Lisa 49, comme tu es une lectrice anonyme, je ne peux pas te remercier autrement que par ce moyen pour tes reviews, alors : UN GRAND MERCI !

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Conversations

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-Hey Sheppard ? Vous ne devriez pas arrêter là? Demanda Ronon Dex au Colonel complètement ivre.

-T'in...t'inquiète, Ronon, ça va aller, je...je tiens le coup.

- Je ne crois pas, répondit le Satédien en fronçant les sourcils.

-Qu'est-ce que tu lui as fait à ce connard de Kavabragh?

-Kavanagh, rectifia Ronon, mais c'est un connard quand même. Je l'ai coincé au premier sous-sol mais j'ai rien pu lui faire, il s'est évanoui dès qu'il m'a vu.

-Tou...toujours égal à lui même ce terre de...ver.

-Ce ver de terre? Ouais.

-Tu vois...ça me fais chier que Ro...Rodney se soit tapé ce...cap...capitaine de mes deux. Je...je me demande ce qu'il peut bien lui trou...trouver.

Ronon haussa les épaules.

-Sais pas.

-Tu sais, que Rodney se tape Tchuck, m'en fous, parche que c'est du menu fretin, pas important hein? Mais che type...

-Oui?

-Il est différent, il a du cha...charisme et chais pas quoi encore. Je le déteste et je dé...déteste McKay.

-Je crois pas, non, mais ce que je crois c'est que vous devriez arrêter là, vous avez une tête de Wraith en décomposition, répliqua fermement Ronon en attrapant la deuxième bouteille de tord-boyaux athosien.

-Vous chavez pas le droit! Brailla le Colonel, je suis votre chef et che fous ordonne de me ren...rendre cha!

Puis il se mit à vomir sur son lit.

Ronon soupira. Putain, il y avait des jours où il se demandait si sa condition de Coureur avec les Wraith à ses trousses n'était pas préférable. Il saisit le Colonel par le collet, le déshabilla et le traina sous la douche. L'autre homme se débattit mais il ne faisait pas le poids. Puis quand il se fut assuré que John Sheppard n'avait plus rien à vomir il nettoya le lit, mit des draps propres et le coucha. Il s'installa sur une chaise près du lit, prêt pour une nuit de garde.

Sheppard était son ami après tout.

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Toshiko Sato quitta le mess consternée. Ce qui s'était passé était vraiment moche. Elle avait remarqué pendant la mission que les relations entre le colonel et le Docteur McKay s'étaient sensiblement réchauffées et elle avait même capté un échange de sourires.

-Hé Toshiko, ça n'a pas l'air d'aller ? Demanda Radek Zelenka alors qu'elle faisait irruption au labo. Vous savez ce qui se passe ? Rodney est arrivé en trombe et il est d'une humeur exécrable. Il a pris son ordi et s'est enfermé dans le labo n° 3. Il a spécifié qu'il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte.

Tosh lui expliqua en quelques mots ce qui s'était passé au mess.

-Je me sens coupable, ajouta t-elle. Si je n'avais pas rembarré Kavanagh comme ça…

-Tss, rien à voir, c'est un conflit qui ne date pas d'hier. Le docteur Kavanagh a toujours été jaloux du Docteur McKay qui le ne supporte pas car il le juge médiocre. Personne ne l'aime ici. Une fois il a même envoyé un message au SGC pour se plaindre d'Elizabeth. Ils attendent Kavanagh de pied ferme là-bas. A mon avis il va se retrouver dans une base en Sibérie ou un endroit comme ça.

Tosh sourit rassérénée.

-Le docteur McKay travaille certainement sur un projet que nous avons un commun. Je vais le retrouver.

-Humm, vous risquez de vous faire rembarrer. Il est pas commode quand on le dérange.

La jeune femme haussa les épaules.

-Il ne va pas me manger !

-Ça je n'en sais rien, peut-être que si, sourit Radek avec malice. Ecoutez, quand vous aurez fini, si vous le voulez, envoyez-moi un message. On pourrait se faire une soirée film ou une ballade autour de la cité.

-Si ce n'est pas un rendez-vous je me demande ce que c'est ! S'exclama Tosh. Ce sera avec plaisir Radek mais auparavant je dois voir certaines choses avec votre patron.

