Twilight est à S. Meyer

Hope Springs est à justginger

Pour différentes raisons cette fic est rated M - vous avez été prévenues!


CHAPITRE 8

Aller de l'avant rapidement

Carlisle lui fit un signe de la main quand il passa près d'elle et descendit l'allée dans son élégante Mercedes noire. Bella se pencha en arrière en prenant appui sur ses mains et bascula sa tête.

Elle prit une profonde inspiration. Même d'où elle était assise elle pouvait sentir la douce odeur des fruits et des légumes qui mûrissaient dans les champs. L'effluve était presque entêtante et Bella fredonnait doucement pour elle-même.

Elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et elle se leva. "Bonjour Mme Esmée."

Esmée était élégante et à l'aise dans son pantalon marron avec un chemisier, des sandales et un sac à main beige assortis. Ses cheveux étaient roulés en un chignon et ses seules parures étaient une paire de boucles d'oreille et une montre en or, ses bagues de mariage et un bracelet breloque en or.

Bella regarda vers ses vêtements et elle tira sur le bas de son T-shirt. Ses tongs en plastique lui semblèrent bon marché - ce qu'elles étaient pensa-t-elle avec un sourire. Elle les avait seulement payées un dollar au vide-grenier.

Le visage d'Esmée se plissa d'un adorable sourire, "Bonjour Bella! Mon Dieu tu aurais pu rentrer pour prendre le petit-déjeuner, tu sais."

Bella leva le livre qu'elle tenait toujours, "J'appréciais le soleil du matin et le livre. Hum, j'ai dit à Carlisle que je rendrais tous les livres que j'ai empruntés."

Esmée enlaça Bella par la taille et la guida jusqu'à sa voiture. "Tu peux lire tout ce que tu veux Bella! Tous ces livres sont là pour ça. Carlisle et moi avons toujours aimé lire et nous avons heureusement passé ce goût à la plupart de nos enfants." Elle fit un clin d'œil à Bella en lâchant sa main et fit le tour du camion double cabine pour ouvrir la portière du côté conducteur.

"La plupart d'entre eux?" réagit Bella.

Esmée secoua la tête, "Oui, Bree, Jasper et Edward aiment bien s'installer avec un bon livre mais Emmett, bon, disons que s'il peut attendre que le film sorte, il le fera! Je pense que c'est en grande partie dû a son travail, il lit les lois, étudie des dossiers alors quand il rentre à la maison il veut juste se détendre face à la télévision, ce qu'il fait en regardant ESPN*."

"ESPN?"

Esmée opina, "C'est un fana de sport - hockey sur glace, football américain, baseball, football, tu prononce le nom d'un sport et il le suit."

"Billy a dit quelque chose à propos du fait qu'il était entraîneur."

"Chacun de mes fils est entraîneur. Emmett c'est le football américain, Edward et Jasper entrainent notre petite équipe de baseball et en hiver ils s'occupent de hockey sur glace pour les enfants."

"Vous patinez tous?" demanda Bella.

Esmée acquiesça," Oh oui! Nous patinons sur l'étang qui est situé sur notre propriété et bien sûr il y a des séances de patinage à Dorset Common."

Esmée s'arrêta sur le parking devant les vitrines et elle se tourna vers Bella, "Je veux que tu me poses toutes les questions que tu veux. L'ignorance n'est stupide que si tu ne veux pas apprendre, compris?"

Bella mordit sa lèvre et hocha la tête," Faisons ça alors."

Esmée rit, "Viens chérie."

Bella suivit Esmée dans le magasin. Elle vit une femme derrière le comptoir en train de servir une cliente qui salua Esmée chaleureusement.

"Oh Esmée, hier j'ai fait une tarte aux myrtilles et je dois dire que votre récolte de myrtilles est exceptionnelle cette année!" dit la femme rapidement alors qu'elle dévisageait Bella avec une curiosité clairement affichée. "Et qui est votre jeune amie? Bonjour, je suis Felicity Cope, je vis juste à côté de chez Edward et je m'occupe aussi du bureau de poste, donc si tu as besoin de timbres, tu descends juste la rue."

Les sourcils de Bella se relevèrent alors qu'elle fixa la femme plus âgée et rondelette avec des cheveux teints en rouge vif. Elle regardait Bella dans l'expectative, celle-ci réalisa qu'elle attendait une réponse de sa part.

Bella essuya ses mains sur ses cuisses, "Euh, je suis Bella," dit-elle sans conviction.

Mme Cope se tourna vers Esmée, "Bella? Et d'où vient-elle, Esmée? Qui est sa famille?"

Les yeux d'Esmée rencontrèrent ceux de Bella avant de faire face à la femme, "Bella vient de l'ouest, Felicity et nous sommes sa famille. Elle va rester avec nous et elle travaillera ici pour le reste de l'été et peut-être même plus longtemps." La voix d'Esmée était toujours douce mais ne supportait pas la réplique et Bella se détourna pour cacher un sourire.

Mme Cope les fixa l'une après l'autre puis se retourna vers la jeune femme derrière le comptoir, "Makenna, je pense que je vais prendre des pots de confiture de fraises ainsi que de ces délicieux chutneys d'Esmée."

Elle regarda vers l'endroit où Esmée et l'autre femme, Makenna étaient en train de discuter. Makenna paraissait avoir vingt ans, elle avait de longs cheveux blond foncé, des yeux bleus comme les bleuets et quelques taches de rousseur sur le nez.

"Bella, c'est Makenna Barnes. Le mari de Makenna, Alistair est propriétaire du pub au coin de la rue. Makenna travaille pour moi trois jours par semaine ; Makenna voilà Bella Swan. Elle va contrôler et faire l'inventaire de notre stock. Je sais que notre stock est complètement faux parce que nous avons été très occupées ces derniers temps."

Makenna sourit à Bella et lui tendit la main. Bella s'approcha et la lui serra avec précaution, qu'est-ce que toutes ces personnes avaient avec le toucher?

Bella serra la main de Makenna, "C'est très agréable de faire ta connaissance, Bella," dit cette beauté avec un sourire. "Si tu as besoin de quelque chose tu n'as qu'à demander," ajouta-t-elle.

Esmée s'excusa auprès d'elle et se dirigea avec Bella vers les doubles portes qui donnaient dans la boutique d'Alice, "Viens et jette un coup d'œil dans le magasin d'Alice."

Bella ne savait pas vraiment à quoi s'attendre mais ce n'était en rien comme les friperies et les autres endroits où elle achetait ses vêtements la plupart du temps.

Le grand espace était divisé en plusieurs parties ou 'pièces' dans le style campagnard français. Il y avait une pièce avec un dressing qui contenait la lingerie et les vêtements de nuit soigneusement pliés. Une autre grande penderie en bois contenait les robes, pantalons, jeans, jupes et shorts.

Ensuite Bella vit une 'chambre' avec un lit à baldaquin recouvert de tissus divers et de linge de maison.

Au-delà elle repéra une zone 'salon'.

"Wow, c'est inhabituel!" dit Bella.

Esmée sourit fièrement, "Alice a beaucoup de talent. Elle dessine beaucoup de vêtements et de lingerie. Elle achète seulement des vêtements de qualité et des meubles. Elle arrange beaucoup de pièces elle-même et elle travaille avec un couple d'artisans retraités qui vivent dans le coin."

A ce moment là, Alice les repéra et les appela. Bella vit que Jessica était assise avec elle sur une causeuse crème en peluche.

"Dites, M'am, Bella, comment allez-vous ce matin?"

Bella sourit, "Fin prête pour travailler!"

Alice rit, " C'est une bonne chose parce que ce matin j'ai été attaquée par l'une des étagères de vêtements là-haut!"

Elle expliqua que c'était au premier étage qu'elle gardait son stock de vêtements et de petits bibelots. Elle dit ensuite qu'il y avait une grange désaffectée derrière le magasin qu'elle utilisait pour la restauration des meubles.

"Bella, voudrais-tu un peu de pâtisserie? Jess vient juste d'en amener de chez Sue et c'est délicieux!"

Bella accepta et les quatre femmes bavardèrent pendant les minutes suivantes jusqu'à ce que le téléphone de Jessica se mette à sonner, "C'est Mike, désolée, il faut que j'y aille, à bientôt!"

"Bella et moi devons remplir quelques documents et puis nous pourrons commencer," dit Esmée.

Elle se tourna vers Bella, "Alice et moi avons établi une sorte de liste pour toi. Pour commencer, il faudra inventorier le stock qui est dans ma réserve, ce qui ne devrait pas prendre toute la journée. Quant à Alice…" Alice haussa les épaules et sourit à Esmée et à Bella, "Cela prendra plus de temps et c'est surtout la partie vêtements qui a besoin d'être réorganisée et triée, rangée sur les bonnes étagères et répertoriée dans le stock."

