Jack

.

-Au revoir capitaine Harkness et à la prochaine ! S'exclama Jack O'Neill en serrant la main de l'autre homme. Nous avons été très content de vous avoir parmi nous, même pour une seule soirée. J'espère que la prochaine sera moins...mouvementée.

-Je me demande encore comment vous avez pu me livrer à Elizabeth, maugréa Jack. Bordel, ce qu'elle m'a mis! J'en ai encore les oreilles qui résonnent.

-Pour ça oui, elle a du caractère. Remarquez il en faut pour faire le job qu'elle fait. Et puis c'est grâce à elle si vous avez obtenu gain de cause.

Jack Harkness porta la main à son front. Putain, il en avait encore mal à la tête! Elizabeth Weir en colère c'était comme...une alerte de la Faille multipliée par mille. Il s'était fait sermonner comme un enfant et ça avait duré, duré...Et il s'était fait tout petit devant elle. Si les autres de Torchwood l'apprenaient il était cuit, c'en était fini de son autorité.

Le sergent-chef Walter Harriman s'approcha d'eux. Il s'adressa à Jack O'neill tout en jetant un regard noir au capitaine.

-Prêt pour l'ouverture de l'Iris, mon Colonel, annonça t-il.

-Merci Walter, vous pouvez enclencher les chevrons.

Le sergent retourna à son poste. Jack le héla.

-Hé, Walter, vous devriez faire un peu le ménage sous votre lit, mon manteau est recouvert de poussière! Et, euh...je partage votre gout en matière de littérature. Pas mal ce bouquin, bon, il y a surtout des illustrations mais on a pas besoin de texte pour comprendre, hein? C'est plutôt explicite, le genre de livre qui parle de lui-même, qui vous va droit au cœur, enfin, bon, un peu plus au sud, si vous voyez ce que je veux dire. Perso je ne perds jamais une occasion de m'instruire. J'ai passé un excellent moment et...

Le militaire le regarda les yeux exorbités et devint tout rouge.

-Vous...gronda t-il.

-Jack! le réprimanda Elizabeth qui venait d'arriver derrière lui, arrêtez d'embêter ce pauvre sergent.

-Oui madame, répondit le capitaine avec un grand sourire innocent.

Elizabeth leva les yeux au ciel.

-Incorrigible, soupira t-elle. Il est incorrigible. Allez, capitaine, on y va!

Ils franchirent le vortex et l'instant d'après ils étaient sur Atlantis.

-N'oubliez pas, direction l'infirmerie, l'avertit la diplomate en descendant les quelques marches qui menaient au Gateroom.

Jack hocha la tête. Gwen et Owen l'attendaient au pieds des marches.

-Où est Ianto? Demanda t-il immédiatement.

-Je sais pas, répondit Owen, alors, c'est bon pour le champ de force, il parait.

-Ouais, on a bien négocié, se vanta Jack en rabattant le pan de son manteau.

Ils prirent la direction de l'infirmerie.

Gwen et Owen échangèrent un regard complice par-dessus son épaule.

-C'était bien au SGC ? Demanda Gwen.

-Sympa.

-T'as visité ?

-Un peu.

-Ah bon, c'est bizarre, commenta Owen d'un ton innocent. Nous on nous a dit que tu as visité les moindres recoins.

-Ouais, même sous les lits, il parait, renchérit Gwen perfide.

-Tu faisais l'inspection ou quoi ?

Jack grimaça.

-C'était pour échapper à un ouragan. Un truc terrible.

-Ha oui, c'est vrai qu'ils ont l'habitude de leur donner des prénoms aux ouragans. Celui-ci ne s'appelait pas Elizabeth par hasard ? S'enquit Gwen.

-Bon, ça y est, on est arrivés, déclara Jack en s'arrêtant devant la porte de l'infirmerie qui coulissa. J'ai pas besoin d'une escorte, je suis un grand garçon. Si vous voyez Ianto dites-lui que je suis là. Et, au fait, à partir de maintenant ce qui s'est passé au SGC est un sujet tabou, je ne veux plus en entendre parler.

