Auteur : DQRC

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Angst/Romance

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à DQRC. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 7: Motos -

-PoV Bella-

La soirée continua à s'écouler lentement, chacun de mes entretiens semblant plus long que le dernier. J'essayai de rester concentrée, mais malgré tous mes efforts, mon attention commençait à s'évanouir et tout - les étudiants, leurs parents, les questions - se fondit dans un brouillard sans fin. Avant vingt-et-une heure, je m'étais trompée dans l'orthographe de deux noms de familles et dans la prononciation de trois de plus et j'avais même appelé un membre de l'équipe de foot 'Katherine'. C'était officiel; je craquai complètement.

Donc je fus sévèrement soulagée lorsque la cloche sonna finalement à vingt-et-une heure trente, signifiant la fin des entretiens. Je dis rapidement au revoir à ma dernière étudiante, et à ses parents, qui semblèrent abasourdis par mon animation soudaine et les guidai rapidement vers la sortie. Une fois qu'ils eurent passé la porte, je retournai à mon bureau et me laissai tomber sur ma chaise avec épuisement.

Quelle nuit. J'avais eu tort quand j'avais prédit que la soirée serait déplaisante; ça avait été bien, bien pire que ça. Le mot 'désastre' n'était même pas assez fort pour décrire tout ça. Mon comportement envers Edward avait été consternant et je me sentais malade d'avoir menti comme ça à Esme. Ma seule consolation, c'était qu'au moins je n'avais pas vraiment perdu quoi que ce soit; ce n'était pas comme si Edward avait encore des sentiments pour moi; maintenant, il en aurait encore moins.

Non, mon problème le plus pressant n'était pas Edward; c'était plutôt la question sérieuse de mes collègues. En regardant autour de moi, je remarquai que la plupart d'entre eux étaient soit entrain de me regarder, soit entrain de parler de moi. Au temps pour ma décision de rester discrète après ma dispute avec Edward pendant le cours; en quelques secondes, j'avais réussi à rendre la situation dix fois pire. Les quelques personnes qui n'avaient pas entendu parler du moindre 'problème' entre le nouvel étudiant si séduisant et moi en entendraient certainement parler maintenant. Je pouvais sentir la panique monter dans ma gorge, et je fus soudainement extrêmement consciente du fait que les yeux de tout le monde étaient posés sur moi. C'était comme d'être sous un projecteur aveuglant.

Je dois partir de là, songeai-je.

Je commençai rapidement à rassembler mes affaires, en ignorant les murmures et les têtes se tournant dans ma direction. Mes joues étaient en feu lorsque je me levai et glissai ma chaise sous mon bureau. Je m'engageai à peine sur le trajet menant à la porte - avait-elle toujours été située aussi loin? - en regardant mes pieds avec détermination, quand une ombre me bloqua le passage. Je relevai la tête pour voir une des Assistantes - une petite femme ronde aux cheveux blonds et aux yeux bleus qui s'appelait Leanne. Elle avait été mon assistante pour ma classe de Première de l'année dernière et elle pensait clairement que ça voulait dire que nous étions copines. Elle me regardait actuellement avec une expression provocatrice sur le visage et je jetai un coup d'oeil par-dessus son épaule pour voir que ses amies nous regardaient en retenant leurs souffles à quelques mètres de là. J'eus l'impression que mon corps s'emplit soudainement de glace. Que veut-elle? Va-t-elle me poser des questions sur Edward? Ferait-elle ça devant tout le monde? Mon cerveau s'emballa et je me préparai au pire des scénarios.

"C'était qui ce type?" me demanda Leanne avec le souffle court. Je sentis mon corps se tendre. Que pouvais-je dire? 'Oh, c'est mon ex, un vampire âgé de 112 ans, pourquoi?' Je grimaçai; toute cette situation aurait pu être évitée si je n'avais pas réagi aussi stupidement.

"C'est un des étudiants..." dis-je prudemment, en essayant de prétendre que sa question ne signifiait rien pour moi.

Elle me regarda avec confusion pendant une seconde avant d'éclater soudainement d'un rire aigu très irritant. "Oh mon Dieu, je ne parlais pas du gamin! Je parlais du type avec lui!" Au début, je fus distraite par le fait qu'elle venait de traiter Edward de gamin - quelque chose qui m'amusait lorsque j'imaginai sa réaction et qui me mortifiait quand je me rappelai de notre différence d'âge à la fois. Au bout de quelques secondes, cependant, je fus capable d'analyser le reste de sa phrase.

"Tu parles de Carlisle?" lui demandai-je, surprise. Je la regardai avec incrédulité alors qu'elle s'évanouissait presque devant moi.

"C'est son nom?" me demanda-t-elle avec impatience. "J'aurais dû savoir qu'il aurait un nom aussi sexy que lui. Il est sublime, n'est-ce pas?"

Je me contentai de la regarder avec la mâchoire pendante. Carlisle? Sexy? Bien sûr, j'avais toujours su qu'il était extraordinairement séduisant - je n'étais pas aveugle après tout - mais je ne l'avais jamais trouvé 'sexy'. Ça aurait été bien trop bizarre; il était presque devenu mon père et, même si je savais qu'il n'avait qu'une vingtaine d'année, il m'avait toujours semblé beaucoup plus mature. C'était très étrange pour moi d'avoir une telle conversation et je me sentis soudainement légèrement nauséeuse.

"Alors pourquoi il était là? A la soirée parents/profs? Il a genre, quoi, vingt-six ans?" me demanda Leanne en me ramenant sur terre.

