TWILIGHT appartient à S. Meyer

HOPE SPRINGS appartient à justginger .

Merci à Milk40 pour son aide précieuse.

Cette fic est rated M pour plusieurs bonnes raisons - vous êtes prévenues!

CHAPITRE 4

Lutte ou fuite?

.

Une serveuse tenait un plateau et Bella sentit leurs épaules se heurter alors qu'elle courait vers l'extérieur.

Elle entendit des cris et du verre se briser mais elle courrait. Elle traversa la rue. Une voiture klaxonna. Elle tourna au coin de la rue. Elle continua et tourna à l'autre coin — passa des maisons. Elle dépassa ce qui semblait être une école et d'autres maisons. Bella courut sans s'arrêter jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de souffle. Elle s'arrêta quand ses jambes ne voulurent plus la porter. Elle s'agenouilla dans l'herbe couverte de rosée avec ses mains sur ses genoux, essayant de récupérer son souffle. Elle s'entendit sangloter.

Ses mains tremblaient, putain ; son corps entier tremblait dans l'obscurité croissante.

Après qui sait combien de temps elle fut assez calme pour regarder autour d'elle. Elle ne put pas voir grand-chose dans l'obscurité, mais elle put distinguer une rivière ou un lac ainsi que des chemins qui étaient éclairés par des lampadaires à l'ancienne.

Bella regarda par-dessus son épaule mais la rangée de maisons qui faisait face au terrain où elle se trouvait, semblait être à une distance respectable. Elle vit qu'il y avait quelques personnes sur les chemins mais aucune ne prêtait attention à elle ou ne paraissait gênée par sa présence.

Finalement elle se remit sur ses pieds et regarda dans son sac à dos. Elle sourit en sortant une bouteille d'eau qu'elle avait gardée lorsque Billy avait insisté pour lui acheter des petites choses à grignoter et à boire.

Heureusement elle était plus que rassasiée avec toute la nourriture que son nouvel "ami" lui avait procurée et elle avait réussi à en garder une bonne quantité ainsi que des boissons.

Bella prit une pomme et un paquet de chips et après avoir refermé son sac soigneusement elle le remit sur son épaule et commença à marcher à travers le parc.

Après un moment, elle vit ce qui ressemblait à une sorte de structure au milieu d'une grande zone de pelouse bien tondue. Il y avait quelques arbres et quelques parterres de fleurs, qui semblaient bien entretenus. En se rapprochant Bella vit que c'était une belle gloriette blanche.

Elle jeta un coup d'œil rapide autour d'elle pour être sûre que personne ne la regardait et quand elle vit que rien ne sortait de l'ordinaire, Bella traversa la pelouse et monta les larges marches. Elle vit que c'était bien plus grand que ce qu'elle avait d'abord pensé, il y avait des marches sur trois des côtés en treillage. Il y avait des roses blanches grimpantes sur les côtés de la tonnelle et des bancs tout autour à l'intérieur.

Bella s'assit sur le bois propre du sol et reposa son dos contre l'un des bancs. Elle prit soin de mettre ses deux sacs sous l'un des bancs.

Pour la première fois depuis la rencontre effrayante dans la salle à manger du restaurant elle laissa échapper le souffle qu'elle retenait sans le savoir.

Elle était en sécurité ici.

C'était un soir d'été magnifique et Bella détacha son sweat-shirt qu'elle avait mis autour de sa taille plus tôt et le laissa tomber sur le sol à côté d'elle puis ouvrit la bouteille d'eau et en prit une longue gorgée.

Elle avait encore l'argent de son, de Charlie. Bella grogna, même dans son esprit elle ne pouvait l'appeler son père. Le son du mot lui était juste étranger. Cela sonnait faux pour elle de dire ce mot - combien de fois pendant ces cinq dernières années Simon et Kate avaient-ils crié à leurs enfants adoptifs que la raison pour laquelle ils étaient là, dans une famille d'accueil et pupilles de l'Etat, c'était parce que personne n'avait voulu d'eux.

Aucun des six enfants, ou à peu près, qui vivaient avec eux n'avait jamais discuté avec eux. Bella laissa échapper un petit rire, et certainement pas après la seule fois où elle avait haussé le ton, peu de temps après qu'elle soit allée vivre avec eux, et où elle leur avait répondu qu'ils devaient bien venir de quelque part. Que sûrement quelqu'un les avait aimés à un moment ou à un autre.

Elle n'avait pas vu le coup arriver avant qu'il soit trop tard. Avec une lèvre fendue, un œil bleu et enflé et le nez tout aussi endommagé, Bella n'avait jamais reparlé de ses parents.

Après qu'elle eut fini la pomme, Bella regarda dans son nouveau sac et avec un sourire en sortit une des lingettes que Vinnie lui avait données.

Elle s'essuya le visage, le cou, sous les bras et les mains. Elle sortit sa nouvelle brosse à dent et le tube de dentifrice et après avoir évalué ses options, elle s'accroupit dans le coin le plus reculé de la gloriette et se brossa les dents, avant de rincer sa bouche avec un peu d'eau.

Elle se releva et regarda autour d'elle de nouveau. Lorsqu'elle vit qu'il n'y avait plus personne, elle enleva rapidement son soutien-gorge de sport et ne garda que son débardeur.

Elle s'assura de tout bien ranger. Elle avait appris à être prête tout le temps et à toutes les éventualités.

Elle ne connaissait pas les lois mais elle savait que ce serait mal vu si on la surprenait à dormir là, à l'intérieur du kiosque.

Elle aurait souhaité pouvoir lire mais les lampadaires du parc étaient trop loin pour lui procurer la lumière nécessaire et elle ne pouvait pas voir les mots sur les pages.

Elle se rassit et ferma les yeux, écoutant les faibles sons de gens qui riaient ou peut-être d'enfants qui jouaient. Elle pouvait aussi entendre des aboiements de chiens et quelques voitures qui remontaient la route séparant le parc des maisons de l'autre côté.

De ce qu'elle pouvait voir, l'autre côté de la rivière ou du lac était constitué de zones plus verdoyantes et puis plus loin, une forêt recouvrait la colline.

Je vais juste fermer mes yeux pour une minute ; ensuite je m'allongerai sous le banc et je dormirai. Je vais penser à ce que je ferai demain. Ouais, demain est un autre jour.

Ooo HS ooO

La veille au soir, après que le repas pour Bree fut terminé, que tout le monde soit parti et que Bree elle-même fut allée dans sa chambre s'occuper avec le nouveau Blackberry que ses parents lui avaient offert pour son anniversaire, Esmée était allée toquer au bureau de Carlisle.

Elle attendit jusqu'à ce qu'il lui dise d'entrer.

Carlisle se pencha sur le bureau un verre dans la main.

Esmée lui sourit incertaine, "Es-tu fâché contre moi?"

Carlisle gloussa et posa son verre avant d'ouvrir ses bras et Esmée n'hésita pas à réduire l'écart qui les séparait et entoura sa taille de ses mains, "Jamais, ma magnifique épouse. Je ne suis pas fâché contre toi, je suis juste préoccupé. Ni toi ni Billy ne savez rien à propos de cette fille ou femme. Le fait que Jas ne puisse pas trouver de renseignements sur elle me rend nerveux, May. Je ne vais pas m'interposer si tu décides de rencontrer Billy mais il y a quelques conditions."

Esmée hocha la tête, "Quelles sont-elles?"

Carlisle embrassa son front avant de devenir plus sérieux, "Tout d'abord tu vas les rencontrer au restaurant, comme ça tu pourras te rendre compte par toi-même. Deuxièmement, Jas et Edward garderont un œil sur vous pendant cette rencontre et s'ils voient quelque chose qu'ils n'aiment pas, la rencontre prendra fin aussitôt." Carlisle pouvait sentir Esmée se tendre dans ses bras, mais il continua à parler, "Troisièmement, Emmett fera une enquête complète sur elle avant qu'elle ne soit autorisée à demeurer sur notre propriété." Esmée ouvrit la bouche au dernier commentaire mais Carlisle secouait déjà la tête.

