Hope Springs appartient à justginger

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CHAPITRE 12

REVELATIONS ET ADIEUX

Les yeux de Bella s'écarquillèrent et sa bouche resta ouverte lorsqu'elle vit le poupon qu'Emmett tenait dans ses grandes mains. Elle cligna des yeux alors que sa vision se troublait de larmes contenues. "Charlie…" murmura-t-elle si doucement que seul Edward l'entendit parce qu'ils s'étaient rapprochés.

"Charlie?" dit Edward.

Elle acquiesça avec un faible sourire en chassant les larmes de ses joues. "Ouais, c'est mon euh, mon poupon Charlie. Je l'avais perdu, bon on me l'a pris juste quand je suis arrivée à la maison d'accueil, je pense. Je me souviens de la jeune fille qui me l'a pris. " Ses yeux plein de larmes regardèrent Emmett. "Où et comment as-tu pu le trouver? Je pensais qu'il était cassé." Elle regarda le poupon crasseux avec tant de nostalgie et de tristesse qu'Emmett dut ravaler la boule dans sa gorge pour continuer à parler.

"Alors mon contact à trouvé 'Charlie' là-bas dans une boîte dans le sous-sol de la Maison des Enfants de Phoenix. Il semblerait que tu étais l'un des cas les plus tristes qui soit passé entre les mailles du filet de l'administration des enfants, que ce soit le Département d'aide à l'Enfance (Départment of Children and Families) ou la fondation d'Arizona pour les veuves et les orphelins et plusieurs autres organismes et ministères, Bella. Mais je vais trop vite. Est-ce que tu le veux?" lui demanda-t-il en lui tendant Charlie.

Sa main tremblait alors qu'elle la tendait et quand ses doigts se refermèrent sur le bras du poupon ses larmes tombaient sans relâche.

"Charlie … tu m'as manqué…" murmura-t-elle en caressant tendrement la joue rose du poupon tandis que Rosalie se leva sans bruit pour aller chercher deux boîtes de mouchoirs qu'elle remit à Esmée et à Edward.

Elle toucha le corps doux et les vêtements d'origine du poupon qui étaient bleus, sales et poussiéreux puis elle leva les yeux vers Edward. "Je l'ai appelé Charlie comme mon père, je pense."

Edward hocha la tête mais ne dit rien.

Finalement elle regarda Emmett. "Y-a-t-il autre chose?"

Il sourit tristement. " Beaucoup plus, Bells. Ton père était policier ; en fait il était le Chef de Police Charles Basil Swan, qui a été transféré d'une petite ville appelée Forks, état de Washington, qui est l'endroit où tu es née. Ta mère, Renée Marie Swan, est décédée dans un accident de voiture juste un mois après ta naissance. Elle revenait à la maison après être allée au médecin et elle a dérapé sur une plaque de verglas. Charlie qui était le chef de police a fait du mieux possible pour t'élever. Lorsque tu as eu trois ans, on lui proposa un poste à Phoenix. Le salaire était meilleur, le climat aussi et d'après ce que j'ai appris Charlie ne s'est vraiment jamais remis de la perte de ta mère, alors il a tout préparé et vous avez déménagé à Phoenix, en Arizona."

Bella ne s'était pas aperçue qu'elle avait bougé, mais quand Emmett fit une pause, elle se rendit compte qu'elle était presque sur les genoux. Peu lui importait ; elle serrait juste la main chaude qu'Edward avait posée sur son ventre un peu plus fort, pendant qu'Emmett continuait.

"Malheureusement, juste après ton quatrième anniversaire, d'ailleurs, c'est à ce moment que tu as reçu le poupon Charlie, d'après les deux hommes que j'aie retrouvés et qui étaient de bons amis de ton père. Quoi qu'il en soit Charlie Swan a été tué dans l'exercice de ses fonctions. Un fou a été arrêté après avoir battu sa femme et pendant qu'il était transféré vers une cellule il arracha l'arme d'un des officiers, ton père est intervenu pour tenter de désamorcer la situation et il a été abattu de deux balles à bout portant. Il est mort sur le coup."

Emmett s'arrêta lorsqu'Esmée et Alice, le souffle coupé quittèrent rapidement la pièce. Edward regarda la merveilleuse femme qu'il tenait dans ses bras. Elle fixait le poupon qu'elle avait dans les mains. Ses doigts étaient blancs et elle était raide dans les bras d'Edward.

"Bella est-ce que tu es d'accord pour continuer?" demanda-t-il.

Pendant un instant il crut qu'elle n'allait pas lui répondre jusqu'à ce qu'elle lève les yeux vers lui sans vraiment le voir. " Sais-tu pourquoi je l'ai appelé Charlie? Je l'ai appelé comme ça parce que mon père n'a pas pu trouver de poupée pour mon anniversaire. Il n'y en avait plus, elles avaient toutes été vendues, c'est pour ça qu'il a acheté celui-là pour moi et il m'a dit que j'étais spéciale parce que moi j'avais un "poupon", alors que tous les autres avaient une poupée," chuchota-t-elle.

Elle cligna des yeux et sa vue s'éclaircit. "Je me souviens! On mon dieu Edward, je me souviens de ça! Je me souviens de lui, Charlie, l'homme qui est sur ma photo - je peux le voir, il était si grand et sa main paraissait très grande et chaude dans la mienne - il avait l'habitude de me chatouiller avec sa moustache quand il me faisait des bisous et il me faisait grimper sur ses épaules! Oh mon Dieu Edward, tu comprends ce que ça veut dire Edward? " Elle n'attendit pas la réponse et se leva se mettant à marcher de long en large, loin de lui, oubliant complètement que toute la famille était assise face à elle.

"Quoi mon cœur?" dit-il en lui souriant. Il ne pouvait pas arrêter de penser qu'elle était belle, même rouge avec le nez gonflé et qui coule.

Elle n'essayait même pas d'endiguer le flot de ses larmes, elle se tourna vers lui rayonnante. "Ils ne voulaient pas me jeter comme un déchet sans valeur - mes parents - ils me voulaient, ils ne sont pas partis parce qu'ils ne m'aimaient pas mais ils m'ont laissée parce qu'ils n'avaient pas le choix!"

Edward se leva et lui tendit la main. " Tu n'as jamais été un déchet sans valeur Bella. Je te l'ai déjà dit tu te souviens?"

Elle hocha la tête et elle essaya d'essuyer l'humidité de son visage. "Tu l'as fait. J'avais peur de le croire, parce que les Rawlings nous rabâchaient sans cesse cette putain de merde, désolée, tous les jours, mais ils me mentaient — ils nous mentaient probablement à tous!" Bella finit en grognant et ils se retournèrent tous en entendant un grondement sourd résonner de l'autre côté de la pièce.

Le visage d'Emmett était noir de colère alors qu'il ricanait. "Aargh oui les Rawlings, je vais vous en parler mais d'abord nous allons parler de ton séjour en foyer."

Bella se rassit près d'Edward de nouveau et elle prit sa main sans attendre une seconde en hochant la tête à Emmett.

"Les services à l'enfance ont essayé de trouver d'autres parents, mais comme ils n'en trouvaient pas tu as été placée dans un foyer. Malheureusement tu n'as pas été recueillie ou adoptée jusqu'à ce que tu aies quatorze ans. Les Rawlings accueillaient des enfants depuis un certain temps et lorsqu'ils t'ont vue ils se sont débrouillés pour que tu ailles avec eux. Bella je ne vais pas entrer dans les détails maintenant, cette histoire c'est à toi de la raconter mais ce je peux dire c'est que tu as été gravement maltraitée par eux deux, avec une vingtaine d'autres enfants au fil des ans. Je vais te dire que Simon et sa femme ont été placés en détention et qu'ils ne verront plus la lumière du jour pour un certain nombre d'années. Tous les enfants qui étaient chez eux ont été déplacés et un couple très gentil a adopté les deux plus petits. Les deux chiens ont été trouvés crevant de faim et ils ont été enlevés et euthanasiés."

Bella souriait à travers ses larmes alors qu'elle entendait les meilleures nouvelles possibles. Elle s'était sentie tellement coupable de les laisser derrière elle, au moins ils auraient une chance d'avoir une 'vie normale'.

"Étaient-ils …euh, est-ce que les petits allaient bien? Bobby et Billy étaient si jeunes et j'essayais de les protéger mais je ne pouvais pas rester…" dit-elle la voix brisée.

Esmée se précipita et prit Bella dans ses bras. "Bella on ne te reproche pas d'être partie, petit cœur. Je sais combien ça a dû être difficile de t'éloigner d'eux mais il faut que penses à ce qui ce serait passé si tu étais restée."

Elle hocha la tête et se calma finalement. Elle s'excusa et partit vers la salle de bains pour se laver le visage et pendant son absence Esmée et Rosalie firent du thé et du café pendant qu'Alice et Bree mettaient les enfants les plus jeunes au lit.

Edward ne put rester assis plus longtemps et il se dirigea vers le bar d'Emmett pour se servir un shot de whisky qu'il avala cul sec.