"Euh, ouais, environ," dis-je rapidement en regardant la porte avec envie, "C'est le père d'Edward - son père adoptif. Lui et Esme ont adopté Edward et ses frères et soeurs il y a quelques années," expliquai-je. "Ils ne partagent pas le même sang, enfin, les blonds si, mais pas les autres. Ils sont tous en couples les uns avec les autres cependant, mais c'est bon, parce qu'ils ne sont pas vraiment frères et soeurs." Que m'arrivait-il? C'était comme si j'avais une diarrhée verbale. Je fermai la bouche en remarquant l'expression surprise de Leanne.

Elle me regarda bizarrement pendant quelques minutes avant de me demander d'une voix déçue, "Alors Carlisle est marié à la petite brune?"

"Uh-uh," dis-je en m'interdisant d'ajouter quoi que ce soit pour dissimuler ma nervosité, "et ils sont très heureux ensemble, depuis des années; c'est le couple parfait. Si tu veux bien m'excuser?" Sans attendre de réponse, je me dirigeai hâtivement vers la sortie, ignorant Leanne qui me cria, "Attends, est-ce qu'il a genre, un frère?" et je disparus dans le couloir, laissant les lourdes portes se refermer derrière moi. Le couloir était vide et silencieux - un changement bienvenu suite aux bruits du hall. La plupart des étudiants et leur famille semblaient être déjà partis, il ne faisait aucun doutes qu'ils essayaient probablement de sauver leur vendredi soir. Je jetai un coup d'oeil par la fenêtre et vis qu'au moins dix centimètres de neige en plus s'étaient déposé sur le sol. Je maudis le mauvais temps avec irritation. J'avais pris ma moto aujourd'hui, donc j'avais vraiment pas besoin de neige supplémentaire. Je sortais rarement ma moto en plein hiver de toute façon, mais j'y avais été forcée ce soir par les horaires de bus erratiques d'un vendredi soir à Rochester; j'avais eu le choix entre prendre ma moto ou attendre pendant une heure et demi dans le froid. Je commençai à me demander si j'aurais pas mieux fait d'attendre le bus pendant une heure et demi; bien que j'ai des chaînes spéciales pour la neige, leur efficacité était limitée, surtout dans une neige profonde. Une chose était sûre, ce ne serait pas un trajet agréable.

Ce fut avec le coeur lourd que je me détournai de la fenêtre et commençai à traverser le couloir pour me rendre à mon bureau, qui était situé à l'autre bout de l'école. Alors que je tournai dans un couloir, je me figeai. Il y avait quelqu'un assis sur une chaise près de la sortie, mais il faisait trop sombre pour que je puisse les identifier. Ne souhaitant pas devoir reparler à l'un de mes collègues, je commençai à faire volte-face, souhaitant disparaître rapidement, mais la silhouette se leva et entra dans une flaque de lumière et je réalisai avec choc qui c'était.

"Alice!" criai-je involontairement. A la minute où je prononçai son nom, je le regrettai. Contrairement à son frère, Alice n'avait pas essayé de me contacter depuis son arrivée à Rochester; je l'avais à peine vue. Je l'avais aperçu une ou deux fois dans les couloirs ou dans la cafétéria. Au début, j'avais vraiment été blessée par son silence, mais j'avais graduellement appris à l'accepter. Je ne pouvais pas mentir et dire que ça ne me faisait pas souffrir - parce que je souffrais, terriblement - mais je décidai qu'au bout du compte, il valait mieux qu'Alice ne veuille pas être mon amie. Comme ça, lorsque les Cullen repartirait, comme je savais qu'ils finiraient par le faire, je n'aurais qu'à souffrir de la perte d'Edward et non pas d'Alice aussi. Tout ça me convainquit qu'Alice ne devait pas apprécier que je lui ai parlé.

Mais je fus surprise. Au lieu de se contenter de me faire un hochement de tête avant de partir, Alice fit quelques pas hésitant vers moi, avant de s'arrêter avec incertitude au milieu du couloir. Elle ouvrit la bouche pour parler avant de s'arrêter avec hésitation, comme si elle ne savait pas comment je réagirais. Finalement, elle parla, "Salut."

Je réalisai soudain qu'Alice avait peut-être hésité parce qu'elle ne savait pas comment je réagirais. C'était une idée ridicule mais qui semblait plus que probable à en juger par son expression anxieuse. Si c'était le cas, alors je devais éclaircir immédiatement les choses, et peu importait ce que ça me ferait plus tard. Je lui souris de toutes mes forces. "Hey Alice," dis-je doucement, "comment ça va?" Sans prévenir, elle bondit gracieusement vers moi et serra ses bras autour de mon cou.

"Oh, Bella," souffla-t-elle contre mon épaule alors que sa douce odeur m'enveloppait. "Tu m'as tellement manqué!" s'exclama-t-elle avant de sangloter en me serrant plus fort dans ses bras. Je lui tapotai faiblement le dos, incapable de faire quoi que ce soit d'autre; j'avais de plus en plus de mal à respirer; j'avais oublié à quel point les étreintes de vampires étaient étouffantes. Elle sembla remarquer mon inconfort parce qu'elle desserra soudainement son étreinte avant de se reculer légèrement, pour étudier mon visage de ses yeux triste. "Je suis si désolée, Bella," me dit-elle avec désespoir, "pour tout, d'être partie, de ne pas t'avoir dit au revoir," elle secoua tristement la tête. "Je n'aurais jamais dû accepter mais il m'a forcé."

Je grimaçai à la mention d'Edward et essayai immédiatement de changer de sujet. "Euh, c'est bon Alice," dis-je et lorsque les mots quittèrent mes lèvres, je réalisai que je les pensais vraiment. Tout comme avec Carlisle et Esme, j'étais folle de joie qu'Alice soit de retour dans ma vie. Elle était toujours la meilleure amie que j'ai jamais eu et je ne pouvais honnêtement pas dire que je n'étais pas extatique de la revoir. Cependant, il sembla qu'Alice ne m'écoutait pas parce qu'elle continua à s'excuser.

