Merci pour toutes vos gentilles reviews, ça m'a drôlement rassurée de constater que vous avez apprécié la confrontation Tony/Gibbs, même si elle ne se conclut pas en happy-end ou de la meilleure des façons.

Pour ceux et celles qui suivent mon autre fic « wild escape » j'ai pris la décision de poursuivre et de finir « à cœur perdu … » avant de la continuer. Rassurez-vous ce ne sera plus très long.

Bonne lecture.

Si je devais choisir une chanson d'accompagnement pour ce chapitre j'opterai pour "I am calling you" interprété par Jevetta Steele, pour les deux derniers paragraphes. Avis aux plus téméraires ;-)


POV Abby

.

Rien n'allait plus.

Plus comme il fallait, comme il se devait d'être.

Son laboratoire lui faisait l'effet d'une belle cage dorée maintenant que plus personne n'y venait lui rendre visite.

Il n'y avait plus de joie, d'éclats de voix, de papotages et de projet pour le vendredi soir.

Même son cher caf pow avait perdu de son onctuosité et de sa saveur pour ne plus conserver qu'un arrière-goût de cendre et d'amertume.

Et tout ça à cause de Lui.

C'était de Sa faute.

C'est ce qu'elle pensait.

Ou aimait penser.

Même si elle se savait injuste. Et égoïste.

Même si elle tentait de se voiler une nouvelle fois la face quand bien même elle venait d'ouvrir les yeux pour la première fois depuis qui sait combien d'années.

Car ce qu'elle voyait à présent ne lui plaisait pas.

Trop cru, trop douloureux, trop vrai.

Des émotions à l'état brut.

Un monde aux couleurs pales, grises pour la plupart, et non plus vives et intenses comme elle les aimait, avec le noir. Mais le noir n'était pas une couleur donc ça comptait pas.

C'était de Sa faute.

Il lui avait forcé la main. A elle. A eux.

L'avait forcé à ne plus se contenter de demi-vérités ou de face cachée, et à regarder le monde tel qu'il était. Et leur univers infiniment plus.

Et.

Et son insouciance s'était envolée.

Sa joie de vivre avait disparue.

Et les larmes étaient apparues.

Et cette nouvelle Abby s'était manifestée. Celle qui jusque-là n'avait jamais eu à apparaître, pas consciemment. Pas nécessairement.

Cette Abby plus mature, plus sujette aux souffrances, aux peurs et aux nombreux pleurs.

A cause de Lui.

Par cette place dans sa vie qu'il avait cessé d'occuper.

Par ce rôle qu'il avait cessé de remplir.

Sa vie dans laquelle il n'évoluait plus désormais.

Deux existences non plus assemblées mais dissociées et une frontière désormais pour les garder ainsi.

Un abysse.

Et elle si énergique, elle se tenait là assise à même le sol, recroquevillée contre le mur, son hippo pressé contre elle.

Elle, le regard vide, les yeux voilés, le front tremblant, les joues humides.

Elle, dont le visage était volontairement dissimulé derrière ses cheveux détachés.

A quoi bon les natter.

Il n'y avait personne pour le constater.

Ou en tout cas s'en étonner et s'en amuser.

Parce que ce n'est pas Lui qui le ferait plus.

Sa faute.

Il n'était plus.

.

Au départ elle n'avait pas compris.

Mais au départ aussi elle n'avait pas tous les éléments non plus.

La faute à qui ?

Elle se rappelait quinze jours plus tôt l'incrédulité qui l'avait saisie quand de retour du week-end, une boite de doughnuts dans les mains, ses yeux s'étaient posés sur bossman.

Cette sensation d'être percuté par un camion à vive allure.

Un choc brutal, inattendu.

Une boite qui tombe.

Elle avait fermé instinctivement les yeux.

Et elle avait paniqué.

Avait cherché à s'éloigner de cette vision bien plus terrifiante encore que son cauchemar de la salle d'autopsie.

Mais elle n'avait pas réussi à se détacher, ni à se cacher comme quand étant enfant elle se réfugiait sous ses couvertures pour se protéger des monstres et autres diableries.

Car le spectre était là, en pleine lumière, dans le cœur et la tête de son renard gris.

Dieu qu'elle avait détesté l'inquiétude, le doute et la culpabilité, qu'elle avait lu dans ce regard bleu-gris. Ce Gibbs qui semblait perdu, abattu, incertain. Il semblait avoir pris dix ans depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Trois jours plus tôt.

