Bonjour amis lecteurs !

J'espère que la saison 3 vous a bien plu ! (moi je suis très déçue de la fin mais bon)

Un grand merci à tous ceux qui passent sur la page, qui lisent la fic, qui la commentent, qui en font la pub et qui laissent aussi des petits mots à votre serviteur qui travaille tout de même pour livrer des chapitres qui je l'espère vous distrayent.

AVERTISSEMENT : Chapitre long, douloureux, difficile pour certains persos.

Sur ce, je n'ai qu'à vous souhaiter une bonne lecture !

Mille Morsures !

Votre dévouée auteur,

Eléa Telmar.

Chapitre 10: Faire un Choix

POV Bonnie

Quinze jours que nous faisions des battues et tout le toutim sans avoir la moindre trace d'Elena. Damon était parti depuis des jours, seul. Alaric avait pour mission de veiller sur notre petite troupe. Je supposais aussi que le vampire voulait s'éloigner de John Gilbert et d'Isobel. L'ambiance était lourde dans la maison de notre prof d'histoire, qui s'avérait réfrigérant envers son ancienne épouse. Cependant, Isobel avait amené dans ses bagages un objet rare qui pouvait changer la donne. Une dague. Mais pas n'importe laquelle:

-«C'est une dague qui contient les cendres d'un peuplier datant des Originaux. Plante la dague dans le coeur de l'un d'entre eux et il trépasse, instantanément.» Tels étaient les mots de la spécialiste des créatures de la nuit. Ca nous avait redonné un peu de baume au coeur. Après tout, c'était un souci en moins. Au matin du quinzième jour de recherche d'Elena donc, lorsque je descendis prendre mon petit déjeuner, Damon se trouvait dans la cuisine, salement amoché.

«-Dans quel pétrin t'es tu encore fourré?

-J'ai eu une petite conversation avec des amis.

-Ils sont toujours aussi... mordant?» Grimaçais-je acide. Le vampire darda son regard vers moi, comme s'il allait me réduire en cendre.

«-Au moins j'ai appris qu'Elijah avait pris contact avec des vampires de Transylvanie. Et que Stefan est aux abonnés absents. Quelle coïncidence, n'est il pas?

-Rien ne prouve que...

-Bonnie, quand j'aurais besoin d'un demi cerveau je te ferai signe. En attendant, aide moi à serrer mes bandages.»

Je lui adressais un petit sourire hypocrite et grâce à une formule magique fit se contracter les bandes ce qui arracha un glapissement des plus comiques au vampire qui grogna:

«-Tu me le paieras.»

Je quittais la pièce, un sourire angélique et confiant aux lèvres avant de trébucher sur Jeremy dans l'entrée. Il m'intima l'ordre de se taire et je compris qu'il espionnait son oncle et Isobel.

«-John, c'est notre fille! Comment peux tu rester aussi calme!

-Iz, arrête de prétendre que tu te fais du soucis pour elle.

-Je ne veux pas qu'elle ait une vie comme la mienne. C'est tout. Les Salvatore l'ont conduite là où elle en est. Si Stefan n'était jamais revenu en ville, si Damon ne s'en était pas amourachée, elle vivrait paisiblement comme n'importe quelle lycéenne!

-Que proposes tu?» Demanda John, gravement.

«-Damon et Stefan doivent mourir. Je me chargerai ce soir du gringalet brun.

-Tu ne le crains pas? C'est ton maker après tout.

-La peur n'est que pour les faibles. Je n'aime pas notre fille, je n'éprouve aucun sentiment maternel à son égard... Mais elle ne mérite pas ça. Pas cette non vie.»

Je sortis de ma cachette, sous le regard affolé de Jeremy et soutins le regard de la vampiresse:

«-Vous avez tord. Damon ne veut pas qu'Elena devienne un vampire. Stefan non plus d'ailleurs. Si vous les tuez et qu'Elena s'en sort, elle ne s'en remettra pas.

-Comment oses-tu?» S'étrangla John.

«-Parce que je connais votre fille, contrairement à vous deux!» M'écriais-je. J'étais tellement en colère que des ampoules grillèrent, ce qui glaça les deux adultes présents. Même si ces manifestations de mon humeur me déplaisaient, elles produisaient un effet beuf qui me convenait à cet instant.

«-Il arrive que deux âmes se rencontrent pour n'en former plus qu'une. Elles dépendent alors à jamais l'une de l'autre. Elles sont indissociables et n'auront de cesse de se retrouver, de vie en vie. Si au cours d'une de ces existences terrestres une moitié venait à se dissocier de l'autre, à rompre le serment qui les lie, les deux âmes s'éteindraient aussitôt. L'une ne peut continuer son voyage sans l'autre. Damon et Elena... ils s'aiment. D'un amour dans le sang. D'une ivresse permanente. Dans l'instant et l'éternité. Et en même temps, ils ont peur... Et elle est partout. Cette peur du manque. Cette peur de se retrouver sans oxygène. Entre eux, c'est l'évidence et la confusion. C'est à la fois la foudre et l'anéantissement. C'est l'amour le plus compliqué et le plus évident qu'il soit. C'est la vie. C'est la mort. Mais il n'est pas de notre ressort d'en décider.»

Jeremy sur ces entre faits et me coupa:

«-Je viens d'avoir le Shériff Forbes. La voiture d'Elena a été retrouvée...»

POV Damon

Ca avait été comme un cataclysme dans mon esprit. Voiture. Elena. Retrouvée. Mais pas dans l'ordre que j'aurais désiré. Tiercé non gagnant. Bonnie s'était figée, John statufié et Isobel... Isobel est basiquement un glaçon donc ça ne changeait pas de d'habitude. Un jour il faudrait que quelqu'un lui apprenne à simuler deux-trois sentiments. Ne serait-ce que pour sa propre survie. Enfin je dis ça, je dis rien. Je savais à quel point cela pouvait être horripilant de se la jouer «humain» quand tout ce que l'on souhaite c'est leur ouvrir la gorge et s'abreuver à leur jugulaire. Mais parfois, pour obtenir cette finalité, il faut bien passer par quelques désagréments comme avoir la larme à l'oeil. Jeremy poursuivit:

«- Elle se trouve à l'autre bout de l'Etat, vers les Appalaches. Je dois m'y rendre pour confirmer.

-C'est hors de question!» Gronda son oncle, le regard flamboyant de colère.

Sans que je m'en aperçoive, je me jetais sur lui et le plaquait contre le mur. Un pan de plâtre tomba au sol. Mon esprit était embrumé par la haine, la peur, la soif. Je n'avais plus aucune conscience de mes gestes, j'étais redevenu comme avant, un instinctif. Qui se mettait sur mon chemin en payait les conséquences. Elena était quelque part, toute seule, sans doute blessée, apeurée, perdue. Elle avait besoin d'aide et savoir que moi, l'immortel aux multiples dons, je ne pouvais rien faire me mettait au supplice. Je n'arrivais plus à trouver le repos depuis que la petite humaine était aux abonnés absents. J'espérais de tout mon coeur mort qu'elle fût en vie pour que nous nous redonnions une autre chance, notre toute dernière. J'avais été abominable avec elle lors de notre dernier entretient, je souhaitais qu'il ne fût pas le dernier souvenir de moi qu'elle conservât. Alors, si John ne voulait pas que Jeremy aide alors qu'il avait une piste, il mourait, sans que j'en éprouve le moindre remords. De toute façon, il fallait me l'accorder, j'en avais amplement le droit, il avait voulu me rôtir à la broche. Une vie pour une vie. Et puis, ça n'était pas une grande perte.

Mes doigts serraient toujours plus fort et le blond commençait sérieusement à suffoquer. L'oncle horripilant ne dût son salut qu'à l'intervention de Bonnie qui me provoqua une fulgurante migraine. Mes phalanges lâchèrent la pression qu'elles exerçaient sur sa gorge et j'aperçus le blond s'effondrer et suffoquer pathétiquement (pour ne pas changer) tout en demandant à Isobel pourquoi elle n'était pas intervenue. La réponse de la brune fusa, simple:

«-Parce que je n'en avais pas envie.»

J'adressai à ma progéniture un petit sourire satisfait. Bien envoyé! Finalement je n'avais pas tout raté dans ma misérable «non vie». Elle se contenta de hausser les épaules et de soupirer bruyamment. Je pris la parole:

-«Maintenant qu'Elijah a une piste pour retrouver Elena, c'est un contre la montre qui s'est enclenché. Il faut la trouver avant lui et avant qu'il ne soit trop tard.

-Tu penses qu'Elijah est un danger pour elle?» S'enquit Jeremy.

Sincèrement, je n'avais aucune preuve pour étayer ma théorie. Mais quelque chose en moi me poussait à craindre ce vampire Originel. Je n'avais pas confiance en lui, il nous cachait quelque chose ce qui m'angoissait. Je nourrissais l'intime conviction qu'il soufflait un peu de vrai et surtout beaucoup de faux. J'allais répondre mais fût interrompu, à mon grand soulagement, une fois n'est pas coutume par l'arrivée de mon comparse Alaric.

«-Pourquoi ne pas nous séparer?» Proposa Caroline. «Je sais que tu veux régler des comptes avec Elijah Damon, alors occupes toi de lui. Isobel désire aussi avoir une «discussion à coeur ouvert» avec Katherine Pierce. Et moi, je désire à tout pris trucider celui qui a séquestré Elena...

-Je suis d'accord avec Caroline. Nous avons chacun nos priorités et toutes concordent dans un vaste plan.» La soutint Bonnie.

