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Salut ! :D
Après de considérables négociations,
le ravisseur a relâché le chapitre 4 !
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Merci à
Bellaandedwardamour, Calice24, fifer, S,
Adeline.L, hakumy, emichlo, Mrs Esmee Cullen,
xenarielle93, phoenix, aliecullen4ever,
asukafox, elo-didie, Lydie's,
Sabrinabella, Severine, MrsShaly
pour votre soutien !
Merci à ma Big Sister.
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-Bonne Lecture-
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Samedi 15 Janvier 2011 à 13H59 (PoV Jasper) :
J'étais assis sur le canapé à regarder la télé. Esmée était à côté de moi et Rose feuilletait un magazine assise par terre, appuyée contre les jambes de notre mère. Alice et Edward se disputaient une partie d'échec. Inutile de préciser qu'ils restaient parfaitement immobiles devant l'échiquier. Emmett déboula dans la pièce et nous prévint qu'il allait chasser. A cette phrase, ma gorge me piqua.
- Je viens avec toi.
- Cool, se délecta-t-il.
C'était mauvais signe. Je me dépêchai de sortir et courus dans la forêt. Je laissai le contrôle au côté le moins noble de ma personne. Après avoir repérer le bruit caractéristique du sang coulant dans des veines qui n'attendaient que nous, je me tapis et observai nos proies.
Emmett n'était plus à côté de moi et je n'y prêtais aucune attention trop focalisé sur ces cerfs. J'avais sans doute eu tord car alors que j'allais bondir sur l'animal le plus proche, j'entendis le cri de …. de Tarzan ? ! ? Je levai les yeux et vis mon frère se balancer de branches en branches à défaut de lianes.
Les cerfs, avertis de notre présence, s'enfuirent sans demander leur reste. Trop choqué par cette vision d'Emmett, je ne pensai pas à les rattraper. Il descendit enfin de son arbre. J'étais littéralement pétrifié.
Ma gorge me brûlait et à cause d'Emmett et de son imagination complètement débordante et soyons honnête, de ses idées stupides, le troupeau que formait notre repas s'était enfui.
Plus aucun animal n'était présent à des centaines de mètres et ma soif était inassouvie. Je lançai un regard noir à Emmett.
- Oh ça va ! Amuse-toi un peu ! Et pis on en trouvera d'autre.
Puis pour lui-même :
- Aucun sens de l'humour. Quoique que, avec Alice comme femme ça doit être difficile.
En moins d'une seconde, j'avais plaqué mon « frère » à terre. Il riposta en me donnant un coup dans le ventre, m'envoyant valser contre un arbre qui craque sous l'agression. Nous nous relevâmes en même temps et cet abruti souriait, fière de pouvoir se battre.
Et ben si c'était ce qu'il voulait, c'était ce qu'il allait avoir.
Je m'élançai droit sur lui prenant appui sur mes jambes de toutes mes forces vampiriques, ma soif omniprésente.
Il fit de même. Notre collision retentit comme un coup de tonnerre, provoquant l'envol des oiseaux qui ne s'étaient pas encore enfuis des arbres alentours. Je dominai pendant une bonne partie du combat, esquivant ses attaques et feintant à plusieurs reprises ce qui me permettaient de l'atteindre.
Il commençait à s'impatienter.
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Je sentis ses mains m'attrapaient avec force et me plaquaient brutalement contre terre. Mon dos frappa durement la terre, laissant un trou. De cette position, je remarquai alors un arbre déraciné.
Il se releva et me tendit sa main en guise de paix. Je lui pris et il m'aida à me relever bien que je n'en avais pas besoin.
Sans parler, nous reprîmes notre chasse. Bien sûr aucun animal n'était dans les parages, vu le boucan que nous avions fait. Donc nous marchâmes à vitesse humaine pendant une bonne demi-heure.