La perplexité et la panique donc. En premier lieu.

Puis il y avait eu le déni. Dans son parfait petit univers un Gibbs qui n'était pas autoritaire et sûr de lui, dans la maitrise de son entourage et surtout de ses émotions, cet univers ne pouvait pas exister. C'était un des signes d'une prochaine dévastation, de l'apocalypse. Finalement les Mayas ne s'étaient pas trompés avec la fin du monde. Même si ce n'était que le sien qui partait en fumée.

Non tout ça n'était qu'un rêve avait-elle pensé. Elle était tellement enthousiaste de revoir Tony après trois semaines loin d'elle – d'où les pâtisseries, de voir sa petite famille enfin réunie, de ne plus à avoir à s'inquiéter quant à leur santé – Dieu qu'elle détestait les savoir en mission secrète – que son cerveau lui montait des films.

Seulement son cerveau était une petite chose des plus cruelles. Jamais à coopérer sur commande. Même si elle l'alimentait quotidiennement en stimulants.

Car il n'y avait aucune tromperie.

Et le déni avait laissé place à la colère et à la détermination.

Elle avait été furieuse comme jamais jusque-là, excepté peut-être envers Ari Haswari, folle de rage contre la personne qui avait induit ces changements, ces émotions en Gibbs et qui du même coup avait détruit toutes ses certitudes à elle.

Une telle personne méritait amplement qu'elle la fasse disparaître de la surface de la terre, sans laisser la moindre trace. Ce n'était pas des paroles en l'air elle le pouvait réellement. Punition expéditive et surtout définitive. On ne s'en prenait pas impunément au grand manitou.

Et elle serait passée à l'acte si elle ne s'était pas sentie trahie. Trahie et rejetée.

Par le refus de Gibbs de lui dire ce qui n'allait pas.

Par ces conversations qu'elle avait surprises entre le boss et Ducky les heures suivantes, mais qui s'arrêtaient dès que quelqu'un se trouvait à portée de voix.

Quelque chose d'important se tramait à en voir leur mine grave et sérieuse. Quelque chose dont elle était tenu à distance, ce qu'elle détestait profondément. Être laissée dans le noir. Les deux hommes le savaient pourtant ! Alors pourquoi ?

Elle n'aimait vraiment pas cela.

Et surtout Tony qui n'était pas là !

Il avait pris quelques jours de congés leur avait dit Gibbs, sans s'approfondir sur le pourquoi, le où ni le comment. Surement il n'était pas blessé ni malade. On le lui aurait dit ! Forcément !

Quelque chose se tramait. Et Gibbs qui refusait d'en parler.

Et elle avait eu peur.

Peur de ce qu'elle ne savait pas, de ce qu'elle ne pouvait pas maîtriser.

La chose qu'elle savait à ce moment-là, la seule palpable, était que Tony n'était plus là.

Comme ça.

Sans aucunes explications.

Comme si c'était le déroulement le plus naturel au monde.

Mais à voir ces émotions contre-nature qui saisissaient Gibbs chaque fois que son regard se posait sur le bureau de son second ou que le nom de celui-ci était prononcé, cette douce tristesse qui semblait prendre possession de lui quand il ne se savait pas regardé, cela avait quelque chose à voir avec l'italien.

Quelque chose s'était produit.

Avec eux.

Entre eux.

Et peut-être aussi avec Ducky.

McGee lui avait parlé de ce qui s'était passé sur le terrain, la mission, l'assaut, les paroles venimeuses que Tony avait jeté au visage de Gibbs, la réaction de ce dernier..

Mais il y avait plus, elle en avait le pressentiment. Quelque chose s'était produite, un fait qui leur était inconnu à eux, et bien plus dramatique encore.

Quelque chose pouvant expliquer l'absence de Tony.

Et pourquoi, alors qu'il avait toutes les raisons du monde d'être fou de rage ou tout du moins indifférent et renfermé à l'égard de Tony, Gibbs ne semblait ressentir qu'inquiétude, honte et incertitude.

Et elle en aurait hurlé.

De rage, de peur, de tristesse.

Sa famille se scindait et personne ne voulait en parler, lui en parler.

Personne ne semblait vouloir y faire quelque chose.

Aussi un matin avait-elle coincé Gibbs dans l'ascenseur, lui avait fait son regard de chiot apeuré, un café serré à la main en guise d'offrande, mais l'homme était resté muet à ses arguments, à ses supplications, à ses menaces, la renvoyant à son laboratoire où elle avait du travail à faire. Il lui avait dit d'oublier, de ne pas s'inquiéter, tout allait revenir à la normale très bientôt.

