Auteur : DQRC
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : T
Genre(s) : Angst/Romance
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à DQRC. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
- Chapitre 6: Peur -
-PoV Edward-
Je me précipitai à travers les portes au bout du hall et m'élançai sans rien voir dans le couloir.
La colère brûlait dans mes veine comme un feu alors que je parcourais les couloirs de l'école, mon cerveau tournant à cent à l'heure. Je n'arrivais pas à croire à ce qui venait de se passer; que Bella, ma Bella, puisse être si froide envers moi était impensable. Des visions de son visage envahirent mon esprit, des visions de son indifférence alors qu'elle m'ignorait et qu'elle parlait à Carlisle, alors qu'elle me traitait comme un stupide enfant.
Je grognai à ce souvenir et enfonçai une autre porte avec une force presque incontrôlée. Je détectai un léger changement de température et réalisai que je venais de sortir du bâtiment pour arriver dans la cour centrale autour de laquelle l'école avait été construite.
Il faisait sombre et tout était silencieux, seuls quelques tables et quelques bancs couverts de neige se dressaient devant moi. Je fis un pas en avant et me glissai sur le côté jusqu'à ce que mon dos entre en contact avec le mur. Je me laissai glisser contre, la tête entre les mains. Que viens-je de faire? J'avais très certainement sacrifié toutes chances de jamais récupérer Bella, sans mentionner que j'avais bien trop attiré l'attention d'humains sur moi. Elle m'avait juste mis si en colère. Elle m'évitait pendant des semaines, et ensuite elle me punissait lorsque j'essayai de lui parler et maintenant, elle refusait tout simplement d'écouter ce que je voulais lui dire. Je jurai avec colère et mes épaules s'abattirent de dépit. Je savais que ce serait une mauvaise idée de rester à Rochester; on aurait dû partir tout de suite. J'avais été fou de croire qu'il y avait même le plus infime espoir que Bella ressente toujours quelques chose pour moi; il m'était évident qu'elle détestait mon retour dans sa vie.
Mais là encore, au cours de ma première et dernière tentative de 'séduction' après son cours, trois semaines plus tôt, j'aurais pu jurer qu'elle pensait différemment. Au début, j'avais juste eu l'intention de lui parler, mais quand elle avait trébuché et qu'elle avait atterri dans mes bras, j'avais décidé que peut-être, juste peut-être, suivre le conseil d'Emmett serait une bonne idée. En effet, pendant quelques secondes bénies, j'avais espéré que mon désir de l'embrasser soit partagé.
Cependant, il semblerait que je me sois complètement trompé. Après que l'arrivée d'une étudiante ait abruptement mis fin à mes avances, Bella avait semblé être absolument furieuse et elle ne m'avait pas parlé depuis, malgré tous les efforts que j'avais fait pour la contacter. Toute ma famille avait offert de m'aider, surtout Alice, mais je leur avais ordonné de ne pas s'en mêler, principalement parce que j'étais bien trop fier pour admettre que j'avais échoué dans ma tentative de séduction. J'étais maintenant sur le point de sombrer dans le désespoir le plus profond; je me sentais rejeté et embarrassé. Mais encore pire que ça, il y avait le niveau suprême de rage que je ressentais: envers Bella pour ses actions, envers ma famille pour m'avoir persuadé de rester à Rochester et surtout envers moi-même de les avoir cru lorsqu'ils m'avaient assuré que Bella m'aimait encore. Je poussai un long grognement frustré alors que mon esprit s'emplissait à nouveau des souvenirs des yeux de Bella, emplis d'une colère qui ne lui ressemblait pas.
"Edward?"
Mes yeux s'ouvrirent pour voir Emmett arriver avec une expression surprise sur le visage. "Qu'est-ce qui ne va pas?" me demanda-t-il. "Pourquoi n'es-tu pas avec Carlisle et Esme? T'étais pas censé voir Bella?"
Je me contentai de hocher la tête, incapable de lui répondre. J'étais déjà à ma limite; la dernière chose dont j'avais besoin c'était d'un interrogatoire de la part d'Emmett. Emmett se dirigea vers le banc le plus près, sur lequel il s'assit avant de me regarder avec curiosité.
"Alors qu'est-ce qui s'est passé?" me demanda-t-il.
"J'ai été mis à la porte," dis-je à travers mes dents serrées. Emmett haussa les sourcils et me fit un large sourire.
"Tu quoi?"
"J'ai été mis à la porte," répétai-je alors que l'irritation commençait à envahir mes sens. Il m'avait parfaitement entendu la première fois, il voulait juste m'humilier encore un peu plus. Je me relevai et commençai à faire les cent pas pour essayer de me vider l'esprit.
"Qui t'a mis à la porte?" me demanda-t-il, et son sourire s'élargit.
"Carlisle," dis-je sèchement. J'étais vraiment entrain de perdre patience.
"Pourquoi a-t-il-"
"Parce que j'étais entrain de crier sur Bella," répliquai-je avec colère, "elle n'écoutait pas ce que je lui disais donc ça m'a frustré et j'ai commencé à crier. Certains humains m'ont entendu et Carlisle m'a dit de partir."
"Classe," ricana Emmett, les yeux pétillants d'amusement. Vu mon état de tension, ce simple mot fut suffisant pour me pousser à bout. Je me tournai pour lui faire face, enragé.
