Les personnages appartiennent à S. Meyer

Mais Hope Springs appartient à justginger

Cette fic est rated M pour d'excellentes raisons - vous voilà prévenues!


CHAPITRE 10

Nouveaux départs et premiers rendez-vous.

Les jours qui suivirent s'écoulèrent tranquillement. Bella se sentit mieux chaque jour mais elle dormit beaucoup et il y eut des moments où elle se mit à pleurer sans raison. Lorsque ça arriva Edward la tira dans ses bras et la berça contre lui.

Le mardi matin il la conduisit voir Kébi. Et après un examen et une échographie elle dit à Bella qu'elle guérissait bien et qu'elle n'attendait plus d'éventuelles complications.

Elles parlèrent de contrôle des naissances et bien que Bella lui dise qu'elle ne comptait pas avoir de relation sexuelle dans un futur proche, elle lui donna une prescription de pilule contraceptive pour six mois et elle lui demanda de prendre rendez-vous à ce moment là pour une autre consultation.

Lorsque Bella demanda combien elle devait, Kébi expliqua que la ferme Blue Bonnet avait tout réglé. Bella n'était pas contente jusqu'à ce qu'Edward lui explique que leur assurance comprenait une couverture médicale pour leurs employés.

Quand Bella se réveilla le mercredi matin, elle ne fut pas surprise de voir Roscoe couché devant sa porte. C'était un développement nouveau et inattendu de leur relation. Il n'avait jamais essayé de pénétrer dans sa chambre mais depuis le dimanche il semblait se contenter de dormir là où il pouvait la voir, c'est-à-dire devant sa porte. Le seul moment où il la laissait c'est quand Edward l'appelait pour sa promenade du soir. Bella les regardait depuis son siège de la fenêtre qui donnait sur Dorset Park.

La première fois que Bella avait ouvert les yeux et avait vu le chien, elle avait laissé échapper un cri à glacer le sang qui avait fait monter Edward en courant. Après qu'il l'eut calmée il avait souligné que Roscoe voulait être près d'elle, il lui dit qu'il était très sensible à la douleur des humains et il pouvait sentir si l'un de ses 'protégés' était triste, malade ou souffrant.

Maintenant elle s'était habituée à sa présence et elle trouvait effectivement du réconfort à le savoir là.

Il ne bougeait pas sauf pour cligner des yeux, s'étirer ou parfois rouler une ou deux fois sur le dos faisant rire Bella avec ses pitreries. Il se couchait sur le dos et faisait une grimace ou un sourire la tête en bas, sa langue pendant hors de sa gueule. Il apportait quelques-uns de ses jouets à l'étage et Bella riait lorsqu'Edward le réprimandait en lui disant qu'il encombrait le couloir. A contrecœur Roscoe en redescendait un ou deux et les remettait à leur place, jusqu'à ce qu'Edward ait le dos tourné et qu'il en ramène deux autres, juste comme un enfant espiègle.

Bella n'avait jamais su qu'un chien pouvait être aussi intelligent. Elle l'avait fait remarquer à Rosalie lorsqu'elle lui avait téléphoné le mardi après-midi. Elle savait que Rosalie était le vétérinaire local et elle s'était arrêtée en passant, pendant qu'Edward était allé faire des courses, pour lui laisser un livre sur les chiens et plus particulièrement sur les bergers australiens, que Bella avait lu avec un grand intérêt.

Les yeux de Roscoe étaient doux et chauds - juste comme son propriétaire, pensa Bella.

"Où est Edward?" demanda-t-elle à l'animal qui était resté depuis trois jours avec elle, et elle sourit lorsqu'elle le vit se lever et perçut le bruit de ses pattes dans l'escalier.

Un moment après elle entendit les pas d'Edward. Il se rua dans sa chambre, "Bonjour belle endormie. Ton 'ombre' est venue me chercher."

Elle s'assit en souriant, "Tu es jaloux juste parce que ton chien me préfère à toi."

"Il te préfère quand tu dors ; il y a une différence!" plaisanta-t-il.

Bella commença à sortir du lit avant de se rendre compte que son débardeur était remonté au-dessus de son estomac. Elle le remit en place mais pas avant que les yeux d'Edward ne brûlent sa peau d'un regard sombre.

"Je vais prendre une douche. Ta mère va venir dans la journée pour m'amener l'ordinateur et un peu de travail à faire, " dit-elle embarrassée.

Edward sourcilla. "Je pense qu'il est trop tôt pour que tu te remettes à travailler."

Bella secoua la tête de frustration, "Arrête de dire ça! Nous avons déjà eu cette discussion et j'en ai assez! Il faut que je travaille et je vais devenir folle de rester au lit tout le temps!"

Edward sourit, "Eh bien aujourd'hui c'est ton jour de chance parce que tu pourras t'asseoir un peu dehors et tu seras autorisée à aller faire un tour dans la cour."

Bella rétorqua : "Génial et maintenant je vais être la fille folle qui se promène dans sa robe. Je vais me doucher."

Edward secoua la tête alors que Bella fermait la porte, "Oh bon sang! Madame Bonheur est de retour," marmonna-t-il en se tournant pour défaire le lit. Il remplaça les draps et jeta les autres en bas de l'escalier.

Roscoe le regarda faire depuis la porte, ses sourcils s'agitèrent d'amusement, Edward le fixa, "Tu géreras son énergie et tu me diras si tu aimes ça."

Il alla chercher les sacs qu'Alice avait amenés ce matin. Elle avait dit que c'était les vêtements que Bella avait achetés la semaine dernière ainsi que d'autres choses.

Il déposa les sacs sur son lit et quitta la chambre en fermant la porte derrière lui. Il appela Roscoe pour qu'il aille avec lui, juste au moment où il entendit l'eau de la douche s'arrêter de couler.

Il était dans la cuisine en train de préparer des œufs lorsque Bella descendit et s'arrêta derrière lui. Elle mordit sa lèvre, merde! Elle détestait s'excuser et il semblait qu'elle ne faisait ça qu'avec Edward Cullen! Elle prit une profonde inspiration avant de dire tranquillement, "Je suis désolée d'être une peste si ingrate."

Edward sourit tout en prenant la poêle chaude et en faisant glisser les œufs parfaitement frits sur les assiettes en attente. Il sortit le bacon croustillant du four. Il savait que Bella n'aimait pas s'excuser et ça lui réchauffait le cœur qu'elle le fasse pour lui. Il se retourna avec les assiettes dans les mains.

"Eh bien je suis désolé d'être un tel macho. Maintenant puisque tu es là, pourrais-tu prendre le jus dans le réfrigérateur et nous verser un peu de café?"

Leurs yeux se rencontrèrent et ils se sourirent.

Ils mangèrent dans un silence confortable en lisant chacun une partie du journal. De temps en temps l'un d'eux faisait un commentaire sur un article.

Edward avait commencé ce rituel le dimanche matin lorsqu'il apporta le petit-déjeuner à Bella et qu'il la trouva à la petite table près de la fenêtre. Elle avait poussé un cri aigu en voyant le journal sous son bras.

Lire lui manquait et elle était triste que ses livres soient restés dans sa chambre. Elle avait dévoré celui que Rose lui avait amené et du coup elle l'avait relu. Elle n'avait demandé à personne d'aller les lui chercher parce que si sa mémoire ne la trahissait pas, elle pensait se souvenir que sa chambre avait été laissée dans un désordre sanguinolent.

"Est-ce que tu vas essayer de te battre avec moi pour ce journal?" demanda-t-il un sourcil levé.

Bella se mit à rire, "Peux-tu partager?"

"Si je dois." Il lui fit une moue exagérée ce qui la fit rouler des yeux, mais fit aussi battre son cœur un plus vite.

Putain, tellement sexy!

Ils avaient passé l'heure suivante à manger et à s'échanger les pages du journal et un nouveau rituel matinal s'était installé.

Ooo HS ooO

"Tu es bien jolie ce matin. Nouveaux vêtements?" demanda Edward en jetant un regard en biais à Bella. Elle avait l'air jolie. Elle portait une robe fleurie à bretelles. Le tissu bleu s'accordait parfaitement à sa peau. Edward dut se forcer à garder ses yeux loin de ses jambes tout le temps que dura le petit déjeuner. Ses cheveux étaient lâchés et avaient séché en douces boucles ondulées.

Elle rougit de plaisir. "Merci ; c'est neuf. Je l'ai acheté chez Alice."

Il hocha la tête mais ne fit pas de commentaire, bien qu'il se demande et espère qu'il y aurait plus de robes de ce genre dans les sacs qu'Alice avait déposés.