Et comme elle aurait voulu y croire, boire les paroles du manitou comme elle l'avait toujours fait jusqu'à présent. Se laisser rassurer par la force intérieur de l'homme, bercer par ses certitudes quant à l'avenir, son « tout ira bien Abby je te le promets ».

Mais comment le faire quand elle pouvait lire dans les yeux de Gibbs que même lui n'y croyait qu'à moitié.

Comment le faire quand Tony restait sourd à ses tentatives pour le joindre.

Comment.

Et pour la première fois elle avait remis en doute ces mêmes espérances qu'on lui faisait miroiter.

Et pour la seconde fois elle avait vu son monde s'effondrer.

A qui la faute ?

.

Tony.

Tony qui refusait de répondre à ses appels ou à ses mails. Pas plus n'avait-il ouvert sa porte quand elle s'était rendue chez lui.

Comme s'il avait voulu se détacher d'eux, d'elle.

Et à ce moment-là, dans sa tête, c'était quelque chose d'impensable. D'inimaginable.

Tony n'était pas comme ça. Il était le plus prévenant, le plus attentionné de tous, extrêmement vigilent quant au bien-être de ses collègues.

Et pourtant …

Et ce qui l'avait énervée par-dessus tout était le fait que ni Ziva ni McGee ne semblaient inquiets ni même curieux de la disparition de leur coéquipier. Ils agissaient comme si de rien n'était. Elle les avait même surpris à se féliciter de son absence, à s'en gausser, à le rabaisser. Et alors qu'elle s'était apprêtée à intervenir, à les sermonner, à défendre leur – son - ami absent, le boss l'avait prise de court.

Pour une engueulade magistral que les deux agents n'étaient pas prêts d'oublier. Du 100% Gibbsien.

Un Gibbs furieux était dans n'importe quel cas un Gibbs à éviter. Sauf quand on en était l'objet. Et là il valait mieux avoir une assurance vie à jour.

Il leur avait fait une leçon sur ce que travailler en équipe signifiait. Et combien il était écœuré par leur agissement et leurs propos plus que déplacés.

Il leur avait rappelé qu'il y avait une raison pour que Tony soit son second, qu'il lui avait passé les rênes de l'équipe quand il était parti au Mexique sans l'ombre d'une hésitation et que c'était bien-là la seule chose d'intelligent et de juste qui était ressortie de toute cette histoire.

Que pas un jour il regrettait d'avoir pris sous son aile ce jeune inspecteur des mœurs, que celui-ci avait comblé toutes ses attentes et bien plus encore, que certain jour l'italien de par ses compétences était le meilleur atout dont disposait le bureau en terme d'investigateur et qu'il ne faisait pas un pli que si les magouilles politiques n'entraient pas en ligne de compte il finirait dans le fauteuil de directeur d'ici dix ans.

Ce même agent envers qui il s'était lui-même mal conduit, et s'il devait passer le reste de sa vie à s'excuser, à se mettre à genou et à supplier pour obtenir le pardon de l'italien, ainsi soit-il. Car Tony le méritait amplement. Et bien plus encore.

Il leur avait ensuite posé un ultimatum : où ils apprenaient à travailler avec Tony, à lui montrer le respect qui lui était dû et qu'il avait amplement mérité, où ils pouvaient se chercher un nouveau travail. Sur un autre continent.

Que dorénavant il ne tolèrerait plus le moindre écart de langage, le moindre dérapage ou mauvaise conduite à l'égard de son second. Le meilleur agent avec qui il avait travaillé.

Les réactions ne s'étaient pas fait attendre. Ziva avait paru offusquée, ne trouvant rien à redire quant à son comportement. Elle ne faisait que dire tout haut ce qu'elle avait constaté, ce qu'elle ressentait. Elle n'aimait pas se faire traiter comme une enfant. Se faire reprendre devant l'ensemble du bureau. Elle avait décidément trop de fierté et d'assurance pour son bien.