Mais se défouler comme cela m'avait permis d'oublier momentanément le feu de ma gorge. Désormais il se rappela volontiers à mon bon souvenir.
- Rhô allez, tu vas me faire la tête encore longtemps ?
- Tu as fait fuir notre gibier, et de la plus idiote des manières, alors que j'étais complètement en chasse. Comment tu veux que je réagisse ? Non mais sérieux ? Tarzan ?
Il allait répliquer mais j'entendis un son inespéré. Un cœur qui bat. Puis une odeur vint délicieusement chatouiller mes narines. Je sentis aussi l'odeur d'un loup mais n'y fis pas attention car elle datait de quelques minutes.
- Sens moi ça, fis-je en prenant une généreuse inspiration.
Emmett m'imita. Il fit la remarque :
- Hum, c'est quoi à ton avis ? A entendre le cœur, il est tout près mais n'a pas encore pris la fuite. Inhabituel tu ne trouves pas ?
En effet, c'était inhabituel. Nous devions toujours pourchasser notre proie. Là, on dirait qu'il nous attendait. Ma gorge me brûlait férocement. Ma soif se fit plus ardente. Celle d'Emmett s'accentua aussi et il débusqua l'animal qui se cachait dans un buisson.
L'animal jappa et Emmett m'apprit qu'il n'avait jamais chasser un coyote. Mon frère sortit sa proie de sa cachette et elle se débattit vivement.
L'affolement. La crainte. La douleur. La rage. Le chagrin.
5 émotions qui se déchaînèrent sur moi comme une tempête. 5 émotions qui m'oppressèrent de part leur intensité. Emmett pris la parole mais je ne sus ce qu'il disait, trop abasourdi par cette certitude : ce n'était pas un animal.
- Attends Emmett !
Il grogna mais se retourna. Il me défia en essayant de monnayer son dû. Je lui expliquai alors la situation. Il fut choquer, autant que je l'étais. Le coyote-garou, si cela existait, essaya de se défaire de la prise d'Emmett.
Ce dernier le relâcha en le tranquilisant sur ses intentions.
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Il se rapprocha de moi en rajoutant :
- Nous devons parler à Carlisle. Peut-être les gènes quileutes peuvent impliquer les coyotes.
- Comment en être sûr aussi ? deemandai-je. Les Quileutes ne nous portant pas dans leur coeur, ça m'étonnerait qu'ils nous révélent tous leur secrets.
- Y'aura plus qu'à vérifier avec Edward, haussa-t-il les épaules : les obstacles était toujours simple à franchir avec lui.
Emmett carressa la tête du coyote et celui-ci n'apprécia pas puis il partit de vers où nous étions venus, poursuivant sa chasse. Je fixai cet étrange "animal".
Avions nous raison dans notre théorie ? Ou cette rencontre cachait-elle encore plus de questionnements, un peu comme la partie immergé d'un iceberg ?
Je m'éloignai à mon tour, suivant la trace olfactive d'Emmett. Je le trouvai en train de s'abreuver d'un cerf. Ca l'aurait tuer de m'attendre ! ? ! Je m'élançai à la poursuite du reste du troupeau, sûrement celui de tout à l'heure.
Je fondis sur l'animal le plus proche.
Sans qu'il ne comprenne quoi que ce soit, je plantai mes dents acérées dans sa jugulaire. Son sang envahit ma bouche, apaisant le bûcher de ma gorge.
Je me sustentais de trois autres cerfs avant d'être totalement rassasié. Je pris la route pour rentrer. Emmett me rejoingnit à mi-chemin et en entrant dans la villa, ma douce Alice me sauta dans les bras.
- Carlisle est dans son bureau ! déclara-t-elle tout simplement.
Je lui souris et montai les escaliers, le reste de la famille sur les talons. Ils étaient tous visiblement au courant de notre rencontre anormale. Je toquai et après son autorisation, j'ouvris la porte.
- Que se passe-t-il ?