-Et pourquoi? Demanda Gwen les mains sur les hanches.

-Parce que je suis le patron, rétorqua Jack avec mauvaise foi, c'est comme ça.

-On va se gêner, tiens, répliqua Owen. Au fait, elle t'a donné la fessée ?

Gwen éclata de rire, Jack les foudroya du regard et entra dans l'infirmerie.

Il s'installa sur un petit lit d'hôpital. Il était contrarié que Ianto ne soit pas venu l'accueillir. Un léger pressentiment l'effleura. Il espérait qu'il ne s'était rien passé pendant son absence. Après tout il avait laissé son petit protégé dans la fosse aux lions. Enfin, au lion au singulier. Et si justement le lion en question avait profité de son absence pour faire son joli cœur auprès de Ianto ?Tout à coup cela lui sembla possible, et même probable. À ce moment la porte coulissa de nouveau et l'objet de ses pensées entra dans l'infirmerie.

-Bonjour Jack, Owen et Gwen m'ont dit que tu me cherchais.

-J'espérais que tu serais au Gateroom, se plaignit le capitaine d'un ton boudeur en l'attrapant par la manche. Il l'attira contre lui et l'embrassa. Ianto lui rendit son baiser. Tu m'as manqué Ianto, souffla t-il.

-Mais ce n'était qu'une nuit, s'étonna le jeune homme.

-Une nuit, ça peut être long...sans toi.

Ianto, étonné se dégagea lentement. Il prit le visage de Jack dans ses mains et plongea son regard dans le sien. Jack sourit.

-Jack, il faut que je te dise...

le sourire s'effaça lentement.

-Non!

-Jack, écoute...

-Ianto ne me dis pas que...

Ce qu'il lut dans les yeux de son amant lui transperça le cœur.

-Non, dis-moi que ce n'est pas vrai! L'implora Jack. Ça fait mal!

-Je sais, je connais ça, souffla Ianto doucement.

-Tu voulais que je souffre moi aussi?

-Non, il ne s'agit pas de ça.

-Alors quoi ?

-Je ne sais pas. La solitude, la peine, le fait de ne pas savoir ce que je représente pour toi. Si je ne suis qu'un coup dont tu te lasseras très vite ou si tu ressens quelque chose pour moi.

-Tu es tout pour moi.

-Pourquoi tu ne me l'as jamais dit?

-Ce ne sont que des mots, allégua Jack.

-Les mots sont importants, essentiels. J'ai besoin d'eux pour comprendre où nous en sommes tous les deux. Tu es quelqu'un de compliqué, Jack, si tu ne dis rien je ne peux pas deviner. Je ne fais que me poser des questions.

Jack l'attira contre lui.

-Tu veux retourner vers lui ?

-Non, tu le sais bien. Toi aussi tu es tout pour moi.

-Mon dieu, j'arrive pas à le croire. Ça ne serait jamais arrivé à Cardiff. Le salaud, il a profité de mon absence...

-Non, c'est faux, le reprit Ianto. Lui aussi se sentait seul. Nous avons eu besoin l'un de l'autre pour un soir.

-Il a pris ce qui m'appartient.

-Je ne suis pas un objet, rectifia Ianto avec patience.

-Tu es à moi.

-Je suis à toi, alors toi, sois à moi également.

Jack s'agrippa à ses épaules.

-Putain, ça fait mal! Il t'a touché. Je ne peux pas le supporter!

-Jack!

Le capitaine se leva d'un bond, la mâchoire serrée.

-Où vas-tu ? Demanda Ianto inquiet.

-Je vais lui dire ma façon de penser à ce connard.

-Jack, non!

Mais Jack était dans une rage noire. Pour la première fois il avait le sentiment d'avoir été trompé, trahi, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il n'était pas habitué à n'avoir aucune emprise sur les événements. D'habitude il décidait, commandait, faisait ce qu'il estimait être le mieux et les autres suivaient. Mais là...un étranger s'était mis sur sa route et tout ce bel ordre venait de s'effondrer comme un château de carte.

