Twilight appartient à S. Meyer

Mais Hope Springs est à justginger

Et merci à Milk40 d'assurer la correction

Merci pour l'accueil enthousiaste que vous avez réservé au premier chapitre de cette traduction


N'OUBLIEZ PAS QUE POUR DIFFÉRENTES RAISONS CETTE FIC EST RATED M!

CHAPITRE 2

Rencontre avec les Cullen.

L'immense corps de ferme était illuminé comme le proverbial arbre de Noël. Une véranda en faisait le tour et des points de lumière illuminaient chaque fenêtre du rez-de-chaussée. La porte d'entrée était grande ouverte et seule la porte avec moustiquaire faisait barrière aux bestioles qui voulaient voler à l'intérieur.

On pouvait entendre des rires et des éclats de voix provenant de l'intérieur. La grande ferme se tenait là depuis cent cinquante ans et dans le crépuscule on pouvait entendre les grillons et les oiseaux dans la cour autrement silencieuse. Les seuls bruits provenaient de la maison et de la ferme alors que tout le monde se préparait pour la nuit.

Des phares éclairèrent la grange de l'autre côté et ensuite la maison alors que le camion double cabine arrivait sur l'allée en terre battue.

"Il est là! Enfin! Hey Mam' — Edward est là!" retentit une voix jeune et excitée. Un homme sortit du camion en souriant et secoua sa tête en se dirigeant vers l'escalier puis vers le hall d'entrée à grandes enjambées.

"Brianna! Arrête de hurler!" résonna une voix de femme loin dans la maison, mais alors l'homme entendit des pas se précipiter vers lui.

"Edward! Dieu merci! Bree a été insupportable depuis qu'elle est rentrée à la maison après sa fête à la piscine."

Edward sourit et se pencha pour embrasser la joue de la femme," Hum tu sens si bon. Suis-je le dernier à arriver?"

Esmée Cullen hocha la tête tout en caressant la joue de son fils cadet. "As-tu faim?"

Il acquiesça tout en passant ses mains dans ses cheveux, "Affamé, je n'ai rien mangé de la journée. Hey, es-tu allée chercher Roscoe chez Rosie?"

Esmée roula des yeux, "Bien sûr Edward! Honnêtement, il va bien, mais laisse-la te le dire elle-même. Les garçons et papa sont au salon. Le dîner sera prêt dans une dizaine de minutes."

Ils se séparèrent, Esmée pour aller finir de mettre la table et Edward pour aller passer quelques minutes en compagnie de son père et de ses deux frères aînés.

"Edward!"

Il sourit en voyant une fille mince dévaler les escaliers et se jeter dans ses bras avant qu'il ait eu à peine le temps de réagir.

"Hey canaille! Tu es trop grande pour faire ça!"

"Oh, taratata!" répondit la belle jeune fille. Elle avait la même couleur de cheveux que son frère. Tous les deux avaient les cheveux couleur cuivre poli et leurs yeux étaient aussi verts que la forêt au printemps. Edward prit sa petite sœur Brianna, plus communément appelée Bree à bout de bras. "Taratata? Sérieusement? Que lis-tu en ce moment, Bree? Au fait, joyeux anniversaire! " Il embrassa sa joue affectueusement.

Bree repoussa ses cheveux derrière son épaule et une cascade de boucles tomba le long de son dos alors que ses yeux verts pétillaient en voyant son frère préféré. "Pourquoi? Autant en emporte le vent,bien sûr!"

Edward secoua la tête et passa un bras autour de ses épaules, "N'es-tu pas supposée aider par là?" Il fit signe vers le couloir qui menait à la cuisine et reçut un coup dans les côtes. "Aïe."

Edward rigola pendant qu'ils marchaient vers le salon. Il fut accueilli par un grand homme aux cheveux sombres affalé dans le canapé avec un jeune enfant sur ses genoux : "Hey petit frère!" fit l'homme avec un sourire.

Edward sourit et roula des yeux, "Il faut toujours que tu me rappelles que tu es l'aîné, hein, Em?"

Deux hommes blonds étaient au bar dans le coin, le plus jeune rit, "Il fait ça depuis que tu as trois ans, Edward, il ne va pas s'arrêter maintenant." Jasper regarda vers l'endroit où ses enfants, Chelsea et Brady, qui étaient aussi ceux d'Alice, étaient assis sur le sol en train de jouer avec les deux enfants d'Emmett et Rosalie, Jed et Emma.