"A quel moment Alice est-elle passée pour déposer les vêtements?" demanda-t-elle en lui faisant passer une assiette rincée pour qu'il la range dans le lave-vaisselle.

"Ce matin. Elle était en retard pour le travail," dit-il.

Bella roula des yeux, "Tu devrais dire qu'elle avait peur que je lui prenne la tête de m'avoir apporté de nouveaux vêtements."

"Eh bien tu n'as pas été d'humeur très égale au cours des deux derniers jours."

Elle l'éclaboussa avec un peu d'eau, "Es-tu en train de dire que je perds un peu les pédales?"

"Tu veux mon opinion professionnelle?" Il parut y réfléchir une minute puis il sourit.

"Tu es tellement bête." Elle rit.

Il sourit en mettant la poudre dans le lave-vaisselle et en démarrant le lavage.

Une sonnerie retentit et Edward se redressa, "C'est le lave-linge. Est-ce que tu as des choses à laver? J'ai fini avec le linge de lit mais maintenant c'est le tour des vêtements."

Bella se mordit la lèvre," J'ai quelques choses, tu es sûr que ça ne te dérange pas?"

"Bien sûr que non, sinon je ne te demanderai pas. Pourquoi n'irais-tu pas les chercher pendant que je commence à trier mes affaires."

Bella monta et Edward remarqua qu'elle passa tout près de Roscoe pendant qu'il dormait dans son lit, sans même tiquer.

Un progrès, enfin!

Edward hocha la tête en signe d'approbation. "Bon garçon," dit-il calmement.

Roscoe fit son sourire grimaçant, sa langue pendant au coin de sa gueule et se mit sur le dos.

Edward roula des yeux en entrant dans la buanderie, "Tu es toujours un Casanova!"

Bella essaya de ne pas être mal à l'aise lorsqu'elle regarda Edward trier ses vêtements en tas avec ses jeans, T-shirts, boxers, chemises et chaussettes.

Il lui montra comment se servir de la machine et ensuite il mit les draps dans le panier.

"J'aime bien étendre le linge dehors lorsque le temps le permet. C'est juste un gaspillage d'électricité de le passer au sèche-linge alors que tu peux profiter de l'odeur de l'air frais. Viens que je te montre où est l'étendoir."

Bella le suivit par la porte de derrière. Il appela Roscoe qui arriva rapidement et se joignit à eux. Au commandement de son maître il resta derrière lui, laissant de l'espace à Bella.

"Waow, c'est génial!" dit-elle comme ils traversaient le vestiaire.

Le jardin à l'arrière de la maison était un grand rectangle qui ressemblait plus à la prairie de la maison de ses parents. Bella fut surprise. Elle pensait qu'Edward aurait une pelouse parfaitement entretenue avec des massifs de fleurs bien dessinés mais à la place Edward avait délibérément gardé un style déstructuré et un peu rustique. Dans les parterres des grappes de fleurs côtoyaient des plantes aromatiques et tout ça poussait en parfaite harmonie.

Il y avait une tonnelle avec un petit jeu d'eau, qui ressemblait à une cascade naturelle et qui s'écoulait dans un bassin de rochers. Un hamac était tendu entre deux grands bouleaux. Il y avait un coin salon avec une table et des chaises en bois, un foyer pour les grillades et des fleurs de toutes les couleurs et de toutes sortes dégringolaient de vieux tonneaux de vin.

"Roscoe aime bien cet endroit. L'étendoir est juste au coin, de ce côté."

Bella s'assit sur la balancelle en bois qui était sous la tonnelle et elle regarda Edward étendre les draps tandis que Roscoe s'élançait dans la cour. Il aimait jouer à aller chercher et Bella se mit à rire parce qu'il ramenait tout un assortiment de balles à Edward. Dans un premier temps il lui dit d'attendre, lui expliquant qu'il était occupé mais le tas de balles augmenta tellement que Bella put voir la détermination d'Edward flancher.

"Tu pourrais lui en envoyer une maintenant, Cullen. Tu sais que vas devoir le faire de toute façon!" dit-elle.

Finalement Roscoe se coucha aux pieds d'Edward et gémit doucement.

Ainsi pendant qu'il étendit le linge Edward lui lança quelques balles. Une fois Roscoe changea d'idée et il rapporta une balle de tennis aux pieds de Bella. Il la regarda avec ses yeux bruns doux et il s'assit.

"Il pense que c'est ton tour de jouer avec lui. Selon lui c'est un privilège pour nous, humains, de jouer avec lui. Roscoe, viens là mon gars! Bella ne peut pas t'envoyer la balle aujourd'hui!" Après un long regard vers Bella, il reprit la balle et se dirigea vers l'endroit où Edward l'attendait.

Il y a vraiment quelque chose de sexy dans le fait de regarder un homme accomplir les tâches ménagères, se dit Bella pour expliquer la chaleur qu'elle ressentait au creux de l'estomac en voyant le t-shirt d'Edward se relever et dévoiler ses abdos et le merveilleux V qui était formé par ses hanches, pendant qu'il étendait les draps sur le fil. Bella déglutit, gênée, tout en regardant les muscles tendus de son dos et ses bras se déplier pendant qu'il lançait la balle.

Bella soupira, putain, qu'il est beau…

Edward était pleinement conscient que Bella l'observait. Elle était si mignonne dans sa petite robe. Les fines bretelles sur ses épaules et la pointe de ses seins à travers le tissu en coton lui indiquaient qu'elle ne portait pas de soutien-gorge et il comprit qu'il devrait prendre une autre douche tout à l'heure, quand elle serait couchée.

Sa facture d'eau allait être astronomique, mais ça lui était égal, il ressemblait à un adolescent de quatorze ans qui venait tout juste de découvrir Playboy.

Il était habitué à être mal à l'aise. Il s'était réveillé dimanche matin avec les boules bleues, Bella avait jeté sa cuisse sur ses hanches et sa main était posée sur son adorable derrière.

Il était tombé du lit, dans sa hâte de s'éloigner aussi loin que possible et quand il était venu contre le mur de sa douche, il s'était mordu le poing pour ne pas crier. Maintenant ça faisait partie de ses ablutions quotidiennes. Il se disait que c'était juste une réaction physique à la présence d'une jolie femme qui portait de petits shorts et des débardeurs, et rien plus.

Les orteils de Bella étaient vernis en rose et il avait eu envie de les embrasser la fois où elle était couchée sur le canapé, ses pieds reposant sur ses genoux, un soir pendant qu'ils regardaient télévision.

Non pas du tout pervers, salaud!

Ooo HS ooO

Lorsqu'elle arriva chez Edward, Esmée frappa à la porte mais n'obtint aucune réponse. Elle essaya d'ouvrir et vit que ce n'était pas verrouillé. Un rapide coup d'œil lui permit de constater qu'ils n'étaient pas à l'intérieur.

Elle resta dans l'obscurité de la porte de derrière et regarda les deux jeunes adultes échanger des regards furtifs et elle sourit pour elle-même.

Elle avait résisté à son envie de se précipiter ici lorsqu'elle et Carlisle étaient rentrés chez eux le lundi matin. Leur week-end à New York avait été gâché par la nouvelle de la fausse couche de Bella alors que personne ne savait qu'elle attendait un bébé. Esmée s'en était bien doutée mais elle avait rejeté cette idée parce que Bella ne lui avait rien dit. Elle se sentit si coupable, elle se demandait si elle n'aurait pas pu éviter cela en amenant simplement Bella consulter un médecin. Carlisle avait parlé à Kébi, sur l'insistance d'Esmée, et elle l'avait rassuré en expliquant qu'il n'y avait aucune raison logique à cette fausse-couche, à part que 'la nature s'occupait de ces choses'. Esmée se sentit mieux mais elle était encore peinée que Bella ait eu à souffrir pendant cet événement douloureux.

Elle était allée faire un tour dans la chambre de Bella et elle l'avait trouvée impeccablement propre. Apparemment Alice et Rosalie avaient passé le dimanche matin à la nettoyer. Esmée avait remarqué les deux livres posés sur la table de chevet et elle les avait pris avec elle.

Carlisle avait été triste de découvrir le secret de Bella de cette façon. Il avait parlé avec Edward le samedi pour se tenir informé de sa santé et il avait pu entendre comment la grossesse secrète puis la fausse-couche de Bella avaient fait des ravages sur son fils. Il avait été le premier à téléphoner à Jasper pour lui demander de prévoir du temps seul avec Edward pour qu'il puisse se détendre avec ses frères et éventuellement parler avec eux s'il le voulait.

La seule chose qui convainquit Esmée de poursuivre leur week-end fut lorsqu'Alice et Rosalie lui téléphonèrent pour lui raconter leur visite à Bella et lui dire qu'elle allait beaucoup mieux.

