Retrouvailles
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Elizabeth Weir observa avec soulagement les Jumpers descendre dans la baie. Elle avait beau savoir depuis plusieurs heures que tout le monde était sain et sauf elle ne se sentirait bien que quand elle les verrait tous de ses propres yeux. La trappe du premier vaisseau s'ouvrit. Elle entama son décompte mental habituel. Carson et son équipe s'avancèrent avec un brancard. Ils prirent en charge le lieutenant Lvenska et s'éclipsèrent rapidement en direction de l'infirmerie. Toshiko Sato et Ronon sortirent à leur tour, suivis du major Lorne et du docteur Parrish ainsi que du pilote. Elle nota avec amusement la présence du docteur Zelenka qui s'avança avec empressement pour accueillir la jeune scientifique de Torchwood.
La diplomate savait déjà qu'il y avait deux manquants, le sergent Jane Meyer qui avait été happée par un rayon de vaisseau Dart et le sergent Tony Belestra qui était mort vidé de son énergie vitale. C'était terrible. Elle ne parvenait pas à s'y habituer mais elle se dit que c'était tout aussi bien ainsi car le jour où elle s'accoutumerait à ces disparations elle aurait aussi perdu une partie d'elle même qu'elle n'avait pas envie de voir disparaitre.
Le second Jumper se posa à son tour. Gwen Cooper et Owen harper, Teyla, le Capitaine Harkness et Ianto Jones. John et Rodney...Elle lâcha un gros soupir de soulagement. le compte était bon de ce coté aussi.
-Elizabeth, ravi de vous voir ! S'exclama John Sheppard. Nous vous ramenons Rodney et Ianto, sains et saufs.
-J'en suis heureuse, sourit la dirigeante d'Atlantis. Elle serra Rodney dans ses bras et sourit à Ianto. Je savais que John vous trouverait, je n'avais aucun doute.
-Moi non plus, répondit le scientifique, je n'ai pas douté un instant.
-Je n'étais pas seul, rectifia Sheppard, nous étions tous ensemble. On peut dire que Torchwood et SGA ont formé une équipe du tonnerre.
-C'est vrai, répondit Jack.
-Moi aussi je savais que tu viendrais, déclara Ianto en s'adressant à Jack.
-Comme c'est touchant ! Railla Owen, on va bientôt sortir les violons et...
-Owen, le coupa Teyla sèchement, je crois bien que vous avez besoin d'une autre session. Je vous attends, ce soir.
-On va encore méditer?
-Non, je pense qu'une petite séance de bâtons sera plus appropriée cette fois-ci, sourit l'Athosienne, il faut savoir varier.
Owen grimaça.
-Euh, je suis pris ce soir, désolé Teyla.
-Je suis certaine que vos amies se montreront très compréhensives si vous leur précisez que c'est pour votre bien-être mental. Vous pourrez les retrouver après, ce n'est pas un problème.
Les autres se mirent à rire.
-Allez, direction l'infirmerie et ensuite débriefing, commanda Elizabeth. Elle remarqua avec plaisir que John et Rodney marchaient côte à côte et échangeaient de nombreux regards. Elle croisa les doigts dans sa poche. On aurait dit qu'ils s'étaient réconciliés. Puis Gwen Cooper accapara son attention en lui racontant leurs péripéties avec animation.
-Hey, Rodney, on se voit ce soir? Chuchota John à l'oreille du scientifique, une lueur d'espoir dans les yeux.
-John Sheppard, si tu ne me l'avais pas proposé je t'aurais tué, rétorqua l'autre homme en esquissant un petit sourire.
-De quelle façon ? Le taquina le militaire.
-De mille manières toutes plus inventives les unes que les autres.
-Tant que c'est dans tes bras, ça ne me pose pas de problème, rétorqua John. Tu m'as manqué, Rodney, même ton horrible matelas ergonomique m'a manqué. Ecoute, je te rejoins à l'infirmerie, il faut que je parle à Lorne.
Rodney acquiesça avec gravité. Il se doutait bien de quoi il serait question entre les deux militaires.
Le colonel trouva le major en pleine discussion avec Parrish. Les deux hommes se tenaient dans un coin et le botaniste avait une main posée sur l'avant-bras du militaire. John se demanda si...
-Je vous verrai plus tard, déclara Evan en s'adressant à son ami. Il s'approcha du colonel, plongea la main dans sa poche et en ressortit une médaille. John grimaça, c'était la plaque d'identification du lieutenant Balestra.
-Vous voulez que je m'en occupe? Proposa Lorne avec sympathie.
John secoua la tête.
-Non, c'est mon boulot. Deux morts, le sergent Meyer et le lieutenant Balestra. Merde!
-Je sais, mais nous avons sauvé le docteur McKay et Ianto Jones et anéanti un vaisseau-ruche, c'est le coté positif.
Le colonel soupira.
-Faut bien voir les choses comme ça sinon on deviendrait dingues.