Alice sourit à Bella chaleureusement, "Rien n'est urgent, Bella mais rien n'a été fait depuis longtemps! Est-ce qu'Esmée t'a montré l'ordinateur et le logiciel que nous utilisons?"

Bella hocha la tête, "Il faut juste que je m'y habitue, mais j'ai toujours aimé les ordinateurs à l'école et mon professeur me donnait des choses plus compliquées qu'aux autres, donc je devrai pouvoir me débrouiller, ça devrait aller."

Esmée accompagna Bella à son bureau et la fit asseoir sur la seule chaise de la pièce.

Esmée lui montra comment compléter certains formulaires avant de lui expliquer les horaires de travail, les salaires et les avantages.

"L'un des principaux avantages de travailler pour nous est que tu auras droit à un rabais pour toutes les marchandises, s'il y a quelque chose qui te plaît, fais-nous le juste savoir et tu pourras payer à la fin de la semaine."

Bella pensa avec convoitise aux vêtements qu'elle avait vus dans la boutique d'Alice. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'Alice les lui laisse pour un ou deux dollars.

"Maintenant, Bella tu auras deux coupures de quinze minutes chaque jour et une heure au déjeuner. Nous avons l'habitude de passer chez Jess ou parfois au pub pour un déjeuner léger. Alistair a quelques tables à l'extérieur qui sont très agréables. Tu pourras également en parler avec Rachel et elle pourra te préparer un en-cas pour le déjeuner, est-ce que tu vas là-bas pour le petit-déjeuner et le dîner?"

Bella hocha la tête. "Bien, tu pourras lui demander ce soir et elle aura tout ce qu'il faut dans la matinée. Carlisle et Bree emportent leur déjeuner de là-bas lorsqu'ils ne veulent pas manger à l'extérieur."

Après que Bella eut rempli tous les formulaires, elles allèrent au bout de la rue pour que Bella puisse ouvrir son premier compte bancaire. Esmée donna leur adresse pour le domicile de Bella et dans les dix minutes Bella eut une carte de crédit à son nom.

"Ton salaire sera versé sur ton compte tous les vendredis à l'heure du déjeuner, Bella, comme ça tu pourras faire quelques achats si tu veux."

Le reste de la matinée passa vite alors que Bella commença à ranger la réserve d'Esmée. Au moment de la pause du déjeuner elle avait terminé et elle avait commencé à faire l'inventaire.

Alice, Esmée, Bella et Makenna allèrent au pub d'Alistair à pied où Bella prit un instant pour regarder l'homme avec une barbe hirsute qui lui rappelait Grizzly Adams.

Alistair avait un accent étranger, les yeux bruns qui scintillaient avec méfiance et il s'inclina vers la main de Bella pour poser un baiser sur celle-ci.

Ce qui normalement aurait effrayé Bella la fit rire et Makenna grogna à son mari, "Tu ne peux pas résister à une jolie fille, n'est-ce pas Barnes?" dit-elle en faisant un clin d'œil à Bella.

"Tu me connais, j'ai embrassé la pierre de Blarney* très jeune, mon amour!" Il rigola en désignant une table en bois et des chaises dépareillées qui étaient installées à l'ombre d'un grand arbre.

"Prenez une chaise et je vous amène le déjeuner dans peu de temps. Bella es-tu allergique à quelque chose?" demanda-t-il.

Elle haussa les épaules, "Je ne crois pas," dit-elle.

"Donc l'assiette du fermier pour tout le monde? Et que diriez-vous d'un peu de bière biologique au gingembre, avec la permission de Bleu Bonnet?"

Bella comprit que Makenna et Alistair étaient arrivés à Hope Springs deux ans auparavant. Alistair avait douze ans de plus que Makenna et ils s'étaient rencontrés à l'université alors qu'Alistair faisait une série de conférences sur des auteurs irlandais.

Ce fut le coup de foudre et Alistair lui proposa de l'épouser six mois plus tard. Ils étaient venus à Hope Springs un week-end pour le festival de la pomme et lorsqu'ils avaient vu le bâtiment typique qui était en vente, ils avaient décidé de réaliser leur rêve et de venir vivre à la campagne.

Alistair était un professeur renommé et il continuait toujours à donner des cours sur internet pour une prestigieuse université et ainsi que quelques conférences à l'occasion, Makenna avait son diplôme d'anglais et elle avait utilisé ses compétences pour devenir un auteur publié. Elle écrivait des livres pour enfants et jeunes adultes mais elle faisait des pauses dans la semaine pour aider Esmée au magasin.

"Je travaille là juste pour avoir les promotions pour les employés, tu sais," plaisanta-t-elle.

Bella passa le reste de l'après-midi et les trois jours suivants à ranger l'étage des boutiques. Elle apprit qu'Alice n'achetait pas seulement des vêtements de marque et que la plupart de ceux qu'elle gardait étaient à un prix raisonnable. Elle avait même une section spéciale qui était à un prix d'occasion. Alice lui expliqua que la plupart de ses bénéfices provenaient des vêtements moins chers, elle avait des clients réguliers qui ne pouvaient pas se permettre d'acheter des vêtements griffés. Elle avait fait don d'un lot de vêtements à un refuge qui était dans la ville voisine.

Bella n'avait jamais vu autant de vêtements et quand Alice la vit regarder une jupe rouge dans le stock le troisième jour, elle insista pour qu'elles passent le reste de l'après-midi à jouer à s'habiller.

Rosalie passa autour de quinze heures cet après-midi là et elle sourit quand elle vit Bella bouder alors qu'Alice lui jetait une autre robe à essayer.

"Alice j'ai un travail à faire et tu me fais perdre du temps! "grogna Bella.

Alice croisa ses bras sur sa poitrine plissa les yeux, "Bella Swan, tu as besoin d'avoir des vêtements qui te conviennent et qui soient confortables à porter, maintenant essaie juste ceci, allez!"

Bella roula des yeux vers Rosalie mais elle passa derrière un paravent et enleva son jeans, son débardeur et ses chaussures et elle essaya cette robe fleurie avec une ceinture élastique.

"Sors de là Bella!" cria Alice et Bella sortit en grommelant.

"Oh ça par exemple, Bella tu es superbe!" s'exclama Alice.

Bella la fixa," Alice à quel moment vais-je pouvoir porter cette robe?"

"Bella tu peux la porter tout le temps! Peut-être pour un rendez-vous ou pour aller au restaurant, ou ici au travail, jette un coup d'œil."

Elle se retourna doucement et se regarda dans les grands miroirs.

La robe tombait à mi-cuisse et elle devait bien admettre que le vert pâle et le pêche étaient du meilleur effet sur sa peau. La robe était faite en tissu léger qui recouvrait parfaitement ses courbes légères et flottaient autour de ses cuisses de plus elle avait un joli décolleté.

Bella avait un peu grossi et son visage et son corps n'étaient plus aussi anguleux et maigres et bien qu'elle fût encore très mince, il y avait une légère courbe qui soulignait ses seins et ses hanches maintenant.

Bella se reconnut difficilement dans une robe et elle dut admettre qu'elle était 'presque' jolie.

"Vendu!" annonça Alice.

Bella regarda rapidement l'étiquette et ses sourcils se relevèrent quand elle vit le prix. Elle tourna sur elle-même et fixa Alice, "Quinze dollars? Alice cette robe vaut plus que ça!"

Alice commença à faire claquer ses talons, "Je ne te connaissais même pas quand j'ai mis le prix sur cette robe, Bella! Donc elle vaut quinze dollars et avec ta remise de 35 % en tant qu'employée, ça te fera neuf dollars et soixante quinze cents."

Rosalie se délassait dans un coin, sur un fauteuil style 19e siècle tout en regardant les deux femmes, comme si c'était un match de tennis.

"J'ai une paire de ballerines blanches et une paire de sandales qui seraient parfaites avec cette tenue - elles sont dans les boites à deux dollars dans le coin le plus éloigné," dit Alice avec désinvolture.

Bella fixa un moment sa patronne et amie avant de se tourner pour aller voir les chaussures.

Alice chercha Rosalie du regard qui elle la fixait avec les sourcils levés, "Vraiment Mary Alice?"

Alice regarda sa sœur, "Plus tard! " siffla-t-elle. Alice avait passé quelque temps à trier des vêtements et avait mis de côté quelques tenues qui, elle le savait auraient fière allure sur Bella, elle les avait placées stratégiquement tout autour de la pièce du stock afin de ne pas attirer trop l'attention sur elles. Elle les avait mis à un prix raisonnable pour que Bella n'ait pas cette excuse pour ne pas les acheter.