Parfois, l'esprit tordu des sorcières peut être une bénédiction. Alaric se proposa pour m'accompagner dans ma tâche, Caroline décida avec l'accord de Jeremy à lui servir de garde du corps dans son «road-trip». Nous attendions tous la décision de John qui tardait à venir.

«-Quoi? Je ne vais pas avec la psychopathe, elle risquerait de me massacrer. Surtout que je n'ai plus ma bague protectrice qu'elle a refilé à l'autre usurpateur...» Lâcha t'il, mauvais.

C'est Caroline qui lui agrippa la gorge, crocs sortis:

«-Si Elena meurt à cause des précieuses minutes que vous nous faites perdre, je jure devant Dieu que je vous vide de votre sang. Me suis-je bien faite comprendre?»

Parfois ma progéniture me rendait presque fier. J'avais l'impression qu'une part de mon irascibilité avait déteint sur son caractère. Plus Barbie-Caroline prenait de la maturité plus je m'apercevais qu'elle avait été façonnée pour devenir un membre de mon espèce. La meilleure amie d'Elena possédait un caractère fort et une volonté indéniable qui lui permettait d'accéder au «meilleur espoir féminin» catégorie «vampire sanguinaire» au «Damon Academy Awards». Un honneur.

John hocha la tête et s'écroula une nouvelle fois au sol. Il chercha à se redresser et s'épousseta tranquillement, cherchant ainsi à masquer sa stupeur et sa crainte. Cependant, son coeur dansait la gigue et ses mains tremblotaient de façon pathétique. Alaric se contenta de dire:

«Si vous êtes si effrayé je peux vous rendre votre bague,» tout en ôtant l'anneau de sa main. C'est Bonnie qui stoppa son geste:

«-Non. Si vous devez affronter un Originel Damon et toi, vous courez un grand danger. Plus que Isobel et John allant à la villa de Katherine. Tu gardes la bague.

-C'est injuste». Grommela Gilbert. La jeune sorcière siffla:

«-Un père serait capable de donner sa vie pour son enfant. C'est ce qu'a fait votre frère pour sauver Elena, alors qu'il ne l'avait pas engendrée. Et vous, vous dont elle partage le sang, vous ne pourriez pas faire au moins la même chose que lui? Vous n'avez donc pas d'honneur?»

Brave petite. Finalement, on allait pouvoir s'entendre. John comprenant qu'il avait perdu la partie d'avoua à moitié vaincu.

«Je serai votre renfort. Au cas où quelque chose tourne mal.» Annonça Bonnie à Isobel. «Katherine est imprévisible, il faut donc palier à toutes les éventualités.»

La mère d'Elena sembla approuver.

«-Kate n'est pas femme à renoncer à ses ambitions. Elle ne lâche jamais le morceau. Si nous voulons qu'Elena vive en paix et à l'abris de Klaus, il faut réduire Katherine au silence. Pour l'éternité.

-Elle est bien trop maligne pour se laisser mettre un pieu dans le coeur.» Argua Jeremy. Isobel le dévisagea avec un soupçon d'intérêt. Le gosse n'avait pas tord. C'est à cet instant que j'eus mon premier trait de génie depuis des semaines (mieux vaut tard que jamais me direz-vous mais quand même)

«-Certes. Mais ce qu'elle ignore c'est qu'ils auront une sorcière avec eux.

-Damon, elle sait que j'existe.

-Oui, je suis au courant, je suis un vampire, pas un poisson rouge.

-Parfois on se le demande» Bougonna Bonnie.

«-Paix!» S'interposa avec humeur Alaric.

«-Le truc, witchy-girl, c'est qu'on va tout faire pour que Katherine pense que tu n'es pas en ville. Que tu es partie avec Caroline et Jeremy chercher Elena en désespoir de cause. Quand vous aurez parcouru la moitié du chemin, je viendrai te chercher et te ramènerai à Mystic Falls où tu te débrouilleras avec ces deux là.» Précisais-je en désignant vaguement et avec dédain les parents d'Elena. Bonnie ne put s'empêcher de faire la moue:

«-Je savais que tu ne m'aimais pas, mais pas à ce point.

-N'oublie pas «qui aime bien châtie bien.»

-Tu dois donc m'aimer passionnément Damon Salvatore.» Grinça la sorcière. Caroline nous interrompit, enthousiaste.

«-Ca me semble parfait comme plan. Alors, on se met en chasse?

-Et on fait main basse!» Conclut Jeremy en frappant sa paume dans celle de la blonde. Jamais je ne comprendrai les adolescents du XXIeme siècle...

POV Elena

Lorsque je repris connaissance j'aperçus dans le brouillard de mon esprit un visage vaguement familier. J'avais dû le croiser dans ma vie «d'avant». Mon cerveau était tellement épuisé que je ne parvenais pas à démêler mes souvenirs, à chasser les délires de la réalité. J'avais vaguement conscience de trembler, sans doute en raison de la fièvre. Le visage avait des traits fins et élégant, une prestance merveilleuse et irréelle. Ses doigts glacés parcoururent mon visage brûlant et je gémis d'aise et d'angoisse mêlée. Une voix d'un velouté agréable murmura à mon oreille:

«-N'aie pas peur, Elena, je ne te veux aucun mal...»

Je m'apaisai instantanément. Ce n'était pas Stefan. Et qui que cela soit, il ne pourrait pas me traumatiser plus que ne l'avait fait mon ancien petit ami. Je n'avais plus assez de force pour lutter et l'homme me serra comme une chiffe contre son torse. Une nouvelle fois, une sorte de quiétude et d'apaisement m'envahit tandis que l'ombre caressait avec douceur et du bout des doigts mes longs cheveux emmêlés.

«-Tu lui ressembles tellement... Aussi belle. Aussi courageuse. Tu ne mérites pas le lourd fardeau que tu portes sur tes frêles épaules... Si tu savais... Je suis désolé... J'aurais voulu que tu vives... Te voir t'épanouir, te regarder m'aurait été une occupation passionnante qui aurait racheté mes années de solitude et d'errance... Avec ta vie j'aurais pu imaginer la sienne... et la mienne à ses côtés... Mais comme elle, tu es née pour mourir...»

Il y avait beaucoup de mélancolie dans le timbre de voix de l'homme qui me serrait dans ses bras. L'inconnu paraissait sincèrement bouleversé. Même si je ne comprenais pas tout, j'eus envie de consoler cet homme qui cherchait lui aussi à m'apaiser. Je décidais d'ouvrir pleinement les yeux et après quelques secondes je le reconnus: Elijah.

Il souriait toujours, des larmes aux yeux. Devant ma stupeur, il esquissa un léger sourire. Ce fut la première fois que je pouvais l'observer sans crainte et je m'aperçus qu'il semblait aussi malheureux que moi. Une sorte d'épave, de coquille vide. Il y avait comme un lien ténu entre nous sans que je ne comprenne quoi. Il brisa le silence:

«-Visiblement tu n'as aucune idée de ta valeur, petite Elena.

-Je suis le double. Je suis la clé de la malédiction.

-En effet. Mais tu ne connais pas l'origine de ta destinée.

-Et vous la savez?

-Je suis sur terre depuis des centaines d'années.» Se moqua t'il gentiment. «Ignorez ce genre de «détail» serait impardonnable de ma part.

- Parfois j'oublie qu'une éternité vous sépare de nous, mortels.» Soupirai-je, me recroquevillant. Elijah passa son bras autour de mes épaules, assurant sa main-mise sur moi. N'avait-il pas compris que je ne pourrai rien faire pour me défendre de lui, même si je le voulais?

«-Il fût un temps, nous étions humains. Nous, les Originaux. Nous vivions ici, dans une petite colonie avec mes parents, mes trois frères et ma soeur, Rebecca. J'étais souvent en conflit avec mon ainé. Niklaus...

-Klaus?» M'écriai-je presque estomaquée.

«-En effet. Je crois, au vu de ton visage que l'expression que tu cherches et O.M.G. Mais passons. Nous aimions la même femme mais elle ne pouvait se décider entre nous. Lorsque s'est opérée la mutation, on nous a forcé, Klaus et moi à boire son sang. Elle s'appelait Tatia... Et c'était la première des Petrova...»

J'en avais le souffle coupé. La tête me tournait. C'était trop pour mon cerveau malade et faible d'humaine. Mais Elijah n'en avait pas fini.

«-Il semble que le double soit amené à pousser une fratrie à se déchirer, comme la première des Petrova: Katharina détruisit ma relation avec Klaus en contrecarrant nos plans. Puis elle engendra la haine entre les frères Salvatore. Et toi, enfin...»

Un nouveau soupir nostalgique de la part de l'Originel.

«-Katherine veut me vendre à Klaus. Or, on sait qu'elle l'a fuit des siècles durant. Elle n'a pas peur qu'il la tue?

-La mort serait trop simple après ce qu'elle a fait.

-Ce que je ne comprends pas... c'est que vous semblez vouloir contrer Klaus, votre propre frère, mais vous restez amer avec celle qui a agit de la même façon de vous des années auparavant.

-Certaines choses t'échappent encore, petite humaine.» Soupira Elijah. «Quand le moment sera venu j'éclairerai ta lanterne. Mais pas avant...»

Je n'en avais aucun doute, mais c'était désagréable de ne pas comprendre.

«-Vous allez me sortir de là?

-Non.

-Non? Alors pourquoi êtes vous là?

-J'ai appris que Klaus était en chemin. Il arrive pour te trouver. Et quand il l'aura fait, il boira ton sang jusqu'à la dernière goutte...

