Hope Springs appartient à justginger

CHAPITRE 14

'Les premiers jours de Noël…'

Bella se réveilla et se sentit comme si elle n'avait pas du tout fermé les yeux. Elle regarda l'heure et vit qu'il était juste six heures du matin et elle grogna. Elle s'était couchée seulement trois heures plus tôt. C'était le jour de son dernier examen puis elle rentrerait à la maison pour les vacances d'hiver.

Elle s'étira puis doucement repoussa les couvertures et s'assit.

"Oh mon Dieu! Quand est-ce que cette horreur va finir? Encore un examen et je pourrai rentrer à la maison." Elle ronchonna tandis que chaque os de son corps protestait, elle alluma la bouilloire et se dirigea vers la douche.

Après s'être lavé et rincé les cheveux, elle utilisa le gel douche dont elle ne séparait plus puis elle revint à sa chambre et se fit un mug de café instantané.

Elle s'assit à son bureau et mangea un bol de céréales composé de muesli, noix et fruits secs plus du yaourt tout en vérifiant son matériel pour son dernier examen.

Lorsqu'elle eut fini de manger, elle lava son bol, sa cuillère et son mug, finit de sécher ses cheveux et essaya de choisir ses vêtements.

Alors qu'elle allait s'emparer de son jeans préféré, ses yeux s'illuminèrent en voyant la jupe écossaise plissée noire, blanche, rouge et marine qui lui arrivait à mi-cuisse. Elle savait qu'Alice lui avait donné des collants noirs épais ainsi qu'une chemise blanche d'écolière, une cravate fine et rouge et un mignon cardigan noir pour terminer l'ensemble. Elle paracheva sa tenue avec des talons noirs Mary Jane et un manteau blanc matelassé avec un faux col en fourrure qu'Esmée et Carlisle avaient tenu à lui acheter.

Elle sourit en ouvrant sa porte et elle mit ses mitaines, son bonnet et son écharpe. Chaque week-end Esmée avait tricoté pour elle - des chaussettes rayées aux couleurs vives qu'elle pouvait remonter jusqu'aux genoux, des gros pulls confortables et chauds avec de longues manches qu'elle pouvait rabattre sur ses doigts et des gilets fantaisie avec de jolis boutons en perle.

Bien qu'elle étudie comme une folle elle avait déjà fait ses valises pour la longue pause de près d'un mois qu'elle attendait impatiemment. Elle avait encore un peu de rattrapage à faire mais selon la plupart de ses professeurs, elle n'avait plus qu'environ une semaine de retard. Tous ses professeurs et ses conseillers avaient été très aimables pour l'aider à se mettre à jour et dans certains cas ils lui dirent de ralentir! Bella était très avide d'apprendre et la plupart de ses soirées se passaient à la bibliothèque en train d'étudier ou de faire de la lecture supplémentaire sinon elle restait chez elle, assise et enroulée dans une couverture tricotée qu'Esmée lui avait envoyée, avec de la lecture ou travaillant sur son ordinateur portable.

Malgré tout son travail elle trouva le temps d'écrire au moins une lettre par semaine à Edward. C'était sa façon de rester en contact. Elle faisait comme s'il lisait ses lettres. Elle faisait comme s'il les attendait avec impatience. C'était libérateur pour elle de penser à lui, à des milliers des kilomètres, assis quelque part, dans la chaleur du soleil lisant ses lettres stupides et souriant peut-être, à quelque chose qu'elle avait écrit.

Le seul indice qu'il avait lu ses lettres fut un cadeau — plusieurs vêtements avec le logo de l'université — que Carlisle lui avait donné quand elle rentra un week-end.

Ses yeux s'étaient remplis de larmes traitresses qu'elle avait repoussées en regardant le paquet.

"Est-ce que… a-t-il…" Elle se lécha les lèvres et se maudit de ne pas être en mesure de former une phrase cohérente. "Est-ce de votre part, à Esmée et à toi?" demanda-t-elle, souhaitant que son cœur arrête de battre comme celui d'un oiseau sauvage dans sa poitrine. Elle savait qu'elle ne devait pas avoir d'espoir, mais il y avait une partie d'elle-même qui ne voulait pas arrêter d'espérer un signe de lui - peu importe ce que c'était.

Carlisle secoua la tête et lui sourit avec douceur. "Edward est très fier de toi, Bella. Il veut que je m'assure que tu le saches."

Bella s'appuya contre l'encadrement de la porte, en n'essayant plus de sécher ses larmes.

"Alors quand diable me le dira-t-il lui-même, putain? Pourquoi? Est-ce que je l'effraie? Est-il énervé à cause de ma grossesse? A-t-il peur que j'ai le VIH ou autre chose? Pourquoi? " Sa voix ne cessa d'augmenter jusqu'à ce qu'elle atteigne les cris puis elle posa sa main sur sa bouche lorsqu'elle se souvint qu'elle était face à Carlisle et pas à Edward.

Carlisle posa le paquet et l'entoura de ses bras, ignorant ses protestations en demi-teinte puis elle capitula et saisit sa chemise dans ses petites mains, avant de laisser couler ses larmes librement.

Roscoe resta devant l'entrée et fixa le père de son maître. Il n'aimait pas ça quand sa fille était bouleversée. Elle s'accrochait à lui et rendait son pelage humide et collant et parfois il pouvait la sentir trembler.

Carlisle conduisit Bella à son appartement et la mena jusqu'au canapé. Lorsqu'elle fut assise il alluma la bouilloire avant d'aller à la salle de bain chercher une boîte de mouchoirs en papier.

Elle gémit un merci lorsqu'il déposa la boite à ses pieds, ce petit acte de gentillesse lui donnait envie de pleurer davantage mais elle se retint.

Carlisle posa la tasse de thé devant elle sur une vieille malle en cuir qu'Alice avait disposée devant le canapé en guise de table basse et d'espace de stockage.

Il alla chercher la sienne et s'assit à coté de Bella.

Pendant de longues minutes ils restèrent l'un à côté de l'autre, buvant leur thé.

Lorsque Bella fut certaine de pouvoir contrôler ses émotions elle parla tranquillement. "Je suis désolée, Carlisle, je ne voulais pas m'en prendre à toi. C'est que parfois je me sens si … abandonnée par Edward."

Carlisle ouvrit la bouche pour parler mais elle leva sa main. "S'il te plait, je sais pourquoi il est parti et j'ai même admis qu'il avait eu raison de le faire. Je ne pense pas que j'aurais pu faire tout ce que j'ai fait s'il avait été là. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas encore en colère qu'il ait choisi pour moi."

Carlisle posa sa tasse sur la table et s'approcha pour prendre la main de Bella dans la sienne. "Bella, j'aime Edward plus que ma propre vie, mais je ne suis pas insensible à ses défauts. Edward et toi avez besoin de vous asseoir quand il reviendra et il faut que tu en parles avec lui."

Elle hocha la tête.

Carlisle la serra dans ses bras puis se dirigea vers la porte, il se retourna avec un sourire taquin : "Alors, tu vas ouvrir ton cadeau?"

Elle lui fit un sourire. "Bien sûr."

Elle attendit l'heure d'aller au lit pour ouvrir le paquet. Elle rit et pleura en même temps quand elle découvrit le tee-shirt rose. Edward savait qu'il faudrait qu'elle soit morte ou désespérée pour porter cette couleur. Il semblerait qu'Edward ait commandé deux shorts qui étaient vraiment petits, des débardeurs, des tee-shirts, des pulls molletonnés à capuche et même un pantalon de survêtement. Elle roula des yeux en voyant tous ces vêtements de divers styles et de couleurs variées.

Elle enfila le vieux tee-shirt d'Edward, avec son nom écrit dans le dos, celui qu'il lui avait prêté quand elle était rentrée de l'hôpital et elle grimpa dans le lit avec le papier à lettre.