Une fois que Bella eut trouvé que les ballerines convenaient parfaitement, elle se changea et remit ses vêtements mais pas avant d'avoir trouvé une paire de converse rouge et blanches ainsi qu'une paire de tennis en tissu à deux dollars qui paraissaient presque neuves et Bella fut étonnée de voir qu'elles étaient à sa taille. Après un rapide calcul, elle ramena ses achats en bas.

"Bella, es-tu prête pour aller voir Jake avant d'aller chercher les enfants et qu'on aille chez moi?"

Bella hocha la tête. Elle donna la robe à Alice, ainsi que les chaussures, un short couleur biscuit qu'elle avait trouvé et un débardeur crème assorti, un autre jeans (sans trou celui-là!), deux t-shirts, deux débardeurs et un cardigan assorti à sa nouvelle robe.

Alice ne dit pas un mot alors qu'elle pliait soigneusement les vêtements pour Bella et stocka le tout sur l'étagère sous le comptoir. Elle avait pu acheter le tout pour moins de quarante dollars.

Bella roula des yeux, " Tu vas me transformer en une diva de la mode Alice Cullen et ça ne me plaît pas!"

Alice lui sourit, "Tu seras ma petite diva, tu verras!"

"Je te verrai plus tard Bella." Elle lui sourit alors que Rosalie la poussait hors du magasin.

C'était l'anniversaire des trois couples et Esmée et Carlisle étaient partis le matin pour un long week-end à New-York.

Elles décidèrent de se rendre au garage de Jake à pied. Rosalie avait appelé Jacob dans la matinée pour arranger un rendez-vous à son bureau.

Quand Bella avança dans le bureau soigné, un jeune homme était assis derrière le comptoir. "Salut Rose, as-tu apporté ta combinaison?"

Rosalie rejeta ses longs cheveux en arrière et jaugea l'homme avec ses yeux bleus, "Tu ne dois pas être méchant juste parce que je suis meilleur mécanicien que toi!"

L'homme, prénommé George, déplaça son regard vers l'endroit où se tenait Bella ; il se leva rapidement et s'essuya les mains sur un chiffon qu'il sortit de sa poche arrière, "Salut! Je suis George!" dit-il en commençant à rougir.

Bella lui fit un demi-sourire," Je suis Bella," dit-elle.

A cet instant Jacob sortit de son bureau suivit par une grande femme qui avait de longs cheveux bouclés et Bella sut immédiatement que c'était Nessie.

Elle put aussitôt voir la ressemblance entre Nessie et ses parents. Elle avait les traits fins et les grands yeux marron de Vinnie alors qu'elle avait hérité des cheveux châtains de son père.

"Aaah, ma 'vilaine bouche' préférée et ma 'mécanicienne' préférée!" dit-il en leur souriant à toutes les deux alors qu'elles rigolaient.

"D'accord les filles, vous êtes supposées dire, 'notre préféré -"

"Notre préféré, coup de pied au cul!" dit Nessie avant de saluer Rosalie et de sourire à Bella. "Bonjour Bella, c'est vraiment agréable de rencontrer la femme qui a remis mon mari à sa place!"

Jacob rit et il la serra contre son torse en l'enlaçant par la taille, Quil et toi me remettez à ma place chaque jour!"

"Ils devraient t'enfermer dans un chenil, chien! " rétorqua Rosalie.

Jacob rejeta sa tête en arrière et se mit à rire. Ensuite il regarda Rosalie avec une lueur de malice dans les yeux, "Hey Rose - comment fait-on pour noyer une blonde?" ricana-t-il.

Les yeux de Rosalie se plissèrent en deux fentes glaciales mais Nessie roula des yeux vers Bella et elle posa une main sur chacune de ses épaules, "Bon, assez tous les deux! Vous allez faire peur à Bella et elle va penser qu'elle ne peut pas vous faire confiance pour réparer sa voiture!"

Nessie se dirigea vers le bureau de Jacob, " Viens et assieds-toi, ignore les simplement." Elle se tourna pour leur jeter un coup d'œil ils se souriaient luttant pour arriver à la porte en premier.

Bella regarda Nessie, " Vous vous connaissez tous depuis longtemps?"

"Trop longtemps!" dirent-ils tous les trois en même temps avant de rire.

"Rose et Jacob étaient à l'école ensemble et Rose et moi étions amies quand sa famille habitait à Akron, avant que son père n'épouse la mère d'Alice," expliqua Nessie.

Jacob attrapa une feuille et s'assit à côté de sa femme. "Bella, j'ai jeté un coup d'œil à ton bébé et je peux la réparer. Ça va prendre un peu de temps et j'ai besoin de parler avec quelques amis que j'aie à Mexico, parce que bien que cette voiture soit construite en Allemagne, les pièces en provenance du Mexique fonctionneront très bien. Il y a une liste de choses à remplacer ou à adapter mais si tu me laisses un peu de temps tout pourras être fait pour que tu conduises une voiture avec des papiers en règle. As-tu ton permis de conduire sur toi?"

"Putain!" Le juron tranquille qu'elle laissa s'échapper ne passa pas inaperçu.

Dans le silence de la pièce, Bella fixa le plancher en espérant qu'il allait s'ouvrir pour l'engloutir! Elle n'avait pas pensé au fait qu'ils pouvaient lui demander son permis de conduire.

"Bella, chérie, est-ce que tu as un permis de conduire?" lui demanda Rosalie doucement.

Elle mordit sa lèvre et secoua sa tête sans lever les yeux.

Jacob fronça les sourcils et ouvrit la bouche mais Rosalie l'empêcha de poser la question suivante avec un hochement de tête vigoureux, ses yeux lui disant silencieusement que 'ce n'était pas le moment pour ça.'

"Eh bien, évidemment tu ne peux pas conduire mais il faudra que tu passes ton permis provisoire rapidement de façon à ce que tu puisses avoir le nombre d'heures de conduite suffisant et ensuite obtenir ton permis de conduire. Nous allons tous te donner des leçons et étonnamment Randall Wilber est un excellent professeur de conduite. Il donne des leçons à tous les enfants," dit Rosalie avant de regarder vers Jacob et de changer de sujet.

"Quelle sera la note en gros, Jake? Il faut que Bella le sache afin de prévoir un budget pour cela."

Bella regarda Jacob et elle opina nerveusement, "Dis-moi juste combien ça va coûter."

Jacob hocha la tête, "D'accord, il faut que tu te souviennes que nous avons la possibilité d'acheter des pièces d'occasion - Quil et moi allons toujours voir dans les casses mais il faudra environ mille sept cents dollars."

Bella fit un effort pour ne pas s'évanouir. Elle sentit le sang quitter son visage et ses mains se mirent à trembler.

Mille sept-cents dollars! Putain comment allait-elle pouvoir trouver tout cet argent?

Elle entendit des voix et releva la tête pour voir Rosalie lui mettre un verre d'eau dans la main. "Bois ça, Bella."

Comme elle buvait à petites gorgées, Jacob expliqua que le prix mentionné concernait le pire des cas mais incluait également de nouveaux sièges, de nouveaux pneus et chambres, la rénovation de la carrosserie et un coup de peinture. Il ferait tout ça par étapes et il ne s'attendait pas à ce qu'elle paye pour du superflu, comme des sièges ou la peinture jusqu'à ce que la voiture soit en état de rouler.

"Je te propose de payer quinze dollars par semaine," dit Jacob tranquillement.

Bella sourit avec soulagement, "Es-tu sûr que je puisse les payer?"

"Bien sûr Bella. J'ai demandé à Emmett de mettre ça par écrit afin que tu saches que tout ça est légal. Et si à un moment ou à autre tu veux que j'arrête, j'arrêterai de chercher des pièces, je finirai le travail que je suis en train de faire et c'est tout. Pour la refaire fonctionner tu dois compter autour de quatre cent dollars. Qu'est-ce que tu en dis? " demanda-t-il.

Bella sourit, "Beaucoup mieux que mille sept-cents dollars! Pu - je veux dire, tu as bien failli me déclencher une crise cardiaque, tu sais?"

Jake se mit à rire bruyamment, "Ça va t'obliger à faire attention, vilaine bouche!"

Bella le fixa.

"Em t'amènera les papiers ici, demain, tu pourras venir?"

Ils se mirent d'accord pour un rendez-vous et ensuite Bella et Rosalie partirent.

Pendant qu'elle conduisait pour aller récupérer les enfants qui jouaient chez des camarades, Rosalie jeta un coup d'œil vers Bella, "Si tu n'as pas le permis où as-tu appris à conduire?"

Bella souffla et regarda par la vitre en répondant, "C'est la seule bonne chose que mon père adoptif ait faite pour moi. Il avait l'habitude de boire avec ses amis et sa femme ne conduisait pas mais elle refusait de marcher ou de prendre le bus, donc après que je sois allée vivre avec eux, j'ai dû apprendre à conduire son vieux camion. Notre école avait un instructeur pour le permis et j'ai pris quelques cours. Il n'a jamais remarqué les bosses sur son vieux de tas de merde."

