Hope Springs appartient à justginger
CHAPITRE 39
Et un bébé, ce qui fait trois!
Bella laissa échapper un soupir de contentement et laissa ses bras tomber sur le côté du hamac. Pour la première fois depuis ce qui lui semblait des mois, elle se sentait bien!
Edward aimait ses seins lourds, ses hanches et ses fesses et il essayait de l'avoir nue le plus souvent possible. Ça ne l'amusait moins de grossir même si Kébi lui disait qu'avoir pris quinze kilos était quelque chose de normal. Elle le savait mais elle ne pouvait plus voir ses satanés pieds!
Elle sentit les larmes monter, sans raison, dans ses yeux en caressant son ventre.
"Allez Petit Bout , s'il te plait aie pitié de maman. Papa et moi n'en pouvons plus de t'attendre," elle sourit en sentant un petit coup.
Elle soupira de nouveau et ferma les yeux. Peu importe que ce soit la seconde semaine de novembre et que la date prévue soit déjà passée de dix jours. Il faisait froid dehors et Bella profitait de ce temps glacial.
Bella n'avait arrêté de travailler il n'y avait que deux semaines – quatre jours avant la date prévue de l'accouchement. Et c'était juste parce que Seth l'avait menacée de l'enfermer à l'extérieur de sa classe si elle n'arrêtait pas.
Pendant les dix jours qu'elle avait passés à la maison, elle avait planifié toutes les leçons, fait toutes les décorations pour Pâques, Hanoukka, Noël et Thanksgiving pour que les enfants puissent terminer les décorations et elle avait aussi prévu les sorties d'automne et de printemps.
Lorsqu'Edward rentrait à la maison le soir, Bella avait déjà préparé le repas, nettoyé et fait la lessive, elle avait aussi cuisiné des repas supplémentaires pour lorsque le bébé serait là ou alors des biscuits, des gâteaux ou autres gourmandises. La veille il s'était aperçu qu'elle préparé cinq douzaines de biscuits pour les chiens!
Durant les nuits précédentes elle s'était sentie comme si elle bouillait de l'intérieur et la veille elle avait pu enfin dormir quelques heures sur le canapé en bas, mais maintenant elle était cassée et agitée et elle passait son temps comme elle pouvait en faisant une chose ou une autre.
Edward se plaignant parce qu'elle refusait de rentrer au chaud alors que les chiens et lui étaient près de la cheminée le soir, soit en haut soit en bas pendant que Bella se promenait en short et en t-shirt.
Esmée arriva dans le patio et fit claquer sa langue quand elle repéra que Bella se balançait dans le hamac.
Edward l'avait appelée un peu avant parce qu'il ne pourrait rien tirer de Bella et qu'il travaillait bénévolement à la clinique gratuite à Woodstock toute la journée.
"Bella? Chérie, qu'est-ce que tu fais?" l'appela-t-elle.
Bella fit signe de la main à sa belle-mère et sourit. "Hey Ma, je suis en train d'essayer de rattraper quelques instants de calme et de paix! Petit Bout me rend folle depuis quelques jours."
Esmée jeta un coup d'œil au ciel qui s'obscurcissait. "Bon, c'est bien beau mais il est sur le point de pleuvoir, alors viens à l'intérieur s'il te plait."
Elle alla vers Bella et l'aida à s'extraire du hamac. Esmée récupéra la couverture et tint Bella fermement tandis qu'elles se hâtaient à l'intérieur et que les premières grosses gouttes de pluie commençaient à tomber.
Une fois dans la cuisine, Esmée mit de l'eau à chauffer et se retourna. "Tu as encore nettoyé ici? Bella! Kébi t'a bien dit de ralentir un peu."
Bella jeta un coup d'œil dans la pièce et elle sentit le fourmillement familier au bout de ses doigts qui l'obligeait à nettoyer encore.
"Je sais mais je ne peux pas m'empêcher! Je me lève, juste après qu'Edward soit parti travailler, avec l'intention de me reposer, de lire et de dormir mais je passe devant une armoire ou je vois un mouton de poussière ou autre chose et ce qui me traverse l'esprit c'est – il faut que je range!" dit-elle avec exaspération.
Esmée finit de verser le thé et emmena Bella au grand canapé dans le coin.
"Bon j'espère que tu n'as pas bougé ces meubles toute seule, jeune femme, sinon papa et Edward vont te surveiller comme le lait sur le feu!" gronda Esmée.
Bella soupira mais elle rougit et elle fronça son nez en réfléchissant à quoi répondre. "Booon!"
Esmée secoua la tête. "Isabella, est-ce que tu veux vraiment que nous fassions une crise cardiaque?"
"Mais Ma!" protesta-t-elle et Esmée lui sourit en s'apercevant qu'elle se comportait comme Brady.
"M. Cope est venue pour m'aider – et je n'ai pas bougé les gros meubles!" elle se mordit le doigt et le pointa en l'air. "Promis!"
Esmée ricana. "Oh s'il te plaît, il faudra que tu apprennes à mentir mieux que ça, chérie. Tu oublies que nous avons eu des garçons et des filles avant toi et je peux sentir un mensonge à des kilomètres!"
Bella rigola mais pour être complètement honnête, M. Cope n'était arrivé après que Bella ait glissé sur le tapis dans le salon et elle l'avait téléphoné avec son portable parce qu'elle avait eu peur de bouger.
M. Cope avait juré qu'il ne dirait rien à condition qu'elle arrête de faire des choses à la maison jusqu'à ce que le bébé soit arrivé. Elle frotta son dos, il lui faisait encore un peu mal.
"Qu'est-ce qui ne va pas?"
"Rien. Je suis un peu fatiguée je crois et j'ai mal au dos à cause du hamac sans doute," dit Bella vivement en saisissant sa tasse.
"Tu n'as pas froid Bells? Il fait presque aussi froid que dehors, ici!" dit Esmée en frissonnant.
Bella rit. "Pourtant j'ai augmenté le réglage du chauffage de trois degrés ce matin!"
Esmée roula des yeux. "Alors maintenant au lieu d'engelures nous allons faire de l'hypothermie!"
Bella rit et se frotta le ventre. "Alors raconte ce qu'il se passe en ville pour voir ce que j'ai manqué!"
Esmée avait apporté un cheese-cake au citron et aux framboises et pendant l'heure qui suivit Esmée partagea avec elle tous les ragots, jusqu'à ce que Bella n'arrête pas de bâiller.
"Pourquoi tu n'irais pas là-haut faire la sieste? " lui suggéra-t-elle en chargeant le lave-vaisselle.
"Mais…" commença-t-elle et elle se couvrit la bouche en se remettant à bâiller.
Esmée mit une mais sur sa hanche et lui montra les escaliers. ""Allez monte et arrête de lutter contre toi-même! Honnêtement dans quelques jours, tu voudras pouvoir avoir du temps pour dormir – maintenant vas-y!"
Bella marmonna dans sa barbe mais elle fit une bise sur la joue d'Esmée en passant près d'elle puis monta l'escalier. "Merci maman," murmura-t-elle à contrecœur.
Esmée lui tapota le derrière. "Si sacrément têtue…"
Une fois qu'elle eut disparu là-haut Esmée vérifia le plat que Bella avait commencé à préparer. Elle déballa le panier rempli qu'elle avait amené et prépara rapidement des légumes racines dans un plat à rôtir. Elle nettoya des champignons sauvages qu'elle fit avec du riz brun et au dernier moment elle décida de faire un toffee pudding au four qu'Edward et Bella partageraient après le dîner, elle fouetta aussi de la crème fraîche qu'elle mit au frigo.
Elle alla voir ce que faisait Bella et elle vit qu'elle dormait encore profondément, elle semblait un peu plus reposée. Instinctivement elle toucha son front et quand elle sentit qu'il était froid, elle la couvrit avec la couette puis elle tira les rideaux épais qu'Edward avait installés en prévision de l'hiver.
Esmée regarda par la fenêtre de la chambre et elle frissonna en voyant la pluie tomber. Il n'était que seize heures et il faisait déjà nuit noire et il pleuvait à torrent.
Elle nourrit les chiens puis téléphona à Carlisle pour lui dire où elle était mais elle tomba directement sur la messagerie.
Carlisle était allé à Woodstock avec Edward car il avait été invité à prendre la parole lors d'un déjeuner à la Chambre de Commerce, pour les médecins pratiquant ou qui voulaient venir s'installer dans une petite ville.
Carlisle avait toujours était très respecté dans le Vermont mais depuis qu'il avait été élu maire de Hope Springs, les gens le considérait davantage.
Brusquement lui et Esmée avaient été sollicités pour être présents, pour parler à des rencontres variées et même pour juger les bébés lors d'une compétition, Esmée avait trouvé ça hilarant parce que les nouvelles mères n'arrêtaient pas d'aller voir Carlisle pour lui parler! Une femme qui n'avait pas plus de trente cinq ans, avait même eu l'audace de lui demander de sortir avec elle – en présence d'Esmée! Elle avait eu tôt fait de faire disparaitre son petit sourire amusé de son visage.
Elle se servit une autre tasse de thé et appela rapidement Alice, Rosalie et Bree pour vérifier qu'elles étaient en sûreté à l'intérieur.
"Où es-tu Mam'?" demanda Rosalie. "J'ai fait un tour en voiture pour voir si toi et papa vouliez venir pour dîner."
"J'aurai dû laisser un mot sur la porte, chérie. Je suis chez Bella. Edward m'a appelée plus tôt. Il a été retardé à la clinique et il m'a demandé d'aller la voir et ça a été une bonne chose parce que j'aie trouvé cette idiote en train de se prélasser dans le hamac derrière la maison!" dit-elle indignée.