"La FERME," grognai-je en lui lançant un regard noir. "C'est déjà de ta faute, même sans tes commentaires juvéniles." Les yeux d'Emmett s'écarquillèrent d'incrédulité.
"C'est quoi ce délire?" cria-t-il en sautant sur ses pieds. "En quoi c'est ma faute?"
Je plissai les yeux. "C'était ton idée à toi de rester!" Je modifiai ma voix, imitant son ton moqueur, "'tu n'auras qu'à la séduire, Edward; Bella t'aime, Edward; elle te reviendra avec un peu de persuasion'. Quel conseil stupide!" Je crachai à ses pieds, expulsant le venin que ma rage avait fait monter à ma bouche.
"Ce n'était PAS un conseil stupide," me répondit Emmett d'une voix offensée, "tu as à peine essayé!"
Je grognai de colère, "Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, il m'est presque impossible de ne serait-ce que m'approcher d'elle, et encore moins-"
"Oh, arrête Edward!" renifla Edward, "tu es un vampire! Tu aurais pu te retrouver seul avec elle si tu l'avais voulu. Admets-le, ton plan n'a pas marché parce que tu as autant d'expérience en matière de séduction qu'un enfant de 10 ans-"
"Mon plan n'a pas marché parce que c'était une suggestion stupide et enfantine!" grognai-je en montrant les dents pour l'interrompre, "ce qui n'est pas vraiment surprenant étant donné que c'est toi qui a eu cette idée." C'était une réponse pathétique et complètement fausse; Emmett était tout sauf stupide. C'était une idée souvent reçue chez les gens qu'on ne connaissait pas...qu'Emmett soit un crétin à cause de ses muscles et de son comportement amical, mais la vérité c'était qu'il était tout aussi intelligent que Jasper ou Carlisle et deux fois plus logique. Les sourcils d'Emmett se froncèrent pour marquer sa colère.
"Marrant," dit-il lentement en se dirigeant vers moi jusqu'à ce qu'il soit insupportablement près, les yeux perçants, "que même si c'est moi qui est si stupide, ce n'est pas moi qui a du mal à parler à la femme que j'aime-"
"Je lui ai parlé, et regarde où ça m'a mené - absolument NULLE PART!" criai-je alors que la colère se répandait dans mes veines glacées, embrumant mon esprit. Toute la rage et toute la frustration que j'avais ressentis au cours des dernières semaines courait dans mes veines, amplifiée dans son intensité par ma confrontation avec Bella. La minuscule partie rationnelle de mon esprit savait que rien de tout ça n'était vraiment la faute d'Emmett, mais je m'en moquai. J'avais besoin de blâmer quelqu'un pour la haine, la douleur et le rejet que je ressentais actuellement et c'était beaucoup plus facile de le blâmer lui plutôt que d'admettre que j'avais eu tort. Emmett ne sait pas de quoi il parle, siffla la partie enragée de mon cerveau; cette conversation est ridicule. "J'avais raison et je n'aurais jamais dû écouter tes idées inutiles," dis-je. "Rien de tout ça ne serait arrivé si nous étions repartis il y a trois semaines. Je ne referais pas la même erreur- Je m'en vais." Je fis volte-face, le corps secoué de tremblements, mais Emmett m'en empêcha.
"Oh BIEN SÛR, tu t'en vas!" cria-t-il, les yeux brillants. "C'est ce que tu fais de mieux, n'est-ce pas, Edward. A l'instant même où ça devient un peu compliqué, tu décides de partir." Je plissai les yeux et serrai les poings.
"Arrête ça, Emmett," murmurai-je d'une voix glaciale. Il m'ignora cependant, et haussa le ton pour noyer le son de mes grognements.
"Toute ta vie, tu as fuis tes problèmes, prétendant qu'ils n'existaient pas, préférant te mêler des affaires des autres et jouer à Dieu dans la vie des autres, juste parce que tu peux. Mais à la minute même où tu trouves une raison d'exister,à la minute même où tu trouves une fille et que tu apprends ce qu'est l'amour par toi-même, et non pas comme un voyeur dans la tête des autres, tu as tellement peur que tu commences à fuir."
"ARRÊTE ÇA MAINTENANT!" criai-je, en tremblant de tout mon corps. Je pouvais sentir les derniers vestiges de mon contrôle disparaître un peu plus à chaque mot qu'Emmett prononçait. Je voulais qu'il arrête, qu'il parte, qu'il meurt; n'importe quoi mais qu'il se taise. Ses accusations s'infiltraient en moi comme du poison, brisant mon coeur et assombrissant mon âme. C'était comme si j'avait été mis à nu, mes secrets les plus sombres et mes insécurités les plus profondes révélées au monde entier. Le pire c'était qu'au plus profond de moi, je pouvais sentir la vérité derrière ses mots; je savais qu'il avait raison et ça me tuait. Tu ne peux pas refaire ça à Bella, espèce de lâche, me hurlèrent les pensées d'Emmett.
"Je suis sûr que tu penses être noble, n'est-ce pas?" me demanda Emmett, la voix pleine d'amertume. "Il est évident que tu te complais dans la pitié; il est évident que tu aimes avoir ce genre de contrôle, que tu en tires un plaisir malsain. Ben devine quoi, Edward? On est peut-être pas capable de lire tes pensées, mais on voit tous ce que tu fais. Tout le monde sait que tu as eu tort et que tu n'es rien d'autre qu'un IDIOT de première classe, qui gagnerait la médaille olympique de ruineur de vie!"