Rosalie ne dit rien, mais sa pensée s'activait. Tout ce qu'elle avait appris sur Bella la rendait un peu plus admirative. Pendant les quelques jours précédents Emmett avait été très discret sur les résultats de ses recherches concernant Isabella Marie Swan. Rosalie l'avait entendu parler au téléphone et le soir précédent elle s'était précipitée dans son bureau lorsqu'elle avait entendu quelque chose s'écraser contre le mur.

Lorsqu'elle avait ouvert la porte, elle avait trouvé du verre sur le sol, là où il avait atterri après avoir éclaté contre le mur.

"Bébé, est-ce que ça va? Que se passe-t-il?"

Emmett était debout derrière son bureau, ses yeux étaient presque noirs de colère et il s'énervait au téléphone, "Ecoute Don, putain, arrête de me dire que tu as besoin d'elle pour témoigner contre eux! Cette fille est complètement brisée à cause de ce que vous appelez le "système"! Il n'y a vraiment aucune chance que je la renvoie dans ce putain de trou d'enfer! Comprends-le bien! Ouais je t'entends, mais écoute-moi toi aussi et écoute-moi bien : s'il faut que j'alerte la presse pour l'informer que vous avez placé sciemment une enfant innocente entre les mains de ce putain de monstre, et bien, ça ne va pas vous faire de la publicité, n'est-ce pas? Attendons la prochaine élection, et je ne pense pas que tu obtiendras beaucoup de votes."

Rosalie regardait Emmett bouche bée. Depuis le temps qu'elle le connaissait elle ne l'avait jamais entendu s'adresser à quelqu'un de cette façon.

Emmett lui fit signe de rentrer, il se jeta dans son fauteuil et passa sa grande main dans ses boucles sombres alors qu'il écoutait impatiemment.

Avec un profond soupir, il passa sa main sur son visage et hocha la tête, "D'accord alors Simon et Kate Rawlings sont maintenant en garde à vue et tous les mineurs ont été retirés de leur maison," dit-il d'un ton plus calme. "Eh bien avec les photos qu'il vendait à ses amis pédophiles et les vidéos de la salle de bain ainsi que le témoignage des enfants, il devrait y avoir assez de preuves, non?"

Rosalie mit sa main devant sa bouche tout en se dirigeant à petits pas vers le fauteuil de l'autre côté du bureau et s'y installa.

Elle eut un sentiment d'angoisse en comprenant de qui ils parlaient.

Bella.

Emmett hocha la tête et parla à nouveau, "Oh! Et à propos des chiens dans l'arrière cour… Moitié morts de faim? C'est une honte qu'ils n'aient pas été euthanasiés et j'espère qu'il y a des charges contre eux pour ça aussi … c'est agréable de l'entendre. Bon, regarde tout ça et tiens-moi au courant s'il te plaît, Don ne me fais pas aller plus loin, j'ai l'intention que justice soit rendue à cette fille."

Emmett reposa le téléphone sur son bureau et après quelques minutes ses yeux tristes et en colère regardèrent sa femme.

"Je remercie Dieu de savoir que nos enfants seraient bien soignés si jamais quelque chose nous arrivait Bébé. Si tu savais…" Emmett arrêta de parler et tout à coup ses yeux se remplirent de larmes.

Rosalie poussa un petit cri tout en se levant et en allant le rejoindre, tirant sur ses épaules pour lui caler la tête contre son ventre, ses bras enroulés autour d'elle dans une étreinte serrée comme un étau.

Rosalie fredonnait en le réconfortant et passa sa main dans ses boucles douces.

"Elle est en sécurité maintenant, Bébé. Elle est ici et elle est en sécurité et nous nous assurerons que rien de mauvais ne lui arrive de nouveau, d'accord?"

Lorsqu'Emmett releva sa tête, ses yeux rouges et bouffis la regardaient," Je t'aime," dit-il.

"Je t'aime encore davantage," lui répondit Rosalie avec un tendre sourire.

"Est-ce que tu veux en parler?"

Emmett secoua la tête et ses yeux s'assombrirent, la respiration de Rosalie resta coincée dans sa gorge.

"Pas maintenant. Je veux t'emmener dans notre lit et te faire l'amour toute la nuit."

Rose arqua un sourcil en souriant, "Toute la nuit, mon Tigre? Humm, je ne pense pas que ce soit possible ça!"

Emmett secoua la tête, "Oh quel peu de foi en moi… laisse-moi te donner un conseil."

"Quoi?"

Emmett se remit sur ses pieds vite fait, "Cours!"

Rosalie soupira et se tourna dans un tourbillon. Elle était rapide mais il était plus rapide qu'elle.

Il la rattrapa à la porte du bureau et à peine étaient-ils dans le couloir que Rosalie était déjà prête à crier grâce.

Alors qu'Emmett se glissait dans sa chaude humidité pour la troisième fois de la nuit ou tôt le matin, Rosalie admit qu'Emmett savait de quoi il parlait.

Bella était, elle aussi, perdue dans ses pensées. Elle repensait à l'après-midi précédent lorsqu'elle était arrivée avec Esmée et avait trouvé une voiture de police dans l'allée. Elle ne pouvait plus attendre pour s'éloigner aussi loin que possible de Jasper Cullen. Elle s'était précipitée sur le chemin, si bouleversée qu'elle en avait oublié la tasse de thé qu'elle prenait avec Esmée chaque après-midi dans la belle cuisine. Alors qu'elle atteignant la porte du hangar, une grande main fine s'était refermée sur son épaule, ce qui fit la crier et se retourner, prête à attaquer. Jasper avait esquivé le poing qui venait de se diriger vers son visage.

"Woaw tu aimes la bagarre!" dit Jasper en dansant loin d'elle.

Bella était sûre qu'elle avait fait pipi dans son jeans. Elle était en colère. Vraiment furieuse.

"Putain par l'enfer! Quel est votre putain de problème, vous les hommes qui avez besoin de vous faufiler comme un putain de ninja pour approcher des gens ? Qu'est-ce qui ne va pas avec toi putain? Si tu ne veux pas de moi ici je vais partir, mais tu as failli me provoquer une putain de crise cardiaque!"

Pendant le silence qui suivit, Bella réalisa qu'elle avait poussé des cris perçants, qui plus est aux oreilles du shérif de la ville. Ce n'était pas vraiment ce qu'elle avait fait de plus judicieux. Et en plus elle avait essayé de le frapper en plein visage.

Pendant environ cinq minutes Jasper ouvrit et ferma sa bouche comme un poisson, il s'était excusé auprès de Bella pour sa 'conduite abominable." (Putain il n'employait que des beaux mots!)

Bella l'assura que c'était le passé.

Une petite voix lui fit remarquer 'Que vont-ils dire lorsqu'ils vont apprendre pour le bébé?'

Elle n'en fit pas cas.

Rosalie la tira de sa rêverie et secoua sa tête pour chasser le brouillard qu'avait provoqué ses idées de luxure – elle ne pouvait pas attendre ce soir et elle espérait qu'Emmett apprécierait le petit numéro qu'Alice lui avait concocté.

"Bon, quand tu seras chez nous ce soir, tu pourras regarder sur internet pour les cours de conduite, puis la semaine prochaine nous irons chercher ton permis d'apprentissage. Il faudra que tu conduises sous surveillance pour toute l'année prochaine, mais tu pourras conduire avec ton permis provisoire," dit Rosalie fermement.

Lorsque Bella la regarda, Rosalie vit de l'excitation dans ses yeux avant qu'elle baisse la tête et cache son visage, "Vous ne devriez pas avoir à faire ça pour moi."

Rosalie mit son indicateur de changement de direction pour tourner dans l'allée des camarades de Jed et Emma, "Je sais ça, ne dis pas de bêtises Belle mais je veux le faire, donc accepte-le."

Bella grogna, "Vous êtes aussi fous les uns que les autres!"

Rosalie lui sourit tout en mettant son SUV sur "parking". "Je n'ai jamais dit que nous étions sains d'esprit, Bella. Viens, tu vas rencontrer Angie."

Angela Yorkie salua Bella chaleureusement. Elle comprit qu'Angela travaillait aussi avec Alice en s'occupant des retouches et des modifications sur les vêtements. Son mari, Eric travaillait avec Jasper en tant qu'adjoint. Bella apprécia de suite cette femme qui ressemblait légèrement à un rat de bibliothèque avec ses lunettes noires qu'elle repoussait constamment sur le haut de son nez et ses cheveux ternes et bruns dont elle se plaignait tout le temps, en disant qu'ils étaient incontrôlables. Bella était d'accord - les boucles légèrement sauvages et ondulées volaient autour du visage d'Angie alors qu'elle s'activait dans la cuisine avec une énergie nerveuse.