-Ce n'est pas comme ça qu'on rompt la malédiction du soleil et de la lune c'est...

-C'est un mythe. Une histoire bâtie de toute pièces». Me coupa t'il, abrupt. Je le dévisageais, estomaquée. Mon coeur accéléra dans ma poitrine, mes jambes tremblaient. Je me sentais trahie et salie, plus que jamais auparavant. Qu'est ce qu'il se passait donc? Pourquoi étais-je obligée de mourir si tout ceci c'était du flan? Pourquoi jouer avec mes nerfs, moi qui n'avais rien demandé?

Des larmes montèrent à mes yeux. Tout ce que j'avais enduré, la fin à laquelle je m'étais préparée, tout était remis en question par ces simples mots.

«-Mais s'il n'y a pas de malédiction alors je ne vais pas mourir.

-Il y a une malédiction. Ce n'est juste pas celle à laquelle tu t'attendais. Elle ne concerne que Klaus.

-Euh...

Klaus n'est pas de la même lignée que mes autres frères et soeurs... et moi même.

Mais je croyais que vous étiez frères?

En réalité, demi-frère. Nous l'avons découvert après notre transformation. Quand mon père a compris l'infidélité de ma mère il a tué son amant et toute sa maison, ignorant qu'il plantait le germe d'une guerre entre deux espèces supernaturelles qui perdure encore de nos jours.

Les vampires et les loups-garou...

Exactement.

Mais... si Klaus est l'enfant d'un loup-garou et d'une vampire... alors qu'est-il? Vampire ou loup?

Il est les deux.

Mais... mais...

Afin d'enrayer cette puissance, un sort parvint à stopper la mutation lupine, elle est en lui mais latente. Tu es la clé pour briser cet équilibre et que Klaus puisse affirmer sa bipolarité. Si tel était le cas, il deviendrait invincible. Or, il a causé trop de tords pour que je le laisse faire.

Voilà pourquoi vous me gardez en vie et que vous me protégez?

Non. Pour moi, le plus aisé serait de te tuer.» Lança Elijah sans le moindre tact. Je frissonnai quand il prit mon visage dans ses mains. Je pouvais sentir son souffle glacé sur ma peau et ses doigts qui ondulaient sur mon visage quand tout s'éclaircit:

«Vous aimiez Tatia. Et Katherine. Je... Je leur ressemble...

Tu es aussi intelligente qu'elles, Elena.» Soupira t'il, effleurant mes cheveux avec tendresse, comme le faisait maman lorsque j'étais petite, après un cauchemar. «En effet, si tu respires encore c'est à cause d'elles. Je ne peux tuer la descendante des seules femmes qui m'ont fait ressentir des sentiments... humains. Mais c'est aussi grâce à toi même. Tu es différente... Tu n'es que lumière dans un univers de nuit...»

Un claquement de porte fit sursauter l'Originel:

«-Stefan est rentré. Aies confiance en moi petite humaine. Paradoxalement c'est avec lui que tu es le plus en sécurité.»

Alors que j'allais réfuter je m'aperçus qu'Elijah s'était envolé.

POV Alaric

Nous avions rejoint mon modeste chez moi. Tandis que je m'entrainais au lancer de pieu dans une «petite» cible au milieu de mon salon (ça donne tout de suite un «charme» à la pièce, et puis ça change des misérables fléchettes) Damon tournait comme un poisson dans un bocal. Elijah était aux abonnés absents et nous ne voulions pas prendre le risque d'utiliser la dague d'Isobel sur lui sans être sûrs de son efficacité. Or, la seule personne à qui nous aurions pu demander confirmation était Katherine. Notre pire ennemie. Bref, il y avait de quoi devenir fou. De plus il me devenait de plus en plus difficile de tenir Jenna en dehors de toute cette histoire. Heureusement qu'elle avait son voyage à l'étranger pour les études pour me faire gagner du temps afin de me préparer à lui avouer l'inavouable. Mon comparse stoppa ses ronds dans l'eau et annonça:

«-Il faut prendre le risque. Si on supprime Elijah, on supprime le début des ennuis. C'est un Originel, il connait Klaus, il peut nous trahir à tout moment.

-Il a l'air d'être un homme de parole. S'il devait y avoir un Judas à Mystic Falls, je parierai plus sur Katherine.» Arguais-je de mauvaise foi.

-«Ton ex avec son ex s'en occupent. Business solved. On peut s'occuper du macabée impérissable.

-N'oublie pas qu'il y a plein de choses que nous ignorons à son propos. Elena serait contre l'idée.

-Sauf qu'elle n'est pas là. Vu que les absents ont toujours tord...» dit il avec un petit rire sans joie avant de reprendre avec sérieux: «T'inquiète, je vais peaufiner tout ça. Je ne veux pas de mauvaise surprise.

-Deviendrais-tu prévenant?

-Oui Alaricky-Martin, je deviens comme toi. C'est une tragédie, pour l'un comme pour l'autre. Bon j'y vais. Un meurtre à préparer. Busy day!»

POV Bonnie

Je n'étais pas enchantée d'arpenter les rues de Mystic Falls dans le 4x4 de John Gilbert mais je tâchais de garder bonne figure. Après tout, il était passé du côté des «gentils» et nous avions en commun une haine incommensurable pour les vampires: lui parce qu'il avait été élevé dans ce but, moi parce que j'étais née pour les détruire. Même si on avait l'impression avec toute cette histoire que je corroborais leur essence, il n'en était pas question. Ces êtres appartenaient à la nuit, des erreurs de la nature. Mais Caroline, la si joyeuse et écervelée Caroline avait rejoint malgré elle leurs rangs... Avec ma meilleure amie, je comprenais qu'il fallait discerner aussi les «bons vampires» des autres.

/ FLASHBACK /

Nous avions commencé notre road-trip comme Damon nous l'avait conseillé. Jouer un peu aux personnes inquiètes mais pressées de partir pour retrouver Elena. Nous avions fait le plein à la pompe à essence à côté de la maison des Salvatore, parlant de notre virée histoire que Katherine sache bien que nous partions. Petit à petit nous tissions notre traquenard... il fallait pousser la vampire à se rendre dans la crypte où elle aurait dû croupir pendant 145 ans. C'est alors que Caroline eut une idée de génie:

«-Si nous retrouvons Elena, il faudra mettre la pierre de lune à l'abris.»

Mon amie blonde m'adressa un clin d'oeil et j'entrai dans son jeu:

«-Oh, mais elle l'est déjà.

-Sérieux? Où?

-Là où les vampires du coin ne voudrons pas la chercher. Dans la tombe.

-Pas bête.» Assura Caroline avant de m'indiquer de remonter en voiture. Elle clôtura l'échange par un «Vivement que tout ça se termine que je puisse arrêter de vider des lapins et poches de sang pour reprendre une activité normale.»

Nous avions roulé plusieurs miles en silence quand Jeremy nous demanda:

«-Caroline, tu penses que ça a marché.

-J'ai entendu des pas s'arrêter et quelqu'un se tapir dans les fourrés. Elle nous observait.

-De toute façon il faut que ça ait marché». Déclarai-je une moue aux lèvres. Caroline s'arrêta sur le bas côté et dit:

«-Je crois qu'on est assez loin maintenant. On te lâche ici et John passera te prendre dans environ une heure.»

Je saisis mon grimoire et quittai le siège passager. Le petit frère d'Elena prit ma place tout en parlant:

«-Tu penses que ça va aller, Bonnie?

-Je suis une grande fille. Je sais lacer mes sandales toute seule!» Me moquais-je.

«-Ouais, mais avec les vampires qui trainent...

-C'est à ça que ça sert un grimoire. A trouver des formules magiques pour se protéger et quand on est pris de court à l'envoyer à la tête de l'assaillant.

-Technique vicieuse.» Apprécia le jeune homme.

«-Mais efficace» lui appris-je.

Il m'adressa un sourire amusé, Caroline m'envoya un baiser avant d'appuyer sur le champignon et de disparaitre dans un nuage de poussière.

J'avais attendu John peu de temps finalement. Il m'avait informé qu'Isobel avait observé des mouvement à la villa des Salvatore et que Katherine irait sans doute chercher la pierre de lune dans la nuit. Désormais plus l'heure fatidique approchait plus mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine. Je n'étais jamais revenue dans ce secteur depuis la nuit où nous avions levé le sort avec Grams... Depuis qu'elle était morte. J'allais devoir recréer un charme afin de maintenir Katherine prisonnière, quoi qu'il m'en coûte.

/ FIN FLASHBACK /

Minuit venait de sonner lorsque John Gilbert prit enfin la parole:

«-Isobel vient de m'envoyer un texto: Katherine est dans la tombe. Elle va tout faire pour la retenir. Visiblement elle a bien caché la reproduction de la pierre de lune pour que Pierce mette du temps à la trouver... Histoire que tu puisses essayer de jeter ton sort.

-Votre confiance en moi me ravit John.

-Ne te méprends pas. Je pense qu'il y a une petite possibilité pour que tu y arrives.

-Merci». Grinçais-je. Cet homme avait il décidé d'être toujours désagréable?

Je pris toutes les précautions pour que la vampire ne m'entende pas arriver. Pour me protéger, je jetais un charme de matière masquée afin d'être presque invisible. Puis, j'entrepris un sort de lévitation afin que mes pas ne me trahissent pas. Je me tournais vers John et lâchais, revêche:

«-Maintenant c'est à vous de jouer.»

