3-Rodney
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-Vous savez quelle est la ressemblance entre vous, le docteur Kavanagh et une méduse ? Tempêta Rodney McKay en collant le nez d'un jeune scientifique visiblement terrorisé sur l'écran de son ordinateur. Tous les trois vous n'avez pas de cerveau. Si vous n'êtes pas capable d' interpréter une équation correctement je vais vous trouver un travail à votre niveau. Vous allez inspecter les canalisations des eaux-vannes dans les sous-sols. Il parait qu'il y en a une qui fuit, ajouta t-il avec un rictus de contentement. À vous de réparer ça. Et prenez un militaire avec vous, vous seriez bien capable de vous perdre.
-C'est de l'abus de pouvoir, gronda Kavanagh un peu plus loin.
-Tiens, c'est vous ? Vous vous cachiez ou ? Vous vous rendez-compte qu'à cause de votre incompétence à tous les deux le laboratoire n°3 a failli exploser ? Tenez, pourquoi n'accompagneriez-vous pas notre jeune ami dans son exploration souterraine? J'ai peur que tout de même la compagnie d'un militaire soit un peu juste. Même pour lui.
-Vous n'avez pas le droit, fulmina l'autre homme en colère.
-J'ai tous les droits, Kavanagh, je suis votre supérieur, ne l'oubliez pas. Et maintenant, disparaissez tous les deux, allez, ouste ! Hors de ma vue!
Une fois les deux hommes partis Radek Zelenka qui avait assisté à la scène, s'approcha du scientifique.
-Quoi ? Gronda Rodney sur la défensive. Vous allez me reprocher d'avoir été trop dur ? Je peux pas passer mes journées à essayer de sauver nos culs à tous et surveiller les moules que nous envoie le SGC.
-Pas du tout, rétorqua tranquillement le tchèque, pas de problème pour moi. Vous avez l'air fatigué, pourquoi ne prendriez-vous pas un peu de repos ?
Rodney soupira et se laissa tomber sur sa chaise.
-Pas le temps, grommela t-il.
Radek l'observa attentivement. Rodney était plus que fatigué, il était épuisé. Il ne comptait pas ses heures et ne s'alimentait pas correctement. Radek savait qu'il travaillait également une grande partie de la nuit. Il songea un instant à en parler au colonel Sheppard mais ces derniers temps on le voyait plus guère trainer dans le labo, comme avant. Rodney et le militaire étaient en froid, c'était évident et ceci depuis l'échec du Projet Arcturus. Les trois quart d'un système solaire s'étaient volatilisés et Rodney en payait le prix fort. Radek trouvait cela injuste vu le nombre de fois où il avait sauvé la cité et leurs vies par la même occasion.
-Allez au moins manger quelque chose au mess, vous vous sentirez mieux après suggéra t-il avec sollicitude.
Rodney soupira une seconde fois. C'était vrai il était crevé et il mourrait de faim. Il consulta sa montre. S'il allait au mess maintenant il y avait peu de chance pour qu'il tombe sur John. Non, le Colonel Sheppard, rectifia t-il intérieurement. John c'était avant. Avant que...
-Vous avez raison, concéda t-il à son collègue soulagé. Je vais faire une petite coupure et manger quelque chose.
-C'est bien, et nourrissez vous convenablement.
Rodney leva les yeux au ciel.
-Oui maman.
Il se leva trop rapidement et sentit sa tête tourner.
-Hé! S'exclama Zelenka en le retenant. Rasseyez-vous, j'appelle le docteur Beckett.
-Pas la peine, grommela le scientifique. Ça va passer.
Il farfouilla dans sa poche, sortit une barre de céréales et mordit à pleines dents dedans. Il la fit descendre avec un grand verre d'eau que l'autre homme s'empressa de lui apporter.
-J'insiste pour que vous alliez le voir, Rodney, insista Radek fermement. Si vous ne le faites pas je l'appelle pour lui dire ce qui vient de se passer.
-Petit maitre chanteur ! Siffla le canadien en reposant son verre.
Radek remonta ses lunettes sur son nez et examina son collègue qu'il trouva vraiment pale.
-C'est à prendre où à laisser, McKay.
-C'est bon, capitula l'autre homme, j'y vais.
Il se leva avec précaution, lança un regard noir à son collègue et se dirigea vers la sortie.
-Et surtout prenez votre temps ! Lança Zelenka de son poste de travail.
Rodney vit plusieurs scientifiques émettre des hochements de tête approbateurs à la dernière injonction de Radek.
-Bande d'ingrats, grommela t-il en prenant la porte, et surtout essayez de ne pas faire trop de dégâts pendant mon absence.
-Oui, oui, on va essayer, lança Zelenka avec gaité. Allez !
Rodney entra dans l'infirmerie étrangement calme. Pendant les périodes de crise cela fourmillait ici.
-Où est le Docteur Beckett ? Demanda t-il abruptement à un infirmier occupé à ranger un chariot.
-Il pratique une nouvelle autopsie de...enfin, de l'espèce de truc que vous avez ramené l'autre jour, vous savez...répondit l'autre homme, et bonjour à vous aussi Docteur McKay! Ajouta t-il sans se démonter.
Rodney haussa les épaules et sortit de l'infirmerie. Il longea le corridor, fit glisser la paume de sa main sur le système d'ouverture d'une petite porte latérale et entra. L'odeur lui fit plisser le nez. Il trouva Carson en train de se nettoyer soigneusement les mains. Manifestement il avait terminé. Son regard erra sur la forme recouverte d'un drap étendue sur la table d'autopsie un peu plus loin.
-Alors ? Demanda t-il curieux.