"Chip!" cria-t-elle, bien que la maison ne soit pas très grande.

Un petit garçon avec des cheveux noirs et raides et les yeux légèrement bridés se précipita dans la cuisine, "Oui maman? Oh salut Mme Cullen," dit-il poliment en les voyant.

Rosalie sourit," Hey Chip, peux-tu appeler Jed et Emma pour moi, chéri? Mais assure-toi qu'ils ont bien rangé les jouets en premier."

"Oui Ma'ame," il se tourna vers sa mère, "M'am, savais-tu que Dale et Emma allaient être dans la même classe cette année?" demanda-t-il, mais il sortit avant même qu'elle lui ait répondu.

Angela leur sourit tristement : "Mes bébés grandissent. J'ai dit à Eric que je pense qu'il est temps de penser à faire le numéro trois."

Rosalie expliqua, "Dale est la fille d'Angela et d'Eric, elle a cinq ans et elle est mignonne."

Bella se mordit la lèvre durement, Chip and Dale*? On se moque de moi? Qui sont les pu- parents qui nommeraient leurs enfants Chip and Dale? Heureusement elle garda ses pensées pour elle et se contenta simplement de sourire.

Quelques minutes plus tard, elles entendirent un piétement puis, Jed, Chip, Emma et une petite fille qui était la copie conforme d'Angela, Dale, entrèrent en courant dans la cuisine. La petite fille sourit timidement à Bella et à Rosalie et se posta immédiatement à côté de sa mère tandis qu'Emma étreignait sa mère et souriait à Bella.

"Chip, Dale, c'est une amie des Cullen. Bella voici Chip et Dale."

Les enfants lui sourirent timidement, "Je suis ravie de vous connaître tous les deux."

"Merci Mme Bella," dit Chip poliment et Bella sourit, "C'est juste Bella."

Ils partirent peu après et se dirigèrent vers la grande maison crème et à étage de Rosalie et d'Emmett.

"Est-ce que tu vas rester avec nous, Bella?" demanda Emma pendant que Bella l'aidait à descendre de son siège auto.

"Oui, est-ce que ça te convient?"

"Bien sûr, Brady et Chelsea viennent eux aussi et nous allons avoir des macaronis pour le dîner, n'est-ce pas maman?" La petite fille secoua ses boucles blondes dans son dos en se précipitant vers la porte d'entrée.

"Effectivement. Ça t'ira Bella?"

Bella hocha la tête et se débarrassa de ses chaussures devant la porte et les posa soigneusement sur le petit banc où elle avait vu les autres les ranger.

"Oui c'est l'un de mes plats préférés. Je peux le faire si tu veux, Rosalie. J'avais l'habitude d'en faire tout le temps, pour euh, les petits à Phoenix," dit-elle en suivant le reste de la famille dans la grande pièce qui occupait la plus grande partie du rez-de-chaussée. La pièce était juste comme Bella l'avait imaginée, blanche et moderne.

Les plans de travail en inox et les ustensiles de cuisine contrastaient avec les planchers en bois. Elle regarda dans la pièce de derrière et elle vit qu'elle avait été transformée en salle de jeu/terrasse jaune vif et blanche et dans un coin un grand canapé était installé face à un écran plasma sur le mur.

Rosalie regarda Bella joyeusement, "Tu es sûre Bella? Ce serait génial, et puis je pourrais prendre mon temps pour me préparer pour ce soir."

Bella sourit en voyant Rosalie si excitée. Ses yeux scintillaient et ses joues étaient rouges.

"Depuis combien de temps êtes-vous mariés?"

Rosalie sourit, "Dix ans cette année, mais nous sommes ensemble depuis douze ans et bien sûr j'ai connu Emmett quand j'avais dix ans." Elle se tourna pour regarder ses enfants. "Bella va commencer à préparer le repas pour vous. Vous pouvez regarder un peu la télévision ou vous pouvez aller jouer dehors. Chels, Brady et Bree vont arriver bientôt, d'accord? Vous demandez à Bella, c'est elle qui est responsable, compris?"

"D'accord!" Emma rit pendant que Jed secouait la tête aux pitreries sa petite sœur, "Oui maman."

Rosalie montra rapidement à Bella où étaient les choses dont elle aurait besoin puis elle se précipita à l'étage pour se doucher.

Une fois qu'elle fut partie, les enfants regardèrent Bella dans l'expectative : "Bien j'aurai besoin d'un peu d'aide pour préparer le dîner, est-ce que vous voulez bien être mes assistants?"

Lorsque Rosalie sortit de la douche, elle put entendre les rires et les voix venant d'en bas. On aurait dit qu'Alice était arrivée. Elle entra dans la suite parentale et trouva Alice assise sur son lit.

"Pourquoi n'es-tu pas chez toi en train de te préparer? demanda Rose en se dirigeant vers son dressing.

Quand ils avaient acheté la maison, Emmett avait fait offert le dressing à Rosalie. Il était aussi grand qu'une petite chambre avec des tapis crème, des placards qui allaient d'un mur à l'autre et un canapé crème installé devant trois énormes miroirs. Sur un autre mur il y avait une station de maquillage et de l'autre côté, son bien le plus précieux, sa collection de chaussures. Si Rosalie Cullen avait une faiblesse autre que sa famille, c'était bien ses chaussures.

Alice la suivit dans son dressing. "Je vais y aller, mais je pense que Bella est comme le joueur de flûte de Hamelin. Elle a les quatre enfants avec elle qui l'aident à préparer les macaronis. Elle est merveilleuse avec eux et ils l'adorent."

Rosalie laissa tomber la serviette avec naturel et se dirigea vers le tiroir de la lingerie. Avec ses 1 m 73 Rosalie était grande et svelte et belle à couper le souffle. Ses cheveux blonds miel était naturels et même si une femme essayait d'en reproduire la couleur ce serait tout simplement impossible. Alors qu'Alice était petite, pâle et avec des cheveux corbeau, Rosalie était le prototype de la californienne. A trente-quatre ans elle avait le corps d'une jeune femme de vingt ans et même si elle ne travaillait que trois jours par semaine, son corps tonique était le résultat de son activité en tant que vétérinaire et de ses gènes généreux.

"Je sais, Bella est un don de Dieu! Tu sais combien Emma est collante dernièrement? Elle ne fait que parler d'aller à la 'grande' école et tout ça? Et bien je pensais qu'elle allait piquer une crise parce que nous la laissions ce soir mais non, elle ne m'a même pas regardée lorsque je lui ai dit que ce serait Bella qui les garderait."

Les demi-sœurs parlèrent quelques minutes de plus avant qu'Alice ne rentre chez elle pour se préparer. Jasper et elle étaient mariés depuis onze ans, et Alice n'avait jamais été aussi amoureuse de lui. Elle l'avait aimé dès l'instant où elle l'avait vu, en jetant un œil par-dessus la clôture pendant que la fourgonnette déchargeait leur mobilier.

"Salut!" lui avait dit le petit garçon blond alors qu'elle l'espionnait à travers la clôture en bois. Sa maison était assez loin de celle des parents d'Alice mais elle pouvait voir qu'elle était bien plus grande que la leur, qui était une maison à un étage jaune plus simple.

"Salut," répondit Alice.

"Je suis Jasper Cullen et j'ai huit ans."

"Eh bien, je suis Alice Whitlock et j'ai huit ans aussi."

"Qui est-ce?" demanda Jasper en montrant un homme grand avec des cheveux blonds et des yeux bleus rieurs.

"C'est mon beau-père, Brandon Hale. Il a épousé ma mère, c'est elle là-bas," Alice lui montra une petite femme avec des cheveux noirs qui était en train de rire avec son beau-père.

Les enfants regardèrent les deux adultes marcher l'un vers l'autre avant que Brandon ne soulève Megan et qu'elle enroule ses jambes autour de ses hanches et qu'ils commencent à s'embrasser provoquantun émoi tel parmi les déménageurs qu'ils en oublièrent jusqu'à leur mère.

"Ohhhh, ils sont lourds! Ils font ça tout le temps! Rosie, c'est ma demi-sœur, la fille de Brandon, et bien elle a dit qu'elle les avait vus rouler l'un sur l'autre dans le salon la nuit dernière. Ils roulaient sur le sol et se bécotaient!" annonça Alice en fronçant son petit nez de dégoût.

Jasper quitta des yeux les parents pour regarder où était la petite fille aux cheveux noirs en désordre.

"Alice?"

"Ouais?"

"Je pourrai d'embrasser comme ça un jour?"

Alice se tourna pour regarder le garçon blond avec les yeux bleu clair et sans une once de dédain ou de dégoût, elle hocha la tête, "Il suffira juste de ne pas me faire attendre trop longtemps, tu entends?"

Ils se sourirent mutuellement parfaitement d'accord, "Je ne le ferai pas."