Ça, plus le fait qu'elles lui aient décrit la façon dont Edward prenait bien soin d'elle. Esmée n'était pas surprise mais elle était ravie de voir combien il était protecteur et tendre avec Bella. Elle savait que c'était l'un des traits que partageait les Cullen et spécialement avec leur partenaire, mais elle avait compris qu'Edward n'avait pas encore réalisé ce qu'il ressentait pour Bella. Elle avait admis face à Carlisle qu'elle était un peu inquiète de la réaction d'Edward lorsqu'il réaliserait l'ampleur de ses sentiments pour la jeune fille. Carlisle n'avait pas fait de commentaire mais Esmée avait bien vu la lueur d'appréhension dans ses yeux.

Elle décida de faire connaitre sa présence et elle ouvrit bruyamment la porte à moustiquaire en grand et appela, "Hé les enfants!"

Bella fut tirée de sa rêverie pleine de luxure, dans laquelle elle retirait cette chemise fine des épaules d'Edward et léchait le petit sentier de poils fins qui couraient dans son jeans. Elle sursauta se sentant coupable et elle sentit son visage chauffer.

Lécher?

Son visage rougit à cette pensée et elle baissa la tête en allant à la rencontre d'Esmée.

Edward trouva que sa mère était amusée et en reconnaissant cette expression, il lui jeta un regard noir avant d'étendre la dernière taie d'oreiller, de ramasser le panier et de se diriger vers l'endroit où elle était. Il embrassa la joue qu'elle lui tendait.

"Salut M'am, je suis surpris que tu aies pu rester aussi longtemps sans venir — je suis impressionné," dit-il avec un sourire narquois.

Esmée plissa les yeux, "Je peux encore te tirer les oreilles, Edward Anthony, alors fais attention à toi." Elle se tourna et sourit à Bella, "Bonjour chérie, comment te sens-tu?"

Il cligna des yeux au changement rapide de ton de sa mère alors qu'elle se penchait en avant pour prendre Bella dans ses bras.

"Comment Edward te traite-t-il ? Te fait-il assez à manger? On ne dirait pas. Edward, que …?"

Il posa sa main sur l'épaule de Bella et il sentit comment elle était attirée par son toucher, comme si elle en avait besoin.

Cette petite réaction lui donna confiance et il la tira contre lui en lui donnant son autre main, "M'am! Respire et laisse-lui une chance de te répondre? Rentrons, Bella a encore besoin de se reposer. Aujourd'hui c'est son premier jour debout," dit-il fermement, en faisant un regard appuyé à sa mère.

Esmée rentra et quand ils arrivèrent dans la cuisine, Bella fut étonnée - mais pas Edward - de voir des cartons remplis de produits frais, fruits et légumes, du jus en bouteille ainsi que plusieurs plats en plastique.

"Assieds-toi, amour," lui dit-il en la poussant vers le canapé dans le salon.

Bella fit ce qu'il dit pendant qu'Edward et Esmée bavardaient tranquillement tout en rangeant la nourriture dans l'énorme réfrigérateur double porte et dans le garde-manger.

Lorsque la bouilloire siffla sur la cuisinière, Esmée fit du thé, elle prépara tout sur un plateau et l'amena près de Bella.

Elle s'assit près d'elle. " Je nous ai fait un peu de thé, et Rachel t'envoie quelques muffins tout frais. Elle envoie son amour, en même temps elle dit que tu lui manques. Makenna envoie aussi son amour et Jessica et Mike ont dit qu'ils vous prépareraient à dîner ce soir et que vous pouvez les appeler si vous voulez quelque chose en particulier." Esmée continua à s'occuper de servir le thé et elle posa un muffin aux épinards et au fromage avec une noix de beurre sur une assiette.

"Je suis passée à ta chambre et je t'ai ramené les deux livres qui étaient sur la table, j'espère que ça te va?"

Bella hocha la tête en hésitant, "Merci! Je suis désolée d'avoir laissé ce chantier ; je n'ai pas eu la chance de pouvoir nettoyer après l'autre soir…"

Esmée posa ses mains sur les siennes, "Bella - respire chérie, tout a été fait. Tu n'as pas besoin de t'inquiéter."

Bella sentit ses joues chauffer d'embarras en imaginant Esmée nettoyer le sang sur le sol.

"Rosalie et Alice on fait un nettoyage de printemps dimanche matin," ajouta Esmée et bien que Bella déteste l'idée que quelqu'un d'autre ait nettoyé à sa place, elle était soulagée que ce ne soit pas Esmée.

Bella leva les yeux pour regarder Edward qui était renfrogné et faisait les cent pas dans sa cuisine en passant ses mains dans ses cheveux. Bella sourit — deux mains signifiaient qu'il était très agité.

Esmée suivit le regard de Bella et elle grogna au malaise évident que le seul fait qu'elle soit là, provoquait à son fils.

Elle savait qu'il était inquiet parce qu'il croyait qu'elle allait lui prendre Bella et honnêtement c'est exactement ce qu'elle souhaitait faire mais elle avait aussi compris que Bella était une personne très secrète et elle et Edward avaient besoin de passer du temps ensemble pour qu'elle puisse récupérer de son épreuve et comprendre ce qu'il se passait entre eux.

Esmée sourit innocemment en recommençant à parler, "Oh Edward! Papa m'a demandé s'il pouvait prendre les dossiers sur lesquels tu travailles au bureau. Il voudrait savoir pour l'analyse de Mme Lake et il est allé voir Lauren ce matin," dit-elle nonchalamment.

Il cligna des yeux en voyant le regard innocent de sa mère. Humm, il savait qu'elle était derrière cette 'corvée' mais il savait aussi qu'il ne pourrait pas le prouver. Elle était trop bonne pour couvrir ses traces.

"Sournoise!" dit-il en cherchant ses lunettes et ses clés.

"Euh? Qu'y a-t-il chéri?"

Il posa ses lunettes d'aviateur sur son nez, "Rien M'am."

Il alla à son bureau et prit son sac en cuir avant de revenir dans la pièce principale.

"Je ne serai pas long d'accord? Ne laisse pas ma mère te fatiguer. Si tu veux te coucher, il suffit de le lui dire," dit-il à Bella, ignorant le soupir d'impatience de sa mère.

Esmée lui fit un signe de la main avec un sifflement, " Oui, allez c'est bon, file Edward!"

Bella lui sourit faiblement, "Ça va aller, Edward."

Après un dernier regard aux deux femmes, il hocha la tête et se dirigea vers sa voiture.

Il alla au cabinet médical où il fut salué par la secrétaire, Cathy Wilber, qui sembla surprise de le voir, "Bonjour Docteur Edward! Je ne pensais pas vous voir cette semaine. Le Docteur Carlisle a dit que vous vous occupiez d'une amie de la famille."

Edward salua Cathy qui avait été la secrétaire d'Edward ainsi que l'infirmière du cabinet pendant les derniers vingt ans.

"Hey Cathy, je ne vais pas rester longtemps, est-ce que papa est disponible?"

Elle hocha la tête et lui fit signe de passer dans le couloir derrière elle.

Il frappa à la porte du bureau, le visage de Carlisle passa de la surprise à l'amusement, "Bonjour fiston, comment a-t-elle fait? Entre, entre."

Edward rit tristement. "Elle m'a dit que tu avais besoin de quelques dossiers."

Carlisle rit, "Mince, elle est bonne. Voudrais-tu un café?"

"Oui, ça me parait bien."

Carlisle se leva et prit son manteau. "Allons au restaurant, je n'ai pas de rendez-vous avant une heure."

Les deux hommes se rendirent au café-restaurant qui était plus calme maintenant que l'école avait recommencé. La nouvelle année scolaire avait démarré avec beaucoup d'excitation. Brianna était très agitée de commencer l'école secondaire et elle avait été prête très tôt pour prendre le bus scolaire.

Mike les salua de derrière son comptoir. Maintenant que l'école avait repris Jessica ne travaillait plus que tôt le matin, lorsqu'il y avait beaucoup de monde pour le petit-déjeuner. Mike faisait le travail administratif et supervisait le cuisiner, Manuel, le reste du temps.

Carlisle et Edward commandèrent un café et une tranche de tourte à la pêche.

"Maman te tuerait si elle savait que tu dégustes ce délicieux gâteau avant le déjeuner," dit Edward en riant.

Carlisle gémit, "Tu n'as pas idée! Elle est de nouveau en mode 'régime '. Elle a de grands projets pour nous : manger des légumes et des fruits frais quatre jours par semaine avec du poulet cuit à la vapeur ou du poisson, un régal!"

"Alors avez-vous passé un agréable week-end?"

