Chapitre 5
Ils roulèrent une bonne partie de la journée dans un environnement très verdoyant, traversant une petite forêt d'eucalyptus qui embaumait l'air très agréablement, s'arrêtant devant une magnifique cascade pour la pause de midi durant laquelle ils se détendirent, pour une fois en toute tranquilité.
Puis progressivement ils laissèrent derrière eux la verdure et entrèrent dans une zone semi-aride, une immense prairie à l'herbe rase et desséchée juste entrecoupée par endroit de bosquet d'arbres.
Selon les indications de la carte ils suivaient la piste qui la traversait quand Harry freina brusquement, par la même occasion Blaise et Draco qui se trouvaient à l'arrière et ne portaient pas leurs ceintures, heurtèrent durement les sièges avant.
« Tain Potter tu peux pas faire attention ? râla le blond.
« Regardez ! s'écria ce dernier qui ne releva pas….des kangourous !
« Ils sont trop drôles ! rigola Ron qui ouvrit sa portière et sortit pour admirer le petit groupe d'animaux qui traversait rapidement la piste sans leur prêter attention….on dirait qu'ils sont montés sur ressort.
Blaise qui était lui aussi sortit de la voiture, tout comme Harry, ne jeta qu'un bref regard sur les animaux.
Il regardait le rouquin avec un amusement teinté de surprise, jamais auparavant il n'avait remarqué que les yeux de Ron pouvaient avoir cet éclat d'émerveillement enfantin qu'il voyait en ce moment même.
Malgré lui il sourit et au même instant leurs regards se croisèrent.
Le rouquin lui rendit son sourire et le Serpentard ressentit une drôle de sensation au creux de l'estomac.
C'était comme le sourire d'un enfant, sans arrière-pensée, sans jeu de séduction ni quoi que ce soit d'autre.
C'était juste un sourire venu du cœur, un sourire de joie et de bonheur tout simple.
« Bon alors ! grogna Draco en les rappelant à l'ordre de l'intérieur de la voiture dont il était le seul à ne pas être descendu, les kangourous il s'en moquait comme de sa première couche.
« Si vous avez fini de béatifier devant ces bébêtes on pourrait peut-être repartir.
« Pfff ! soupira Harry en remontant….Malfoy y'a jamais rien d'autre qui t'intéresse en dehors de ta petite personne ?
Mais le claquement des portières qui se fermaient empêcha Draco d'entendre.
Ils roulaient de nouveau depuis un bon moment, et Harry s'était de nouveau écarté du tracé normal, quand la prairie fut coupée en deux par le lit d'une rivière pratiquement à sec, seul un mince ruban d'eau serpentait au milieu.
Le lit était très large et très accidenté, fait de galet ainsi que de gros rochers.
Harry s'y engagea prudemment et il s'en sortait très bien malgré les secousses occasionnées quand un raclement sourd venu de sous la voiture leur fit dresser l'oreille.
« Qu'est-ce que c'est ? s'inquiéta Draco.
« J'ai dû frôler un rocher ! répondit le brun en haussant les épaules…rien de grave t'affoles pas.
Une fois passé la rivière le brun rejoignit prudemment la piste mais ils firent à peine quelques kilomètres que le moteur se mettait à fumer et de drôles de cliquetis se firent entendre.
Harry s'arrêta et ils descendirent en catastrophe du véhicule dont ils s'éloignèrent avec prudence, sauf le brun.
« Potter comment t'as fait pour mettre le feu à la voiture ? lui cria Draco.
Harry qui relevait le capot, soupira.
« Elle ne brûle pas, y'a plus d'eau dans le radiateur c'est tout.
Il alla chercher une des gourdes dans le coffre et la vida dans le réservoir, ce faisant il s'aperçut qu'en même temps une flaque se formait à ses pieds.
« Oh merde ! marmonna-t-il entre ses dents en comprenant que c'était plus grave que ce qu'il croyait.
Il s'allongea sur le sol et passa sous le véhicule.
« Oulala ! pensa-t-il, il n'y connaissait rien en mécanique mais il était clair que la voiture ne repartirait plus, il avait arraché plusieurs tuyaux dont il ignorait totalement l'utilité mais qui semblaient importants.
Après s'être relevé et secoué, et par acquit de conscience, il se glissa derrière le volant pour tenter de démarrer à plusieurs reprises, sans aucune surprise il n'y eu aucun résultat.
Il redescendit et se dirigea vers les trois autres qui étaient restés où ils étaient.
« Euh….à combien se trouve le bled où nous sommes sensés faire une halte ? demanda-t-il l'air de rien.