"Je voulais venir te voir, pour t'expliquer, mais Edward a dit que je ne pouvais pas, il avait tellement hâte de partir." Je grimaçai légèrement lorsqu'elle me confirma l'indifférence d'Edward par inadvertance, mais Alice continua sans rien voir, "et ensuite, lorsque on est arrivé à Rochester, il a dit qu'il voulait te parler tout seul, donc-"

Je grimaçai. Encore plus d'Edward. "C'est bon," répétai-je. "Je te pardonne complètement; il n'y a même rien à pardonner."

Elle me regarda avec anxiété avant de continuer. "T'es sûre? Tu ne m'en veux vraiment pas? Parce que si tu m'en veux, je suis totalement prête à me mettre à genou pour te supplier de me pardonner; j'ai déjà tout prévu et tout. J'ai même mis un vieux jean ce soir!" J'éclatai de rire en regardant le jean parfaitement ajusté d'Alice qui semblait tout droit sorti d'un défilé de mode italien. Seule Alice pourrait qualifier un pantalon aussi parfait de 'vieux.'

"Non," lui assurai-je. "Je ne veux pas que tu me supplies. J'accepte complètement tes excuses."

Une expression de soulagement intense apparut sur son visage. "Merci Seigneur," souffla-t-elle, "J'avais tellement peur que tu ne veuilles plus jamais me parler. Ce que j'aurais complètement mérité; j'ai agis horriblement." Elle enroula à nouveau ses bras autour de moi. "Merci," me dit-elle, d'une voix étouffée par mon épaule.

"De rien," répondis-je en répondant à son étreinte pendant quelques secondes. Alors que je la relâchai, cependant, une pensée me vint à l'esprit. "Attends une seconde," dis-je, perplexe, "tu n'as pas vu mon acceptation? Je veux dire, tu n'as pas pu voir que je te pardonnerais?"

Une expression étrange et légèrement embarrassée apparut sur le visage d'Alice. "Ben...non, je n'ai rien vu," me répondit-elle à contre-coeur, "Ça fait...six ans que je n'ai pas été capable de te voir, en fait." Je la regardai, abasourdie. Six ans? Donc en fait depuis-

"Depuis que vous êtes partis alors?" demandai-je pour clarifier. Jamais au cours de l'année où j'avais connu les Cullen à Forks, m'avaient-ils dit que les visions d'Alice concernant une certaine personne pouvaient disparaître complètement. Je me demandais sombrement ce que ça présageait pour le futur de ma relation avec sa famille et elle.

"Pas exactement, pendant quelques mois après notre départ, j'ai pu te voir..." Alice s'interrompit et je réalisai qu'elle devait repenser à mon état de zombie qui avait duré jusqu'au beau milieu de mon année de Terminale. Je sentis mon visage rougir d'embarras; à l'époque, il ne m'était jamais venu à l'esprit qu'Alice soit le témoin de ma douleur. "Mais un jour, en février, tout ce qui te concernait à disparut," continua Alice. "Je ne pouvais plus du tout te voir, pas même des petits aperçus; ça a été terrifiant pour moi- je ne m'étais jamais sentie aussi aveugle de toute ma vie." Elle frissonna légèrement avec une expression hantée sur le visage. "J'ai commencé à paniquer; je ne savais pas ce qui t'était arrivé. J'ai commencé à me demander si tu étais peut-être morte. Donc je suis revenue à Forks."

En entendant ces mots, je haletai et reculai légèrement pour mieux la voir. "Tu as fait quoi?" lui demandai-je avec incrédulité. Elle est revenue sans me le dire?

"Je suis revenue," répéta-t-elle honteusement, "c'était dans la journée, t'étais à l'école. Je suis restée sur le parking pour te regarder, juste assez longtemps pour savoir que tu étais en vie..."

"...et ensuite, t'es repartie," dis-je d'une voix dénuée de toute émotion. Et dire qu'elle est venu me voir, et je ne l'ai jamais su. Qu'aurais-je fait si je l'avais vu? Pleuré? Ris? Crié? Peut-être que c'était mieux que je ne l'ai pas vu; en février, j'avais à peine commencé à me remettre du départ d'Edward, et j'étais toujours incroyablement fragile, émotionnellement parlant. Qui sait comment j'aurais réagi en voyant Alice, avant de la voir repartir?

"Je ne voulais pas!" m'assura Alice avec urgence. "Honnêtement Bella, si ça n'avait tenu qu'à moi, on ne serait jamais partis, mais Edward m'avait fait jurer de ne pas regarder ton futur ou essayer de te contacter. Il m'a convaincu que c'était pour le mieux mais..." elle hésita légèrement avant de continuer prudemment, "ben, après ce que j'ai vu de ces quelques premiers mois...je ne crois vraiment pas qu'il ait eu raison." Il y eut un long silence après ça, au cours duquel on réfléchit toute les deux à ma catatonie. "Je suis désolée," dit-elle finalement d'une toute petite voix, "Je suis désolée pour tout ce qu'on t'a fait traverser; il aurait mieux valut qu'on ne se rencontre jamais." Cette excuse me sortit de ma rêverie et je regardai Alice avec férocité.

"Non Alice, je t'interdis de t'excuser pour ça. Je ne regretterais jamais d'être devenue ton amie, jamais. Le temps que j'ai passé avec toi et ta famille cet été-là a été la meilleure période de ma vie et rien ne changera jamais ça. Je...je ne peux même pas te dire à quel point je suis heureuse que tu sois de retour et je suis bien décidée à en profiter." Avant que tu ne repartes. Je ne prononçai pas ces mots mais je savais qu'elle pouvait les sentir flotter entre nous. Il y eut un autre long silence avant que je ne me décide à faire un sourire hésitant à Alice, tout en me demandant si j'avais été trop directe. Je fus rassurée cependant, lorsqu'elle mit fin à la gêne ambiante en me faisant un large sourire rayonnant.

