9- Prisonniers

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Owen harper venait de décider que Teyla avait vraiment une silhouette du tonnerre et qu'en plus d'être canon elle était sacrément mignonne. Elle avait tout pour elle, la guerrière. Il avait opté pour marcher derrière elle histoire de profiter un maximum de la vue sur son postérieur.

-Owen, déclara l'Athosienne sans se retourner, je vous suggère de vous concentrer sur ce qui nous entoure, pas que je ne sois pas flatté par votre attention mais cela nous aiderait.

Ianto pouffa

-Oh ça va, teaboy, marmonna le médecin vexé, c'est bon.

-Teaboy ? Demanda Teyla tout en surveillant les alentours. Je ne comprends pas la signification de ce mot.

-Un teaboy est généralement la personne qui fait le thé ou le café pour ses collègues, le petit subalterne de service.

-Chez mon peuple la cérémonie du thé est très importante, elle revêt beaucoup de signification. Quand vous préparez le thé pour quelqu'un c'est que vous avez de l'affection pour lui. Elle se retourna et sourit à Ianto. Et je suis certaine que c'est le cas.

-Oui, j'adore surtout Owen, il est si délicat avec moi, si gentil, si agréable, répliqua Ianto avec humour.

-Rêve pas teaboy, t'auras pas mon corps et...

-Chut, taisez-vous ! Chuchota Teyla.

-Quoi ? Que se passe t-il questionna Ianto à voix basse en arrivant à sa hauteur.

-Taisez-vous.

-Euh, Teyla, Ianto, les interpella le médecin, je crois qu'on a un problème.

L'Athosienne et le gallois se retournèrent d'un coup pour découvrir Owen Harper avec un fusil braqué sur la tempe. La jeune femme en uniforme qui le tenait avait l'air tout à fait déterminée.

-Teyla, un geste et je le tue. Pose ton arme au sol.

-Sora ! S'exclama Teyla.

-Vous vous connaissez ? Demanda Owen éberlué.

-Il vaut mieux faire ce qu'elle dit, répliqua l'Athosienne en se baissant lentement pour déposer son arme dans l'herbe. Ianto l'imita. Trois autres hommes en uniformes vinrent rejoindre la jeune femme qui désarma Ianto.

-Oui, nous nous connaissons, répondit Teyla à Ianto. Sora est une Genii. Autrefois nous étions amies.

-Toutes les bonnes choses ont une fin, commenta Ianto Jones fataliste.


-McKay, derrière moi. je veux que vous me suiviez comme mon ombre. Tachez d'obéir, pour une fois, ordonna John Sheppard, en prenant la direction du nord.

-J'ai pas d'ordre à recevoir de vous, bougonna le scientifique en suivant tout de même le colonel.

Ce dernier stoppa net. Rodney faillit lui rentrer dedans.

-Merde, vous ne pourriez pas avertir quand vous vous déplacez, j'ai failli me casser le nez sur votre sac à dos, se plaignit-il.

-McKay, nous sommes en mission et je vous ferais remarquer que c'est moi qui commande dans l'équipe alors vous allez obéir à mes ordres, un point c'est tout.

Le scientifique le foudroya du regard.

-Ce que vous avez dit devant tout le monde, dans le gateroom...

John se mordit la lèvre inferieure, agacé.

-Bon, ça va, je suis désolé. C'est bon comme ça ? On peut repartir maintenant ?

Mais Rodney avait la rancune tenace.

-Vous allez jamais oublier pour Doranda, hein ? Je n'aurai jamais fini de le payer. Pourquoi est-ce que vous me gardez dans l'équipe si je vous insupporte à ce point ?

John Sheppard ne répondit pas. Les deux hommes se fixèrent mutuellement. Le fantôme des phrases violentes, des mots cruels prononcés il y avait plus d'un mois de cela flotta entre eux. Le ressentiment était là, toujours présent, apportant son lot de colère, d'incompréhension et de rancune.

John Sheppard hésita. Rodney attendait, dans l'expectative. John vit une lueur d'espoir traverser le regard de son ex-amant. Il ne tenait qu'à lui de...

-Je vous garde dans l'équipe parce que vous êtes le meilleur scientifique de l'expédition et que je ne veux que le meilleur. Rien d'autre, asséna t-il avec une lenteur délibérée.

A peine sa phrase terminée il se rendit compte de sa cruauté. Il eut à peine le temps de voir un éclat briller au coin de l'œil de Rodney que ce dernier baissait la tête, feignant de s'intéresser à son P.90.

-OK, j'ai compris, fit le scientifique doucement.

John grimaça. Une fois encore il se sentait coupable. Merde, pourtant c'était Rodney qui avait failli les tuer tous les deux à cause de son égoïsme, Rodney qui l'avait manipulé pour arriver à ses fins. Toujours tellement sûr de lui, n'écoutant personne et maintenant...