Carlisle vint près de lui et il posa une main réconfortante sur son épaule. "Doucement fiston, je sais que c'est difficile à entendre mais elle est si forte, elle peut y faire face."

Edward tourna ses yeux tourmentés pour rencontrer ceux de Carlisle. "Comment peut-on faire des choses pareilles à des enfants, papa? Surtout à Bella?"

"Je sais Edward mais il y a beaucoup de gens avec un esprit tordu, là dehors, tu le sais ça."

Edward soupira et retourna s'asseoir.

Emmett secoua la tête." Quand le DCF et la police locale ont investi les lieux, ils ont trouvé la maison comme une porcherie. Les Rawlings et leurs copains avaient apparemment installé une sorte de réseau de pornographie juvénile et ils avaient installé des caméras dans la salle de bain et les chambres pour essayer d'obtenir des images mais il semblerait que Bella ait transformé cela en un jeu pour les enfants parce qu'elle ne faisait que leur répéter de ne jamais rester seuls avec eux ou de se changer dans leur placard ou derrière leur serviette ou leur drap. Il semble que Bella servait à cuisiner et à nettoyer. Les enfants n'arrêtaient pas de dire de bonnes choses à son sujet. C'est elle qui assumait la responsabilité si les autres avaient fait des bêtises. "

Edward se sentait physiquement malade et en regardant les visages de ses frères et de son père il pouvait dire qu'ils ressentaient la même chose.

Une fois que tout le monde fut de nouveau installé, Emmett regarda Bella. "Maintenant, j'ai d'excellentes nouvelles pour toi, mais je ne sais pas si tu veux les entendre seule ou…"

Elle secoua la tête. "Je pense que nous pouvons entendre quelques bonnes nouvelles. Vous les gars, vous êtes restés avec moi jusque là…" elle sourit et tous les autres lui firent un signe de tête.

"Alors d'accord, bon Bella, ton père t'a laissé des choses au cas où il mourrait. Le fait est que l'on ne savait pas comment te donner ces choses lorsque tu étais encore mineure sans en faire bénéficier tes parents d'accueil. Il y a plusieurs assurances et avantages auxquels tu aurais eu droit et maintenant qu'ils ont une adresse permanente pour toi, tu recevras environ 97 000 dollars immédiatement, ainsi qu'une bourse complète pour une université de ton choix qui inclura le logement et les livres. Tu peux aussi bénéficier de l'assurance pour la santé de ton père jusqu'à l'âge de 25 ans ou lorsque tu deviendras autonome. Il y a deux autres polices d'assurance ainsi que des pensions de réversion qui totalisent environ 250 000 dollars et que tu pourras recevoir pour ton vingt-cinquième anniversaire." Emmett s'arrêta de lire pour voir Bella qui était bouche bée et choquée.

"Bella? Est-ce que ça va? " lui demanda Emmett.

"Je ne peux pas…" murmura-t-elle.

Avant qu'Emmett puisse parler de nouveau, Edward prit sa main et parla. "Quoi Isabella?"

Ses grands yeux plein de larmes ont rencontré les siens. " Je pensais que le badge et l'argent ainsi que la voiture étaient tout… pourquoi m'a-t-il laissé tout cet argent?" Les yeux de Bella s'assombrirent. "Je ne veux pas du prix du sang. Il doit y avoir une erreur ou - "

Emmett secoua la tête tristement. "Crois-moi il n'y a pas d'erreur. J'irai à Phoenix personnellement cette semaine pour m'assurer que tout ce que je t'ai dit est cent pour cent correct et exact, Bella."

Edward passa un doigt sur ses larmes qui coulaient. "Charlie t'aimait c'est évident Isabella. Tu étais sa fille et sa famille. Il t'aimait et en tant que chef de la police, il avait des assurances qui seraient versées au cas où il serait tué en service, pas vrai Jasper?" Ses yeux se dirigèrent vers son frère.

Jasper hocha la tête. "Cet argent n'est pas celui du sang Bella. Il s'agit d'un remerciement, certes très insuffisant, que l'état et le pays donnent pour les services que ton père, ainsi que tous les policiers qui tombent en uniforme, ont rendu en mettant leur vie en danger. Tu n'as jamais été faite pour vivre dans la rue ou dans ta voiture Bella. Tu aurais dû être en mesure d'aller à l'école chaque jour et de t'occuper de toi. Quelque part en cours de route, ton cas est passé entre les mailles du filet et cela est inacceptable mais actuellement tu peux accepter cet héritage en tant que fille de Charles Swan. Ainsi tu peux honorer sa mémoire en faisant quelque chose d'extraordinaire de ta vie, Bella."

Carlisle hocha la tête. "Je pense que ton père serait très fier de la jeune femme que tu es devenue, Bella. Esmée et moi serions très heureux et honorés si tu étais notre fille par la naissance parce que nous sommes déjà très fiers de toi en sachant d'où tu viens et en te voyant agir pendant les quelques semaines depuis que nous te connaissons." Bella put voir qu'il disait la vérité à la chaleur de ses yeux.

Elle se leva et regarda toutes les personnes assises dans pièce alors que les larmes roulaient sur ses joues et qu'elle essayait de retrouver le contrôle de ses émotions, mais il lui semblait que plus elle essayait moins elle y arrivait.

C'était beaucoup trop et Bella sentit la pièce l'engloutir.

Soudain ses yeux s'agrandirent alors qu'elle n'arrivait plus à respirer. Elle atteignit Edward à l'aveuglette et elle lutta pour respirer.

Il bondit sur ses pieds et en quelques secondes il la transporta à l'extérieur et la plaça sur une chaise et il pressa un sac en papier brun sur sa bouche alors que ses yeux verts ne la lâchaient.

"Respire, Isabella! Inspire! Expire! Oui, comme ça - doucement. Calme-toi, amour, ça va aller tu as juste une crise d'angoisse. C'est normal. Maintenant continue de me regarder - inspire, expire … c'est bien - encore… voilà … ça va aller, amour, ça va aller. Continue de me regarder, je sais que c'est effrayant mais tu fais ce qu'il faut, bébé. C'est bien, amour." La voix calme d'Edward l'apaisait et elle écouta ses douces intonations et put commencer à sentir que la nausée diminuait.

Edward lui caressa la joue doucement dans un mouvement apaisant. Il regarda ses yeux : de grands et terrifiés ils redevenaient plus calmes et pendant tous ce temps ses larmes mouillaient le sac. Il m'arrêta jamais de lui parler ni de lui chuchoter des 'riens ' comme les appelait sa mère, à son oreille et il essayait de lui transmettre sa préoccupation par l'intermédiaire de son regard.

Lentement Bella sentit que sa respiration redevenait normale. Sa tête arrêta de tourner et elle put se concentrer sur autre chose qu'Edward. Elle s'assit dans la chaise et ferma ses yeux brièvement alors que son corps se secouait d'un souffle irrégulier.

Edward remarqua que ses mains tremblaient, ce qui était une réaction au choc et aux bouleversements émotifs de la soirée et il hocha la tête à quelqu'un derrière Bella qui la recouvrit d'une chaude et moelleuse couverture. Des mains douces l'enroulèrent autour d'elle et une voix douce qu'elle avait appris à aimer murmura à son oreille : "Ça va aller, ma douce. Nous sommes avec toi maintenant Bella. Tu n'es plus seule. Nous allons nous occuper de toi. " Esmée déposa un baiser sur le front de Bella mais elle fut surprise que la fille désemparée se tourne sur son siège et l'enlace par la taille en se mettant à sangloter.

Edward put sentir ses yeux devenir humides en regardant Bella accrochée à Esmée alors qu'elle pleurait pour un père dont elle ne pouvait presque pas se souvenir, une mère qu'elle n'avait jamais connue et un bébé qui ne saurait jamais quelle mère remarquable Bella aurait pu être.

Edward se leva silencieusement et rentra pendant qu'Esmée fit le tour de la chaise et s'assit sur la terrasse en bois en prenant Bella contre elle.

Elle caressa les épais cheveux chocolat et berça la jeune femme qui ressemblait à un enfant plus que jamais auparavant. Ses propres larmes coulaient dans les cheveux de Bella mais aucune d'elle ne le remarqua. Esmée prit conscience qu'elle chantait doucement pour Bella en la berçant comme si elle était l'un de ses petits enfants.

Bella poussa un soupir et elle permit au calme d'Esmée de l'envelopper en écoutant la chanson qu'Esmée chantait aux enfants depuis plus de trente-cinq ans.

Golden slumbers kiss your eyes (Des sommeils d'or embrassent tes yeux)

Smiles awake you when you rise (Des sourires te réveillent)

Sleep, pretty baby, (Dors joli bébé)

Do not cry, (Ne pleure pas)

And I will sing a lullaby. (Et je te chanterai une berceuse)

.

Care you know not, therefore sleep; (ne t'occupe de rien mais dors)

While I watch over you do not weep ; (Pendant que je veille sur toi ne pleure pas;)

Sleep, pretty loved one, (Dors ma jolie petite chérie)

Do not cry, (Ne pleure pas)

And I will sing, I will sing, (Et je chanterai, je chanterai)

I will sing a lullaby.* (Je chanterai une berceuse)

.