"Tu m'as vraiment manqué," dit-elle avec un sourire révélant toutes ses dents parfaites, "on a tellement de choses à se raconter. Je veux savoir tout ce qui t'est arrivé depuis notre départ." Ça ne sera pas bien long, me dit mon côté désabusé, mais j'essayai de lui faire un sourire convaincant.

"Bonne idée," dis-je avec autant d'enthousiasme que possible. En fait, je n'avais vraiment pas hâte d'aborder le moindre sujet risquant de nous amener à parler d'Edward. Si Alice remarqua mon hésitation, elle n'en montra rien.

"T'as quoi de prévu pour ce week end?" me demanda-t-elle joyeusement.

"Euh," D'une manière ou d'une autre, je ne pensais pas qu'en ce qui concernait Alice, lire des poèmes déprimant et vider mon frigo serait considéré comme quelque chose 'd'excitant'.

"Excellent," intervint-elle, "tu peux venir faire du shopping avec Rosalie et moi." Woah, on rembobine.

"Rosalie?" lui demandai-je avec incrédulité. "T'es sûre que c'est une bonne idée?" Je savais que c'était Rosalie qui avait toujours eu le plus de mal à m'accepter dans sa famille, et je lui parlai à peine à l'époque. Elle me considérait généralement comme un embouteillage à une heure de pointe: irritant mais inévitable. Je pensai secrètement que c'était parce qu'elle n'aimait le fait que je ne sois même pas en mesure de lui arriver à la cheville. Je n'avais jamais exprimé ces croyances, cependant; j'avais toujours su qu'Alice aimait profondément sa soeur et qu'elle n'accepterait aucune remarque négative à son sujet. Je n'avais absolument pas envie de briser ma propre règle maintenant.

"Oh, allez," me dit-elle gaiement. "Rosalie et toi étiez amies aussi!" Il y eut un mot de silence alors que je regardai Alice avec une expression lui disant clairement, 't'es devenue complètement folle ou quoi?' "Bon, d'accord," concéda-t-elle finalement à contre-coeur, "ce n'est pas complètement vrai-"

"Pas complètement vrai?" lui demandai-je avec incrédulité, "Alice, c'est de Rosalie et moi qu'on parle!"

"-mais il n'y a aucune raison que vous ne deveniez pas amies maintenant!" finit-elle en ignorant mon intervention. "En plus, je suis presque certaine que tu lui as manqué à elle aussi. D'une, parce que la vie a été beaucoup moins intéressante sans toi-" je reniflai; c'était sympa d'apprendre qu'elle considérait qu'avoir été chassé à travers plus de la moitié du pays par un vampire psychotique était 'intéressant', "et parce qu'elle pense que t'as une bonne influence sur Edward." Je sentis mon estomac se retourner; on était d'une manière ou d'une autre revenues sur le sujet, Edward. Encore une fois. N'y avait-il donc aucune échappatoire? Tout à mon déplaisir, je remarquai à peine le petit sourire qui étira les lèvres d'Alice à ses mots, comme si elle se rappelait d'un souvenir particulièrement amusant. Cependant, avant même que je ne puisse lui poser la moindre question, elle me regarda avec une détermination renouvelée. "Alors, tu viendras demain?" Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle me regarda, le visage empli d'une supplique pleine d'espoir.

"Je ne sais pas..." dis-je sans me prononcer. Je voulais vraiment passer la journée avec Alice comme au bon vieux temps - je pourrais même supporter le shopping et Rosalie - mais j'hésitai toujours autant à prendre le risque d'avoir le droit à une 'conversation sur Edward.'

"S'il te plaîîîîît," insista-t-elle sans aucune honte. Je soupirai; quelque part dans le monde, il y avait un chien battu qui voulait récupérer son regard. Je secouai la tête, dépitée par ma propre faiblesse.

"Très bien," cédai-je.

"Oui," couina-t-elle en me serrant rapidement dans ses bras avant d'applaudir de plaisir. "Tu ne le regretteras pas Bella, ce sera génial."

"Sûr sûr," dis-je d'une voix tolérante, "mais c'est juste une virée shopping avec Rosalie et toi, n'est-ce pas? Il n'y aura personne...personne d'autre?" Je savais que j'étais ridicule, mais je ne pouvais toujours pas me forcer à prononcer son nom si je pouvais l'éviter.

Alice comprit immédiatement de qui je parlais- ou plutôt de qui je ne voulais pas parler. Son sourire s'effaça légèrement mais elle essaya de le dissimuler. "Non, ce sera juste nous, on se fera une journée entre filles! Je n'ai pas encore eu l'opportunité de visiter les centres commerciaux du coin, mais j'ai entendu dire qu'ils étaient assez passable. Bien sûr, on pourrait toujours aller passer la journée à New York..."

Je poussai un soupire de soulagement et me détendis, n'écoutant que d'une oreille Alice qui s'était lancé dans un monologue où elle semblait analyser chaque centre commercial qu'elle avait jamais visité et auxquels elle donnait une note sur dix dans cinq catégories différentes. Alors qu'elle parlait, on se dirigea vers mon bureau où je récupérai mon gros sac à dos. J'avais pris celui-là à la place de mon sac habituel parce que j'avais eu besoin de plus de place pour ma veste en cuir et mon casque. J'avais commencé à porter des protections récemment, suite aux suppliques et aux menaces sans fin de Charlie, qui avait culminé avec la promesse qu'il me rayerait de son testament si je ne portais pas de protections. Ça m'avait convaincu - et même maintenant, il m'arrivait d'oublier de les mettre. Alice ne me demanda pas pourquoi mon sac était aussi gros et je ne lui dis pas; je n'avais pas besoin d'être une voyante pour savoir qu'elle ne serait pas vraiment impressionnée par mon nouveau moyen de transport. Alors qu'on sortait du bâtiment pour se diriger vers le parking, on croisa Rosalie.