Il hocha la tête, "Pour la plupart, oui."

Edward soupira, "Je suis désolé qu'Amun t'ait appelé. Je ne voulais pas ruiner votre week-end et inquiéter maman. Et merde, nous nous sommes assez inquiétés nous-mêmes, assez pour vous."

"Je sais et j'apprécie le geste, mais je suis content de l'avoir su. Qu'est-ce que Kébi a dit hier?"

Edward lui fit un résumé de la consultation de Bella.

Carlisle le regarda boire une gorgée de café, "Comment vas-tu?"

Edward haussa les épaules quand il rencontra le regard préoccupé de son père. "Bien je suppose. Bella a eu peur mais elle s'est comportée comme un petit soldat. Kébi a été très gentille avec elle mais tu connais Kébi."

"Je te demandais comment tu allais, toi?" redemanda Carlisle calmement.

Edward posa son mug, "Je ne sais pas papa. Je veux dire au départ j'étais énervé parce qu'elle ne me l'avait pas dit. Nous étions supposés être amis, nous en étions arrivés là avant que tout ça n'arrive. Elle m'a raconté comment c'est arrivé, tu sais le gars, et ce n'est pas à moi de le dire mais ce que je peux dire c'est que si jamais je trouve ce petit merdeux, et bien je vais avoir besoin d'un bon avocat!"

"Alors ce n'était pas la drogue ni autre chose de ce genre?" Edward pouvait entendre le soulagement dans la voix de son père et il savait pourquoi il avait posé cette question.

"Non papa, elle ne prend pas de drogue. Ses analyses sont revenues toutes négatives et toutes les substances ont été testées. Son nez et sa bouche sont sains. Ne t'inquiète pas papa, Bella ne se drogue pas, si ça avait été le cas j'aurai été le premier à l'amener dans un centre de désintoxication …. Il n'y aucun moyen que je m'implique à nouveau avec une femme dépendante à la drogue. Mais je suis heureux que tu t'en inquiètes."

Carlisle se pencha et posa sa main sur celle d'Edward, "Ce n'est pas de ça dont je m'inquiète. Je sais que ça t'a passé depuis longtemps mais je me fais du souci pour toi. Tu es mon fils et tu seras toujours ma première préoccupation. Je sais que tu t'occupes bien de Bella." Il secoua sa tête alors qu'Edward ouvrait la bouche pour le démentir.

"N'essaie pas de le nier, fiston! C'est bien que tu l'apprécies, je te l'ai déjà dit, mais maintenant encore plus qu'avant, Bella a besoin d'un ami, pas d'un amant. Alors il va falloir que tu attendes que son cœur rattrape le tien. Es-tu prêt à attendre?"

Edward regarda par la fenêtre avant de revenir sur les yeux bleu clair de son père. Carlisle put y voir des émotions qu'il n'avait jamais vues auparavant - espoir, excitation, détermination et quelque chose qu'il n'avait jamais vu chez aucun de ses fils, de la vulnérabilité.

"Je suis prêt à l'attendre. Je sais que cela peut être une mauvaise idée mais je veux essayer, papa."

Après un moment Carlisle opina et lui sourit avec un mélange de fierté et d'amusement, "Je suppose qu'il te faudra beaucoup de douches froides…"

"Papa! Pas toi aussi! Sérieusement!" s'exclama Edward horrifié.

Ils payèrent pour les cafés et en se dirigeant vers le cabinet Carlisle lui dit : "Ecoute, je voudrais avoir ton avis sur quelque chose dont nous avons parlé avec ta mère. Nous avons une proposition pour Bella et nous pensons que ça la distrairait de la perte du bébé. Nous aimerions en discuter avec elle ce soir mais je pense qu'elle souhaiterait que tu sois là donc nous nous sommes invités à dîner chez toi."

Edward grimaça, "Je me demandais pourquoi Maman avait amené tout ça ce matin. Quel genre de proposition?"

"Détends-toi, rien de mauvais, en fait je pense que ce serait une bonne chose de remettre Bella sur les rails. Voilà ce à quoi nous avons pensé…"

Pendant un moment Carlisle lui détailla le projet qu'ils avaient mis au point avec Esmée et bien qu'Edward ait des tonnes de questions il aimait bien cette idée.

Lorsqu'il eut finit, il regarda Edward, "Alors est-ce que tu penses que ça lui conviendra?"

Edward fit un grand sourire et il acquiesça, "Je pense qu'elle sera très excitée par tout ça. Bien sûr, je peux participer financièrement…"

Carlisle secoua la tête, "Non la seule chose que nous ne voulons pas c'est qu'elle voit ça comme de la charité. C'est une proposition d'affaire. Bella devra travailler très dur pendant les prochaines années si elle accepte."

"D'accord. Bon je suppose que nous nous verrons vers dix-huit heures trente," dit Edward.

Il se dirigea vers sa voiture et repartit. Il espérait que Bella ne pèterait pas un plomb à ce sujet. Il espérait qu'elle verrait les choses pour ce qu'elles étaient, une excellente occasion de commencer une nouvelle vie.

Ooo HS ooO

Esmée et Bella passèrent un moment à parler du week-end à New York. Elle raconta à Bella les restaurants où ils étaient allés, les musées, les spectacles. Aucune des deux ne parla de la grossesse de Bella ou de sa fausse-couche et bien qu'Esmée meure d'envie de le faire elle décida de laisser Bella aborder le problème elle-même.

Esmée insista pour leur préparer une collation tandis que Bella s'installait dans le canapé pour lire Little Woman.

Bella était assez inquiète de savoir ce qu'Esmée allait lui dire mais elle n'aborda pas le sujet.

Finalement Bella soupira, "Mme Esmée?"

"Oui, chérie?"

"Je suis désolée de vous avoir caché ça."

Esmée qui était en train de remplir la théière la regarda de là où elle était.

"Tu avais peur."

Bella hocha la tête.

"Et avouons-le, la confiance n'est pas ton point fort."

Bella en convint.

"J'aime à penser que tu l'aurais dit un jour, mais c'est un point discutable. A l'heure actuelle tout ce qui nous préoccupe Carlisle et moi c'est que tu ailles mieux."

Bella se mordit la lèvre avant de répondre, "Je voulais vous le dire mais Tyler, eh bien, il disait…"

"Que disait-il Bella?"

"Il disait que si les gens apprenaient que j'allais avoir un bébé, ils me le prendraient parce que des gens comme moi ne peuvent pas avoir de bébés, parce que je suis probablement une bonne à rien, bon… comme mes parents."

Esmée fut à ses côtés en un éclair, ses yeux lui brûlaient si intensément qu'il lui était difficile de la regarder mais Bella ne pouvait pas détourner ses yeux.

"Es-tu une droguée? Un dealer? Une criminelle? Une alcoolique? Es-tu violente? Ou cruelle? Es-tu malade?" Esmée la bombarda de questions rapides.

Bella secoua la tête avec insistance : "Non, non, non! Pourquoi me demandez-vous tout ça?" dit-elle en grinçant des dents et en s'éloignant d'Esmée.

Roscoe sortit de son panier et se plaça tout près de l'endroit où Bella était assise.

Esmée posa ses mains sur les épaules de Bella, "Oh Bella! Je veux que tu voies que tu es digne d'être une mère et qu'un jour, je n'ai aucun doute à ce sujet, tu seras une mère merveilleuse. Il faut que tu arrêtes de croire tous ces mensonges que les gens ont racontés sur toi au cours de ta vie. Il faut que tu réalises que tu es un être humain merveilleux qui a du potentiel pour accomplir de grandes choses — si tu le veux. Tu es maligne et drôle et intelligente, tu as juste besoin de commencer à croire en toi-même. Je suis désolée si je te bouscule, Bella, mais tu ne te vois pas du tout clairement!" dit-elle alors que Bella essuyait ses larmes.

Roscoe gémit, lui demandant si elle allait bien et sans y penser Bella tendit sa main et caressa doucement sa fourrure noire entre ses oreilles.

Roscoe maintint le contact avec Bella et après un moment il se coucha après avoir lancé un regard de reproche à Esmée.

Après que Bella eut bu son thé, elle demanda à Esmée de lui montrer le travail qu'il fallait qu'elle fasse. Esmée lui montra les données qui devaient être transférées sur le nouveau programme de stock et Esmée fut ravie que Bella apprenne aussi vite.

Une heure après, Esmée s'aperçut que Bella était mal à l'aise d'être restée assise depuis trop longtemps et elle lui suggéra de faire une sieste.

Bella était fatiguée après toutes les révélations de cette matinée. Elle monta rapidement à l'étage et retira sa robe. Après un moment elle trouva la vieille chemise d'Edward et elle l'enfila sur ses seins et enleva sa culotte.