"Hey Edward,

Juste un petit mot pour te dire 'merci' pour le sweat et les tee-shirts …"

Ooo HS ooO

Bella heurta quelqu'un et elle réalisa qu'elle avait traversé le campus et se trouvait dans le couloir à l'extérieur de la salle où elle devait passer son examen. Elle avait été surprise d'apprécier autant l'histoire américaine. Avec Jasper ils eurent plusieurs discussions enflammées sur un ou deux chapitres. Bella était contente que ce soit son dernier examen.

Elle avait pensé faire de l'éducation civique comme deuxième matière principale, mais elle devrait suivre deux cursus et pas seulement un seul pour obtenir son diplôme d'enseignant élémentaire. Elle décida d'en discuter avec Carlisle lorsqu'elle rentrerait à la maison.

Il lui suffit de penser aux rires chaleureux, aux étreintes et autres, pour qu'il lui tarde de rentrer à la maison. Une petite voix dans sa tête lui rappela que bientôt Edward allait être là.

Noël n'arriverait jamais assez vite!

Elle chassa toutes ces choses de sa tête et attendit le début de l'examen.

Quand elle sortit de l'amphithéâtre, elle resta dehors pendant un moment, la tête levée vers le ciel couvert et terne puis elle prit une profonde inspiration.

Il lui semblait qu'elle pourrait dormir une semaine entière et la pensée de la longue route qui la ramènerait à la maison la remplissait d'effroi. Elle sortit son téléphone et l'alluma, elle trouva seulement un appel manqué d'Esmée.

Elle appuya sur la touche d'appel rapide et sourit avec lassitude en entendant la voix de l'autre femme : "Alors comment c'était chérie?"

Bella se dirigea vers sa voiture. "Je pense que ça c'est bien passé. Au moins c'est fini et je n'ai plus besoin de penser à l'école ou à étudier jusqu'après le Nouvel An!" gémit-elle.

Esmée gloussait avec bienveillance. "Oh Bells, tu sembles tellement fatiguée ma chérie. Pourquoi ne dormirais-tu pas un peu et tu arriverais un peu plus tard?"

Elle déverrouilla la voiture et y grimpa rapidement. "Non ça va. Tout est prêt et j'ai nettoyé le frigo, défait mon lit et ma voiture est déjà chargée et prête, donc je pars maintenant et je serais bientôt à la maison."

"Bon, conduis prudemment alors, et s'il te plait arrête-toi quelque part pour prendre un café et quelque chose à manger, d'accord? " Elle pouvait entendre l'inquiétude dans sa voix.

"Je te le promets 'Mam'. Arrête de t'inquiéter, tu sais que je suis un bon conducteur," plaisanta-t-elle.

"Hum! Tu es gonflée! Est-ce que tu as placé les chaînes autour des pneus?"

Elle roula des yeux. "Oui, May-May. Je pourrais mettre ces maudites choses en dormant! Souviens-toi de 'cette leçon d'enfer' qu'Emmett, Carlisle et Jasper m'ont donnée pendant une demi-journée? Alors oui, j'ai mis les chaînes. Euh, sais-tu quelque chose à propos de … lui?"

Esmée était à la boutique dans son bureau et elle sourit pour elle-même. Bella posait très rarement des questions sur Edward et quand elle le faisait, elle ne demandait qu'à Carlisle.

"Il a appelé hier, chérie. Il sera à la maison pour la veille de Noël, comme il l'avait promis," dit Esmée gentiment.

Bella souffla dans le téléphone. "Oh! D'accord, bon j'appellerai de nouveau lorsque je m'arrêterai pour un café, dans une heure ou deux."

"Au revoir, Bells."

Elle soupira et carra les épaules en démarrant sa voiture, elle pensait déjà à sa prochaine pause-café — elle allait avoir besoin de toute la caféine qu'elle pourrait trouver!

Ooo HS ooO

Edward fut triste de dire au revoir à ses nouveaux et anciens amis, avec qui il avait travaillé pendant ces quatre derniers mois mais il ne pouvait nier son excitation grandissante à l'idée de rentrer à la maison.

Le jour après que Jeff 'soit libéré', Edward prépara ses sacoches, son sac à dos avant de dire au revoir à tout le monde. Jeff et lui avaient fait une 'fête d'adieu' ensemble, la veille au soir. Et quand Jeff lui avait dit au revoir ce matin-là, Edward lui avait promis de rester en contact avec lui. Les parents de Jeff avaient complètement changé leur vie, ils avaient déménagé faisant en sorte qu'il ne soit pas tenté de renouer avec son ancien groupe d'amis.

Edward avait appelé sa mère et lui avait dit qu'il prenait le chemin du retour mais il lui a demandé de garder ça pour elle car il ne savait pas combien de temps il lui faudrait pour rentrer.

Megan avait son bras enroulé autour d'Edward alors qu'ils marchaient, accompagnés de Brandon, vers le garage où sa grosse moto noire était garée.

"Maintenant Edward promets-moi d'amener Bella," dit Megan.

Brandon souffla et secoua la tête en direction de sa femme. "Tu es incorrigible, chérie!"

Elle roula des yeux en lui donnant un petit coup derrière la tête. "Je sais des choses," dit-elle avec un sourire et un clin d'œil.

Edward rit. "Je te le promets, si elle a du temps et si elle me parle encore, alors peut-être, nous viendrons vous voir cet été."

Brandon rigola. "Nous prendrons des vacances pour Pâques et nous viendrons probablement vous voir à ce moment-là."

Les rires s'éteignirent lorsqu'Edward sortit son casque de dessous le siège de la moto et qu'il se tourna pour faire face aux deux personnes qui s'étaient si bien occupées de lui.

"Je veux vous remercier de m'avoir gardé avec vous ici. Lorsque je suis arrivé j'étais un cas désespéré et dès la première gifle que tu m'as donnée, vous n'avez aidé à sortir ma tête de mon cul et à mettre ma vie en perspective," dit-il tranquillement.

Megan se rapprocha et étreignit Edward étroitement avant de s'essuyer les yeux et de lui sourire : "Tu es le bienvenu ici à tout moment, Edward. Nous t'aimons comme si tu étais des nôtres. Je suis heureuse que tu aies permis que nous t'aidions. "

Brandon hocha la tête et Edward sourit en voyant combien leur filles respectives ressemblaient à leurs parents. Rosalie était un peu plus petite que son père au look nordique, elle ressemblait beaucoup à Brandon et avait sa nature compatissante et juste comme lui elle ne se laissait pas faire et ne souffrait pas les imbéciles.

Alice était aussi petite que sa mère mais elles partageaient toutes les deux ce qu'elles appelaient 'la vision'. Edward savait qu'il y avait quelque chose derrière ça car toutes les deux possédaient une appréciation du comportement des gens et des caractères.

Brandon posa sa main fine sur l'épaule d'Edward alors que ses yeux bleu ciel rencontraient ceux d'Edward. "Souviens-toi Edward ; tu peux appeler Collin ou moi tout le temps, que ce soit le jour où la nuit si tu en as besoin mais ne doute ni de toi-même ni du fait que tu as beaucoup de choses à offrir à une femme. Tu es un homme bien avec de grandes valeurs familiales. Bella est chanceuse de t'avoir, fiston."

Après un dernier signe de main, Edward tourna toutes ses pensées sur une ville enneigée du Vermont.

Il rentrait chez lui.

Ooo HS ooO

Bella fut heureuse de s'arrêter sur le petit parking du restaurant français qu'elle aimait à Montpelier. Il lui restait encore une heure et demie pour arriver à la maison mais elle savait qu'après s'être dégourdie les jambes et avoir mangé elle se sentirait beaucoup mieux.