« A deux journées à peu près ! répondit Ron qui avait étudié la carte…pourquoi y'a un problème ?
« En voiture ? s'enquit le brun sans répondre.
« Bien sûr en voiture ! s'énerva Draco….pourquoi tu préférerais y aller à pieds peut-être ?
« Ben justement, à pieds ça prendrait combien ? insista Harry d'une petite voix.
Il vit les regards de ses compagnons qui le fixaient avec étonnement jusque là, devenir suspicieux.
« Potter enlèves-moi un doute ! fit le blond lentement et d'un ton plus que soupçonneux…..tu n'aurais pas cassé la voiture ?
« C'est pas de ma faute ! se défendit immédiatement ce dernier.
« Mais c'est pas vrai ! s'écria Draco excédé…..t'affoles pas que tu disais, tu parles….et on a même pas nos baguettes…toi et tes idées tu repasseras !
« Mais c'est toi qui m'a proposé ce voyage ! protesta le brun.
« Oui mais c'est toi qui tenait à le faire façon Moldu ! répliqua le blond.
« Où était l'aventure sinon ? rétorqua Harry qui sentait l'agacement le gagner….de toute façon content ou pas vous n'avez pas le choix, va falloir marcher.
« Je te hais Potter !
Draco avait dit ça sans méchanceté réelle mais le brun le prit assez mal, il leva fièrement le menton et allait répondre vertement quand Blaise le saisit par un bras, prenant Ron de l'autre, et les entraîna vers la voiture.
« Laissons notre blondinet se calmer tout seul Harry ! dit-il d'un ton tout doux et séducteur...tu le connais il n'est pas fréquentable.
Il avait un peu de mal à laisser tomber la compétition avec Draco, malgré son attirance certaine pour le rouquin, et là sans réfléchir il avait vu un moyen de marquer des points.
« Prenons ce qu'il nous faut ! rajouta-t-il en arrivant près du coffre…..après tout deux petits jours de marche c'est pas le bout du monde.
« En voiture ! précisa Ron avec ironie.
« Ouai bon…..deux jours, quatre jours, quelle importance ? répliqua Blaise avec bonne humeur.
Il n'en pensait pas un mot mais ça il ne l'aurait avoué pour rien au monde, Harry le regardait en souriant et c'était le principal.
Bien qu'en y regardant de plus près il trouvait ce sourire un je-ne-sais-quoi moqueur.
Ils chargèrent des sacs à dos, prévus par l'agence, d'eau, de nourriture ainsi que de leurs sacs de couchage, même Draco qui ne disait plus un mot en fit autant, et ils se mirent en route.
Au bout d'un moment le blond qui marchait près d'Harry le saisit par le bras pour le ralentir.
« Quoi ? fit sèchement le brun en s'arrêtant complètement pour lui faire face.
« Bon…. ! fit Draco qui se tu brusquement comme si les mots qu'il s'apprêtait à dire avaient du mal à passer.
« Bon quoi ? s'impatienta Harry.
« Bon…. ! nouvelle hésitation du blond…je reconnais que ce n'est pas de ta faute et je m'excuse de m'être mis en colère! Débita-t-il rapidement.
« Qu'est-ce qu'il faut pas faire ! se dit-il en même temps.
« Alors là j'en reviens pas ! fit mine de s'ébaudir le brun…..Draco Malfoy qui s'excuse, le ciel va nous tomber sur la tête !
« Ca va ! bougonna ce dernier mal à l'aise….n'en rajoutes pas s'il te plait !
Harry pencha la tête sur le côté et le fixa en souriant durant quelques secondes.
Si le blond avait moins été focalisé sur le pari qu'il tenait absolument à gagner, il se serait aperçut que ce sourire était teinté d'ironie certes mais surtout plein de tendresse, mais il ne vit rien.
« Excuse acceptée ! dit doucement le brun…..aller viens !
Ils rattrapèrent rapidement Ron et Blaise qui marchaient en silence.
Le soir tombait lentement et ils cherchaient un coin propice pour y passer la nuit quand une sensation de danger s'empara brusquement d'Harry, pressante.
Oppressé il s'arrêta net et regarda autour de lui avec inquiétude.
Les trois autres qui avaient fait quelques pas de plus s'arrêtèrent et se retournèrent pour le regarder.
« Quelque chose ne va pas Harry? Lui demanda Ron en voyant l'expression soucieuse de son visage.
Le brun ne répondit pas et son regard qui s'arrondit se fixa derrière ses compagnons qui lui faisaient face.
« Je crois qu'on a un énorme problème! Dit-il lentement.
A bientôt!