Rosalie rit. "Ouais, elle se plaint de 'ses bouffées de chaleur' mais Al et moi lui avons dit qu'elle est la seule à blâmer parce qu'elle ne se détend jamais! C'est comme si elle était obligée de s'occuper chaque seconde de la journée et de la nuit avec une activité quelconque!"
Elles bavardèrent quelques minutes encore et se dirent au revoir.
Esmée se mit à lire un magazine pendant un moment mais elle surveillait le temps dehors. Ça ne semblait pas s'arranger, en fait elle remarqua que les chiens s'étaient installés à côté d'elle parce que le tonnerre grondait.
Heureusement Bree avait été invitée à rester à Stowe avec Izabella et Gerard et Esmée savait qu'elle était à l'abri.
Son téléphone sonna au moment même où elle se demandait ce qui retenait Carlisle aussi longtemps.
"Jasper? Salut chéri," dit-elle avec un sourire.
De tous ses enfants Jasper était le plus tranquille. Il avait toujours été un enfant avec peu de mots et Esmée avait toujours pensé que c'était ironique qu'il se soit dirigé vers une profession où les mots et les discours étaient une partie importante de son travail.
"Hey Mam', Al m'a dit que tu étais avec Bella." Esmée put entendre que quelque chose n'allait pas même si Jasper essayait de le cacher.
Esmée hocha la tête. "Oui, pourquoi, quelque chose ne va pas?"
"Avez-vous parlé à Edward récemment?" demanda-t-il en s'efforçant d'être calme, ce qu'il n'était pas.
Elle lui expliqua en hésitant qu'Edward l'avait appelée plus tôt.
Jasper était assis dans son véhicule de police et passait sa main dans ses cheveux en fixant l'extérieur. "Ecoute Mam', s'il te plaît ne panique pas mais…" commença-t-il.
Esmée commença à sentir son cœur s'emballer dans sa poitrine.
"Nous avons eu un appel pour un accident sur la 106 à côté de l'intersection de la forêt de Noah. Je suis en chemin mais avec ce temps il y a des arbres qui sont tombés sur la chaussée et ça rend les choses difficiles. Je ne veux pas que tu t'inquiètes d'accord? Je te rappelle aussitôt que je suis arrivé là-bas."
Esmée sentit comme une énorme pierre tomber dans son estomac. "Papa est avec Edward," murmura-t-elle.
Jasper sentit sa bouche s'assécher. "Ils iront bien j'en suis sûr Maman. Ecoute il faut que j'y aille. Eric est parti avec les autres aider les pompiers pour bouger les arbres de la route. Reste à l'intérieur avec Bella et s'il te plait ne l'inquiète pas jusqu'à ce que je te rappelle."
Il y eut un silence pendant lequel chacun envisagea les conséquences possibles …
"Je t'aime, fils. Sois prudent," dit-elle finalement en clignant des yeux pour repousser ses larmes. Ce n'était pas le moment de penser à ce qu'il se passerait si…
"Je t'aime aussi Maman. S'il te plait ne t'inquiète pas."
Esmée fixait l'extérieur sombre. L'endroit dont lui avait parlé Jasper était une route assez déserte qui traversait la forêt. S'il vous plaît mon Dieu faites qu'ils aillent bien. S'il vous plaît ne nous faites pas ça, pas à Bella – elle ne supporterait jamais de le perdre et je ne peux pas vivre sans mon mari. S'il vous plaît …
"Esmée qu'y a-t-il?"
Elle souffla en se retournant et elle trouva Bella dans l'encadrement de la porte. Visiblement elle s'était douchée et changée, elle portait maintenant des leggings noirs avec des chaussettes épaisses et un sweater à manches longues et un pull qui appartenait à Edward. Elle était si jolie comme un enfant qui jouerait à se déguiser et le pull d'Edward lui tombait sous les genoux et les manches en étaient retroussées.
"Comment tu te sens? Tu as dormi longtemps," dit Esmée en regardant l'heure.
Dix-huit heures vingt-sept - Esmée avait été perdue dans ses pensées pendant presque une heure.
"Est-ce que ça va? J'ai dû t'appeler trois fois avant que tu m'entendes," dit Bella en essayant de voir sur le visage d'Esmée des indices de ce qu'elle cachait.
Elle se força à sourire. "Bien sûr je vais bien, je m'interrogeais à propos de la collecte de la laine. Ouah, c'est vraiment la tempête dehors! As-tu faim? Le dîner est prêt."
Esmée frotta son estomac qui se mit à gargouiller. "Moi j'ai faim."
Esmée les servit rapidement et elles s'installèrent avec leur plateau sur leurs genoux en regardant un concours de cuisine à la télévision.
"Tu n'aimes pas Michael Symon*?" demanda Bella à Esmée.
Elle rigola. "Non, Marc Forgione* me correspond davantage." Elle fit un clin d'œil à Bella.
Bella haleta. "Pourquoi, Esmée Cullen si mystérieuse, qui se serait douté que tu les préférais au berceau?"
Esmée rit. "Bon à qui croyais-tu que je pensais? Bobby Flay*? Non merci! Je pense que les jeunes sont meilleurs!"
Bella secoua la tête. "C'est là où tu te trompes! Pour moi rien de meilleur qu'un homme plus âgé."
Elle sentit la douleur dans son dos s'accentuer et elle grimaça en massant l'endroit qui lui faisait mal.
"Est-ce que tu as mal?" demanda Esmée.
Elle se mordit la lèvre avant de hocher la tête. "J'ai cette douleur et Oh!"
Bella bougea pour se lever lorsque la poche des eaux se rompit se répandant sur le siège et le plancher.
Elles se fixèrent choquées pendant une seconde puis Esmée se leva. "Bon d'accord alors, il semblerait que le travail ait commencé. Pourquoi n'irais-tu pas te laver et te changer pendant que je passe quelques coups de fil," dit-elle en essayant de paraître calme.
Bella monta mais s'arrêta tout à coup en sentant sa première vraie contraction.
Esmée l'aida à respirer et elle prit note de l'heure avant de s'emparer rapidement de son téléphone.
Les téléphones de Jasper et de Carlisle la dirigeaient directement sur le répondeur, celui d'Edward sonnait et Esmée sentit les larmes piquer derrière ses yeux en priant silencieusement que sa famille soit saine et sauve.
"Allô?"
"Em, merci mon Dieu! Chéri, le travail de Bella a commencé et Edward et ton père…"
"Maman, calme-toi! Jas vient juste de m'appeler et ils ont trouvé le camion mais ils ont un problème pour l'atteindre. Maintenant avec ce temps, nous ne pourrons jamais amener Bella à l'hôpital à Woodstock. Maman laisse-moi te rappeler – essaie de faire rester Bella tranquille et ne lui parle pas d'Edward – Jas ne sait encore rien…"
"D'accord, dépêche-toi Em."
"Oui."
Esmée repoussa la panique et essaya de se ressaisir en rangeant leur dîner et en rinçant les assiettes.
Les minutes ressemblaient à des heures.
Pourquoi Emmett ne rappelait-il pas? Est-ce qu'Edward et Carlisle allaient bien?
Son téléphone se mit à sonner et elle répondit rapidement, "Emmett?"
"Non, Essie, c'est Kébi. Emmett m'a appelée. Comment va Bella?"
"Elle est allée se doucher de nouveau et se changer mais Kébi je suis très inquiète. Comment va-t-on faire pour l'amener à Woodstock si cette tempête ne se calme pas?"
"On s'en occupe actuellement. J'ai demandé à Emmett d'amener Jeffers chez Bella. Esmée le plus important c'est de faire en sorte que Bella reste calme. Je te rappelle dans quelques minutes. "
Esmée releva la tête et vit Bella debout dans l'entrée sa valise à la main.
Esmée essaya de sourire mais son sourire s'effaça aux mots de Bella. "Maman, où es Edward?"
"Bella, je …"
Bella secoua la tête. "N'essaie même pas de me mentir. Je sais que quelque chose ne va pas."
Bella avait essayé à plusieurs reprises d'appeler Edward mais son téléphone sonnait et c'est tout. Plus tôt elle s'était réveillée de sa sieste en sueur et son cœur battait la chamade. Son rêve avait été l'un des pires et il l'avait laissé tremblante dans le lit, elle se souvenait du sang rouge qui coulait et se répandait dans la neige blanche…
Bella secoua la tête à sa belle-mère. "Ne mens pas. Dis-moi ce qui ne va pas parce que moi je te dis ça : je n'aurai pas ce bébé sans Edward."
Les deux femmes s'affrontèrent du regard.
"C'est ridicule! Bien sûr que tu vas l'avoir ce bébé! De quoi tu parles? Tu ne peux pas arrêter le travail qui a commencé!" dit Esmée rageusement.
Bella fronça les sourcils. "Regarde-moi! Je n'aurai pas ce bébé avant qu'Edward soit avec moi, alors tu ferais bien de me le dire maintenant, ou …"
A ce moment là quelqu'un frappa fortement à la porte d'entrée et Esmée fixa Bella qui se précipita vers celle-ci.
Emmett et Jefferson étaient là et Esmée soupira de soulagement.
"Merci mon Dieu! Entrez!"
Bella écoutait la sonnerie du téléphone d'Edward puis la voix de la messagerie.
"Edward, s'il te plaît rappelle-moi. Le bébé arrive et j'ai besoin de toi!" murmura-t-elle avant de laisser tomber le téléphone parce qu'une autre contraction commençait.
Jefferson se précipita en se débarrassant de son imperméable et de ses bottes mouillées.