-Bon, au cas où il vous dévore toute crue je vous dis tout de suite que j'ai été heureux de vous avoir connue.

-De même ! Rit Tosh.

La jeune scientifique entra dans le labo où travaillait McKay. Ce dernier, les yeux rouges était penché sur une carte en 3D de PLN 2462 . Il n'avait pas trainé. Tosh comprenait qu'il se soit réfugié dans son travail. Elle même en faisait autant quand elle allait mal.

-J'ai dit que je ne voulais pas être dérangé, Radek, gronda t-il sans lever les yeux de son écran.

-C'est moi, Toshiko.

-Que faites-vous là ? Bougonna le canadien.

-C'est notre projet, vous vous souvenez ?

Le scientifique tourna enfin le regard vers elle. Un petit bout de femme super intelligente et super déterminée.

-Je me doute de ce que vous pensez. J'ai pas besoin de votre pitié, asséna t-il rudement.

-Vous ne me faites pas pitié, Docteur McKay et ce que je pense vous n'en savez rien. Elle s'arrêta un moment, pensive. Et parfois c'est mieux de ne pas savoir ce que pensent les gens, croyez-moi…

Rodney la scruta étonné.

-Je sais tout à fait ce que pensent les gens de moi. Irritable, exaspérant, arrogant, trouillard, hypocondriaque …

-Génial, réactif, courageux, loyal, fidèle en amitié…

-N'en jetez plus !

-Une fois j'ai eu l'occasion de savoir ce que mes collègues pensaient de moi. Une personne qui m'avait manipulé m'avait fait cadeau d'un artefact alien, un pendentif qui permettait de lire les pensées des autres.

-Et ?

-Emmerdeuse, ringarde, un balai dans le cul et en plus j'ai découvert que le type pour qui j'ai le béguin depuis des années couchait avec une collègue.

Rodney grimaça.

-Et qu'avez-vous fait finalement ?

-J'ai détruit ce fichu médaillon. C'était une malédiction.

-Et si on se mettait au travail, Tosh ?

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Ianto Jones, épuisé par la journée et démoralisé par ce qui venait de se passer contemplait une fois de plus le lever des lunes sur l'océan. Putain, quel gâchis ! Cela semblait aller mieux entre les deux hommes et patatras !

La porte de ses quartiers coulissa. Il ne se retourna pas, il savait très bien qui c'était.

-Tiens, que fais-tu là ? Tu ne devrais pas être en train de consoler McKay en ce moment ? Lâcha t-il d'un ton acerbe.

-Ianto, je suis désolé, je…

-Désolé de quoi, Jack ? Désolé de n'avoir pas pu garder ta bite dans ton pantalon ? Désolé qu'il y ait eu un témoin de tes ébats avec McKay ? Désolé d'avoir tout foutu en l'air entre eux ?

-Je suis désolé pour toi aussi, Ianto.

Le jeune homme eut un rire amer.

-T'inquiète pas pour moi, les regards de pitié ne me gênent pas. Je suis qu'un coup en passant quand tu en as envie, un trou facile en quelque sorte. Ne flippe surtout pas, je ne vais pas te faire une scène, j'en ai pris mon parti.

-C'est pas vrai, ce n'est pas ce que tu représentes pour moi. Tu es important …

-Quand tu veux baiser, t'amuser…

-J'aime baiser et j'aime jouer, c'est vrai et nous nous accordons bien. Ianto, quand je suis parti je suis revenu pour toi. Je pensais tout le temps à toi, je voulais être avec toi. Je suis sincère, crois moi.

Le jeune homme sentit les larmes lui couler sur les joues.

-Oh merde ! Grommela t-il en les essuyant d'un geste rageur. Je ne vous crois pas, monsieur.

Jack s'approcha de lui et le prit dans ses bras.

-Je suis sincère. Je suis revenu pour toi. Je savais que Torchwood continuerait sans moi, ce n'était pas le problème. Je t'en prie, ne me rejette pas. Putain, je ne peux même pas dire que j'en mourrais !

La boutade détendit l'atmosphère. Ianto esquissa un sourire timide entre ses larmes.

-J'ai l'impression d'être une adolescente de treize ans à chialer comme ça !

Jack frémit et embrassa ses cheveux.