Son estomac gronda fortement lui rappelant qu'elle n'avait presque rien avalé ces jours derniers. Si ça n'avait pas été sa logeuse, elle ne se serait même pas arrêtée de travailler pour manger tous les soirs.

La serveuse, une dame d'un certain âge, lui sourit chaleureusement. "Bonjour Bella! En route pour la maison, chérie?"

Elle sourit et hocha la tête. "Enfin! Doris, il faut que je mange quelque chose de chaud et beaucoup de café!"

Doris hocha la tête et lui remplit un grand mug, elle avait la cafetière à la main.

Bella commanda du bœuf en daube qui était un délicieux ragoût de queue de bœuf avec du bacon et une sauce au vin rouge, des légumes cuits lentement dans la sauce épaisse tout ça servi sur un lit de riz.

Elle ne pouvait pas s'arrêter de saliver et elle finit la moitié du pain français qui été servi avec le repas.

Une fois qu'elle fut rassasiée et que son énergie fut reconstituée, elle fit le plein et le garagiste l'aida à enlever les chaînes de ses roues car après avoir vérifié la météo elle vit que les routes étaient dégagées jusqu'à Hope Springs.

Bella était déterminée à rester de bonne humeur et elle ne s'attarderait pas sur la façon, qu'elle soit bonne ou mauvaise, dont elle avait passé ses examens, ou si Edward était sur le chemin de retour, ou s'il allait partir plus tard qu'elle. Alors elle alluma la radio et fredonna des chants de Noël, se remémorant tous les cadeaux qu'elle avait déjà achetés pour la plupart des personnes sur sa liste.

Il ne restait plus que huit jours avant Noël et Bella était impatiente de passer son premier "vrai" Noël, un dont elle pouvait se souvenir, en famille.

Bree, Jed, Emma, Brady et Chelsea n'avaient pas perdu de temps pour mettre Bella au courant des 'Traditions de la famille Cullen' comme ils les appelaient. Bon, à part Brady qui disait juste 'c'est zuste tout un tas de trucs que nous faizons pour que le père Noël vienne ici, Belle." Bella sourit en pensant au petit garçon blond-roux qui avait pris un gros morceau de son cœur.

Souvent le week-end quand elle travaillait à l'un de ses devoirs, ou autre, on pouvait trouver les quatre enfants assis dans son petit salon, en train de regarder la télévision ou de dessiner tranquillement. La première fois ils avaient envahi l'appartement, ils avaient poussé Brady en tête de leur petite foule comme ils se tenaient devant la porte d'entrée.

"Hey Belle? Est-ce que tu peux venir 'jouer avec nous' ?" lui demanda Brady en haussant un sourcil.

Elle secoua la tête tristement et leur dit qu'elle avait beaucoup de travail à faire.

Brady était découragé mais il demanda s'ils pouvaient venir à l'intérieur.

Bella les informa qu'elle avait des tonnes de devoirs à faire et qu'elle ne supporterait pas de distraction.

Etonnamment les quatre enfants furent d'accord et lui dirent que s'ils pouvaient être avec elle ils seraient sages. "Comme la petite souris, Belle. Tu sais comme dans l'histoire de Cendrillon?" Brady avait hoché la tête en repoussant ses cheveux de devant ses yeux,' Ouais, alors juste comme la petite souris!"

Bella rit intérieurement en pensant à combien elle aimait passer du temps avec les quatre enfants. Emma était une petite puce, alors que Chelsea était un bon mélange d'Alice et Jasper et Jed était le roc de Bella. Il était très protecteur envers sa famille et il aurait fait n'importe quoi pour s'assurer de leur sécurité et de leur bonheur.

Elle aimait la patience dont il faisait preuve avec Brady. Il perdait rarement son sang-froid ou disait un mot méchant et il était toujours là quand Bella avait besoin d'aide.

Après un autre arrêt rapide aux toilettes et pour se dégourdir les jambes, Bella arriva enfin à Hope Springs vers seize heures.

Il faisait presque nuit et elle sourit en voyant que la rue principale était éclairée par les réverbères et les vitrines, Noël s'affichait partout et des lumières colorées avaient été posées tout le long et de chaque côté de la route.

Plusieurs personnes lui firent signe de la main ou l'interpellèrent, et elle put sentir son cœur se remplir d'émotion à cette sensation de reconnaissance qu'elle avait obtenue.

Elle était la bienvenue, comme si elle était de la ville et non pas comme une sans-abri que Billy avait récupérée sur la route.

Elle secoua la tête et se décida à rentrer chez elle. Elle se gara sur un côté du garage à quatre places et elle sortit seulement de la voiture son petit sac, son ordinateur portable et ses biens les plus précieux. Elle se sentit soudainement très fatiguée, elle se traina dans les escaliers et déverrouilla la porte.

Elle laissa tout tomber sur le sol et se dirigea vers le canapé. En s'asseyant elle enleva sa veste, son bonnet, son écharpe et ses gants avant de se débarrasser des chaussures. Elle posa tout ça sur la petite table et se coucha contre les coussins doux et confortables.

Elle s'endormit en quelques secondes.

Elle se réveilla parce qu'elle était courbaturée. Elle s'étira et ouvrit lentement les yeux. Il faisait nuit et tout était calme. Elle se redressa et s'étira encore avant de se pencher pour allumer la lumière, elle se leva et se dirigea vers l'endroit où elle avait laissé tomber son sac à main et son sac et elle en sortit son téléphone portable.

Heureusement elle avait eu la présence d'esprit d'envoyer un message à Esmée lorsqu'elle s'était garée en bas pour lui dire qu'elle était arrivée mais qu'elle allait dormir.

Ella alluma le garage et déchargea rapidement le reste de ses bagages. Une fois là-haut elle tria tout avant de démarrer une lessive et de prendre une douche qui la fit se sentir dix fois mieux.

Elle se mit un pantalon de pyjama et le 'tee-shirt d'Edward' puis elle sortit une paire de chaussettes et réalisa qu'elle était affamée.

Bien sûr, Esmée s'était assurée que Bella ait tout ce qu'il lui fallait en matière de produits frais et aussi elle avait ajouté deux repas complets parce qu'elle savait que Bella aurait faim en se réveillant.

Elle sourit en voyant le grand plat de lasagne dans le frigo ainsi que la grande part de tarte au pomme avec de la crème fraîche.

Elle ronronnait presque en les faisant chauffer. Elle déposa les couverts sur la petite table ronde devant la baie vitrée. Elle aimait les assiettes aux couleurs pastel et les bols qu'Alice et Jasper lui avaient offerts comme cadeau pour la pendaison de la crémaillère. Ils allaient avec des verres assortis qu'elle avait reçus de Rosalie et d'Emmett.

Elle s'assit à table et regarda la rangée d'arbres qui bordait la route, dehors. Ses yeux trouvèrent le hangar rouge et elle repensa à la dernière nuit qu'elle avait passée là-bas, cette nuit où elle avait perdu son bébé.

Sans y penser sa main trouva son ventre et elle le caressa doucement. Cette douleur forte et déchirante avait diminué un peu, laissant place à des moments de tristesse. La semaine précédente elle était passée près d'une femme qui était enceinte et qui achetait de la laine pour tricoter une couverture. Le vendeur lui souriait alors qu'elle frottait son ventre gonflé et tout à coup Bella dut sortir parce qu'elle pleurait et en tremblant elle composa le numéro de Rosalie. Toutes les femmes Cullen étaient une aubaine et Bella avait adopté Esmée comme sa mère presque immédiatement. Elle aimait la façon dont la traitait Alice, comme une sœur, comme Bree. Mais c'est Rosalie qui lui avait sauvé la vie après qu'elle ait perdu le bébé. Elle pouvait rester assise pendant des heures à la tenir, en la laissant pleurer de douleur, de culpabilité, sans dire un mot.