"Je suis désolé mon trésor mais ça n'est pas discutable. Elle peut travailler ici comme n'importe lequel des autres saisonniers, elle peut même manger avec eux dans leur local, mais à la fin de la journée, elle partira jusqu'à ce que nous ayons quelques réponses. Ce sont mes conditions, " dit-il d'une voix ferme.

Esmée s'éloigna de son époux, de presque 35 ans, et regarda dans la nuit par fenêtre.

"Elle n'a personne Carlisle," lui dit-elle tranquillement.

Carlisle fronça les sourcils, "Tu n'en sais rien Esmée. Je ne comprends pas pourquoi tu te sens contrainte de faire rentrer cette fille dans notre famille. Tu es très maternelle et tu aimes t'occuper de tout le monde, mais tu n'as jamais rencontré cette fille! Elle pourrait être droguée, paumée, prostituée de ce que nous savons, et toi tu te prépares à l'avoir là, près de notre fille de quatorze ans et de nos petits-enfants? Je ne pense pas … - s'il te plait sois raisonnable."

Esmée se retourna pour lui faire face, "Tu veux plutôt dire 's'il te plait vois les choses à ma façon', n'est-ce pas? Penses-tu sérieusement que je ne sais pas à quoi ressemble un drogué ou un paumé, Carlisle? Penses-tu que j'aie pu oublier à quoi ressemblait notre fils lorsqu'il est revenu à la maison? " Esmée cracha ces mots alors que ses yeux brillaient de larmes contenues.

Carlisle traversa le tapis pour la rejoindre et serrer son corps tendu contre le sien. "Bien sûr, je ne pense pas que tu aies oublié, Esmée! Je veux te protéger de cela! Nous le voulons tous et c'est pourquoi j'ai mis en place toutes ces conditions." Carlisle utilisa son pouce pour essuyer une larme qui glissait sur sa douce joue et il fixa ses beaux yeux qui étaient comme ceux de leur fils."

"Pourquoi penses-tu qu'Edward soit si inquiet? Il sait combien il t'a fait souffrir, combien il nous a blessés, et il ne veut pas que tu aies quelque chose comme ça à traverser de nouveau. Il ne veut pas que tu sois dévastée comme il l'a été, si, bon si quelque chose arrive, comme ce qui est arrivé à Jenna. S'il te plait Esmée." Le cœur d'Esmée fondit en voyant la sincérité dans les yeux bleu clair de Carlisle.

Elle tendit le bras et prit ses joues entre ses mains. "D'accord, pourra-t-elle dormir dans la chambre du hangar quelques nuits jusqu'à ce qu'Emmett ait pu vérifier ses antécédents? S'il te plait?"

Carlisle soupira, "Assure-toi qu'elle ait bien compris qu'il ne faut ni fumer ni boire chez nous et qu'elle ne doit pas venir ici ni près de la maison. Elle peut prendre ses repas avec les autres travailleurs, compris?" Il braqua son regard dur sur elle et Esmée laissa échapper un soupir. "D'accord, mais c'est seulement parce que je t'aime plus que jamais et que j'aime nos chers fils, même si parfois ils sont malavisés et surprotecteurs.

Carlisle soupira de soulagement et il prit un soin tout particulier cette nuit-là à démontrer à sa femme ce qu'elle représentait pour lui.

Alors qu'ils étaient couchés légèrement en sueur, leurs jambes entremêlées, Esmée tourna sa tête pour embrasser le torse de son mari. Elle aimait la poignée de poils drus blonds et gris qu'elle trouvait masculins et sexy.

"Merci pour ça, Carlisle. Je ne sais pas pourquoi j'ai un sentiment si fort envers Bella, mais c'est comme ça," murmura-t-elle.

Ooo HS ooO

Lorsqu'Esmée vit Bella le soir suivant, elle sut qu'elle lui offrirait plus qu'un travail de cueilleur à la ferme.

Esmée fut frappée par la vulnérabilité de la jeune fille alors qu'elle se cachait derrière Billy Black.

Elle était maigre, trop maigre et agitée. Ses grands yeux bruns d'abord choqués et incrédules firent le tour de la salle à manger puis Esmée sourit en voyant la fille sourire et faire part de ses commentaires à Billy.

Billy se mit à rire et Esmée s'avança pour se présenter.

Esmée fut consternée lorsqu'elle avança pour lui serrer la main, que la pauvre enfant recule d'abord comme si elle voulait éviter un coup avant de tendre sa petite main pour serrer la sienne.

Bella s'assit face à eux dans le box. Esmée vit la façon dont Bella s'accrochait à ses sacs, un sac à dos noir et sale et un autre qui semblait plus neuf en toile. Lorsqu'elle s'excusa pour aller aux toilettes, Esmée regarda les clients autour d'eux qui la suivaient des yeux avec un intérêt suspicieux, de la curiosité ainsi que des regards dédaigneux.

"Quelle étroitesse d'esprit dans ces petites villes!" gronda Esmée.

Billy acquiesça, "On ne changera jamais leur mentalité et tu le sais! Enfer ils appellent encore Alice et Rosalie, "ces filles Whitlock Hale."

Esmée repéra deux têtes familières dans le restaurant et plissa les yeux en signe d'avertissement pour les deux hommes, "Dieu, aidez-moi, regardez-les! Ils pensent être discrets!"

Billy éclata de rire en voyant les deux hommes "cachés " derrière leurs menus. Je me demande s'ils se sont aperçus qu'ils tiennent leurs menus à l'envers."

Billy regarda par-dessus son épaule vers les toilettes, avant de se retourner vers Esmée, "Ecoute, je ne sais pas quelle est l'histoire de Bella. Je ne pense pas qu'elle se drogue. J'a vu ses bras et ses pieds parce qu'elle portait des sandales hier, et ces sacs semblent contenir tout ce qu'elle possède, outre la VW Coccinelle qui est en panne. Elle m'a dit qu'elle était de Vegas, mais je ne pense pas qu'elle -"

Deux ombres s'abattirent sur leur table et une voix tranquille qui sonnait comme du velours dit : "Vous ne pensez pas qu'elle, quoi? Billy? Qu'elle dise la vérité? Mince Jasper imagine ça. Allez Billy, j'aurais pu vous le dire!" siffla Edward.

Esmée fixa son plus jeune fils, "Edward et Jasper Cullen, disparaissez tout de suite de cette table! Je suis d'accord pour que vous ayez un droit de regard sur la situation mais là vous êtes allés trop loin - partez maintenant!"

Edward se pencha sur la table, alors que sa voix et son visage devenaient durs et déterminés. "Maman, tu ne la connais pas! Que faire si elle n'est pas aussi 'inoffensive' que ce que tu crois! Tu ne la connais que depuis seulement, quoi? Cinq secondes!"

"Edward Anthony! Ce sera … Bella!" Le regard étonné de Bella croisa celui mortifié d'Esmée. Il était évident que Bella avait entendu au moins une partie de l'échange vif entre Esmée et Edward. Les yeux de Bella étaient écarquillés de crainte et de terreur pures lorsqu'elle regarda vers Edward et Jasper.

Dans les deux secondes qui suivirent toutes les conversations s'arrêtèrent dans le restaurant. Tous les yeux étaient tournés vers la nouvelle venue, les Cullen et Billy Black. Comme les requins, ils pouvaient sentir le sang dans l'eau.

Esmée regarda, horrifiée, le visage de Bella devenir plus pâle que ce qu'il était avant et elle secoua la tête doucement alors qu'elle reculait d'un pas puis d'un autre. Billy essaya de l'arrêter mais il était coincé contre la table.

L'instant d'après, Bella avait disparu ; le restaurant entier la regarda avec fascination trébucher contre Becky-Sue Wallace et les milk-shakes et les hamburgers volèrent à travers la pièce.

