Bonjour amis lecteurs !
J'espère que la saison 3 (en hiatus) vous plait autant qu'à moi !
Un grand merci à tous ceux qui passent sur la page, qui lisent la fic, qui la commentent, qui en font la pub et qui laissent aussi des petits mots à votre serviteur qui travaille tout de même pour livrer des chapitres qui je l'espère vous distrayent.
AVERTISSEMENT : Partie 2 du chapitre précédent : résumé : Elena vient de se faire jeter par Damon parce que ce dernier ne veut pas la faire souffrir (voui, en gros, c'est ça).
Sur ce, je n'ai qu'à vous souhaiter une bonne lecture !
Mille Morsures !
Votre dévouée auteur,
Eléa Telmar.
POV Bonnie
J'étais stupéfaite de l'annonce de Damon. Lui que j'avais toujours considéré comme un psychopathe en puissance était finalement capable de sentiments... Pire il était capable de renoncer à son bonheur, une occasion en or lui tendant les bras... Damon altruiste, il y avait un os là dessous. Il grogna a mon endroit:
«-Tu vas passer la journée à me dévisager, Ma Sorcière Bien Aimée?»
Ah, le voilà le vampire cynique, il fallait juste gratter un peu la peinture fraiche pour retrouver l'emballage d'origine.
«-Désolée pour toi mais tu n'es pas si passionnant...
-Aoutch... Jalouse!» Ricana t'il en m'adressant un clin d'oeil que j'ignorai superbement.
«-... Je préfère la mission «pierre de lune».
-Amène barbie Caroline avec toi.» M'ordonna t'il. Je frissonnai. Même si j'étais capable de beaucoup d'efforts pour rendre la vie moins pénible à Elena, mes relations avec mon amie (vampirique) n'étaient pas encore au beau fixe. C'était une vampire et elle était devenue une ennemie. Elle pouvait donner la mort et moi j'avais pour mission de sauver des vies humaines. Vous voyez le problème déontologique? J'allais protester quand Damon m'attrapa par la gorge et m'écrasa contre le crépis:
«-Fais ce que je te dis, je ne suis vraiment pas d'humeur.
-Je pourrai te détruire d'un simple mot.» Le prévins-je.
«-Mais je suis encore en vie.
-Si on peut appeler ça être en vie.» Grinçais-je.
«-C'est pinailler sur les termes, Bonnie.
-Alors ne me tente pas d'abréger ton «existence terrestre».
-Pourquoi? Je sais très bien me protéger seul.
-Tu veux que je te rafraichisse la mémoire?» Le mis-je en garde tout en allumant un feu dans une corbeille à papier toute proche. Il se contenta de hausser les épaules:
«-Joli tour de passe passe. Ca marcherait dans un championnat junior, mais là, tu es en première division.
-Un jour, tu paieras pour tout le mal que tu as fait.» Le prévins-je, mauvaise. Damon me jeta un regard légèrement désabusé:
«-Don't worry witchy girl. Je suis déjà passé à la caisse.»
J'allais lui lancer une réponse mordante mais il avait déjà disparu.
Je déteste les vampires et tous leurs trucs!
Je rentrai dans la maison d'Elena et la trouvait en pleurs dans les bras de Caroline. J'en avais assez de toute cette ambiance lourde à Mystic Falls, ça m'étouffait et me filait un mal de crâne carabiné. J'adressai à la blonde un regard qui en disait long et elle haussa imperceptiblement les épaules genre «que veux tu que je fasse, c'est pas ma faute si elle pleure et pense que je suis un mouchoir géant.» Je composais le numéro de Jeremy, histoire qu'il calme un peu sa soeur et qu'il la surveille. Je partais pour une mission périlleuse, avec un être de cauchemar alors je ne voulais pas avoir à m'en faire pour Elena. Son frère avait une bague magique qui le ramenait d'entre les morts si on attentait à sa vie de manière... non naturelle. Autant qu'elle lui serve.
«-Allo?
-Jer?
-Yep!
-Ou es tu?
-Chez les Lockwood. Pourquoi?
-Tu as trouvé la pierre de lune?» Questionnai-je de but en blanc. Je n'avais aucune envie qu'Elena surprenne la conversation, ou pire, Tyler. Si, comme nous le supposions, il était entrain de muter en loup garou, il était à prendre avec des pincettes. Ca ne changeait pas beaucoup de d'habitude mais tout de même. Désormais, il pouvait nous arracher la tête sans le moindre effort. Pourquoi est ce que tous mes amis d'enfance ont un don pour se transformer en créatures terrifiantes, toutes droites sorties de films d'horreur? Mais je m'égare...