Edward s'avança vers lui et le salua en lui frappant le poing avant de se tourner et de prendre la bière fraîche que son père lui tendait.

Carlisle Cullen était toujours un bel homme à cinquante-huit ans et il faisait toujours retourner les têtes lorsqu'il descendait Main Street. Il avait une épaisse chevelure blonde grisonnante sur les tempes. Ses yeux étaient d'un beau bleu, comme les bleuets et sa femme le taquinait en lui disant qu'ils étaient trop jolis pour un homme.

Ses cils épais et ses fossettes l'avaient rendu irrésistible auprès des femmes durant toute sa vie, mais c'était sa petite amie du temps où il fréquentait l'université qui avait capturé son cœur. Ils s'étaient rencontrés par accident, presque littéralement et depuis ils étaient ensemble. Il avait attendu seulement deux ans avant d'épouser la jolie Esmée McKinney de la ville voisine de Woodstock.

"Merci Papa! J'en ai bien besoin après mon dernier rendez-vous!"

Carlisle Cullen, sourit sans honte à son fils. "Mme Greenly?"

Tout le monde se mit à rire dans la pièce, et Bree fit des bruits de baisers jusqu'à ce que son père lui fasse signe d'arrêter en lui donnant un regard d'avertissement.

Edward passa de nouveau ses mains dans ses cheveux, "Je ne sais pas si elle est sénile ou si elle agit juste comme ça pour pouvoir pincer mon c-u-l! Et elle voulait que je lui vernisse encore les ongles de ses orteils!"

Les yeux de Jed s'agrandirent comme il regardait sa cousine, Chelsea qui avait sept ans aussi et était dans sa classe à l'école. Chelsea mit sa main devant sa bouche en ricanant, "Dis Oncle Edward c'est quoi c-u-l-?"

Tous les hommes se tournèrent vers les enfants en les regardant avec surprise. Ils savaient qu'ils allaient avoir des comptes à rendre si l'une ou l'autre de leurs femmes découvraient qu'ils avaient dit ou même épelé un vilain mot devant les enfants.

"Euh, c'est quelqu'un qui est le meilleur, tu sais comme quand grand-mère dit 'elle est un pistolet' c'est juste une figure de style, Chels."

Jasper regarda son plus jeune frère, " Ta belle-sœur va vouloir t'écorcher vif si elle apprend ça, Edward. Il va falloir que tu apprennes qu'ici les murs ont des oreilles!"

Edward soupira, "Je sais, désolé. Il faut que je m'habitue au fait que Chelsea et Jed sont grands maintenant et qu'ils peuvent épeler si bien."

Le petit dernier qui avait quatre ans et ressemblait tellement à Jasper, marcha vers Edward et grimpa sur ses genoux.

"Je sais bien épeler aussi, oncle Eddie," dit-il de sa petite voix rauque. Edward câlina Brady contre sa poitrine et lui fit un bisou sur sa joue de bébé potelé. "Bien sûr que tu sais, peux-tu épeler ton nom?"

Brady hocha la tête, ses grands yeux bleus écarquillés et graves, "Oui je peux le faire aussi!"

"Alors tu es plus intelligent que ton oncle Emmett assis là-bas. Il a encore un problème pour épeler son nom. Et ton papa est obligé de porter un insigne pour se souvenir de qui il est!" dit Edward malicieusement en faisant un clin d'œil à ses nièces et à son neveu réunis autour de lui.

Il fit bouger ses sourcils et Jasper et Emmett protestèrent alors que les enfants rigolaient à ses pitreries.

C'est à ce moment là qu'Alice entra et alla vers son beau-frère pour lui faire la bise, "Hey Edward, c'était comment le travail? J'ai entendu que ton dernier rendez-vous était Mme Greenly?" dit-elle avec un sourire.

Quelques instants plus tard Esmée appela tout le monde autour de la table de la salle à manger, une table en acajou massif qui était dans la famille depuis presque deux cents ans. Avec les rallonges elle pouvait accueillir une vingtaine de personnes mais habituellement quatorze sièges étaient installés autour de la table, sauf pendant les vacances ou si Esmée n'avait invité personne à dîner.