La respiration de Bella ralentit et de petites secousses la firent frémir alors qu'elle s'allongeait et posait sa tête sur les genoux d'Esmée tandis que la femme plus âgée caressait ses cheveux en chantonnant doucement. Bella parla enfin. "Je voudrais que vous puissiez être ma mère."

Les yeux d'Esmée se remplirent de larmes et elle essaya de retenir un sanglot. "Oh Bella!" dit-elle. Bella se rassit et elles se fixèrent l'une l'autre. Bella aimait que les yeux d'Esmée soient les mêmes que ceux d'Edward. "Bella, Carlisle et moi ne te connaissons que depuis peu de temps, mais nous t'aimons chérie. N'en doute jamais et ça me briserait le cœur si tu décidais de nous quitter mais je sais que tu voulais quitter les Etats-Unis pour recommencer ailleurs…"

Bella secoua sa tête. "May-May, je ne vais nulle part. Edward et moi avons cherché des universités aujourd'hui et il a essayé de me dire que je pouvais partir d'ici mais je lui ai dit que je restais, si vous voulez de moi - aussi longtemps que vous le permettrez, je ne veux pas le quitter - vous, bon vous tous, pas quand je sens que je viens juste de trouver un endroit auquel j'ai l'impression d'appartenir pour la première fois de ma vie!" dit-elle rapidement.

Bella pensa qu'elle avait réussi à dissimuler son lapsus mais Esmée l'avait bien entendu et elle était heureuse que Bella veuille rester avec elle et Carlisle, elle était ravie que Bella ne veuille pas le laisser, 'lui' - Esmée sourit en embrassant Bella une dernière fois avant de l'aider à se lever en riant, elle savait très bien qu'Edward était le "lui" dont Bella avait parlé.

Elle continua d'une petite voix. "May, pensez-vous que j'aurai p… pu sauver mon bébé si j'étais allée voir un médecin? Je l'aurais fait si j'avais eu de l'argent, vous savez. J'aurai pris les deux cent dollars que Charlie m'avait laissé et serais allée au médecin…"

Esmée la berça doucement. "Chérie, quelquefois Mère Nature, ou Dieu ou peu importe en qui tu crois, sait juste lorsque quelque chose n'est pas juste, tu sais physiquement. C'est la vie, ma douce enfant, et tu sais mieux que quiconque que la vie peut être difficile, mais à la fin de la journée, ça vaut le coup et un jour lorsque tu tiendras ton enfant dans tes bras pour la première fois, tout cette douleur vaudra le coup, je te le promets."

"Rentrons chérie, avant que Carlisle ne doive attacher Edward et faire asseoir Emmett sur lui! " Les deux femmes essuyèrent leur visage pendant qu'elles rentraient dans le salon.

Quand elles trouvèrent la pièce vide, elles suivirent le bruit de voix calmes dans la cuisine et elles trouvèrent Carlisle, Emmett et Edward assis autour du comptoir.

Edward ne bougea pas mais Esmée put voir par le langage de son corps et par la façon dont il passait ses doigts dans ses cheveux qu'il était tendu et qu'il restait tranquille à cause du regard d'avertissement que lui lançait Carlisle. Elle pouvait voir les rides d'inquiétude sur son visage et ses yeux se détournèrent d'elle comme s'il se sentait coupable.

Esmée sourcilla et elle se demanda qu'est-ce qu'il se passait avec son plus jeune fils.

"Où sont passés les autres?" demanda-t-elle.

Carlisle sourit au duo échevelé et aux yeux bouffis. "Eh bien Alice et Jasper ont ramené les enfants à la maison ; Rosalie s'endormait donc nous l'avons envoyée en haut et Bree est dans la salle de jeu en train de regarder un film et de parler au téléphone avec ses amis."

Bella en hésitant essaya de présenter des excuses pour avoir 'ruiné' la soirée de tout le monde mais Carlisle secoua la tête avant même qu'elle ait fini de parler. "Chut Bella! Il n'y a pas d'excuses à présenter - c'est ce à quoi sert la famille. Eh bien c'est ce que fait notre famille nous nous serrons les coudes et nous nous réunissons dans les bons comme dans les mauvais moments, et même si tu fais quelque chose que tu penses impardonnable, tu rentres chez toi afin que ta famille puisse t'aider, même s'il y a des conséquences désastreuses - ce n'est pas grave, d'accord?

Bella se dirigea vers lui et l'étreignit. "Très bien, Doc."

Carlisle rit et embrassa le dessus de sa tête. "Bon bien maintenant je vais ramener mes deux femmes à la maison et nous nous verrons dimanche, oui?"

Edward hocha la tête d'un air absent. Bella remarqua qu'il semblait distrait. "Ouais, euh bien sûr, nous serons là." Il regarda vers Bella avec un sourire crispé. "Tu es prête amour?"

Elle se demanda ce qui n'allait pas avec Edward. Il paraissait plus distant qu'il ne l'avait jamais été auparavant et presque sombre mais il souriait et lui parlait comme si rien n'était - c'était très déroutant.

Elle acquiesça et tous les deux dirent bonne nuit et partirent.

Emmett regarda ses parents avec amusement jusqu'à ce qu'il entende la porte se fermer doucement avant de rigoler et de secouer sa tête. "Quand allons-nous faire remarquer à Edward qu'il appelle Bella 'amour' tout le temps?"

Carlisle rit et opina. " Et ce qui est le plus amusant c'est que Bella y est tellement habituée que ça ne la fait pas réagir ou bien elle l'a remarqué et elle ne veut pas qu'il arrête!" Ils se mirent à rire tous les deux pendant qu'Esmée secouait la tête en fixant la porte d'entrée fermée avec un léger froncement de sourcil. "Est-ce qu'Edward a dit quelque chose à l'un d'entre vous? Il parait bouleversé."

Carlisle haussa les épaules : "Tu le connais, chérie, Edward est un anxieux!'

Esmée approuva. "Maintenant arrêtez de faire les commères!"

Emmett fit bouger ses sourcils." Oh, allez Esmée Cullen, tu ne vas pas nous tromper une seule seconde! Crois-tu pas que nous n'avons pas remarqué à quel point tu es prise de vertige à chaque fois qu'ils se sourient, se touchent ou échangent de longs regards torturés! Nous te voyons!" Esmée renonça à lutter contre son sourire mais elle soupira et hocha la tête de bonheur alors que Bree entrait dans la cuisine en dansant.

"Êtes-vous tous les trois en train de commérer au sujet d'Ed et de Bella?" demanda-t-elle en ouvrant le frigo pour se verser un verre de lait.

"Qu'est-ce que tu en sais toi 'demi-portion'?" dit Emmett à Bree en la posant à côté de lui sur le comptoir.

Bree rigola. "Seulement qu'Edward téléphonait à Bella, disons, chaque soir avant qu'elle ne tombe malade et qu'ils parlaient pendant des heures!" Elle prit une gorgée de son lait alors que trois paires d'yeux la fixaient, elle sourit malicieusement en les regardant à travers ses cils.

"Comment est-ce que tu sais ça?" demanda Esmée.

"Eh bien, je les ai entendus quand Bella et moi gardions les petits pour votre anniversaire et puis j'ai vu Lauren Atera au magasin cet après-midi, après l'école et elle m'a demandé si le contrat du mobile d'Edward avait expiré ou quelque chose parce qu'il achetait vraiment beaucoup de temps prépayé, et nous savons tous qu'il n'y a que Bella dans la famille qui a un téléphone avec une carte prépayée…"

Esmée secoua la tête. "D'accord, assez de bavardage! Bien que je sois très heureuse que Bella et Edward aient beaucoup en commun et qu'ils soient si friands l'un de l'autre - nous savons tous qu'il est beaucoup trop tôt pour eux pour qu'ils pensent à une relation sérieuse, donc on va plutôt leur donner de l'espace, d'accord?"

Tout le monde fut d'accord et ce ne fut pas long avant qu'Emmett ferme sa maison pour passer la nuit.

Ooo HS ooO

Bella demanda à Edward de s'arrêter au hangar afin qu'elle puisse prendre les vêtements qui y restaient ainsi que des affaires de toilette et l'enveloppe sous son matelas. Elle alluma la lumière et elle vit que la chambre était impeccablement propre. Elle ne pouvait pas voir l'endroit où les flaques de sang avaient été. La couette et les serviettes étaient soigneusement pliées sur le dessus de lit. Ça ne ressemblait plus à sa chambre, elle s'est rendue compte qu'elle n'était plus d'ici désormais.

Elle n'était plus une étrangère dans une ville bizarre. Elle était de quelque part. Elle avait un endroit où aller et pendant la semaine dernière elle avait eu une adresse à elle et sa propre boite aux lettres, enfer elle allait avoir un appartement pour elle!

Elle éteignit les lumières et verrouilla la porte pour la dernière fois. Elle se précipita dehors, Edward l'attendait et ils purent rentrer à la maison.

