Note de L-p: Ce chapitre est un peu plus court que les autres, simplement par question de rythme dans la progression de l'histoire. Mais du coup, le prochain sera un peu plus long si j'arrive à combler ce fichu trou entre deux de mes passages! xD

Je m'en suis un peu voulu en écrivant ce passage, je ne vous dis pas pourquoi et vous verrez par vous même. Je joue sur une situation qui me fait toujours bader quand je lis d'autres fics, et à chaque fois je me dis "nah, c'est horrible ça, ça fait mal au cœur de faire ça au perso." Oui, je suis une abrutie, je l'ai fait quand même. xD Disons que l'angoisse commence à monter lentement, et que le cœur de l'action arrive bientôt.

Note de Leero Sama: Le passage entre Yamamoto et Gokudera est un petit caprice que j'ai fait à L-p, parce que mis à part le pairing Hibari/Dino, j'aime énormément le Yamamoto/Gokudera. Je vais essayer de harceler encore un peu L-p pour développer ce pairing au fur et à mesure de l'histoire, en espérant qu'elle ne pète pas un cable vu tout ce qu'elle à encore à écrire * rire sadique*

Voici le deuxième chapitre, bonne lecture à vous!


Yamamoto lâcha un grognement de douleur, et repoussa Hibari d'un brusque coup de jambe. Sa gorge libérée de la pression du tonfa, il put enfin respirer, douloureusement, mais au moins l'air lui était enfin accessible. Le président du conseil disciplinaire quand à lui, se tenait le flanc droit sans pour autant le perdre de son regard polaire.

-" Qu'est ce que tu attend pour dégainer ton sabre, herbivore?" cracha t-il.

- "Je ne suis pas venu pour me battre avec toi Hibari, mais pour discuter."

-" Je n'ai pas envie de discuter, mais de te buter. Je suis de très mauvaise humeur comme tu peux le constater."

-" Justement, je voudrais discuter avec toi de la cause de cette... " Yamamoto fit une pause en cherchant les bons mots. " ... Cette mauvaise humeur comme tu dis."

Pour appuyer ses dires, il lança son fourreau un peu plus loin et leva les bras comme un arrêté.

Hibari plissa les yeux, un air méprisant au visage et serrant les poings sur ses tonfas.

Le silence était des plus pesant, pendant lequel le président attendait une explication un tant soit peu valable à ses yeux de la part de l'autre concernant sa présence.

Yamamoto ne savait comment exprimer ce qu'il avait en tête, ou plutôt ce qu'il avait découvert au fil du temps, sans froisser son camarade. Ou du moins sans qu'il finisse enterré six pieds sous terre. Parler sentiments avec Hibari devait être une chose certainement sympathique, à condition que celui-ci soit anesthésié et attaché.

Tentant le tout pour le tout, le gardien de la pluie se lança, priant tous les dieux, les esprits, les arcobalenos, enfin bref tout ceux qui pourraient le sauver, qu'Hibari ne se jette pas sur lui pour le finir.

" Je sais que Dino à rompu."

Il grimaça presque automatiquement.

Mais au lieu de rentrer dans une colère divine, Hibari écarquilla un instant les yeux de surprise, avant de baisser sombrement le regard vers le sol. A cet instant, Yamamoto ne vit plus en lui le fort et fier gardien du nuage Vongola, mais plutôt un jeune homme comme les autres, perdu et blessé. Il aurait même pu jurer avoir aperçu des larmes discrètes perler dans ses yeux gris.

-" Dégage de là." lâcha finalement Kyoya en lui tournant le dos.

Un peu prit de court par les événements absolument pas prévus, Yamamoto ne répondit que plusieurs secondes après avoir reprit conscience de la situation.

-" Je... Je voudrais qu'on en discute un peu..."

-" Tu n'as pas l'impression que c'est déjà assez dur à supporter?..."

Sa voix était anormalement faible. C'était le signal suffisant pour le gardien de la pluie pour lui donner le feu vert. Ignorant l'ordre précédent, il s'approcha d'Hibari qui se mit à lui hurler de s'en aller. Il se mit même en garde et élança ses tonfas.

Cependant, ses coups n'étaient pas assurés. Ils n'avaient aucune force et surtout aucune volonté. Yamamoto ne chercha même pas à le désarmer tant il était faible, et ne recula pas. Au contraire, il entoura les épaules de son camarade de ses bras lorsque celui-ci se mit à pleurer, la tête contre son épaule.