-J'en sais rien, je n'avais jamais vu cela auparavant mais je n'en ai pas appris plus. Il y a trois jours de cela nous avons envoyé les images au SGC qui devait faire appel aux experts sur terre. On en saura peut-être plus à la réunion à laquelle Elizabeth nous a convoqué cet après-midi.
-Merde! J'avais oublié, maugréa Rodney.
-Ça ne m'étonne pas, répondit Carson avec un bon sourire. Mais à part ça, qu'est-ce qui vous amène ?
Rodney lui fit un bref résumé de son léger malaise. Le médecin fronça les sourcils.
-Allez, déclara t-il en ouvrant la porte, allons à l'infirmerie, je vais vous examiner et pratiquer quelques examens.
Une heure plus tard le médecin, les bras croisés et l'air fâché s'approchait du lit sur lequel Rodney somnolait.
-Docteur McKay! S'exclama t-il d'une voix forte.
-Arrgh ! Vous êtes fou Carson ! S'écria Rodney en faisant un bond. Il vit l'air pincé du médecin et commença à paniquer. J'ai quelque chose de grave Carson et vous ne savez pas comment me l'annoncer ? Je vais mourir, c'est ça hein ? Mon dieu ! Et dans ce cas c'en est fini d'Atlantis! C'est pas cette bande de mollusques qui se disent scientifiques qui vont...
Carson soupira. Décidemment Rodney était le roi des hypocondriaques.
-Non, non, vous n'allez pas mourir, enfin pas tout de suite. Rodney poussa un long soupir de soulagement et se relaissa tomber sur le lit. Mais ce que je voudrais savoir c'est à quand remonte votre dernier REPAS CORRECT ?
Rodney réfléchit rapidement au mensonge qu'il allait servir à l'autre homme.
-Et n'essayez pas de mentir sinon...
-Carson, pour qui me prenez vous, j'ai pas l'habitude de mentir! Riposta vertueusement le scientifique. Euh...je dirais...ben...voyons...
-Rodney !
-Ben, euh, je crois bien...j'avais une réserve de barres énergétiques au laboratoire et avec cette histoire d'E2PZ qu'on a ramené et cette créature qu'on a trouvé et les égouts de la cité qui ont un problème et...
-Rodney! S'écria le médecin à bout de patience.
-Bon, alors on est mardi. Hier je me suis occupé de la perte d'énergie dans le secteur 4, dimanche je...Il capta le regard furibond de l'autre homme et capitula. Heu...je dirai samedi peut-être...
-Rodney! S'exclama le médecin en colère, vous être hypoglycémique, je dois vous le rappeler en quelle langue ?
-C'est comme vous voulez, j'en parle une dizaine, tenta de plaisanter le scientifique.
Mal lui en prit. Carson ne devait pas être d'humeur à apprécier la plaisanterie ce jour-là. Il dût subir un sermon interminable sur la nécessité de se nourrir convenablement. Ensuite le médecin lui égrena la liste des examens qu'il allait lui faire subir dès que la réunion serait terminée. Rodney frémit en entendant certains termes et non, il ne retournerait pas dans son laboratoire aujourd'hui. Il essaya de protester mais un regard bleu glacé et une énorme seringue brandie sous son nez le fit taire. De plus Carson allait l'accompagner tout de suite au mess et veiller qu'il prenne un repas décent.
Deux heures plus tard, Rodney revigoré et accompagné de Carson Beckett qui ne l'avait pas lâché d'une semelle se présentait au bureau d'Elizabeth Weir. Outre la diplomate il y avait déjà Teyla, Ronon et John Sheppard. Rodney évita le regard de ce dernier et alla s'installer à coté de l'Athosienne.
Elizabeth prit place et sourit.
-Bonjour à tous. Pour commencer j'ai deux nouvelles. Le SGC m'a contacté ce matin. Tout d'abord la créature que vous avez ramené dernièrement n'est pas inconnue pour certains sur Terre. Je ne sais pas si vous lui avez déjà trouvé un nom Colonel Sheppard, continua t-elle mais dans ce cas là oubliez-le. C'est un "Weevil".
-Un "Weevil"? Euh...j'avais pensé à "Carcharoth" à cause des crocs, vous voyez, un peu loup-garou...
Elizabeth sourit.
-Comme je vous l'ai dit, oubliez. D'autre part, nous attendons de la visite. Un groupe de cinq experts. Ils viennent du Royaume-Uni, plus précisément de Cardiff.
-Cinq personnes pour cette créature ? Intervint Rodney avec curiosité. Ce n'est pas un peu...excessif ?
Elizabeth soupira.
-Vous avez mis dans le mille, Rodney. Il y a des tensions au sein du CIS. Certains pensent que les USA sont trop prépondérants. N'oublions pas que la mission Atlantis est financée également en grande partie par les européens. Ils ont décidés d'envoyer un groupe d'experts venant d'Europe et il en existe un qui a des connaissances très étendues sur les extra-terrestres. Elle prit une feuille sur la liasse de documents posés sur la table et la consulta. Une scientifique experte en technologie extra terrestre, un médecin, un agent de terrain, une femme, précisa t-elle, un...chef de la sécurité qui m'a l'air d'être aussi un agent de terrain et leur chef. Certainement un militaire car il a le grade de Capitaine. Je n'ai pas plus d'informations sur eux. Nous devons nous préparer à les accueillir, c'est tout.
-C'est quand même assez étrange, commenta John Sheppard en se renversant sur son siège. Vous n'en savez pas plus ?
-Non, à part que leur groupe porte un nom.
-Et quel est-il ? Demanda Teyla en passant la main dans sa chevelure auburn.
-Torchwood, ils s'appellent Torchwood, déclara la diplomate en reposant sa feuille sur la table.
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À suivre...