"Prête?" demanda-t-il en prenant ses deux petits sacs et en les déposant sur le siège arrière où Roscoe s'était endormi.

Bella hocha la tête.

Lorsqu'ils arrivèrent chez Edward, il l'encouragea à prendre un long bain moussant apaisant et ensuite à le retrouver en bas pour prendre un chocolat chaud pendant qu'il s'occupait de Roscoe pour la nuit et prenait une douche.

Bella se détendit dans le bain elle se sentit relaxée et calmée une demi-heure plus tard alors qu'elle mit son pyjama et un débardeur puis fit sécher ses cheveux avec ses doigts, ensuite elle descendit.

Elle ne put pas s'empêcher de se lécher les lèvres en regardant Edward qui était debout éclairé par la lumière faible du four. Il portait un pantalon de pyjama blanc et noir à rayures avec un débardeur noir et il était beau à croquer tandis qu'il versait la mixture qui sentait si bon dans une théière qui était posée sur le comptoir à côté d'énormes tasses.

Bella rit doucement. "Ces mugs sont pour des géants!"

Il rit en se tournant vers la cuisinière et éteignit la plaque avant de mettre la casserole dans l'eau chaude savonneuse de l'évier. Il porta le plateau vers le canapé et fit signe un signe de tête à Bella.

"Viens," dit-il.

Bella s'assit à coté de lui et replia ses pieds sous elle. Elle se pencha en arrière et regarda ce qu'Edward avait mis sur le plateau. Il y avait deux shooter d'un liquide ambré ; une théière remplie de chocolat chaud, un bol de marshmallows, un de vermicelles en chocolat, des bonbons en sucre coloré dans un autre bol et des cerises glacées.

"Putain d'enfer Edward essaies-tu de me faire tomber dans le coma sucré?" s'exclama-t-elle et Edward rigola malgré sa mauvaise humeur qui semblait s'acharner à le contrôler.

Après quelques instants elle se joignit à lui. Ça faisait du bien de rire après cette soirée en montagnes russes qu'ils avaient endurée. Roscoe se leva et les regarda avant de monter et ils purent l'entendre se coucher devant la porte de la chambre de Bella.

Lorsque leur fou rire fut réduit à un petit nombre de gloussements Edward s'assit et versa le liquide encore chaud dans chaque mug.

"Ce sont des mugs pour la soupe de Noël, tu peux voir les rennes dessus. Et maintenant le petit secret des Cullen - ajouter un trait de whisky et tu obtiendras le 'grog chaud' parfait pour chasser le 'cafard'. Bien sûr ce n'est que pour les adultes mais après cette nuit, je pense qu'on pourra te qualifier ainsi."

Bella le regarda ajouter l'alcool ambré puis quelques marshmallows et deux cerises avant de lui tendre le mug.

Bella sentit attentivement la boisson et elle ronronna presque de reconnaissance. Edward faillit en laisser échapper son mug. Il versa un trait de whisky dans sa boisson et la porta à ses lèvres.

Bella souffla gentiment sur son chocolat avant d'en prendre la première gorgée.

Elle ferma les yeux et respira longtemps et fortement. "Hmmmm, oh ouais c'est tellement bon, où as-tu appris à faire cela?" dit-elle de la voix la plus sexy qu'Edward ait jamais entendue.

Les yeux de Bella s'ouvrirent tout d'un coup lorsqu'elle entendit un petit gémissement, elle fronça les sourcils. "Qu'est-ce que c'était?"

La tête d'Edward était dans son mug et elle haussa les épaules à sa réponse étouffée, "PeutêtreRoscoe".

"Vraiment? Euh. Quoi qu'il en soit c'est un fichtrement bon chocolat chaud, Edward." Elle ferma les yeux à nouveau en sirotant sa boisson, s'arrêtant souvent pour ronronner de reconnaissance.

Edward pensa que ses boules allaient exploser! Sa queue était si raide qu'il savait qu'il serait incapable de se lever si Bella restait dans la pièce et la réflexion sur les chatons qui se sont noyés ne l'aidait en rien pour maintenir sa virilité sous contrôle. Chaque fois que Bella soupirait de plaisir et se léchait les lèvres ou se raclait la gorge en murmurant des choses comme "délicieux ou telleeemeeent booon" il perdait le contrôle un peu plus et à présent il se sentait comme s'il était dangereusement sur le point de la jeter sur le sol ou de venir dans son pantalon.

Il se sentait en même temps si excité et tellement coupable. Il savait qu'il devrait se tenir à distance d'elle mais il ne pouvait tout simplement pas le faire.

Heureusement après sa tasse de chocolat Bella eut soif et lorsqu'Edward eut fini la sienne, elle prit le plateau et lui laissa une chance de s'ajuster dans son pantalon de coton puis il mit un coussin sur ses genoux avant que Bella ne revienne avec deux bouteilles d'eau.

"Merci, ça a été le meilleur chocolat chaud que j'ai jamais bu!"

Edward gémit de nouveau alors qu'elle vidait à moitié sa bouteille d'eau et cette fois-ci elle n'entendit pas son gémissement d'appréciation.

"Donc, aujourd'hui a été une journée bien remplie, hein?" dit-il.

Elle hocha la tête en traçant un motif de son pantalon. "Ouais," elle leva les yeux et Edward put voir comment la soirée l'avait marquée. Ses traits étaient tirés et elle était pâle, elle secoua la tête légèrement. " Je suis confuse, je ne sais quoi penser de toutes les choses qu'Emmett m'a dites - mon esprit est tout embrouillé!"

Edward se pencha en avant. "Tu sais quoi ; pourquoi n'oublierais-tu pas tout ça ou au moins essayer et n'irais-tu pas juste dormir. Il y a beaucoup de choses auxquelles penser et je suis sûr qu'Emmett à encore d'autres choses à voir avec toi, mais pour maintenant, il faut te détendre et te reposer. Tu as traversé beaucoup de choses avec la fausse-couche ; et maintenant tu retrouves ton père et son héritage - ça fait beaucoup de choses auxquelles penser…"

Elle hocha la tête et poussa un soupir, en se laissant retomber sur le canapé. "Je, juste - c'est trop en ce moment et je suis tellement fatiguée mais je sais que je ne vais pas être capable de dormir maintenant."

Edward réfléchit pendant un moment : "Viens, je pense que j'ai la solution parfaite."

Il se leva et Bella le suivit. "Où allons-nous?"

Il lui fit un demi-sourire. "Tu verras."

Il ouvrit la porte de son salon de musique et bougea un siège pour elle. "Tu aimes la musique classique n'est-ce pas?"

Elle hocha la tête et s'assit sur le canapé en face du piano qui était posé sur une estrade dans un coin de la pièce.

Il s'assit au piano, après avoir allumé une lampe qui jeta une lueur chaude dans la pièce.

"Permets-moi de te soulager ou de t'ennuyer à dormir, " dit-il et Bella eut un petit rire.

Aux premiers accords qui retentirent, Bella prit une profonde inspiration et elle se détendit contre les coussins confortables.

D'où elle était installée elle pouvait voir le visage d'Edward, dans l'ombre, elle se concentra sur ses doigts. Toujours et encore il la regardait et lui souriait. Pendant un moment elle ferma les yeux et essaya de se calmer. Elle se sentait comme une chienne en chaleur, elle était si humide dans son short et elle pouvait sentir combien ses mamelons étaient durs.

Chaque note était comme une corde qui tirait dans son corps, ce qui lui faisait mal dans des endroits où elle n'avait jamais eu mal auparavant. Elle n'avait jamais voulu, jamais désiré un homme avant, mais maintenant elle savait ce que c'était de vouloir jeter la prudence au vent et de dire "merde!" et de se lancer sur lui. Bella poussa un soupir enragé et embarrassé.

Elle rouvrit les yeux et immédiatement elle regarda Edward. Elle mordit sa lèvre en voyant la lumière faible de la lampe jouer sur sa tête penchée.

Il était à couper le souffle. Ses cheveux sauvages et sexy, ses cils sombres magnifiques étaient une telle surprise, ils effleuraient ses joues. Bella sentir son estomac se tordre alors qu'il choisit ce moment pour lever les yeux.

La camaraderie facile et ludique et l'humeur flirteuse, espiègle et coquette qu'ils avaient partagé la plupart de la semaine s'était dissoute pour laisser place à une tension qui faisait se tordre l'estomac de Bella - pas dans le bon sens non plus.

Leurs yeux s'accrochèrent et Bella fut sûre qu'il pouvait voir à quel point elle voulait embrasser sa bouche pleine et boudeuse.

Edward n'avait jamais été autant déchiré de sa vie - il la voulait! Putain! Il voulait tirer son corps au-dessus de son grand bébé noir et brillant, il voulait déchirer ses vêtements et embrasser, sucer et posséder chaque centimètre de son corps. Bella le rendait fou. Il savait qu'il ne pouvait pas la toucher mais en même temps elle le tentait tellement avec ses grands yeux qui lui disaient 'viens ici' et sa putain de peau de porcelaine!

Il leva son regard et la fixa, ses yeux brillants et sombres, sa bouche barrant son visage tendu.