Carlisle récita la bénédiction pendant qu'ils se tenaient tous la main et puis comme c'était la tradition, ils portèrent un toast à la santé de l'enfant dont c'était l'anniversaire, dans ce cas Bree, qui fêtait aujourd'hui ses quatorze ans. Esmée et Carlisle échangèrent un sourire en regardant leur famille autour de la table. Ils étaient mariés depuis trente-sept ans et avaient eu quatre enfants. Emmett était le plus vieux à trente-quatre ans et il avait épousé Rosalie Hale dix ans auparavant ; ils s'étaient rencontrés à l'occasion d'un match de football à l'université.

Bien que les filles Hale-Witlock aient vécu à côté des Cullen pendant de nombreuses années, Emmett et Rosalie n'avaient jamais été amis étant enfants. C'est seulement lorsqu'il l'avait vue assise dans les gradins aux côtés de Royce King qu'Emmett avait décidé qu'il voulait apprendre à connaître cette beauté aux cheveux blonds.

Emmett ressemblait aux ancêtres écossais d'Esmée, avec des cheveux noirs, des yeux bleu foncé envoûtants, et il était bâti comme un linebacker. Il mesurait 1m 93 debout dans ses chaussettes. Rosalie était d'une beauté à vous couper le souffle et elle intimidait les hommes quand ils apprenaient qu'elle était chirurgien vétérinaire — l'une des meilleures de l'état.

Jasper était le deuxième dans la fratrie Cullen. Il avait surpris tout le monde en annonçant son mariage avec Alice Witlock alors qu'il venait tout juste d'avoir 21 ans. Alice était la demi-sœur de Rosalie, et toutes les deux étaient les voisines des Cullen depuis l'époque où le père de la première avait épousé la mère de la seconde et qu'ils avaient tous emménagé dans la maison voisine. Alice avait huit ans alors et Jasper l'avait aimée dès la toute première fois qu'il l'avait vue.

Jasper avait étudié en psychologie alors qu'Alice avait opté pour le design à l'université de New-York. Ils avaient le même âge, trente-deux ans et ils n'avaient jamais été aussi heureux. Jasper ressemblait à son père, avec son aisance, sa prestance et ses yeux couleur bleuet. Alice avait des cheveux noirs, couleur d'encre et des yeux brun fauve. Jasper était grand et mince ; il mesurait 1m 88 alors qu'Alice était minuscule, ne mesurant qu'1m 52. Une fois que Jasper eut fini ses études, Alice et lui décidèrent de revenir dans la seule ville qu'ils pouvaient appeler leur maison.

Cinq ans plus tôt après une fusillade traumatisante dans une école voisine, Jasper avait décidé de faire l'école de police et il était devenu le shérif de la ville trois ans auparavant. Jasper était très doué pour comprendre les gens. Son diplôme en psychologie lui avait appris à avoir un aperçu de la façon dont les gens pensaient et ressentaient. Il avait encore un cabinet privé de consultation à la maison, dans une chambre convertie en bureau, et il était aussi volontaire en tant que conseiller en milieu scolaire.

Edward avait vingt-huit ans et Bree, qui avait été le bébé de "la seconde lune de miel", avait quatorze ans aujourd'hui.

Il arrivait parfois à Edward d'être très conscient du fait qu'il était "le mouton noir" de cette famille.

Chaque membre du "clan" Cullen avait trouvé son âme sœur et ils s'étaient fréquentés, s'étaient mariés et avaient eu des enfants en un laps de temps assez court.

Edward n'avait jamais été marié.

Là où tous les membres de la famille Cullen étaient beaux, Edward Anthony Cullen était envoûtant.

De ses cheveux sauvages et cuivrés, à son nez fin, à sa mâchoire ciselée et à sa lèvre inférieure plus pleine. Le plus surprenant restait ses yeux verts.

Pour son repas d'anniversaire Bree avait choisi le thème des fruits de mer avec pour dessert un gâteau des anges avec de la crème glacée.

Alors que les plats circulaient et que tout le monde mangeait, Jasper se souvint de l'appel téléphonique étrange qu'il avait reçu le matin. "Il s'est passé quelque chose de bizarre ce matin," commença-t-il.

Edward haussa les sourcils d'incrédulité, " Plus étrange que d'habitude quand Darla est dans les parages? Ça m'étonnerait!"