Emmett prit ses affaires et les rangea dans le vestiaire. Il alla dans la grande salle en entendant la voix de Bella qui hurlait.
"Non! Le travail ne va pas commencer si Edward n'est pas la – aaagh!"
Jeffers découragé regarda Emett. "Il faut que tu lui parles et que la fasses revenir à la raison!"
Bella regarda Emmett ses larmes coulaient sur ses joues. "Où est-il?"
Emmett sentit sa gorge se resserrer en voyant la peur de Bella au fond de ses yeux, il lui dit : "Bella je ne vais pas te mentir. Il y a eu un accident," il ignora le halètement de Bella et continua. "Jasper est là- bas mais la 106 a été coupée à la circulation. La route est humide et glissante. Edward a fait une embardée pour éviter une collision et ils sont tombés dans le talus près de la route de la forêt de Noah. Les secours sont en train d'essayer de les récupérer." Il regarda sa mère avec un sourire triste. "Ils ont parlé à papa mais Edward est inconscient derrière le volant et papa ne peut pas l'atteindre." Il regarda Bella. "Alors il faut que tu sois forte maintenant Bella. Tu dois être responsable. Votre fille est sur le point d'arriver et il n'y a que toi qui peux l'aider." Bella secouait toujours la tête et Emmett s'avança et posa ses mains sur ses épaules. "Je sais que tu as peur, Bella, nous sommes tous là ; Edward a besoin que tu sois forte, d'accord? Il faut que tu essaies, chérie, que tu t'assures que la fille d'Edward soit en sécurité."
Il savait que ce n'était pas juste mais alors même qu'il mentionna le nom d'Edward, il vit la résolution apparaitre dans les yeux de Bella et il sut qu'elle ne mettrait pas le bébé en péril.
Elle hocha la tête alors que les larmes continuaient à couler sur ses joues.
"Bonne fille. Maintenant Kébi est en train d'organiser un rapatriement en hélicoptère parce que la route est coupée. Pendant ce temps," il regarda Jefferson, "Jeff de quoi as-tu besoin jusqu'à ce qu'ils arrivent?"
Il regarda Bella. "Il faut que te t'examine et que je vois à combien tu en es, Bella," dit-il calmement.
Elle arrêta de protester. Elle le suivit et ils montèrent dans la chambre d'Edward.
"Esmée pourriez-vous ouvrir le lit et mettre quelques serviettes pour le protéger? Emmett pourrais-tu monter le chauffage? Bella, allez enlève tous ces vêtements et mets-toi une chemise de nuit ou un grand t-shirt, d'accord?"
Jeffers se dirigea vers la fenêtre et tira les rideaux. Emmett alla régler le chauffage et s'occupa de contenir les chiens au rez-de-chaussée.
Il appuya sur le bouton de son téléphone.
"Hey Jas, des nouvelles?"
Jasper essuya la pluie de ses yeux. "Les pompiers et les secouristes ont atteint le camion et ils sont en train de les remonter maintenant. Je pense que Papa va bien, l'hélicoptère va les transporter tous les deux à Woodstock. Comment est Bella?"
Emmett poussa un soupir. "Je lui ai dit pour l'accident – il le fallait. Elle a peur mais elle est calme, ou du moins plus coopérative. Kébi est en train d'organiser son rapatriement par hélicoptère pour l'emmener à l'hôpital mais évident les urgences sont prioritaires. Tu rentres à la maison ou tu vas à l'hôpital?"
La main de Jasper se leva alors que la première des deux civières s'élevait vers l'hélicoptère.
"Je ne suis pas encore sûr. Il y a encore un sacré travail à faire pour dégager la route."
Ils se dirent au revoir et Emmett monta à l'étage.
Ooo HS ooO
Dès le moment où Emmett prononça le mot accident Bella avait commencé à se fermer. Elle savait bien qu'elle ne pouvait pas empêcher l'accouchement mais ça lui était égal. Il n'y avait aucun moyen qu'elle puisse faire ça sans Edward. Il devait être là - il fallait qu'il soit là lorsque leur Petit bout inspirerait pour la première fois.
Peu lui importait qu'Esmée la déshabille et lui passe un t-shirt d'Edward.
"Allez viens Bella," lui dit-elle gentiment en l'aidant à se coucher sur le lit.
Jeffers lui dit de s'installer en bas du lit de façon à ce que ses jambes pendent au bord puis il la recouvrit d'un drap.
"Allez Bella on va voir ce qu'il se passe, d'accord? Il faut que tu croises tes chevilles – c'est ça laisse tes jambes s'ouvrir et tes genoux reposer sur les coussins … voilà c'est vraiment bien comme ça Bella. Maintenant tu te détends tout simplement."
Jeffers prit le pouf en cuir qu'Emmett lui avait amené et enfila une paire de gants.
Elle sursauta quand elle sentit ses mains sur elle mais il attendit qu'elle se calme avant de pratiquer son examen.
"Humm, d'accord," dit-il en la recouvrant. "Tout semble exactement parfait. Le bébé est complètement engagé et ton col est dilaté de cinq centimètres. D'après ce qu'à dit Esmée ça fait un moment que le travail a commencé donc il faut que nous vérifions l'espacement entre tes contractions. Pourquoi n'essaierais-tu pas de te détendre?"
Bella secoua sa tête. "Est-ce qu'Emmett peut venir me voir?"
Emmett entra, s'installa à côté de Bella et repoussa ses cheveux de devant ses yeux. " Comment ça va chérie?"
Bella haussa les épaules alors que les larmes envahissaient ses yeux. "Tu as eu Jasper de nouveau?"
Il lui essuya les larmes sur ses joues avec ses doigts. "Ouais. Il a dit qu'ils étaient tous les deux en route pour l'hôpital. Jefferson téléphone à Kébi pour savoir dans combien de temps l'hélicoptère sera disponible pour venir te chercher."
Bella eut du mal à rester calme. "Emmett?"
"Ouais?"
" Et si…"
Emmett secoua à la tête et ses yeux bleus lancèrent des flammes. "Arrête ça! N'y pense même pas! Ils vont aller bien, d'accord? Est-ce que tu m'entends? Mets-toi bien ça dans la tête, ils vont aller bien!"
"D'accord," chuchota-t-elle.
Emmett lui serra la main. "Tu dois penser au bébé, elle a besoin que tu sois forte pour elle, okay? Peux-tu faire ça?"
Bella hocha la tête même si elle sentit son cœur se briser.
Comment allait-elle faire si Edward n'était pas avec elle?
Ooo HS ooO
Une demi-heure plus tard l'hélicoptère arriva. Emmett ferma la maison, s'occupa de prendre Apples et Roscoe chez lui et Jake Black et Sam Uley arrivèrent dans leur 4x4 pour aider l'équipe médicale.
Jake avait apporté une énorme bâche. Lui, Sam et les autres voisins avaient dégagé la rue devant la maison et formait un paravent en tenant la bâche pendant que Bella était amenée à l'hélicoptère.
Esmée partit avec Bella, tandis qu'Emmett les rassurait en leur disant qu'il s'occupait de tout le reste.
Il fit monter les chiens dans sa voiture, raccompagna Jeffers chez lui puis retourna lentement chez lui. Il remarqua que la ville ressemblait à une ville fantôme. Tous les magasins étaient fermés et la plupart des gens avaient baissé les volets des grandes baies vitrées à cause de la tempête. Le seul bâtiment qui était éclairé était le studio de danse qui servait pour les réunions d'urgence et quelquefois de centre d'hébergement en cas de besoin.
Rosalie attendait à l'entrée tandis qu'Emmett s'arrêtrait dans le garage. Il laissa descendre les chiens qui prirent immédiatement la direction des chambres des enfants. Emmett retira ses vêtements mouillés ainsi que ses bottes et Rose lui tendit une serviette.
"C'est vraiment moche dehors," dit-elle.
Emmett opina et se pencha pour l'embrasser tendrement. "Ça tombe vraiment, que disent les prévisions météo?"
Rosalie ne put s'empêcher de mater son mari pendant qu'il se déshabillait dans le vestiaire, quand il se retrouva en boxer, il enfila un pantalon de survêtement, un sweat et une paire de chaussettes en laine.
Il releva la tête pour remarquer que Rose se léchait les lèvres et que son regard fixait son estomac musclé avant qu'il enfile son sweat et il sourit. "Hein Rosie? Est-ce que ça va bébé? Tu es toute rouge là?"
Rosalie n'entendit que la fin de la phrase, elle cligna des yeux en voyant le sourire taquin de son mari et elle secoua la tête. "Idiot!" murmura-t-elle.
Il rit en l'attrapant par la taille. "Tant que c'est moi l'idiot que tu mates." Il se pencha à nouveau et l'embrassa mais avant qu'il n'intensifie le baiser Rosalie le repoussa.
"Pas maintenant, Em, raconte-moi."
Rosalie savait qu'Emmett se servait de son corps pour nier les choses désagréables ou négatives mais elle savait que le sexe n'allait pas aider en ce moment.
Il sourcilla. "Putain Rose, il y a tellement de choses qui sont arrivées, je veux juste…"
Rosalie secoua la tête en posant sa main sur son torse imposant. "Bébé, je sais, d'accord? Mais tu dois partager, alors viens à l'intérieur et dis-moi ce qu'il se passe".
Emmett avait envie de boire un bon remontant mais il savait qu'il avait besoin de rester sobre alors il opta pour une bière sans alcool. Rosalie et lui s'assirent au comptoir pendant qu'il avala son dîner et il lui raconta ce qu'il s'était passé.
"As-tu eu des nouvelles de Jasper?"