Une partie d'Esmée était contente que les milk-shakes et le ketchup aient atterri sur une quinzaine de personnes. Mais une autre partie d'elle regarda, incrédule, la course folle de la jeune fille mince dans la rue et vers Mapple Street.

Edward fixait toujours la porte comme s'il était figé dans le temps.

"Si tu ne la retrouves pas, Edward, je vais être sacrément en colère contre toi!" le gronda-t-elle.

Les yeux d'Edward bougèrent pour rencontrer le regard de sa mère et pendant un moment, elle put voir une once d'émotion sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre le doigt, avant qu'elle ne soit remplacée par la culpabilité et la honte.

"Je suis désolé Maman, Billy. Je n'avais pas l'intention de -"

Esmée renifla, "Si tu l'avais! Tu l'as jugée comme à peu près tout le monde le fait dans cet endroit maudit!" Esmée se leva et regarda autour de la salle, "Bien, juste pour que ce soit clair entre nous, cette jeune femme est une de nos amies, à Billy, Doc et moi-même. J'apprécierais que vous la traitiez comme une invitée et non comme un parasite."

Quelques-uns des clients habituels eurent le tact de paraître embarrassés tandis que d'autres se rapprochaient en parlant plus bas pour chuchoter entre eux.

Avec moins de mille habitants dans la ville, le commérage était le passe-temps favori.

"Si elle n'a rien à cacher pourquoi s'est-elle enfuie, Mam"?" s'exprima Jasper calmement de sa voix douce pour la première fois.

Esmée ramassa son sac en regardant vers la table, "Parce qu'elle est seule et effrayée Jasper! As-tu pensé à ça?"

Sans plus regarder ses fils, elle s'en alla de la table et alla payer la nourriture éparpillée ainsi que les boissons et la commande qu'ils n'avaient pas mangée en fin de compte.

Jessica l'accueillit gentiment à la caisse, "Esmée s'il vous plait, il n'y a rien à payer. Je suis désolée de ce qu'il s'est passé. Beth a dit que Bella semblait être une chic fille."

Esmée sourit, "Merci Jess. Je suis désolée de m'être laissée emporter dans votre restaurant."

Jessica lui sourit, "Oh, allez, ce n'est pas grave! Je contrarie les gens tous les jours ici !"

Esmée appela Carlisle et elle fut contente de voir qu'il ne paraissait pas content de l'attitude de ses garçons. Il lui promit que lui et Bree feraient un tour dans le voisinage pour voir s'ils pouvaient trouver quelqu'un qui correspondait à la description de Bella, mais Carlisle rappela à Esmée que si elle était sans-abri, elle était probablement très habile pour se cacher.

Esmée et Billy cherchèrent pendant près d'une heure mais il n'y avait aucune trace d'elle.

Finalement Billy raccompagna Esmée à sa voiture. "Il n'y a que 750 habitants dans cette ville, Billy et de nombreux endroits où elle pourrait se cacher! Où pourrait-elle être?"

Billy tapota sa main, "Esmée, il y a beaucoup plus de campagne par ici que n'importe où à côté du Canada, elle peut être n'importe où. Bon, elle connaît votre nom, elle sait où se trouve le garage de Jake. Elle n'aura pas froid et elle a mangé à midi. Je suis sûr qu'elle doit avoir de l'eau et des fruits avec elle - allez, rentre à la maison, elle ira bien."

Esmée hocha la tête et grimpa dans son véhicule utilitaire double cabine avec le logo de la ferme apposé sur la portière.

Lorsqu'elle arriva à la maison, Carlisle et Bree l'attendaient dans la véranda.

Elle les salua paisiblement et ensuite elle leur raconta ce qu'il s'était passé en détail.

"Je suis désolé Bébé, je sais que tu es déçue mais je suis sûr qu'elle reviendra tôt ou tard. Elle retournera probablement chez Jake et il lui dira de venir ici. Edward et Jasper ont fait preuve d'enthousiasme un peu irréfléchi et naïf mais tu ne peux pas réellement les en blâmer -" déclara Carlisle avec sa voix apaisante de 'médecin'.

Esmée atteignit le haut de l'escalier et passa la grande porte en un éclair, laissant Carlisle se gratter la tête de confusion, qu'avait-il dit?

Bree suivit doucement et marcha jusqu'à la porte. Elle regarda Carlisle par-dessus son épaule et il vit le sourire arrogant qui était semblable à celui d'Edward, elle leva un sourcil, "Vraiment Papa? Un enthousiasme irréfléchi et naïf? Tu penses qu'appuyer le comportement de tes fils est la bonne manière de monter que tu soutiens maman dans sa cause?" Bree soupira et secoua sa tête avant de faire demi-tour vers son père et d'embrasser sa joue, "Je vais apporter un oreiller et une couverture en bas pour toi - si tu ne dors pas chez -" Brianna n'alla pas plus loin parce qu'un petit sac atterrit sur le plancher en bois de la véranda.

Ils se retournèrent tous les deux pour trouver Esmée debout dans l'encadrement de la porte avec ses mains sur ses hanches fines recouvertes de denim, "Il vaudrait mieux que tu t'en ailles, Monsieur. Avant qu'Emmett ne ferme pour la nuit, rentre Brianna!" lâcha Esmée avant de se tourner pour repartir à l'intérieur. La porte se referma en claquant.

Le père et la fille grimacèrent avant de se regarder avec une moue identique. "Bonne nuit, Papa, je te verrai demain matin," dit Brianna comme elle rentrait à son tour.

Carlisle grommela pour lui-même en se levant pour prendre son sac. Il marcha autour de la maison pour rejoindre le garage.

Il pensa à sa femme tout en conduisant sur la courte distance qui le séparait de la maison de son fils aîné. Esmée était à peu près la plus aimante et attentionnée âme nourricière que l'on pouvait trouver, mais ce que les étrangers ne pourraient jamais deviner à son sujet c'est que sous ses dehors aimables elle avait du caractère, qui n'avait d'égal que celui de leur fils cadet. Elle et Edward ne partageaient pas uniquement la couleur de leurs yeux et de leurs cheveux - ils avaient tous les deux le tempérament irlandais qui était comme le Vésuve lorsqu'on les poussait trop loin. Le reste de la famille avait l'habitude de surnommer Edward, Nitro glycérine, à cause de son impulsivité et de son caractère imprévisible - personne ne savait jamais quand est-ce qu'il allait exploser.

Alors qu'Edward grandissait, Carlisle l'avait encouragé à canaliser sa colère dans diverses activités sportives. Edward avait été capitaine de l'équipe d'athlétisme, de base-ball et étonnamment il avait reçu plusieurs prix en musique. Il avait commencé le piano à l'âge de quatre ans, avec sa grand-mère, la mère de Carlisle qui était professeur de musique à l'école locale. Avec le piano, il était comme un poisson dans l'eau.

A un certain moment ils avaient pensé qu'il irait à Julliard, mais au lieu de ça il avait choisi de suivre les traces de son père et d'aller en médecine.

Heureusement après que ses 'années de rébellion' soient passées, le caractère d'Edward avait semblé s'adoucir.

Carlisle jeta un coup d'œil à son sac posé sur le siège à côté de lui ; Esmée, d'autre part, était plus soupe au lait que jamais. Il sourit en sortant de l'allée, il ne voudrait pas qu'elle soit autrement!

Dix minutes plus tard il frappa à la porte d'entrée d'une maison de couleur crème avec des terrasses couvertes. Emmett poussa la porte et fit la grimace en voyant son père.

"La chambre est fin prête pour toi, Pa'. Entre, as-tu mangé?"

Carlisle déposa son sac à côté de l'escalier et passa ses mains dans ses cheveux.

"J'ai très faim, nous attendions que ta mère rentre et puis, bon, ça ne s'est pas bien passé."

Emmett gloussa tout en se dirigeant vers la cuisine moderne. La maison était semblable à celle de Carlisle et Esmée mais Emmett avait complètement refait son style cinq ans plus tôt lorsque Rosalie et lui l'avait achetée.