Jasper attendit jusqu'à ce qu'il ait douze ans pour embrasser Alice et lorsqu'il s'était un peu écarté de ses lèvres, elle lui avait souri, ses yeux fauves plus captivants que jamais, "Enfin!" soupira-t-elle.

Le sourire d'Alice vacilla quand elle arriva devant chez eux. Elle aimait Jasper mais elle n'était pas contente de son comportement pendant le déjeuner de dimanche. Alice ne comprenait pas pourquoi il était si inhabituellement têtu.

Il était généralement très calme et si épris de paix qu'Alice avait été choquée par sa mise en accusation de Bella chez ses parents.

Elle ne lui avait pas parlé durant le voyage de retour à la maison ce jour là, et ce fut seulement plus tard dans l'après-midi qu'Alice l'avait obligé à parler avec elle, ce qui avait mis fin à sa sieste dans le canapé de son bureau.

Il se sentait coupable de la façon dont il avait traité Bella mais il savait que c'était son rôle de shérif de s'assurer que Bella n'allait pas être un problème pour leur petite communauté.

Même s'ils se parlaient à nouveau, Alice avait senti une distance entre eux depuis les quatre derniers jours et elle détestait ça.

Elle sortit de la voiture et entreprit rapidement de se préparer pour cette soirée spéciale. Comme les années précédentes, Alice n'avait aucune idée de ce que Jasper avait prévu.

Elle se doucha puis s'assit devant sa coiffeuse pour se faire un brushing lorsque Jasper entra dans leur chambre.

Leurs yeux se rencontrèrent dans le miroir et elle sentit la chaleur de son regard lorsqu'il dévia sur son corps en tenue légère couvert seulement d'un soutien-gorge rouge et d'une culotte.

Jasper avala difficilement, "Dieu merci nos réservations ne sont que pour vingt-heures," dit-il à Alice qui s'était tournée sur son siège pour lui faire face.

La tension qui subsistait entre eux ces jours derniers tomba lorsqu'elle le regarda déboutonner sa chemise d'une seule main, alors que l'autre courait dans ses cheveux.

Alice sourit, "Tu penses que nous allons le faire?" demanda-t-elle en se levant et en allant vers lui.

La chemise de Jasper tomba sur le sol et il la tira contre son corps ferme. "Qu'en dis-tu?" murmura-t-il en se dirigeant vers lit.

Alice se mit à rire tout en rebondissant sur le matelas, les jambes écartées de telle sorte qu'il pouvait voir son humidité à travers sa culotte.

"Pourquoi, Shérif, qu'as-tu en tête?" ses yeux s'étaient élargis de fausse surprise.

Jasper ricana alors que ses hanches et sa bite palpitante se pressait contre la chaleur d'Alice, "Cela pourrait prendre un certain temps, ma'ame…"

"Oh… Shérif…"

Ooo HS ooO

Lorsqu'Emmett et Rosalie redescendirent, ils trouvèrent la cuisine impeccable et les quatre enfants étaient assis à la longue table de bois en train de manger les macaronis au fromage qui sentaient délicieusement bon.

Bella était assise entre Brady et Emma et elle souriait à une histoire que lui racontaient Jed et Chelsea.

Emmett s'éclaircit la voix et tout le monde regarda le joli couple bien habillé. Rosalie portait une robe en argent qui moulait toutes ses courbes tandis qu'Emmett portait un costume d'été, bleu avec une chemise blanche et une cravate argentée. Bella pensa qu'ils étaient le couple le plus extraordinairement beau qu'elle n'ait jamais vu.

"WOW, maman, tu es si belle!" s'écria Emma en battant des mains et les autres l'imitèrent en criant leur approbation.

Emmett leur sourit, ses fossettes identiques à celles de ses enfants. "D'accord, laissez-nous nous remettre. Maintenant pendant que nous ne sommes pas là, c'est Bella qui s'occupe de vous, alors quand elle dit que c'est l'heure du bain et d'aller au lit, vous l'écoutez. Hé! Où est Brianna?"

Bella répondit, "Elle m'a envoyé un message pour me dire que Mme Biers aller l'amener?"

Rosalie hocha la tête, "C'est la mère de Brittany. D'accord, j'espère qu'elle ne va pas arriver trop tard. Bella si tu as besoin de quelque chose, nos numéros de portables sont sur le frigo."

"E- e- Edward les a mis dans le téléphone qu'il m'a donné, ou euh, Esmée peut-être," marmonna-t-elle alors que ses joues viraient au rose.

Aucun adulte ne commenta les rougeurs de Bella. Elle n'était pas du genre à bégayer ou à marmonner mais il semblait que dès que le nom d'Edward était prononcé elle était complètement chamboulée.

"D'accord, alors nous serons de retour vers une heure du matin."

Bella sourit et ils embrassèrent chacun des enfants pour leur souhaiter une bonne nuit, Brady et Chelsea passaient la nuit ici puisque l'année dernière c'était Alice qui avait fait garder les enfants de sa sœur.

Bella s'assura que les enfants continuaient à manger avant de suivre Emmett et Rosalie à la porte d'entrée.

"Merci de faire ça Bella. Si tu as besoin de quelque chose ou qu'il y ait une urgence, téléphone-nous ou tu peux appeler Edward, il peut arriver ici plus vite et il est chez lui ce soir," dit Emmett avec une lueur dans les yeux.

Bella rougit de nouveau mais avant qu'elle puisse dire quelque chose, Rosalie prit la main d'Emmett et le tira dans les escaliers en se dirigeant vers le Hummer noir.

"Au revoir," dit Bella avant de fermer la porte et de rejoindre les enfants.

Elle n'avait plus vu Edward depuis le déjeuner désastreux, mais elle l'avait entendu.

Edward avait commencé à téléphoner à Bella chaque soir et ce depuis le lundi. Après s'être remise du choc initial et de son embarras, elle s'était allongée sur le lit et lui avait parlé pendant une demi-heure.

Mardi leur conversation avait duré une heure.

Le soir suivant il était resté en ligne jusqu'à ce qu'elle se mette à bâiller dans l'obscurité.

Ils parlaient de tout et de rien. Edward lui raconta le peu de temps qu'il avait vécu à New-York et elle en Arizona.

Il lui dit qu'il avait presque toujours voulu être médecin et elle murmura ses rêves de devenir enseignante pour les petits.

Il lui raconta comment il avait grandi à la ferme avec ses parents et elle lui dit comment c'était de passer Noël dans un refuge pour les sans-abri.

Ils n'avaient pas reparlé de ce qu'il s'était passé le dimanche sauf quand il lui raconta que lui et ses frères avaient été mis dehors pour une trêve, ce que Bella avait trouvé très drôle.

Une fois que les enfants eurent fini leur dîner, elle les amena à l'étage pour leur bain. Les garçons prirent la salle de bain bleue et blanche qui était au bout du couloir et les filles la rose et blanche qui appartenait à Emma.

Bella faisait des aller et retour, vérifiant que les garçons s'étaient bien lavés derrière les oreilles et que les filles n'avaient pas mouillé leurs cheveux, comme l'avait recommandé leurs mères.

Une fois qu'ils furent séchés et habillés, Bella les laissa jouer dans leurs chambres pendant qu'elle nettoyait les baignoires et rangeait les chambres avant de leur donner la permission de regarder un film dans leur salle de jeux.

Elle sortit son téléphone et se rendit compte qu'il était huit heures passé. Après avoir pris le temps de réfléchir, elle fit défiler les numéros jusqu'à ce qu'elle trouve celui de Bree et elle appuya sur le bouton vert.

Il fallut trois sonneries avant que Bree, qui semblait essoufflée, ne réponde, "Allô?"

"Bree? C'est Bella ; je commençais à me faire du souci. Où es-tu ?"

"Euh, Bella salut! Nous sommes presque là ; je te vois dans quelques minutes."

Bella fixa son téléphone d'un air inquiet.

Bree ne paraissait pas être dans son état habituel. Elle semblait essoufflée et distraite.

Bella ouvrit la porte d'entrée et trouva Bree en train de se dépêcher de reboutonner sa chemise tandis qu'un garçon qui avait l'air d'avoir le même âge qu'elle ou peut-être un peu plus, coiffait ses cheveux brun clair.

Les deux adolescents se séparèrent alors que la porte s'ouvrait en grand et que Bella les regardait l'un après l'autre.

"Bree? Qu'est-ce que tu fais?" demanda-t-elle.

En les voyant Bella avait une bonne idée de ce qu'ils faisaient et elle sentit la colère traverser son corps, c'est quoi ce bordel? Ses parents vont me reprocher sa conduite, pensa Bella en sortant et en fermant la porte calmement. Elle aimait bien Bree mais elle n'avait que quatorze ans! A quoi pensait-elle? A quoi pensais-tu quand tu as laissé Tyler … la ferme!