Après que tout le monde ait bien ri, Jasper raconta son histoire. Il leur dit au sujet de l'appel téléphonique qu'il avait reçu d'une certaine 'Bella Van' et la conversation qui s'ensuivit avec Billy Black.

"Pourquoi tu ne sembles pas croire ce qu'elle t'a dit?" demanda Edward. Depuis qu'il avait fini son internat, il partageait un cabinet de consultation avec Carlisle qui voulait prendre sa retraite au cours des deux prochaines années.

Le premier mois qu'Edward était rentré à la maison, il avait également été élu maire de la ville parce que le précédent était mort "subitement", à l'âge de 97 ans.

Edward n'avait pas voulu ce travail et il savait qu'il s'agissait surtout d'un poste d'observateur mais il prenait cette occupation à temps partiel très au sérieux.

Jasper secoua la tête : "Parce que j'ai entré son nom dans le moteur de recherche et je n'ai rien obtenu. Billy a dit que son nom complet est Isabella - je l'ai entré aussi et rien. J'ai demandé à Billy de m'appeler régulièrement pour vérifier que tout allait bien. Je lui ai aussi demandé de me dire par où il allait passer. Il devrait arriver demain vers l'heure du dîner."

Esmée éclaircit sa voix, "Billy m'a aussi appelée ce matin. Cette pauvre fille cherche du travail pour se dépanner afin de pouvoir payer les réparations pour sa voiture."

Esmée tourna son regard vers son mari, cherchant l'appui de celui-ci. "Carlisle -"

Carlisle secoua la tête en dévisageant sa femme ; elle savait qu'il ne pouvait rien lui refuser, "Tu lui as déjà proposé la chambre dans la grange n'est-ce pas, May-May?" dit-il tranquillement en utilisant le surnom que lui donnaient ses petits-enfants.

Esmée rougit subtilement, "Pas vraiment - J'ai dit que je voudrais la voir avant," commença-t-elle, mais Edward choqua tout le monde en tapant du poing sur la table.

"Mam'! Comment peux-tu? Sais-tu ce qui arrive aux gens qui ouvrent leur porte aux étrangers? Est-ce que tu le sais?" tonna-t-il avec un air inhabituel sur le visage.

Emmett acquiesça," Ouais, Mam'. Enfin merde!"

"Emmett, langage!" dit Esmée sévèrement.

Carlisle fixa ses fils, "Ce n'est pas une façon de parler à votre mère, les gars. Maintenant excusez-vous immédiatement." Edward ainsi qu'Emmett savaient que Carlisle ne tolèrerait pas leur manque de respect envers Esmée.

Ils s'excusèrent tous les deux bien qu'ils ne paraissent pas contrits pour autant.

Carlisle hocha la tête, "Bien, maintenant, je pense que c'est quelque chose que nous devrons discuter en privé votre mère et moi." Ses yeux se déplacèrent vers les enfants autour de la table qui suivaient ce drame avec beaucoup d'attention.

Jamais personne n'élevait la voix dans la maison de Pa et May-May — sauf s'ils voulaient que leur bouche soit rincée à la moutarde. Et si vous juriez et bien May-May vous ferait laver la bouche avec du savon - 'pas de si, ni de et, ni de mais!'

"D'accord, les enfants vous pouvez quitter la table. Vous pouvez aller jouer dans la véranda ou regarder la télévision et nous vous apporterons un peu de crème glacée," dit Esmée.

La fille d'Alice, Chelsea, qui était vraiment sa copie miniature sauta de sa chaise et fit le tour de la table pour embrasser sa grand-mère sur la joue, "Merci pour le souper, May."

Esmée sourit et se tourna sur sa chaise pour embrasser l'aînée de ses petits-enfants. Chelsea était une enfant pétillante et aimable et les gens ne pouvaient s'empêcher d'être chaleureux avec elle.

"Ça m'a fait plaisir mon ange. Maintenant est-ce que Jed et toi pourriez emmener Brady et Emma pour vous laver les mains et ensuite vous pourriez jouer?"

Chelsea regarda vers Jed qui hocha la tête et se leva. Jed et Emma étaient les enfants de Rosalie et d'Emmett et ils avaient les mêmes cheveux blonds et épais que leur mère mais ils avaient hérité tous deux des yeux bleus brillants ainsi que des fossettes craquantes de leur père. Jed était l'aîné et comme son père, il était très protecteur envers sa sœur et ses cousins plus jeunes.