Le rez-de-chaussée consistait en une grande salle comprenant la cuisine, la salle à manger et le salon. Il y avait un grand bureau d'un côté avec une salle de bain attenante et la véranda à l'arrière fermait l'espace et était devenue un lieu de détente et de loisirs pour les enfants.

Rosalie était assise sur le grand canapé, buvant du vin lorsqu'ils entrèrent. Elle sourit à Carlisle et se leva pour l'embrasser sur la joue, "Je ne peux pas croire que vous ayez dit qu'Edward et Jasper montraient un enthousiasme tête en l'air et naïf, Carlisle!"

Carlisle décida de prendre ça pour une boutade et il s'assit autour de l'îlot central de la cuisine et Rosalie lui présenta une assiette de poulet frit avec des salades variées.

Emmett sortit deux bières du frigo et en passa une à son père tout en s'asseyant en face de lui.

"D'accord, dis-nous tout. Maman t'a-t-elle dit autre chose au sujet de cette fille, Bell ou je ne sais plus qui?"

Carlisle passa les quelques minutes suivantes à répéter ce qu'Esmée lui avait dit.

Rosalie secoua la tâte, "Bon Alice est aussi furieuse après Jasper que Maman doit l'être! Elle a téléphoné ici il y a un petit moment et m'a dit que Jasper dormirait dans sa voiture ou dans une cellule au poste de police ou alors ici!"

A cet instant précis il y eut un coup bref donné à la porte d'entrée et Emmett leva les yeux avec un sourire, "Tu ferais mieux d'aller préparer un autre lit chérie! On dirait que la maison va être pleine cette nuit!"

Rosalie grogna et se tourna vers le four, d'où elle sorti une deuxième assiette. Carlisle regarda sa belle-fille avec amusement, "Tu savais qu'il finirait ici?"

"Bien sûr! Esmée lui aurait tiré dessus s'il était allé chez vous et d'après ce que je sais, Edward se promène encore dans les rues en la cherchant."

Jasper entra à ce moment-là avec un regard candide sur le visage, "Papa, nous partageons ce soir?"

Carlisle opina en prenant une fourchette de nourriture, "On dirait bien, fiston."

Emmett attendit que Rosalie soit allée voir les enfants qui étaient en haut dans la salle de bain avant de regarder son père et son frère, " J'ai passé quelques coups de fil à quelques amis procureurs de la côte ouest. Ils regarderont si des personnes correspondant à sa description ont disparu et ils vont aussi vérifier les dossiers des délinquants juvéniles de l'Etat. Je sais que les chances sont minces de trouver quelque chose mais ça vaut le coup d'essayer."

Ooo HS ooO

Edward rentra chez lui juste après vingt-deux heures ce soir là. Il était fatigué, énervé, frustré et il se sentait plus qu'un peu exaspéré par les événements de cette soirée.

Après que sa mère ait claqué la porte du restaurant, Jasper et lui avaient essayé de suivre le chemin que la jeune fille aurait pu prendre, mais il n'y avait aucune trace d'elle. Ils cherchèrent dans les arrière-cours, dans les ruelles, derrière les magasins, à proximité et même dans les poubelles, il n'y avait rien. Pas le moindre signe d'elle.

Edward se sentait très mal car c'était lui qui l'avait poussée à fuir, mais les mots de Jasper ne le quittaient pas.

Si elle n'a rien à cacher pourquoi s'est-elle enfuie?

Roscoe l'accueillit avec enthousiasme. Edward avait décidé de le laisser à la maison, lorsqu'il était revenu se changer et prendre une autre lampe de poche, parce qu'il ne voulait pas effrayer Bella plus qu'elle ne l'était déjà.

Bella.

Ce nom lui convenait bien, si c'était bien le sien.

Il ne l'avait vue que peu de temps, mais le souvenir qu'il gardait de ces yeux chocolat, de ce nez délicat, de cette peau pâle et de cette bouche pleine, était gravé dans sa mémoire. Sa bouche, mon Dieu, sa bouche était délicieuse. Il n'avait pas vu beaucoup de ses cheveux parce qu'elle s'était mis la capuche de son sweat mais il avait vu ses mèches marron autour de son long cou fin.

Sa silhouette était fine et presque garçonne, mais il n'y avait rien de masculin dans sa petite taille ou le petit renflement de ses seins ou de ses fesses. Il se lécha les lèvres inconsciemment, quel cul - il avait été fait pour ses mains.

"Putain mais qu'est-ce que je fais?" se demanda-t-il avec stupéfaction. "Je pense à cette femme, qui est vraisemblablement une fugitive ou une clandestine, et mineure de surcroît car elle ne parait pas être plus âgée que ma sœur, et qui a été dans la rue depuis Dieu seul sait combien de temps à faire des choses inavouables! Secoue-toi Cullen!"

Roscoe regarda Edward avec une sorte de sourire, sa langue pendant d'un côté de sa gueule et ses yeux dorés dansant avec joie.

Edward roula des yeux, "Ouais tu peux rire autant que tu veux, 'grosse peluche' on verra si tu rigoleras autant quand je te retirerai le droit d'aller voir Mlle Taffy en bas de la route!"

Roscoe arrêta de rigoler et tourna le dos à Edward. Roscoe aimait beaucoup Mlle Taffy, un golden retriever qui habitait en bas de la route et détenait son cœur.

Edward se dirigea vers le réfrigérateur et sortit les restes du repas de la veille. Comme tous les enfants Cullen, Edward savait cuisiner mieux que la plupart des gens. Esmée avait appris à ses enfants à cuisiner quand ils avaient été assez grands pour monter sur un tabouret et accéder au comptoir. Ils avaient appris à mélanger, battre, pétrir et plus tard hacher et préparer des plats variés.

Cuisiner avait toujours été une affaire de famille, tout le monde était concerné par la préparation des repas ou le rangement de la cuisine surtout lorsqu'Esmée était occupée aux vergers, dans les bosquets ou sur le terrain lors de la plantation ou de la récolte dès quatre heures du matin.

Les meilleurs restes étaient ceux de sa mère et il quittait rarement la maison de ses parents sans en prendre suffisamment pour au moins un autre repas.

Il fit réchauffer les coquilles St Jacques qui avaient accompagné le dîner d'anniversaire le soir précédent et mangea à son comptoir avec une tranche de pain.

Roscoe attendit aussi patiemment qu'il put que son maître eut fini de manger avant de se précipiter vers la porte d'entrée et d'attendre encore.

Edward monta pour se changer et enfila un short et un T-shirt avant de mettre ses chaussures pour courir et il était dans l'escalier lorsqu'il entendit son chien pleurnicher d'impatience.

Edward rit : "D'accord, mon gars. Laisse-moi prendre ta laisse."

Il attrapa la laisse en cuir dans le vaisselier qui se trouvait dans le hall puis alla vers la porte d'entrée et attacha la laisse au collier de Roscoe avant de sortir.

Roscoe dansa autour de lui alors qu'ils descendaient les escaliers et traversaient la cour sombre. Une fois qu'ils eurent traversé la route qui menait au parc, Edward détacha Roscoe et celui-ci se mit à s'éloigner de lui.

Edward n'avait pas couru ce matin-là, à cause de l'épidémie de grippe d'été qui sévissait dans la région et il allongea ses pas jusqu'à atteindre le rythme d'une course facile.

Les deux compagnons coururent de l'autre côté du grand lac et Edward dut garder un œil vigilant sur Roscoe pour s'assurer de ne pas le perdre dans les bois qui bordaient la zone.

Ils firent demi-tour pour regagner la maison, et Edward coupa à travers la pelouse pour courir parallèlement au lac. Une fois qu'il fut près de la gloriette, Edward ralentit et marcha vers le banc qui faisait face au lac et commença ses exercices d'étirement.

Après un moment il regarda autour de lui et s'aperçut que Roscoe n'était pas là. Il secoua la tête, la fille et maintenant le chien!

Il siffla un petit coup rapide. Et il repéra le chien arrêté à côté de la gloriette.

