Chapitre 8

Durant tout ce temps et faisant mine de rien, Harry et Draco qui étaient restés silencieux avaient assistés à la scène.

Les deux amoureux seuls au monde ne leur avaient prêtés aucune attention.

« Si tu me proposes de déménager nos sacs dans un coin sombre, je te promets que je ne dirai pas non ! fit subitement le blond avec un petit clin d'œil en direction du brun.

Ce dernier soupira en levant les yeux au ciel, la scène qui venait d'avoir lieu lui avait donné du vague à l'âme et la mélancolie jointe à la déception que lui firent ressentir ces paroles sans aucun romantisme, le firent brusquement éclater.

« Je me demande comment j'ai pu tomber amoureux de toi Malfoy ! s'écria-t-il en le fusillant du regard…si on enlève ton physique de rêve tu n'es qu'un con.

Draco le fixa quelques secondes avec stupéfaction.

« J'ai bien entendu là ? Tu m'aimes c'est ce que tu as dit ?

« Ouai ! répliqua aigrement Harry…franchement ça me désole moi-même, mais je n'y peux rien.

Le blond pour une fois ne su que dire, c'était une nouvelle à laquelle il ne s'attendait pas, l'attirer suffisamment pour qu'il accepte de coucher avec lui oui, mais qu'il soit question de sentiment ne l'avait pas effleuré et cela lui déplaisait.

« Ca t'en bouche un coin pas vrai ? reprit le brun avec hargne.

Puis il se leva et se saisit de son sac.

« Viens, je vais te donner ce que tu veux, je suppose qu'une fois arrivé à tes fin je ne t'interesserais plus…ce sera sûrement mieux pour moi.

Machinalement et toujours sans un mot, Draco obéit et traînant leurs deux sacs ils s'éloignèrent.

Harry s'arrêta au creux d'un bosquet formé par quelques arbres et jeta son sac au sol avant de faire face au blond qui avait fait de même.

« Ecoutes ! fit celui-ci qui parut mal à l'aise…..je ne suis plus très…..

« Ah non ! le coupa le brun…ne cherches pas à te défiler.

Il le saisit brutalement par les cheveux et l'embrassa avec une certaine sauvagerie.

D'abord réticent Draco finit par répondre.

Le désir les envahit, reléguant tout le reste au second plan, et leurs mains se mirent en action.

Ils s'embrassèrent fiévreusement tout en se caressant mutuellement et le blond fit glisser le pantalon d'Harry sur ses cuisses.

« J'ai envie de toi ! lui souffla-t-il.

Le brun savait d'avance que c'était ce qu'il voulait, le posséder, et il ne protesta pas.

Sans qu'ils retirent entièrement leurs vêtements, juste débraillés, il se mit à genoux sur les sacs.

« Viens ! l'invita-t-il.

Draco se plaça derrière lui, caressant d'abord doucement la croupe offerte, puis le prépara longuement, appréciant et profitant de chaque seconde.

Il tenait Potter sous ses mains et ne tenait pas à le décevoir.

Jouant habilement de sa langue et de ses doigts il attendit jusqu'à ce qu'Harry se torde en poussant des cris de plaisir.

A ce moment-là il se redressa, dégrafa son pantalon et approcha son membre raidi de l'entrée étroite et tout à fait prête à le recevoir.

Il y pénétra lentement en poussant un râle de satisfaction et se mit à donner des coups de reins en le saisissant par les hanches.

Sous l'injonction d'Harry, proche de l'extase, il accéléra ses va et viens, se maîtrisant en se mordant les lèvres jusqu'à ce que le brun se libère dans un cri sourd.

A son tour il se laissa aller en rejetant la tête en arrière, l'orgasme qui le saisit fut si fort qu'il s'écroula sur le dos d'Harry qui en fit autant sur les sacs.

Silencieux et le souffle court ils restèrent sans bouger durant de longues minutes puis Draco se releva et remit de l'ordre dans ses vêtements.

« Retournons au camp ! dit-il d'un ton neutre.

Harry le fixa un instant, il ne s'était certes pas attendu à des mots d'amour ou à des gestes tendres de sa part, mais quand même une telle indifférence était plus que blessante.

Sans un mot il se mit debout et se rajusta en évitant de croiser le regard du blond, il ne voulait pas qu'il voit les larmes qu'il avait beaucoup de mal à retenir.

Reprenant chacun leur sac ils retournèrent au camp où Ron et Blaise dormaient, étroitement enlacés.

Il s'installa loin de Draco et blottit au fond de son duvet il pu laisser libre cours à sa peine.

Harry passa une mauvaise nuit et au petit matin il se rendit à la rivière pour faire sa toilette.

Quand il revint au camp il ralluma le feu et prépara du café.

Ses compagnons se réveillèrent peu après et le brun sourit quand Ron vint s'asseoir à ses côtés.

