Déjà, avant de me faire empaler, ça allait très mal pour moi.

Quand je m'étais couchée, après le diner et un énième coup de fil de Peter, je ne m'étais pas doutée que les hommes en imperméables reviendraient.

Chez moi.

Je me suis réveillée au beau milieu de la nuit, après avoir attendu un bruit provenant de la cuisine. Je me suis levée, légèrement exaspérée, et j'y suis allée sans hésiter. Maman se levait souvent au milieu de la nuit pour adresser des prières à des gens imaginaires, et il m'incombait de la recoucher.

Mais quand j'ai poussé la porte de la cuisine, je me suis rendue compte d'une chose.

Ce n'était pas ma mère qui avait brisé tous les verres de la cuisine. Maman faisait des choses étranges, certes. Mais elle ne se baladait jamais en imperméable noir à une heure du matin.

Enfin, pas toujours.

J'ai tenté de me dissimuler, mais c'était trop tard. Le sale bonhomme m'avait vu. Il a fait un signe de bras et deux autres affreux -toujours en imperméable- se sont ramenés dans mon champ de vision.

« Petit demi-dieu, a grogné l'un deux d'une voix gutturale.

- Qu'est-ce que…Sortez…sortez ou j'appelle la police ! »

Ils ricanèrent. Je tremblais pitoyablement.

« Elle a peur, hein ? Demanda l'un des Imperméables. Marrant. J'adore les demi-dieux, ils sont tellement…amusants. »

Demi-dieux ? De quoi parlaient donc ces gens ? Je reculai un peu plus, cherchant à atteindre le couloir.

« Ne bouge pas demi-dieu ! Grogna le troisième Imperméable d'une voix au timbre plus strident que les deux autres. De toute façon, tu ne peux pas nous échapper.

- Je ne…ne vois pas ce que vous me voulez. Il n'y a pas d'argent ici. »

Les 3 imperméables partirent dans un rire aigu. Je me bouchais les oreilles, tout en gardant un œil sur la porte du couloir. Je craignais pour ma mère.

« S'il-vous-plait…Allez vous en.

- Non petite. Nous avons besoin de…

- Si vous voulez de l'argent, je sais que…que si vous allez au sous-sol il y a un coffre. Un coffre avec beaucoup, beaucoup d'argent, balbutiai-je.

- Tu mens très mal, demi-dieu, ricana Voix Stridente. Et ton stupide argent mortel ne nous intéresse pas.

« Que…que voulez-vous alors ? »

Il ricanèrent encore. Un nouveau frisson me parcourut l'échine.

« Nous te voulons-toi. »

Je reculai, cherchant à attraper le vase posé sur le guéridon.

« Mais pourquoi ?

- Tu commences à devenir gênante, grinça voix stridente. Très gênante. Ta protection s'amenuise de jour en jour, jeune demi-dieu.

- Mais arrêtez de m'appeler comme ça ! »

Nouveau ricanement. En plus d'être terrifiante, la situation commençait à devenir vraiment pénible.

J'agrippais le vase, prête à le lancer.

« Maintenant tu vas venir sagement avec nous. Tu n'aurais pas du utiliser tes pouvoirs, demi-dieux. Tu empestes à des kilomètres, à présent.

- Non mais je ne vous permets pas ! »

En m'exclamant, j'avais fait tomber la vase, qui venait de se briser en mille morceaux.

Très mauvais.

Nouveau ricanement, totalement fou. Il fallait que je protège maman. Mais qui appeler ?

Pete.

Je ne pouvais pas le mettre en danger, ce n'était pas raisonnable, mais d'un autre côté…

« Bande de sales vieilles folles complètements séniles, vous allez virer vos sales pattes de mon monstre ! »

Une forme passa la fenêtre de la cuisine, petite et trapue, et asséna de sérieux coup de planche à pain aux Imperméables.

Oui oui. Mon sauveur brandissait une planche à pain.

Attendez une minute…

Peeta ?

« Ce n'est pas un monstre, faune stupide. Retourne faire la manche.

- Ah non ? Demanda Peeta avec étonnement en arrêtant de frapper. Puis, il se ressaisit : JE-NE-SUIS-PAS-UN-FAUNE ! »

Et il redoubla ses coups, provoquant l'hilarité chez les imperméables.

« Je suis un satyre, espèce de goule à la gomme ! »

Cette fois, les Imperméables s'arrêtèrent de ricaner et se retournèrent d'un même mouvement vers le garçon.

Oh oh.

« Tu nous as traité de quoi, petit trapu ? Intervint voix stridente.