"Allez viens, mon gars, on rentre," dit-il. Roscoe se précipita vers lui mais lorsqu'Edward s'éloigna vers sa maison, l'espiègle de chien de deux ans, se précipita vers la gloriette une fois de plus.

"Ross, allez viens maintenant!" dit Edward sévèrement.

Roscoe répéta la même manœuvre trois fois encore avant qu'Edward ne réalise que son chien voulait qu'il le suive.

Edward fronça les sourcils, qu'est-ce que c'était encore? Probablement une taupe ou une autre petite bestiole, Roscoe était l'un des chiens les plus intelligents qu'Edward ait jamais rencontré mais ce n'était pas le plus courageux.

Il avait peur des papillons, des souris et des abeilles. Le tonnerre l'obligeait à se cacher sous le lit et il détestait avoir les pattes mouillées, ce qui faisait qu'il était malheureux en hiver!

Edward soupira, "Tu sais s'occuper de toi est pire que de s'occuper d'une fille, Ross, je jure … mince!"

La femme ou la fille qu'il avait eue en tête toute la soirée était recroquevillée sur elle-même dans un coin de la gloriette. Elle était couchée sur le côté à même le sol, ses genoux repliés contre son menton. Edward resta là sans bouger sur la dernière marche de l'escalier se demandant ce qu'il devrait faire.

Ses bras minces enserraient ses deux sacs de manière protectrice et elle avait caché ses mains sous sa joue. Edward regarda ses lèvres boudeuses qui semblaient si roses et si douces. Ses longs cils noirs faisaient de l'ombre sur ses joues.

Elle est si belle, se dit Edward en lui-même. Il y avait quelque chose en elle qui lui donnait envie de la serrer dans ses bras et de la protéger. Elle était si petite et si seule.

Que t'est-il arrivé, petite, pour te faire fuir si loin des gens qui t'aiment? Est-ce que quelqu'un t'aime? A qui manques-tu? Est-ce que quelqu'un te cherche?

La pensée de quelqu'un qui venait pour l'emmener lui causa un nœud dans le creux de l'estomac.

Bordel, pourquoi est-ce que je pense à elle de cette façon? Il secoua la tête pour se remettre les idées en place.

Après une réflexion approfondie, il battit en retraite et attacha Roscoe. Il fit plusieurs pas pour s'éloigner de la structure et sortit son téléphone de la poche intérieure de son short et composa un numéro.

"Je suis désolé de te déranger, mais je l'ai trouvée. J'ai trouvé Bella." Il dit ça tranquillement ses yeux verts s'égarant encore sur la beauté endormie.

Ooo HS ooO

Dix minutes après, Edward se retourna et vit sa mère traverser la pelouse.

Elle se dispensa des politesses alors qu'elle approchait, "Où est-elle? J'espère que tu n'as pas été incorrect avec elle de nouveau … pourquoi me fais-tu signe de parler doucement?" Esmée était encore en colère contre ses fils et son mari.

Edward fit signe derrière lui, "Elle dort dans la gloriette. Je ne l'ai pas réveillée parce que je ne voulais pas lui faire peur, c'est pourquoi je t'ai appelée. J'ai pensé que ce serait mieux si c'était un visage plus familier qui le faisait."

Esmée hocha la tête, le fils et la mère restèrent dans un silence maladroit avant qu'Edward ne le rompe. "Eh bien, je ferais mieux de m'en aller," dit-il doucement.

Esmée soupira, "Edward, reste. Ecoute je sais que tu t'inquiètes pour moi, mais je ne pense pas qu'elle soit dangereuse. Tu n'as pas à l'aimer ou à t'impliquer, mais réfléchis — que se serait-il passé si nous avions été comme ça avec toi? Si nous t'avions jugé? Qu'aurais-tu fait si nous ne t'avions pas donné une autre chance? C'est tout ce que je demande — une autre chance. Est-ce que tu peux faire ça pour moi?"

Edward fit reposer son menton sur sa poitrine. Il savait qu'elle avait raison. Il voulait connaître cette femme, mais il ne le dit pas à sa mère, elle l'aurait probablement giflé ici même.

Après un moment il regarda Esmée dans les yeux et hocha la tête. "D'accord, mais tu seras prudente? Pour moi?"

Esmée sourit, elle s'approcha de lui et embrassa sa joue, "Merci Chéri."

Sur ce, elle se tourna et grimpa les marches.

Bella était dans un sommeil agité et lorsqu'elle entendit des bruits de pas sur le bois elle se mit en position accroupie.

"Foutez le camp loin de moi!" gronda-t-elle, les yeux sauvages et apeurés, son corps prêt à bondir…

Esmée s'arrêta dans son élan. Elle secoua la tête en entendant le sifflement d'Edward derrière elle.

"Isabella? Bella? C'est moi ; c'est Esmée! Tu es en sécurité, chérie. Tu es en sécurité je te le promets. Personne ne te fera de mal ni ne t'emmènera," chantonna Esmée en parlant comme elle le faisait à n'importe quel animal effrayé ou blessé qu'elle rencontrait.

Bella cligna des yeux plusieurs fois pour s'éclaircir les idées, elle était terrifiée et lorsque ses yeux s'ajustèrent elle reconnut la petite femme mince en face d'elle. Un mouvement derrière Esmée fit que Bella recula contre le bois du banc.

"Qu'est-ce — qu'est-ce que c'est, putain, un chien?" Elle détestait le tremblement dans sa voix, elle détestait montrer sa faiblesse.

Esmée tendit sa main vers la jeune fille terrorisée, "C'est Edward, mon fils et son chien Roscoe. Ils t'ont trouvée et Edward m'a appelée. Nous t'avons cherchée pendant des heures, ma puce. Veux-tu venir chez moi? A ma ferme? J'ai un lit supplémentaire pour que tu puisses dormir et puis toi et moi nous pourrons parler dans la matinée." Esmée parlait d'une voix basse et douce.

Bella fixa la grande et imposante silhouette derrière Esmée pendant un moment, "Va-t-il venir avec nous?"

Roscoe gémit et regarda vers son maître. Il n'avait aucune idée de pourquoi cet humain le fixait avec crainte. Il était aimable pas bagarreur! Edward secoua la tête à l'intention de son ami, lui disant silencieusement, pas maintenant, mon gars.

"Non il ne viendra pas. Il vit tout près d'ici, voilà comment il t'a trouvée. S'il te plait viens à la maison avec moi, Bella. Je te promets que tu ne risques rien avec nous."

Bella respira un peu, "Qu'en est-il du policier qui était avec lui?"

Edward se hérissa en entendant l'hostilité qui se dégageait de la voix de Bella lorsqu'elle dit "lui", comme s'il était une sorte de criminel.

Elle se mordit la lèvre inférieure et Edward ne rata pas ce mouvement. Comment une fille si ravissante peu-elle être aussi énervante? pensa-t-il, mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, Esmée parla de nouveau.

"C'est mon second fils, Jasper."

Bella fronça les sourcils, "Jasper, Jasper Cullen? Oh! Je pensais que Jasper était son nom de famille, pas son prénom. Je lui ai parlé, Billy m'a dit de l'appeler pour vérifier que j'étais en sécurité avec lui."

Quand Edward grogna en signe d'incrédulité, Esmée se retourna et le regarda, "Edward pourquoi ne rentrerais-tu pas chez toi maintenant? Bella et moi irons bien."

Edward secoua la tête, "Je vous accompagne toutes les deux à la voiture."

Esmée voulut discuter mais elle pensa que ce n'était pas le bon moment, aussi elle souffla et se retourna vers Bella.

Elle se leva doucement. Elle était encore effrayée mais elle sentait qu'elle pouvait avoir confiance en cette femme, juste comme elle l'avait fait avec Billy et Pat.

"D'accord," dit-elle à voix basse.