Les yeux de Bella se plissèrent et rencontrèrent ceux du garçon effrayé qui avait reculé d'un pas mais elle remarqua qu'il gardait la main de Bree dans la sienne.

"Qui es-tu ?" demanda-t-elle calmement.

"Je suis Riley Biers ma'am," et il lui tendit sa main libre.

Elle croisa ses bras sur sa poitrine et les regarda l'un après l'autre.

"Je ferai mieux de rentrer, Riley. Je te parlerai plus tard," dit Bree et elle se redressa pour atteindre sa joue rouge et l'embrasser.

"Nous n'avons rien fait de mal! Et je ne veux plus rien cacher!" lâcha soudain Riley en regardant Bree.

Ses yeux étaient brillants de larmes et elle opina, "Je sais, Ri, mais mes parents ne comprendront jamais. S'il te plait, rentre chez toi et je te parlerai plus tard."

Riley fit demi-tour et descendit les marches puis l'allée pour récupérer son vélo qui était appuyé contre un arbre et il s'éloigna rapidement.

Bree regarda Bella, des larmes silencieuses roulant sur ses joues, "S'il te plaît ne le dit pas à mes parents Bella.." commença-t-elle avant de recouvrir son visage de ses mains.

Bella soupira et elle se sentit très âgée tout à coup alors qu'elle passait son bras autour des épaules de la jeune fille et la conduisit à l'intérieur.

"Pourquoi n'irais-tu pas en haut pour te débarbouiller et t'arranger? Si les enfants te voient comme ça, ils vont le crier plus fort qu'une corne de brume. Je vais réchauffer ton dîner," dit Bella à voix basse.

Bree acquiesça et se précipita dans les escaliers et après que Bella eut vérifié que les enfants étaient toujours captivés par leur film, elle alla à la cuisine et fit réchauffer le dîner.

Bree semblait aller un peu mieux lorsqu'elle redescendit. Ses yeux gardaient des traces de larmes mais elle avait lavé son visage et brossé ses cheveux, qui étaient maintenant attachés en queue de cheval.

Sa chemise avait été arrangée et défroissée.

Bella déposa l'assiette sur le comptoir et elle versa deux tasses de thé.

Elle resta de l'autre côté du comptoir et regarda sa jeune amie.

"Est-ce que tu veux en parler?"

Bree avala sa nourriture et soupira, "Riley est le fils de notre pasteur et le frère de Brittany. Il a quinze ans et nous nous voyons depuis deux mois. Il ne s'est rien passé mais nous nous aimons et ce n'est pas juste que nous ne puissions pas être ensemble!" Elle secoua sa tête théâtralement et prit son thé.

Bella écouta Bree pendant les minutes suivantes lui raconter comment ils s'étaient rapprochés après avoir été dans le même camp de vacances cet été.

Bella s'excusa rapidement pour aller voir ce que faisaient les enfants qui étaient presque endormis. Elle arrêta le film et les accompagna là-haut. Bella coucha chaque enfant et ils s'endormirent avant qu'elle ait éteint les lumières, laissant juste les veilleuses allumées.

Bree avait fini de manger et elle était lovée dans le canapé de la salle de jeu, tenant son mug de thé.

Bella prit le sien et la rejoignit. "Je ne sais pas quoi faire. Riley veut parler à mon père, mais je pense qu'il va tomber des nues! Je te promets qu'on n'allait rien faire, Bella!"

Bella regarda Bree dans les yeux et elle se souvint combien ils étaient semblables à ceux d'Edward. Bree n'avait pas les yeux aussi verts mais ils étaient aussi intenses.

"Tu sais Bree, tu peux dire ça mais ce que j'ai vu ne ressemblait pas à 'rien'. C'était comme si vous remettiez tes vêtements à la hâte."

Bree vira au rouge mais ne dit rien.

"Je suis sûre que Riley est un bon garçon, mais être, euh, pure, est spécial et tu ne devrais pas être pressée de donner ça au premier garçon venu."

Bree ouvrit la bouche mais Bella leva sa main pour la faire taire, "Quand tu te donnes ça à quelqu'un, ça devrait être spécial et bien. Ta famille t'aime Brianna et coucher ou batifoler avec ce garçon les déshonorera, alors ce n'est pas le bon moment. Vous avez besoin d'attendre tous les deux jusqu'à ce que ce soit le bon moment, pour ne pas vous faire de mal à vous-mêmes et à vos familles.

Bella eut envie de pleurer en pensant à sa première fois. Sur la banquette arrière de la Coccinelle de son père décédé, pilonnée par un garçon qui n'avait jamais pris de temps avec elle. Il ne l'avait même pas embrassée.

Bree essuya une larme de sa joue et Bella sourit tristement, "Tu pourrais en parler à ta maman ou à tes belles-sœurs, ou même à ton père. Laisse-les te guider, si tu continues à garder ça secret, c'est comme si tu savais que tu faisais quelque chose de mal."

Bree hocha la tête, "Tu vas leur dire?"

Bella secoua la tête, "Ce ne sont pas mes affaires mais si tu continues à tergiverser quelqu'un va le découvrir et il le dira, le meilleur serait que tu le leur dises toi-même."

Bree et Bella passèrent le reste de la soirée à regarder la télévision. Bree s'endormit et Bella la couvrit avec une couverture en coton, elle se leva pour utiliser la salle de bain pour les invités et elle jeta un coup d'œil aux enfants.

Brady ronflait doucement, ses cheveux blonds emmêlés sur son visage. Jed avait écarté ses bras et il avait l'air beaucoup plus jeune lorsqu'il dormait.

Emma suçait son pouce avec ses doigts recourbés autour d'une petite couverture de bébé et Chelsea était roulée en boule sous les couvertures.

Elle les regarda un moment. Elle se demanda à quoi elle avait dû ressembler lorsqu'elle était petite, endormie dans un petit lit, avant que son père ne meure.

Avait-elle vécu dans un appartement ou dans une maison? Avait-elle eu des animaux? Etaient-ils heureux? Est-ce que Charlie Swan chassait ses cheveux de son visage, la nuit? La prenait-il au lit avec lui pour lui raconter une histoire?

Bella s'aperçut qu'elle pleurait et elle retourna dans la salle de bain du couloir.

Elle savait que c'était inutile et dangereux de penser à ça! Tout ce que ça lui faisait c'était du mal et c'était une perte de temps!

En redescendant son téléphone se mit à sonner et elle sourit quand elle vit le nom d'Edward clignoter sur l'écran.

Son cœur rata un battement et elle s'assit sur une marche, "Hey!"

"Hey Bella, comment vont les Razmoket ?"

Bella sourit en entendant la plaisanterie, " Tu sais que ces enfants sont de vrais petits anges? Je veux dire, ils sont si bien éduqués et élevés que ça en est effrayant! Tes frères et sœurs savent comment élever des enfants presque parfaits!"

Edward était en train de s'installer dans le hamac dans la l'arrière-cour et il se mit à rire : "Ouais, on va dire que, toi le couguar, tu vas apparemment épouser mon neveu!"

"Comment m'as-tu appelée? " grogna-t-elle.

"Quoi? Un couguar? Oh oui allez, tu as sûrement entendu cette expression? Mince, je pensais que tu vivais en Californie pas sur Mars!"

Ils éclatèrent de rire.

Après quelques minutes, Bella entendit Bree parler au téléphone et elle dit à Edward qu'il fallait qu'elle y aille, ils promirent de se parler pendant le week-end.

Edward lui suggéra d'aller pique-niquer tous les deux dimanche et elle fut d'accord avant même d'y penser. Elle fixa son téléphone pendant un long moment assise dans les escaliers — avait-elle un rendez-vous avec Edward dimanche?

Ooo HS ooO

Edward s'est laissé aller dans le hamac tout en regardant les étoiles. Ça lui avait manqué de la voir cette semaine mais il s'était forcé à garder une certaine distance, tout comme son père lui avait conseillé de le faire.

Carlisle lui avait dit qu'Emmett travaillait sur quelques pistes et qu'il devrait avoir des nouvelles pour eux, au début de la semaine prochaine.

Il n'avait pas encore reparlé à Jasper et lorsque ce dernier était venu le voir au cabinet pour s'excuser mardi matin, il s'était enfermé dans son bureau pendant que Jasper discutait avec Carlisle.

Lorsqu'il était parti, Carlisle était entré dans le bureau d'Edward, il s'était assis sur le fauteuil face à lui et l'avait regardé fixement jusqu'à ce que finalement Edward saute sur ses pieds et lève ses mains en l'air, juste comme Carlisle pensait qu'il ferait - Edward détestait résoudre les choses par le silence.