La réaction de McGee avait été plus mesuré. Il avait été secoué, ébranlé par la diatribe de Gibbs. Et le fait que Vance, qui avait été témoin de la scène, ait cautionné les paroles du boss, ait acquiescé dans ce sens, l'avait désemparé. La différence d'avec Ziva était qu'il était capable d'introspection. Il savait reconnaître quand il avait tort, quand il se méprenait ou exagérait. Quand il se conduisait comme un crétin ou un scélérat. Ce qu'il avait admis deux jours après la confrontation avec Gibbs. Il était revenu penaud, honteux, repentant. Avec la conscience qu'un simple excuse-moi ne suffirait pas cette fois. Il avait passé le reste de la semaine à analyser sa relation avec Tony, son comportement aussi. A faire une liste de tout ce qu'il devait à l'autre homme et celle-ci était bien longue. Inversement il avait fait celle de tout ce qu'il avait fait pour Tony, et elle était très longue aussi, mais dans la mauvaise colonne, celle des moins. Il avait pêché par orgueil, par arrogance et il avait tourné son mentor, son ami ? en dérision à cause de cela. Il l'avait rejeté, rabaissé quand celui-ci l'avait toujours tiré vers le haut, l'avait encouragé. Il s'était rendu compte que l'homme, l'agent qu'il était devenu, il le devait à l'italien, sans lui rien n'aurait été possible. Et un sentiment de colère l'avait pris, contre lui-même, contre son absence d'ouverture d'esprit, contre son égo qui ces derniers temps était bien trop gros. Et il avait pris une ferme résolution. Celle de changer, de redevenir l'agent qu'il avait été, celui conscient qu'un long chemin lui restait à parcourir avant d'atteindre le niveau du super agent qu'était Tony. Voilà ce qu'il lui avait raconté le lundi suivant, contrit et horrifié. Voulant réagir, bouger de l'avant.

Et c'est ainsi que dix jours après que Gibbs leur eut annoncé l'absence de Tony elle avait eu Tim pour partenaire de recherches.

Avec la plus grande discrétion.

Et elle l'avait prise dans ses bras après lui avoir frappé l'épaule.

Une chose était redevenu normale. Tim avait rejoint la famille. Tout restait donc possible. Son petit monde parfait allait se recréer et avancer, comme si rien ne s'était passé. Et même si ça voulait dire que l'agent David ne devait pas rester.

Tout allait redevenir normal.

Voilà ce qu'elle pensait pas plus tard que ce matin.

S'ils parvenaient à retrouver Tony.

Or Il n'était définitivement pas chez lui. Tim en avait forcé l'entrée et l'appartement semblait être inhabité depuis quelque temps.

Il n'était pas non plus chez son père. D'après le majordome qu'elle avait eu au téléphone. Ce qui ne l'étonnait guère. L'inverse l'aurait été beaucoup plus.

Sa mustang était garée au parking.

Il n'y avait pas eu le moindre mouvement, la plus petite opération sur son compte bancaire qu'elle avait sans la moindre honte piraté. En fait ces derniers moins, en dehors du paiement de son loyer, des traites quant au remboursements de sa voiture, il y avait eu très peu de retraits ou autres opérations. Tony lui avait toujours paru du type dépensier, avec ses goûts de luxe, ses vêtements griffés, son après-rasage à l'odeur musqué …

Son téléphone portable était éteint, elle ne pouvait donc le localiser à travers les bornes.

Elle et McGee avaient piraté la base de données des hôpitaux de la région, juste au cas où, ils avaient fait le tour des gares, des aéroports, des stations de bus. Nada.

Leur ami semblait s'être volatilisé. Et il ne souhaitait pas être retrouvé comme le prouvait l'absence de traces.

Maudit soit-il d'être un si bon agent !

Et puis pourquoi cherchait-il à disparaître ainsi s'étaient-ils demandé? Le Tony qu'ils connaissaient serait venu la voir si quelque chose n'allait pas, s'il avait des ennuis non ? Il ne chercherait pas à l'inquiéter ainsi ! Pas Tony ! Pas celui qu'elle connaissait !

Le Tony en colère, révolté, serait venu les confronter, il n'aurait pas fui devant l'adversité. Et puis quelle raison avait-il d'être fâché contre elle ? Elle ne lui avait rien fait.

Rien fait.

Le Tony triste et blessé serait parti dans un coin sombre soigner ses blessures mais en serait sorti au bout de quelques heures, aurait retrouvé le chemin de la maison, celui de son labo, et ils auraient écouté du jazz ensemble, en silence. Comme avant. Et comme avant ils auraient fini par se mettre à danser et ainsi de manière détournée elle l'aurait tenu dans ses bras, l'aurait bercé comme si de rien n'était, deux corps pressés l'un contre l'autre, ressentant, communiquant, consolant, pas de mot, juste les sanglots d'une voix, Billie Holyday. Des larmes par procuration. Lui qui ne savait pas pleurer. Pas en pleine lumière.