Il courut dans les couloirs en direction du bureau de John Sheppard. Ianto se saisit d'une radio pour contacter Rodney McKay, lui exposa rapidement la situation et partit rejoindre son amant.

000000000000000

-Vous avez sacrément bien travaillé, major! S'exclama le colonel admiratif devant l'alignement des dossiers soigneusement empilés sur son bureau. J'en reviens pas, vous êtes fait pour ça!

-Pas plus que vous, colonel, sans offense aucune, mais il fallait bien que ça se fasse. À droite vous avez les rapports sur le personnel militaire qui quitte la base. Nous devons également discuter des affectations du nouveau contingent. Je propose qu'on s'y mettre tout de suite.

-Bonne idée, major, approuva John en grimaçant. Cela ne l'enchantait guère mais c'était indispensable. Il se saisit du dossier posé en haut de la pile. Voyons, lieutenant Sylvia Kapersk...

La porte du bureau coulissa sur le capitaine Harkness. Les traits habituellement harmonieux de Jack étaient déformés par la colère.

-Capitaine, qu'est-ce que...

-Salaud! Espèce de salaud!

John comprit immédiatement.

-Capitaine, je vous propose d'en discuter au calme tous les deux, ce n'est pas ce que vous croyez.

Jack serra les poings.

-Vous avez pas pu vous en empêcher, hein? Dès que j'ai eu le dos tourné vous lui avez sauté dessus!

-Colonel, j'appelle les gardes ? Questionna Lorne posément.

-Non, laissez nous, major, le capitaine et moi devons parler.

-On a rien à se dire Sheppard, je vais vous casser la gueule, c'est tout!

-Jack, arrête!

C'était Ianto qui venait d'arriver. Il se tenait sur le seuil, rouge et essoufflé.

-Vous attendiez votre heure, hein? Cria Jack blanc de colère.

-Ah oui ? Par contre vous vous étiez bien en avance avec Rodney, répondit John froidement. En fait si j'ai bien compris vous pouvez sauter qui vous voulez mais Ianto n'a pas le droit d'en faire autant. Vous savez comment ça s'appelle ?

-Je vous emmerde, Sheppard, gronda Jack. Il bondit en avant. Ce fut le moment que choisit Ianto pour s'interposer entre eux deux. Il reçut le poing destiné à John sur la joue droite et s'effondra au sol.

-Merde, Ianto! S'écria Jack subitement calmé. Il se laissa tomber près du jeune homme. Un petit filet de sang coulait de sa pommette. Je suis désolé. Ça va ?

-Ça va aller, grogna le gallois en s'asseyant au sol. Tu as une de ces droites!

-Désolé.

-Ça va Ianto ? Demanda John en passant un bras autour de ses épaules.

-Ne le touchez pas ! S'écria Jack.

-Ah oui? Et qui vient de l'assommer hein?

-Je vous interdit de l'approcher!

-C'est vous qui devriez vous tenir loin après ce que vous venez de lui faire, pauvre abruti!

La prochaine chose que vit John Sheppard ce fut le poing du capitaine Harkness qu'il prit sous la mâchoire. Il répliqua aussitôt. L'autre homme recula jusqu'au mur sous l'impulsion de l'uppercut qu'il reçu en plein visage. La riposte ne tarda pas. Les deux hommes commencèrent à se battre. Jack s'écrasa sur le bureau. Les dossiers soigneusement classés par le major Lorne volèrent dans la pièce. Il se redressa aussitôt et envoya le colonel au tapis. Aveuglés par la colère ils ne se rendirent compte que Ronon et Teyla venaient de faire irruption dans le bureau que quand ils furent séparés et chacun saisit au collet par les nouveaux venus. Elizabeth et Rodney se tenaient sur le seuil. Le scientifique aida Ianto à se relever.

-Merde! Finalement ils l'ont bien fait ce foutu combat de cerfs! maugréa Rodney. Ces militaires, je l'ai toujours dit. Rien dans la tête, tous des Rambo en puissance. Ça marche à la testostérone et c'est tout.

-Rodney...commença Sheppard.