-Heureusement que tu n'en es pas une ! Brr, quelle horreur ! Puis il reprit plus sérieusement. Je suis désolé de ce qui c'est passé. Je suis comme ça. Ce n'est pas allé très loin avec Rodney…

-Pas de détail s'il te plait.

Jack déposa une série de petits baisers le long des joues mouillées et vint poser ses lèvres sur les siennes. Le baiser fut doux et tendre.

-Je ne me sens pas de …commença Ianto.

-Chut ! Laisse-moi faire.

Jack le déshabilla tout en l'embrassant puis se dévêtit à son tour. Ils glissèrent sous les draps et se serrèrent dans les bras l'un de l'autre.

La dernière pensée de Ianto avant de sombrer dans le sommeil fut que c'était la première fois qu'il passait la nuit avec son capitaine sans avoir baisé auparavant.

Il sourit en s'endormant.

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-C'est con ce qui s'est passé, hein ? Commenta Gwen en s'enfonçant dans le fauteuil du petit salon jouxtant le mess, alors que ça semblait s'arranger…

-Comme quoi faut jamais y croire !

-T'es un éternel optimiste Owen, le railla la jeune femme.

-Ouais, je suis surtout lucide. Alors tu vas faire quoi de ta soirée ? On dirait que Conan le barbare ne va pas revenir ce soir. Tu crois qu'il est en train de cacher le corps de l'autre débile avec sa queue de cheval ?

-Peut-être. Je vais aller voir Chuck, le technicien de la porte pour tailler une petite bavette.

-Faute de mieux…

-Très drôle, Owen !

-Un conseil, contente-toi de la bavette. Conan c'est un sacré gabarit. Tu risques d'avoir des problèmes à jouer sur deux fronts, quoique c'est pas la première fois tu me diras, t'as l'habitude.

-C'est vrai que t'es un sacré connard, Harper.

-Va te faire foutre Cooper.

-Hum, c'est pas à toi que ça va arriver ce soir on dirait. Cadman est de service ?

-Ouais.

-Trouve quelqu'un d'autre. T'as essayé Weir ? J'ai entendu dire que le type avec qui elle sortait est mort. C'était un scientifique, il s'appelait Peter je crois. Tu pourrais la consoler…

-Quel cynisme pour quelqu'un qui se pose les trois quart du temps en mère Teresa ! Non, Jack, nous devons faire preuve de compassion pour ce pauvre gars, il a des sentiments humains ! Jack il faut ressusciter Suzie, on ne peut pas la laisser comme ça, Jack, ce pauvre alien mangeur d'homme n'a rien fait de mal, c'est une victime, jack… Tu sais quoi, Gwen, t'es une foutue hypocrite avec tes bons sentiments à trois balles.

-Owen, t'es un salaud. Tiens, ça a dû te faire plaisir de voir la tête de Ianto tout à l'heure hein ?

-C'est toi qui jubilait, Gwen. Et bien je vais te dire un truc qui ne va pas te faire plaisir. Tout à l'heure j'ai vu notre cher capitaine entrer dans les quartiers de Ianto. Il n'est pas allé consoler McKay mais son petit teaboy.

-Et pourquoi ça ne me ferait pas plaisir ?

-Tu passes une partie de ton temps à essayer d'allumer Jack, ne me dit pas le contraire. Tu entretiens avec lui une relation ambiguë. Enfin, de ton coté, parce que du sien c'est clair qu'il ne va pas te prendre dans son lit.

Gwen rougit et se leva.

-Je préfère me casser. Tiens, voilà Teyla, elle pourrait s'occuper de toi avec ses bâtons, ça te ferait pas de mal, ça pousserait le balai que tu as dans le cul. Bonsoir Teyla ! S'exclama t-elle avec un grand sourire jovial, je vous laisse ma place, Owen est d'une humeur merveilleuse ce soir !

-Bonsoir Owen, le salua l'Athosienne avec un grand sourire. Je peux me joindre à vous ?

-Pas de problème, la place est chaude, répondit le médecin en désignant le fauteuil vacant.

-Ca n'a pas l'air d'aller très bien, remarqua Teyla en s'installant.

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

-Je le sens.

-Vous avez surtout été témoin du nombre de fois où je me suis fait rembarrer aujourd'hui, riposta t-il en grimaçant.

Teyla grimaça.