Il n'y avait plus rien à faire. A l'instant même où la tirade d'Emmett toucha à sa fin, je sentis une barrière rompre en moi, et avant même que je ne réalise ce que je faisais, je m'étais jeté sur lui. La colère émanait de chaque pore de ma peau alors que je montrai sauvagement les dents en me précipitant vers lui. Je me préparai à l'impact, les mains déjà tendues pour s'enrouler autour de sa gorge, mais il fut trop rapide, bougeant à la vitesse de la lumière pour finir à quelques pas de là où il avait été. Alors que je faisais volte-face pour bondir à nouveau sur lui, je vis un flash de blond du coin de l'oeil. Jasper avait décidé d'intervenir, ses cheveux blonds flottant derrière lui alors qu'il courait à toute vitesse dans notre direction à Emmett et moi. J'essayai de m'échapper mais ce fut inutile; je sentis Jasper apparaître instantanément à mes côtés, en plaquant mes bras dans mon dos avec assez de force pour briser des os humains et en me noyant sous des vagues de calme simultanément. Mais ma colère était telle, cependant, que ses tentatives ne firent que rebondir sur moi, inefficaces.
"Pour l'amour de Dieu, Edward, qu'est-ce que tu crois que t'es entrain de faire?" feula Jasper en luttant pour me retenir alors que je me débattais furieusement. Je claquai des dents avec irritation et me débattis encore plus fort alors que des grognements gutturaux s'échappaient de ma gorge. Je n'étais plus moi-même; la créature incontrôlable emplie de rage et de désespoir qui s'était emparé de mon âme était sauvage et monstrueuse - le parfait opposé du sage et poli Edward Cullen. Je lançai un regard noir à Emmett depuis les bras de Jasper, mes yeux brûlant alors que je voyais sa position combative - à l'identique de la mienne. Il me lança un regard provocateur qui était empli de danger.
"Qu'est-ce que tu vas faire, Edward?" grogna-t-il, une menace mortelle bien claire dans sa voix basse. "Me tuer? Vas-y; fais de ton mieux. On verra qui est encore debout à la fin, d'accord mon frère?"
Le mot me choqua et la minuscule partie de mon esprit qui n'était pas sous le contrôle du monstre parla assez fort pour la première fois. C'est Emmett, plaida-t-elle, pas un ennemi; un membre de la famille. Penses aux autres; penses à Carlisle. Et ensuite, penses à Esme. Des visions de mes parents, choqués et dévastés, soutenant une Rosalie sanglotante envahirent mon esprit, et j'hésitai. Mon moment d'incertitude fut tout ce dont Jasper eut besoin pour submerger ma colère, et je sentis son pouvoir s'écraser sur moi comme un mur, repoussant brutalement ma colère. Je m'arrêtai et tanguai, désorienté, comme si je venais de me réveiller d'une transe. Puis, affaibli, je tombais à genoux sur le sol enneigé en agrippant ma tête à deux mains.
A quoi je pensais? me demandai-je, horrifié. Incrédulité et honte me submergèrent comme elles l'avaient fait trois semaine plus tôt, quand j'avais menacé Alice, mais cette fois, c'était cent fois pire. Qu'est-ce que je suis devenu? J'avais peur de la réponse. C'était plus qu'une simple agression; j'avais vraiment essayé d'attaquer Emmett. Et si je l'avais blessé? Tué? Même si, bien que ce soit impossible, ma famille ne m'aurait pas puni après un tel acte, je n'aurais jamais été capable de vivre avec ça. J'aurais lancé le plan que je n'avais jamais suivi et je serais aller directement à Volterra. La simple pensée des répercussions possibles de mon moment de folie suffit à me rendre malade.
Je pouvais voir que Jasper avait approché Emmett et placé une main apaisante sur son épaule. Emmett l'accueillit avec reconnaissance, plaçant sa propre main sur la sienne et laissant son souffle reprendre un rythme normal avant de finalement le relâcher. "Merci," dit-il à Jasper, qui hocha la tête sans dire un mot. Puis ils se tournèrent pour me regarder avec des expressions secouées sur le visage. Je n'arrivai même pas à croiser leurs regards. A travers toute ma douleur, le soutien de ma famille avait toujours était constant: maintenant je ne méritai même pas d'être en leur présence.
La voix de Jasper rompit le silence, "Il va bien maintenant," murmura-t-il à Emmett, "il ne semble plus ressentir aucune colère, juste de la culpabilité."
"Mais il a essayé de me tuer, Jasper!" répliqua Emmett d'une voix choquée, "il l'aurait peut-être fait si tu n'avais pas..." il s'interrompit, abasourdi.
Il y eut un long silence durant lequel Jasper m'étudia attentivement. "Non," soupira-t-il finalement, "non...je ne pense pas qu'il l'aurait fait. Il réfléchissait déjà à ses actions lorsque je suis intervenu; une minute de plus et il aurait repris le contrôle." Emmett fit un petit bruit incrédule; clairement, il ne trouvait pas ça très rassurant.
Est-ce qu'il a raison, Edward? pensa-t'il. Tu te serais arrêté de toi-même? Est-ce que tu éprouves même le moindre remord maintenant?