«-Damon t'as dit quelque chose?
-A part que je devais sans doute te relever dans ta mission pour la chercher... Avec Caroline?
-Tyler m'a dit que son oncle l'avait planquée dans la propriété. J'en sais pas plus.
-Okay, je vais me débrouiller avec ça. Rentre chez toi maintenant et veille sur Elena.
-Bye.»
Ce qui était bien avec Jer', c'était qu'il ne remettait jamais mes décisions en question. Ca avait un petit côté reposant qui n'était pas pour me déplaire...
J'envoyais un sms à Alaric lui demandant s'il avait une carte précise de la région tandis que Caroline servait un peu de thé à une Elena éplorée. J'embrassais mon amie humaine sur le front et inventais une excuse bidon pour m'éclipser.
Notre prof d'histoire m'attendais sur le seuil de sa porte, jovial. Il m'invita à entrer et me servit un café brûlant tandis que je lui relatais les bourdes de Damon, la morosité de Caroline, la détresse d'Elena. Il écoutait, patiemment et analysait en adulte la situation. Je n'avais aucune affinité avec l'histoire ni avec cet homme mais j'appréciais son caractère réfléchi et sa position de leader, presque naturelle. Damon avait l'impression de nous mener tous par le bout du nez, mais c'est Alaric qui tirait les ficelles, finalement. Lui qui disait où chercher, lui qui trouvait des solutions, lui qui nous apprenait comment nous en sortir... avec le moins de séquelles envisageables. Tandis que je buvais mon délicieux arabica, il étala devant moi une carte de la ville. Concentré, il posa des pierres issues des carrières du comté sur les bords afin de la maintenir en place. Sans relever les yeux, il demanda:
«-Auras tu besoin de bougies, Bonnie?»
Je n'avais jamais tracé un objet mais mon instinct parla pour moi.
«-Oui. Et de l'encens aussi.»
Le prof d'histoire fit une horrible moue mais s'exécuta, à contre coeur. J'haussais un sourcil, étonnée de sa réaction. Il bafouilla une réponse pour se dédouanner:
«-Je l'avais acheter pour organiser une soirée sympathique avec Jenna.»
Oula, alors on va arrêter ça de suite. Je ne suis plus une gamine, je vois d'entrée la traduction de ce doux euphémisme...
Je dégrafais de mon cou le médaillon d'Emily Bennett afin de m'en servir de pendule et étendis la main au dessus de la carte. Pendant de longues minutes, le temps me parut suspendu, comme sur une photo. Même Alaric semblait hésiter à respirer. Le bijou demeura immobile. Alors que j'allais renoncer, il frémit, m'arrachant un cri de joie et de surprise. Je fermai alors les yeux et me laissais guider par les forces des esprits. L'objet tanguait dans mes mains, de plus en plus fort et de plus en plus vite, mon nez commença à saigner ainsi que mes oreilles, je me sentais de plus en plus faible, l'intensité du courant devenait de plus en plus faible... Dénicher un aussi petit objet me demandait bien plus de concentration et de force qu'un être vivant. Enfin, ce fut la délivrance. Tout s'arrêta et j'ouvris les yeux. Alaric m'adressa un sourire confiant et je composais le numéro de Caroline:
«-Je sais où il est.»
POV Caroline
Je retrouvai Bonnie près du puits ou nous jouions tous, enfants. Tyler, Matt, Elena, elle et moi. Les cinq doigts de la main. Tout cela me paraissait si loin désormais. Comment avions nous pu laisser se bonheur s'échapper? Maintenant que j'étais immortelle, je me rendais compte de toute la préciosité de l'humanité. Le moindre acte avait une valeur car il pouvait être le dernier. Mais quand on est libéré de la mort elle même, plus rien n'a d'importance. Je regrettais cette époque finalement insouciante, où je n'avais pas à vivre avec le poids de cadavres sur la conscience.