Elle déglutit difficilement et elle sentait la sueur sur son front, elle vit comment ses yeux s'assombrissaient et devenaient presque noirs.

Son cœur martelait dans sa poitrine et ses mains devenaient moites.

Putain! C'est ça la luxure? C'est ça le désir?

Bella n'avait jamais rien ressenti d'aussi puissant. Elle voulait être au-dessous de lui, au-dessus de lui. Elle voulait sentir son corps dur pulser contre le sien. Elle voulait qu'il la remplisse, faisant disparaitre la douleur profonde qu'elle ressentait dans son sexe …

"Edward, je…" murmura-t-elle difficilement, mais Edward secouait déjà la tête alors que ses doigts se calmaient sur les touches du piano.

"Va te coucher Isabella," lui ordonna-t-il d'une voix rauque et basse et Bella sentit son sang bouillir à ce son. Dieu, elle était si humide entre les jambes…

Elle le fixa, ses yeux étaient écarquillés, elle se sentit comme un gibier prit dans les phares d'une voiture. "Mais…"

L'ambiance dans la pièce était saturée de sexe et de désir et Bella ne voulait rien d'autre que de rester - rester et voir ce qui arriverait.

"Putain va juste te coucher! Maintenant!" dit Edward sévèrement, son visage montrant un dur masque de détermination.

Le charme se brisa au moment où les doigts d'Edward s'effondrèrent sur les touches la faisant sursauter. Elle sauta sur ses pieds et se précipita hors de la pièce. Elle courut en haut des escaliers et claqua la porte de sa chambre, effrayant Roscoe qui dormait juste devant.

Edward avait besoin de taper dans quelque chose avec son poing "PUTAIN! Pourquoi ne pouvait-elle pas faire ce qu'on lui disait pour une putain de fois?" cracha-t-il à voix haute en arpentant la pièce et en tirant sur ses cheveux.

Il fallait qu'il s'éloigne pour éclaircir ses idées et avec cela en tête, il grimpa les escaliers se mit un short et des chaussures pour courir. Il s'arrêta devant la porte de Bella. Il put entendre bouger à l'intérieur. "Bella - je vais courir avec Roscoe," dit-il et il attendit.

Il entendit un grognement et puis, "Va te faire foutre!"

Il murmura un juron et partit en courant dans les escaliers où Roscoe l'attendait.

Garce! pensa-t-il en se jetant dans sa routine d'échauffement.

Connard! pensa-t-elle en se jetant sur le lit dans un accès de rage.

Ooo HS ooO

Bella s'assit dans sa chambre obscure et regarda l'homme grand et son chien courir à travers Dorset Common. Il portait seulement un short sombre et ses chaussures de course, sa chemise était ouverte et on pouvoir voir les poils sur son torse qui descendaient et s'enroulaient en un ruban de fourrure vers son abdomen jusqu'à la ceinture de son short et … "Arrête ça! : Putain qu'est-ce qui ne va pas avec toi? Tu es supposée être énervée après lui et tu le regardes avec convoitise comme une pute le jour de la paie! Cet homme est terrifié et il court littéralement loin de toi à, putain, presque deux heures du matin parce qu'il ne veut pas être dans la même pièce ou même la même maison que toi! Tu es comme une chienne en chaleur! Dégoûtant!" Bella sauta du siège et commença à marcher de long en large dans la chambre. De temps en temps elle faisait une pause et regardait par la fenêtre. Elle remarqua qu'Edward ne faisait pas son parcours habituel, mais il semblait s'en tenir à faire un 'huit' dans l'allée qui faisait le tour du lac mais gardait toujours la maison en vue.

Elle ne comprenait pas ce qu'il s'était passé en bas. Avait-elle été si transparente? L'avait-elle dégoûté? Avait-il pensé qu'elle était une fille facile? Allant d'un homme à l'autre? Avait-il cru que Tyler représentait quelque chose pour elle autre qu'un donneur de sperme? Elle ne comprenait plus rien.

Elle estimait Edward et elle pensa qu'il était drôle, sexy et réfléchi mais elle ne pouvait juste pas croire qu'il ne l'ait jamais vue comme quelque chose de plus qu'une adolescente stupide qui était tombée enceinte.

Cette pensée la rendit si malheureuse qu'elle eut envie de pleurer. Elle savait qu'elle subissait encore le contre coup de la perte du bébé et que ses hormones étaient dans tous les sens mais la pensée de ne jamais pouvoir explorer ce qu'elle ressentait était suffisant pour faire monter les larmes à ses yeux.

Elle resta à côté de la fenêtre et regarda en bas alors que l'homme en sueur et son chien parcouraient les derniers mètres qui les séparaient de la maison.

Soudain Edward s'arrêta et regarda vers la fenêtre de Bella. Pendant un moment ils se fixèrent sans rien se cacher et Bella vit le regret et la confusion dans les yeux d'Edward et lui vit sa perplexité et son angoisse.

Il soupira et rentra alors que Bella attendit qu'il vienne la voir. Elle attendit qu'il frappe à sa porte pour qu'ils puissent démêler ensemble ces sentiments déconcertants.

Bella entendit la douche couler dans la salle de bain d'Edward et elle entendit Roscoe frôler sa porte. Elle ouvrit silencieusement et regarda dans le couloir.

Puis elle s'assit sur son lit et attendit. Vingt minutes plus tard la lumière sous la porte d'Edward s'éteignit et Bella essuya une larme sur sa joue.

Roscoe toucha sa jambe et Bella fit glisser ses doigts sur sa fourrure douce alors qu'elle luttait pour ne pas éclater en sanglots.

"Ça va, mon chien," murmura-t-elle avant de se coucher au-dessus des couvertures et de fermer ses yeux.

Mais son cœur lourd se sentait comme si plus rien n'irait à nouveau bien.

Ooo HS ooO

Edward se coucha sur les couvertures ses mains derrière la tête. Il pouvait sentir Bella le tirant vers elle, plus près … avec une malédiction étouffée Edward frappa des coups de poing dans son oreiller et se détourna de la porte.

Toute la soirée il avait ressenti ce besoin croissant de se séparer de Bella. Il savait tout ce qu'Emmett avait découvert et que Bella allait être bien prise en charge.

Financièrement - il savait qu'elle n'aurait plus de soucis.

Emotionnellement - elle aurait sa famille ici pour prendre soin d'elle.

Intellectuellement - elle allait passer ses GED, et SAT et puis aller à l'université.

Conclusion - elle n'avait plus besoin de lui.

Il savait qu'il était un connard. Il savait que Bella n'avait jamais été dans une relation avant mais là encore, lui non plus - pas vraiment. Bien sûr il avait fait le plein de femmes avides quand il était jeune puis il y avait eu Jenna.

Une fois qu'il était revenu à la maison, il s'était servi des femmes qui s'étaient jetées sur lui, mais il n'avait jamais été dans une relation adulte pleinement engagée.

Il se leva et fit courir ses mains dans ses cheveux.

"Ça ne marchera jamais," dit-il pour lui-même.

Pour la première fois en près de neuf ans, il ne contrôlait plus rien et il était terrifié. Pas une seule fois depuis qu'il avait été en cure de désintoxication il n'avait désiré sentir l'engourdissement provenant de la prise de stupéfiant — sauf maintenant.

Tout d'un coup il comprit ce qu'il fallait qu'il fasse.

Sans plus penser il prit son téléphone et composa un numéro, au bout de deux sonneries on lui répondit. "Edward, quelque chose ne va pas?"

"Il faut que je m'en aille pour quelque temps. Je pense que je vais aller chez les Hale, je me sens mal comme si je glissais…"

"Je viens tout de suite - laisse-moi quelques minutes - reste au téléphone avec moi, d'accord? J'appelle papa sur l'autre téléphone."

"Bien sûr, Bella dort." Edward se leva avec les pieds lourds et se tourna vers son placard. Tout à l'intérieur de lui criait qu'il faisait une erreur, Bella ne comprendrait jamais, elle ne lui pardonnerait jamais.

"Edward?"

"Ouais?"

"Est-ce que tu es sûr que tu fais le bon choix? Est-ce qu'elle va comprendre?"

Il soupira et se frotta le visage de sa main libre. "Je ne peux plus être près d'elle et ne plus ressentir ce que je ressens - c'est juste trop. Elle n'a pas besoin de ma merde en ce moment."

Il pouvait les entendre parler tranquillement. Il entendit des bruissements de couverture et ensuite, "Nous sommes en chemin - nous serons là dans dix minutes."

"Ouais."

Il jeta son téléphone sur le lit et sortit deux jeans, des T-shirts à manches courtes et longues, des chaussettes, des sous-vêtements puis ses yeux tombèrent sur sa veste en cuir, ses bottes, ses gants et son casque.

Il ignora la voix forte dans sa tête qui lui disait qu'il faisait une erreur, que c'était la plus grosse erreur qu'il pouvait faire. Il allait faire tout ce que les autres avaient déjà fait, il allait l'abandonner quand elle avait le plus besoin de lui.