"O-oui," balbutiai-je en me relevant avec difficulté, "Emmett je...je ne sais pas ce qui vient de se passer, je ne pouvais pas...Seigneur, je te le jure...je suis tellement désolé," le dernier mot venait à peine de s'échapper de mes lèvres quand un sanglot brisé me secoua le corps. Je me tendis, luttant pour le retenir. J'étais sûr que je ne m'étais jamais senti aussi coupable de toute mon existence. Emmett soutint mon regard pendant ce qui sembla être une éternité. Ses yeux était vides de tout humour, ce qui ne lui ressemblait vraiment pas, et sérieux comme je ne l'avais jamais vu auparavant.
"Bien sûr, tu es désolé maintenant, mais qu'est-ce qui ce passera la prochaine fois où je dirais quelque chose qui ne te plaira pas? Est-ce que tu vas me tuer?" me demanda-t-il finalement.
"Non!" criai-je, dégoûté par cette idée.
"J'essayais seulement de t'aider Edward, c'est tout ce qu'on a jamais essayé de faire. Bella était comme une soeur pour moi; je veux qu'elle revienne dans nos vies presque autant que toi." Il secoua tristement la tête, déçu par ma réaction. "Tu dois reprendre le contrôle de tes émotions; Jasper ne sera pas toujours là pour te calmer. Et si tu perds le contrôle en présence de Rose ou d'Alice..." Il n'eut pas besoin de finir sa phrase; le grognement bas de Jasper nous dit tout ce qu'on avait besoin de savoir.
"Je sais," dis-je d'une voix basse et douloureuse. "Je ne leur ferais...je ne me permettrais jamais de leur faire le moindre mal." Il y eut un autre long silence alors qu'Emmett me jaugeait. Finalement, il hocha lentement la tête et je sus que j'étais presque entièrement pardonné. Pas que je le mérite.
Il y eut un autre long silence puis: "Je dois parler à Carlisle," dis-je d'une voix tremblante en me tournant vers Jasper, "Est-ce que tu sais où il est?"
"Il est avec Rosalie," me dit Jasper, "il nous a rejoint dans le couloir et on allait venir te chercher, mais ils ont été retenu par un des professeurs de Rosalie. Carlisle m'a envoyer te chercher à la place, il semblait penser que tu aurais besoin d'être calmé." Il haussa un sourcil et je détournai le regard, honteux.
Emmett plissa les yeux. "Attends une seconde, pourquoi tu dois parler à Carlisle?"
Je restai silencieux parce que je ne voulais pas lui répondre. Je ne voulais pas recommencer à me disputer avec lui et je ne me faisais pas assez confiance pour être certain que je ne perdrais pas le contrôle si Emmett me provoquait à nouveau. En voyant l'expression d'Emmett, cependant, je sus que je n'avais pas le choix. "Je veux parler à Carlisle parce que...parce que j'ai besoin de lui dire que je m'en vais."
"QUOI!" hurla Emmett. Il s'approcha de moi, à nouveau furieux. "N'as-tu rien entendu de ce que je viens de te dire? Comment peux-tu encore penser que c'est une bonne idée de partir?" Il me lança un regard noir et fit un pas vers moi. Jasper se plaça hâtivement entre nous et posa une main apaisant sur l'épaule d'Emmett.
"Oui, Emmett," dis-je, "J'ai entendu tout ce que tu as dit, et tu avais raison. Je n'aurais jamais dû quitter Bella; j'ai fait plus de mal que de bien et je ne me pardonnerais jamais de l'avoir perdu." Je m'interrompis, me préparant mentalement à la douleur que je ressentirais en prononçant mes mots suivants. "Mais le fait est que je suis parti, et que je ne serais jamais capable de réparer ça. C'est arrivé, Bella m'a oublié et il n'y plus aucune raison pour moi de rester ici. Je ne peux pas la 'séduire' et je ne peux pas la forcer à m'aimer. Je dois partir, c'est juste trop dur d'être constamment en sa présence mais d'être incapable d'être avec elle."
"Mais comment tu sais qu'elle ne t'aime pas?"
"Parce qu'elle me l'a dit!" grognai-je en sentant ma colère être repoussé par le calme étouffant de Jasper. "Qu'est-ce que je suis censé faire?" Séduis-la! répliquèrent les pensées d'Emmett. Je grognai à nouveau. "Si tu penses au mot 'séduire' une fois de plus, Emmett, je te jure que je vais-" Je fus interrompu au beau milieu de ma phrase par Jasper, qui nous enveloppa à nouveau d'une vague de calme. Emmett et moi, on se détendit immédiatement; on s'était tous les deux inconsciemment tendu en prévision d'un autre combat. Une fois qu'il fut satisfait qu'on se soit tous les deux calmés, Jasper s'adressa à moi.
"Ce qu'Emmett essaye de te dire, Edward, c'est que tu dois revoir tes tactiques."
Je regardai Jasper avec incrédulité. "Mes tactiques? Ce n'est pas un jeu!"
"Vraiment? Je croyais que tu voulais la récupérer," dit Jasper en haussant les sourcils.
"Bien sûr, mais-"
"Et clairement, tes méthodes n'ont pas été efficaces jusqu'à maintenant," m'interrompit-il.