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Beaucoup plus tard à l'heure où Gwen Cooper observait à la fois soulagée et repue Ronon se rhabiller, où Owen déchargeait son agressivité dans la salle d'entrainement avec Teyla en attendant de rejoindre ses deux amies qui ne l'avaient pas attendu pour commencer les préliminaires, où Toshiko Sato embrassait un Radek Zelenka rougissant dans le laboratoire, au moment où Jack Harkness et Ianto Jones jouissaient dans les bras l'un de l'autre, John Sheppard, le cœur battant frappait à la porte de Rodney McKay. Deux secondes plus tard il était happé par deux bras diligents et pressé contre la paroi tandis qu'une bouche impatiente s'écrasait sur la sienne. Il ne se fit pas prier pour répondre au baiser. Bientôt les langues des deux hommes tournoyèrent ensemble avec passion.
-Rodney, tu m'as manqué, souffla John en se retirant. Il caressa le visage de son compagnon. Mon dieu comme tu m'as manqué!
-Moi aussi, répondit le scientifique. Tout ce temps perdu...Comment avons-nous pu faire ça ?
-Je sais pas, soupira John, j'étais terrifié par ce qui aurait pu arriver, j'ai failli te perdre...
-Tu veux dire que j'ai failli nous tuer tous les deux à cause de mon entêtement, je suis désolé, John. Si seulement je pouvais remonter le temps...
-Et moi, si je pouvais revenir en arrière, le coupa le militaire, j'aurai essayé de te comprendre et je t'aurai pardonné au lieu de me conduire comme je l'ai fait. J'ai honte de moi quand je me revois au transporteur, te rembarrant alors que tu t'excusais. J'ai été un vrai con.
-Ne dis pas ça, je l'ai mérité. J'ai fait preuve d'aveuglement...
-Ce n'est rien à coté de toute les fois ou tu as fait preuve de clairvoyance et que tu as sauvé nos vies. C'était ce que j'aurai dû me dire à ce moment-là. C'est moi qui me suis montré aveugle. Pardonne-moi Rodney.
Le scientifique hocha la tête. Oui, ils devaient se pardonner l'un l'autre pour pourvoir continuer ensemble et surtout se le dire clairement, il lui semblait que c'était indispensable et John avait l'air de le penser aussi.
-Je te pardonne, sourit-il en déposant un baiser sur les lèvres pleines de son ami. Et toi?
-Moi aussi, répondit John, je te pardonne.
-Quel gâchis quand même, soupira Rodney, si nous pouvions l'oublier...
-Pourquoi oublier ? Cela fait partie de nos vies. Je ne crois pas qu'il y ait d'amour parfait, sans orage. Nous avons eu de sales moments mais ils sont derrière nous maintenant. Seulement il faut que cela nous serve de leçon.
Rodney acquiesça.
-Tu as raison, mais si on arrêtait de parler maintenant? Proposa t-il avec un clin d'œil suggestif.
John éclata de rire et l'attira plus près dans ses bras.
-C'est toi qui dit ça? L'homme le plus bavard des deux galaxies!
Ils s'embrassèrent longuement. John caressa le visage de son amant. Comme cet homme lui avait manqué! Il contempla les beaux yeux bleus pleins de confiance posés sur lui et se sentit heureux. Ils étaient de nouveau ensemble, enfin! Maintenant il voulait Rodney, le posséder, le faire sien de nouveau. Il en ressentait l'urgence.
-J'ai envie de toi, maintenant, souffla t-il en attrapant le revers du tee-shirt du scientifique qu'il ôta d'un geste, dévoilant les larges épaules de l'autre homme. Il posa les lèvres sur la peau douce et huma cette odeur familière qui lui avait tant manqué. Il se sentit durcir instantanément. Il fit pivoter son amant et se tint derrière lui. Il l'encercla de ses bras et mordilla son cou.
Ils se tenaient près de la baie vitrée, nimbés par le clair de lune. John promenait ses mains sur la poitrine de l'autre homme, taquinant les mamelons, faisant gémir de plaisir son compagnon. Puis il s'aventura sur le ventre doux, et descendit caresser le bombement dans le pantalon de Rodney. Ce dernier s'arqua contre lui.
-John, gémit-il en ouvrant sa braguette. Il descendit son pantalon et son boxer, aidé par son amant et se retrouva les vêtements en accordéon sur ses chevilles. Il faillit trébucher. Le militaire le retint en riant.
-Ah le coup des chaussures, toujours là pour casser l'ambiance, plaisanta t-il en s'agenouillant pour déchausser son amant. Il en profita pour expédier les chaussettes et contempla Rodney.
-Tu es superbe, déclara t-il. J'adore te voir nu. Ça aussi m'a manqué.
Rodney rougit.
-John, tu es trop habillé, se plaignit-il en se penchant pour tirer sur la chemise de son amant.