Les enfants étaient très proches les uns des autres et ils passaient au moins autant de temps chez leurs cousins et leurs grands-parents que chez eux.

Jed dégagea son épaisse chevelure de son visage et remercia sa grand-mère pour le dîner avant de se diriger vers la salle de bain. "Allez, allons-y. Viens Brady, je vais t'aider," dit-il en tirant une chaise pour son jeune cousin âgé de quatre ans. Brady ressemblait à Jasper, avec des boucles couleur sable, le même sourire mignon et des yeux gris bleu qui se plissaient lorsqu'il riait, ce qu'il faisait souvent.

Une fois que les enfants eurent disparu dans la véranda qui servait de salle de jeu, Jasper, Emmett et Edward débarrassèrent, pendant que Carlisle remplissait à nouveau leurs verres.

"Je n'aime toujours pas ça," dit Edward alors qu'il rinçait les assiettes et les passait à Jasper pour qu'il les mette dans le lave-vaisselle.

"Ça n'a pas à te plaire, fiston," dit Carlisle en enveloppant les restes et en les empilant dans le réfrigérateur.

"Je parie que c'est une sans-abri droguée dont Billy a eu pitié, encore!" dit Emmett, et Edward ne tarda pas à acquiescer d'un signe de tête. Billy avait un peu cette réputation, trouver des vagabonds sur la route et leur faire faire un bout de chemin dans son camion - bien que jusqu'a présent il n'en ait vraiment jamais ramené à la maison.

Carlisle soupira et leva les yeux de ce qu'il était en train de faire. "Maintenant écoutez-moi, je comprends votre inquiétude, vraiment, mais vous devez laisser tomber. Si cette fille ou cette femme n'est pas convenable, je ne l'autoriserai pas à rester sur notre propriété, je vous le promets. Nous l'enverrons à la mission à Hartford. Je parlerai à Billy dans la matinée pour savoir ce qu'il pense d'elle. Billy Black a un très bon jugement quand il s'agit de jauger les gens… Je ne pense pas qu'il puisse se faire duper par une jeune effrontée."

Les frères échangèrent un regard et convinrent silencieusement de se taire tout en restant vigilants, jusqu'à ce qu'ils soient convaincus de l'honnêteté de cette "effrontée". Edward sourit, avec Emmett qui était à la fois procureur de la ville et enquêteur privé, Jasper qui était psy et shérif de la ville et lui-même qui cumulait la double tâche de maire et médecin de la ville, si cette fille pensait qu'elle allait pouvoir venir ici avec de mauvaises intentions, elle allait être sacrément surprise.

Une fois que la cuisine fut rangée, les adultes sortirent et s'assirent sur les fauteuils en osier blanc qui étaient là dans cette véranda depuis près de cent ans.

Esmée parlait d'une virée shopping qu'il fallait qu'elle et les filles fassent bientôt, "Bon Rosie, dans un mois l'école commence …"

Alice grogna dramatiquement en embrassant la joue de son mari et tout en lui prenant de la main son verre de vin, elle se laissa tomber à côté d'Esmée en ce qui sembla être un seul mouvement.

"Ne me rappelle pas ça, chaque fois que j'essaie de le préparer au fait qu'Emma ne sera pas à la maison avec nous cette année, il commence à pleurer, m'ignorer ou changer de sujet! Je redoute le 21 août!" Alice secoua la tête tristement.

"Je pensais que tu allais le mettre à la maternelle à plein temps cette année?" demanda Esmée.

Alice fronça son nez lorsque Rosalie se moqua d'elle. "En effet c'est le cas! Et si elle est honnête avec toi, Esmée, elle admettra que c'est elle, et non pas Brady, qui est nerveuse de rester toute seule!"

Alice se jeta sur le bras de sa sœur pour la pincer. Rosalie lui donna une tape mais Alice avait bondi et elle s'assit sur les genoux de Rosalie tout en continuant à jouer à se battre, et ce furent Emmett et Edward qui les séparèrent finalement.

Carlisle rit à leurs pitreries," Vous deux vous disputez toujours comme ça depuis que Rosie a volé des pommes dans l'arbre de maman!"