Tous les Cullen s'étaient mobilisés pour l'encourager et la protéger juste comme Carlisle avait promis à Edward qu'ils le feraient. Carlisle et Esmée trouvaient qu'elle était facile à aimer et à vivre. Ils savaient que si Edward et elle continuaient leurs chemins séparément, leur maison serait toujours ouverte à Bella et ils lui dirent cela à plusieurs reprises.

Jasper lui avait dit que la douleur mettrait du temps avant de partir. Il l'avait assurée qu'elle avait le droit de se lamenter et que son bébé méritait ses larmes. Ces mots la firent se sentir mieux. Elle se sentit réconfortée de savoir qu'elle ne devait pas agir comme si sa grossesse non désirée était un sale petit secret.

Mes ces incidents devenaient de moins en moins fréquents et elle savait qu'elle était sur la voie de la guérison. Elle ne se sentait pas coupable d'aller à l'université et elle savait que ce qui la faisait avancer c'était son désir d'avoir une vie meilleure pour elle, mais aussi pour tous les autres enfants qu'elle aurait un jour.

Bella regarda la pendule art déco qui était sur le mur et elle vit qu'il était presque cinq heures du matin.

Elle se remit les idées en place et s'habilla rapidement avec des sous-vêtements thermiques, un jeans épais, un sweat à manches longues polaire ainsi qu'un épais chandail qu'Esmée lui avait envoyé et une autre épaisse veste molletonnée. Elle mit ses mitaines, une écharpe chaude et un bonnet avant d'enfiler ses bottes fourrées, de descendre l'escalier et de courir vers la porte arrière de maison principale.

Elle enleva ses bottes dans le vestiaire avant de se diriger vers la cuisine.

"Bonjour May-May," dit-elle en arrivant derrière la femme qui était occupée avec la bouilloire.

Elle se retourna avec un large sourire. "Bella, chérie! Bienvenue à la maison!" dit-elle en ouvrant ses bras et Bella courut presque pour se réfugier dans son étreinte chaleureuse.

Bella recula et sourit à la femme qui était de quelques centimètres plus grande qu'elle. "Je pense que je vais venir avec toi ce matin. Je n'ai pas souvent vu de la neige," dit-elle en se versant du café et en s'asseyant au comptoir.

Esmée s'assit en face d'elle et lui sourit. "Bien, je suis très heureuse de ton initiative mais il n'y a pas grand-chose à faire à cette époque de l'année. Maintenant que tous les champs sont en sommeil pour l'hiver il ne reste plus que les dernières canneberges et puis la courge d'hiver. Sinon tout a été cueilli et vendu, ou stocké ou envoyé au conditionnement, embouteillage, conserve, congélation ou jus."

Bella se sentit un peu désappointée et Esmée lui sourit. "Bien sûr nous pouvons aller faire un tour avant de retrouver tout le monde pour un café à la cantine. Nous devons vérifier que les arbres sont bien abrités et emballés et que leurs couvertures les protègent bien.

Bella rigola. La première fois qu'elle avait entendu parler d'emballer les arbres dans des couvertures, elle avait roulé des yeux et sourit de façon indulgente. Après avoir entendu ça plusieurs fois, elle s'était réveillée un matin pour s'apercevoir que les arbres dans les vergers avaient été mis dans des 'couvertures' qui étaient faites en matière synthétique pour protéger leur racine et leur pied des fameuses intempéries du Vermont. De la sorte ils n'étaient pas détruits par le gel ou la neige, mais ils continuaient leur vie en sommeil pour l'hiver.

Bella réalisa que bien que tout le monde soit occupé par ses propres intérêts et sa carrière, les obligations de la ferme passaient avant le reste et quand un appel était lancé pour la récolte en fin de saison ou au début de la période de gel, Jasper, Emmett et également leur famille venaient, prêts à travailler. Même Brady et Emma s'y mettaient et ils montrèrent à Bella comment 'emballer les arbres' et préparer les champs pour la venue de l'hiver. Bella aimait cette activité autour du verger pendant l'automne et Edward lui avait manqué encore plus lorsqu'elle faisait des promenades en tracteur et en remorque avec les enfants alors qu'ils cahotaient sur les chemins, riant d'être bousculés et de tomber les uns contre les autres.

Bella et Esmée finirent leur café et Bella prit un croissant dans le panier sur le comptoir.

Elles enfilèrent rapidement leurs vêtements avant de sortir le camion.

Esmée ne perdit pas de temps pour faire chauffer le moteur et l'intérieur de la cabine avant de conduire sur le chemin de terre.

"C'est tellement bon de t'avoir à la maison, mon petit cœur. Est-ce que c'était difficile?"

Bella passa les quelques minutes suivantes à expliquer à Esmée ses derniers devoirs et ses examens finaux pendant qu'elles s'arrêtaient pour voir les pommiers ainsi qu'à la grange et Esmée sourit quand Bella descendit et alla jusqu'à la porte.

Elle n'était pas encore totalement à l'aise près des animaux mais elle ne tremblait plus de peur à proximité d'eux.

Après ça elles retrouvèrent Paul, Jared, Collin pendant que Bella se laissa entrainer par Rachel.

Il était juste après sept heures lorsqu'elles revinrent dans la chaude cuisine d'Esmée.

Carlisle se versait du café dans un mug, lorsqu'il entendit des bruits de pas sur le plancher. Il releva la tête attendant de voir qui arrivait et il sourit en voyant Esmée et Bella derrière elle.

"Bonjour, Chérie. Salut Bells! Comment vas-tu?"

Elle sourit et attendit son tour pour recevoir l'étreinte et le baiser sur le sommet de sa tête. Elle ferma les yeux en respirant l'odeur familière de citron et miel avec juste une pincée d'épices. Carlisle la relâcha et fronça les sourcils. "Tu as de gros cernes sous les yeux, jeune femme!"

Elle se recula et fit un clin d'œil à Esmée en prenant du café. "C'est votre diagnostic Doc?"

Avant que Carlisle puisse répondre, ils entendirent un gros bang et puis des pattes sur le parquet suivi par un autre bang avant de voir Roscoe se précipiter dans la pièce.

Bella posa son mug vite fait avant de sourire et de se mettre à genoux et d'ouvrir ses bras.

Roscoe était dans l'embrasure de la porte et il lui aboyait avec colère pendant quelques minutes avant de marcher lentement vers l'endroit où elle s'était assise sur le sol.

Ils se fixèrent l'un l'autre pendant un moment jusqu'à ce que Bella se penche et embrasse son museau bruyamment. "Oh arrête de bouder, vieux despote! Je t'avais dit que je devais aller à l'école et aussi que je rentrerai, alors accepte-le, idiot!"

Roscoe lâcha un faible aboiement avant de grimper sur les genoux de Bella et de commencer à renifler et à lécher son cou.

Esmée les gronda tous les deux d'être par terre et Bella rampa de l'autre côté de la cuisine alors qu'elle riait, ainsi que Carlisle, aux pitreries de Roscoe.

Esmée commença à préparer le petit déjeuner et Bella allait se relever pour aller se laver les mains et l'aider, quand elle vit que Roscoe se tenait absolument immobile.

Elle leva les yeux vers la porte et son souffle se coupa.

Des yeux verts brillants la dévisageaient avidement.

"Edward!"

Le charme fut rompu par le cri d'excitation d'Esmée et Edward fit son sourire tordu à sa mère, qui riait et criait en se jetant dans ses bras et en l'enlaçant.

"Bonjour M'am." Bella sentit ses yeux se remplir de larmes au son de cette voix trainante et douce, sexy et rauque.

Son cœur battit à tout rompre dans sa poitrine et elle se sentit comme s'il allait sortir de son corps à tout moment.