"D'accord Papa! Je me rends! Que veux-tu que je te dise? Je ne parlerai pas à ton fils avant qu'il n'ait fait correctement ses excuses sincères à Bella. Il a été digne d'un tyran - pas d'un flic! Ce n'est pas un procès!"

Edward se laissa tomber dans son fauteuil et fronça les sourcils en faisant courir ses mains dans ses cheveux, il fit la moue en regardant par la fenêtre.

Carlisle se retint de sourire - l'expression d'Edward était la même que celle qu'il faisait quand il avait deux ans et que Jasper et Emmett le taquinaient.

Carlisle se pencha en arrière et lui laissa un moment avant de commencer à parler, "Edward, je sais que tu l'apprécies. Je l'apprécie. Ta mère et tes sœurs l'aiment bien, mais tes frères font des recherches pour nous - nous tous. Tu ne peux pas nier qu'elle nous a caché la vérité." Edward grogna et Carlisle ne lui dit pas que Bella avait sûrement d'autres secrets.

Tout d'un coup il fut frustré qu'Edward ne voit pas les choses comme lui : "Le fait est qu'elle est une étrangère, et que tu le veuilles ou non, je ne veux pas qu'elle nuise à ma femme, à mes enfants ou à mes petits-enfants. Ce n'est tout simplement pas une option, donc nous allons résoudre cette question aussi rapidement que possible. Tu n'as pas à aimer ce que Jas a fait, putain, Edward, je n'ai pas aimé ce qu'il a fait ou comment il l'a pas fait, mais il avait ses raisons!"

Edward gardait sa mine renfrognée. Il n'avait entendu jurer Carlisle que deux fois et il prononçait rarement le mot 'putain'.

Carlisle se leva et se dirigea vers la porte du bureau, "Maintenant Jasper est venu pour te présenter ses excuses en personne. Il est déjà allé voir ton frère et sa femme, Billy et Sue, ta mère et moi et maintenant il a juste besoin que tu lui donnes une chance de te parler. Il a également présenté ses excuses à Bella, en personne."

Edward se leva et fit face à son père, "Je sais que tu penses que mon amitié avec Bella est une mauvaise idée mais je suis son ami."

Carlisle secoua la tête, "Tu es juste aussi têtu que ta mère."

Edward sourit, "Il parait que je tiens ça de toi, demande à maman!"

Ce soir là en rentrant chez lui il trouva Jasper assis sur le perron.

Les frères se fixèrent en silence.

"Je n'aurai jamais dû la mettre dans l'embarras comme ça, devant tout le monde," dit Jasper tranquillement.

Edward pinça ses lèvres et lui fit un signe de désapprobation. "Non tu n'aurais pas dû. Pourquoi as-tu fait ça Jas? Tu n'es pas comme ça, tu t'es conduit comme un bâtard irréfléchi et sans cœur et je ne comprends pas pourquoi. Qu'est-ce qu'elle t'a fait?"

Jasper bougea pour se redresser mais Edward leva sa main pour l'arrêter, "Reste assis où je pourrai être tenté de te taper dessus."

Jasper acquiesça, "Je suis juste méfiant. On dirait qu'elle est une personne qui a vécu beaucoup de choses et qui est fatiguée mais pourtant elle a cette innocence, ces yeux écarquillés mais en même temps j'ai le sentiment qu'elle cache quelque chose."

Il soupira, " Je me suis emporté. J'ai été horrible et j'ai agi comme un trou du cul prétentieux. Je lui ai dit que j'étais désolé et je le suis. Je suis désolé Edward." Edward baissa les yeux vers Jasper, il sentait le feu et la lutte le quitter. Il se laissa tomber à côté de lui et mit ses coudes sur ses genoux. "Je l'apprécie Jas et avant que tu me dises des conneries sur le fait qu'elle est trop jeune pour moi ou que ce n'est pas bien, ce n'est pas comme ça - nous, Bella et moi - sommes des amis, elle a besoin d'amis, mec. Donne-lui juste une chance."

En conduisant ce soir là Jasper se sourit à lui-même, "Ce n'est pas comme ça - mon cul - c'est exactement comme ça! Ce garçon stupide ne veut juste pas encore le reconnaître!"

Ooo HS ooO

Bien qu'ils ne se soient pas vus, Edward n'avait pas pu résister à l'appeler chaque soir. Il était devenu très friand de leurs conversations et il devait se forcer pour ne pas se précipiter pour lui téléphoner, le soir dès qu'il avait fini de travailler.

Plus il en apprenait sur Bella - plus il voulait en savoir.

Il avait décidé qu'il ne montrerait pas de compassion pour ce qu'avait traversé Bella dans sa vie. Il la taquinait, la tourmentait, il s'en prenait même à elle, mais il ne lui dirait jamais combien il avait le cœur brisé par la façon dont elle avait vécu les quatorze dernières années de sa vie.

Il connaissait une partie de son histoire, mais ils n'avaient jamais discuté de ce qui l'avait faite fuir, qu'est-ce qui l'avait amenée à traverser le pays et arriver dans un endroit dont elle ne connaissait rien - juste pour s'enfuir. Il savait que c'était mauvais mais il voulait attendre qu'elle lui dise.

Elle commençait à lui faire confiance et cette pensée faisait battre son cœur plus vite. Le fait que Bella était plus jeune que lui de neuf ans et sept mois lui avait procuré quelques nuits blanches mais après que Bella lui ait fait remarquer qu'il ne pourrait jamais expérimenter tout ce qu'elle avait vécu pendant dix-huit ans, avait apaisé son esprit.

Ainsi il était là dans son hamac, ce jeudi soir en train de discuter avec sa nouvelle 'amie' tranquillement.

"Ne voudrais-tu pas être mon ami?" demanda-t-elle.

"Je n'ai jamais dit que nous ne pouvions pas être amis, Bella. J'ai dit que tu devrais sûrement vouloir des amis de ton âge. Nous ne pouvons pas être amis - je suis trop vieux pour toi."

Bella était restée tranquille un bon moment au point qu'Edward pensa qu'elle s'était endormie, jusqu'à ce qu'elle murmure, "L'âge c'est dans la tête, Edward, et quelquefois je me sens comme si j'avais cent ans. En plus, tu es mon meilleur ami."

Ses mots avaient réchauffé le cœur froid d'Edward et il savait qu'il devrait avoir peur de s'aventurer dans quelque chose qu'il craignait trop d'identifier mais en fait, ça ne l'effrayait pas. Ça l'excitait.

Finalement quand il lui souhaita bonne nuit, il n'avait qu'une idée en tête : dimanche il avait un rendez-vous avec Bella Swan!

Oooo HS ooO

Bella avait eu une journée bien remplie à la boutique le vendredi. Mais elle en était ravie puisqu'elle avait été en mesure de payer pour tous ses nouveaux vêtements grâce au baby-sitting. Elle avait encore de l'argent pour aller dîner au pub où Makenna lui tint compagnie avant qu'elle ne rentre chez elle pour lire et se détendre. Vers neuf heures du soir Bella décida de se mettre au lit. Elle était en train de se brosser les dents quand elle se sentit mouillée entre les jambes.

Elle cria et en baissant les yeux et elle vit une flaque de sang à ses pieds. Elle s'assit rapidement sur les toilettes et elle sentit des crampes qui devenaient de plus en plus fortes, lui coupant le souffle.

Elle prit du papier toilette et le mit entre ses jambes avant de se trainer dans sa chambre et d'attraper le téléphone sur son lit.

Ses mains tremblaient tellement qu'elle eut besoin de ses deux mains pour appuyer sur le raccourci.

"Hey Bella! C'est -"

Bella sanglota au téléphone, "E-e-edward … oh mon Dieu… oh mon Dieu, viens s'il te plait."

Edward était chez lui, il travaillait sur un morceau de musique qui le hantait depuis quelques jours quand son téléphone sonna. Il fut surpris mais ravi de voir le nom de Bella s'afficher.

Quand il l'entendit pleurer, il traversa la pièce en prenant ses clés et il était à la porte avant même qu'elle n'ait parlé.

En même temps la communication avait été coupée, il se dépêcha sur la route avec une seule pensée dans sa tête ; il fallait qu'il rejoigne Bella - et vite!


* Pierre de Blarney : légende irlandaise, une pierre qui permet d'être éloquent si on l'embrasse…

*ESPN : (Entertainment Sport Programming Network Incorporated) est un réseau de télévision thématique orienté sur le sport.

*Chip and Dale : les écureuils Tic et Tac en français.


Et bien voilà le chapitre s'achève ici et il est déjà très long…

Je vais essayer de poster la suite aussi vite que je peux … avant que la semaine soit écoulée…

Pour information, j'ai répondu aux lectrices anonymes en laissant une review et dorénavant je procèderai ainsi.

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Je vous remercie d'avoir lu ce chapitre et je vous dis à bientôt!

Passez une agréable semaine…