Les choses étaient décidément plus compliquées qu'il ne l'avait pensé.

-" D... Dino Cavallone? C'est bien toi?"

Le blond se retourna lentement vers la voix féminine qui l'appelait.

" Mais oui c'est bien toi! Mon dieu, ça fait si longtemps!"

Le cheval ailé mit un temps avant de se souvenir du visage de la jeune femme brune vêtue d'un kimono violet en face de lui. Lorsqu'il parvint à mettre un nom sur ces jolis traits, un sourire naquit sur ses lèvres.

-" Ayuko... Tu... Tu es bien Ayuko?" demanda t-il en écarquillant les yeux et elle hocha la tête avec un rire cristallin." Comme tu as changé!"

-" Toi aussi! Tu as grandit!.. Et dire qu'à l'époque j'étais plus grande que toi!"

Le cœur de Dino se réchauffa quelques peu. C'était la seule bonne chose qui lui était arrivé depuis un moment, et qui pouvait lui redonner le sourire.

-" Tu es devenu une très belle femme, Ayuko." fit-il avec un sourire.

La jeune femme se mit à rougir et baissa les yeux un moment. Elle balbutia un petit "merci", et se mit à se tortiller les mains avec timidité. Dino se surprit à trouver ce geste mignon. Lui qui avait aimé un homme plus froid que la glace, qui jamais ne laissait transparaître ses sentiments, voila bien quelque chose qui l'étonnait. La situation devenait de plus en plus étrange, non sans l'inquiéter un peu.

La jeune femme était très élégante dans ce kimono violet, qui faisait ressortir ses yeux bleus et ses cheveux noirs attachés par des ornements argentés. Chacun de ses gestes et de ses sourires dégageaient une douceur infinie, ainsi qu'une grâce évidente.

Il faisait bien longtemps que Dino n'avait pas prit le temps d'observer et d'apprécier le charme d'une femme. Trop longtemps peut-être.

-" Dis..." fit la jolie demoiselle de sa petite voix, ce qui le fit sortir de sa réflexion "... Tu aurais du temps pour prendre un thé avec moi?..."

Le cœur du blond se mit à battre plus fort. Quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis quelques temps.

Il commençait à avoir peur, mais sa joie fut plus convaincante que ses doutes.

-" Avec plaisir." accepta t-il avec un doux sourire.

Yamamoto gardait le silence depuis plusieurs minutes. Hibari, qu'il tenait encore dans ses bras, ne bougeait plus d'un pouce. Des flocons de neige commencèrent à tomber doucement et silencieusement, venant couvrir ses cheveux noir. Le gardien de la pluie, d'un geste affectif, les balayas d'un petit geste de la main. Il lâcha une inspiration lente, se retenant de frissonner à cause de la température.

-" Il neigeait comme ça là d'où je viens..." commença Hibari, et son camarade cligna des yeux.

Le petit Hibari se mit à rire joyeusement. Il aimait la neige. Ces jolies particules blanches qui tombaient des nuages, comme de la poudre scintillante, et qui rendait la ville si belle. La neige venait cacher tous les défauts et les erreurs du passé, recouvrir toute la tristesse accumulée au fil du temps sur ce petite village si gris.

Et ce qu'il aimait par dessus tout, c'était de pouvoir regarder la neige tomber avec elle.

-" Hibari! Regarde le pont!" fit la petite fille en pointant l'horizon du doigt.

Tout était blanc, d'un blanc pur.

" C'est beau... C'est comme si il n'y avait pas la guerre..."

Le petit brun baissa lentement les yeux. Une grande rébellion contre l'autorité de la ville était en train de se former dans les caves. Ses yeux gris innocents avaient eu l'occasion de voir quelques défilements d'armes et de matériel.

Il ne savait pas ce qu'il se passait, mais il avait peur, surtout lorsqu'on lui fit un jour promettre de ne rien dire à personne de ce qu'il avait vu. "Si tu raconte à qui que ce soit ce que tu as vu, tu ne pourras plus revoir Lilas" lui avait-on dit.

Il avait été inutile de lui dire plus. Sa plus grande peur était de perdre sa meilleure amie, alors il avait décidé de se taire. De toute façon, il ne comprenait pas ce qu'il se passait.

Un "coup d'État", répétait sa grand-mère quand elle regardait par la fenêtre avec son air habituellement inquiet. Il ne savait pas vraiment ce que ça voulait dire, mais ça avait l'air dangereux, et mauvais.

