais que du bien. Alors que la voiture pétaradait dans le lointain je confiais au vent mon secret:
«-Je ne veux pas te mentir, Elena. Tu m'attires et c'est là que se trouve le vrai fond du problème.»
oOoOoOoOoOo
Voilà voilà voilà !
Comme je n'ai pas de Bonnie personnelle (Klaus la séquestre en ce moment même), n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !
De plus… C'est mon seul salaire ! :D
La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.
A très vite
Mille Morsures !
Eléa Telmar.