Elle tira les rideaux et après avoir utilisé la salle de bains, elle prit la moitié de l'un de ses comprimés pour la douleur et grimpa dans le lit entre les coussins moelleux.

Elle savait qu'Esmée voulait bien faire et elle voulait désespérément la croire, mais — pouvait-elle? Bella entendit un bruit et releva les yeux pour voir Roscoe reprendre sa place devant sa porte. Mais au lieu de se coucher, il resta debout et la regarda dans l'expectative.

"Je suis bien, mon gars. Ça va aller," lui dit-elle à voix basse et comme s'il avait compris il reprit sa place devant sa porte.

Bella se tourna et regarda le plafond. Elle avait beaucoup de choses à penser.

Peut-être que les choses qu'elle était habituée à croire sur elle-même étaient fausses.

Elle n'était pas stupide comme les Rawlings et Tyler avaient l'habitude de lui dire.

Elle n'était pas 'bonne à rien'.

Elle n'était pas mauvaise ni "ratée".

Elle méritait d'avoir une famille à elle — des gens qui prendraient soin d'elle, et qui pourraient peut-être l'aimer un jour.

Elle ferma les yeux et prit l'oreiller qu'utilisait Edward. Bien qu'il n'ait plus son odeur depuis un moment, il la faisait se sentir en sécurité.

Peut-être que ça irait après tout…

Ooo HS ooO

Lorsqu'Edward rentra chez lui, il trouva sa mère en train de tricoter sur le canapé. Bella n'était nulle part.

"Hey M'am, où est Bella?"

"Elle était fatiguée après notre matinée et je l'ai envoyée s'allonger."

Edward sourcilla et fit un pas pour aller vers l'escalier mais Esmée l'arrêta, "Détends-toi 'papa ours', elle va bien! Viens là et assieds-toi avec moi." Elle tapota la place à côté d'elle et Edward s'assit et tripota la jolie laine rose, verte, jaune et bleue.

"C'est à cette époque que la laine est de retour?" demanda-t-il en souriant.

Esmée hocha la tête. Depuis qu'elle avait appris à tricoter, quand elle avait sept ans, elle le faisait ou alors crochetait des bonnets, écharpes, gants, pulls ou couvertures pour les membres de la famille et les amis. Elle faisait également partie d'une association de tricotage et de couture qui vendait sa production à l'assemblée annuelle de Thanksgiving et de Noël qui avait lieu chaque année à la mairie.

"Ce sont les nouvelles couleurs préférées d'Emma et elles s'accordent parfaitement avec ses nouvelles bottes de pluie et son imperméable."

Edward étira ses jambes et s'affala sur son siège, "As-tu bien dormi mon chéri?"

Il hocha la tête, "Ouais mais je suis juste inquiet pour elle tu sais?"

Esmée sourit et elle posa son tricotage et prit ses joues en coupe dans ses mains, "Tu es réellement un bon ami et Bella est heureuse de t'avoir mais elle va bien. Tu n'as pas besoin de la séquestrer Edward. Elle ne va pas se briser. Elle est plus forte que ce que tu crois."

"Je sais qu'elle l'est, M'am, mais je ne voudrais pas que quelqu'un d'autre la blesse, tu sais? Elle l'a assez été dans sa putain de vie et je ne laisserai personne profiter d'elle de nouveau!"

Esmée fronça les sourcils, "Surveille ton langage."

"Désolé, mais c'est vrai."

"Je le sais chéri, mais si tu parles de nouveau comme ça je laverais ta bouche avec du savon!" dit-elle en poussant la tête d'Edward contre son épaule.

"Maman, j'ai presque vingt-huit ans."

"Humm, est-ce que j'ai l'air de plaisanter?"

Edward grogna, "Les règles de May-May, je sais."

Il ferma les yeux et sa mère se remit à tricoter, mais ensuite il entendit un bruit bizarre à l'étage.

Il se leva sans bruit et monta l'escalier.

Ooo HS ooO

Bella se réveilla et se sentit fraîche et reposée et prête à travailler un peu cet après-midi.

Elle se lava le visage et se brossa les cheveux et les dents et remit sa robe.

Elle pensait entendre la voix d'Edward en bas et elle sourit alors que son cœur battait plus vite.

Elle passa à côté de Roscoe et commença à descendre lorsqu'elle entendit Edward.

"Ouais, mais je suis juste inquiet pour elle tu sais?"

Bella était sur le point de continuer à descendre mais elle se figea lorsqu'elle entendit la réponse d'Esmée. Elle resta dans l'escalier se demandant comment elle allait faire pour descendre dans la pièce principale sans qu'Esmée et Edward se doutent qu'elle avait écouté leur conversation.

Elle n'avait pas voulu écouter mais elle n'avait pas pu s'en empêcher.

"Tu es réellement un bon ami et Bella est heureuse de t'avoir mais elle va bien. Tu n'as pas besoin de la séquestrer Edward. Elle ne va pas se briser. Elle est plus forte que ce que tu crois."

"Je sais qu'elle l'est, M'am, mais je ne voudrais pas que quelqu'un d'autre la blesse, tu sais? Elle l'a assez été dans sa putain de vie et je ne laisserai personne profiter d'elle de nouveau!"

Bella sourit en entendant Edward lâcher la p- de bombe, elle avait une mauvaise influence sur lui, mais il était si mignon, putain, quand il jurait.

" Surveille ton langage."

"Désolé mais c'est vrai."

"Je le sais chéri, mais si tu parles de nouveau comme ça je laverai ta bouche avec du savon!"

"Maman, j'ai presque vingt-huit ans."

"Humm, est-ce que j'ai l'air de plaisanter?"

Edward grogna, "Les règles de May-May, je sais."

Bella mit sa main devant sa bouche pour étouffer ses rires et elle essaya de remonter l'escalier sans se faire remarquer.

Seulement Roscoe pensa qu'elle jouait à cache-cache, son jeu préféré après la chasse aux lapins.

Bella trébucha sur la dernière marche et Roscoe se laissa immédiatement tomber sur le sol avec sa tête sur ses pattes, comme pour dire "Je n'y suis pour rien!"

Bella rigola doucement en enlevant ses cheveux de son visage et elle s'assit sur le palier.

Elle entendit un raclement de gorge derrière elle, haleta et fixa ses pieds.

Edward était debout deux marches plus bas avec un bras replié sur son torse et un sourcil relevé. Il tapotait ses lèvres avec ses doigts.

"Alooors, que fais-tu Bella," demanda-t-il d'une voix chantante.

Bella pouvait voir qu'il retenait son rire et elle sentit elle aussi un rire apparaitre sur ses lèvres.

"Rien, Docteur Cullen," elle battit des cils dans l'espoir que ça le distrairait.

Edward grimaça et ses yeux pétillaient, "Aurais-tu quelque chose dans l'œil?"

Elle souffla et mit sa main sur sa bouche puis secoua la tête.

"Je pensais que Roscoe était sur les marches en train d'écouter aux portes parce que je sais que tu ne te faufilerais pas dans l'escalier pour espionner?" demanda-t-il en montant d'une autre marche.

Bella recula et se mit à pouffer de rire.

Edward s'accroupit, sa main serrée comme une griffe et il sourit en voyant Bella broncher. "Es-tu chatouilleuse, Bella Swan? Hein? Alors?"

Elle secoua la tête énergiquement : "Non, non je suis désolée, je ne voulais pas entendre que tu te faisais réprimander comme un enfant de cinq ans par ta maman!"

Les yeux d'Edward se rétrécirent, "Cinq ans? Tu vas voir ce qu'il va t'arriver lorsque cet enfant de cinq ans va te chatouiller jusqu'à ce que tu fasses pipi dans ta culotte!"

Tout d'un coup il y eut un aboiement d'avertissement derrière lui. Roscoe n'aimait pas entendre des éclats de voix. Il aboyait et se précipitait chaque fois qu'il y avait un match à la télévision et qu'Edward, trop pris par le jeu, se mettait à hurler. Edward se contint et se retourna pour rassurer son chien lorsque Bella l'étonna complètement en tendant sa main vers le chien pour lui caresser le dos.

Il posa doucement sa truffe sur sa peau alors qu'elle roucoulait, "Tout va bien mon gars. Tu sais bien qu'Edward ne me ferait jamais de mal! Idiot!" dit-elle affectueusement.

La mâchoire d'Edward se décrocha et Bella lui sourit, "Quoi?"

"Quoi, Quoi? Il y a deux semaines tu étais recroquevillée sur le sol, toute apeurée à cause du chien et maintenant tu le touches? Comment diable cela a-t-il pu arriver?" demanda-t-il ému.