Bonnie «sentait» le terrain, elle percevait des ombres, de la noirceur... Tout semblait nous mener au fond de ce puits sans fond. Mon amie sorcière parue dépitée lorsqu'elle constata qu'il était scellé. Ni une ni deux, grâce à ma force surhumaine, je nous débarrassais de ce petit problème. Bonnie ne put retenir un sifflement d'admiration qui me remplit d'une joie sans nom. Pour une fois qu'elle n'était pas méchante avec moi. Tout l'enthousiasme de l'ancienne Caroline me revint en pleine figure, et c'est presque guillerette que j'annonçais à mon amie:
«-J'y vais. On ne sait pas sa profondeur, et vue que je suis morte, je ne risque pas grand chose.
-Si tu veux.» Dit-elle platement ce qui me doucha. Bonnie se mordit la lèvre, elle n'avait a aucun moment voulu me blesser et se reprit:
«-Fais attention a toi Caroline. Etre un vampire signifie simplement que tu es un peu plus difficile à tuer qu'un humain... pas que tu es immortelle.»
Elle m'adressa un petit sourire d'encouragement et je plongeai.
A peine eus-je touché l'eau que je la sentis: la morsure et la brûlure de la verveine. Je poussais un hurlement dès que je rejoignis la surface, qui fit se précipiter Bonnie sur la margelle:
«-Caro, qu'est ce qu'il y a...
-Bonnie! Bonnie! BONNIE» M'égosillais-je en cherchant en vain à me hisser sur une pierre pour récupérer quelques forces. La voix teintée d'angoisse de mon amie d'enfance me parvint:
«-Caroline! Qu'est ce qu'il se passe?
-C'est... plein de... verveine...» Dis-je avant de boire de nouveau la tasse. Mes forces m'abandonnaient, j'allais me noyer dans ce puits si personne ne m'aidait. J'entendis en haut la voix d'un homme et Bonnie qui résumait ma situation. Puis, il y eut un «plouf» et j'entrevis dans mon océan de douleur la jeune femme noire qui nageait vers moi. Elle me mit dans les mains un seau et souffla:
«-Alaric va te remonter. Mets les deux pieds dans ce truc et laisse toi faire...
-Je.. pas... la force...
-Si Caro, si... Tu peux le faire...»
Je hochais la tête, butée.
«-Non... trop dur...»
Cette fois, Bonnie me bouscula dans tous les sens et piailla:
«-Tu vas faire ce que je te dis! Et de suite! Caroline, je ne supporterai pas de te savoir morte. Que tu sois une vampire passe encore, je m'y fais. Tu restes encore et pour jamais ma Caroline, celle qui parlait toujours de garçons et de chiffons et qui connaissait tout sur tout le monde. Elle me manque... tu me manques...»
Si la douleur n'entravait pas tous mes mouvements, je crois que j'aurais pu la prendre dans mes bras. J'avais tellement attendu ces mots qui faisaient que nous pouvions tout recommencer de zéro. Je lui obéis donc, péniblement. C'est elle qui ordonna à Alaric de me remonter, doucement, tandis que je l'entendais patauger en bas. Le prof d'histoire hurla:
«-Il lui faut du sang. On doit rentrer au plus vite.
-Il faut que je trouve la pierre!» Cingla la voix de Bonnie.
Il y eut beaucoup de clapotis, des splashs et des éclaboussures. Enfin, le cri de délivrance:
«-Je... Je l'ai! Je crois que c'est ça!»
Le prof d'histoire me délaissa pour se pencher au dessus du puits:
«-Tu es certaine!
-Oui, oui, remonte moi!»
Il obtempéra en un clin d'oeil et bientôt j'aperçus le visage de mon amie. Elle tenait un petit paquet bien emballé et rayonnait. Je soufflais:
«-Tu as réussi.»
Elle s'approcha de moi et sourit. Puis, elle corrigea:
«-On a réussi. On est une équipe.
-Pardonnée?
-Je n'ai jamais été fâchée... contre toi.»
La tête me tournait de plus en plus. C'est alors que je vis Bonnie faire un geste insensé:
«-Tu vas aller mieux. Tu as besoin de sang. Je te fais confiance. Ne perds pas le contrôle okay?»
Avant que je puisse répondre quoi que se soit, elle avait posé son poignet sur ma bouche. Par réflexe, les crocs sortirent pour m'abreuver. Bonnie restait sereine:
«-Un peu pour te retaper. Le temps de rentrer à la maison et que tu vides les réserves de Damon. Ca le rendra vert de rage, tu as donc ma bénédiction.»
oOoOoOoOoOo
Alaric m'avait ramenée chez lui et étendue sur son canapé. J'étais faible, épuisée, mais la poche de sang que je sirotais me réconfortait un peu. Bonnie déballa le paquet sous les yeux avides de Damon et de notre prof d'histoire. Une énorme pierre couleur crème, légèrement translucide brilla au soleil. Je ne pus m'empêcher de souffler:
«-Tout ça pour... ça...