Il se força à chasser Bella de son esprit - il fallait qu'il le fasse, pour leur bien à tous les deux.

Il ferma son sac à dos et ses sacoches latérales et il entendit le bruit feutré de la Mercedes de son père dans l'aube tranquille.

Il jeta un coup d'œil dans sa chambre pour la dernière fois avant d'éteindre la lumière et de descendre.

Roscoe l'attendait au pied de l'escalier.

Edward pouvait voir dans ses yeux qu'il savait mais ne comprenait pas.

Il s'accroupit à coté de lui. "Je suis désolé Roscoe, mais il faut que tu restes là et que tu prennes soin de notre fille, compris? Sois un bon garçon et je te verrai pour Noël, je te le promets. J'aimerais que tu puisses venir mais il faut que je parte, alors elle va avoir besoin de toi." Il se pencha en avant et étreignit Roscoe avant de se relever.

"Je t'aime, mon gars. Je suis désolé," murmura-t-il en déverrouillant la porte d'entrée.

Jasper et Carlisle l'attendaient sous la lumière du porche et Edward put voir la préoccupation et la déception dans les yeux de son père.

"Entrez," dit-il tranquillement en ouvrant la porte et en entrant sans attendre qu'ils le suivent. Il alla à son bureau, à l'arrière de la maison et alluma les lumières avant de se pencher contre son bureau et de croiser ses bras.

Carlisle resta dans l'embrasure de la porte pendant que Jasper se dirigeait dans la cuisine pour faire du café.

"Fiston? Parle-moi - ne fais pas ça - il y a sûrement une autre solution?"

Le regard de Carlisle était doux et franc.

"Pa', je ne sais même pas si je comprends, mais cette situation est intenable. Bella est - elle est spéciale pour moi. En premier j'ai juste pensé que c'était une attraction physique ou quelque chose du genre 'le fruit défendu' ou autre chose, mais c'est beaucoup plus que ça. " Edward fixait ses bottes de moto et Carlisle était choqué de voir l'éclat des larmes dans ses yeux vert pâle quand il le regarda à nouveau. "Je pense que je l'aime et je sais que c'est le pire moment où une pareille chose pouvait arriver. Je pense juste que je ne pourrais plus le lui cacher si je reste."

Jasper apporta trois mugs de café. Carlisle s'assit dans le vieux fauteuil alors qu'Edward ne bougeait pas. Il ne voulait pas être confortablement installé au cas où il changerait d'avis.

"Bella a besoin de se trouver. Elle a toute sa vie devant elle et si je lui déclare mon amour, je vais empêcher qu'elle se trouve. Je veux être égoïste, je veux la garder pour moi, et ce n'est juste pas possible. Pas si nous voulons qu'elle atteigne son plein potentiel et elle est tellement extraordinaire!" Il ne put pas continuer à parler, sa voix se brisa, il baissa sa tête et prit une grande gorgée de son café.

Jasper s'assit sur l'accoudoir du canapé et fixa Edward gravement. "As-tu pris quelque chose?"

Edward secoua la tête, "Jésus, Jasper! Non! Je me sens complètement si hors de contrôle là que je sais qu'il faut que je parte et attende jusqu'à ce que les choses se calment."

Le visage de Jasper devint inhabituel dur alors qu'il lâcha, "Tu veux dire te cacher jusqu'à ce que les choses se calment?"

"Non! Putain Jasper, je ne t'ai pas appelé pour que m'enfonce, je t'ai appelé pour que vous m'aidiez tous les deux, en ce moment je ne sais plus où est le haut ni le bas." Les deux frères se fixèrent l'un l'autre silencieusement avant que Jasper laisse échapper un soupir. "Tu as raison, je suis désolé, je te parlais comme à un frère pas comme un thérapeute. Bien sûr, il faut que tu te recentres sur toi-même à nouveau. Bella ira bien."

Il regarda Edward et son père avant de souffler avec rage et de secouer la tête. "Non, elle n'ira pas bien. Elle sera blessé et en colère et elle ne voudra pas revenir. Elle ne te pardonnera jamais de l'avoir laissée, mais je suis d'accord sur le fait que Bella a besoin de se concentrer sur elle-même à partir de maintenant. Elle a eu une semaine difficile et ça va empirer. Elle aura besoin de plusieurs mois pour digérer ça. Est-ce que tu réalises le risque que tu prends?"

Edward avala bruyamment et Carlisle sentit son cœur se briser lorsqu'il vit Edward passer son pouce sous ses yeux pour essuyer quelques larmes.

Edward hocha la tête avant de la relever. "Ouais, je connais le risque. Bella mérite d'avoir toutes les chances dans la vie et je ne veux pas être un obstacle sur sa route."

Et sur ce, la décision fut prise. Ils passèrent l'heure suivante à finaliser le voyage et les arrangements pour le voyage, puis Jasper et Carlisle restèrent dans le bureau pour passer quelques coups de fil pendant qu'Edward amenait ses bagages au garage avant de s'asseoir dans la cuisine et d'écrire la lettre la plus difficile qu'il ait jamais écrite.

Quand il eut fini il la mit sous enveloppe avant de la tendre à son père. "S'il te plait ne la laisse pas culpabiliser, assure-toi qu'elle comprenne bien que tout ça vient de moi."

Carlisle hocha la tête avant de prononcer un juron et il prit Edward dans ses bras. "Ne fais pas de bêtises, Fils! Tu m'entends? Tiens-t-en au plan et putain reviens vers nous, parce que tu vas volontairement briser le cœur de cette fille et tu nous laisses ramasser les morceaux, alors reviens, tu m'entends?" grogna-t-il en étreignant fermement Edward contre lui.

Edward serra ses yeux fermés. "Je t'aime papa. Je dois faire cela, pour elle et pour moi. C'est la bonne chose à faire. S'il te plait prends soin d'elle pour moi."

Carlisle prit le visage d'Edward en coupe entre ses mains et le fixa intensément dans les yeux. Il n'avait pas honte de ses joues humides et ses yeux brillaient avec une intensité qui était presque douloureuse à voir. "Fais ce que tu dois. Les Hale t'attendent dans quatre jours. Pas plus, et tu appelleras tous les soirs pour donner des nouvelles à Jasper ou à moi. Et tu reviens à la maison pour Noël. C'est non négociable, as-tu bien compris?"

Edward acquiesça. "Oui Monsieur, je serai à la maison pour Noël."

Les deux hommes se fixèrent pendant un long moment jusqu'à ce qu'Edward rompe l'étreinte. "Il faut que j'y aille — elle va bientôt se réveiller."

Carlisle se pencha en avant et pressa ses lèvres sur le front d'Edward comme il l'avait déjà fait un grand nombre de fois auparavant. Carlisle n'avait jamais eu de problème pour montrer une affection physique à ses garçons. "Je t'aime Edward. Sois prudent."

Jasper accompagna Edward en silence au garage. "Emmett va être énervé contre toi," dit-il.

Edward hocha la tête. "Je vais m'arrêter chez lui en partant." Il poussa sa moto dehors dans l'air vif de l'aube. "Jas, je t'aime, mec."

Il poussa la moto sur la route et s'éloigna de la maison alors que Jasper le suivait.

Jasper hocha la tête. "Noël, petit frère, tu as jusqu'à Noël."

Il se pencha et étreignit son frère aîné. "Prends bien soin d'eux, Jas."

Ce dernier acquiesça.

Edward jeta un dernier regard vers sa maison avant de glisser ses lunettes sur son nez et de mettre son casque puis il tourna la clé.

Sa moto démarra et puis il partit sur la route.

Jasper le regarda jusqu'à ce qu'il tourne au coin au bout de la rue puis il fit demi-tour et retourna à la maison.

Un gémissement à côté de lui le fit regarder vers en bas. "Je suis désolé Ross, mais il ne pouvait pas te prendre, mon gars. Regarde, les choses vont devenir un peu difficiles par ici pour quelques mois et il va falloir que tu t'occupes encore plus de Bella pour lui, d'accord?" Il s'agenouilla pour gratter entre ses oreilles.

"Allons-y, il faut que nous soyons prêts quand Bella va se lever. Et puis il faut que tu manges aussi, pas vrai?"

Roscoe aboya doucement pour montrer son approbation et ils montèrent les quelques marches du perron.

Ooo HS ooO

Bella se réveilla juste après sept heures ce matin là. Plus tard elle se demanderait pourquoi elle n'avait pas su qu'il était parti, quelque chose était différent. Elle se demanderait pourquoi elle n'avait pas ressenti qu'il manquait à la maison.

Elle ouvrit les yeux et regarda le plafond blanc. Elle regarda vers la porte et vit Roscoe couché et qui la regardait.

Elle se releva sur un coude."Hey mon gars, où est 'sa majesté grognon' ce matin, hein?"

Roscoe gémit mais ne bougea pas.

Bella sourcilla et s'assit. "C'est si mauvais que ça? Bon, laisse-moi m'habiller ensuite nous irons braver la colère de notre petit garçon ensemble, d'accord?"

Il gémit de nouveau.