Roscoe lâcha un aboiement fort et se rua sur Edward, de plus en plus impatient et il sauta de façon à ce qu'il lâche sa mère pour attraper son 'jouet' de vingt-cinq kilos.

Bella était figée sur le sol. Elle ne pouvait ni parler ni bouger. Elle était juste assise là et fixait le beau visage bronzé et magnifique d'Edward.

Son léger bronzage rendait ses yeux verts presque irisés, ce qui était positivement hypnotisant.

Une autre voix s'ajouta à l'agitation et Bella vit Bree jeter les bras autour du cou de son frère.

Il l'enlaça et l'embrassa mais ses yeux revenaient immanquablement sur Bella.

Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place et se releva. Elle tourna les talons et sortit de la cuisine et puis de la maison, sans un mot.

"Bella!"

Elle grinça des dents en entendant sa voix l'appeler mais elle ne s'arrêta pas. Elle fit une halte juste assez longue pour enfiler ses bottes et prendre sa veste puis elle ouvrit la porte arrière et courut à travers la cour se réfugier dans son appartement.

Elle trébucha dans l'escalier et ouvrit sa porte, la claqua derrière elle puis elle s'y adossa. Elle prit de grandes respirations pour se calmer en sanglotant et en se dirigeant dans sa chambre.

Elle ferma les yeux alors que les larmes roulaient sur ses joues et que le flot d'émotions qu'elle avait retenu pendant des mois, la submergeait. Toute la colère et le ressentiment dûs au départ d'Edward couraient dans ses veines de nouveau. Le sentiment d'abandon, de solitude et de douleur explosèrent pendant quelque pleurait et sanglotait dans son oreiller.

Elle savait qu'elle en faisait trop mais il l'avait blessée! Même s'ils ne s'étaient jamais déclarés autre chose que de l'amitié, elle espérait plus de lui et le revoir avait fait revenir ses insécurités.

C'est pour cela qu'elle ne voulait pas s'impliquer avec les gens - ils vous font ouvrir votre cœur et ensuite ils vous l'arrachent!

Bella était couchée en travers de son lit et les sanglots et les larmes s'apaisaient. Elle reprit conscience lorsqu'elle sentit une main douce caresser son ventre. Un corps chaud était pressé contre son dos et une douce odeur de — d'Edward l'entoura, elle renifla et commença à le repousser, mais Edward la tint fermement contre lui.

"Ça va aller, amour. Tout ira bien maintenant," chantonna-t-il à son oreille.

Bella ramena les bras d'Edward serrés autour d'elle et les replia sur sa poitrine.

"Dors ma Bella. Je suis ici maintenant, dors amour." Ses lèvres caressaient son oreille avant qu'il ne les pressent contre sa tempe.

Bella hocha la tête et se blottit plus étroitement contre lui et elle autorisa ses yeux à se fermer.

Ooo HS ooO

Edward avait passé trois jours exténuants sur la route. Lorsqu'il était parti vers la Californie au mois d'août, il était passé à travers le Nebraska, le Colorado et l'Utah préférant prendre un itinéraire plus pittoresque et plus tranquille. Pour son voyage de retour il avait voulu rentrer directement et le plus vite possible pour parcourir les 4 800 kilomètres mais il savait que si la fatigue ne le tuait pas, ses parents le feraient.

Il s'arrêta à Amarillo dans l'Oklahoma, la première nuit après avoir piloté presque dix-huit heures. Il avait beaucoup dormi et après s'être arrêté à Joplin au restaurant de Pat, il conduisit pour passer la nuit chez Vinnie et Felix, les parents de Nessie à Akron dans l'Ohio. Le matin suivant il parcourut le reste du chemin et au lieu d'aller directement chez ses parents comme il souhaitait le faire, il se força à rentrer chez lui.

Il rangea sa moto dans le garage. Il l'amènerait à Jacob pour qu'il l'entretienne après Noël pensa-t-il en la déchargeant et en se dirigeant vers la maison.

Une lampe était allumée dans le salon et il prit un moment pour se détendre et profiter du calme qu'il avait toujours ressenti quand il entrait dans cette maison.

Le rez-de-chaussée était impeccable et Edward se précipita pour augmenter le thermostat. Il savait que son père était venu régulièrement vérifier sa maison.

Elle était restée comme s'il n'était parti que quelques minutes, alors que ça faisait quatre mois. Il alluma quelques lumières et posa ses bagages dans la buanderie. Son frigo avait été rempli avec des provisions de base et il mit la cafetière en marche avant de monter à l'étage.

Il entra dans ce qu'il considérait comme la chambre de Bella. Il jurerait sentir son parfum délicieux de fraise et de crème à la vanille, mélangé avec autre chose de fruité qui finissait par sentir comme Bella, mais la chambre était vide sans elle.

Il était tout courbaturé d'avoir roulé pendant plus de dix heures et il traversa le couloir pour rejoindre sa chambre.

Il ne savait pas à quoi s'attendre parce que quand il était partit, tôt le matin, sa chambre était en pagaille. Maintenant tout était impeccablement propre et il sut que Bella était venue ici. Son lit avait été refait avec des draps propres. Son placard, qu'il avait mis sens dessus-dessous ce matin là, avait été rangé et tous ses vêtements soigneusement pliés ou suspendus.

Sa salle de bain aussi avait été nettoyée et un assortiment de serviettes propres et moelleuses avait été disposé.

Il se sentit fatigué tout à coup et il regarda l'heure à sa montre. Il était presque vingt-deux heures, alors il décida de prendre une douche et de se coucher. Il pourrait aller voir ses parents le lendemain matin.

Après la douche il s'assit d'un côté de son lit et appela les Hale pour leur dire qu'il était arrivé.

Ses yeux se fermèrent alors qu'il enlevait la serviette de ses hanches et s'effondrait dans le lit.

Ooo HS ooO

Le lendemain matin il se réveilla et se sentit mille fois mieux. Il se doucha et mit un jean et un tee-shirt thermique avant d'enfiler une chemise par-dessus et de mettre ses bottes.

Il fit son lit, rangea la salle de bain puis descendit pour boire le café. Il avait envie de l'un des fameux petits déjeuners de sa mère et lorsqu'il vit qu'il était juste sept heures et demie, il sut que ses parents et Bree seraient installés pour manger dans peu de temps alors il prit sa parka matelassée et sortit sa voiture.

Elle démarra à la première tentative et Edward sut qu'il devait remercier son père pour ça.

L'hiver s'était vraiment installé à Hope Springs. C'était un paysage d'hiver tout droit sorti d'une carte de Noël. Dorset Common était drapé de blanc, avec des lumières blanches suspendues en travers de l'allée d'arbres et qui faisaient le tour du lac, ce dernier avait été clôturé pour le protéger en vue des parties de patinage et toute la zone avait l'air magique.

Il se demanda ce que Bella allait en penser. Il ressentit du remords en pensant qu'il n'avait pas été là pour elle, pour son premier patinage et il se demandait comment ça c'était passé. Il savait qu'il aurait beaucoup à faire et il pria pour qu'elle le laisse revenir dans sa vie.

Il se sentait comme une merde de l'avoir abandonnée au moment où elle le plus besoin de lui. S'il était resté, il savait qu'il se serait replié sur lui-même mais ces raisons ne l'empêchaient pas pour autant de se sentir un salaud de l'avoir laissée tomber si soudainement.

Il tourna dans l'allée large et sourit lorsqu'il vit les lumières allumées au rez-de-chaussée. Alors qu'il finissait d'arriver il put sentir une déferlante d'émotions s'abattre sur lui.

Il racla sa gorge et essuya ses yeux rapidement avant de se garer face au garage. Il entra par le vestiaire et enleva ses bottes.

Il entendit Roscoe aboyer et des rires provenant de la cuisine et il ne put pas arrêter un petit rire d'anticipation de s'échapper en allant vers la porte de la cuisine.