Alice jeta un coup d'œil à sa meilleure amie mais tout le monde se rendit compte que sa bouche se tordait pour cacher un sourire, "Ouais, elle s'attirait les ennuis quand elle avait six ans et ça continue toujours!"

Rosalie rit, " Oh s'il te plait, à la minute où nous avons déménagé à côté, tu as commencé à espionner Jasper Cullen, tu étais après lui comme une éruption de boutons de chaleur! Tu as harcelé ce pauvre garçon jusqu'à ce qu'il n'ait plus la force de te résister!"

Tout le monde éclata de rire jusqu'à ce qu'Emmett, pas du tout diplomate pour un avocat, renchérit avec un petit rire : "Ouais tu es vraiment chanceux, Eddie, qu'il n'y ait pas d'autre sœur ou alors tu aurais pu finir comme nous!"

"Emmett," lui reprocha Esmée, mais Edward agit comme s'il n'avait pas entendu le commentaire d'Emmett.

oo0oo

Plus tard cette nuit là, Edward et son meilleur ami, Roscoe, un berger australien tricolore de deux ans, firent un tour dans le parc de l'autre côté de la route qui menait chez lui, en suivant les chemins pour courir, la gloriette, l'aire de jeux pour les enfants et le plan d'eau qui était utilisé pour la plupart des événements extérieurs de la ville. C'était l'une des raisons pour lesquelles Edward avait voulu vivre sur Charring Cross Lane.

Remettre le parc en état avait été l'une des premières tâches qu'Edward, nouvellement nommé maire, avait entreprise pour la ville l'année précédente. C'était une manière de combler sa vie autrement si vide et prévisible, et même s'il avait protesté en apprenant cette nomination, car il n'avait jamais posé sa candidature pour ce poste, il aimait secrètement cette distraction.

De temps en temps Roscoe jetait un regard de reproche à Edward avant de s'éloigner en clopinant pour renifler l'herbe.

"Ross, tu ne vas pas continuer à bouder pour toujours. Tu sais qu'il fallait te faire nettoyer les dents et que tu avais besoin de faire radiographier ta patte! Tu n'aurais pas dû poursuivre ce lapin la semaine dernière et puis vois les choses sous cet angle ; ce n'est pas comme si je t'avais fait châtré," dit Edward espérant récupérer l'affection de son chien.

Roscoe le regarda et Edward fut sûr qu'il avait grogné avant de revenir vers son maître tranquillement.

"Viens, rentrons à la maison, mon gars."

Edward fit demi-tour vers sa maison à deux étages. Il aimait cette maison. Sa famille ne pouvait pas comprendre pourquoi il avait besoin d'une si grande maison ; lui-même ne pouvait pas expliquer ce sentiment de paix et de sécurité qu'il ressentait chaque jour quand il se garait devant la maison blanche et bleue, qui avait été la dernière que l'agent immobilier lui avait montrée.

Edward ne s'attardait généralement pas sur le passé et sur la raison pour laquelle, à l'âge de vingt-huit ans il travaillait comme médecin dans cette petite ville alors qu'il avait obtenu son diplôme brillamment et qu'à la fin de son internat on lui avait offert un poste dans plusieurs hôpitaux prestigieux dont le Johns Hopkins à Baltimore et le New York Presbyterian, où il avait fini son internat. Mais c'était comme ça, il avait voulu rentrer à la maison.

Il avait ressenti le besoin de revenir à la maison et sa famille pouvait le comprendre.

Son père ne lui en avait jamais voulu pour sa rébellion contre lui, il avait plutôt, de façon typique, accueilli tranquillement son enfant à la maison à bras ouverts.

Edward entreprit son rituel du soir en enlevant ses chaussures et en les posant dans l'entrée, s'assurant que Roscoe ait assez d'eau avant d'aller dans la grande cuisine pour se faire une tisane.

Il tira une chaise et s'assit à la grande table en pin en regardant le fond de son mug d'un air morne.

Il passa ses longs doigts dans ses cheveux en jouant distraitement avec le piercing qu'il avait sur sa langue.

En buvant une gorgée très chaude Edward se souvint du jour où il était revenu à la maison et comment sa mère avait pété les plombs lorsqu'elle avait vu ce piercing.