-Psst! Siffla le militaire en chassant la main, laisse-moi faire. J'en vois un qui est content de me retrouver, déclara t-il en passant la langue sur ses lèvres les yeux rivés sur le sexe turgescent de son amant.
Il donna un coup de langue expérimental du bas en haut de la hampe.
-Haaaaaa! S'écria Rodney en se cambrant.
John l'engloutit tout entier et le scientifique se sentit perdu dans un maelstrom de sensations et de plaisir. Il n'existait plus rien au monde que la bouche de John autour de son sexe brulant et la présence de ce dernier agenouillé devant lui.
-Je...je vais jouir, prévint-il en enfouissant les mains dans la chevelure brune du militaire.
-Retiens-toi, déclara John en se retirant, je veux que tu jouisses quand je serais en toi.
John se releva, se déshabilla rapidement et se dirigea vers la table de nuit. Il en retira le lubrifiant puis hésita un instant. Rodney comprit. Jusqu'à leur dispute ils avaient eu un rapport monogame mais ensuite...
-Merde, il y a pire que le pantalon en accordéon pour casser l'ambiance, grimaça t-il. Je me suis protégé et toi aussi je suppose ?
-Oui, évidemment, répondit John embarrassé.
-Ecoute, ne laissons pas ceci tout gâcher. Nous n'avons qu'à employer de nouveau des préservatifs pendant quelques temps par précaution, comme au début. Nous pouvons en parler à Carson qui pratiquera les examens nécessaires et puis voilà. C'est un peu comme si on recommençait à zéro, quand nous ne savions pas trop comment nous y prendre tous les deux.
John sourit au souvenir.
-On a pas mal tâtonné...
-...et on s'est finalement bien débrouillés, continua Rodney. Je ne te l'ai jamais dit mais j'étais mort de trac la première fois que tu m'as fait l'amour.
-Et moi donc! J'avais une peur terrible de te faire mal.
-Mais ça a été fantastique, termina Rodney. Il s'approcha de son amant. Je t'aime, John, je t'aime plus que tout.
-Moi aussi je t'aime Rodney, déclara le militaire.
Puis ce furent de nouveau les baisers et les caresses. John déposa une série de baisers sur le large dos de son amant qui se mit à frissonner de plaisir.
Le crépuscule commençait à tomber sur la cité. Ils s'approchèrent de nouveau de la baie vitrée. Les lunes les baignaient d'une lumière dorée. John se tenait derrière Rodney et se mit à le caresser de nouveau. Ses mains l'encerclèrent et se rencontrèrent au niveau du sexe dur du canadien.
-Hé, je vois que je te fais de l'effet, sourit le militaire en caressant les testicules d'une main tandis que de l'autre il entreprenait de caresser la longueur soyeuse.
-Tu n'es pas en reste il me semble, gémit Rodney sentant le sexe en érection de l'autre homme presser contre ses fesses.
John rit.
-Ouvre la porte-fenêtre, commanda t-il.
-Hein?
-Fais-ce que je te dis.
Rodney obtempéra. John le poussa sans le lâcher sur le balcon et le poussa en avant vers le bord. Le scientifique comprit. Il agrippa la rambarde et s'offrit à son compagnon.
-Merde, tu ne peux pas savoir l'effet que ça me fait, geignit John en le préparant avec fièvre. Tout prêt pour moi.
Son amant lubrifié il enfila un préservatif et ne perdit pas plus de temps. Il le pénétra lentement, goutant tout à la fois la chaleur serrée de l'autre homme et le vent frais sur son corps nu. Il entendait les petits cris de plaisirs de Rodney mêlés au bruit du ressac un peu plus bas. C'était fantastique. Il n'était pas pressé, il voulait prendre son temps, emmener lentement son amant à la jouissance. Il caressa le dos de son compagnon où dansaient de petites lueurs entremêlées d'ombres légères diffusées par la clarté des lunes. Ses mains glissèrent doucement sur les flancs à la chair tendre. Il se pencha pour déposer une série de baisers sur la nuque de Rodney dont le corps fut parcouru de frissons et entama de longs va et vient.
-John...je t'en prie, j'ai besoin...haleta Rodney.
Le militaire accéléra ses poussées. Sa paume vint s'enrouler autour du membre gonflé de son amant et le caressa au rythme de ses coups de reins.
Rodney se cambra et jouit longuement, son amant le suivit peu après dans l'orgasme puis s'abattit sur son dos en sueur.
Ils restèrent un moment ainsi, les oreilles bourdonnantes, reprenant leurs esprits. La sueur refroidissait lentement sur leurs corps. Rodney frissonna et John se retira. Il se débarrassa du préservatif et entraina Rodney à l'intérieur.
Ils entrèrent dans le lit étroit et se serrèrent l'un contre l'autre. Quelques baisers plus tard leurs paupières se fermèrent et ils sombrèrent dans un profond sommeil.
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À suivre