Il secoua la tête. "Non, il était sur les lieux de l'accident et il devait nettoyer les débris et attendre que le camion soit enlevé. Jake est allé là-bas dès qu'il a quitté la maison d'Edward."
Rose hocha la tête en lui caressant le dos d'un geste réconfortant. "Je sais que c'est dur pour toi, Em, mais ils vont aller bien."
Emmett opina en repoussant son assiette. Tout à coup il n'avait plus faim.
"Où sont Alice et les enfants? Je pensais qu'ils devaient venir ici?"
"Oui c'est vrai, ils devaient venir mais Makenna et Angela sont allées la chercher parce qu'Alistair s'occupe des volontaires en cas de besoin et comme Eric est avec Jasper, il a beaucoup de gens à aller aider alors elle y est allée."
Emmett sourcilla. "Je n'aime pas cette idée qu'ils soient seuls dehors…" dit-il en fixant l'obscurité à l'extérieur.
Rose se leva et passa ses bras autour de son mari, ce qu'elle pouvait faire juste parce qu'il était assis et bien qu'elle soit grande, Emmett la dominait.
"Pourquoi n'irais-tu pas souhaiter bonne nuit aux enfants – je les ai laissé construire une tente en drap et puis tu pourrais appeler ta mère."
Il se leva. "Merci chérie. Je m'inquiète vraiment tu sais. Je ne peux pas imaginer mon père ou Edward être malades ou blessés et Bella a si peur," il se frotta le visage dans les cheveux de Rosalie alors qu'elle le serrait étroitement.
"Nous sommes les Cullens et nous allons traverser tout ça," lui murmura-t-elle à l'oreille.
Emmett essaya de se calmer et poussa un petit soupir. Après avoir embrassé sa femme sur le front il la quitta et sûr de lui, c'était lui l'homme fort de la famille il pouvait tout affronter. Il ferma les yeux puis se dirigea dans la salle à manger et quelques minutes plus tard Rosalie put entendre ses enfants rire et bavarder avec animation.
Un moment plus tard elle les rejoignit avec de grandes tasses de chocolat chaud et un grand bol de marshmallows et autres bonbons.
"D'accord, qui veut un chocolat chaud et qui voudra regarder un film?" demanda-t-elle.
Jed et Emma sortirent la tête de leur 'tente' suivis de près par Apples et Roscoe. Rose rit en voyant celle d'Emmett dépasser sur le côté.
"Ouah, y a-t-il encore quelqu'un d'autre là-dessous?" dit-elle.
Une fois que les enfants furent installés pour manger, Emmett sortit discrètement de la pièce pour aller dans son bureau.
Il composa rapidement le numéro de sa mère.
"Emmett?"
"Hey Mam', alors?" demanda-t-il évitant de laisser transparaitre dans sa voix la panique qu'il ressentait.
"Oh chéri, papa va bien! Il est un peu contusionné et a des brûlures à cause des airbags mais les médecins ont donné leur feu vert, il vont le libérer. Ils voulaient le garder toute la nuit mais tu sais comment est ton père – il est impossible. Quoi qu'il en soit ce sont de bonnes nouvelles, non?"
Il hocha la tête. "Oui ce sont de bonnes nouvelles. Comment va Bella? Et Edward?"
Esmée soupira. "Edward a pris un coup sur la tête et ils vont le garder en observation mais Kébi s'est arrangée pour qu'ils l'installent près des salles d'accouchement et ils les mettront ensemble dans une chambre plus tard quand le bébé sera né," dit-elle d'une voix fatiguée.
"Bon sang Em, tu ne peux même pas t'imaginer comment ils se sont comportés tous les deux! Les médecins urgentistes ont dû menacer Edward de l'attacher à son lit et Kébi a dû menacer Bella de l'endormir si elle ne se calmait pas!"
Emmett rit et il sentit un poids quitter ses épaules. Tout le monde allait bien.
"Ces deux là vont bien ensemble, je plains leurs enfants! Ecoute Mam', ça va aller là-bas? Qu'est-ce que vous allez faire pour cette nuit? Je ne veux pas que vous restiez assis toute la nuit sur ces chaises en plastique dur." Emmett savait que ses parents ne se faisaient pas jeunes et leur fils aîné avait tendance à s'inquiéter pour eux.
"Ne t'inquiète pas chéri. Papa et moi allons rester chez Amun et Kébi cette nuit et je me demandais si tu pourrais venir nous récupérer demain? Je suis sûre que vous voudrez venir voir le bébé."
Il fut d'accord et après quelques minutes ils raccrochèrent. Emmett et Rosalie purent commencer à passer des coups de fils à leurs amis et à la famille de Bella à Phoenix pour les mettre au courant des événements de la journée.
A Woodstock Esmée retourna dans la petite salle d'attente à côté des salles d'accouchement. Elle sourit en apercevant Carlisle qui l'attendait, puis elle fronça les sourcils en voyant que sa joue et sa mâchoire étaient rouges. Pendant un moment elle prit peur, elle n'avait jamais vu Carlisle autrement qu'en pleine forme et en bonne santé et pour la première fois elle remarqua qu'il était plus gris que d'habitude, il était pâle et son teint était terreux, il avait presque un air fragile.
Sa respiration se coinça dans sa gorge et les larmes remplirent ses yeux et commencèrent à tomber sur ses joues.
Carlisle regarda la physionomie de sa femme, de son amour et de sa meilleure amie changer et il vit le soulagement et la joie faire place à la crainte et à la vulnérabilité dans ses yeux et il se maudit de lui faire ressentir ce genre de choses.
Il s'efforça de lui sourire et lui tendit ses bras. Il ignora ses muscles endoloris. Esmée s'approcha doucement. Elle vérifia chaque centimètre carré de lui.
"Essie, viens là chérie," l'encouragea-t-il alors qu'elle s'arrêtait avant de l'atteindre.
"Je ne veux pas te faire mal," murmura-t-elle et Carlisle marmonna un juron en s'avançant et en enroulant ses bras autour de sa frêle silhouette.
Esmée laissa aller ses sanglots et elle s'accrocha à la chemise chirurgicale qu'on lui avait mise.
"Chhut chérie, chut maintenant. Ça va aller. Nous allons bien ma douce," chuchota-t-il en la berçant.
"Je sais – je sais – oh mon dieu, Car, s'il te plaît ne me laisse pas! Je ne peux pas …" sanglota-t-elle contre son épaule.
Carlisle grimaça alors qu'elle se serrait un peu plus contre lui et que ses doigts touchaient accidentellement une ecchymose qui s'était formée sur son côté - là où la poignée de la portière s'était enfoncée.
Carlisle savait qu'il ne pouvait pas promettre à Esmée qu'il ne la quitterait jamais, spécialement maintenant qu'ils vieillissaient mais il se promit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour s'assurer qu'ils soient ensemble le plus longtemps possible.
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Bella se souvint à peine du trajet en hélicoptère. Elle était vaguement consciente qu'Esmée était avec elle, lui tenant la main. Elle se concentrait sur les yeux d'Esmée qui lui rappelaient ceux d'Edward.
La chose suivante dont elle fut consciente était qu'ils se posaient puis la porte de l'hélicoptère s'ouvrit et ensuite ils essayèrent de l'abriter le plus possible et lorsque l'équipe médicale et Esmée arrivèrent à l'intérieur ils étaient tous trempés jusqu'aux os.
Kébi l'attendait et ils l'emmenèrent dans une chambre. Kébi jeta un coup d'œil vers Esmée qui était toute trempée et la remit à une infirmière qui lui montra une salle de bains, elle put se doucher et échanger ses vêtements trempés contre une tenue de chirurgien et des chaussures que Kébi conservaient dans son casier.
Emée essaya bien de protester en disant qu'elle voulait voir Carlisle, puis Edward et qu'elle devait rester auprès de Bella mais Kébi appela des infirmières qui se chargèrent de Bella puis elle posa sa main sur Esmée pour la calmer.
"Esmée, je t'aime mon amie**, mais tu ne seras d'aucune utilité si tu es malade. Maintenant tu es choquée et trempe jusqu'à l'os alors s'il te plaît fait ce qu'on te dit. L'infirmière Walters t'amènera voir Carlisle sitôt que tu auras fini de te doucher et de t'habiller. Sommes nous d'accord**?"
Esmée hocha la tête en soufflant. "Oui nous sommes d'accord. Mais ça me déplait!"
Kébi tapota sa main et se précipita vers Bella.
Esmée se doucha aussi vite que possible et elle constata qu'elle allait beaucoup mieux après avoir mis une tenue chirurgicale rose, des chaussettes épaisses et une paire de sabots roses que Kébi semblait posséder en toutes les couleurs.
Une fois qu'elle fut habillée et qu'elle eut séché et arrangé ses cheveux l'infirmière Walters la conduisit vers les urgences.
Esmée pouvait entendre Edward crier dès qu'elle s'approcha.
"Laissez-moi partir! Ma femme est ici, bordel! Elle a besoin de moi! Merde!"
"DOCTEUR CULLEN – IL VA FALLOIR QUE VOUS VOUS CALMIEZ – MAINTENANT!"
"PUTAIN BELLA A BESOIN DE MOI – AIE, PUTAIN! ARRETEZ DE ME PIQUER!"
Esmée en oublia Carlisle et se précipita vers la salle où elle pouvait voir tout un tas de personnel médical.
"Docteur…"
"EDWARD CULLEN!" rugit Esmée et tout le monde se retourna pour fixer la petite femme, choqué.
"Mam'! Merci mon Dieu!"
Esmée secoua la tête. "Oh oh oui tu peux prier pour quand j'en aurai fini avec toi! Pourquoi est-ce que tu cries comme un hystérique? Jurer et te conduire comme un grossier personnage n'est pas un comportement! Déplorable! Excuse-toi immédiatement!"