-J'avoue que ça ne paye pas de mine.» Grommela Damon. Bonnie soupira:
«-C'est souvent les objets les plus dangereux qui paraissent les plus inoffensifs au premier regard.»
La sorcière fut stoppée dans son explication par la sonnerie du portable de Damon. Grace à mon ouïe vampirique, je pus reconnaitre la voix de Jeremy de l'autre côté du combiné.
«-Hey, Damon...
-Yep...
-Je crois..bon ça ne va pas te plaire mais...
-Jer', trouver un moyen de réduire en cendre Kathevil, Stefanzilla et l'autre guguss d'Elijah prend du temps. Alors little blood bag, viens en au fait...»
Je ne pus entendre le petit frère d'Elena tellement il avait prononcé bas sa phrase, mais le visage de Damon se liquéfiant indiquait que ça n'était pas bon signe.
«-Répète!» Tonna t'il avant de partir dans un rire mauvais «C'est une mauvaise blague hein? Tu n'as pas pu être aussi stupide. Même toi tu ne pourrais pas arriver à ce niveau de stupidité congénitale... Si?... Tu as fait revenir... John Guilbert et vampirellamama, j'ai nommée Isobel?».
Alaric frémit tandis que Bonnie se tendit. Le petit frère d'Elena avait il complètement perdu la tête? Le vampire brun appuya sur le haut parleur afin que nous puissions tous profiter de l'échange téléphonique. Pourquoi donc Jeremy avait il cherché à entrer en contact avec les deux êtres les plus odieux que j'ai rencontré. Katherine ne fait pas partie de la course, ça serait de la triche. Damon était de plus en plus furieux:
«-Tu sais qu'on ne peut pas faire confiance à Isobel, même si c'est pour sauver Elena.
-Mais John...
-Youhou on parle de John!» Ricana t'il amer. «John. En ville. Pour de vrai. Pour sauver Elena.
-Je cherchais Isobel à la base...
-Et tu as eu les deux... T'es en veine l'ado dépressif! Ta vie va véritablement devenir... mortelle!
-Ils ont dit vouloir et pouvoir nous aider...» Argumenta Jeremy. Bonnie fronça les sourcils. Comment avait-il pu se laisser berner aussi facilement? Mais l'amour et la peur rendent aveugle n'est ce pas? Il plaida encore:
«-On a pas le choix, on est dans une impasse... et désespérés.
-On est pas désespéré à ce point Jeremy! Ce mec a voulu me cuire au barbecue je te signale. Et je déteste l'idée de ma viande grillée bouffée au Ketchup!» S'insurgea t'il.
«-Désolé.
-C'est fait. Bon... Ou est Elena?
-Dans sa chambre. Furieuse. Je m'en occupe.
-Tu as intérêt Jeremy. Parce que je suis d'une humeur massacrante. Ca serait dommage que tu me pousses à bout, qui sait ce que je pourrais faire de toi.»
Le ton était glacé, incisif. Celui du Damon assassin et rempli d'une folie meurtrière. Pour Elena, il était capable de tout, du meilleur comme du pire. Surtout du pire, toute réflexion faite. Il raccrocha, rageur et balança son portable sur la table basse. Puis, il se saisit d'un poche de sang dans le freezer d'Alaric (il en gardait toujours au frais depuis que nous étions devenus «La Ligue des Gentle(wo)men Extraordinaires»). D'un ton de reproche, le professeur osa remarquer:
«-Damon, sérieux?
-Quoi?
-Tu en est à quoi, 3 litres par jour?»
Le vampire sécha d'un revers de main ses babines sanguinolentes (sous le regard écœuré de Bonnie et envieux de ma part) avant de répondre, arrogant et ironique:
-«Non, non, c'est beaucoup trop... La modération, y'a que ça de vrai... Sauf quand on en a besoin!
-C'est le double de ce que tu prenais quand tout a commencé.» Dit l'irlandais, platement.