"Te voilà", dit-elle très rapidement à Alice, "où t'étais? Carlisle m'a dit de venir te chercher, les autres sont-" elle s'interrompit brusquement lorsqu'elle remarqua ma présence à côté d'Alice. "Oh," dit-elle brièvement alors qu'une expression de compréhension irritée apparaissait sur son visage.

"Bella et moi avons eu une petite conversation," dit rapidement Alice pour rompre le silence gêné qui s'était abattu sur nous.

"Vraiment?" demanda Rosalie en lançant un regard perçant à Alice avant de lui dire quelque chose à vitesse vampirique. Je n'entendis que 't'ai dit' et 'interdit' mais la signification était bien assez claire. Je détournai les yeux, les joues à nouveau enflammées. C'était bien assez embarrassant qu'Edward ait ressenti le besoin d'établir de telles 'règles', c'était encore pire que tout le monde continue à en parler. Dépitée, je ne pris même pas la peine d'essayer de déchiffrer la réponse d'Alice, préférant jouer avec la lanière de mon sac. Un 'Très bien!' frustré de Rosalie mit fin à leur conversation et je relevai la tête pour la voir nous regarder toutes les deux avec déplaisir, avant de faire volte-face et de traverser rapidement le couloir. Je regardai vers Alice avec impuissance et remarquai qu'elle regardait Rosalie avec déplaisir. Je levai les yeux au ciel; bien sûr, Rosalie et moi deviendrions les meilleures amies au monde.

"Viens," me dit Alice à voix basse. "On ferait mieux de la suivre." Je me contentai de hocher stupidement la tête et recommençai à marcher, n'écoutant que très vaguement Alice qui avait repris son monologue sans conviction. On passa une porte et je fus frappé par un mur d'air froid. Je frissonnai et enroulai instantanément mes bras autour de moi; la température avait dû tomber d'au moins dix degrés pendant les quelques heures depuis la fin des cours. Je me forçai à prêter plus d'attention à Alice pour me distraire du froid cinglant. Pourquoi ai-je choisi de travailler quelque part où il fait si froid? Alice était entrain de faire un commentaire amusant sur une vendeuse d'un centre commercial du Connecticut lorsqu'on arriva dans la cour centrale de l'école. Je ris de bon coeur; je me sentais plus heureuse que je ne l'avais été depuis des mois. Je ne me sentais comme ça que lorsque j'étais avec Jacob, généralement. Je remarquai soudainement qu'Alice avait arrêté de marcher. "Oh crotte," jura-t-elle doucement, les yeux fixés sur quelque chose à l'autre bout de la cour.

Je suivis son regard, confuse et haletai. Tous les Cullen se tenaient là, rassemblé en un petit groupe entre les tables couvertes de neige. Le rouge me remonta aux joues à toute vitesse lorsque je sentis sept pairs d'yeux dorés se poser sur moi. Je détournai les yeux avec embarras mais du coin de l'oeil, je vis la tête d'Edward se tourner vers Esme. C'est pas bon, songeai-je, c'est vraiment, vraiment, vraiment-

"Bella?" me chuchota rapidement Alice, "Bella, est-ce que ça va?"

"Je vais bien," lui dis-je alors que j'étais presque entrain d'hyperventiler.

"Ne panique pas," me dit Alice d'une voix réconfortante, et si basse que je fus la seule à pouvoir l'entendre, "tout ira bien, détends-toi."

Quelque chose dans sa phrase n'avait pas de sens. Qu'est-ce qui irait bien? Alors que je tournai à nouveau les yeux vers là où les Cullen se trouvaient, je remarquai avec horreur qu'ils avaient tous disparu, laissant seulement..."Alice!" sifflai-je avec panique en me tournant pour lui faire face. Mais elle aussi avait disparu. La cours était désormais complètement déserte, me laissant seule avec Edward. CES VAMPIRES! me cria mon esprit avec irritation. J'étais désormais complètement impuissante; fuir n'était pas une option, il ne faisait aucun doute que mes amis vampires me rattraperaient immédiatement. Mon coeur s'emplit de crainte, alors que je regardai, à travers les flocons de neige qui avaient commencé à tomber, Edward se tourner vers moi. Je m'attendais à une nouvelle attaque emplie de colère et me préparai à entendre encore plus de cris, mais rien ne se passa. J'étudiai l'expression d'Edward avec la mâchoire tombant sous l'effet de la surprise; il était complètement différent de la créature enragée que j'avais vu plutôt dans la soirée. Qu'est-ce qui se passe? me demandai-je avec confusion. Je fus encore plus choquée en le voyant sourire - un vrai sourire - et s'approcher de moi. J'étais si choquée que je ne pus rien faire d'autre que me tenir là, aussi immobile qu'une statue, et de le regarder m'approcher. Il n'était plus qu'à quelques pas de moi maintenant, et j'aurais pu jurer que je sentis l'air craquer entre nous comme s'il s'était chargé d'électricité statique.

"Bonsoir Bella," souffla-t-il, sa voix douce résonnant légèrement dans le silence. Mes yeux parcoururent chaque centimètre de son expression. Il était calme, repentant et chaleureux. Qu'est-ce qui lui prend? me demandai-je, abasourdie. Il m'était difficile de me montrer hostile alors qu'il avait l'air si chaleureux. Avec beaucoup, beaucoup d'incertitude, je répondis à son sourire.

"Bonsoir Edward."