Il opina du chef et se précipita vers la fosse de la tombe. Je lui emboitais le pas et commençais à entamer mon long travail d'élaboration d'un sortilège. Isobel se tenait face à Katherine et elles semblaient se disputer avec violence. Trop concentrée pour réellement suivre leur conversation, je saisis au vol cependant des reproches de la mère d'Elena envers son ancêtre qui mettait en danger son propre sang, ainsi que des menaces de mort. Mais rien ne semblait atteindre le premier double Petrova. Elle poursuivait ses recherches afin de trouver la pierre de lune qui lui permettrait de contacter Klaus et de recouvrer sa liberté. Elle avait trop confiance en elle. Je savais qu'elle connaissait les liens étranges qui lient les makeurs à leur progéniture: les enfants ne peuvent tuer les parents sans trouver la vraie mort. Question de «loyauté». Alors toutes les promesses d'Isobel n'étaient qu'un blizzard qu'il fallait laisser passer. John arriva sur ses entre-fait, pieu à la main. Katherine explosa de rire:

«-Beaucoup ont tenté de faire ceci, John. Des hommes plus courageux, plus vifs...

-Sauf qu'ils n'avaient pas comme moi toutes les raisons du monde de te tuer.

-Et quelles sont elles? Si je suis si peu recommandable, pourquoi as tu été mon complice à de si nombreuses reprises? Pourquoi m'as tu demandé comment tuer tous les vampires d'une ville? Pourquoi as tu souhaité que je détruise avec Isobel et toi les frères Salvatore pour que notre charmante Elena puisse vivre sa misérable petite vie d'humaine...»

Elle éclata d'un rire clair et léger, presque enfantin. Elle sautillait gracieusement d'un rocher à l'autre, les manipulant avec grâce avant de les reposer avec minutie. Une petite moue de gamine impatiente entachait son visage, si semblable à celui d'Elena. Ainsi, elle ne ressemblait pas du tout au monstre sadique et sanguinaire que je m'imaginais qu'elle était. Elle releva les yeux et sourit, narquoise, en voyant que le père d'Elena la menaçait d'un pieu en chêne. La vampire se redressa telle une chatte et parcouru à pas feutrés l'espace qui la séparait de monsieur Gilbert. D'une voix de velours qui annihilait toute volonté au malheureux, elle sussura

«-Allons John, je sais que tu as toujours eu un petit faible pour moi...»

Si je ne savais pas qu'il était sous verveine j'aurais pu croire qu'elle l'avait hypnotisé. Il avait perdu toute contenance et toute sa superbe. Afin de lui laisser le temps de se reprendre, Isobel enchaina:

«-Pourquoi es-tu revenue à Mystic Falls?

-L'ambiance de la campagne me manquait. Stefan et Damon aussi. La curiosité. Ce qui t'aidera à dormir la nuit, Isobel.

-Ce n'est pas une réponse.» Souligna la mère d'Elena. Pas faux. «Si tu souhaitais le bonheur de ma fille tu ne serais pas là.»

Il y eut un silence pesant entre les deux femmes, rompu par la plus agée.

«-Je n'aime pas qu'on joue avec mes jouets.» Siffla Katherine, furieuse. Isobel ricana:

«-Ce n'était pas comme ça que tu les nommais quand je t'ai connu... «Stefan»et «Damon»...»

Elle insista sa minauderie sur leurs deux noms. Je compris qu'elle essayait de pousser sa créatrice dans une pente glissante. Elle la titillait afin qu'elle perdre pied, mais aussi pour se venger d'elle d'une certaine façon.

«-J'ai aimé Stefan. Et Damon. Je les aime toujours. Tous les deux.» Avoua la plus veille des vampire. «Ils m'ont offert l'humanité dans ma non-vie. Tu devrais essayer une fois Isobel. Et pas avec John, ça fait désespéré de retomber dans les bras de son ex. Même si le côté chasseur de vampire donne un peu de sex appeal.»

Tout se passa très vite par la suite: Katherine trouva la fausse pierre de lune et poussa un cri de joie et de délivrance, Isobel passa sa main dans ses cheveux (le signal), John sauta à la gorge de Katherine et lui enfonça un pieu dans le sternum. Elle ouvrit de grands yeux surpris et happa l'air, désespérée. Pendant cette demi-seconde Isobel m'avait rejointe pour m'emporter sur le sommet d'un dolmen édifié par les héritières des sorcières de Salem. De cette roche j'allais pouvoir tirer l'énergie qu'il me faudrait pour enfermer Katherine. Il aurait été plus simple de la tuer mais nous prenions le risque de perdre un savoir précieux sur les Originaux. Nous avions donc opté pour la prison.

Je murmurai des formules rituelles avec ferveur. Je sentais la transe venir et mes membres commencèrent à trembler. Ma tête se renversa en arrière et mon regard de voila de rouge. Une odeur acre et de rouille parvint à mes narines et je compris que j'étais entrain de saigner du nez. Les hurlements et les injures de Katherine parvenaient à mes oreilles sans que je ne les entende. Mon corps commença a me brûler, mes os à me faire souffrir mais je ne lâchais pas prise. Il fallait que je réussisse, à tout prix. Car si j'échouais, la vampire nous massacrerait tous. Je ne pouvais pas prendre ce risque. John poussa de toute ses forces Katherine dans le boyau du tombeau tandis que je sentais mon énergie me quitter peu à peu. Elle cria:

«-Vous ne pourrez vaincre les Originaux! Vous ne savez rien d'eux!

-Nous trouverons bien un moyen. Tous ensemble parce que nous formons une équipe.

-Une équipe de bras cassés!»

J'aperçus au loin une immense flamme bleue et entendis les hurlement de rage et les ultimes menaces de Katherine.

«-Mieux vaut être indifférents et digne que malheureux et pathétique, John».

Dans un dernier effort je lâchais la dernière mélopée du sortilège: la flamme devint un brasier rouge avant de laisser place à la noirceur de la nuit. Je me sentais vidée, épuisée. Les battements de mon coeur s'espaçaient, devenaient de plus en plus faibles. Un étau enserrait ma poitrine, m'empêchait presque de respirer. J'allais bientôt perdre connaissance mais je devais m'accrocher encore un peu. Voir si ça avait fonctionné. En vain.

POV Damon

Alaric me démontrait par A+B que c'était une mauvaise idée. Tuer un Originel le mettait encore plus à vif que son ex petite amie vampirique sous son toit. Tout y était passé: que si l'on échouait cela mettait en danger Jenna et Jeremy, qu'on ne connaissait rien sur cet Elijah et que la dague d'Isobel pouvait être un fake construit de tout pièce par Katherine. Mais bizarrement je me sentais assez serein vis à vis de tout ça. Comme si c'était... normal.

«-En même temps tu es un tueur sanguinaire et sans coeur. Normal que tu trouve ça banal.» Grinça t'il. Je ne pus m'empêcher de faire la moue. Je détestais quand mes pensées m'échappaient. A trop côtoyer les humains leur médiocrité et leurs faiblesses déteignent sur la race supérieure que forment les vampires. L'aube pointait et nous n'avions toujours pas de nouvelles de la fine équipe, à savoir John, Bonnie et notre chère «Izzie». Ni de l'autre, celle qui m'intéressait plus: Caroline et Jeremy. Rick continuait de tempêter:

«-Et de toute façon comment veux tu t'y prendre? Et d'ailleurs pourquoi le tuer, il voulait Elena en vie. Je suis sûr qu'il est de notre côté.

-Erreur Alaricky-martin. On ne sait rien. C'est un Originel. Comme Klaus. Donc ils ont un lien. Lien qu'on ignore.

-Visiblement plus.

-Certes. Et s'il utilisait Elena pour se rabibocher avec le grand manitou.

-Alors pourquoi lui promettre de vivre?

-Pour mener plus facilement l'agneau au sacrifice? Après tout, Abraham n'est pas arrivé le matin en disant à son fils: «lèves toi on se fait une petite balade et pour se faire un graillon avec Dieu/Yhavé/Allah (tout les copyright sont bons)et c'est toi qui es au menu.».

-Tu ne crois pas que c'est un peu gros?»

Je commençais à pianoter tranquillement sur mon portable. J'avais pris ma décision. Et personne, certainement pas un misérable humain, fusse t'il mon ami, ne parviendrait à m'en détourner. L'iphone vibra et je le tendis à Alaric, vainqueur:

«-Devines qui vient diner à la maison ce soir?»

Le prof d'histoire pu ainsi lire:

«-Ok. 20h.»

C'était une chose qui me manquerait chez Elijah. Son éloquence. Je me dressais et pris ma veste. Alors que j'allais quitter la pièce, Rick me retint:

«-Et où tu vas comme ça?

Trucider une ou deux âmes perdues. Chercher Stefan pour l'étriper. Vérifier si Bonnie n'est pas incompétente. La routine.

Sérieux?» S'offusqua le prof d'histoire.

«Je rentre dans l'après-midi.

Et le dîner?

Y'a de l'argent dans le placard. J'ai entièrement confiance en tes talents culinaires. Et puis au pire, si j'ai encore un petit creux, je trouverai de la chair fraiche!»

Je savais qu'Alaric allait encore rouspéter alors je décidais de prendre mes jambes à mon cou, le plus vite qu'elles puissent me porter.

oOoOoOoOoOo

Lorsque je revins à la maison, vers 18 heures, gorgé de sang humain histoire de prendre des forces (immobiliser en Originel n'allait pas être de la tarte!), j'aperçus un petit Alaric affairé aux fourneaux avec un petit tablier:

«-Désolé Ricky, tu peux arrêter de me chauffer, je ne suis pas gay. Mais mignon le petit napperon à dentelles sur les hanches. So sexy!