L'équipe médicale regardait avec amusement l'homme en colère se transformer en en adolescent grincheux alors que ses oreilles viraient au rose et qu'il marmonnait quelque chose qui ressemblait de loin à un 'je suis désolé'.
"Pardon?" dit Esmée en fronçant les sourcils et en posant ses mains sur ses hanches.
"J'ai dit que j'étais désolé de mon comportement. Je suis désolé de me conduire comme un dingue mais ma femme vient d'être admise parce qu'elle va accoucher et que c'est notre premier bébé, qu'elle est seule et effrayée et que j'aie besoin d'être auprès d'elle, s'il vous plaît." Ses yeux ne quittaient pas ceux de sa mère jusqu'à ce qu'il regarde le jeune médecin.
L'homme était plutôt sympathique et il fit un bref hochement de tête à Edward. "Nous vous amènerons là-bas aussitôt que nous aurons fini les radios. En attendant pourquoi ne l'appelleriez-vous au téléphone?"
Edward souffla mais acquiesça.
Il regarda sa mère et il put voir combien elle était angoissée.
"Je suis désolée," lui dit-il.
Elle secoua la tête, son menton tremblait. "Ne le sois pas. Tu n'as rien fait de mal! Toi et papa êtes vivants et c'est tout ce qui m'importe!" il tendit sa main vers elle et elle la prit entre les siennes.
Elle chassa ses larmes et déglutit. Elle ne pouvait pas se laisser aller – il fallait qu'elle soit forte pour sa famille.
"Bella va bien, fiston. Evidemment elle se fait du souci pour toi et elle a peur mais physiquement elle va bien ; elle est dilatée à six cm et tout allait bien lorsque je l'ai quittée."
Pendant qu'elle lui donnait les nouvelles elle caressait ses cheveux les repoussant de sur son front juste comme lorsqu'il était enfant.
Le docteur revint avec un téléphone sans fil et le tendit à Edward. "Appuyez juste sur 2 – 7 - 3 et votre Bella sera au bout du fil."
Il sourit brièvement et composa rapidement le numéro.
"Bella? Amour?"'
Il l'entendit haleter comme elle commençait à pleurer. "Edward? Oh mon Dieu, Edward! Où es-tu? Est-ce que tu vas bien? J'ai eu si peur! Où es-tu chéri? Oooh putain! Oh! Oh!"
Il essaya de s'asseoir mais le docteur le fixa et posa fermement sa main sur sa poitrine en secouant sa tête vivement.
"Bella ma chérie, je vais bien! Je suis ici, à l'hôpital. Je serai avec toi bientôt. Accroche-toi amour. Respire. Juste respire! N'oublie pas de bien respirer, je ne suis pas bien loin chérie!" Edward luttait contre le sentiment de panique qui montait dans sa poitrine.
Il fallait qu'il aille avec elle!
Après quelques minutes de cajoleries il réussit à obtenir un petit rire de Bella. Ce n'était pas beaucoup mais il pouvait entendre qu'elle était un peu plus détendue.
Il vit qu'on l'attendait pour le conduire en radiologie et il se résigna à laisser Bella en lui disant qu'il allait la voir bientôt.
S'il ne s'était pas senti aussi mal à cause de l'accident il aurait trouvé drôle de se sentir aussi impatient. Il était le malade le plus pénible de l'hôpital et l'équipe soignante ne tarda pas à le lui faire savoir. Après ce qui lui parut des jours mais qui n'était qu'une heure en réalité, Edward put enfin partir et cette fois pour aller rejoindre la chambre de Bella.
Il voulait quitter la chaise roulante mais l'infirmière l'en empêcha. "Pas si vite docteur. Vous devez rester aussi tranquille que possible pendant les prochaines vingt-quatre heures."
Edward n'écoutait pas vraiment. Tout ce qu'il voyait était sa merveilleuse Bella à moitié couchée sur le lit. Ses cheveux étaient emmêlés et humides et elle avait l'air effrayée et fatiguée. Quand elle le vit apparaître dans sa chambre, elle fondit en larmes bruyantes.
Une fois qu'il fut aussi près que possible d'elle, il ignora l'infirmière et se leva près du lit et tira gentiment Bella dans ses bras.
Elle ne remarqua pas la façon dont il tressaillit lorsqu'elle le tira plus près en s'agrippant à lui. Elle ferma les yeux et entendit et sentit le battement régulier de son cœur et presqu'instantanément elle sentit le sien battre à ce même rythme.
"Ne me laisse jamais. Mon cœur n'y survivrait pas si tu me laissais," murmura-t-elle si bas qu'Edward le saisit à peine.
Mais il l'entendit et il sentit ses yeux devenir humides et il posa ses lèvres sur ses cheveux. "Je t'aime Isabella. Tu es ma vie. Tu es si forte, amour. Je suis là."
Ils se séparèrent finalement et Edward attrapa la brosse de Bella et repoussa ses longs cheveux de son visage puis les brossa et les tressa. C'était l'un des rituels qu'ils avaient établi ensemble depuis que Bella était devenue mal à l'aise avec sa grossesse.
Chaque soir après la douche, Edward la séchait puis brossait ses cheveux avant de masser ses pieds et son ventre gonflé. Souvent cela les conduisait à faire l'amour doucement ou il la retournait simplement et la prenait par derrière pendant qu'elle se tordait et criait son nom.
Ces souvenirs la firent sourire quand elle sentit les doigts d'Edward dans ses cheveux avant qu'il ne les attache.
"Ne continue pas dans cette voie, Cullen sinon je ne pourrai plus être tenue pour responsable de mes actes," railla-t-elle pendant qu'il déposait un baiser dans son cou.
Il rigola et son souffle chaud déclencha des frissons sur la peau de Bella.
"Je pense que nous allons devoir enterrer cette idée pendant plusieurs semaines, amour," murmura-t-il en s'éloignant et en se rasseyant sur sa chaise roulante.
Elle le regarda avec attention pour la première fois et elle vit que sa lèvre était abimée, sa mâchoire et sa tempe étaient meurtries et il avait un strip au-dessus de son œil qui devenait noir et elle haleta.
"Oh mon Dieu ! Edward! Bébé?"
Il secoua la tête. "Non, ne te remets à pleurer amour. Je suis un peu contusionné mais à part une entorse au poignet et une légère commotion cérébrale, je vais bien."
Elle essuya ses yeux avec ses mains. "Vraiment? C'est promis?"
Il sourit. "Promis, juré."
A cet instant Bella lui fit un petit sourire crispé alors qu'une contraction arrivait et elle grogna. Edward se rapprocha et il posa sa main blessée sur son front et la valide sur son ventre.
"D'accord alors, souviens-toi de bien respirer pendant la contraction, bébé. Tu fais ça très bien, allez amour. Tu peux le faire, encore un petit peu et notre Petit Bout sera avec nous…"
Pendant une heure ils travaillèrent ensemble à chaque contraction qui devenait plus douloureuse, plus longue et plus forte jusqu'au moment où Bella menaça Edward de le châtrer si elle n'avait pas sa péridurale.
Une fois qu'elle lui fut administrée, Bella fut conduite en salle d'accouchement et ils réussirent à s'assoupir pendant un moment.
Kébi les réveilla en venant pour la visite de Bella et elle vérifia aussi qu'Edward n'avait pas de complication avec sa commotion cérébrale.
"Edward – il faut que je pousse!" s'exclama-t-elle tout à coup. Edward appela et regarda Kébi.
"D'accord Bella, est-ce que tu arrives à sentir les contractions?" demanda Kébi.
Elle hocha la tête. "Depuis les dernières vingt minutes."
Kébi sourit. "Prête pour pousser?"
Bella grimaça et opina. "Ouais."
"A la prochaine contraction, je veux que tu pousses fort, d'accord? Edward approche et reste à côté de Bella."
Les minutes suivantes furent très occupées. Bella grogna se sentant comme si elle se divisait en deux, elle avait peur, était fatiguée et vidée émotionnellement mais le regard adorateur d'Edward la soutint jusqu'à ce que …
"La voilà!" s'exclama Kébi.
Bella releva la tête pour voir une tête de cheveux cuivrés recouverte de sang alors qu'un cri retentissait.
Elle riait et pleurait et Kébi donna le bébé à Edward qui se tourna vers Bella, les larmes coulant sur ses joues puis il la posa sur elle. "Elle est magnifique, je t'aime tellement, merci beaucoup," il savait qu'il disait n'importe quoi mais il ne pouvait pas s'arrêter tandis qu'ils échangeaient des baisers mouillés.
La puéricultrice prit le bébé pour le nettoyer et pratiquer le test d'Apgar tandis que Kébi s'occupait du placenta.
Edward et Bella étaient dans leur bulle et pendant un moment ils se regardèrent dans les yeux.
Les mots étaient trop pauvres pour décrire ce qu'ils ressentaient.
Quelques minutes plus tard le bébé fut de retour sur la poitrine de Bella.
Edward regarda l'infirmière qui leur souriait. "Votre fille et en pleine forme avec un score initial de 9 sur 10, puis de 10 sur 10. Elle pèse un très bon 3 kg 770. Félicitations!"
Bella repoussa doucement la couverture des pieds du bébé et ses yeux s'écarquillèrent à la vue de ces petits pieds parfaits.
La mère et l'enfant semblaient se fixer pendant un moment. "Bonjour Anna Elizabeth Cullen. Je suis ta maman et c'est homme merveilleux est ton papa," dit-elle calmement.
Edward la regarda écarter son décolleté et laissa l'infirmière lui montrer comment faire pour que le bébé prenne son sein.