Damon haussa les épaules, pencha sa tête légèrement sur le côté et prit un ton ridicule:
«-Parce que vous êtes deux fois plus enquiquinants... Et si vous faites tous des bourdes intersidérales à la Jeremy, il n'y aura bientôt plus assez de donneurs à l'hopital de Mystic Falls pour étancher ma soif.
-Tu sais que le fait de boire trop de sang te rend instable.» Assura Bonnie, courageuse. Le regard glacé que lui décrocha le vampire me tétanisa.
«-Witchy Girl, le corps humain peut contenir jusqu'à 6 litres de sang. Je suis loin de ma moyenne journalière... A moins que tu n'acceptes, pour le bien de mes futures victimes potentielles, de te sacrifier à mes appétits...
-Va pourrir en enfer.
-Oh, ça a l'air délicieux, mais j'ai un triple assassinat vampirique sur le feu. Peut être plus tard, après la pause?»
Le portable de Damon vibra de nouveau et je me tétanisai avec lui lorsque j'entendis Jeremy, haletant:
«-Elena a disparu».
/ DEUX SEMAINES PLUS TARD /
POV Elena
J'étais épuisée et malade. Les tortures journalières me couteraient sans doute ma raison. Je perdais peu à peu pied, ne reprenant conscience qu'en de rares instants. Je fermais mon esprit pour oublier la douleur, l'acharnement. La sueur collait mes cheveux sur mon visage, je respirais mal. Bientôt je rendrais les armes. Je ne pouvais plus tenir dans cet enfer. J'avais pensé me protéger en me terrant dans cette villa. Je n'avais en fait fait que précipiter ma chute. Les dés étaient tirés et je ne pouvais plus rien faire pour changer le destin. Le regard fou de mon bourreau me glaça et je m'obligeai à fermer les yeux. Puis il y eut une douleur fulgurante dans mon cou et cette impression qu'on vous inspire toutes vos forces, votre vie et même votre âme. Je m'obligeai à repasser des moments heureux, des visages aimés. Souvent revenait celui de Damon. J'aurais fait n'importe quoi ne serait-ce que pour le voir, rien qu'un seul instant. Malgré tout le mal qu'on se faisait.
Je ne voulais pas qu'il garde en mémoire pour l'éternité notre dernière dispute. Je l'aimais et il m'aimait aussi, à sa manière. Il devait le savoir. Je ne tenais que pour me laisser cette chance de lui dire en face cette petite phrase, anodine et pourtant cruciale: «Je t'aime»
Mes souvenirs se brouillèrent et bientôt se fut le noir le plus total.
/ FLASHBACK /
J'étais rentrée à la maison après avoir été abandonnée par Bonnie et Caroline pour qu'elles aillent trouver la pierre de lune. J'avais profité de ce moment solitaire pour aller me promener et visiter la tombe de mes parents. Ce rituel, de prendre soin de leur dernière demeure tout en leur parlant m'apaisait et me permettait de remettre mes idées en place. Bref, j'avais découvert étonnée la voiture de John garée dans l'allée. Curieuse de savoir la raison de son retour, (après tout il m'avait promis de quitter pour toujours Mystic Falls) j'avais espionné mon oncle par la fenêtre. Il était en grande discussion avec Jenna à mon propos. Ma tante jetais des regards furieux à son beau frère (normal, ils n'ont jamais pu se sentir) ainsi qu'à quelque chose d'autre... Mon oeil chercha l'objet du mécontentement de ma tante et c'est alors que j'aperçus ma harpie de mère biologique. Je me retins d'hurler, me précipitais dans ma chambre après avoir intimé à Jer' de se taire, ce qu'il fit, poursuivant sa conversation téléphonique et composais automatiquement le numéro de Damon. S'il y avait bien un être assez stupide (et sadique) sur cette terre pour appeler Isobel afin de me sauver, c'était lui. Occupé. C'était bien ma veine.