Le joli visage d'Esmée se para d'un doux sourire, "D'accord? Oh bien! Allons-y avant qu'il ne soit très tard. J'ai des restes du dîner, je suis sûre que tu dois avoir faim, vu comment mes fils ultra protecteurs nous ont interrompus plus tôt."

Bella prit ses sacs contre sa poitrine et garda ses yeux sur Esmée pendant qu'elle avançait. Esmée sortit de la gloriette, Bella derrière elle.

Bella regarda l'homme qu'elle avait vu tout à l'heure. Elle ne pensait pas avoir déjà vu une personne aussi belle qu'Edward Cullen. Il la fixait avec une intensité que Bella aurait pu trouver effrayante, mais sa peau semblait vivre et le tressautement d'excitation dans son estomac l'avertissait qu'il pouvait être dangereux pour elle d'être à proximité de cet homme.

Ses yeux étaient envoûtants et Bella détourna les siens rapidement. Ses cheveux étaient tout collants par endroit. Il semblait qu'il venait de faire du jogging ou de courir avec son chien parce qu'il était en sueur et ébouriffé. Elle suça sa lèvre inférieure et Edward gémit presque en apercevant ses dents nacrées mordre cette lèvre inférieure plus pleine, il voulait — putain mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi, connard? Lui criait son esprit. Il était tout excité par une putain de sans-abri à peine plus âgée que sa sœur.

Lorsque Bella regarda de nouveau, elle fut choquée de voir un éclair d'hostilité briller dans les yeux d'Edward et pendant un moment elle eut peur de lui. Son visage était devenu soupçonneux, ses yeux étaient noirs et effrayants. Son corps paraissait plus grand qu'en réalité et quand Bella regarda vers le bas, elle vit la silhouette de son chien debout à ses côtés, prêt à attaquer.

Elle s'emmêla les pieds en essayant de s'en aller aussi loin que possible de lui et elle se retrouva dans l'herbe, sur ses mains et ses genoux, et le chien monstrueux et géant se rapprochait…

"NNNNOOOONNNN!" cria Bella en mettant ses mains au-dessus de sa tête pour protéger son visage et elle se blottit contre le côté de la gloriette.

Edward bondit en arrière et Roscoe s'élança derrière son maître, prêt à courir vers la maison.

"Putain!" siffla Edward. Il se pencha en avant pour aider Bella à se remettre sur ses pieds mais Esmée arriva en premier.

"Laisse-là!" dit-elle et elle s'agenouilla à côté de la fille tremblante. Elle regarda Edward à nouveau et sa voix s'adoucit un peu. "Je pense que tu devrais ramener Ross à la maison, mon cœur. Je t'appellerai plus tard, je te le promets. Peux-tu appeler Jasper, Billy et ton père, ils voudraient savoir qu'elle va bien."

Edward voulut protester mais il savait en voyant la mâchoire de sa mère, qu'elle ne se laisserait pas faire.

"D'accord - n'oublie pas de m'appeler, sinon j'atterris chez vous," dit-il et Esmée savait qu'il était sérieux.

Elle acquiesça et posa doucement sa main sur le dos courbé de Bella. Elle tremblait tellement qu'elle sentit tout juste le contact. Esmée sentit les larmes monter à ses yeux en sentant la jeune fille tremblante sous ses doigts.

Que lui est-il arrivé? Que lui a-ton fait pour qu'elle soit aussi effrayée?

Instinctivement Esmée caressa le dos et les épaules maigres de Bella tout en murmurant des mots de réconfort. La fille paraissait si fluette et fragile.

"Cchutt, tout va bien Bella. Ils sont partis, chérie. Allons-y rentrons à la maison," murmura Esmée alors qu'elle repoussait la chevelure épaisse de Bella de son visage humide."

Bella quitta lentement la position fœtale. Elle essuya son visage avec sa manche et leva la tête.

Esmée avait dit la vérité. Edward et son chien monstrueux étaient partis.

"Peux-tu te lever?" demanda Esmée.

Bella hocha la tête et se remit sur pieds avant de frotter les genoux de son jeans.

Esmée voulut l'aider à transporter ses sacs mais elle avait vu au restaurant combien Bella était possessive avec ses sacs et elle la laissa les prendre avant de commencer à marcher en direction de l'Explorer blanc que Carlisle lui avait acheté pour son dernier anniversaire.

Les yeux de Bella s'agrandirent lorsqu'elles s'approchèrent du SUV. "C'est votre voiture?"

Esmée secoua la tête," Il est beau n'est-ce pas? Carlisle, mon mari, me l'a acheté pour mon anniversaire au mois de juin cette année."

Bella fit un petit sourire à Esmée, "Mon anniversaire est aussi en juin."

"Quelle date? Moi c'est le six juin."

Bella sourit de nouveau, "Ouais, le mien c'est le 13." Elle grogna, "Vous savez, le 13 porte malheur, pas que je croie à cette merde, hum désolée, à ces balivernes, mais ouais…" Bella réalisa combien ce qu'elle disait était décousu et elle arrêta de parler alors qu'Esmée sortait les clés de sa poche et appuyait sur le bouton pour déverrouiller les portières.

"Tu peux y aller, tu peux déposer tes sacs sur le siège à côté de toi."

Esmée fit le tour jusqu'à l'autre côté de la voiture et elle vit Edward assis sur la rambarde de sa terrasse couverte en train de les regarder. Sa bouche fit un sourire, son fils était au moins aussi têtu qu'elle, et elle aurait dû savoir qu'il voudrait garder un œil sur elles. Esmée leva la main pour lui faire au revoir et elle aurait presque pu entendre son petit rire triste lorsqu'il répondit en levant sa main.

Edward n'avait pas perdu de temps pour rentrer chez lui. Il avait vite rempli le bol d'eau qui se trouvait à côté de la porte d'entrée puis il avait pris une bouteille d'eau fraîche dans le frigo et avait jeté ses chaussures et chaussettes avant de retourner s'asseoir sur la rambarde de la terrasse qui entourait la totalité du rez-de-chaussée de sa maison.

Pour la première fois depuis longtemps, Edward n'avait pas été bercé par la quiétude la soirée. Au lieu de cela, il avait été complètement concentré sur les deux silhouettes à côté de la gloriette. Il regarda sa mère qui aidait Bella à se remettre sur pied après qu'un certain temps se soit écoulé.

Il poussa un soupir de soulagement quand il entendit l'alarme de l'Explorer se désactiver. Alors que sa mère faisait le tour de la voiture, elle se tourna dans sa direction et il fut sûr qu'elle lui avait fait un demi-sourire avant de lever sa main pour le saluer.

Alors que la voiture démarrait Edward soupira. Il prit son téléphone et composa le numéro de la maison de ses parents.

"Résidence Cullen, ici Bree."

"Hey, la mioche puis-je parler à Papa?"

Bree rigola," Il n'est pas là, Eddie. M'am s'est rebiffée tout à l'heure et elle l'a envoyé chez Emmett pour la nuit."

Edward fronça les sourcils, " Pourquoi se sont-ils disputés?"

Bree rit, "Et bien il a pris votre défense, à Jasper et à toi, au sujet de votre 'mission de reconnaissance' et M'am n'a pas apprécié."

Edward passa sa main libre dans ses cheveux, "Merde! D'accord, bon M'am est en route pour la maison avec - avec Bella. Ecoute Bree, il faut que j'y aille, mais fais-moi une faveur et assure-toi que la porte d'entrée est fermée pour la nuit, d'accord?"

"Mais -"

"Ne discute pas, fais-le, d'accord,"

"D'accord."

Edward coupa la communication et appela chez Emmett, il ne fut pas surpris lorsqu'Emmett décrocha à la seconde sonnerie. "Hey 'Recon Man', quoi de neuf?"

Ça n'amusa pas Edward," Arrête, idiot, laisse-moi parler à Papa."

Emmett lâcha un éclat de rire, "Quoi qu'il en soit, mon frère sache que Jasper est là aussi."

"Putain," murmura Edward, cela signifiait qu'il était aussi en difficulté avec sa belle-sœur. Ce n'était jamais une bonne idée de provoquer Alice ou Rosalie.