"Ha! Ça tu peux-" commença Emmett, mais il fut réduit au silence par les regards que Jasper et moi, on lui lança.
Je me tournai à nouveau vers Jasper. "Qu'est-ce que tu veux dire? J'ai fait tout ce que je pouvais." C'était vrai, j'avais essayé de parler à Bella, je l'avais appelé chaque soir, je lui avais joué sa berceuse. J'avais même essayé, bien que maladroitement, de l'éblouir' après les cours mais rien n'y avait fait. Je ne pensais vraiment pas qu'il y avait quoi que ce soit d'autre que je puisse faire.
Cependant, à en juger par la façon dont Jasper me regardait, il était évident qu'il n'était pas d'accord avec moi. "La suivre? La harceler au téléphone? Perturber volontairement sa classe avant de l'attaquer verbalement devant ses collègues?" Je hochai très lentement la tête. Dit comme ça, ça semblait vraiment tordu, mais je n'arrivais pas vraiment à comprendre où il voulait en venir. Jasper secoua la tête avec exaspération. "Honnêtement, Edward, au vu de ton comportement récent, je suis surpris que Bella ne t'ai pas fait un procès."
Je fis courir ma main dans mes cheveux, distrait. "Alors que suis-je censé faire? Elle me déteste, Jasper, elle était absolument folle de rage après la seule fois où j'ai essayé de la 'séduire' et ensuite elle m'a évité pendant trois semaines. Elle ne veut pas savoir!"
Jasper leva les yeux au ciel. "Est-ce vraiment une surprise? Considère la situation de son point de vue, tu as quitté Forks et tu n'as pas essayé de la contacter depuis."
"C'est parce que-" commençai-je avec agitation, mais Jasper leva la main pour me faire taire.
"Je ne questionne pas tes actions; je comprends pourquoi tu es parti, même si je ne suis pas d'accord avec toi. Mais là n'est pas la question, ce que j'essaye de te dire, c'est que Bella n'a sans aucun doute pas vraiment apprécié que tu la quittes pour la 'protéger'. Dieu seul sait qu'elle n'a absolument aucun instinct de survie; tu ne te rappelles pas de ce qui s'est passé avec James? Bella t'aimait Edward; l'intensité de ses émotions quand vous étiez ensemble m'empêchaient pratiquement de me retrouver dans la même pièce que vous. Tu lui as fait du mal quand tu l'as quitté et elle a eu six ans pour se complaire dans cette douleur. Tu ne peux tout simplement pas t'attendre à ce qu'elle t'accueille à bras grands ouverts."
Je ne répondis pas, soudainement mal à l'aise. La vérité c'était que Jasper ne savait pas tout.
Comme le reste de ma famille, il croyait que j'avais simplement dit à Bella qu'on partait pour assurer sa protection. Ils n'avaient aucune idée des détails de notre conversation, tout comme ils ne soupçonnaient absolument pas que la version que je leur avais donné n'était pas la vérité. A cette époque, je ne croyais pas que le fait que je mente à Bella au sujet de mes émotions était important; et c'était seulement maintenant que je commençai à penser différemment. Je doutai que ça fasse une grande différence pour elle; après tout, une simple conversation n'aurait jamais pu ruiner des mois de déclarations, mais j'hésitai toujours à dire à ma famille ce qui s'était passé dans la forêt. J'essayai de contrôler mon visage pour ne pas me trahir devant Jasper et Emmett, mais je ne pus pas retenir les sentiments de culpabilité et de regret qui s'enroulèrent autour de mon coeur. Jasper me regarda avec surprise avant de froncer les sourcils.
"C'est tout ce que tu lui as dit, n'est-ce pas? Tu n'as rien dit d'autre, rien qui puisse expliquer sa rage actuelle?"
"Non, bien sûr que non," dis-je rapidement mais il était évident que Jasper n'était pas convaincu.
"Edward," me prévint-il dans un grognement.
Pourquoi tu mens? pensa-t-il, qu'est-ce que tu lui as dit?
Je tournai autour du pot, essayant de gagner du temps. "Lui dire que j'étais trop dangereux n'a pas été suffisant," dis-je en essayant de me justifier, "elle ne voulait pas me laisser partir; elle voulait venir avec nous..." Je m'interrompis faiblement avant de grimacer sous les regards impassibles de mes frères.
"Alors qu'est-ce que tu as dit?" me demanda lentement Emmett, les yeux écarquillés.
Je fermai les yeux et grimaçai de douleur en me souvenant de cette horrible nuit.
"Je ne veux pas que tu viennes, Bella," assenai-je lentement et distinctement, l'incitant à croire ce mensonge tout en ignorant la voix qui criait la vérité dans ma tête. Nous y étions; je commettais le pire des blasphèmes et j'étais définitivement condamné à l'enfer désormais.
Ses sourcils se froncèrent alors qu'elle réfléchissait à mes mots. "Tu...ne...veux...pas...de...moi?"
J'ignorai mon coeur, renforçai ma résolution et prononçai la syllabe qui allait détruire ma vie: "Non."
Je frissonnai et ramenai mon esprit au présent. Jasper et Emmett me regardait toujours avec attention. Je ne pouvais pas y échapper, je devais leur dire.
"Je...je lui ai dit que je ne voulais pas qu'elle vienne avec moi," leur dis-je d'une voix à peine plus forte qu'un murmure, "elle m'a demandé si je la voulais et...j'ai dit non."