C'était sa première année à l'université et une nuit, juste après son anniversaire, deux de ses amis l'avaient défié de se faire faire un piercing. Il sourit intérieurement ; sa langue n'était pas la seule chose qu'il avait fait percer, il avait aussi un piercing Prince Albert. Cela avait été plus long à guérir mais Edward n'avait jamais regretté de l'avoir fait.

Il avait aussi stupidement teint ses cheveux et il avait des stries bleues et noires dans sa chevelure indisciplinée qui avait normalement la couleur du cuivre.

Il avait fait un nombre d'autres choses aussi pour se rebeller aussi contre ses parents et le monde dans lequel il avait grandi.

Esmée avait pleuré jusqu'à ce qu'Alice lui fasse remarquer que ça aurait pu être pire, qu'il pourrait avoir fait percer un autre endroit de son corps. Edward avait remercié sa bonne étoile d'être un bon bluffeur parce qu'il était sûr qu'Alice se serait évanouie si elle avait vu son piercing sur son pénis.

Edward adorait ce piercing. Les trois frères étaient circoncis, ainsi que Carlisle, et le piercing faisait que son gland était beaucoup plus sensible.

Après cette rencontre orageuse avec ses parents, Edward avait claqué la porte de la maison et il n'y était pas revenu pendant six mois, jusqu'à cette nuit là.

Ses yeux verts se durcirent jusqu'à être d'un vert/gris tumultueux, Jenna aussi avait aimé son Prince Albert.

Mais c'était avant qu'elle ne meure dans ses bras.

Il se leva tout d'un coup et vida le contenu de son mug. Il le rinça et le mit à égoutter avant de programmer la cafetière et d'éteindre toutes les lumières sauf une au-dessus du comptoir dans la cuisine, avant de monter à l'étage.

Il retira ses vêtements et les parsema sur le sol en se dirigeant vers la salle de bain.

L'une des raisons qui l'avait décidé à acheter cette maison était la suite parentale. Elle était très spacieuse et sa belle-sœur l'avait meublée dans une combinaison parfaite de gris et de bleu clair, donnant une atmosphère calme et paisible.

Edward avait eu besoin de beaucoup de calme autour de lui lorsqu'il était arrivé. Sa vie jusque là avait été survoltée et presque frénétique.

Il entra dans la salle d'eau et fit couler la douche. Il aimait cette pièce qui occupait tout un côté de la salle de bain principale. Il y avait un mur de verre qui transformait ce qui était en fait une douche géante en 'salle d'eau'. De l'autre côté il y avait également un mur de verre derrière lequel on trouvait une baignoire japonaise.

Edward resta sous les jets d'eau puissants et laissa le stress de la journée s'évacuer. Quand il eut fini, il enroula une serviette autour de ses hanches et se brossa les dents. Une fois sec, il s'essuya les cheveux et ensuite mit la serviette dans le panier et se dirigea vers son lit grande largeur et extra long.

C'était un autre de ses plaisirs. Après des années à essayer de caser son 1m 92 dans un lit standard, Edward avait décidé de se faire plaisir.

Le sommeil ne viendrait pas facilement cette nuit, il le savait et il roula sur son dos et mit ses mains derrière sa tête en fixant le plafond.

Il aimait sa vie maintenant.

Chaque jour était prévisible. Il se rappela le temps où il s'était moqué de son père et de son domaine de spécialité en médecine. Il pensait que la médecine familiale était faite pour les vieux médecins dépassés, qui ne pouvaient plus s'adapter au monde réel. Edward grinça des dents quand il se souvint qu'il avait dit ces mots à Carlisle, une nuit - cette même nuit où il était rentré à la maison en larmes, à peine conscient.

Carlisle lui avait offert ce travail dans son cabinet, du moins un partenariat et Edward s'était moqué de lui et avait crié malgré les larmes d'épuisement, de douleur et de peur qui coulaient sur ses joues. Il se souviendrait toujours des mots qu'il avait crachés à son père. "Honnêtement crois-tu que je veux être comme toi? Coincé ici pour le reste de ma vie? C'est très bien pour toi, Carlisle, mais tu n'étais pas le meilleur élève de ta putain de promo, n'est-ce pas? Réveille-toi mon vieux, je ne suis en rien comme toi!"