"Hey Edward, l'as-tu trouvée?"

"Oui, elle dormait dans la gloriette. J'ai appelé Maman et elle est venue la chercher."

"Es-tu à la maison?"

"Non, Maman m'a dit de rentrer chez moi et de vous appeler toi et Jasper, pour que vous le sachiez."

"Je n'aime pas cette idée qu'un étranger soit sur notre propriété sans qu'aucun de nous n'y soit." Edward pouvait entendre l'anxiété dans la voix de son père.

"Je sais. Elle ne m'a pas dit que tu n'étais pas à la maison, sinon j'aurai insisté …"

Carlisle poussa un grognement, "Ça n'aurait rien donné, fiston. Elle n'est pas très raisonnable ce soir. Je pense que je vais appeler Bree."

"Je l'ai déjà appelée et je lui ai fait promettre de fermer la porte d'entrée à clef cette nuit."

Carlisle eut un accès de colère, "C'est ridicule! Ta mère est tellement têtue mais je n'ose pas rentrer à la maison maintenant. Je ne sais pas ce que je peux faire."

"Avec un peu de chance cette fille ne fera que passer et nos vies redeviendront normales bientôt." Edward ignora le sentiment insidieux dans sa poitrine en pensant que Bella quitterait Hope Springs.

Il savait que ce serait mieux comme ça - pour tout le monde.

Edward appela Roscoe à l'intérieur et se doucha rapidement. Il mit un short et un T-shirt, prit son téléphone près de son lit et descendit.

A la place d'une tasse de thé il alla vers le réfrigérateur et en sortit une bière. Même dans ses jours les plus sombres il n'avait jamais eu de dépendance à l'alcool.

Rien qu'à tous les autres narcotiques … ricana une petite voix dans sa tête.

Même après tout ce temps et toute la thérapie, Edward avait encore des moments de doute et de culpabilité. Il se demandait parfois si cette culpabilité qu'il éprouvait pour ce qu'il avait fait vivre à sa famille, disparaitrait un jour.

Le thérapeute lui avait dit qu'il éprouverait toujours du remord mais que la culpabilité s'estomperait avec le temps.

Edward secoua la tête en avalant une gorgée de sa bière et en regardant le ciel de nuit. Il se permettait rarement de penser à tout cela.

Il savait qu'il était chanceux. Il savait combien il était béni et il n'avait jamais pris sa sobriété ou sa santé pour des choses acquises. Depuis qu'il allait bien, Edward s'était donné comme mission d'être en aussi bonne santé que possible. Il vivait une vie transparente avec sa famille, leur permettant d'accéder à sa maison et à sa vie afin qu'ils puissent être assurés qu'il n'avait rien à cacher.

Le seul problème avec tout ça, c'était que tout le monde pensait pouvoir intervenir dans sa vie.

Après - elle, Jenna, Edward avait fait très attention de ne pas s'impliquer avec une autre femme. Bien sûr, il avait des rendez-vous de temps en temps, mais il le faisait machinalement. Il riait et bavardait, il était le parfait gentleman mais il ne sortait jamais deux fois avec la même personne.

Il se remit à penser à la cascade de cheveux épais, au visage pâle et mince et aux yeux qui ressemblaient à du chocolat fondu.

Edward grogna et prit son visage entre ses mains, "Oh, putain! Qu'est-ce que je fais là? J'ai vraiment besoin de m'envoyer en l'air, c'est ça le problème!"

Juste à ce moment le téléphone se mit à sonner et c'est le numéro d'Emmett qui apparut, "Allô?"

"Edward, je viens de parler à Billy et il va appeler Esmée. Il rappellera lorsqu'il lui aura parlé."

"Bien."

Carlisle soupira, "Ouais, bon, tu devrais aller te coucher, fiston. Tu as des heures à faire demain matin."

Edward marmonna dans sa barbe, "Ça te plait que je travaille trois samedi sur quatre, n'est-ce pas?"

Carlisle rit, "Je ne peux pas le nier, fils. Je passerai au bureau demain matin et verrai à quoi ressemble le carnet de rendez-vous."

Il se dirent bonne nuit et Edward finit sa bière et rentra. Il éteignit les lumières et ferma la porte d'entrée.

La seule raison pour laquelle il fermait était qu'un matin il avait trouvé Alice et sa mère en train de regarder s'il avait besoin de nouveaux vêtements d'hiver car elles projetaient d'aller en ville pour faire du shopping.

Ça avait été la goutte d'eau de trop et Edward avait fait changer les serrures de la maison ce matin-là. Et maintenant c'était ses voisins d'à côté, Mme Felicity Cope et son mari, Don, qui avaient un double de ses clefs.

C'était un risque parce que Mme Cope était une commère mais il savait que Don ne permettrait pas à sa femme de fouiner quand Edward n'était pas là. Felicity Cope dirigeait le bureau de poste et son mari possédait et gérait Les Pouces Verts, une pépinière biologique.

Alors qu'il posait la main sur la rampe Edward fredonna un air qui s'était installé dans sa tête au cours des heures précédentes. Il se tourna et entra dans son salon de musique. Il sortit plusieurs feuilles blanches et un crayon qui étaient posés sur la petite table à côté de la fenêtre.

Il ouvrit son piano et posa son crayon derrière son oreille avant d'étirer ses doigts et de les poser sur le clavier.

Vingt minutes plus tard, il jeta son crayon à travers la pièce avec un juron.

Chaque fois que ses doigts frappaient les touches, son visage lui revenait en tête. Chaque fois qu'il fermait les yeux, il pouvait voir son visage, entendre sa voix douce et mélodieuse.

Finalement Edward regarda à travers la pièce sombre pour trouver une réponse - Elle, Bella, est cette mélodie! Il suffit juste de le comprendre et de la sortir de son système! Laisse-toi aller et tu pourras l'oublier!

Edward ne chassa pas sa voix cette fois-ci, quand il ferma les yeux, il accepta le fait que son image dansait dans sa tête, le sourire furtif qu'il avait vu plus tôt. Cette lèvre inférieure pulpeuse qu'elle mordait, mâchait et suçait était vraiment bien trop tentante et rendait son short trop étroit.

Edward s'arrêta de jouer pendant un moment pour se réajuster. Putain!

Ooo HS ooO

Il était presque minuit et Carlisle était couché et réveillé dans le lit et regardait le plafond de la chambre d'amis. Son téléphone sonna et il répondit rapidement, "Ici Doc Cullen."

"Je suis désolée!" La voix douce d'Esmée fit tressauter son cœur.

"Je suis un con!" admit-il.

Esmée gloussa avant de soupirer tristement, " Et j'ai été une garce déraisonnable. Ce lit est top grand sans toi, tu me manques."

"Je serai à la maison dans dix minutes."

Esmée sentit son cœur voleter, "Je t'attendrai, j'ai juste besoin d'ouvrir la porte d'entrée. Edward a trouvé Bella ; elle dort dans la chambre de la grange," dit-elle en guise d'explication.

"Tu avais fermé la porte?" Carlisle était très content.

"Bien sûr. Tu penses que je ne t'écoute pas mais je le fais. Rentre à la maison Carlisle."

Emmett et Jasper partageaient un verre avant de se coucher lorsque Carlisle descendit les escaliers en pantalon de pyjama, T-Shirt et pantoufles.

Emmett le regarda avec une moue, "Je me demandais combien de temps ça prendrait pour qu'elle t'appelle."

Carlisle haussa les épaules, "Je me suis inquiété, elle a tenu bon plus longtemps que d'habitude. Bonne nuit les garçons."

"Bonne nuit Papa," répondirent-ils ensemble.

Ooo HS oooO

Après avoir travaillé sur sa musique pendant une heure et devenant de plus en plus distrait à cause de l'érection dans son pantalon, Edward se dirigea finalement vers l'étage. Il se déshabilla et laissa tomber ses vêtements sur le plancher.