Bien entendu, Hibari redoutait une chose plus que tout.

-" Dis Lilas..." la petite fille tourna les yeux vers lui, tout sourire. " est-ce que même si la guerre arrive... On restera ensemble?..."

La dénommée Lilas lui fit un sourire éclatant.

-" Bien-sûr Hibari! La guerre ne tuera pas notre amitié!"

Le gardien du nuage laissa tomber ses tonfas à terre.

-" Je hais ceux qui ne respectent pas l'autorité."

Yamamoto ne comprenait pas pourquoi Hibari lui racontait tout ça.

-" Pourquoi?"

Hibari laissa tomber la fleur qu'il avait dans la main par terre. Il avait mit des heures à trouver ce joli petit reste de végétation dans toute cette neige, mais il ne pouvait rien faire d'autre que d'ouvrir grand les yeux gris.

- " Je ne peux plus te voir Hibari."

Le petit brun sentit aussitôt les larmes couler le long de ses joues, sans même encore savoir pourquoi.

-" Mais... Tu..."

-" Maman m'a dit que je ne devais plus te voir. Elle a dit que nous les rebelles, on ne devait pas parler avec ceux qui font la loi." fit la petite fille en serrant les poings.

Hibari ne comprenait rien à ce qu'elle disait. Il s'en fichait royalement de ces histoires de rebellions et d'autorité, il voulait simplement vivre heureux avec sa meilleure amie.

-" Lilas... Je... Me laisse pas tout seul..."

Il se mit à pleurer.

-" Toi et les autres vous n'êtes que des tyrans! Maman elle a dit que vous faites que du mal aux gens!"

Mais Hibari, qui n'avait que sept ans, ne pouvait pas comprendre toutes ces choses. Lilas non plus ne pouvait pas tout comprendre.

-" Lilas..."

-" Je ne veux plus te parler Tyran!" s'écria la petite fille.

Elle s'en alla en courant comme une furie, laissant seul le petit Hibari plus blessé que jamais, qui ne savait pas quoi faire d'autre que de pleurer à chaudes larmes.

-"Donner trop de liberté aux gens ne fait pas la paix."

-"Que veux-tu dire? Je ne comprend pas..."

-" Tu ne comprend rien. » Il secoua la tête. « Moi non plus, je ne comprenais pas à l'époque."

-" Lilas! "

Le petit Hibari courrait et hurlait le nom de sa meilleure amie.

Il ne voulait pas, il ne voulait pas que leur amitié s'arrête là. Il s'en fichait de cette guerre, des rebelles, des tyrans, de toute façon il ne savait même pas ce que ces mots signifiaient! Il n'était pas responsable de cette guerre, il ne l'avait pas demandé ni voulu, il n'était pas concerné!

Il continuait de courir aussi vite que ses petites jambes pouvait le lui permettre. Sa grand-mère et son grand-père devaient le chercher désespérément, ils devaient être morts d'inquiétude. Mais il avait décidé de retrouver Lilas coûte que coûte. Et cela même si il était mort de peur de tout ce qui se passait autour de lui.

Les cris, les ordres, les explosions, le feu, les balles, le verre, la mort.

La guerre.

Pourquoi ? Pourquoi y avait-il la guerre ?...

Et Hibari cherchait, encore et encore. Il songea plusieurs fois à renoncer et à aller se cacher. Mais non, il était courageux, et il voulait retrouver sa meilleure amie. La retrouver et partir, l'emmener au loin, là où leur amitié ne serait plus menacée. Là où ils pourraient encore rire et regarder la neige tomber, cueillir des fleurs, sauter dans les flaques d'eau ensemble.

Et il courrait, sans s'arrêter, se relevant rapidement à chaque fois qu'il trébuchait. Ses mains étaient rouges et un peu de sang perlait sur sa peau, mais il n'avait pas le temps d'avoir mal.

Il se contenta de serrer les dents, et de courir.

Courir.

Jusqu'à arriver à ce qui était la maison de Lilas.

Détruite, en ruine. Juste un tas de brique et de cendre. Il savait que c'était celle-ci, il connaissait le chemin par cœur. Mais il aurait espéré se tromper.

Tremblant, le petit garçon s'avança vers la ruine.

Il sentit sa gorge se serrer lorsqu'il reconnu les cheveux roux de la maman de son amie dépasser du tas de pierre.

Et il voulu se mettre à hurler lorsqu'il se rendit compte que le petit corps à côté d'elle était celui de sa fille.