Il n'oublierait jamais le regard peiné et la dévastation sur le visage de Carlisle qui était debout là, recevant tout ce qu'Edward lui disait, jusqu'à ce qu'il ait fini et qu'il se recroqueville sur lui-même, ses bras autour de ses genoux, se lamentant et se balançant d'angoisse.

Carlisle aurait pu le jeter dehors cette nuit-là, il aurait dû mais il se contenta d'entraîner Esmée et Bree qui avait six ans à l'époque, à l'étage et loin du conflit.

Il s'était assis sur le plancher à côté de son plus jeune fils et l'avait étreint et bercé comme un bébé pendant qu'Edward laissait libre cours à sa douleur. Les mois où il avait erré loin de sa famille, loin des convictions, des coutumes et des règles de morale qu'il avait connues depuis qu'il était tout petit semblaient partir en lambeaux autour de lui.

Seuls Carlisle et Jasper savaient ce qui l'avait fait partir de New-York. Bien sûr, y avait eu une enquête de police et Edward avait failli être suspendu mais l'intervention de Carlisle l'avait sauvé et il avait pu retourner à l'école.

Dès lors Edward n'avait fait qu'étudier, travailler à temps partiel à la bibliothèque pour rembourser ses parents et aller à l'école. Après cet épisode il était rentré chez lui pour toutes les vacances ainsi que pour toutes les fêtes.

Il avait recommencé à avoir une relation avec sa famille et il était graduellement redevenu lui-même. Un nouveau lui-même, en fait. Il était plus calme et avait perdu son côté sauvage et spontané. Il ne tentait plus la chance et chaque décision qu'il prenait était soigneusement mûrie et réfléchie.

Esmée et Carlisle parlaient de cela quelquefois. Son fils sauvage et insouciant lui manquait. Son garçon aux manières taquines et au sourire bizarre et de guingois qui pouvait charmer les oiseaux dans les arbres lui manquait. Carlisle faisait remarquer qu'il était confiant qu'un jour, quelque chose ou quelqu'un serait le catalyseur qui aiderait à fusionner ensemble l'ancien et le nouvel homme qu'Edward était devenu.

Edward était allé consulter un collègue de Jasper pendant plusieurs années et Colin lui avait dit et redit que ce qui était arrivé n'était pas de sa faute, mais Edward savait que si seulement il n'avait pas été aussi déterminé à réussir, il aurait pu voir quelque chose, il aurait remarqué qu'il perdait de plus en plus le contrôle.

Edward soupira et donna un coup de poing dans son oreiller ; il ferma les yeux avec détermination en se demandant à quoi ressemblerait le 'chien errant' qu'allait ramener Billy. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour l'empêcher de corrompre sa famille. Il avait rencontré des fugitifs avant. Il les connaissait trop bien. Il se souvenait ….

Edward chassa ces pensées pour un moment.

C'était une des raisons pour lesquelles il avait tellement changé ces dernières années. Son Harley était toujours dans le garage, sous une housse et il ne la sortait qu'en de rares occasions lorsqu'il ressentait le besoin de prendre le large. Il ne portait plus ses vieux jeans déchirés qu'à la maison et ses débardeurs aussi.

Au petit matin lorsqu'il est sortait de la maison, il aurait pu passer pour un mannequin de Brooks Brothers avec ses chemises, ses pantalons bien repassés et ses chaussures à lacets. Il avait même une putain de veste en tweed avec les coudes en cuir - ce qui avait fait rire Emmett et Jasper pendant des heures.

Il n'y avait que sa famille qui savait qu'il avait un tatouage en bas de son torse sur le côté ou la date qui était tatouée sur son épaule au-dessus d'une cicatrice.

Finalement ses yeux se fermèrent et il glissa dans un sommeil agité avant de se réveiller quelques heures plus tard, dans une mare de sueur, alors que l'image du corps inanimé de la jeune femme blonde et de ses yeux bleus ternes et sans vie brûlait à l'arrière de son cerveau.

Il se leva et prit une douche froide, avant de se glisser dans un sweat noir et de se diriger en bas vers le piano à queue noir qui était installé dans ce qui était supposé être le salon mais qui servait essentiellement de salle de musique où trônaient son piano, sa guitare et un canapé en cuir noir. Il fixa le ciel sombre alors que ses doigts survolaient les touches.

Finalement il se sentait en paix.


Merci d'avoir lu et vous pouvez toujours laisser vos impressions...