Bella haussa les épaules, "Eh bien Roscoe et moi nous sommes surveillés ces derniers jours et puis j'ai lu des choses et je ne sais pas, il me fait penser à toi d'une certaine façon," dit-elle en sentant ses joues rougir.

Les sourcils d'Edward se soulevèrent, "Il te fait penser à moi - comment? Avons-nous la même haleine ou quoi?"

Bella secoua la tête en maugréant quelque chose.

"Pardon?" dit-il rapidement, il savait qu'elle était mal à l'aise quand il l'obligeait à exprimer ses sentiments mais il voulait avoir sa réponse.

Bella secoua la tête mais ne dit rien.

"Dis-moi, Bella."

Elle secoua la tête maintenant énervée - ne pouvait-il pas juste laisser tomber?

"Ça va faire enfler ton ego encore plus, mais il me fait me sentir en sécurité comme toi tu le fais, d'accord? Tu es content maintenant? Et tu vas pouvoir utiliser ça contre moi!"

Terminée l'ambiance ludique qui prédominait quelques instants avant, Bella fixait Edward en se disant qu'il lui permettait de se sentir en sécurité.

Edward plissa les yeux tout en l'observant, elle lui en voulait vraiment de la faire se sentir en sécurité! Elle s'en voulait de changer. Elle dégelait petit à petit, devenant humaine au lieu du robot dont le cerveau avait été lavé et elle lui en voulait à cause de ça!

Cette prise de conscience donna presque le vertige à Edward mais il chassa rapidement ce sentiment et il laissa la colère l'envahir. C'est quoi ce bordel? Il était gentil avec elle et elle piquait une colère contre lui putain? "Quoi qu'il en soit Bella le déjeuner sera prêt dans dix minutes. Tu voudras bien descendre?" dit-il froidement.

Bella tressaillit à son ton hostile, elle savait que c'était de sa faute car elle le poussait trop loin mais elle n'osa pas lui présenter ses excuses. Elle était tellement effrayée par les sentiments que le seul fait d'être chez lui provoquait. Etre si proche d'Edward lui faisait ressentir des choses qu'elle ne connaissait pas et c'était terrifiant.

"Hum, non merci, je n'ai vraiment pas faim maintenant, je pense que je vais me doucher et lire un peu ici."

"Comme tu veux," dit-il sans la regarder. "Tu sais, tes sautes d'humeur me donnent le tournis."

Edward fit claquer ses doigts et Roscoe jeta un coup d'œil de reproche à Bella en suivant son maître en bas.

"Génial, ils sont en colère tous les deux maintenant! Tu sais vraiment comment tout foutre en l'air, n'est-ce pas Bella?" murmura-t-elle pour elle-même.

Ce qu'elle avait dit à Edward était la vérité ; il la faisait se sentir en sécurité. Mais elle était effrayée de laisser tomber sa garde de nouveau, elle allait finir seule et dans la misère et elle ne savait pas si elle pourrait le supporter de nouveau.

Plus maintenant.

Elle aimait bien avoir un endroit qu'elle puisse appeler 'maison' même si ce n'était qu'une chambre d'ouvrier dans un hangar. Elle aimait bien marcher dans la rue et que les gens la saluent en l'appelant par son prénom. Elle aimait bien avoir un travail et y aller tous les jours et savoir qu'elle allait être payée pour cela. Elle aimait bien avoir des amis et des gens à qui elle pourrait manquer.

Elle aimait avoir Edward à la maison avec elle. Elle aimait partager son espace avec lui.

Un petit moment plus tard on toqua à sa porte et elle sentit son cœur battre plus vite.

Elle leva les yeux avec un sourire d'anticipation mais en voyant Esmée entrer avec un plateau entre les mains, elle fut déçue.

Celle-ci lui fit un sourire d'excuse, "Je sais que je ne suis pas la personne que tu désirais voir mais il voulait être sûr que tu aies mangé quelque chose."

Bella était trop malheureuse pour réfuter ce qu'Esmée venait de dire. Au lieu de çà elle se tourna vers la fenêtre.

"Je ne suis pas une bonne amie. Nous ne pouvons pas être amis. Edward avait raison la première fois. Nous ne pouvons pas être amis," dit-elle à voix basse.

Esmée soupira. Elle posa le plateau et contourna la table pour s'asseoir à côté de Bella, sur le siège de la fenêtre.

"Bella je ne vais pas faire semblant de ne pas m'inquiéter au sujet de l'amitié que vous avez initiée avec mon fils. Ce qui me préoccupe c'est que vous devriez y aller doucement et lui laisser une chance de se développer pour être ce qu'elle doit devenir. Il s'inquiète pour toi Bella. Et je pense que tu t'inquiètes pour lui."

Bella se retourna et regarda Esmée avec ses yeux marron troublés. Esmée vit l'éclat de larmes contenues dans ses yeux et elle prit gentiment la joue de Bella. "Quand tu apprécies quelqu'un, il faut que … tu modères tes propos, tu comprends? Il faut faire très attention à ce que tu dis et comment tu le dis parce que l'autre personne, ton ami, peut être blessé par ce que tu lui dis."

Bella fronça les sourcils, "Alors je dois mentir?"

Esmée secoua la tête, "Non! Il ne faut jamais mentir à ses amis mais tu peux 'dire la vérité avec amour'. La Bible parle de ça. Dire la vérité avec amour signifie dire la vérité mais d'une façon qui ne soit pas méchante ou blessante et même si ce que tu dis à quelqu'un peut le blesser, tu dois le faire de manière douce et aimante. Comprends-tu ce que j'essaie de dire?"

Bella hocha la tête, "C'est pour cela que je ne suis pas une bonne amie, Esmée, je continue juste à pu- euh, à tout gâcher! Et puis je finirais par lui présenter mes excuses! Il ne peut probablement plus attendre pour se débarrasser de moi! " Elle soupira et regarda ses mains qui étaient sur ses genoux.

Esmée releva les yeux et sourit lorsqu'elle vit qu'Edward était dans l'embrasure de la porte, "Bon il est temps que j'y aille, Bree va bientôt rentrer. Nous nous voyons ce soir, Edward a été très gentil et nous a invités à dîner, Carlisle et moi."

La tête de Bella se redressa lorsqu'elle entendit la petite toux d'Edward.

Depuis combien de temps était-il là? pensa-t-elle alors que ses joues rougissaient. Elle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle en avait oublié le repas et qu'elle ne fit qu'à moitié attention lorsqu'Esmée se pencha et embrassa sa joue. "Cesse de t'inquiéter Bella ou tu vas avoir des rides prématurément!"

Elle se dirigea ensuite vers Edward et elle tapota sa joue, "Laisse-lui du temps, chéri," dit-elle doucement.

Il lui fit un signe de tête rapide. "Je vais le faire Ma."

"Bon garçon, nous nous verrons plus tard. J'y vais."

Edward remarqua à peine qu'elle les avait laissés, il était bien trop occupé à regarder le dessus de la tête de Bella.

"Y a-t-il une place pour moi, là?"

Elle le regarda et hocha la tête coupable, "S'il te plait."

"Je reviens tout de suite," dit-il et il tourna les talons et partit rapidement chercher son repas et deux bouteilles d'eau en bas.

Lorsqu'il revint, Bella tortillait nerveusement ses cheveux autour de l'un de ses doigts et elle mordait sa lèvre inférieure.

Edward posa son assiette de sandwiches et de fruits sur la table et même s'il avait été tenté de s'asseoir à coté d'elle, il se mit en face.

Bella le regarda à travers ses cils, hésitante.

Il lui fit un gentil sourire avant de pousser l'assiette vers elle, "Allez mange, j'ai passé six bonnes minutes à préparer ce repas!" dit-il sur un ton léger.

Enfin elle sourit et prit l'un des sandwiches. "Ça parait bon, qu'y a-t-il là dedans?"

"Eh bien de la salade de poulet avec des tranches de pêches fraiches et de la sauce à la pomme."

"Des pêches et de la compote?" dit Bella sceptique.

"Oh, allez, goûte-le! La sauce à la pomme est l'une des plus belles inventions de l'univers! Je pourrais en manger des quantités phénoménales."

"Vraiment? Et qu'aimes-tu manger d'autre?"

Edward accepta la perche que Bella lui tendait et pendant le reste du repas ils parlèrent de leurs plats préférés, films, livres, tout sauf de ce qu'il s'était passé plus tôt.

Après manger Edward suggéra qu'ils aillent faire un tour au parc avec Roscoe, sous réserve que Bella se ménage.

Elle attacha ses cheveux en une queue de cheval basse et elle mit ses tongs avant de retrouver Edward à la porte d'entrée.