Un silence assourdissant suivi mes mots; il fut rompu après ce qui sembla être une éternité par un Emmett abasourdi.
"Tu...lui as mentis?" demanda-t-il, complètement surpris, "tu lui as dit que tu ne l'aimais pas?"
Je baissai la tête pour acquiescer. Il me regarda avec la mâchoire pendante, complètement ahuri. Même ses pensées étaient abasourdies. Puis finalement, une pensée me parvint! Espèce de CRETIN fini! "EDWARD!" cria-t-il, "Bordel, à quoi tu PENSAIS? C'est pas SURPRENANT que Bella ne veuille pas te parler; elle croit encore que tu ne l'aimes pas!"
Je secouai la tête et détournai les yeux de son visage enragé. "Non, tu as tort. Comment pourrait-elle encore penser ça? Après toutes les fois où je lui ai dit que je l'aimais, comment pourrait-elle laisser un mot détruire la foi qu'elle avait en moi?" Je pourrais comprendre que le mensonge la mette encore plus en colère, mais je ne pensais honnêtement pas qu'elle puisse toujours y croire; c'était un mensonge bien trop transparent. Comme si je pourrais jamais arrêter de la vouloir. Six ans avait sûrement été suffisant pour qu'elle réalise que ce n'était qu'un mensonge. Je relevai la tête pour voir Emmett et Jasper me regarder avec la même expression de rage sur le visage. Finalement, Jasper cracha, "Alice avait raison, tu es vraiment un petit-"
Edward! J'ignorai le reste de la phrase de Jasper lorsque j'entendis quelqu'un penser mon nom derrière moi. Je fis volte-face pour voir Carlisle arriver du même endroit que Jasper, son visage parfait mortellement sérieux. Oh-oh. Il n'avait pas l'air content. Dès qu'il fut à quelques pas de moi, la diatribe commença.
A quoi tu pensais, Edward? me demandèrent ses pensées, Comment as-tu osé parler comme ça à Bella? Et devant une foule d'humains? Tu aurais pu tous nous exposer, c'était stupide et inconsidéré.
Je baissai la tête de honte. "Je sais Carlisle, je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a prit." Il me regarda avec déplaisir pendant quelques secondes supplémentaires avant de soupirer, sa colère laissant place à de l'épuisement.
"Honnêtement Edward," souffla-t-il, "tu dois être plus prudent." Je hochai docilement la tête; il avait raison, mon comportement dans le hall, bien que peut-être justifié, avait été extrêmement irréfléchi. "Et fils," continua Carlisle, attirant à nouveau mon attention, "un simple conseil, si tu veux la, ahem, 'séduire', ça," dit-il en faisant un geste de la main vers le hall, "n'était pas le meilleur moyen d'y parvenir." Je grognai. Pas encore ça.
"Ben ce n'est pas important de toute façon parce que-" commençai-je, avant d'être interrompu par l'arrivée d'Esme.
"Carlisle!" cria-t-elle en passant rapidement les portes par lesquelles j'étais sorti, son visage doux illuminé par l'inquiétude. Lorsqu'elle atteignit Carlisle, elle se jeta dans ses bras, les yeux écarquillés alors que les siens se remplissaient d'inquiétude. "Carlisle, quelque chose d'horrible vient-" elle s'interrompit en réalisant que Jasper, Emmett et moi l'écoutions avec curiosité. A ma plus grande surprise, son expression inquiète se transforma en pure panique. Je me concentrai immédiatement sur ses pensées. Elle était dans un tel état de détresse que malgré tous ses efforts, elle ne fut pas capable de me bloquer. Une image de Bella apparut dans ma tête. Je la regardai alors qu'elle faisait clairement comprendre à Esme qu'elle ne m'aimait pas. Les mots ne me surprirent pas, mais ils furent tout de même incroyablement douloureux à entendre. Je regardai Esme, dont l'expression douloureuse était presque identique à la mienne. Oh Edward. Je suis désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher. Mais elle a très bien pu me mentir... Je secouai sèchement la tête, refusant ses mots. Cette déclaration, couplée au comportement récent de Bella à mon égard, confirma qu'elle me détestait. Je me tournai lentement pour faire face à Carlisle et aux autres qui nous regardaient tous avec appréhension.
"Bella vient de dire à Esme qu'elle ne m'aime pas. Est-ce une preuve suffisante de la futilité de ma présence ici? Maintenant peut-on partir?"
"Non!" dit Emmett. "On ne partira pas tant que tu n'auras pas dit à Bella que tu lui as menti!"
"Menti à quel sujet?" demanda Esme avec confusion.
"Quand on a quitté Forks, Edward a dit à Bella qu'il ne l'aimait pas," dit Emmett en gardant ses yeux plissés sur moi. Esme et Carlisle laissèrent tous les deux échapper des petits cris de choc et d'incrédulité. Ils se tournèrent pour me regarder avec les yeux écarquillés.
Oh Edward! pensa Esme avec désespoir.
"Est-ce vrai?" me demanda sérieusement Carlisle.