"Veux-tu bien marcher avec moi?" me demanda-t-il poliment. Je pouvais voir sur son visage que c'était réellement une requête; il semblait penser que j'avais parfaitement le droit de refuser si je le voulais. J'étais toujours si choquée par ce qui était entrain de se passer que je ne trouvai rien d'intelligent à répondre, donc je me contentai de hocher stupidement la tête. Je bougeai légèrement mon sac à dos; il pesait lourd et tout le temps que j'avais passer sans bouger commençait à se faire sentir. Edward remarqua immédiatement mon inconfort et il tendit instantanément la main. "Puis-je?" me demanda-t-il. Pendant une folle seconde, je pensais qu'il me demandait s'il pouvait me tenir la main jusqu'à ce que je finisse par réaliser que ses yeux étaient fixés sur mon sac.

"Euh, bien sûr," dis-je avec incertitude en essayant de faire glisser mon sac de mes épaules. Dans une démonstration typique de maladresse, je réussis à tordre les bretelles de mon sac et à en coincer une dans ma ceinture. "Oh mince," dis-je avec frustration alors que je me tordais le cou pour regarder par-dessus mon épaule en agitant les bras comme une tortue coincée sur le dos, essayant en vain de m'en démêler. Mes joues étaient rouges comme des tomates lorsque je pensais à ce qu'Edward devait penser. Puis je me figeai en sentant la main glacée d'Edward toucher mon épaule.

"Permets-moi," murmura-t-elle d'une voix aussi douce que le velours. Mon rythme cardiaque s'emballa immédiatement lorsque je réalisai à quel point il était proche de moi; son souffle lent me chatouillait le cou, me provoquant la chair de poule. Je retins mon souffle, n'osant pas bouger alors que je sentais ses mains voyager sur mes omoplates et s'attarder à la base de mon cou. Oh mon Dieu, Oh mon Dieu, Oh mon Dieu, babillèrent mes pensées avec incohérence. Essayait-il de me faire perdre connaissance? Si c'était le cas, alors il était bien lancé; je doutai vraiment d'être capable de rester debout plus d'une minute s'il continuait à me toucher comme ça. Lentement, il fit glisser ses mains vers les bretelles de mon sac et commença à les démêler doucement, son visage toujours à quelques millimètres de ma peau. Je laissai échapper un halètement involontaire lorsqu'il bougea à nouveau ses mains, cette fois pour effleurer ma colonne vertébrale, avant de les arrêter juste au-dessus de ma taille, là où ma bretelle était coincée dans ma ceinture.

"Edward," m'étranglai-je, le souffle court. Il devait arrêter ça maintenant, s'il ne le faisait pas, je lui sauterais à nouveau dessus. Si seulement il savait l'effet que ses mains avaient sur moi.

"Oui?" me demanda-t-il innocemment avec une pointe de rire se mêlant à sa voix de velours. Il se pencha encore plus sur moi et son odeur m'enveloppa, me faisant oublier ce que j'allai dire. Je n'étais même pas sûre de pouvoir lui répondre s'il me demandait mon propre prénom tellement j'étais éblouie. Alors qu'il dénouait mon sac, le bout de ses doigts effleura le bord de mon t-shirt et pendant une fraction de seconde, sa main entra en contact avec ma peau nue. Mon corps se convulsa alors que je sentais de l'électricité se répandre dans mes veines. Les mains d'Edward se figèrent à ma réaction, et je fermai les yeux, mortifiée et attendis qu'il se mette à nouveau en colère en voyant mon degré d'obsession. Au bout de quelques secondes cependant, il recommença à m'enlever mon sac sans rien dire. Je soufflai doucement, complètement abasourdie. Sérieusement, qu'est-ce qui se PASSE? A mon plus grand soulagement, il me libéra finalement de mon sac et je mis immédiatement de la distance entre ces délicieuses mains et moi. On se contenta de se regarder pendant un moment avant qu'Edward ne rompe le silence. "Je vais porter ça jusqu'au parking pour toi," me dit-il en faisant un geste de la main courtois vers la porte par laquelle sa famille avait disparu. Je me contentai de hocher la tête, toujours trop éblouie pour dire quoi que ce soit.

Son comportement inexplicable continua lorsqu'on atteignit la porte, qu'il ouvrit pour moi. Ça commençait à me faire paniquer, c'était comme si je venais d'entrer dans un rêve très étrange mais pas déplaisant. On traversa l'école et pendant tout ce temps, j'attendis qu'Edward réalise qu'il marchait avec moi, Bella - la même Bella qu'il avait trouvé si repoussante - et qu'il redevienne frustré et qu'il se remette en colère. Donc lorsqu'il s'arrêta abruptement devant les grandes portes d'entrée, je me préparai mentalement à l'entendre crier. Mais ce ne fut pas ce qui se passa. Au lieu de ça, Edward me dit d'une voix calme, "Avant qu'on ne sorte, j'aimerais te présenter mes excuses."

Je le regardai avec ahurissement. Quoi? "Tes excuses pour quoi?" lui demandai-je, abasourdie.

"Pour la façon atroce dont je t'ai traité au cours des dernières semaines," me dit-il sincèrement. "J'ai été irrespectueux, et insistant et je suis vraiment désolé si je t'ai fait du mal; je peux t'assurer que ce n'était pas mon intention." Je n'arrivai pas à en croire mes oreilles. Même si c'était vrai qu'il m'avait fait la vie dure, surtout en classe, ce n'avait pas été entièrement de sa faute. D'une certaine façon, j'étais tout aussi coupable que lui pour les désastreux évènements des dernières semaines et encore plus au vu de mon comportement de ce soir. Je remarquai qu'Edward me regardai toujours avec appréhension et réalisai que je n'avais pas encore répondu.