Il avait passé un pantacourt et un T-shirt vert pâle qui faisait ressortir ses yeux.

Roscoe gémissait près de la porte, mais il s'assit aussitôt que Bella descendit l'escalier.

"Bon garçon!" dirent-ils en même temps et ils se mirent à rire.

Edward s'assura de tenir Roscoe de la main gauche et il tendit son bras droit à Bella, "Y allons-nous?"

Bella accrocha son bras au sien et se sourit à elle-même.

Ils marchèrent en silence pendant un moment sur un chemin ombragé. Il laissa aller Roscoe qui se précipita pour courir en tous sens.

Edward les amena près d'un banc qui donnait sur un grand 'bassin'.

"C'est vraiment très tranquille ici," dit Bella doucement.

Edward acquiesça, "C'est un endroit agréable pour vivre."

"Est-ce que la vie en ville te manque?" demanda-t-elle.

Edward haussa les épaules : "Pas vraiment, je veux dire New York est à seulement quatre heures et demie d'ici et Boston à deux heures et demie, Hartford est vraiment très près si nous voulons aller voir un spectacle ou tout simplement partir pour un week-end, nous le pouvons." Il glissa sur son siège en la regardant, "Et toi? Y a-t-il quelque chose qui te manque de la vie en ville?"

Elle secoua la tête avec véhémence, "Non rien du tout. Dormir dans ma voiture malodorante avec une sensation de claustrophobie parce que je suis trop inquiète pour laisser la vitre ouverte, ne me manque pas. La mauvaise odeur des poubelles dans la rue ne me manque pas non plus. Les drogués, les alcoolos et la chair de poule qui se cachent derrière chaque porte cochère ne me manquent pas non plus. Me cacher des flics - au cas où ils voudraient me renvoyer - ne me manque pas. Avoir faim et me laver dans les toilettes publiques ne me manque pas. Me battre pour avoir une place comme plongeur dans un restaurant, pas davantage. Non rien de tout ça ne me manque et je suis vraiment heureuse d'avoir rencontré Billy!" La main gauche de Bella qui était posée sur le banc entre eux se déplaça pour atteindre et couvrir celle d'Edward qui était sur sa jambe, son bras gauche reposant derrière elle.

Il retourna sa main silencieusement et passa ses doigts entre les siens plus petits, jusqu'à ce qu'il lui tienne fermement la main. Edward tira leurs mains jointes vers lui et Bella se déplaça sur le banc jusqu'à ce qu'ils se touchent des bras jusqu'aux genoux. Il porta ses mains à ses lèvres et embrassa ses doigts jusqu'à ce qu'il pose leurs mains sur son ventre plat.

"Je suis heureux aussi que tu aies rencontré Billy. Je suis très heureux que tu sois ici, Bella. Toute amitié a des aspérités. C'est comme une crise de croissance - quelquefois ça fait mal mais ça rend plus fort."

Bella sourit en laissant reposer sa tête contre son épaule, "Merci d'être mon ami et de me supporter Edward," murmura-t-elle.

Il posa sa joue dans ses cheveux doux et parfumés, "Eh bien de rien, amour."

Ils restèrent assis dans un silence confortable pendant un moment alors qu'Edward fredonnait un air que Bella ne reconnut pas.

"C'est joli," dit-elle.

Edward sourit contre ses cheveux. "Ça me fait penser à toi," fut tout ce qu'il dit.

Ooo HS ooO

Bella insista pour aider Edward à préparer le dîner. Comme c'était un jour parfait d'été Edward décida de préparer du saumon grillé et des courgettes avec de la sauce aux poivrons rouges. En accompagnement il choisit des pommes de terre rôties avec du maïs et des haricots en salade. Bella avait préparé les deux accompagnements ainsi que le pichet de thé aux baies qui étaient en train de refroidir au frigo. Il fut patient avec Bella et la complimenta sans être condescendant. Ensuite ils allèrent à l'étage pour prendre une douche.

Elle se doucha et s'habilla avec de nouveaux sous-vêtements qui étaient en dentelle jaune pâle. Elle déballa le short en lin qu'elle avait acheté à la boutique d'Alice qu'elle assortit à un débardeur crème. Elle enfila ses tongs et se posta devant la fenêtre ouverte pour faire sécher ses cheveux à l'air en les démêlant avec ses doigts.

Quand il fut prêt Edward frappa à sa porte. Il alluma le feu pendant que Bella insista pour installer la table dehors.

Carlisle et Esmée arrivèrent pile à l'heure. Bella et Esmée amenèrent les plats d'accompagnement et les boissons et Bella devint toute rouge lorsqu'on la complimenta pour sa participation. Pour le dessert Esmée avait apporté de la crème glacée qui serait servie avec un beurre de cacahuète et sauce au chocolat, le tout fait maison.

Après le repas, Esmée et Edward insistèrent pour débarrasser et nettoyer la cuisine, pendant que Carlisle et Bella allaient s'asseoir au salon. Bella n'avait fait qu'entrevoir cette pièce, elle n'y était jamais entrée. Elle l'aimait bien, elle occupait la moitié du rez-de-chaussée avec une ambiance campagnarde à la française. C'était informel, un style à l'ancienne et les murs jaune pâle ajoutaient une sensation joyeuse à ce grand espace.

Cette pièce était très accueillante et Bella s'installa avec inquiétude sur un fauteuil rembourré tandis que Carlisle prit place dans le grand canapé.

"Comment te sens-tu maintenant Bella?"

Bella déglutit, "Mieux, merci."

Elle essaya de trouver quelque chose à dire mais elle était trop nerveuse et sa tête était complètement vide.

Carlisle lui sourit gentiment avant de commencer à lui poser des questions sur ses projets - que voulait-elle faire si elle obtenait son diplôme de fin d'études? Voulait-elle l'obtenir? Est-ce qu'étudier lui plaisait? Aimait-elle interagir avec les autres élèves? Avait-elle fait partie d'associations?

Bella se demandait où toutes ces questions allaient les mener et elle soupira de soulagement lorsqu'Edward et Esmée se joignirent à eux.

Edward put voir que les nerfs de Bella étaient à fleur de peau quand elle se releva d'un bond et lui prit presque violemment le plateau des mains dans son empressement à se rapprocher de lui. Il fixa son père. Il les avait prévenus, au téléphone tout à l'heure, de ne pas être trop enthousiastes.

Il posa le plateau sur la petite table et ramena Bella près de lui. Il s'assit dans le canapé à deux places et elle s'assit si près de lui qu'elle était presque sur ses genoux.

Esmée versa du café bien que ni Edward ni Bella n'en prennent. Le regard de Bella se dirigea vers Carlisle et Esmée avant de se tourner vers Edward.

"Que se passe-t-il?" demanda-t-elle en léchant ses lèvres sèches.

Edward laissa échapper un gros soupir de frustration. "Il ne se passe rien de mauvais, je te le promets, mais mes parents veulent te parler, sauf qu'aucun d'eux ne peut garder un visage impassible c'est pour cela qu'ils ont l'air si coupables. Il faut que tu les écoutes, amour. Garde juste l'esprit ouvert, d'accord?"

Elle le regarda pendant que son cœur se mit à cogner inconfortablement. Elle savait qu'elle allait avoir une crise de panique et sa main chercha celle d'Edward. Ses doigts se fermèrent étroitement sur les siens et elle prit une profonde inspiration. "D'accord."

Il la fixa. "Et tu ne dois pas perdre ton sang-froid avant d'entendre tout ce qu'ils ont à dire. Est-ce que tu me le promets?"

Cette fois Bella hocha la tête doucement et elle regarda vers l'endroit où Esmée et Carlisle étaient assis. "D'accord, mais il faut que je vous parle de ma grossesse en premier, s'il vous plait."

Personne ne dit rien et Bella raconta à nouveau son histoire à Carlisle et Esmée. Les yeux de Carlisle devinrent noirs lorsqu'elle dit qu'elle n'en voulait pas à Tyler d'être parti en courant, lui le faisait certainement ainsi qu'Edward dont l'expression condamnait la stupidité du petit merdeux!…

Lorsqu'elle eut terminé de raconter son histoire elle les regarda l'un après l'autre. "Je suis désolée de vous avoir menti, ou de ne vous l'avoir pas dit mais maintenant vous savez pourquoi je l'ai fait. Je promets que je ne vous cache rien d'autre. Maintenant vous savez tout."

Elle s'appuya pesamment contre Edward en prenant une profonde inspiration.

Carlisle s'éclaircit la gorge et Bella s'aperçut subitement qu'elle tenait toujours la main d'Edward. Elle sentit ses joues rougir et elle la lâcha et s'éloigna de lui.