-Vas-y, fiche toi de moi!

-Je n'avais pas attendu que tu m'en donnes l'autorisation. -C'est de l'ironie Damon.

-Je sais. Je suis le maitre de cet art linguistique.» Me moquais-je en m'asseyant sur l'ilot central de la cuisine. Très sérieux, Alaric sortit la tête de ses casseroles et assura:

«-C'est une mauvaise idée.

Ca n'existe pas les «mauvaises idées». Se sont justes des excellentes qui ont été mal exécutées.»

Mon ami leva les yeux au ciel et s'avoua vaincu. Il se contenta de grogner:

«-Vu que t'en a pas foutu une, mets la table pour ton «invité».

-Et si je refuse?

-N'oublie pas que je suis un chasseur de vampires.»

Okay. Même si je me moque de sa maladresse, je sais que quand il le veut, il vise juste. Je reviens, j'ai des trucs de ménagère à faire.

Je venais tout juste de terminer mes «basses oeuvres» quand la sonnette retentit. J'ouvris à un Elijah tiré à quatre épingles mais visiblement très lasse.

«- Bonsoir. Merci d'être venu. Si tu veux bien te donner la peine d'entrer.

-Nous ne sommes pas à la seconde. Je tenais à te prévenir, Damon. Si tu as des intentions ne serait-ce que «peu» honorables, je te suggères d'y repenser.

-Allons, nous sommes entre gentlemen. Rien de déshonorant. Juste... comprendre qui tu es.»

Elijah eut un petit mouvement de tête et un sourire ironique. S'il n'avait pas en tête de tuer la femme à laquelle je tenais, sans doute aurions nous pu être des amis. Ou au moins s'apprécier et se respecter.

«Tant mieux. Car même si j'ai un accord avec Elena à ton propos, si tu essayes de m'énerver, je peux aussi me rétracter. Ai-je été assez clair?

-Comme le cristal». Du-je lui concéder. La soirée s'annonçait difficile. Et âpre.

Elijah se montra un invité exemplaire. Il nous confia qu'il cherchait lui aussi activement Elena. Et que Klaus était en chemin pour la tuer. Il me semblait presque sincère. Mais quelque chose me déplaisait dans sa posture, dans ses manières et dans son arrogance. Comme s'il savait quelque chose à propos d'elle que nous ignorions tous. L'Originel jouait avec mes nerfs et ce n'était vraiment pas la chose la plus brillante du siècle. Après l'entrée, je me levais pour débarrasser la table et rapporter avec moi la fameuse dague qui tuerait Elijah. Alors que je m'apprêtais à tremper la lame dans les cendres, un son me fit sursauter. J'aperçus le corps astral de Bonnie et cette dernière écrivit sur un petit bout de papier:

«-Arrête toi Damon. Seul un humain peut brandir la dague, si un démon accompli l'acte il subira le même sort que l'homme terrassé. Tel est le prix de la loyauté.»

POV Elena

Elijah m'avait redonné espoir. Si Klaus arrivait, il remuerait ciel et terre pour me retrouver. J'échapperai ainsi à Stefan. D'un coup de pied rageur je fit ricocher un caillou sur les murs. J'avais toujours été une battante et là je renonçais. Mes parents n'auraient jamais voulu que je devienne cette fille. Une énorme boule dans ma gorge commença à entraver ma respiration. Je revoyais papa et m'imaginais la déception que je devais être pour lui, qui avait toujours combattu des vampires. J'avais oublié et renié d'où je venais. J'en payais le prix.

J'aurais finalement rêvé d'avoir une vie des plus ordinaire, comme Matt par exemple. Ne jamais être tombée amoureuse d'un vampire... puis d'un autre. Quand toute cette histoire se finira je ne pourrai m'en prendre qu'à moi même. J'avais été l'instrument de ma propre perte. Et malgré la douleur lancinante dans mes membres, la peur et les sévices je ne parvenais pas à tout regretter. Auprès de Stefan et de Damon je m'étais sentie plus vivante qu'au cours de toute ma vie d'humaine... peut être parce que j'avais appris à leurs côtés le prix de la mort. Vingt et une heures sonnèrent dans la cuisine et la lourde porte qui me retenait prisonnière s'ouvrit. Paradoxalement, j'étais retenue par un vampire dans la cave mise au point par mes ancêtres pour les torturer jusqu'à ce qu'ils rencontrent la vraie mort. J'y passais mes nuits depuis quelques jours. Stefan s'imposait des limites pour que je survive un peu plus longtemps. Je ne savais pas si je devais lui en être reconnaissante ou pas.

Il pénétra dans la pièce d'un pas léger et un sourire aux lèvres. Mon coeur battit plus fort dans ma poitrine. Lorsqu'il apparaissait ainsi, affable et beau comme un dieu, je ne pouvais le détester. Je l'avais aimé de toute mon âme, de toutes mes forces. Nous étions liés, à la vie à la mort, même si nos idéaux ne concordaient plus. Il ressemblait au Stefan d'avant, à celui que j'avais désiré et choyé. De qui j'aurais pu tout accepter. Mais revenait l'image du Stefan de Katherine, celui qui me mordait et dont on voyait la violence sur ma peau désormais pleine d'ecchymoses. J'avais sans doute précipité sa chute avec l'ambiguité de mes sentiments envers Damon. J'étais pathétique d'aimer les deux frères. Mais les propos d'Elijah, m'assurant que visiblement c'était la destinée du double Petrova de déchirer une fratrie me dédouanait quelque peu. J'étais née pour les briser. Mon rôle me faisait horreur et je me rendais compte que plus j'avais lutté contre mon attirance pour Damon plus je l'avais désiré. Si j'avais un futur je ne l'envisageais qu'avec lui à mes côtés. Il connaissait une autre Elena que Stefan. Avec le brun j'étais forte, assurée, têtue, adulte. Le blond me rappelait la jeune femme perdue, brisée et malheureuse que j'étais quand je l'avais rencontré. Il représentait mon enfance, mes doutes, ma candeur et ma douceur. Je n'en avais cure dans un monde aussi dur et cruel que celui dans lequel je vivais.

La bonne odeur du pain de viande me retourna l'estomac. Je me rendis alors compte que je mourrai presque de faim. Après tout, je ne me souvenais plus depuis quand je n'avais pas réellement mangé. Stefan posa la gamelle à même le sol. Je refusais de me nourrir devant lui. J'avais ma fierté. Il ricana:

«-Trêves de convenances Elena. Il n'y a personne à impressionner. Tu dois avoir faim.»

Il n'eut pas le temps de poursuivre. Je me jetais sur la nourriture, léchais mes doigts, serrant la casserole contre moi comme si je craignais qu'on ne me la vole. J'avais besoin de forces s'il se nourrissait sur moi cette nuit. Lorsque j'eus finis d'engloutir mon repas je m'aperçus que Stefan m'observait avec insistance... Mais pas avec son regard vitreux et sanguinaire que je lui connaissais désormais trop bien. Non, là, il était lucide.

«-Je suis désolé Elena pour tout ce que je t'ai fait endurer.

-Laisse moi partir. Les barreaux d'une prison ne sont pas favorables au pardon.» M'entendis-je répondre avec verve. Je m'en étonnais moi même. J'étais morte de frayeur mais quelque chose en moi me poussait à me battre, encore et toujours. Peut être qu'Elijah m'avait redonné confiance après tout. Il m'avait trouvée: Damon ferait de même.

«-Je ne peux pas, Elena.

-Pourquoi? Je pense que tu m'as assez fait de mal comme ça?» M'écriais-je, me redressant vivement et dégageant mon omoplate bleuie par les coups et les morsures. Je vacillai, épuisée par l'effort que m'avait demandé ce simple geste. Stefan se précipita avant que je ne tombe et me déposa délicatement au sol. Je le dévisageai, éberluée par ce geste noble et généreux de sa part. Il s'expliqua d'une voix feutrée:

«-Il y a du verre sur le sol. Si tu te coupes, je ne pourrais refouler mon envie de sang.»

Ah, voilà qui est plus rassurant. Après un silence répondit à ma question:

«-Est ce que ça pourrait faire une différence si je te disais que jamais personne au monde ne pourra t'aimer autant que moi?

-Tu ne peux pas l'affirmer Stefan. Si tu me tues, sans doute seras-tu l'un des êtres qui m'aura le plus aimé. Et réciproquement. Mais tu ne sais pas de quoi demain sera fait. Si je vis, tu me laisses une chance de trouver l'amour. De vieillir. D'avoir des enfants...

-Je ne peux pas te laisser partir. T'imaginer sans moi m'est un calvaire quotidien. Je sais que tu penses à lui dès que je quitte la pièce...» Pas besoin de demander de précision. Il parlait de Damon. Je ne culpabilisais pas face à cette affirmation et confiais:

«-J'aimerais être capable d'effacer ce que je ressens pour lui d'un claquement de doigt. J'aurais souhaité ne jamais te faire souffrir. Mais c'est trop tard...

-Pourquoi lui? Il n'a rien fait pour que tu t'entiches de lui!

-Je ne sais pas, Stefan. C'est arrivé. C'est tout.»

Des larmes me montèrent aux yeux. J'étais déchirée de lui planter ce pieu dans le coeur à chacun de mes mots. Il endurait courageusement mes aveux sur mes sentiments envers Damon. Il se tenait à une distance raisonnable de moi mais malgré la pénombre je pus apercevoir qu'il n'en menait pas large.