"Euh," commençai-je avant de grimacer intérieurement. Il était si éloquent et pourtant moi, qui aimait à me dire que j'avais un langage fourni, devenait complètement muette à chaque fois qu'il me regardait. "C'est, euh, bon. J'accepte tes excuses." Que pouvais-je dire d'autre? Comment pourrais-je bien lui dire que ce qui me faisait souffrir le plus c'était qu'il ne m'aimait pas? Je pourrais supporter des millions de petites disputes si les choses pouvaient redevenir comme elles l'avaient été six ans plus tôt, mais c'était impossible - Edward ne ressentait pas la même chose, donc même mentionner mon amour pour lui serait inutile. C'était bien plus prudent de prétendre, comme je l'avais fait avec Esme, avoir été offensée par ses interventions et son manque de politesse. Je regardai à nouveau Edward qui semblait m'observer avec un certain déplaisir marqué sur ses traits parfaits, mais avant même que je puisse me demander pourquoi, il me fit un sourire éblouissant.

"Merci," me dit-il sincèrement, alors que ses yeux se transformaient en topaze liquide, "voudrais-tu bien me montrer où tu es garée?" Il souleva mon sac en me faisant mon sourire en coin préféré. Je le regardai pendant quelques secondes avant de cligner rapidement des yeux pour me forcer à me concentrer.

"Ouais, bien sûr," dis-je, légèrement désorientée, "c'est, euh, par là," Je tirai sur la porte d'une main légèrement tremblante. Rien ne se passa. Je continuai à tirer avec une force renouvelée, de toutes mes forces, en fait.

"Bella?"

"Oui, Edward?" demandai-je à travers mes dents serrée en lançant un regard noir à la porte insubordonnée.

"Il est écrit 'Poussez'."

"Oh. Merci," grimaçai-je en poussant la porte alors que mes joues s'enflammaient à nouveau. Et une nouvelle humiliation, songeai-je, qu'est-ce qui ne va pas chez toi, ce soir?

Il faisait un froid glacial dehors. Je me ratatinai immédiatement sur moi-même et baissai la tête pour me protéger des flocons de neige qui tombaient encore. Il ne restait plus qu'une poignée de voitures dans le parking, y compris deux voitures qui semblaient très rapides et que j'aurais instantanément associées aux Cullen même si toute la famille à l'exception d'Edward n'y avait pas été assise. Je reconnus vaguement celle à gauche comme étant la Mercedes de Carlisle, mais j'étais sûre que la seconde était neuve. "C'est ce que tu conduis pour venir à l'école maintenant?" demandai-je à Edward d'une voix étouffée par le vent froid. Il jeta à peine un coup d'oeil à la voiture.

"Oui, Carlisle et Rosalie l'ont choisi."

"Elle est sympa," dis-je simplement. Franchement, je n'avais aucune idée de si elle l'était vraiment - je ne m'y connaissais pas assez en voiture - mais elle était très brillante.

Edward me regarda en haussant un sourcil avant de rire doucement; et ce son envoya des frissons agréables le long de ma colonne vertébrale. "Tu n'as pas besoin de faire semblant, Bella, je sais que tu ne t'intéresses pas aux voitures."

"J'aimais la Volvo," le corrigeai-je, "en tout cas, je l'aimais quand tu ne la roulais pas à cent à l'heure. Est-ce que tu l'as encore?"

Edward resta silencieux. Je le regardai avec curiosité et fut surprise de voir qu'il m'observait avec une expression douloureuse sur le visage. Je me retournai le cerveau pour essayer de trouver ce que j'avais bien pu lui dire pour lui faire cet effet-là, mais je ne trouvai rien. "Oui," dit-il finalement, d'une voix très basse. "Je l'ai encore."

"Mais tu ne la roules plus?" demandai-je avec confusion. "Pourquoi pas-"

"Alors, où dois-je porter ton sac?" m'interrompit rapidement Edward. Je le regardai avec confusion, me demandant pourquoi il avait changé de sujet, avant de me dire que peut-être qu'il en avait assez de me faire la conversation. Je me sentis immédiatement embarrassée d'exploiter sa simple excuse pour discuter de tout et de rien avec lui. Ça n'avait pas été mon intention - c'était juste bien trop facile pour moi d'oublier tout ce qui s'était passé quand j'étais avec lui.. Il était comme un baume sur mes plaies, ce qui était ironique vu qu'il était à l'origine de ces plaies.

"Je suis garée là-bas," dis-je en montrant une zone du doigt. Derrière une Mondeo argentée, une Ford d'un bleu délavé, et un gros van d'un blanc sale, était dissimulée ma moto. Edward jeta un coup d'oeil à la collection de véhicule avant de se diriger droit sur la Ford.

"Je vois que tes goûts en matière de voitures sont toujours aussi mauvais,"commenta-t-il en faisant courir sa main sur la portière bosselée de la Ford avec dédain avant de jeter un coup d'oeil à l'intérieur. "Y'a-t-il une raison particulière pour laquelle tu choisis toujours les moyens de transports les plus lents?"

Je levai les yeux au ciel. Les hommes et leurs voitures; ils étaient tous exactement les mêmes. Montrez-leur quelque chose avec des roues et un moteur et ils utiliseront immédiatement cette opportunité pour ennuyer tout le monde avec leur connaissance supérieure. Peut-être que Jacob et Edward pourraient s'entendre après tout. J'attrapai mon sac de la main d'Edward, ignorant ses commentaires continus sur la voiture et me glissai entre la Ford et le van pour en ressortir de l'autre côté. Là se trouvait ma moto. Rouge et brillante, elle ne ressemblait pratiquement plus au tas de métal rouillé que j'avais récupéré chez la famille Marks. Au cours des années, Jacob l'avait modifié et bidouillé autant qu'il voulait, et c'était maintenant une machine plutôt respectable. Son moteur et sa vitesse de pointe n'impressionnerait peut-être pas quelqu'un comme Edward, mais ça m'allait parfaitement bien. Je plaçai mon sac par terre à côté de la moto et commençai à l'ouvrir. Du coin de l'oeil, je vis Edward émerger de là où j'étais venue. Il resta là, à me regarder fouiller dans mon sac, avec une expression mystifiée sur le visage.