Il avait besoin de se soulager. Il se coucha dans son lit et ouvrit le tiroir à côté de lui. Il sortit un petit flacon de lubrifiant et en mit dans le creux de sa paume droite.

Il siffla quand ses doigts effleurèrent son piercing. "Putain!" gémit-il à voix haute.

Il prit sa verge dans sa main et commença à la pomper fermement. Il ne se laissa pas aller à la tentation de pomper fort et vite, au lieu de cela il se taquina. Il mêla son toucher, soupesa ses boules, tirant presque paresseusement sur elles, puis effleura son piercing à nouveau ; il se rapprocha de l'orgasme plusieurs fois jusqu'à ce que sa main soit recouverte de liquide pré-éjaculatoire, que son corps soit en sueur et qu'il se tortille, haletant.

Dans sa tête il voyait Bella. Ses cheveux étaient un rideau autour d'eux alors qu'elle chevauchait sa bite. Ses petits seins rebondissaient pendant qu'il serrait ses hanches et la faisait coulisser vers le bas.

Ensuite il la poussait contre le mur, en l'agrippant sous les bras, ses jambes enserrées autour de lui comme de la vigne, et il enfonçait sa bite dure comme le roc profondément dans sa petite chatte épilée.

"Oui! Bella!" cria-t-il en contractant et son jet de sperme jaillit sur ses hanches, sa poitrine et son drap.

Edward haletait d'incrédulité. Il n'avait jamais éjaculé aussi fort depuis - en fait il ne savait pas depuis quand. Il savait qu'il devrait se sentir coupable de s'être masturbé en ayant en tête l'image d'une fille guère plus âgée que sa sœur mais le durcissement de sa queue lui disait que ce serait une perte de temps et d'émotion.

Il sortit de son lit et se dirigea vers la douche. Après s'être caressé deux fois de plus et avoir utilisé toutes les réserves d'eau chaude, il sortit de la douche et s'essuya.

Il se rasa rapidement pour être plus vite prêt le matin.

Il regarda son réveil et il enleva les draps de son lit et en mit des nouveaux.

1 : 37

Bordel, quoi?

Il avait trainassé pendant près de quatre heures et demie! Jouant du piano, s'excitant comme un gamin de quinze ans qui tient un poster de playboy!

"Si seulement Em savait ça, il me dirait probablement de sortir du placard."

Après qu'il eut refait son lit avec de simples draps de coton blanc, Edward se jeta dans le lit et, ses multiples séances d'onanisme aidant, il s'endormit sur le champ.

Trois heures et demie plus tard, l'alarme intrusive et agressive sonna, amenant Edward à se redresser tout d'un coup avant de taper sur le bouton de répétition et de se laisser retomber sur le matelas.

Neuf minutes plus tard, l'alarme recommença.

"BORDEL D'ENFER DANS UN PUTAIN DE PANIER! LA FERME PUTAIN!" Les jurons qu'il entendit sortir de sa bouche le réveillèrent.

Aucun des Cullen n'utilisait jamais vraiment ce 'vilain' langage. Des jurons occasionnels s'échappaient parfois mais seul Edward en avait pris l'habitude lorsqu'il s'était éloigné de sa famille. Au cours des huit dernières années, il avait arrêté de sentir le besoin d'employer 'putain" dans chaque phrase - jusqu'à maintenant il semblait-il.

Edward se força à sortir du lit et il se mit rapidement en short, enfila ses chaussettes et ses chaussures. Un regard dehors et il décida de laisser tomber le T-shirt. Il se mit une casquette de base-ball sur ses cheveux ébouriffés et la plaça sens devant-derrière avant de descendre les escaliers au pas de course.

Roscoe l'attendait à la porte d'entrée.

"Hey mon gars! Allons-y ; allons nous aérer l'esprit!"

Il attacha la laisse au collier de Roscoe et sourit en voyant le regard dégoûté que le chien lui faisait, "Désolé mon ami mais tu n'iras pas courir dans les bois, aujourd'hui."

Edward commença à courir à un rythme lent mais régulier autour de Dorset. Un des amours de sa vie était Central Park à New York. C'est l'endroit où il s'échappait, à l'époque, lorsqu'il se sentait sous pression, déprimé ou hors de contrôle. C'était là-bas qu'il avait pris la décision de rentrer à la maison cette nuit là.

La nuit où il était rentré à son appartement et qu'il avait trouvé Jenna allongée sur le sol dans une mare de sang et de vomi.

Edward secoua la tête et se concentra sur le bruit que faisaient ses pieds sur le goudron dans l'aube naissante.

Après leur course, Edward nourrit Roscoe avant de se préparer un petit-déjeuner rapide mais copieux puis il s'assura que le chien avait de l'eau dans la cour arrière de la maison, avec son panier de jouets et son "lit extérieur, de luxe" qu'il avait reçu d'Esmée et de Carlisle pour Noël l'année dernière.

Edward remonta pour se doucher, se raser et s'habiller dans sa "tenue décontractée du samedi" qui consistait en un jeans foncé et un T-shirt avec une chemise à boutons par-dessus.

D'en bas il cria un au revoir à Roscoe, s'assura qu'il avait bien son portefeuille, ses clés et ses lunettes de soleil qu'il déposa sur son nez tout en verrouillant la porte.

Il décida d'aller à pied au cabinet qui n'ouvrait que trois heures le samedi. Il partageait les gardes avec Carlisle, chacun d'eux ayant deux jours de travail et un jour de repos.

Edward ouvrit le cabinet qui était une ancienne maison rénovée juste en face de la place du village. Il salua le chat qui avait ses habitudes ici, Milo, qui l'attendait à la porte.

"Hey Milo, es-tu encore allé rôder dans le quartier? Sale chien - oh désolé! Sale chat! Mec tu ne t'es pas aperçu que tu avais été châtré l'an dernier?" dit Edward en riant à sa plaisanterie. Le chat était un tombeur et flirtait avec les humains autant qu'avec les félins.

Milo, un énorme chat tigré, fixa Edward de ses yeux verts avant d'entrer dans le bureau et d'aller immédiatement dans la petite cuisine pour attendre qu'on lui donne sa nourriture. Personne en fait ne savait réellement d'où il venait ; il avait fait son apparition un matin, une semaine après qu'Edward soit revenu à la maison et il était resté. Il était nourri par les uns ou les autres, il visitait les commerces de proximité et était gâté partout où il allait.

Le téléphone d'Edward sonna et il répondit lorsqu'il vit s'afficher l'identité de l'appelant, "Hey Papa comment ça va?"

Il y eut un moment de silence à l'autre bout du fil avant que Carlisle ne réponde, "Eh bien, il semblerait que le verger Blue Bonnet ait une nouvelle employée."

La tête d'Edward descendit sur sa poitrine, maintenant il serait forcé de la voir de nouveau! Merde! Il put sentir ses oreilles chauffer en murmurant quelque chose d'incohérent à son père.

"Qu'est-ce que tu disais, fiston?"

"Rien, Papa, tu l'as rencontrée au moins?" La main d'Edward ratissa ses cheveux.

"Oui. Ta mère m'a appelé la nuit dernière et m'a invité pour le petit déjeuner. Bella est — une vraie énigme. Ta mère et ta sœur semblent tout à fait charmées par elle. Ecoute, je suis juste sur le point de partir pour aller au bureau, nous pourrons parler lorsque j'arriverai."

Edward rit ; les disputes de ses parents étaient légendaires. Ils se disputaient puis Esmée disait à Carlisle de partir avant de l'appeler pour lui dire de revenir.

Edward posa son téléphone et fixa ses pieds pendant quelques secondes.

Il éprouvait le même sentiment au creux de son estomac que ce qu'il avait ressenti le jour précédent.

Il ne savait pas comment, ou pourquoi, ou même quand, mais il savait que d'une manière ou d'une autre, cette fille, Bella, allait tout changer.

Il pouvait le sentir.

PUTAIN!


Merci à toutes d'avoir lu!