Son cœur était tellement rempli de joie qu'il ne pouvait pas dire ce qu'il ressentait.
Kébi lui sourit et se dirigea vers la porte. "Je vous donne quelques minutes avant d'amener vos parents?"
Il sourit et hocha la tête.
Bella le regarda. "Penses-tu qu'ils vont aimer son prénom?"
Pendant des mois tout le monde avait cherché à savoir comment ils allaient appeler leur fille, mais Bella avait été inflexible car elle ne voulait pas que ça leur porte la poisse, ils étaient donc restés silencieux, même lorsqu'Esmée avait décidé de ne pas leur montrer la chambre tant qu'elle ne connaitrait pas le prénom!
Alors lorsqu'Anna Beth, c'est ainsi qu'ils voulaient l'appeler, fut nourrie et que Bella fut prête, Edward sortit pour voir ses parents.
Il n'avait pas vu Carlisle depuis qu'ils avaient été séparés en arrivant à l'hôpital et Edward poussa un soupir de soulagement en les voyant assis ensemble dans la salle d'attente.
"Maman, Papa," dit-il.
Carlisle se leva. "Edward!" en deux longues enjambés il s'approcha et passa ses bras autour de son fils et le serra tellement fort que celui-ci se tortilla.
"Papa, mal…" grogna-t-il.
"Oh désolé, fiston. Comment ça va? Et Bella?"
Esmée sourit en regardant son mari puis son fils et elle remercia Dieu de lui avoir épargné la souffrance de leur perte.
Edward sourit. "Allez venez, venez voir votre petite-fille."
Carlisle rigola et Esmée se plaignit bruyamment. "Je ne pense pas que vous ayez seulement un prénom pour ma pauvre petite-fille!"
Bella avait été ramenée dans sa chambre. Elle avait été lavée et habillée avec une chemise de nuit qu'Esmée lui avait achetée.
Elle leur fit un sourire fatigué quand ils entrèrent dans la chambre et regardèrent le bébé endormi dans ses bras.
"Maman, Papa, je voudrai vous présenter Anna Elizabeth Cullen," dit simplement Edward.
Esmée essuya une larme de sa joue en souriant à Bella. "Vraiment?"
Bella hocha la tête. "Bien sûr, nous devions l'appeler comme mes deux mamans. L'une m'a aimée avant que je sois née et l'autre m'aime maintenant."
Les deux femmes se sourirent à travers leurs larmes – Anne était le second prénom d'Esmée et Elizabeth celui de Renée.
Lorsqu'ils en avaient discuté, Bella avait insisté pour que leur fille ait toutes les chances de succès dans sa vie et elle voulait lui donner un bon début avec des prénoms forts. Edward n'avait même pas essayé de l'en dissuader.
Edward était à côté de son père et il n'avait jamais ressenti un tel état de complétude.
"Maintenant je comprends pourquoi toi et maman avaient eu quatre enfants, "murmura-t-il à son père.
Carlisle se tourna vers lui et un sourire éclaira son visage. Il posa doucement une main sur l'épaule d'Edward. "Il n'y a rien de semblable dans le monde, mon fils. Ils vous frustreront, vous rempliront de joie ou de chagrin, peut-être de terreur. Ils vous construiront ou vous briseront mais il n'y a rien de tel que d'être un père."
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Hope Springs eut droit à un hiver très neigeux cette année-là. Les températures chutèrent et le conseil municipal décida d'acheter un second chasse-neige pour maintenir les routes en ville et alentour en bon état.
Edward ne racheta pas de camion lorsque l'assurance l'indemnisa. Il acheta le dernier SUV Volvo. Bella pensa que c'était une bonne idée qu'il échange son véhicule d'homme pour un véhicule plus familial jusqu'à ce qu'il lui dise qu'il lui en avait aussi acheté un pour elle!
Elle bouda pendant plus d'une semaine, enfin elle essaya, mais en réalité elle était soulagée. Après l'accident d'Edward et de Carlisle Bella était réticente à conduire et elle préférait rester dans la chaleur et la sécurité de sa maison avec Anna Beth et les chiens qui l'adoraient.
Lorsque Bella arriva à la maison trois jours après la naissance du bébé, Esmée, Rosalie, Makenna et Angela étaient là pour souhaiter la bienvenue à la petite famille.
Des odeurs délicieuses s'échappaient de la cuisine et le reste de la maison était chaude et accueillante.
Esmée se tenait debout près de la porte de la chambre du bébé qui avait été fermée pendant près de trois mois, tout le monde se tenait derrière elle et quand elle l'ouvrit en un geste ample, Bella haleta.
L'intérieur était à couper le souffle, peint d'une délicate couleur lavande. Le parquet avait été remis en état et des tapis recouvraient le bois ciré. Le berceau, la table à langer et des étagères étaient en bois foncé alors que les tissus tiraient sur le lavande, le rose, le vert menthe et le bleu pâle. (Bella roula des yeux alors qu'Alice et Rosalie souriaient.) Des papillons avaient été peints sur l'un des murs, ils partaient du coin où ils étaient petits puis grossissaient et avaient plus de détails en arrivant dans le coin opposé et donnaient l'impression de flotter. Des papillons roses, bleus, verts et violets déployaient peu à peu leurs ailes et semblaient vivants.
Le lustre au milieu de la pièce était en verre et une centaine de papillons au moins y étaient suspendus tournant autour de la lumière.
Bella se tourna vers sa famille et ses amis. "C'est … incroyable!"
Des animaux en peluche étaient posés sur les étagères tandis que le rocking-chair que son père avait fabriqué avait été poncé et remis en état, des coussins de différentes couleurs étaient entassés dessus.
Le siège de la fenêtre avait été recouvert d'un tissu rose vif avec des coussins multicolores qui pour la plupart d'entre eux portait un motif de papillon.
Sur le beau berceau Anna Beth avait été inscrit.
C'était parfait, bon presque aussi parfait que le petit bébé qu'elle portait dans ses bras.
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Les bleus d'Edward avaient pratiquement disparu alors qu'ils préparaient leur premier Thanksgiving puis Noël.
La classe de Bella était venue lui rendre visite avec leur professeur juste un peu avant Thanksgiving et Bella avait décoré le grand tableau en liège de la chambre d'Anna Beth avec la douzaine de dessins, de cartes et de fleurs en papier que les élèves avaient faits pour Bella.
Le seul nuage à l'horizon était qu'aucun membre de la famille d'Arizona n'avait pu se déplacer et voir le nouveau membre de la famille mais Bella échangeait avec eux par l'intermédiaire de Skype, une fois par semaine, et elle envoyait par mail des douzaines de photos.
Toute sa vie elle s'était demandée quelle sorte de mère elle serait et elle avait été si effrayée de ne pas savoir comment s'occuper d'un petit bébé sans défense même si toute sa famille l'assurait qu'elle saurait très bien s'y prendre, elle avait peur.
Elle n'avait pas besoin de s'inquiéter.
C'était naturel. Elle réalisa cela à trois heures un matin du mois de janvier.
Anna Beth était un bébé affamé et ce bébé qui était devenu plus grand réclamait une fois pendant la nuit.
Anna Beth était âgée de neuf semaines et Bella remarqua que ses yeux étaient devenus plus bleus qu'auparavant.
Elle avait espéré qu'ils deviennent verts comme ceux d'Edward mais il semblerait qu'elle ait hérité des yeux de son grand-père et des cheveux de son père, ils étaient plus rouges.
Emmett taquinait Bella en lui disant que sa fille était une héritière de leurs ancêtres les vikings et même si ça faisait rire tout le monde Bella se demandait si c'était vrai. Anna Beth était un bébé heureux mais elle semblait avoir le même caractère que les roux quand les choses qui leur arrivent ne leur conviennent pas.
Bella avait été réveillée par le bruit d'Anna Beth qui s'agitait pendant que Roscoe lui léchait le visage.
Roscoe était son esclave. Il l'adorait et quittait rarement sa porte. Il s'était nommé tuteur et protecteur et était inébranlable dans sa fidélité. Si elle pleurait il était prêt et stressé jusqu'à ce qu'elle soit consolée. Dès qu'elle bougeait ou faisait un bruit, il s'élançait pour aller cher Bella ou Edward.
Bella se plaignait qu'ils n'avaient plus besoin d'un baby-phone avec Roscoe.
Elle alla à la salle de bain, se lava le visage et les mains avant d'enfiler sa robe de chambre épaisse et de se diriger vers la chambre d'Ana Beth.
Bella poussa Roscoe et s'assit en se frottant le visage.
Apples ne bougea pas et Roscoe vérifia que sa protégée était vraiment prise en charge avant de s'installer pour se reposer.
Bella prit sa fille qui la fixait d'un regard accusateur et lui sourit. " Il faut que tu apprennes la patience, joli bébé. Es-tu mouillée? Humm? Alors mangeons."
Bella fredonna tranquillement pendant qu'Anna Beth tétait.
Pendant qu'elle suçait, Bella l'observait. "Je t'aime tellement, Petit Bout. Tu rends papa et maman tellement heureux. Nous sommes si ravis que tu sois là," chuchota-t-elle.
La petite fille fixa le regard brillant de sa mère et sa petite main s'enroula autour de son sein et elle laissa échapper un petit soupir de contentement, c'est à ce moment là que Bella comprit qu'elle pouvait faire ça. Elle pouvait être une mère – une bonne, non une super maman.
Pourtant il fut un temps, juste après la naissance, où Bella n'était pas du tout sûre qu'elle serait une bonne mère.