Je soupirai, stressé. "Oui," dis-je finalement à contre-coeur. Ce qui tira un autre round de soupirs exaspérés et de grognements à ma famille. "Ecoutez," dis-je en haussant la voix pour que tout le monde m'entende, "rien de tout ça ne compte, c'est du passé. Quoi que j'ai pu dire à Bella il y a six ans, il est évident qu'aujourd'hui elle ne m'aime plus. J'ai accepté de rester à Rochester jusqu'à ce que j'ai déterminé les sentiments de Bella pour moi; il est douloureusement évident qu'elle ne m'aime pas, donc il n'y a aucune raison de rester ici."
"Je t'ai déjà dit qu'elle pense probablement-" commença Emmett, mais je l'interrompis.
"C'est mon dernier mot; je ne veux plus parler de ça." Je regardai Carlisle. "Je suppose que nous pourrons partir dès ce soir?"
Il resta silencieux pendant une minute, comme s'il délibérait. Que puis-je bien lui dire? pensa-t-il. Je fronçai les sourcils en essayant de comprendre ses pensées confuses. "En fait," dit-il avec hésitation, "on ne peut pas partir, pas tout de suite, en tout cas."
"Quoi? Pourquoi?"
"Je suis désolé Edward," me dit-il calmement, "J'étais si convaincu que nous resterions que je n'ai même pas prévenu l'hôpital de notre possible départ."
"Et alors?" criai-je. "Tu ne les pas prévenu à Forks! Appelle l'hôpital maintenant, en quoi est-ce important?" Je n'arrivai pas à croire que Carlisle utilisait l'hôpital comme excuse pour rester; il était évident que sa décision n'avait rien à voir avec ça.
"Je ne peux pas faire ça-"
"Pourquoi pas?"
"-parce que je ne veux pas," finit-il simplement. Je le regardai, abasourdi alors qu'il continuait. "Quitter Forks a été une terrible erreur avec de lourdes conséquences pour chacun d'entre nous; je n'ai aucun désir de reproduire cette erreur."
Agrippant mes cheveux avec frustration, je rugis, "ELLE NE M'AIME PAS! Quand l'accepterez-vous?"
Carlisle me regarda paisiblement, son visage calme complètement à l'opposé du mien. "A en juger par ce qu'Emmett vient de nous dire, tu ne peux pas en être sûr tant que toi et Bella n'êtes pas d'accord sur tes sentiments. Je suggère que tu reste à Rochester suffisamment longtemps pour lui parler convenablement, de préférence au cours d'une conversation qui ne se terminera pas en cris." Je me contentai de le regarder sans rien dire. Pourquoi étaient-ils tous si déterminés à s'opposer à moi? J'étais complètement impuissant. Je ne pouvais pas partir tout seul sans prendre le risque de faire du mal à Esme et je ne pouvais pas forcer ma famille a venir avec moi. "Et de toutes façons," continua Carlisle, ne remarquant apparemment pas mon état abasourdi, "ce serait incroyablement malpoli de déménager alors que nous attendons une invitée." Le mot 'invitée' me sortit directement de ma transe. Nous attendions une invitée? Qui pourrait bien venir nous rendre visite? Nous n'avions aucune connaissance qui pourrait nous rendre visite à l'exception de...mes yeux s'écarquillèrent d'horreur lorsque je lus les pensées de Carlisle.
"Non!" haletai-je avec incrédulité. Pas moyen, il ne peut pas parler de- "Pourquoi Carlisle?" criai-je désespérément. "Comment pourrais-tu bien crois que l'inviter elle serait une bonne idée?"
Carlisle me regarda et je fus très légèrement réconforté par le fait qu'il avait le bon goût de sembler honteux. "Je ne l'ai pas tant invité qu'elle s'est invitée toute seule..." me dit-il avec culpabilité. Il était évident, à en juger par l'expression de son visage, que Carlisle avait déjà révélé cette information cruciale à Esme, mais Emmett et Jasper nous regardaient avec confusion.
"Qui vient nous rendre visite?" demanda Jasper.
"Tanya," dis-je en même temps que Carlisle. Sa voix était calme alors que la mienne était horrifiée. Ce n'était pas seulement désagréable, c'était horrible, terrible, CATASTROPHIQUE.
Emmett éclata de rire.
Je fis volte-face et lui lançait un regard noir qui exigeait qu'il tombe raide mort, immédiatement. "En quoi cette situation est-elle drôle?" Emmett haussa les sourcils, comme si la réponse aurait dû être évidente. Cependant, une fois que son regard voyagea de mon visage enragé, à celui confus des autres, il sembla réaliser que personne d'autre n'avait compris.
"Oh, franchement, aucun de vous ne peut voir ce qu'il y a de drôle là-dedans?" demanda-t-il. On continua tous à leur regarder, imperturbables. "C'est marrant parce que Tanya et Bella sont toutes les deux tes ex-"
"C'est faux, mais continue," grognai-je. Tanya n'avait jamais été mon 'ex', on avait jamais eu de vraie relation; ça avait juste été un malentendu embarrassant. Emmett me regarda avec un sourire moqueur.
"Bon, tu ne peux vraiment pas voir l'ironie dans le fait qu'à 112 ans, tu es encore vierge, et que pourtant tu as deux ex, et que c'est celle que tu déteste qui veut coucher avec toi?"
Emmett Cullen: le roi des commentaires inappropriés. Je lui lançai un regard noir qui aurait pu fendre une pierre en deux avant de me tourner à nouveau vers Carlisle. "Quand Tanya arrive-t-elle?" Peut-être que je peux disparaître sans dire un mot...