Il n'aurait jamais pu prévoir le spectacle qui s'offrit à lui.

Bella était assise sur le sol assaillie par Roscoe à qui elle essayait de parler entre ses rires et ses léchages.

Elle avait l'air incroyable. Ses cheveux avaient poussé et coulaient dans son dos en de douces vagues brunes. Edward pouvait voir les cernes sous ses yeux et il savait qu'elle devait rentrer de l'université.

Roscoe le vit tout d'un coup et il sourit alors que sa queue commençait à s'agiter frénétiquement. Plusieurs choses arrivèrent à la fois. Bella releva les yeux et haleta en le fixant dans les yeux et sa bouche s'ouvrit. Sa mère, qui lui tournait le dos cria son nom avant de s'élancer dans ses bras.

Il ferma les yeux en sentant l'odeur unique de sa mère le submerger. Les mois et les années disparurent et soudain il se sentit comme s'il était redevenu un enfant de nouveau. Les étreintes d'Esmée étaient uniques et pour une petite femme ses bras étaient étonnamment forts. Il sentit ses lèvres caresser sa joue et sa petite main se poser sur sa mâchoire. " Tu m'as manqué fils ; tu nous as manqués," murmura-t-elle avant de le relâcher afin qu'il puisse prendre Roscoe. Le chien gémit de mécontentement d'avoir été laissé derrière et Edward le souleva étroitement avant de le laisser aller. Au moment où il allait aller vers Bella, un flou coloré traversa son champ de vision et Bree lui sauta dessus et l'embrassa, ses bras set ses jambes minces entourés autour de lui.

"Hey, canaille comment vas-tu?" demanda-t-il en regardant sa petite sœur.

Alors qu'elle était sur le point de répondre il capta un mouvement et lorsqu'il regarda il vit le dos de Bella disparaitre dans le vestiaire.

"Bella!" Il l'appela et posa Bree en essayant de la rattraper. Il entendit la porte de derrière se refermer et il écarta Bree de son chemin pour aller avec Bella mais il sentit une main sur son bras l'en empêcher.

Il se retourna et rencontra les yeux bleus de Carlisle. "Fiston, bienvenu à la maison. Laisse-la pour l'instant."

Les deux hommes se fixèrent un moment jusqu'à ce qu'Edward soupire de frustration et hoche la tête. Carlisle sourit et passa sa main derrière la nuque de son fils. "Viens et mange d'abord," fut tout ce qu'il dit.

Edward ne mangea rien et ses yeux restèrent concentrés sur la fenêtre d'où on pouvait voir l'angle de l'appartement du garage.

Esmée regarda Carlisle et elle pencha la tête vers la porte de derrière.

"Edward?"

"Hein?" Il releva les yeux de son assiette de bacon et d'œufs complètement massacrés.

Carlisle secoua la tête et fronça un sourcil. "T'ont-ils fait quelque chose?" plaisanta-t-il.

Edward lui offrit un sourire peu enthousiaste et ses yeux retournèrent vers la fenêtre.

"D'accord, vas-y!" dit Carlisle, Edward se leva d'un bond et traversa la pièce alors que Carlisle l'interpellait. "Edward!"

"Oui Pa'?"

"Tu lui as fait beaucoup de mal, alors vas-y doucement et il vaudrait mieux que je t'avertisse, elle ne va être facile avec toi. Ne t'attend pas à ce qu'elle te tombe dans les bras."

Il hocha la tête sérieusement. "Je sais."

Esmée lui fit un signe de la main, Edward partit de la pièce et quelques secondes plus tard la porte de derrière claqua.

Esmée regarda Carlisle avec un sourire au bord des larmes. "Penses-tu qu'ils vont s'en sortir?"

Il la rapprocha de lui. "Je pense que ce que tu devrais faire c'est de rester en dehors de ça et de les laisser se débrouiller," dit-il en fronçant les sourcils.

Elle ouvrit de grands yeux et sa bouche forma un 'o' parfait. "Qui moi? De quoi est-ce que tu parles?"

Il grogna et enroula son bras autour de sa taille pour l'enlacer plus étroitement. "Esmée Cullen, s'il te plait n'interfère pas dans la vie amoureuse de ton fils. Il ne te remerciera pas et Bella sera folle si elle croit que tu es contre elle, d'accord?" Il se pencha et l'embrassa tendrement sur les lèvres avant de s'éloigner.

Elle pouvait voir qu'il était très sérieux. "Compris, promis. Maintenant pourquoi sommes-nous debout et prêt si tôt ce matin?"

Il fit un petit sourire. "Bien essayé Mme Cullen, mais il faut que j'aille travailler, mon premier rendez-vous est à neuf heures et mon planning est complet. "

"Bien je serai contente lorsque Ned arrivera. Il vient avant ou après Noel?" demanda Esmée en suivant Carlisle dans le vestiaire.

Le docteur Ned Davis était un jeune médecin qui venait juste de terminer son internat et Edward et Carlisle l'appelaient lorsqu'ils avaient trop de travail ou lorsqu'ils voulaient prendre un jour de congé. Ned était toujours fourré au cabinet de Carlisle depuis des années et il avait tenu à les rejoindre.

Carlisle haussa les épaules dans sa chaude veste rembourrée. Esmée enroula son écharpe bleu clair autour de son cou.

"Il vient le vingt-deux et il arrêtera le deux ce qui veut dire qu'Edward et moi aurons dix jours de vacances. Edward et Ned se partageront le travail."

Esmée resta sur la pointe des pieds et embrassa son mari. "Je t'aime, maintenant dépêche-toi de me revenir et fais attention sur la route."

Lorsqu'elle revient à la cuisine elle trouva Roscoe qui l'attendait à côté du comptoir, là où les assiettes à moitié vides avaient été stockées. "D'accord, tu as été très gâté aujourd'hui Roscoe, mais c'est parce que maman et papa ont besoin de s'embrasser et de se rabibocher… Oui ils le font!" Esmée rigola à sa bêtise.

Ooo HS ooO

Edward était sur le palier devant la porte de Bella. Il n'entendit rien et ouvrit la porte doucement.

Et là il l'entendit.

Les bruits de douleur et d'angoisse que Bella étouffaient dans ses oreillers alors qu'elle était allongée sur son lit le firent grimacer. Il posa sa main sur sa poitrine où il sentit la 'blessure' qui était là depuis qu'il l'avait quittée.

Il resta dans l'embrasure pendant un long moment. Il remarqua qu'elle semblait plus mince et plus fragile d'une certaine manière.

Quand il sembla que ses larmes s'apaisaient, elle roula sur le côté et tourna le dos à la porte. Sa respiration avait encore quelques ratés de temps en temps et Edward ne put rester à l'écart plus longtemps. Il savait qu'il prenait un risque énorme et qu'elle pourrait très bien le jeter dehors et ne jamais lui reparler mais il fallait qu'il essaie!

Il s'assit sur le petit pouf et enleva ses bottes avant de retirer ses différentes couches de vêtements jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus que son tee-shirt et sa chemise qu'il avait déboutonnée et tirée hors de son jeans.

Il grimpa sur le lit derrière la silhouette de Bella secouée de sanglots. Il passa son bras sous elle et la tira contre son torse, tout en repoussant ses cheveux hors de son visage rouge et humide en chantonnant à son oreille.

Il recourba le bras qui était sous elle, posa sa main sur son ventre et le lui caressa alors qu'il murmurait à son oreille.

Les mains de Bella s'agrippèrent aux siennes et à ses bras et elle les attrapa pour les resserrer autour d'elle.

Il put voir combien ses yeux était gonflés et fatigués et il fredonna pour elle jusqu'à ce qu'elle ferme les yeux et s'endorme.