- De…(il semblait avoir perdu de son aplomb)…De vieille goules à la gomme ! »

Les Imperméables poussèrent un cri de rage et se précipitèrent vers le garçonnet. Pris de terreur, je saisis le portable dans ma poche et composais le premier numéro venu.

Je suis très efficace pour défendre les gens, je sais.

« Allo ? Dit Peter d'une voix ensommeillée. Qu'est'c'qui's'passe ?

- Pete, hurlai-je, ils sont là ! Viens m'aider ! »

Et je raccrochais. Peeta darda sur moi un regard fou.

« Non ! S'exclama-t-il. Non petite, tu n'as pas fait ça ! »

Je n'ai pas répondu, de un parce que j'étais abasourdie qu'il m'appelle « petite », et de deux parce qu'un des Imperméables venait de lui asséner un coup sur la tête en faisant tomber sa chère casquette.

Et en dévoilant deux cornes pointues, au passage.

« Mais tu es quoi au juste ? M'écriai-je, en proie à une crise d'hystérie.

- Pas…le…temps…d'expliquer », répliqua-t-il en ce faufilant entre les Imperméables et en m'entrainant par la main.

Il obliqua vers la gauche et me poussa vers le salon, le fermant à double tour. Les Imperméables se jetèrent sur la porte en poussant des gémissements à vous glacer les sangs.

« Je ne pense pas que ce soit la meilleure idée. On aurait mieux fais de partir par l'entrée.

- Hmm ? »

Je me retournais, voyant Peeta accroupi sur le canapé. Il tenait entre ses mains un coussin et avait, -semble-t-il- entrepris de le manger.

« Ben quoi ? S'écria-t-il en recrachant du rembourrage. J'ai faim moi !

- Et tu crois vraiment que c'est le moment ?

- De toute façon, avec vous, les demi-dieux, c'est jamais le moment ! D'ailleurs… »

Il s'approcha de moi et me renifla.

Oui oui.

Un môme avec des cornes était en train de me renifler.

Au secours.

« Mince, elles avaient raison, marmonna-t-il. Je me suis planté. C'est bien ton odeur que je sens depuis tout à l'heure, pas la sienne.

- Celle de qui ?

- Virez vos sales pattes de mon amie ! » Cria une voix derrière la porte.

Peeta se prit la tête dans les mains.

« Après ça, je vais demander d'être muté au conseil. Marre des demi-dieux et de leurs idioties. Bande d'incapables.

- Dixit celui qui vient de me prendre pour un monstre ! Protestai-je.

- Toi, arrête de dire tout ce que tu penses, me réprimanda-t-il. Et je vient pas, ça fait environ 15 ans que je le crois. Oh là là. Chiron va me tuer. Je peux dire adieu à ma retraite aux Caraïbes.

- Mais vous êtes quoi au juste ? Hurla Peter d'une voix terrifiée.

- Ah oui mince, grogna Peeta. Le ballot est arrivé. Toi, tu restes là. Tu ne bouges sous aucun prétexte. »

J'hochais la tête vigoureusement et partais me dissimuler sous le canapé. Peeta soupira et reprit sa planche à pain.

« Mes vampirettes ! Susurra-t-il. Il est temps de rejoindre papa ! »

Il partit du salon, me laissant seule. J'entendais parfois Peter pousser des exclamations de surprises, ce qui me rassurais : cela prouvait qu'il était en vie. Puis, au bout d'un moment le silence ce fit.

Étaient-ils tous morts ?

Je sortis prudemment de ma cachette, l'angoisse au ventre.

Pas de bruit.

Enhardie, je m'avançais.

Un imperméable -le vêtement, j'entends-, trainait par terre, déchiré. Je fis un pas de plus vers la cuisine, pour voir Peeta et Peter acculé au fond de la cuisine, l'air aussi déterminés que terrifiés. Trois créatures de cauchemar se penchait vers eux, toutes crocs dehors.

« Non ! » Criai-je.

Mauvais choix.

Les créatures se retournèrent d'un coup, montrant un visage épouvantable, à moitié décomposé.

« Faudrait penser à acheter une crème de nuit » , dis-je.

Elles poussèrent un nouveau cri terrifiant.

Je pense que je les avais vexé.

Elles se précipitèrent vers moi.

« A couvert ! hurla Peeta. Mets-toi à couvert ! »

Je restais stupidement sur place alors qu'une d'elle brandissait une hampe d'une longueur impressionnante.

Quand la lune me renvoya l'éclat métallique de l'objet, je ne bougeais toujours pas, même si une lumière « danger » c'était allumé dans mon cerveau.

Cette lumière ne m'a pourtant pas servi au moment ou la créature lança son couteau géant sur moi.