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Durant les premières semaines Bella se transforma en une personne différente. Elle était devenue paranoïaque craignant de faire quelque chose de mal ou que quelque chose tourne mal.
Tout d'abord elle se reposait à peine, préférant rester dans la chambre regarder sa petite Anna Beth dormir. Elle ne voulait pas laisser le bébé et même quand Edward la prenait il pouvait voir comment elle faisait les cent pas jusqu'à ce que le bébé revienne dans ses bras.
Les choses étaient tendues entre eux et Edward fut soulagé lorsque Bella revint 'dormir' près de lui parce que tout ce qu'elle faisait était de s'étendre près de lui, raide, juste au cas où elle entendrait un bruit ou un grognement et aucun des deux ne dormait vraiment.
Un matin alors qu'Anna Beth venait de faire cinq semaines, Edward était à bout de nerfs et de patience il demanda de l'aide à ses parents.
Bella répondit à la porte d'entrée avec une grimace en voyant Esmée, Carlisle, Rosalie et Jasper. Son cœur lui fit mal dans la poitrine. "Qu'est-ce qui ne va pas?" s'écria-t-elle en les fixant, les yeux écarquillés.
Esmée regarda la jeune femme qu'elle considérait comme un membre de sa famille et elle sentit les larmes monter. Bella paraissait épuisée. Ses cheveux sales pendaient sur ses épaules, elle portait un pantalon de survêtement qu'elle n'avait pas changé depuis des jours, son t-shirt était taché sur sa poitrine là où son lait avait fui.
"Nous sommes venus pour te voir, Isabella," dit Carlisle doucement.
Bella rougit en réalisant qu'elle ne s'était pas douchée ou changée depuis deux jours – ou peut-être trois et elle savait qu'elle n'avait pas l'air bien.
"Hum, d'accord, entrez," elle prit le baby-phone contre elle défensivement.
Esmée ne put en croire ses yeux lorsqu'elle vit l'état de la cuisine. La vaisselle et des boîtes jonchaient les plans de travail et les tasses et les assiettes étaient empilées dans l'évier.
Edward était allé voir ses parents tôt ce matin là et ils avaient été profondément troublés par ce que leur avait raconté Edward.
Ils avaient pensé que c'était le mauvais temps qui faisait que Bella restait chez elle mais Edward leur expliqua qu'elle était obsédée par la sécurité d'Anna Beth. Elle la couvait tellement qu'Edward trouvait cela inquiétant.
Rien d'autre ne comptait pour elle. Elle cuisinait à peine, ne nettoyait pas ou ne s'intéressait à rien d'autre qu'à leur fille et Edward savait qu'elle était presque complètement épuisée émotionnellement et physiquement. Elle était complètement dévorée par ce désir de protéger Anna Beth.
Carlisle avait immédiatement appelé Jasper et Rosalie. A la demande de cette dernière Bella avait participé à des réunions de soutien pour les parents qui avait perdu un enfant et Carlisle savait qu'elle serait en mesure de comprendre les peurs de Bella.
Edward avait voulu aller avec eux, mais Carlisle l'avait découragé en disant que Bella aurait moins honte et serait plus honnête s'il n'était pas là. Même si ça le blessait d'entendre ça, il savait que son père avait raison et alors ils partirent tous chez Edward juste après huit heures.
Bella sentit une vague de vertige alors qu'elle se tenait nerveusement à la porte et elle tituba dangereusement avant que Jasper ne s'avance et passe un bras autour de ses épaules. Il ne dit rien mais l'entraina vers le canapé et la fit asseoir sur les coussins moelleux.
Bella voulait fermer les yeux. Elle était si fatiguée mais elle avait peur que les cauchemars soient de retour. Toutes les nuits différents scénarios avec la même fin – leur petite fille perdue, seule, pleurant et frissonnant parce que ses parents l'avaient quittée.
Bella secoua la tête et ouvrit les yeux pour voir quatre visages qui regardaient sa détresse et son inquiétude.
"Bella il faut que tu arrêtes! Tu te rends malade et si tu ne prends pas soin de toi tu vas finir à l'hôpital. Est-ce que tu me comprends?" Carlisle posa sa main sur la sienne en parlant calmement.
Elle mordit sa lèvre et regarda de l'un à l'autre.
"Je – je – je … " elle ne savait pas quoi leur dire. Ils allaient se moquer d'elle, que faire s'ils ne la croyaient pas? S'ils croyaient qu'elle n'était pas une bonne mère – comme Tyler le lui avait dit auparavant?
"Bella," commença Rosalie mais elle l'interrompit.
"Je m'occupe de mon bébé! Je n'ai de temps pour rien d'autre! Elle a besoin de moi et je suis une bonne mère!"
"Oh Bella! Bien sûr que tu es une bonne mère. Tu es une merveilleuse mère. Tu es la meilleure mère pour Anna Beth. Personne ne dit que tu ne l'es pas!" la rassura Esmée.
Bella secoua la tête. "Edward?"
"Bella, Edward t'adore. Il te soutient en toutes choses mais il se fait du souci pour toi. Il s'inquiète pour ta santé et ta sécurité. Il sait que tu es une bonne mère mais il s'inquiète pour son épouse," déclara Jasper.
Bella se mordit la lèvre pour s'empêcher de s'effondrer et gémit. Elle était si fatiguée.
"Je sais que tu l'es, chérie et c'est pour quoi nous sommes ici. Nous voulons t'aider. Si tu es d'accord, Carlisle va t'examiner rapidement, d'accord?" demanda Esmée.
Bella soupira et tout désir de lutte sembla la quitter. "D'accord," dit-elle.
Carlisle la conduisit au salon de l'autre côté de l'entrée et il fit un examen rapide en lui posant quelques questions.
Quand il eut fini il lui sourit tristement. "Bon, il n'y a rien de très grave physiquement outre le fait que tu es épuisée. Est-ce que tu sais que le manque de sommeil peut avoir des conséquences sérieuses?"
Elle secoua la tête.
"Heureusement tu manges et tu bois suffisamment mais je veux que tu parles à Jasper et Rosalie. Est-ce que tu peux faire ça?"
Elle hocha la tête pour montrer son accord, si fatiguée tout à coup qu'elle ne savait plus pourquoi discuter. Ce serait bien de raconter ces cauchemars à quelqu'un. Elle n'avait pas voulu qu'Edward la dénigre ou qu'il pense qu'elle soit folle et elle les lui avait cachés et elle s'était éloignée de lui.
"J'aimerai que tu me parles de tes mauvais rêves, Bella." Elle leva les yeux et vit Jasper et Rosalie assis face à elle. Elle ne les avait pas entendus arriver.
Elle regarda l'un puis l'autre. " J'ai peur que si j'en parle ils se réalisent…" chuchota-t-elle alors que les larmes remplissaient ses yeux.
Rosalie se leva et s'assit près d'elle en passant un bras autour de sa taille.
"Quand j'ai perdu mon bébé j'ai fait des cauchemars pendant des mois. Mon mariage battait de l'aile et je continuais de rêver que j'avais du sang sur les mains. Peu importe combien de fois je le lavais, le sang était toujours là. J'ai demandé de l'aide et puis les cauchemars ont cessé. Mais quand je suis tombée enceinte d'Emma toutes mes peurs sont revenues."
Rosalie sentit Bella se tourner et enfouir son visage dans son cou alors que ses larmes trempaient son chemisier.
"Il y avait des fois où j'avais tellement peur que j'étais paralysée. Quand elle est née je ne voulais pas la laisser même si je savais qu'elle allait bien. Heureusement Emmett et moi avons passé un accord, nous allions nous parler. Une fois par semaine nous prenions un bain ensemble et nous en profitions pour discuter. De tout! Alors je lui ai dit. Les peurs sont parties. Notre foi et notre famille m'ont rendue forte et un jour j'ai réalisé que je n'avais plus peur."
Le silence n'était troublé que par les pleurs de Bella. Une fois qu'elle se fut calmée elle leur raconta tout.
Esmée leur amena un plateau avec du thé et des sandwiches et avec sa permission Jasper raconta ce qu'ils s'étaient dit à Carlisle et Esmée.
Anna Beth se réveilla pour téter et Esmée s'assit près de Bella pendant qu'elle l'allaitait et la changeait. Une fois que ce fut fini, Esmée lui tendit les bras. "Maintenant, donne-moi ce petit ange et va te doucher, te laver les cheveux et te changer de vêtements."
Elle hésita quelques secondes avant d'acquiescer.
Lorsqu'elle entra dans sa chambre elle remarqua immédiatement que quelqu'un avait rangé.
Après la douche Bella se sentit une personne différente. Elle prit son temps, se sécha les cheveux avant de les attacher en une queue de cheval. Pour la première fois depuis des semaines elle prit le temps de s'habiller avec autre chose que des pantalons de survêtements ou un pyjama.
Elle se retourna et regarda son reflet dans le grand miroir. Sa silhouette était comme avant, excepté sa poitrine qui était plus grosse. Son jeans noir lui seyait à merveille et elle aurait été parfaite si ça n'avait été ces grands cernes noirs sous ces yeux. Elle ne put résister à aller jeter un coup d'œil dans la chambre du bébé et elle sourit à la vue de son enfant sous la petite couette.
Quand elle redescendit elle fut choquée de voir que la cuisine et la salle à manger avaient été rangées, la vaisselle rincée et mise dans le lave-vaisselle. Les sols brillaient et la pièce sentait bon le frais et le propre. Le feu avait été allumé dans la cheminée et une bonne odeur flottait dans l'air.
Carlisle et Jasper se tenaient près de l'évier, parlant et riant tranquillement en essuyant les casseroles tandis qu'Esmée remuait quelque chose dans une cocotte et que Rosalie épluchait des légumes sur l'ilot redevenu impeccable.