Elle accepta mais ne relâcha pas du tout son emprise.

Il se détendit à côté d'elle. Il ne pouvait rien faire pour apaiser sa bite dure comme la pierre et lancinante mais galamment il essaya de garder ses hanches loin d'elle. Finalement il réussit à s'installer et à s'endormir.

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La prochaine chose dont il eut conscience fut une main dure qui poussait sur son épaule et une voix crachait : "Putain enlève tes mains de moi!"

Il grogna et passa sa main sur son visage. Il essaya de chasser de son cerveau le brouillard du sommeil et il lutta pour s'asseoir.

Il leva les yeux et vit Bella debout de l'autre côté du lit, un air furieux sur le visage et il fit l'erreur de sourire en voyant sa coiffure. On aurait dit un chaton très en colère.

Elle devint rouge. "PUTAIN, qu'est-ce qui te fait rire? Es-tu heureux de n'avoir presque provoqué une dépression nerveuse?" cria-t-elle alors qu'elle bougeait sauvagement ses mains en tournant autour du lit. Edward s'assit et sortit ses pieds du lit. Il se leva et se dirigea vers l'endroit où ses bottes et le reste de ses vêtements gisaient en tas.

Il regarda la pièce. Il aimait ce qu'elles en avaient fait.

Les murs étaient peints en blanc ainsi que les meubles mais Alice avait amené une touche d'un joli vert sauge qui était presque le même que celui de sa chambre d'amis. Il se demandait si c'était une coïncidence. Il aimait aussi 'l'œuvre d'art' faite avec le vieux cadre et les volets sur le mur. Il sourit en regardant le siège de la fenêtre et il pouvait voir que Bella passait beaucoup de temps là.

Une petite pile de livres était posée à côté de la fenêtre. Son ordinateur trônait sur son petit bureau avec une imprimante.

"… et c'est pourquoi c'est difficile pour moi de te pardonner, Edward. Edward? EDWARD!"

Edward sentit ses joues se colorer de gêne car il venait de se faire surprendre en train de rêvasser en regardant Bella. "Tu as l'air encore plus belle que dans mes souvenirs, Bella."

Elle haussa les sourcils et laissa tomber ses mains en signe de défaite. "Tu sais quoi? Qu'est-ce que c'est ce bordel? Je m'en fiche! J'essaye de faire un effort pour t'expliquer et toi tu n'as rien écouté de ce que j'ai à dire, putain. Eh bien voici sûrement quelque chose que tu pourras entendre : FOUS. LE. CAMP. DE. CHEZ. MOI."

Les yeux de Bella étaient presque noirs de colère alors qu'elle le regardait depuis l'autre côté de la pièce.

Edward ne put rien y faire et il sourit devant tant de beauté.

Cela s'avéra être une grosse erreur.

Il sut que son moment de contrôle fragile était passé. Elle laissa échapper un grognement sourd et se jeta dans l'espace entre eux comme un tigre en colère.

Il la rattrapa facilement et essaya de garder certaines parties de son anatomie loin du danger. Mais elle se tortillait en tous sens et il reçut un coup de genou dans son pénis à demi érigé et ses boules, ce qui le fit tomber à genoux sur le tapis avant qu'il ne roule sur le côté en position fœtale sans émettre le moindre son.

Il resta sur le sol gémissant doucement, son corps ravagé par une douleur atroce qui irradiait de sa bite et de ses boules vers l'extérieur de sorte que même ses oreilles bourdonnaient.

Bella haleta en voyant son visage bronzé passer du rouge vif à une pâleur mortelle. Elle fut horrifiée par son comportement. Putain mais à quoi pensait-elle? C'était Edward! Son Edward. Elle avait passé les quatre derniers mois à espérer son retour et que faisait-elle? Elle avait essayé de le châtrer! Je dois être folle, pensa-t-elle alors qu'elle faisait le tour d'Edward ne sachant pas quoi faire, lorsqu'il parla.

"De l'eau…" réussit à souffler Edward malgré sa respiration coupée et Bella trébucha sur ses pieds et attrapa une bouteille d'eau dans son frigo.

Lorsqu'elle revint dans la chambre, il était assis, le dos appuyé contre le mur, les jambes repliées et ses bras enroulés autour de ses genoux. Il était toujours pâle mais il semblait avoir récupéré. Au moins il n'haletait plus mais semblait respirer normalement.

Elle lui tendit la bouteille et fit un bond en arrière comme s'il allait la frapper. Il fronça les sourcils en la voyant si méfiante mais ne fit aucun commentaire et marmonna un 'merci'.

Il but à la bouteille avant de la reboucher et de la poser sur le tapis à côté de lui.

"J'aime beaucoup ce que vous avez fait à l'appartement," dit-il dans le silence tendu.

Bella haussa les épaules alors qu'elle était plantée près de la porte. "Ta mère et tes sœurs sont étonnantes," dit-elle.

Finalement Edward soupira et se remit sur ses pieds avec une légère grimace.

Les yeux de Bella se dirigèrent immédiatement sur son bas-ventre avant de rencontrer son regard un peu triste mais amusé. Elle sentit ses joues devenir rouge vif et elle se lécha les lèvres. "Désolé … à ce, euh … sujet." Elle agita sa main en direction de sa queue endolorie et ratatinée qui se cachait maintenant dans son boxer.

Edward acquiesça et lui fit un sourire rapide. "Bon, je suppose que c'est ma faute. Je n'aurai pas dû te retenir."

Bella s'éloigna rapidement de la porte pendant qu'Edward s'en rapprochait. Il soupira de nouveau. "Est-ce que ça te dérange si j'utilise la salle de bain?"

Elle commença à lui montrer où elle était, mais il l'arrêta en roulant des yeux et elle hocha la tête brusquement. "Bien sûr. Tu sais où c'est, tu as vécu ici avant moi," dit-elle.

Il rigola. "Ouais et j'ai même aidé à le construire. Je reviens de suite."

Il se détourna et se dirigea vers la salle de bain, pendant que Bella restait au même endroit sans bouger et en le regardant fermer la porte.

Une fois qu'elle fut verrouillée, elle alla dans la pièce principale et marcha de long en large, tordant ses mains et marmonnant pour elle-même. "Putain mais à quoi tu pensais? Evidemment tu ne pensais pas, et maintenant au lieu de continuer notre amitié, il va probablement prendre une ordonnance de restriction contre toi! Putain, putain! Putain! Pourquoi ne puis-je rien faire correctement?" dit-elle en se retournant pour continuer à marcher. Elle s'arrêta brutalement en voyant Edward appuyé contre l'embrasure de la porte, les bras croisés sur sa poitrine avec un mélange de contrition et d'amusement sur son beau visage.

"Je promets que je ne vais pas prendre une ordonnance de restriction contre toi si tu me promets de ne plus essayer de bousiller mes attributs," dit-il.

"D'accord." La main de Bella frappa son front, elle avait oublié son filtre et sa tête, semblait-il.

"Arrête ça," ordonna Edward doucement.

"Arrêter quoi?"

Il avança un peu jusqu'à ce qu'il soit debout de l'autre côté du canapé.

"Arrête de te réprimander et pour l'amour de Dieu arrête de te taper! Tu vas finir par te blesser," dit-il à voix basse alors qu'il dirigeait sa main vers ses cheveux et les repoussait de son front pour le lui frotter gentiment. Il s'écarta d'elle un moment après et ils se fixèrent.

Il y avait tellement à dire, mais aucun d'eux ne savait par où commencer.

Elle souffla. Elle désigna le canapé d'un signe de tête. "Est-ce que tu veux t'asseoir?"

Il opina. "Merci."

Elle s'assit aussi loin possible de lui qu'elle put. Un silence très inconfortable tomba et Bella le brisa quelques minutes plus tard en sautant sur ses pieds, les surprenant tous les eux et en criant presque : "Quelque chose à boire!"