Alors j'avais fui la maison de mon enfance. J'avais besoin de faire le vide, de me retrouver seule avec moi même. C'était la fin de ma vie, je l'acceptais mais je ne voulais pas la pourrir avec la présence des deux personnes que je détestais le plus sur cette planète. Pendant des heures j'avais conduit avant de m'apercevoir que j'étais retournée machinalement dans la maison de vacances où mes parents nous emmenaient... avant. Une belle petite chaumière, très cosy, toute en bois, les pieds dans l'eau. Le ponton, mal entretenu était vermoulu mais gardait son charme. Pas un bruit aux environs. Le calme le plus total, quelques chants d'oiseaux et le vent dans les branches. Un peu de clapotis de l'eau. Ici, le temps semblait comme suspendu. Je repris espoir. Peut être que Klaus ne me trouverait pas dans ce coin de paradis. Je n'avais qu'à vivre en ermite, au milieu des bois... Je m'assis et me déchaussais avant de plonger mes pieds dans les eaux poissonneuses et glacées. Ce simple geste m'emplit de nostalgie. Je l'avais maintes et maintes fois répété tandis que maman mettait la table, que papa préparait le barbecue et que Jeremy jouait à Robin des Bois avec sa ridicule épée en plastique. Je voyais presque les silhouettes fantomatiques de mes parents et leurs voix raisonnaient dans ma tête. J'aurais dû revenir à la villa plus tôt. Ici, je n'avais plus peur de ma mort prochaine, je l'acceptais et l'appréhendais plus comme un passage vers un monde plus heureux où je ne serais plus seule.
Mon portable vibra et je vis le numéro de Damon s'afficher. Je savais qu'il allait me hurler dessus, néanmoins je pris la conversation:
«-Salut!
-Elena, où es tu?» S'écria t'il, soulagé de m'entendre. J'occultais la question.
«- John et Isobel sont chez moi. Je ne pouvais pas y rester.
-Chacun ses fardeaux.
-Tu les as fait revenir?» L'accusais-je presque.
«-Errrr, wrong brunette, c'est baby-boy Jeremy qui a eu cette brillante idée...»
Il laissa sa phrase en suspend et racla sa gorge. Damon prenant des pincettes, ça n'était pas vraiment Damon... Il reprit;
«-Elena, tu as confiance en John? Genre il va trouver un moyen pour te sauver et tout le toutim?
-Non.
-Bien, on est donc deux.
-Que veux tu faire?
Le tuer?» Répliqua t'il avec sérieux et désinvolture tout à la fois.
«Option tentante mais inenvisageable. C'est mon père.
T'as as envie de toucher l'héritage?» Se moqua t'il et je ris avec lui. Me sentant plus détendue, il redemanda:
«Où es tu, Elena... Dis le moi, que je vienne te chercher.
Je suis très bien là ou...» Grinçais-je.
«Elena, ce n'est pas prudent, tu es en danger et... Bip Bip Bip»
J'observais mon portable dont la batterie s'était déchargée. J'allais rejoindre ma voiture lorsque j'aperçus Stefan. Il n'avait plus rien en commun avec l'être que j'avais connu. Un masque froid, sanguinaire. Sans la moindre expression humaine. Des crocs sortis et les veines, autour de ses yeux autrefois si doux, saillantes et violettes. Il était en chasse. Il venait tuer. Et cette fois, j'étais sa proie.
/ FIN FLASHBACK /
Lorsque je revins à moi, le crépuscule (ou peut être était-ce l'aube) enrobait la pièce d'une aura irréelle. Le ciel était rose, mauve, ocre et bleu, d'un subtil dégradé que je n'avais jamais pris la peine de vraiment regarder. C'est fou, mais lorsqu'on sent que chaque instant peut être le dernier, la vie devient tellement belle. Je frémis d'horreur lorsque je m'aperçus qu'une flaque de sang vermeil m'entourait, ce rouge tranchant brutalement avec le blanc immaculé de la cuisine de la maison de mes vacances. Péniblement je relevais ma tête afin de croiser le regard de celui qui me mettrait bientôt à mort. Stefan s'était assis sur l'ilot central, la tête entre les mains et pleurait à chaudes larmes. On aurait dit un pauvre gamin, perdu dans toutes ces horreurs. Il semblait déchiré par la bestialité qu'il venait une nouvelle fois d'expérimenter sur moi. Un soupir lasse s'échappa de mes lèvres et je le vis sursauter avant de s'approcher de moi. Le vampire avec son visage contrit et presque doux s'empara de mon corps malingre et affaibli. Je voulus me débattre mais il murmura:
«-Tu n'es pas en mesure de te battre contre moi.»
Alors j'abandonnais. Il m'assura:
«-Je t'ai donné du sang, tu vas t'en remettre...
-Jusqu'au jour ou tu me tueras vraiment.» M'entendis-je répondre d'une voix presque détachée. Mes entrailles se tordirent de frayeur. Stefan haussa les épaules et ne répondit pas. Nous savions tous les deux qu'à un moment ou un autre il oublierait qui j'étais et il aspirerait consciencieusement tout mon sang. Il me déposa sur mon lit et m'emmitoufla dans des couvertures.