«-Tu me manqueras, Elena. Notre relation aura pour moi comme un gout d'inachevé.»

Sans que je ne m'en sois réellement rendue compte, des larmes avaient perlé à mes yeux. Je les ravalais promptement. J'étais forte. J'étais la Elena de Damon. Dure, je tranchais:

«-Dis toi qu'on ne regrette pas les personnes qu'on a aimée. Ce qu'on regrette, c'est la partie de nous même qui s'en va avec elle. Tu t'en remettras, tôt ou tard. Tu as l'éternité pour ça.»

Il releva son visage divin vers moi et répliqua sur le même ton:

«-Tu sais quelle partie de moi tu as enlevée?»

Oui, j'en avais pleinement conscience. Mais je restais droite et digne. Il fallait que je me forge un caractère de plus en plus solide. Stefan n'était rien par rapport à Klaus.

«-Mon humanité. Voilà ce que tu emportes avec toi.»

Qu'il me le dise à haute voix me troubla mais n'eut pas les répercussions dévastatrices auxquelles je m'attendais. Toutes les horreurs de ces derniers jours m'avaient permise de prendre une réelle distance avec Stefan. Etonnamment glaciale, je lâchais:

«-Oublie moi. Ton humanité reviendra un jour. Je serais morte depuis longtemps mais je suis certaine qu'un jour tu rallumeras la lumière. Comme Damon.»

Oups. Ca, ça m'avait échappé. Stefan ne releva pas. Il était perdu dans ses pensées...

«-Je ne pourrais pas te dire pourquoi je ne suis pas capable de t'oublier. Je ne pourrais vraiment pas. Tu as simplement ce petit quelque chose qui fait je suis incapable de te sortir de mes pensés et qui m'a fait tomber amoureux et maintenant je ne peux pas t'oublier. C'est probablement ton sourire ou ta façon si spéciale de me regarder. Je pourrais le répéter des milliers de fois; je n'ai jamais aimé quelqu'un à ce point là avant, si seulement tu pouvais comprendre. Ça me fait tellement mal de savoir qu'on ne sera plus jamais ensemble. Je ne peux pas croire que c'est ça qui devait arriver.»

Et pourtant, c'était là où nous avait conduite notre destinée. Nous n'étions faits pour être ensemble que pour un temps seulement. Je murmurais, adoucie cette fois:

« - Tu sais, même encore maintenant je pense que la plupart du temps, l'amour est une question de choix. On a le choix de poser le poison et la dague, et de faire en sorte que ça se termine bien. La plupart du temps. Mais parfois malgré tout nos bons choix et toutes nos bonnes intentions... Le destin finit par l'emporter... Je t'ai adoré Stefan... mais tu n'étais pas pour moi. Tu étais une étape dans ma vie, qui me ferai grandir, qui m'ouvrirai les yeux. Je te suis reconnaissante pour ça. Je me suis trouvée et reconstruite, grâce à toi. Mais désormais tu détruis tout ce que nous avions fait.»

Stefan s'était rapproché de moi et posa ses paumes glacées sur mon visage. Il l'effleurait avec déférence, presque vénération. Lui aussi semblait aussi bouleversé que moi.

«-J'adorais te surprendre entrain de me fixer. J'aimais que tu t'endormes en pensant à moi, rêvant à moi. J'aurais voulu que tu te rendes compte de tout ce que l'on a en commun. Tellement plus de choses que toi et lui. J'aurais souhaité que tu m'adresses un sourire en me voyant au loin comme tu l'as toujours fait pour lui. Je désirerai pouvoir sentir ton cœur battant sous mes mains. J'aurai voulu être le seul que tu voyais, le seul à qui tu pensais car mon bonheur, c'était et se sera pour jamais, toi.»

C'était la fin. La fin de nous. L'idée me traversa l'esprit qu'il était temps d'en finir avec tout ceci. Si Stefan me tuait je n'aurais pas à affronter Klaus. La mort serait moins pénible sous ses crocs. Je me saisis après avoir longtemps tâtonné d'un tesson de verre et m'ouvrit la paume de la main. Lorsque l'odeur rouille de mon sang parvint aux narines de mon ancien amant son visage se transforma en masque démoniaque mais il se figea, un bref instant. Je dégageai mon cou et le lui offrit. Dans un spasme de lucidité il dit d'une voix coupante:

«Si on nous donnait la chance de revenir en arrière, que changerions nous à notre vie? Si c'était à refaire, quels regrets, quels remords choisirions nous d'effacer? Dis moi, Elena?»

Je pris mon courage à deux mains et répondit:

«-Aucun. Maintenant finissons-en.»

C'est alors que Stefan plongea sur ma jugulaire et y planta ses crocs avides.

POV Damon

L'apparition de Bonnie avait suspendu mon geste envers notre «ami» Elijah et j'avais laissé la suite des opérations à cette poule mouillée d'Alaric. Nerveux, il avait tracé:

«-Tu es un grand malade. Et s'il me tue?»

Franchement, qu'est ce qu'il pensait que cet argument puisse me faire? Je serais allé à l'enterrement et aurais versé des larmes de crocodiles. Et en plus, cette chochotte n'avait pas de quoi s'en faire: il avait sa bague de résurrection contre les morts provoquées par des êtres comment dire sans froisser personne... différents? En maugréant il avait finalement accepté d'entrer dans mon jeu de passe passe. Une petite bière (une «mort subite», oui je sais c'est méchant, mais je ne résiste pas à l'ironie) plus tard et notre Alaric-Helsing avait éradiqué de la terre le méchant Elijah d'une dague dans le coeur. L'Originel se dessécha presque instantanément et chuta lourdement sur le sol. J'extirpais l'arme du cadavre frais et le rangeais précieusement dans sa mallette. Ca marchait pour tuer un Originel alors pourquoi pas deux? Sachant que le second sur la liste avait un prénom qui commençait par K.

Alors que j'allais monter me coucher, mon portable sonna à nouveau. Caroline. ENFIN!

«-Allô?

-Hey. Damon, on a retrouvé Elena.

-Où est-elle?

-Dans la maison au bord du lac où ses parents l'emmenaient l'été.

Tu te moques de moi?

Non, je suis sérieuse.

Et pourquoi personne n'a eu l'idée, en quinze jours, d'aller foutre son nez là bas?

Parce qu'elle nous avait dit, à Bonnie, Jeremy et moi qu'elle ne pourrais jamais plus y retourner à cause des fantômes du passé, imbécile!

Okay. Ne bougez pas. J'arrive.»

Caroline avait commencé une nouvelle phrase mais je n'en avais cure. Elena m'avait parlé de cette villa une fois, je savais où me rendre. Alaric aperçut une fusée descendre les escaliers et lança, rageur et ironique:

«-Et qui va ranger les foutoir que tu as mis?»

Je lui lançais les clés de la cave et me contentais de répondre:

«-Descends le et enferme le. Je m'en débarrasserai demain.

-Sérieux? Ca pèse un âne mort un cadavre.

-Si tu décides de le découper pour que se soit plus facile à transporter, la femme de ménage est à tes frais. On a retrouvé Elena. Y'a des choses plus importantes. Adios amigo!»

Sans demander mon reste, je m'enfuis à tire d'aile. Dieu, que c'était bon de posséder le don de se transformer en corbeau. Au moins on peut parcourir de très longues distances en un rien de temps...

Il me fallut néanmoins près de trente minutes pour rejoindre Caroline et Jeremy. L'adolescent dérangé murmura:

«-Stefan est sorti il y a quelques minutes.

-Bien, on n'a qu'à donner l'assaut.

-Tu ne sens rien, Damon?» Me questionna Caroline, inquiète. Je n'avais pas pris le temps de humer l'air ambiant mais maintenant qu'elle attirait mon attention dessus, évidemment. Comment avais-je pu le manquer.

«-Du sang.

-Beaucoup trop de sang.»

En effet. Du sang comme après un massacre. Et si Elena était morte? À quoi sert la vie si on ne peut plus voir celle qu'on aime ? À quoi bon avoir des mains si on ne peut plus caresser, si on ne peut plus la serrer dans ses bras ? Si son parfum n'est plus dans l'air, à quoi bon même respirer ?

Caroline me tira de mes sombres pensées:

«-Je ne peux pas rentrer dans la villa Damon. Et toi non plus. Pas tant que Jeremy ne nous y aura pas invité.

-Bien. Qu'est ce que tu attends alors, le dépressif?

-Stefan risque de me tuer.

-C'était pas ce que tu voulais y'a pas si longtemps? Dis toi qu'au moins cette fois ci ça sera utile. Une sorte de dommage collatéral.

-Charmante perspective.

-C'est toi le suicidaire. Moi je suis déjà mort alors ça ne me fait ni chaud ni froid.

-Stop! Tous les deux. Je vais essayer de détourner l'attention de Stefan. Pendant ce temps, Jeremy entrera dans la maison et t'inviteras à y entrer. Damon, tu récupères Elena et tu fais ton tour de passe passe avec le brouillard. Ca sera mon signal pour aller vous rejoindre. Je prendrai Jer' sur mes épaules et nous rentrons dare dare à Mystic Falls.

-Caroline, tu peux parfois t'avérer une brillante tacticienne qui contrecarre ta blondeur.

-La ferme Damon!» Dit-elle en me donnant un petit coup dans l'épaule, plus pour la forme que pour le fond. Elle encouragea cependant Jeremy à boire notre sang:

«-Si ça tourne mal, si Stefan te tue, tu seras en mutation et tu deviendras un vampire. Crois moi, l'éternité est bien plus attrayante que la mort.»