-Vous l'avez un peu cherché, sourit-elle.

-Ouaip, peut-être, j'ai une grande gueule, je suis comme ça.

-Vous vous en servez pour ne pas laisser les autres vous approcher, n'est-ce pas ? Une façon de les tenir à l'écart. Le docteur McKay est un peu comme ça lui aussi.

-Vous êtes aussi la psy de la cité ?

-Non, nous avons le docteur Heigthmeyer qui remplit très bien ce rôle, rétorqua la jeune femme. Si vous voulez lui parler…

-Je m'en passerai volontiers !

Teyla se mit à rire.

-Owen, voudriez-vous venir prendre le thé chez moi ? Proposa t-elle.

-Quel honneur ! S'exclama le jeune homme d'un ton ironique. Après la manière dont vous m'avez sermonné avant le départ pour cette planète je ne pensais pas y avoir droit.

-J'ai seulement voulu vous rappeler que la cérémonie du thé chez nous est particulière. J'ai eu beaucoup de plaisir à le servir à Ianto Jones, c'est quelqu'un de très intéressant.

-Oh, le teaboy…

Teyla secoua la tête.

-Vous venez ? Questionna t-elle en se levant.

-De toute façon c'est pas comme si j'avais des projets pour la soirée, répondit Owen en la suivant.

Les quartiers de l'Athosienne le surprirent. Les murs étaient recouverts de tentures aux couleurs chaudes. Il n'y avait pas de chaise. Elle lui désigna un tapis au centre et entreprit d'allumer des bougies. Peu à peu la pièce s'éclaira d'une douce lumière tamisée. Teyla se lança dans la préparation du thé pendant que le médecin s'installait au sol et se laissait imprégner par la quiétude des lieux.

Teyla posa deux tasses à même le sol en face de chacun d'eux et s'installa en tailleur.

-Buvez, l'incita t'elle doucement.

Il obéit et reposa sa tasse.

Le silence se fit. Teyla ferma les yeux.

-Vous êtes en colère, chuchota t-elle au bout d'un instant, je peux le sentir, et vous êtes seul.

-Ouais, McKay l'a déjà fait remarquer aujourd'hui.

-C'est parce qu'il ressent la même chose. Il vient souvent ici. Contre qui êtes-vous en colère Owen ?

Cela avait été une putain de journée, Owen pouvait dire qu'il en avait pris pour son grade tous azimuts ! Il sentit un bouillonnement dans son ventre. Une boule brulante qui remontait, remontait tandis qu'il explosait.

-Vous voulez savoir contre qui je suis en rogne ? Contre eux ! Cria t-il, et contre celles qui m'ont abandonnées ! Contre ma fiancée qui est morte le cerveau bouffé par une espèce de pieuvre alien et qui m'a laissé seul avec mon chagrin ! Contre cet alien ! Contre Diana avec qui j'avais retrouvé l'amour et qui m'a abandonnée elle aussi ! Elle a préféré s'enfuir ! Contre toutes les horreurs auxquelles nous sommes confrontés chaque jour à Cardiff, contre mes collègues !

-Vous leur en voulez ?

-J'en veux à Tosh parce qu'elle a des sentiments pour moi, à Gwen parce qu'elle a toujours Rhys, à Ianto parce qu'il se tape Jack, à Jack parce qu'il se tape Ianto et qu'ils sont là l'un pour l'autre alors que moi je n'ai personne et encore à Jack parce qu'il a tous ces secrets…Ça me rend dingue !

-Ils ont de l'affection pour vous, tous.

-Je ne veux pas, je ne veux pas être aimé, je ne veux pas les aimer, souffla Owen.

-Pourquoi ?

-Parce qu'ils peuvent disparaître et me laisser seul et ça fait mal, vraiment mal !

Teyla s'approcha de lui et lui sourit.

-Vous méritez d'être aimé, Owen Harper, chuchota t-elle. Elle lui offrit l'étreinte de ses bras et pour la première fois de sa vie le médecin laissa la colère qui l'habitait depuis toujours rouler hors de lui dans le grondement des sanglots. Puis ils s'estompèrent progressivement. Ce fut le calme après la tempête. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien, vidé, détendu. Il s'allongea et s'endormit à même le sol d'un profond sommeil.

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A suivre