"Que fais-tu, Bella?" me demanda-t-il alors que je sortais ma veste en cuir des tréfonds de mon sac pour l'enfiler.

"Je rentre chez moi," répondis-je en sortant mon casque et en me tirant les cheveux en arrière avant de l'enfiler. Puis je fermai mon sac et l'enfilai, les clés en main.

Les yeux d'Edward se plissèrent. "Mais et ta voiture?"

"Ce n'est pas ma voiture," dis-je en balançant ma jambe par dessus la selle.

"Mais tu-"

"Mais je rien du tout, tu as juste assumé," répondis-je en mettant ma clé dans le contact. La moto rugit immédiatement. Je souris lentement. J'adore ce bruit. Ça me rappelait des étés étouffants et des automnes pluvieux, des heures passées dans le garage de Jacob, le silence rompu seulement par le craquement des canettes de soda lorsqu'elles étaient ouvertes et les claquements des outils entre eux, la chaleur de son torse alors qu'il travaillait inlassablement sur le moteur de sa vieille Rabbit. Si je me concentrai, je pouvais toujours entendre la pluie tomber sur le toit en métal du garage, le rire contagieux de Jacob et le bruit lointain de pas sur le chemin qui annonçait toujours l'arrivée de Quil ou d'Embry. Ça me manque tellement, songeai-je avec envie. Peut-être qu'il était temps de changer; peut-être qu'après le départ des Cullen je pourrais commencer à me chercher un travail dans l'Ouest.

Je regardai à nouveau Edward pour voir qu'il avait bougé à vitesse inhumaine pour se placer devant la moto, bloquant ma route. Ses yeux brûlaient et sa bouche était serrée par la colère; il semblait presque aussi menaçant qu'il l'avait été en début de soirée. Oh regardes, songeai-je avec désabusement, le Edward pas content est de retour. "Tu ne conduis PAS ça," grogna-t-il.

"Je pense que tu verras que si," lui dis-je en faisant rugir le moteur pour souligner mon propos.

"NON!" cria Edward. Sa magnifique voix était complètement furieuse et je réalisai avec un léger frisson que c'était la voix qu'il avait toujours eu dans mes hallucinations quand j'avais appris à conduire ma moto. C'était dure de prétendre que je ne trouvais pas sa colère plus qu'attirante, mais c'était aussi plutôt irritant. J'avais froid, il était tard et je voulais rentrer à la maison. Je n'avais pas le temps pour ça.

"Edward, tu es ridicule," soupirai-je.

"JE SUIS ridicule? Bella, tu peux à peine marcher sur une surface plane sans trébucher et maintenant tu me dis que tu roules une moto, une MOTO? De toutes les choses stupides, inconscientes et folles que tu-"

Pourquoi ça t'intéresse? songeai-je avec mélancolie. Qu'est-ce que ça peut te faire que je me blesse sur cette moto? Je voulais terriblement prétendre qu'il s'inquiétait pour moi et qu'il voulait me protéger, mais je savais que ce n'était qu'un rêve. Il réagissait probablement comme ça par habitude; c'était juste un reste irritant des jours où il avait été si protecteur avec moi.

"-est-ce que tu sais combien de personnes se TUENT chaque année sur ces choses? Est-ce ça que tu veux - devenir une statistique?" Il était toujours entrain de râler. Je remarquai du coin de l'oeil que le reste des Cullen était ressorti des voitures et qu'ils s'approchaient de nous, se demandant sans doute quel était le problème. Je grognai, je ne pouvais pas supporter tant de 'scènes' en une journée.

"Écoutes," dis-je rapidement, "si je veux conduire une moto, c'est mon problème. Je suis une adulte maintenant, et je suis parfaitement capable de prendre mes propres décisions."

"Tu ne l'es clairement PAS si tu choisis de faire quelque chose d'aussi stupide que de conduire une moto!" me cria Edward. "AS-TU PERDU L'ESPRIT! Es-tu vraiment devenue FOLLE?" Ça y'était; j'étais à nouveau en colère. Au temps pour ses excuses, maintenant tout ce que je voulais c'était répliquer. Comment osait-il me traiter comme une idiote?

"Arrêtes ça, Edward, ça ne sont pas tes affaires."

"Si ça l'est!" me cria-t-il au bord de l'apoplexie.

"Non, ça ne l'est pas!" répliquai-je avec irritation. "Ce que je décide de faire de ma vie ne te concerne pas; tu m'as clairement fait comprendre ça quand tu es parti. Maintenant ôtes-toi de mon chemin!" Je savais qu'Edward refuserait à nouveau, mais je n'attendis pas sa réponse. Convaincue que l'élément de surprise jouerait en ma faveur, je fis à nouveau rugir le moteur et tournai le guidon, retournant brusquement la moto dans la direction opposée à Edward. Puis, ignorant ses rugissements outrés, je pressai mon pied sur la pédale de l'accélérateur de toutes mes forces, lançant la moto à la vitesse d'une balle de pistolet. En quelques secondes, j'étais à vingt mètres d'un Edward abasourdi. J'allais si vite que j'eus à peine le temps d'éviter la famille Cullen qui se tenaient tous au milieu du parking, la mâchoire pendante. "Je te verrais demain, Alice!" criai-je par-dessus le rugissement de mon moteur et les hurlements d'Edward. "Viens me chercher à 11h!" Puis je lançai ma moto à toute vitesse vers la route sans même prendre la peine d'essayer de retenir mon large sourire.

Qui avait jamais dit que Bella Swan ne pouvait pas être cool?


Prochain chapitre : Sous-entendu

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