«-Depuis combien de temps suis-je ici?» Balbutiais-je.
«-Ca va faire bientôt quinze jours.»
J'étais trop fatiguée pour réagir à la nouvelle. Je me contentais donc de fermer les yeux et de soupirer pathétique:
«-J'ai soif. Et faim.
-Je t'apporterai quelque chose tout à l'heure.»
Il y eut un silence gêné de sa part. J'osais alors lui demander:
«-Pourquoi me fais tu ça, Stefan?»
Il prit mes mains dans les siennes et murmura:
«-Je n'en ai aucune idée Elena. Tout ce que je sais c'est que tu m'empêches de basculer tout à fait. Je ne veux pas redevenir celui que je fus...»
Je tiquais. Pouvait-il être encore plus effrayant et impitoyable qu'à cet instant? Tout mon corps se révulsait au moindre de ses mouvements. Je tremblais sans m'en rendre compte, dormais à peine de peur qu'il ne me saigne dans mon sommeil. Il délirait, parlait de Katherine, des massacres de sa vie d'avant. J'avais tout enduré avec le vampire blond: les coups, les morsures, la violence. Stefan avait eut un éclair de lucidité lorsque j'avais fracassé une lampe sur son crâne alors qu'il s'apprêtait à me soumettre à ses désirs. Depuis, il s'en tenait au minimum de contacts et me mordait pour se nourrir. Sauf qu'il avait de plus en plus de mal à s'arrêter.
«-Je suis ce qu'on appelle un éventreur.» Gronda t'il. Je me recroquevillais péniblement. Je n'avais aucunement l'intention d'entendre une histoire digne des films d'horreur les plus gore de la planète. Surtout avec en star mon geôlier et ex petit il ne prit pas garde à ce geste désespéré pour me protéger.
«-J'ai un moment d'abandon total lorsque je tue. Comme un orgasme. Je sais que ce que je fais est mal mais je ne peux pas m'arrêter parce que je ressens tellement de plaisir. Je les dépèce, je les démembres tout en aspirant la vie de ces humains... Puis vient la dépression après le carnages. La chute du Nirvana. Je me dégoute et j'essaye de réparer tout le mal que j'ai fait... mais je ne peux pas insuffler la vie à des cadavres...»
J'avais fermé les yeux, souhaitant pour la millième fois que tout ceci ne soit qu'un cauchemar, que je me réveille dans les bras de Damon et qu'il se moque de moi d'avoir pu imaginer des choses aussi atroces. Mais, lorsque je les rouvris, c'était bien Stefan qui se trouvait à mes côtés, la bouche encore rouge de mon propre sang. Un haut le coeur atroce me tordit et je déversais le restant de mon dernier repas sur ma descente de lit. Ce qui n'eut pas l'air de le déranger outre mesure. Il continua tandis que je passais une main sur mes lèvres souillées.
«-J'ai toujours éprouvé de la colère. De la rancoeur. Envers les hommes j'entends. Parce qu'ils me refusaient la vie à laquelle j'aspirait. Parce qu'ils m'avaient enlevé Katherine aussi. Les familles fondatrices ont pris très cher.»
Je réprimais une nouvelle fois une envie de vomir.
«-Je savourai chaque instant de cette puissance nouvelle et grisante. J'ai été le diable fait homme. Et c'était Damon qui rattrapait mes «erreurs». Je voulais m'amuser, mais il était persuadé que rester en vie était bien plus amusant.»
Des larmes perlèrent à mes yeux mais je les réfrénais. Avant que je ne sombre à nouveau, j'aperçus le visage torturé de Damon et mon coeur se serra. Pourquoi ne lui avais-je pas tout avoué quand il était encore temps? Pourquoi ne lui avais-je pas dit ce que je ressentais? Faire des projets, se fixer un but et tout faire pour y arriver? J'aurais du le faire... Parce qu'en regardant tout autour de moi, je n'étais pas certaine d'être là demain.
OoOoOoOoOo
Voilà voilà voilà !
Comme je n'ai pas de Bonnie personnelle (Klaus la séquestre en ce moment même), n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !
De plus… C'est mon seul salaire ! :D
La young lucky girl sadique (finalement pas tant que ça, hein !) vous salue.
A très vite