Le bonheur visible de son ami lui faisait vraiment plaisir et allégea un instant sa propre peine mais cela ne dura pas longtemps.

Draco qui s'était levé était venu s'asseoir pour déjeuner et Harry constata rapidement qu'il faisait comme s'il n'existait pas.

Il tenta d'en prendre son partit et d'en faire autant mais durant la matinée qui s'écoula il se sentit de plus en plus mal face au comportement de Draco.

Il finit par ne plus y tenir et alors qu'ils marchaient il se rapprocha de lui.

« Je me doutais bien qu'une fois arrivé à tes fins je n'aurais plus aucun intérêt à tes yeux ! lui dit-il avec une amertume qu'il avait du mal à cacher…..mais faire comme si je n'existais pas est un peu exagéré tu ne crois pas ?

Draco qui regardait droit devant lui, lui jeta un regard en coin.

« Ecoutes ! fit-il dans un soupir qui voulait dire que la discussion l'ennuyait…je suis navré si tu as des sentiments pour moi, mais je veux que tu comprennes bien que ce n'est pas réciproque, c'est tout.

« Ne t'inquiètes pas, ça je l'avais bien comprit ! murmura Harry en ravalant les larmes qui menaçaient une nouvelle fois.

« Dans ce cas c'est parfait ! dit le blond d'un ton qui signifiait que le sujet était clos, puis il s'éloigna.

Harry avait mal, mal à un point qu'il n'aurait pas cru possible.

Il ne dit plus un mot, marchant à grands pas et le regard rivé droit devant lui il ne souhaitait plus qu'une chose, atteindre cette fichue route et que ce voyage se termine enfin.

A la pause de midi il mangea à peine et resta perdu dans de sombres pensées, jusqu'à ce qu'un cri poussé par Ron l'en sorte.

Ce dernier avait littéralement bondit sur ses pieds et les yeux ronds et horrifié il tendait un doigt tremblant en désignant quelque chose près d'Harry.

« Là….là…là ! répétait-il terrifié.

Le brun qui se tenait assit, une main posée à plat sur le sol, baissa la tête dans la direction indiquée et dans le même temps une violente douleur à la main lui fit pousser un léger cri.

Une grosse araignée noire venait de le piquer et s'enfuyait à toute vitesse.

Blaise qui s'était levé prit le rouquin dans ses bras.

« Calmes-toi mon cœur elle est partie ! lui dit-il.

« Sale bestiole ! maugréa ce dernier…elle t'a fait mal Harry ?

« Et bien oui un peu ! fut forcé de reconnaître le brun qui regardait sa main qui enflait et dont la peau rougissait.

« Bah ce n'est qu'une simple araignée ! fit négligemment Draco… pas de quoi faire peur au grand héros.

« Merci pour ta compassion ! répliqua le brun avec un regard où se mêlait peine et rancune…aller, remettons-nous en route.

Une heure après être partit ils durent s'arrêter de nouveau, Harry était malade, il transpirait abondamment et avait du mal à respirer.

Ils l'ignoraient tous mais l'araignée qui l'avait piqué était une atrax, et les atrax étaient mortelles tout comme les veuves noires à dos rouge, deux espèces spécifique à l'Australie.

Mais les venins des femelles atrax étaient moins puissants que celui des mâles, ce qui laissait à une personne en bonne santé une chance de s'en tirer.

Et celle qui avait piqué Harry était une femelle, il avait eu la malchance de poser la main près d'une crevasse où elle avait fait son nid.

« Saleté de bestiole ! répéta Ron pour la énième fois en étalant le sac de son ami et l'obligeant à s'y allonger.

Très inquiet il le fit boire et constata qu'il avait une forte fièvre.

Dans l'après-midi l'état du brun empira et le soir venu l'inquiétude de Ron était à son comble.

La respiration d'Harry était devenue sifflante et ne se faisait plus que par à coups, il gisait inconscient.

Le venin paralysait ses centres nerveux.

« Tu vas pas mourir Harry hein ? lui murmurait le rouquin tout en se servant de son mouchoir imbibé d'eau pour lui rafraîchir le front…tu vas pas me laisser dis ?

Blaise qui était resté sans cesse près de lui se sentit impuissant, il se leva et rejoignit Draco qui s'était assit sur un rocher à l'écart.

« Ca ne te fais rien de le voir comme ça? S'énerva-t-il en voyant son visage où nulle expression ne se lisait...il est peut-être en train de mourir et toi tu restes là, indifférent.

« Il ne va pas mourir, c'est Potter! Rétorqua le blond avec assurance...et de toute façon je ne peux rien faire.

Blaise le fixa avec exaspération.

« Il y a vraiment des moments où t'es pas humain! Dit-il avant de tourner les talons pour aller retrouver Ron.

Bon week-end et à bientôt!