Bella sourit. "Rentre et laisse-moi fermer la porte, parce qu'Edward aura une crise cardiaque s'il passe par là et qu'il me voit à moitié nue! La nuit dernière a été suffisamment mauvaise!"

Vingt minutes plus tard Carlisle, Esmée, Alice et Jasper entendirent les pas de Bella dans l'escalier. Sa voix était assez forte pour être entendue. "… Bon Edward, tu as assez boudé maintenant, il est temps de me parler, merde! C'est en — oh!" Bella s'arrêta net dans son élan alors qu'elle regardait les visages sombres. Elle fixa durement Alice et Esmée avant que son regard aille de Jasper à Carlisle. Ses mains battirent dans l'air avant que ses bras ne s'enroulent autour de son ventre alors qu'elle regardait de l'un à l'autre.

Elle se lécha les lèvres à plusieurs reprises avant d'enrouler ses bras menus autour de son torse. Ses yeux s'obscurcissaient allant de brun pâle à une teinte plus sombre de chocolat quand en quelques secondes elle comprit qu'Edward n'était pas dans la pièce.

"Il, il veut que je parte c'est ça?" murmura-t-elle.

Les quatre autres commencèrent à protester fortement jusqu'à ce qu'Esmée crie à chacun de se taire.

"Taisez-vous une seconde, sauf si vous voulez vraiment me faire chier ce matin!" cria-telle avec une voix aiguë.

La mâchoire de Bella se décrocha alors qu'elle fixait Esmée. En observant plus minutieusement, Bella réalisa qu'elle n'était aussi bien apprêtée que d'habitude, elle était vêtue d'un pantalon de yoga, d'un débardeur et un gilet avec… des panoufles?

La peur saisit le cœur de Bella et elle essaya d'avaler pour faire passer sa nausée. Elle pouvait sentir son pouls battre dans sa poitrine et elle essaya d'ignorer le sentiment grandissant de malheur qui la saisit.

Putain qu'est-ce qu'il se passe?

Elle sourcilla et elle regarda chacune des quatre personnes qui se trouvaient face à elle. Ils paraissaient tendus, à moitié endormis et complètement épuisés.

"Putain que se passe-t-il et n'essayez pas de me raconter des conneries! Je vois bien que quelque chose ne va pas, et quelque chose me dit que c'est Edward. Parlez-moi!" lâcha-t-elle fortement.

Tout d'un coup elle comprit. Elle allait parler lorsqu'Esmée fit un pas en avant.

"Non, Bella, il ne veut pas que tu partes. Edward, bon, il, euh, il a dû partir ce matin. Il est volontaire pour travailler dans une clinique que nos amis dirigent à Santa Barbara, les Hale. Ce sont les parents d'Alice et de Rosalie et ils, hum, bon, allez! C'est très dur." Esmée secoua la tête et ses yeux se remplirent de larmes soudainement.

Quoi?

"Bella, Edward est un ancien toxicomane et il s'est senti glisser vers un état qui le mettait en danger ces dernières semaines. Il est allé à 'Living Hope' qui est un centre de réadaptation pour les toxicomanes sur la côte ouest. Il est parti pour quelques mois." La voix de Carlisle était pleine de regret et d'inquiétude.

La respiration de Bella resta coincée dans sa gorge pendant un moment et elle était sûre qu'elle allait s'évanouir. Carlisle fit un bond en avant alors qu'elle vacillait mais elle se reprit toute seule et la détermination inébranlable qu'il virent dans ses yeux empêchèrent Carlisle et Esmée de s'approcher d'elle alors qu'elle appuyait la paume de ses mains sur son visage un instant.

Ils ne comprenaient pas très bien ce qu'elle disait mais on aurait pu croire qu'elle chantait pour elle-même : 'Tu avais promis, tu avais promis.'

Finalement elle prit une profonde inspiration et elle essuya rapidement les larmes chaudes qui coulaient sur ses joues.

C'étaient les dernières larmes qu'elle verserait pour Edward Cullen. Il était temps de passer à autre chose. Bella savait comment faire. Elle connaissait la déception et la perte. Elle avait déjà fait face à cette sensation familière d'être abandonnée et elle savait que si elle pouvait verrouiller ses sentiments loin et ne rien ressentir, alors elle irait très bien.

"Bella", commença Esmée mais la tête de Bella se redressa.

"Ne faites pas … pas d'excuses pour lui. Je comprends, vraiment je comprends - il est temps d'avancer et d'aller plus loin, d'accord? Alors quoi maintenant, est-ce que je dois faire mes bagages et revenir au hangar?" demanda-t-elle et tout le monde eut un mouvement en entendant sa voix froide, ce qui leur montra clairement qu'elle n'était pas disposée à parler d'Edward.

Esmée secoua la tête. "Non! Edward veut que tu restes autant que tu veux. Kébi t'a autorisée à revenir travailler lundi, c'est exact?"

Elle opina.

"Génial, l'appartement du garage sera prêt mercredi, il y a quelques finitions à faire, nous pourrons revenir mercredi après-midi et prendre toutes tes affaires."

Bella hocha la tête. Une truffe humide poussa sa main et elle baissa les yeux pour voir Roscoe qui la fixait. Ses yeux bruns et intelligents montraient de la douleur et de l'angoisse d'avoir été abandonné, Bella sourit amèrement - elle savait comment il se sentait. Elle caressa sa fourrure douce et leva les yeux vers Esmée.

"Et pour Roscoe? "demanda-t-elle tranquillement.

Esmée fit un signe vague de la main. "Bien comme tu sais, il a quatre maison alors il restera probablement avec Rose -"

"Non! " Tout le monde la regarda choqué pendant qu'elle criait en tapant du pied.

"Je veux dire, je voudrais bien qu'il reste avec moi, quand je suis à la maison. Nous sommes, bon, il fait partie de la famille et il aime dormir devant ma porte la nuit et," elle regarda son ami, "Il y a suffisamment de personnes qui l'ont quitté pour toute une vie donc si ça ne vous dérange pas…" dit-elle alors que sa voix vacillait.

Avec un rapide coup d'œil autour d'eux quatre, Carlisle fut le premier à répondre. "Bien sûr il peut rester avec toi. Il est très content de passer ses journées dans la cour ; il y a toujours plein de choses à faire alentour."

Bella se détourna et essuya l'humidité qui s'échappait de ses yeux. Elle renifla bruyamment et hocha la tête en faisant un pâle sourire à Roscoe. "Tu entends mon gars? Euh? Tu viens avec moi à la maison. Ouais, nous prendrons tes croquettes et ton lit non pas que tu l'utilises la nuit, et ton panier de jouets. Ça sera bien, n'est-ce pas mon gars?" Bella n'était pas sûre si elle essayait de rassurer Roscoe ou elle -même.

Elle s'agenouilla et enfouit son visage dans l'épaisse fourrure noire, gold et blanche pendant un moment. Elle savait que c'était pathétique d'être autant attachée à un animal mais elle savait aussi qu'Edward aimait ce chien et que n'importe comment, il reviendrait pour lui.

Carlisle regarda Jasper, Alice et Esmée et se dirigea vers la porte.

"Bon nous y allons. Bella si tu as besoin de quoi que ce soit, s'il te plait appelle-nous," dit Alice doucement.

Bella hocha la tête. Elle voulait juste être seule.

"Bella?" Elle regarda Jasper.

"Emmett voudrait que tu l'appelles quand tu veux pendant ce week-end. Il y a des formulaires à remplir et à signer et il a obtenu d'autres choses que des amis de ton père à Phoenix avaient gardées pour toi.

"Vraiment?" le visage de Bella s'éclaira.

Jasper acquiesça et sourit. "Ouais, il a dit qu'il avait trouvé deux gars qui étaient de bons amis de Charlie." Jasper s'approcha : "Il reviendra à la maison Bella. Il ne sait tout simplement pas comment gérer toutes les émotions qu'il ressent après toutes ces années à ne pas se laisser aller à ressentir des choses. Il a peur de faire de mauvais choix et je suis désolé qu'il soit parti de cette façon, il a été lâche. Il ne voulait pas te faire plus de mal pas qu'il ne fallait. Aucun de nous n'est heureux à ce sujet mais nous respectons sa décision."

Bella hocha la tête. "Merci Jasper, j'appellerai Emmett plus tard."

Alice l'étreignit fortement. " Appelle-moi autant de fois que tu as besoin, d'accord? Nous t'aimons Bells."

Bella opina et elle leur fit signe de la main quand le couple la quitta.

Esmée et Carlisle restèrent dans l'embrasure de la porte. "Peut-être que vous avez besoin de temps tous les deux, chérie. Quelquefois les émotions sont puissantes," dit Esmée.

Bella hocha la tête et ferma les yeux alors qu'Esmée l'étreignit. Ses yeux rencontrèrent le regard bleu et triste de Carlisle qui attendait à côté laissant un moment aux femmes.

"Edward s'inquiète pour toi Bella. Peut-être trop - ça va prendre un certain temps. Ne renonce pas à lui."