Edward sourcilla mais ne dit rien.

"Allez papa vas-y," l'incita-t-il.

"Bella, je suis désolé que cette chose terrible te soit arrivée et quoique tu en penses nous n'allons pas te juger. En peu de temps nous avons appris à te connaitre. Nous pensons que tu es une jeune fille remarquable et que tu as un énorme potentiel pour faire quelque chose de ta vie et nous aimerions t'aider à développer tes possibilités. Voilà ce que nous aimerions te proposer : nous voudrions payer pour tes études afin que tu obtiennes ton GED (NdT: General Education Development. Il s'agit de tests concernant les cinq matières principales qui certifient que la personne qui les obtient est apte à poursuivre des études supérieures)

"Tu pourras étudier à la maison avec internet pour passer les tests et il y en a tous les mois à partir de novembre jusqu'en mars. Nous paierons pour que tu puisses aller à l'université et obtienne le diplôme que tu souhaites. Pendant que tu feras tout ça tu pourras vivre dans le loft qui est situé au-dessus du garage - il est complètement aménagé et comprend une salle de bain, une chambre et une petite cuisine et un salon. Ce que nous attendons de toi c'est que tu fasses de ton mieux à l'école, obtiennes de bonnes notes et puis tu pourras continuer à travailler à Best of Blue jusqu'à l'obtention de ton diplôme. Si tu décides d'abandonner ou si pour une raison quelconque tu échoues et que tu ne viennes pas vers nous pour trouver de l'aide, l'accord n'aura plus cours et nous attendrons que tu nous rembourses tout ce que nous avons payé jusque là. Nous paierons tes frais de scolarité, les livres et tout ce dont tu auras besoin pour l'école."

Hein? Bella était complètement abasourdie.

Elle eut tout à coup conscience que ses poumons allaient exploser, elle souffla pour laisser échapper l'air qu'ils contenaient. Elle fixait Carlisle comme si deux têtes étaient en train de lui pousser.

Il lui tendit un dépliant et comme elle ne le prenait pas, il le fit passer à Edward. "Il y a là toutes les informations qu'il te faut pour pouvoir passer ton GED. Ça va prendre quelques mois pour que tu sois prête mais il y a là des informations sur tout ce que tu peux trouver en ligne comme cours pour te préparer. Bien sûr nous t'aiderons."

Dire… Quoi?

La voix d'Edward atteignit sa conscience, "… Bella? Est-ce que tu vas bien amour?"

"Hein?" elle tourna la tête si rapidement qu'elle eut le vertige, "Je suis désolée, qu'as-tu dit?"

Il la regardait, l'inquiétude plaquée sur son beau visage. "Est-ce que tu es d'accord?"

Bella l'ignora et elle se leva d'un seul coup. "J'ai besoin d'eau," put-elle dire avant de traverser la grande pièce. Roscoe leva la tête et regarda sa nouvelle amie alors qu'elle ouvrait le robinet pour remplir un verre d'eau.

"Bella?"

Elle haleta en laissant tomber le verre et se retourna pour faire face à Edward qui se tenait dans l'embrasure de la porte.

"Pourquoi?" Sa voix était rauque et forte.

"Pourquoi quoi?" demanda-t-il perplexe.

Bella ressentait tellement d'émotions en conflit que c'est son mécanisme de défense, la colère, qui l'emporta.

Elle fixa Edward, "Putain, pourquoi putain veulent-ils m'aider? Pourquoi essaient-ils de m'acheter? Que vont-ils en retirer?" Elle crachait les mots vers lui comme des fléchettes empoisonnées.

Au lieu de s'emporter lui aussi, il décida de rester calme : "Pourquoi tu ne leur demanderais pas? De quoi as-tu peur ici Bella?"

Elle renifla.

"Putain qui a dit que j'avais peur?" grogna-t-elle.

Tout à coup, la lutte et la bravade s'éloignèrent d'elle alors que ses yeux vert émeraude la brûlaient presque.

C'était Edward - son ami, son seul véritable ami et elle continua avec une toute petite voix, "Edward, et si j'échoue? Et si je ne peux pas le faire? Et si quelqu'un s'aperçoit que je suis réellement stupide? Alors quoi? C'est trop… Je ne peux pas…" Elle fit demi-tour et fixa sans le voir, le jardin dans l'obscurité à travers la fenêtre de la cuisine.

Elle sentit sa présence mais elle resta dos à la cuisine et elle parla à nouveau. "Edward, personne ne s'est jamais occupé de moi. Personne n'a jamais voulu m'aider. Bon il y avait bien un professeur à l'école mais Simon s'est occupé de ça! Mon assistante sociale, mais elle faisait juste son travail et ça lui était égal de savoir si j'étais heureuse ou autre chose. Elle s'assurait que je sois vivante et que j'ai un endroit où rester. Je ne comprends pas pourquoi! Pourquoi voudraient-ils faire ça pour moi? J'attire les ennuis, d'abord toi puis maintenant eux … je ne comprends pas - que voyez-vous en moi?" Sa voix fut ponctuée d'un sanglot.

Il y eut un moment de silence puis une voix très douce lui répondit. "Bella Swan, je pense que tu es très spéciale. Je pense que tu es courageuse, gentille, drôle et intelligente. Je pense que tu peux faire quelque chose et je veux participer à cela. Je sais que je ne serai jamais ta mère mais j'aimerai beaucoup être ton amie. Carlisle et moi t'aimons comme si tu étais l'une des nôtres." La voix d'Esmée était juste un peu plus qu'un murmure.

Bella fit demi-tour et elle vit que Carlisle et Esmée se tenaient derrière Edward.

"Bella nous ne nous connaissons pas très bien, mais ce que je connais m'intrigue. L'autre soir, ma fille est rentrée à la maison et m'a raconté la conversation qu'elle avait eue avec toi le jeudi soir. Esmée et moi te sommes très reconnaissants d'avoir demandé à Bree de nous parler de Riley et de ce qui se passait dans sa vie. Je vois bien la façon dont tu t'occupes de nos petits-enfants. Tu es gentille et j'apprécie ton esprit vif et ton intelligence intuitive. Je ne sais pas qui t'a dit tous ces mensonges sur toi-même, mais je peux t'assurer que tu n'es pas stupide. J'aimerais t'aider à atteindre tes objectifs dans la vie et ce serait un privilège si tu nous laissais t'aider. Tu fais partie de la famille maintenant, que tu le veuilles ou non."

Lorsqu'enfin Carlisle arrêta de parler, Bella essuya les larmes qui coulaient silencieusement sur ses joues.

Ses yeux cherchèrent ceux d'Edward et ce qu'elle y vit lui fit peur et la rendit heureuse.

Son sourire était presque triste : "Je ne cherchais pas un - ami lorsque je t'ai rencontré. Je n'ai même jamais voulu ça de toi mais il y a tant de choses que j'apprécie en toi et il y a encore tellement plus de choses que je veux apprendre. Certaines raisons sont égoïstes comme par exemple le fait que je ne veux pas que tu quittes Hope Springs. Je veux que tu restes ici. Je veux te voir grandir et je veux être auprès de toi quand finalement tu deviendras cette personne qui se cache derrière cette carapace. S'il te plait essaie juste d'y penser?"

Ils se fixèrent un long moment communiquant silencieusement jusqu'à ce qu'ils commencent à se sourire l'un à l'autre.

"Ouais?" demanda-t-il en faisant un pas en avant.

Elle mordit sa lèvre et regarda vers Carlisle et Esmée avant que ses yeux ne reviennent sur Edward. " Est-ce que tu promets de m'aider?"

Un autre pas.

"Oui."

"Est-ce que tu promets de rester mon ami?" lui demanda-t-elle.

Les yeux d'Edward brillèrent. "Ton meilleur ami, en mieux."

Bella prit une profonde inspiration, "D'accord, oui." Edward la tira dans ses bras et elle lâcha un grand éclat de rire alors qu'il la faisait tournoyer dans la cuisine avant de la remettre sur ses pieds.

Elle tituba un moment avant de se diriger vers l'endroit où se tenaient Carlisle et Esmée. Cette dernière pleurait sans honte et même Carlisle était ému.

"J'aimerais retourner à l'école, mais je veux vraiment savoir combien ça coûte parce que je ne sais pas ni quand ni comment mais je vous rembourserai chaque centime," dit-elle alors qu'elle était dans les bras de Carlisle et d'Esmée, puis après un moment elle sentit le bras d'Edward se refermer sur son épaule.

Elle rit alors qu'au même moment une pensée la frappait : Bella Swan allait retourner à l'école!


Merci d'avoir lu et à la semaine prochaine!