Elena aurait sans doute refusé tout net. Mais Jeremy avait peur et accepta sans broncher. Maintenant que nous étions prêts, Caroline se glissa dans les fourrés et souffla:

«-Souhaitez moi bonne chance...»

Dès qu'elle disparut de notre champs de vision, Jeremy se précipita sur le seuil de la villa de vacances de ses parents. Je l'y suivis, prenant soin de me couvrir. Parce que si le gosse se transformait en vampire, il faudrait que je m'en explique avec sa soeur et ça n'augurait rien de bon pour ma pomme. Sale petite humaine droite dans ses bottes.

«-La porte et bloquée. On ne peut pas rentrer.

-Tu crois qu'un verrou m'arrête? Sérieusement?» Me moquais-je en arrachant la poignée d'un geste précis.

«-Je pensais qu'on essayait d'être discrets, au cas où Stefan ne se soit pas trop éloigné.

-Non. Stefan se sont les affaires de Caroline. Toi, adorable petite poche de sang tu m'aides à trouver ta soeur. Alors maintenant, dis la formule magique. Et ce n'est pas «Sésame ouvres toi»!» Grinçais-je en propulsant Jeremy à l'intérieur de la maison. Tremblant comme une feuille il parvint à balbutier pitoyablement:

«-Damon veux tu te donner la peine d'entrer?»

Dès que je pus entrer dans la villa je pus entendre un pouls faible qui ralentissait peu à peu. Je me précipitais à la cave et aperçus Elena, inerte, dans une mare de sang. Jeremy m'avait emboité le pas et ne put s'empêcher de vomir devant un si macabre tableau. Sa soeur était pâle comme la mort. Rapidement je la pris dans mes bras, ouvrit de mes crocs mes veines et déversais dans sa bouche fragile mon sang. Aucune déglutition. Cela m'alerta, tout comme ce coeur qui battait de façon erratique. Je lui pinçais le nez, fermais sa bouche et elle fut obligée d'avaler pour pouvoir respirer. Etonnée, elle ouvrit ses grands yeux bruns et j'y lu tout d'abord énormément de frayeur. Puis elle sourit et tenta de lever le bras pour me toucher. Dans un souffle je l'entendis prononcer:

«-La vie est étrange. Te retrouver enfin pour te perdre encore...»Puis, elle retomba dans l'inconscience. Cependant les vertus de mon sang faisaient leur effet sur son corps traumatisé. Peu à peu je vis les plaies se refermer et les bleus disparaitre. Il y en avait partout. Même pour un habitué des horreurs de ce monde que je suis cela m'horrifia. Jamais je n'aurais cru que Stefan puisse malmener une jeune fille de la sorte, en particulier Elena.

Jeremy s'était approché et d'une voix dure m'assura:

«-Il payera pour ce qu'il a fait. Crois en la parole d'un Gilbert.

-Tu n'es pas un chasseur de vampire Jeremy. Stefan te tueras avant que tu n'aies pu faire ton entrée héroïque, cape au vent et collant fluo sur les jambes. Sans oublier le masque ridicule qui complète toute la panoplie.

-Nous verrons bien.»

oOoOoOoOoOo

Jamais les minutes ne m'avaient semblé aussi longue. Puis, dans un grand hoquet, Elena reprit sa respiration et se redressa. Alarmée elle s'exclama:

«-Est ce que je suis...

-Non. Mais tu n'es pas passée loin.» Me contentais-je de répondre. Ma petite humaine sourit avant d'embrasser son frère et de le serrer dans ses bras. Ils fondirent tous les deux en larmes et pour une fois, je ne trouvais pas ça si pathétique. Moi aussi j'aurais bien aimé pouvoir exprimer de façon si effusive mon soulagement. Mais ce n'était pas ce que l'on attendait de moi.

«-J'ai eu si peur. Ne refais plus jamais ça, hein! Elena! Tu es ma soeur, je n'ai plus que toi et Jenna au monde. Alors tu ne m'abandonnes pas!

-Okay Jer'. Je t'aime.»

Je les interrompis avant qu'ils ne recommencent les déclarations fraternelles enflammées:

«Loin de moi l'idée de casser l'ambiance, mais j'vois rappelle qu'on vampire sociopathe est dans les parages.

-Tu veux dire deux, Damon. Stefan et toi.» Me corrigea Jeremy. Ce qu'il peut être tatillon!

«-Oui mais moi je suis un sociopathe gentil.

-Pour le moment.»

Un jour je l'aurais ce gosse, foi de Salvatore. Elena repoussa gentiment son frère et murmura:

«-Jeremy, tu es en voiture?

-Yep sis'

-Vas-y et rentre à Mystic Falls.

-Quoi?

-Damon et moi nous rentrons par nos propres moyens.

-C'est hors de question! Stefan est certes un malade mais Damon est un psychopathe. Sans vouloir t'offenser.» me dit-il.

«-Aucun souci, je suis au courant.» Lui répondis-je. «D'ailleurs ça fait toujours plaisir de voir que je ne suis pas devenu le chien à sa mémère dans ton esprit.

-Jeremy... Quand Stefan verra que je suis partie, il va me traquer. Damon peut me protéger. Je ne veux pas avoir à m'inquiéter pour toi. Si tu m'aimes petit frère, fais ce que je te demande.»

L'adolescent aurait voulu répliquer mais n'y parvint pas. Il lâcha finalement:

«-Okay. Mais prends soin de toi. Et reviens vite.

-Promis!»

Sur ce, Jeremy quitta la sombre cave et quelques instants plus tard sa vieille Ford crachota. Nous étions dans la villa depuis dix bonnes minutes déjà et je m'étonnais que Caroline aie pu tenir aussi longtemps face à Stefan.

«-Merci de ne pas m'avoir abandonnée à mon destin.

-Aucun problème. J'essaye différents costumes pour Carnaval...

-Celui de chevalier blanc commence à t'aller de mieux en mieux.

-Mais ça ne reste qu'un costume. Sous le vernis tout beau reste souvent les imperfections.

-L'imparfait à parfois du bon.» Chuchota t'elle en approchant son visage du mien. J'étais tétanisé. J'avais espéré, rêvé cet instant. Quand elle se donnerait pleinement et entièrement à moi. Qu'elle m'aurait choisi, définitivement. J'avais tout fait pour la repousser. Pour qu'elle puisse vivre une vie «normale», sans moi. Mais j'étais trop égoïste. Si elle me voulait, si elle pensait pouvoir me supporter, alors je lui offrais mon coeur et toute mon âme. Son souffle chaud électrisait ma peau, son regard doux coulait sur moi et guérissait mes blessures. Elena savait que j'avais tué. Que j'aimais tuer. Et pourtant elle m'observait comme si j'étais pur de toute atrocité. Alors que j'allais fondre sur ses lèvres, un nouveau SMS, d'Isobel cette fois me parvint. Mal à l'aise, ma petite humaine me conseilla de le lire avant que nous ne décampions.

«Tu as laissé la dague en place pour Elijah? Parce que si non il doit être très très très énervé. Et vivant.»

POV Elena

Rapidement Damon me relata la tentative d'assassinat d'Elijah, les menaces que celui ci avait proféré si mon vampire se retournait contre lui.

Tout ce que mon cerveau parvenait à engranger c'était qu'il devait être à sa recherche. C'est donc logiquement que lui je dis:

«-Ce n'est pas Caroline qui retient Stefan. Pas aussi longtemps. C'est surement Elijah.

-Quoi?

-Elijah m'a retrouvée il y a de ça... un jour, peut être deux. Il devait se douter que si tu l'avais poignardé c'était parce que tu avais un plan pour me sauver.

-Et Caroline?

-Hypnotisée, comme Stefan. Enfin je suppose...

-Dans ce cas, nous allons fuir. Loin, très loin d'ici.

-Non.» Déclara t'elle, inflexible.

«-Comment ça, «Non»?» Tonna t'il.

«-Damon je suis fatiguée, je suis faible. Je ne veux pas passer mon existence à fuir deux Originaux et Stefan. Je mérite mieux que ça.

-Qu'est ce que tu proposes?

-Il a besoin de moi vivante.

-Et?

-Alors je vais lui donner le choix.»

L'information sembla mettre un certain temps avant d'atteindre son cerveau. Mais quand cela fit «tilt», il me plaqua contre un mur, la main autour de ma gorge, les yeux furieux:

«-JAMAIS!

-C'est ma décision.

-Et elle est mauvaise!

-Je fais ça pour te protéger. Comme tu le ferais pour moi.

-Sauf que moi j'ai vécu un siècle et demi. Alors que toi... toi tu ne connais rien de la vie!

-Pourquoi est-ce que tu es aussi en colère?

-Parce que j'ai remué ciel et terre pour te retrouver. Parce que j'étais prêt à tout sacrifier pour avoir la moindre nouvelle de toi. J'aurais pu laisser mourir tout Mystic Falls pour savoir où on te retenait prisonnière. Et parce que je t'aime, insupportable petite humaine!» Beugla t'il tandis qu'il relâchait la pression sur ma gorge. Il me l'avait dit. Certes pas comme je m'attendais à ce qu'il me le dise mais quand même. Il m'aimait. Je me sentais coupable de devoir jouer avec ses sentiments mais j'en avais besoin.

«- Si tu m'aimes, Damon, aies confiance en moi.»

Je le laissais, estomaqué à la cave tandis que je grimpais quatre à quatre les escaliers pour me rendre à la cuisine. Il m'emboita le pas et lorsque je me retournais il me tendit un couteau de cuisine. D'une voix atone il dit:

«-Frappe juste au niveau du nombril. Et reviens moi.»