Esmée se tourna et lui sourit. "Ah maintenant regarde comme tu es belle. Viens et assieds-toi, nous voudrions te faire quelques suggestions pour t'aider."
Bella s'assit, Jasper et Carlisle s'installèrent face à elle.
C'est Jasper qui commença. "Bella ce n'est pas inhabituel d'avoir ces craintes et ces difficultés quand on a eu le passé que tu as vécu comme Rose te l'a dit et elle n'a pas du tout eu le même passé que toi et pourtant ça lui est arrivé aussi. Mais tu n'es pas seule pour traverser tout ça," il lui sourit gentiment.
"Tu as Edward qui t'attend toujours pour t'aider. Il est prêt à être un père et un compagnon pour toi, mais si tu ne le laisses pas entrer dans ce cocon que tu as confectionné et bien il ne peut rien faire."
Bella essuya une larme sur sa joue et hocha la tête.
"Je sais que je suis horrible avec lui," dit-elle mais Carlisle secoua la tête avec un petit sourire. "Bells, Edward a grandi dans une maison remplie de femmes, chérie. Il a le cuir plus dur que ce que tu crois!" dit-il en riant quand Esmée se pencha pour lui donner un petit coup dans l'estomac.
Cela allégea considérablement l'ambiance et pendant l'heure qui suivit, Jasper, Rosalie, Esmée et Carlisle aidèrent Bella à comprendre que ses peurs trouvaient leur racine dans son passé et qu'elle ne devait pas les laisser gouverner sa vie.
Ils firent une liste qu'ils épinglèrent sur le mur de la cuisine : ce qui devait être fait tous les jours, toutes les semaines et tous les mois. Esmée et Rosalie lui montrèrent comment faire du rangement express, ce qui ne prenait pas trop de temps mais mettait de bonne humeur et l'aiderait à garder la maison en bon état. Esmée insista aussi pour que Bella prenne une femme de ménage une fois par semaine pour l'aider et ainsi elle profiterait de cette journée pour sortir. Faire du shopping, déjeuner avec les filles, aller au cinéma ou peu importe il faillait qu'elle sorte et ce jour-là c'est 'May-May ' qui garderait Anna Beth.
Au début Bella ne fut pas d'accord car si elle laissait le bébé il fallait qu'elle tire son lait mais elle céda quand Rosalie et Jasper lui firent remarquer que cela pourrait faire davantage participer Edward.
Carlisle lui fit bien comprendre qu'il allait garder un œil sur sa santé et qu'elle devait dormir en même temps que le bébé. Jeffers viendrait aussi lui rendre visite à la maison de temps en temps.
Pour alléger certaines de ses craintes Alice mit en place, par téléphone, un roulement. Les amis passeraient la voir tous les jours et s'assureraient qu'elle se repose et se relaxe pendant que le bébé dort.
La dernière partie de la confrontation arriva en même temps qu'Edward qui était dans l'encadrement de la porte du vestiaire.
Elle sentit ses joues rougir d'embarras et de honte et elle se leva pour se diriger lentement vers lui.
Elle détestait voir son regard triste et son incertitude et le fait qu'il hésite lorsqu'elle s'approcha pour l'embrasser la fit reculer et elle se mordit la lèvre en repoussant une autre de ses craintes : elle l'avait poussé à bout.
"Je suis désolée."
"Je suis désolé."
Elle fronça les sourcils. "De quoi tu t'excuses? Je suis celle qui me suis mal comportée pendant ces cinq semaines. Je t'ai repoussé et je suis tellement, tellement désolée, bébé," elle divaguait en s'avançant et en posant ses mains sur les joues d'Edward.
"Je t'aime tellement et j'ai eu si peur…" Bella inspira et Edward se servit de cette opportunité pour se pencher et l'embrasser gentiment mais fermement.
Il fit glisser ses doigts sur ses joues. "Je le sais amour et j'ai eu peur aussi mais nous pouvons faire ça tous les deux, d'accord? Je t'aime toi et Anna Beth, tellement, et amour je veux être là pour vous deux. Je suis désolé de t'avoir laissée tomber et d'avoir laissé aller les choses si loin que j'ai dû appeler mes parents à l'aide."
Elle posa une main sur sa bouche et secoua la tête. "Ne dis pas ça bébé, je suis heureuse que tu l'aies fait."
En voyant son regard incrédule elle hocha vivement la tête. "Je le suis, vraiment, je suis tellement chanceuse de vous avoir tous dans ma vie et j'ai été stupide de ne pas aller vers eux plus tôt."
Elle chercha ses yeux verts brillants. "Sommes-nous bien?"
Elle fondit presque en voyant le regard adorateur d'Edward et elle s'en voulut de ne pas l'avoir remarqué plutôt. Cet homme l'aimait vraiment! Et c'est Jasper qui avait raison quand il disait qu'il la soutiendrait en toutes choses.
Edward opina et embrassa sa joue. "Tant que tu me promets de me parler. Promets-le-moi!"
Bella ne se le fit pas dire deux fois. "Je te le promets!"
Ils se tournèrent pour voir les autres leur sourire. "Bon je suppose que c'est une bonne chose que vous soyez tous les deux habillés!" dit Jasper avec une lueur dans les yeux qui fit comprendre à Bella qu'il ne les taquinerait plus pendant un certain temps.
"Bon Jas, si tu veux venir la semaine prochaine les choses seront différentes. C'est mon rendez-vous de la sixième semaine et ton frère sera tout à moi!" plaisanta-t-elle.
Il y eut un silence choqué au commentaire risqué de Bella avant qu'ils n'éclatent tous de rire.
Le cœur d'Edward fit un petit saut en entendant le rire de Bella pour la première fois depuis des semaines et il savait que tout allait bien.
Ils allaient aller bien.
Bella apprit à gérer un jour après l'autre. Ses amis et sa famille étaient une bénédiction et ils apprirent à être parents ensemble. En utilisant le tire-lait ils purent apprécier le sexe sous la douche à nouveau.
Tous les jours n'étaient pas parfaits et la première fois qu'Anna Beth dormit toute la nuit Bella fut convaincue qu'elle était morte et elle eut une attaque de panique dans l'entrée jusqu'à ce qu'Edward la trouve.
Son cœur aussi battait la chamade quand il ouvrit la porte de la chambre et qu'il vit sa fille jouer avec le mobile aux papillons au-dessus d'elle.
Après avoir étreint sa femme et sa fille contre lui, ils se mirent à rire en pleurant tous les deux et décidèrent de ne parler de cet incident embarrassant à personne.
La vie se montra plus prometteuse que ce que Bella espérait. Ses peurs s'évaporèrent. Les jours se transformèrent en semaines et les semaines en mois, Bella commença à croire que peut-être Dieu lui souriait de là-haut et qu'il n'allait pas l'arracher à son petit coin de paradis.
Bien que ses parents l'aient quittée lorsqu'elle était toute petite elle connaissait l'amour. Elle l'expérimentait chaque jour, venant d'Edward, de sa, non, de leur famille.
C'était difficile de croire que quatre petites années auparavant Billy Black l'avait amenée ici et qu'à la fin de ce voyage elle aurait trouvé une famille, des amis, un travail, un mari et un enfant qui lui apporteraient plus de joie qu'elle n'en avait jamais connu.
Bella tapota doucement le dos d'Anna Beth pour qu'elle fasse son rot puis elle changea sa couche et la reposa dans son lit.
Elle prit le temps de se baisser et de caresser la tête de Roscoe. "Bon gars, Ross, bon garçon."
Elle descendit et alla à la cuisine pour boire un verre d'eau, l'allaitement lui donnait soif.
Elle jeta un coup d'œil autour de la pièce, elle sourit en voyant la couverture pliée sur un coin du canapé et la peluche sur la table basse.
Leurs vies avaient changé – et allaient continuer à changer, et même si les changements rendaient Bella folle, elle avait presque pris la décision de poursuivre ses études pour obtenir son Master en enseignement. Edward la soutenait et ils avaient aussi discuté de comment aménager ses heures au cabinet. Lui et Ned discutaient de trouver un autre médecin pour les aider et peut-être même agrandir pour en faire un centre médical. Il leur fallait un pédiatre, un gynécologue obstétricien et peut-être un psychologue ou un conseiller.
Bella remonta et entra dans leur chambre.
"Tout va bien, amour?" La voix encore endormie d'Edward la tira de ses pensées.
Il souleva la couverture et Bella se débarrassa rapidement de sa robe de chambre, puis avec un sourire espiègle elle retira son pyjama et son t-shirt.
Edward écarquilla les yeux et fut complètement réveillé et parfaitement prêt.
"Qu'est-ce…?"
Bella se glissa dans le lit et le fit rouler sur le dos. "Chhutt, ne fais pas de bruit, bébé est-ce que tu veux réveiller Anna Beth?" dit-elle d'une voix rauque.
Edward déglutit difficilement et secoua la tête.
"Dieu, maintenant laisse-moi voir ce que tu caches là … oh! Edward!" Elle laissa échapper un rire surpris alors qu'Edward l'attrapait par la taille et que dans un mouvement il l'empalait sur sa queue raide et trempe d'anticipation.
"Je t'aime!" cria-t-elle alors que le doigt d'Edward frottait son clitoris.
"Toujours," répondit-il.
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* Ce sont des chefs cuisiniers.
** En français dans le texte.
Voilà c'était le dernier chapitre
On se retrouve pour l'épilogue
Je vous souhaite à toutes une merveilleuse Année
Que 2013 vous apporte la joie, la santé et la sérénité…
A bientôt!