"Euh voudrais-tu boire quelque chose," demanda-t-elle, plus tranquillement.

"Non merci, ça va," dit-il.

Elle soupira et se rassit, juchée sur un coin du canapé comme si elle s'apprêtait à déguerpir à tout moment.

Tout à coup Edward se tourna pour la voir. "Ecoute Bella, je ne suis pas venu pour me battre avec toi. Je ne veux pas que les choses soient comme ça," il montra l'espace entre eux. "Je sais que je t'ai fait du mal." Elle grogna et croisa ses bras sur sa poitrine, les yeux d'Edward dévièrent vers le bas pour regarder sa poitrine brièvement puis revinrent vers ses yeux sombres. "Tu as parfaitement le droit d'être en colère contre moi, mais je veux te dire que je suis tellement désolé de t'avoir blessée. J'avais peur et j'ai fui comme un lâche. Tu as raison de penser ça de moi mais je suis désolé Bella et je veux me réconcilier avec toi si tu me laisses le faire. Je sais que j'ai merdé d'accord. Je ne veux pas faire d'excuses mais tu sais que j'ai pris la bonne décision ; tu l'as même admis! Je m'y suis mal pris mais je devais partir Isabella … pour nous deux!"

Pendant qu'il parlait il avait glissé plus près d'elle jusqu'à ce que leurs cuisses se touchent presque.

Elle ouvrit la bouche pour discuter avec lui. Elle voulait nier tout ce qu'il avait dit. Elle voulait lui dire que ça lui était égal qu'il soit de retour ou pas, qu'elle n'en avait juste rien à faire.

Mais elle ne pouvait pas mentir. Pas à Edward. Bien qu'ils n'aient jamais défini leur relation autrement que par le terme d'amitié, elle savait dans son cœur qu'ils étaient beaucoup plus que ça.

Ses yeux dévièrent vers la veste d'Edward puis sur son écharpe et ses gants qu'il avait posés là et elle remarqua que l'écharpe moche qu'elle lui avait tricotée pour son anniversaire était posée sur sa parka.

Elle le regarda surprise. "Tu mets cette écharpe actuellement?"

Les yeux d'Edward se radoucirent." C'est la meilleure écharpe que je possède, mais ne le dis pas à May-May."

Ils se sourirent avant qu'il tende sa main vers la sienne. Bella glissa ses doigts entre les siens et ils regardèrent leurs mains jointes.

Les yeux de Bella se remplirent de larmes qu'elle essaya de repousser rapidement. Edward fit un bruit d'anxiété et sa main libre se déplaça pour attraper une larme égarée. "S'il te plait ne pleure pas, Bella. Je suis tellement désolé, amour."

Les yeux marron cherchèrent les yeux vert foncé. "Tu m'as tellement manqué Edward. J'avais besoin de toi et tu étais parti! Tu es mon meilleur ami et tu es juste parti!"

Edward lâcha un juron avant de tirer rapidement Bella sur ses genoux. Elle passa ses bras autour de son cou en le rapprochant plus. Il soupira en enfouissant son visage dans le cou de Bella. Son odeur coulait autour de lui et il prit de profondes inspirations s'imprégnant de son odeur et de la sensation. Bella blottit son visage contre ses cheveux doux.

Il est là! Il est revenu! N'arrêtait pas de hurler son esprit et petit à petit l'ambiance autour d'eux changea pour passer du désespoir et de la tristesse à un sentiment de prise de conscience.

Bella se décala lorsqu'elle sentit le torse d'Edward frotter ses pointes tendues et devenues sensibles tout à coup. Son bras se desserra autour de son cou et ses doigts passaient de ses cheveux doux à l'arrière de son cou. Elle sourit, ses cheveux avaient poussé et ils étaient encore plus sauvages qu'avant. Le soleil de Californie les avait éclaircis leur donnant un léger mélange de couleur. Elle remarqua qu'il y avait même quelques mèches blondes parmi les trente autres nuances de brun, de cuivre et d'auburn.

Edward sentit sa queue encore endolorie, tressaillir alors que les doigts de Bella peignaient ses cheveux, grattant son cuir chevelu de ses ongles.

"Hmmm, putain ça fait du bien," murmura-t-il.

Il entendit la respiration de Bella se couper et la sensation de son souffle chaud et humide juste au-dessus de son oreille était suffisante pour lui donner envie de pousser son aine contre ses fesses.

"Edward…" grommela-t-elle en sentant ses yeux se révulser. Elle se sentit humide et excitée et… dans le besoin. Putain elle avait tellement besoin! Elle pressa ses cuisses entre elles pour essayer d'apaiser la sensation, mais ça n'aidait pas. Quand elle sentit sa dureté contre elle, instinctivement elle essaya de se fondre en elle. Elle laissa tomber sa tête en arrière alors que les mains d'Edward enserraient sa taille minuscule. Ses doigts étaient écartés alors qu'il fit remonter sa main sur son flanc jusqu'à ce que son majeur effleure le dessous de sa poitrine.

Elle cambra le dos en tendant presque ses seins à Edward. Elle mourait de vouloir sentir quelque chose. Elle avait besoin de dureté et de rudesse.

Elle gémit en ajustant son corps de sorte que son mamelon droit soit au bout de ses doigts.

Instinctivement il pressa son doigt contre le bout dur et Bella eut le souffle coupé.

"S'il te plait," chuchota-t-elle.

Il ferma les yeux pour essayer de bloquer la vue du merveilleux visage de Bella qui était rempli de désir et de besoin.

"S'il te plait," sa douce prière allait être sa mort. Edward pouvait sentir sa maitrise l'abandonner.

Ses yeux étaient presque noirs et ils regardaient très loin dans les grands yeux marron de Bella. Il savait qu'il pouvait l'avoir. Il savait qu'elle le suppliait de la prendre, pour mettre fin à sa peine et à son besoin. Il savait qu'elle voulait s'entourer de son odeur et de son toucher. Sa main se referma sur sa poitrine et il serra sa chair douce en regardant son visage de près.

Les yeux de Bella commencèrent à se fermer mais il secoua la tête brusquement. "Non. Regarde-moi Isabella." Sa voix résonna bizarrement même à ses propres oreilles. Elle était presque rauque mais à la façon dont les yeux de Bella s'assombrirent tout à coup et à la couleur de ses joues, il sut qu'elle aimait ça.

"Bella," Edward savait qu'il jouait à un jeu dangereux. Il devait arrêter, il fallait qu'il arrête et Bella avait besoin qu'il s'arrête. S'ils voulaient avoir une relation durable et réelle ils devaient commencer par le début et jeter Bella sur le parquet et la prendre n'allait pas les aider à créer une relation solide.

"Je te veux Edward. Touche-moi." Elle se lécha les lèvres et Edward grogna. Elle prit ce bruit pour un encouragement et frotta son derrière contre le jeans d'Edward.

Les mots qui sortirent de la bouche d'Edward furent comme un seau d'eau froide.

"Non, Bella! Non, il faut que nous arrêtions ça. Nous ne pouvons pas faire ça, ça ne marchera jamais. " Les mains d'Edward l'avaient déplacée et avant de comprendre ce qu'il se passait elle se retrouva assise toute seule sur le canapé alors qu'il était debout devant elle.

Edward ne voulait pas d'elle.

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Un petit mot de l'auteur pour vous!

Merci à toutes pour les choses merveilleuses que vous avez à dire au sujet de Hope Springs. Je suis tellement contente que vous l'appréciez et j'espère que vous pourrez profiter du reste de l'histoire. Isnoname fait un travail fantastique!

Michele

Ce chapitre s'arrête ici, nous aurons la suite des retrouvailles la semaine prochaine…

Merci d'avoir lu!