Il m'embrassa alors avec toute l'énergie du désespoir. Ce baiser était différent de celui que nous avions échangé, il y avait de cela une éternité... Sa bouche plaquée contre la mienne, il semblait chercher à m'arracher mon souffle. C'était brutal et en même temps très tendre. Je parvenais à percevoir toutes ses angoisses, à travers son baiser. En même temps, il était sucré, léger. J'avais l'impression qu'il me coupait du monde, qu'il n'y avait plus que Damon et moi, dans un monde presque idéal. Il mordilla doucement mes lèvres, sa langue entreprit de jouer et...

La sonnette retentit.

Brisés dans dans passion et dans notre élan Damon s'écarta de moi et posa son index sur ma bouche. Il m'indiqua silencieusement:«A toi de jouer» avant de disparaitre.

Je m'accordais quelques secondes afin de récupérer mon souffle avant d'ouvrir à Elijah.

«-Bonsoir ma chère.

-Elijah... Damon... il n'aurait jamais dû s'en prendre à vous.

-Le marché entre nous est caduc.» Assena t'il sans autre préambule.

«-Renégocions-le.

-Sauf que tu n'as plus rien à mettre sur la table.»

Je sortis de derrière mon dos le couteau de boucher que Damon m'avait mis dans la main quelques secondes auparavant. Il y eut un silence circonspect de la part de l'Originel. Je le surprenais. A moi d'être convaincante:

«-Comment attirerez vous Klaus si le double est mort?

-Damon ne permettra pas ce suicide.

-Non. J'ai déjà son sang dans mon corps. Si je me tue, je deviendrai un vampire et je passerai l'éternité avec lui. Une jolie promesse lorsque l'on est amoureux.

-Vaincre le vieil adage «jusqu'à ce que la mort vous sépare»...

-Ca me rappelle une histoire... N'est ce pas celle de Katherine?

Elijah semblait ne rien avoir à répondre à ma menace.

«-Renouvelez votre promesse. Il n'arrivera rien à Damon, Alaric, Bonnie, Caroline, Jeremy, Matt, et Tyler. Même s'ils s'en sont pris à vous.

-Tu joues avec ta vie?

-Il faut bien jouer avec quelque chose, non?

-Et Stefan?»

Sa question me prit de court. Que faire de Stefan? Une douleur dans mon bras me rappela tout ce qu'il m'avait fait endurer ces dernières semaines. J'étais peut être une brave fille, mais pas une sainte. Le coeur gros je m'entendis répondre:

«-Il ne fait pas partie du marché.»

Elijah m'adressa un sourire narquois en me désignant mon couteau:

«-Désolé Elena. Je pense qu'il va falloir que tu me montres que toi, contrairement à Damon, tu tiens parole.

-Bien.» Dis-je simplement avant de brandir la lame. Avant que je ne me frappe, le vampire demanda:

«-Pourquoi prendre ce risque? Vivre traquée pour l'éternité? Juste pour le sauver...

-Je ne vous demande pas de comprendre. Il est celui qui me maintiendra, paradoxalement, en vie. Si tous les autres périssaient et que lui seul demeurât je pourrais continuer d'exister. Mais si tous les autres survivaient et que lui pérît, l'univers se transformerai en un vaste monde étranger où je n'aurais plus ma place.»

Je savais que Damon m'entendait. J'allais me blesser gravement et sans doute me tuer. J'avais besoin qu'il sache que je l'aimais de tout mon coeur.

«-Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, c'est ça...

-A peu de choses près.» Dis-je avant de m'enfoncer la lame dans le ventre.

Elijah sursauta tandis que je m'effondrai. L'Originel bondit sur le seuil de la porte et tonna:

«-Ce que tu ne sais pas, petite humaine, c'est que lorsque j'ai découvert le tour de passe-passe de notre très chère Katharina Petrova, j'ai soumis quelques sorcière à une renégociation du statut du «double». Tu es une erreur de la nature, tu ne dois pas réagir au sang vampirique comme les humains. Il te soigne... Mais ne te transforme pas.»

J'accusais le coup. J'allais donc mourir. D'une façon différente que celle à laquelle j'avais pensée mais toujours par la faute de vampires. Damon allait se précipiter pour me sauver quand Elijah dit:

«-Okay, tu as ton marché.

-Donnez moi votre promesse...

-Tu l'as.»

Alors je me laissais tomber à l'extérieur pour qu'il me donne de son sang.

POV Elijah

Le nouveau double m'impressionnait. Malgré toutes les tractations autour d'elle, l'humaine cherchait à conserver de la droiture et de la noblesse. Je me reconnaissais un peu en elle. Droite dans ses bottes et prête à tout pour venir en aide à ceux qu'elle aimait. J'avais tenté d'être un homme de cette trempe avec Kol, Flinn, Becca et Klaus. Celui qui parviendrait à maintenir soudée toute notre famille. Le souffle d'Elena devenait plus lent et difficile à chaque bouffée et Damon Salvatore se retenait de pleurer comme un enfant. Ils formaient un couple étonnant et déroutant, lui la bête et elle la pureté. Il représentait sa force et elle s'assimilait à la rédemption pour le vampire sanguinaire. Ils formaient un équilibre fragile et précaire qui forçait au respect. Ils auraient mérité une belle histoire d'amour, digne d'un roman. Après tout, eux même revêtaient un caractère romanesque... J'aurais voulu la sauver, mais ce fût en vain. Quelque chose en elle rejetait la médication de mon sang... La fin était proche.

Sans que je ne sache pourquoi je n'avais pas disparu dans la nuit. Je veillais l'agonie de l'humaine énigmatique. Peut-être parce que je m'attachais à elle. L'amour est difficile à trouver et ardu à conserver. Ils méritaient une autre fin. Comme tous les autres d'ailleurs: Roméo qui aurait dû recevoir la lettre du prêtre, Cyrano auquel Christian devait laissé le temps de se déclarer à Roxane... Mais les histoires d'amour heureuses sont simplement celles qui n'ont pas encore de fin.

Me tirant de mes réflexions métaphysiques, entre deux souffles, Elena prononça:

«-Merci Damon. Pour ce que tu as fais aujourd'hui. Tu étais comme le Damon que j'avais appris à aimer.»

Le vampire brun se retenait à grand peine de pleurer. Lorsque son humaine s'était poignardée j'avais senti la magie opérer. Les sorcières voulaient que je me lie par le sang avec cette fille. Peut être que cela me procurerait assez de pouvoir pour vaincre Klaus. La respiration d'Elena devenait de plus en plus sifflante. J'avais peine à croire que la lignée des Petrova allait se terminer sous mes yeux. Mon sang n'y changeait rien, j'étais intervenu trop tard... Elena allait faire face à son destin. La mort du double étrangement me chagrinait. Damon la grondait un peu:

«-Tu m'avais promis que tu ne ferais rien de stupide.

-Tout va bien se passer... Je vais aller bien.

-Mais tu ne seras plus là.» Soutint-il.

«-Tu m'enterres avant que je ne sois morte Damon. C'est mal.

-Comment ai-je pu être aussi stupide?» Tempêta t'il en frappant de son poing contre le sol.

«-Ne sois pas en colère. Je ne pensais pas que ça tournerait comme ça. Je me voyais plutôt en vampire avec toi.

-Tu n'as jamais souhaité devenir une des nôtres.

-Avec toi je m'y serais habituée... J'aurais même pu apprécier...»

La fièvre s'emparait de la jeune fille ainsi que la douleur. Son compagnon chercha à la distraire. D'une voix rauque et brisée par le chagrin, il demanda:

«-Lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois, qu'as tu pensé?

-Toi... commence.

-J'ai trouvé que tu étais... comme un matin de Noël avec plein de cadeaux sous le sapin. C'est la seule façon de décrire toute la joie que tu dégageais.»

Elena ferma les paupières et déglutit avec peine.

«-Pourquoi me dire ça maintenant?

-C'est à la fin qu'on repense au commencement, non?»

L'humaine lui adressa un merveilleux sourire, serein. Son visage n'était que clarté. Un beauté indomptée et intacte. Puis, peu à peu, elle se mit à frissonner, de façon incontrôlée. Damon la prit dans ses bras et la serra contre son coeur. Elena posa sa tête sur l'épaule de son compagnon qui murmura à son oreille:

«- N'aies pas peur Elena. Je suis là. Je serais là jusqu'à la fin.»

Elle le regarda, lasse mais rayonnante malgré la mort qui s'emparait peu à peu de son corps à mesure que son sang se répandait sur le perron:

«-Je n'ai pas peur de mourir. Je suis morte un peu plus chaque jour depuis que je t'ai vu.

-De quoi tu parles?» S'enquit Damon, déboussolé.

«-Je t'aime.

-Tu m'aimes? Mais je croyais que tu avais décidé qu'on ne pouvait pas tomber amoureux l'un de l'autre, que ça détruirait nos vies?

-Je crois que ma vie est sur le point d'être détruite de toute façon, alors les bonnes résolutions... Je t'aime Damon. De tout mon coeur... De toute mon âme. Je voulais que tu le saches avant que je ne disparaisse..»

OoOoOoOoOo

Voilà voilà voilà !

Comme je n'ai pas de Bonnie personnelle (Klaus la séquestre en ce moment même), n'oubliez pas de penser au petit bouton bleu qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !

De plus… C'est mon seul salaire ! :D

La young lucky girl sadique vous salue.

A très vite