"Demain," me dit Carlisle, en arrêtant tous mes plans d'évasion sur leur lancée. "Et je veux que tu surveilles tes manières, et que tu te rappelles de l'éducation que nous t'avons donné, Edward. Je ne veux pas que tu sois quoi que ce soit d'autre que civil avec notre invitée. Maintenant, en ce qui concerne Bella..." Je grognai; cette soirée devenait de plus en plus horrible. "...Je te recommande de lui parler aussi rapidement que possible, ne serait-ce que pour lui prouver que tu es capable d'être un gentleman. Oublie cette histoire de 'séduction', pourquoi n'essayerais-tu pas de commencer par te montrer courtois?" me suggéra Carlisle avec un petit sourire aux lèvres.
Je grimaçai. "Allez, n'a-t-on pas déjà décidé que c'était inu-"
"Tu peux commencer dès maintenant," dit Carlisle, ignorant mes protestations. Il ne me regardait pas; au lieu de ça, il se concentrait sur un point derrière moi. Je vis volte-face pour voir Rosalie approcher de la cours par le chemin pavé qui contournait le bâtiment M, suivi par Alice et Bella. Au début, je fus en colère - j'avais dit à Alice de ne pas parler à Bella - mais ensuite, je sentis mon corps se tendre alors que mes yeux admiraient l'apparence de Bella. Elle écoutait calmement une Alice qui lui parlait avec animation et lui souriait chaleureusement à l'occasion. Elle était si belle; même après tout ce temps, elle me coupait toujours le souffle. Elle était éblouissante, éclairée par la lune, avec ses cheveux acajous tombant en vague douce sur ses épaules, la couleur sombre créant un contraste flagrant avec sa peau pâle. Je réalisai soudainement que toute cette conversation sur mon départ avait été complètement inutile - il n'y avait pas moyen que je m'arrache à nouveau à sa présence; j'étais toujours irrévoquablement amoureux d'elle. L'air sembla se charger magnétiquement alors que mon corps mourrait d'envie de combler la distance entre nous, de la toucher, de la prendre dans mes bras et d'embrasser ses lèvres parfaites...Alors qu'elle et Alice s'approchaient de nous, Bella releva la tête et nous aperçut; elle laissa échapper un petit halètement, ses lèvres s'entrouvrant pour former un petit 'o'. Il me fallut tout mon self-contrôle pour m'empêcher de l'attraper à ce moment-là. Je serrai les poings et me forçai à regarder le sol; je n'avais absolument pas envie de voir le sourire satisfait de Jasper à ma réaction.
"Va la voir maintenant, Edward," me dit doucement Esme, trop doucement pour que Bella l'entende, "on t'attendra dans le parking."
"Non, attendez, je-" Je ne savais pas quoi dire. Je ne voulais pas qu'ils me laissent seuls avec Bella; la vérité, c'était que j'étais terrifié qu'elle me rejette à nouveau. "Qu'est-ce que je lui dis?" finis-je par demander faiblement en me sentant soudainement très vulnérable.
Esme sourit. "Contente-toi d'être poli, Edward. Tu peux être très charmant quand tu veux, tu sais - enfin, cela étant quand tu ne passes pas ton temps à crier. Présente-lui tes excuses et essayer de garder ton calme." Elle me serra dans ses bras avant de tourner les talons pour partir, avec les autres à sa suite. J'essayai de les retenir, mais avant que je ne puisse trouver les bons mots, ils avaient disparus dans les ténèbres et étaient retournés dans l'école.
Je fus soudainement extrêmement conscient du silence qui régnait dans la cour; on entendait que les voitures passant dans la rue et le souffle occasionnel de vent. Lentement, je me tournai. Une partie de moi fut surprise de voir que Bella se tenait toujours là; je m'étais presque attendu à ce qu'elle s'enfuit à nouveau. La neige avait recommencé à tomber; quelques flocons avaient déjà atterris sur ses cils et sur ses cheveux. Je réalisai avec un petit sourire que j'étais désormais jaloux d'un flocon de neige. Bella me regardait avec incertutide et le rouge que je connaissais si bien et que j'aimais tant commencer à envahir son cou et à caresser ses joues. Cette vision familière fit réagir mon corps et avant de pouvoir m'en empêcher, je m'approchai d'elle attiré comme un aimant. Je n'étais pas sûr de ce que j'allais dire, seulement que c'était crucial de ne pas gâcher ma chance. Qu'elle m'aime ou non, je ne pouvais tout simplement pas me permettre de perdre à nouveau Bella. Je l'aimais de tout mon être; sans elle, j'étais incomplet. J'avais besoin d'elle comme un poisson avait besoin d'eau; notre connexion était permanente, puissante et irréversible. Je devais regagner ses faveurs.
Je n'étais qu'à quelques mètres d'elle maintenant, et elle me regardait de ses grands yeux bruns. Nous y étions; c'était peut-être la seule chance que j'aurais jamais. "Bonsoir Bella," dis-je, et ma voix douce sembla résonner dans toute la cour.
Elle me regarda sans respirer pendant quelques secondes, de ses grands yeux incertains. Avec hésitation, ses lèvres s'étirèrent en un minuscule sourire. "Bonsoir Edward."
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