L'image de leurs deux corps nus et en sueur le frappa de plein fouet. Lui, prenant une fois de plus possession de ce corps si tendre et voluptueux. Rodney, sous lui, les cheveux collés à son front et les lèvres entrouvertes, en train de jouir et les mots d'amour qui s'en écoulaient. Son orgasme à lui et ce sentiment incroyable de ne plus faire qu'un avec lui. Ce sentiment de complétude, d'être enfin là où il devait être.

Et le projet Arcturus avait fait voler tout cela en éclat. La confiance brisée, la cassure.

John Sheppard se passa la main dans les cheveux.

-Rodney...

-C'est pas grave, capitula Rodney à mi-voix.

Il s'accroupit et sortit son ordinateur qu'il brancha au détecteur de source d'énergie.

-Rien du tout. Si les Wraith étaient passés par là on le saurait. Je ne détecte rien de spécial. Peut-être que...

-Attendez, le coupa le Colonel en portant la main à son oreille. Il tapota son casque radio. C'est Teyla.

-Colonel Sheppard ? Nous avons un problème.

-Quel genre de problème?

-Nous avons été capturés ainsi que le groupe qui était avec le lieutenant Cadman. Ce sont les Genii et...

Une voix masculine la coupa.

-Colonel Sheppard, quel plaisir de vous retrouver. Vous avez cinq minutes pour revenir au village avec le Docteur McKay.

-Kolya. !

-C'est bien moi, je suis pressé de vous revoir! Dépêchez-vous d'arriver.

-Sinon ?

-Allons Colonel, et bien je tue les otages, bien entendu. L'un après l'autre, jusqu'à ce que vous arriviez et surtout n'essayez pas de prévenir Atlantis. Nous surveillons vos communications. Un seul signal radio vers la cité et j'en exécute un. Vous me connaissez alors pas de plaisanterie.

Puis ce fut le silence.

-Merde! Merde! Merde!

-Qu'est ce qu'on fait ? Demanda Rodney en se relevant.

-On n'a pas le choix. On y va.


Jack Harkness enjamba le tronc d'un arbre abattu et rejoignit son compagnon taciturne. Il songea qu'il aurait bien besoin d'un homme pareil pour chasser les Weevils. Ronon était de toute évidence un homme de terrain. Le meilleur qu'il ait jamais vu.

-Vous chassez ? Questionna Jack d'un ton curieux, tandis qu'ils s'arrêtaient au bord d'une petite falaise.

Ronon inspecta plus bas et le regarda l'air amusé.

-Je chasse et j'ai été chassé, répondit-il brièvement.

-Vous m'intriguez, Ronon, qui êtes vous ?

-Ronon Dex.

Harkness soupira.

-Ravi de vous rencontrer quoique...il se reprit et ajouta avec humour : c'est un honneur pour vous aussi de faire ma connaissance.

Ronon le fixa, l'air blasé.

-Ça devait être drôle ?

-Et bien ça dépend. Bon, ce que je voulais dire c'est d'où êtes-vous ? Pourquoi est-ce que vous vivez avec les atlantes ?

Ronon soupira.

-Vous êtes curieux, capitaine Harkness.

-C'est une de mes principales qualités...et j'en ai beaucoup.

-Vous feriez mieux de rester près de moi et d'essayer de rester caché.

-Je sais très bien faire ça. Demandez à Ianto. Toutes les parties de cache-cache que nous faisons dans le hub. Bon, peut-être que je triche un peu mais c'est parce que je suis pressé de...hum, bon, alors vous répondez à mes questions ?

Ronon secoua ses dreadlocks et le fixa d'un œil féroce.

-Même pas peur, grimaça le capitaine.

Ronon capitula. S'il n'y avait que ça pour faire taire son compagnon bavard...Il se demanda si celui-ci était pire que McKay et frissonna à cette pensée.

-Je suis le commandant Ronon Dex, officier dans l'armée de Sateda. Mon monde a été détruit par les Wraith. Ils m'ont fait prisonnier et fait de moi un coureur, expliqua t-il sobrement.

-Un coureur ?

Ronon se baissa pour observer des traces sur le sol légèrement marécageux.

-Ils m'ont implanté un transmetteur dans le dos et m'ont forcé à courir d'un monde à l'autre pour me chasser. Cela a duré des années.

-Et...

-J'ai rencontré John Sheppard et son équipe. Le docteur Beckett m'a retiré le transmetteur et Elizabeth m'a offert de rester sur Atlantis. Puis John Sheppard m'a proposé d'intégrer son équipe. Voilà.

-J'ai couru moi aussi d'un monde à l'autre, murmura Jack soudain mélancolique.

Ce fut au tour de Ronon de le regarder intrigué.

-Vous avez été chassé ?

- J'ai été chassé, j'ai chassé, erré et tellement d'autres choses...

-Longtemps ?

Jack fut dispensé de répondre. la voix du colonel Sheppard retentit dans le casque du Satédien.

-Ronon, on a un problème...

À suivre...