-Toi c'est pas le moment, claqua le scientifique en pointant un doigt menaçant vers le militaire. Je ne savais pas que tu avais régressé jusqu'au Neandertal alors retourne dans ta grotte.

-Euh, Ianto...S'aventura le capitaine.

-Pareil Jack, va chasser le mammouth avec lui et fiche-moi la paix.

-Messieurs, intervint Elizabeth, vous...

-C'est ce salaud qui...

-Suffit! S'écria la diplomate rouge de colère, plus un mot! Rodney, vous voulez bien emmener Ianto à l'infirmerie que Carson le voit ? Ne vous faites pas de souci, je vais m'occuper de leur cas, ajouta t-elle en regardant les deux militaires des étincelles dans les yeux.

-Mais nous nous faisons aucun souci, Elizabeth, répliqua Rodney gaiement, hein Ianto?

-Absolument, confirma le gallois en quittant la pièce soutenu par le scientifique.

-Elizabeth...commença John.

-J'ai dit plus-un-mot, articula la jeune femme les lèvres pincées. Ronon, Teyla, emmenez-les dans la salle d'entrainement. Ils y resteront enfermés jusqu'à ce qu'ils aient réglé leurs problèmes. Messieurs, vous vouliez vous battre, vous allez le faire dans un endroit approprié.

-Je suis le capitaine Jack Harkness et personne ne me donne d'ordre. Je suis au dessus des gouvernements et de toutes les institutions de la Terre! Cracha Jack les dents serrées.

Elizabeth traversa la pièce à grandes enjambées et se planta devant lui. Ses yeux lançaient des éclairs.

-Justement, capitaine Harkness, lâcha t-elle d'un ton glacé, ici nous ne sommes pas sur Terre mais sur Atlantis alors mettez-vous bien dans la tête que c'est moi qui commande. Compris?

Le capitaine blêmit. John eut un petit sourire narquois.

-Pareil pour vous colonel. Alors vous allez faire ce que je vous dis sinon je vous lâche sur une planète déserte. C'est ça ou la salle d'entrainement, à vous de voir.

Le capitaine et le colonel se regardèrent en chiens de faïence.

-OK, capitula Sheppard.

-D'accord, céda le capitaine en grimaçant. On a pas le choix.

-Non, vous ne l'avez pas, confirma Elizabeth en les toisant d'un regard mauvais. Teyla, Ronon, vous savez ce que vous avez à faire.

-Tout à fait, Elizabeth, acquiesça l'athosienne avec un grand sourire en entrainant le capitaine avec elle. Ronon, dit-elle au satédien qui tenait fermement le colonel par le bras, allons-y.

000000000000000

Le docteur Carson Beckett examina Ianto pendant que Rodney lui faisait un résumé de ce qui venait de se passer.

-Non mais vous vous rendez compte, ces deux débiles! Tempêtait le scientifique, heureusement qu'ils n'ont pas eu la mauvaise idée de se battre en duel, avec des crétins pareils on sait jamais !

Carson se mit à rire.

-Je vous imagine très bien nouer votre foulard au bras de votre chevalier...

-Très drôle, Carson !

-Dites, je dois partir avec Rodney sur la planète des enfants, intervint Ianto, il n'y a pas de problème?

-Non, pas du tout. Vous avez une entaille mais elle n'est pas trop profonde. Vous avez une tête dure de gallois.

-C'est ce que nous disons des écossais, chez nous ! Le contra le jeune homme soulagé.

-De toute façon cela ne vous fera pas de mal de prendre vos distances avec ces males surchauffés, remarqua le médecin avec bon sens. Et puis ça leur laissera le temps de réfléchir.

-Si Elizabeth ne les a pas dévoré tout crus avant, se réjouit Rodney. Bon, on va au mess pour manger un morceau, on se change et direction la baie des Jumpers. Le programme vous va, Ianto Jones?

-Tout à fait, docteur McKay.

Une heure plus tard les deux hommes accompagnés du Docteur parrish et escortés de trois marines et du Major Lorne qui pilotait le vaisseau quittaient la cité, direction la Planète des Enfants.

.

À suivre