Elle ne répondit pas alors que l'autre femme s'éloignait et essuyait les larmes sous ses yeux, "Bon, nous viendrons te chercher pour le déjeuner demain. Nous viendrons après l'église vers onze et demie ou à peu près. Tu n'as qu'à venir toi et ton 'ombre'."

Le visage de Bella pâlit aux mots d'Esmée. "Est-ce que j'ai dit quelque chose de mal?"

Bella secoua la tête et fit un petit sourire contrit à Esmée. "Non Edward l'appelle comme ça aussi, mon ombre." Elle posa sa main sur sa poitrine. On aurait dit qu'un trou grossissait là - sombre et triste.

"Tu peux nous appeler pour tout ce que tu veux Bella - !" déclara Carlisle en donnant une étreinte et un baiser sur le dessus de la tête à Bella.

"D'accord," dit-elle.

Elle secoua la tête pour le voir l'observer. "J'ai quelque chose pour toi. Il t'a écrit une lettre…"

Elle secoua la tête alors qu'il reculait. "Pas maintenant, je ne suis pas prête et je suis vraiment trop énervée contre lui encore. Pouvez-vous la garder pour moi jusqu'a ce que je vous la demande?"

Carlisle accepta et lui fit un sourire. "Je comprends parfaitement."

Il descendit le perron en courant et s'arrêta en bas, puis il se tourna pour lui faire face. "Je sais que c'est une maigre consolation mais il était très misérable, je ne l'avais jamais vu comme ça en presque neuf ans c'est pour cela que je ne l'ai pas arrêté, il fallait vraiment qu'il fasse ça, pour lui et je pense que pour toi aussi."

Bella s'appuya contre le chambranle de la porte avec Roscoe assis à côté d'elle, il avait son sourire béat sur le visage et la langue pendante. "Je sais que vous avez raison mais ce n'est pas pour ça que ça fait moins mal."

Il hocha la tête avant de se diriger vers sa voiture. Bella vit comment il mit l'enveloppe dans la poche de son jeans.

Elle ferma la porte et se dirigea vers la cuisine.

Tout était trop calme, aussi elle alluma la télévision qui était accrochée au mur. Elle trouva une chaine qui parlait de cuisine et elle écouta en se faisant une omelette à l'oignon nouveau et aux fines herbes.

Une fois que ce fut fait, elle se dirigea dans les escaliers et défit son lit. Elle fit une machine de vêtements puis une autre de draps et serviettes.

Elle savait qu'il fallait qu'elle aille voir dans la chambre d'Edward, mais elle n'arrivait pas à se convaincre d'ouvrir la porte, ayant peur de ce qu'elle pourrait trouver alors elle se mit à nettoyer le reste de la maison.

Balayer, épousseter, faire briller les planchers, arroser les plantes lui donna quelque chose à faire et brisa le silence terrible.

Ce premier jour Roscoe garda un œil sur son amie. Il savait qu'elle avait mal. Il pouvait sentir sa peine de là où il était couché dans son lit à la cuisine.

A midi, elle était fatiguée en sueur et furieuse. Au cours de la matinée elle avait hésité entre avoir le cœur brisé et être blessée ou être en colère et méprisante. Quand elle se débarrassa de la dernière eau qu'elle avait utilisée pour laver les sols, elle était livide.

Edward Cullen était un putain de connard! Un poltron, un pleurnicheur, un serpent qui se faufile dans l'herbe, qui ne mérite pas de vivre ou même de respirer le même air qu'elle! Un menteur et un tricheur et c'était bon de voir qu'elle avait compris ça avant qu'elle…

Elle s'arrêta net alors qu'elle regardait par la fenêtre de derrière, le front plissé.

"Avant que - quoi? Avant de tomber amoureuse de lui, parce que je suis pratiquement sûre qu'il est trop tard pour ça. Je le suis déjà, putain, amoureuse. Putain, je suis tellement amoureuse avec cette réaction de ma putain de chatte taquine. Je suis bel et bien baisée," dit-elle pour elle-même avec un rire moqueur.

Roscoe ouvrit un œil juste pour le refermer après et il enfouit sa tête un peu plus dans le coussin. Cette fille se comportait de façon très étrange tout ce matin. Pleurant, balayant, dansant, nettoyant - tout ça était très confus. Il savait que ça avait à voir avec le départ de son maître et qu'elle chassait la ' bête noire'.

Il soupira et tourna la tête dans l'autre sens, ça allait être une longue journée.

"Je ressemble à une folle - je parle toute seule. Et je pue! J'ai besoin d'un bain," annonça-t-elle alentour.

Roscoe ne bougea pas un muscle.

Elle s'assura que la porte d'entrée était bien fermée avant d'aller là-haut. Elle s'arrêta devant la porte de la chambre d'Edward et posa sa petite main à plat sur le bois frais. "Oh Edward pourquoi n'as-tu pas confiance en moi, autant que moi j'ai appris à te faire confiance?" Elle soupira et s'en alla vers sa chambre.

Elle enleva son short usé, son débardeur et ses sous-vêtements et se dirigea vers la salle de bain pour allumer la douche.

Après s'être lavé les cheveux deux fois et lavé le corps avec le gel douche parfumé à la fraise, Bella sortit et sécha ses cheveux avec une serviette. Elle leva les yeux vers les miroirs qui étaient au mur et fixa son corps.

Elle avait de petites hanches mais bien faites qui se rétrécissaient jusqu'à sa taille. Son ventre plat ne montrait aucun signe qu'il y avait eu un enfant là. Les mains de Bella le caressèrent des hanches jusqu'en dessous de sa poitrine.

Elle avait remarqué que lorsqu'elle était enceinte ses seins avaient changé. Ils étaient plus gros et plus lourds et ses mamelons étaient devenus plus sensibles et il n'était pas encore redevenus 'normaux'. Elle passa ses pouces sur ses mamelons durs et elle gémit doucement. Même si c'était ses doigts elle pouvait sentir un picotement en elle. C'était le même frisson qu'elle ressentait lorsqu'Edward la touchait ou la regardait d'une certaine façon - de la façon dont il l'avait regardée la soirée précédente.

"Ça suffit!" dit-elle à son reflet. Il était inutile de penser à ce qui aurait pu être. Edward était parti. Il s'était enfui dès qu'il avait été un peu mal à l'ase. D'accord, beaucoup mal à l'aise et au fond d'elle-même elle sentit une parcelle d'admiration pour le fait qu'Edward avait choisi de quitter son travail, sa famille et sa maison pour faire en sorte qu'elle puisse rester et elle savait qu'il avait eu raison de faire ce qu'il avait fait.

Aucun d'eux n'était prêt à avoir une relation mais putain pourvu que ça ne la compromette pas pour toujours. Bella posa la paume de sa main juste là où le trou semblait être, entre ses seins.

En secouant la tête elle se dirigea dans sa chambre et avant même de s'en apercevoir elle ouvrait la porte de celle d'Edward.

On aurait dit qu'une bombe avait explosé dans la pièce. Le lit était défait, le panier de vêtements débordait dans un coin, le placard était resté ouvert et Bella put voir le désordre qui régnait à l'intérieur.

La salle de bain n'était pas mieux.

Les serviettes mouillées trainaient sur le sol, les placards étaient restés ouverts, eux aussi, et des choses trainaient sur le sol en pierre.

La présence d'Edward était partout. Son odeur saturait l'air. Bella essuya ses joues, elle ramassa la serviette humide et la déposa dans le panier dans la chambre. Sa main interrompit le mouvement et saisit la chemise qu'Edward avait portée le jour précédent.

Elle était rayée, bleue et blanche et avait été mise avec ses jeans bleu foncé et des converses. Elle la porta à son nez et étouffa un sanglot alors que son parfum l'assaillait.

Bella set glissa dans la chemise et la boutonna puis elle se dirigea vers le grand lit. La marque de la tête d'Edward était encore sur son oreiller. Elle se coucha de l'autre côté et tira son oreiller contre elle alors que les larmes remplissaient ses yeux.

"Co- comment puis-je faire ça sans toi, Edward? Tu avais pr-promis que tu serais là pour moi," murmura-telle dans le tissu doux.

Elle ferma les yeux et se laissa emporter par le sommeil, Reviens à la maison bientôt, mon … mon doux garçon.

Ooo HS ooO

* Golden Slumbers - écrit par Thomas Dekker (arrangée et interprétée par Les Beatles)


Note de l'Auteur - Le temps des aveux : ce chapitre m'a brisé le cœur - oui j'ai pleuré en écrivant mes propres trucs ! Je ne suis pas très douée pour écrire l'angoisse mais ces personnages sont devenus tellement plus profonds que ce que j'avais prévu et il y a à faire, les gars. Edward et Bella ont besoin de temps ici. Je promets que cela ne durera qu'un chapitre ou deux et oui, elle va lui donner un moment difficile et oui, elle lui pardonne - et tout s'arrangera alors, accrochez-vous, d'accord?


Quant à moi je vais vous laisser digérer ce chapitre mais je peux quand même vous dire que le chapitre suivant est vraiment magnifique et qu'il est mon préféré… pour le moment!

Alors je me dépêche pour que vous puissiez le lire bientôt!