Comme avant oui.

C'est ce qu'elle avait dit à Ducky voilà quelques deux heures plus tôt quand celui-ci l'avait surprise alors qu'elle se désespérait de l'absence de pistes. Et il l'avait écouté, il avait cherché à la rassurer, en vain car elle pouvait lire en lui les mêmes doutes que les siens.

Et il avait compris.

Jusqu'à ce qu'il en vienne à la contredire.

Non ils ne connaissaient plus Anthony, plus depuis bien longtemps il le craignait. Ils avaient oublié qui était ce jeune homme qui il y a huit ans avait su gagner leur cœur, les attendrir, les faire l'aimer. Jusqu'à ne plus pouvoir s'en passer.

Ils avaient oublié les épreuves que l'agent avait traversées, avant et pendant. Sans compter celles qu'il leur avait tues mais qui restaient enfouies douloureusement en lui. Ne se cicatrisant jamais réellement.

Ils avaient oubliés qu'il n'était pas immunisé contre les remarques, contre l'attitude des autres à son égard, contre la méchanceté et le manque d'estime, que comme les autres il n'était pas de marbre, il n'était pas parfait.

Ils avaient oublié. Perdu dans leur propres soucis, leur propre douleur d'avoir perdu Gibbs et la joie de le retrouver, perdu dans leur volonté d'oublier, que rien ne s'était passé, de tourner la page vers un nouveau chapitre de leur vie sans s'apercevoir qu'un des acteurs principaux était resté derrière.

Ou plutôt sans vouloir qu'il les rejoigne.

Alors que tout allait pour le mieux ils avaient délibérément rejeté un des membres de leur famille sous prétexte qu'il leur rappelait de trop cette période de leur vie où ils avaient été malheureux, bouleversés, sans faire plus de cas de ce qu'il avait pu ressentir.

Alors non Gibbs, elle et lui-même, ceux qui avaient connu le réel Anthony, ne pouvaient plus à l'heure actuelle en dire autant.

Et il ne fallait pas s'étonner que celui-ci ne soit venu leur parler de ses projets de vacances. L'avaient-ils jamais fait eux cette dernière année ?

.

Dans un premier temps cette conversation l'avait offusquée. Tony était son meilleur ami. De ceux qui se disent tout. Qui partagent tout. Qui savent quand quelque chose tracasse l'autre. Comment Ducky pouvait-il insinuer qu'elle l'avait laissé tomber ? Elle était et serait toujours là pour lui. Toujours.

Sauf que ce n'était pas vrai. Elle devait finir par se l'admettre quand après avoir réellement réfléchit aux paroles du médecin légiste, à l'abri dans son labo, la musique hurlante, elle se rendit compte de la réalité et non pas ce que son esprit avait créé à travers ce qu'elle avait voulu voir, et croire.

Et plus elle y pensait plus l'emprise qu'elle exerçait sur Bart s'affermissait contre sa poitrine. Plus elle ressassait l'année écoulée plus les larmes s'écoulaient sur ses joues.

Quelle horrible personne, quelle épouvantable amie elle avait été.

Elle ne méritait pas Tony.

Même si elle l'aimait. Dieu comme elle l'aimait. Son camarade. Son proche ami. Son frère de cœur.

C'est pourquoi il fallait absolument qu'il revienne. Qu'elle puisse s'expliquer, qu'elle puisse se pourfendre en excuses. Comme Timmy. Comme Ducky. Et comme Gibbs aussi.

Ils lui devaient tous des excuses.

Leurs fautes.

Et peut-être, peut-être leur pardonnerait-il ! Peut-être n'était-il pas trop tard !

Peut-être.

Avec le temps.

Elle se releva difficilement, Bart au creux du bras, et s'avança douloureusement vers l'un de ses ordi. Il était temps qu'elle rentre. La nuit était tombée depuis bien longtemps.

Et c'est d'une main tremblante qu'elle appuya sur le petit bouton.

Et son cœur se brisa davantage lorsque le sourire de Tony qui figurait sur son écran de veille laissa bientôt place au noir tandis que l'appareil s'éteignait.

A bientôt.

Tony.

.


Ouf, un nouveau chapitre d'écrit.

Alors qu'en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous que je devrai faire pour la suite ? Tony doit-il revenir ? Partir ? Leur pardonner ? Si oui, à tous ?

Et pour Ziva ?

A bientôt pour la suite.