Il était inquiet de nous voir tous débarquer. Emmett pris la parole et expliqua la situation dans les détails ( malheureusement sans omettre le passage de son imitation de Tarzan ). Nous roulâmes tous des yeux devant sa fierté évidente. Carlisle soupira et réfléchit :
- Les légendes quileutes sont véritablement passionnantes. Je les ai étudiées de fond en comble mais jamais il n'est fait allusion à des coyotes. De près ou de loin.
Le mystère restait donc entier. Néanmoins, j'avais la solide et tangible impression que le voile ne tarderait pas à être levé.
Ce fut la première fois de mon éternité que des questions irrésolues me bouleversèrent autant.
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Dimanche 16 Janvier 2011 à 12H08 (PoV Alice) :
Je m'élançai dans la voiture de Rosalie après avoir salué mes deux frères et Jasper. Rosalie avait voulu une journée entre filles. Cette dernière m'attendait. Elle démarra en trombe et nous fûmes plus vite que la moyenne à Port Angeles.
Rares étaient les boutiques intéressantes dans cette ville, cependant c'était la seule qui serait assez nuageuse pour que nous puissions sortir sans être remarquées.
Avec Rose, nous fîmes toutes les boutiques ouvertes. J'achetai un tableau pour Esmée : elle n'avait pas pu venir et je savais qu'elle projetai d'en acheter un.
Un paysage urbain en noir et blanc était photographié et agrandi. Elle raffolait de ce genre d'oeuvres.
Des tonnes de sacs s'empilaient dans le coffre et l'arrière de la voiture. Je savais que j'aurais dû prendre ma voiture mais Rose m'avait convaincue que nous pourrions en profiter pour discuter entre sœurs.
Actuellement, j'étais dans l'avant dernière boutique, essayant de dénicher des vêtements qui pourrait servir pour la chasse. J'arrivai à un rayonnage où il n'y avait rien d'intéressant.
A peine avais-je pensé cela que je vis une fille amorcer un geste pour avancer tandis qu'elle mettait un horrible pull sur son bras.
Ce n'était que quand elle se retourna que je pris conscience de mon cri de désarroi instinctif. Je restai immobile, les yeux écarquillés, toujours sous le choc. C'était dans ces moments-là que les hommes du clan Cullen disaient que j'en faisais trop.
Je la détaillai pour voir quels vêtements étaient fait pour elle et lesquels étaient à proscrire. Des cheveux d'un châtain sombre qui manquaient d'éclats. Un teint pâle qui pourrait être tourné à son avantage. Des yeux marrons, faisant penser à du chocolat au lait fondu, qui devaient impérativement être mis en valeur.
Elle était jolie mais si elle passait une après-midi avec moi, je pourrais sans mal la rendre magnifique.
Mon appréciation ne prit qu'une seconde. Elle fronça les sourcils et se retourna. Elle me regarda à nouveau, comprenant bien que c'était elle que je scrutais.
Je me souvins à temps que mon comportement pourrait paraître suspect pour des humains alors j'engageai la conversation :
- Tu vas vraiment acheter ça ?
Ses sourcils n'avaient pas l'air de vouloir se détendre. Étais-je si insupportable ? Edward serait là, qu'il ne se gênerait pas pour répondre oui.
Décidée à lui faire voir comment elle devait choisir ses vêtements, je lui attrapai le bras. Sa réaction fut si vive que je ne la vis pas arriver.
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Je comprenais qu'une inconnue qui vous accostait comme ça pouvait être inhabituel. Je lui souris pour lui montrer que je saisissais.
- Désolé, je voulais seulement t'emmener là-bas. On y trouve des vêtements plus intéressants.
Elle était figée et je me demandais comment je pourrais lui faire comprendre que je voulais seulement l'aider dans le choix de ses vêtements et la mettre en valeur. Elle ferma les yeux et inspira. Son comportement était bizarre.
Alors que je me questionnai sur son attitude, les prémices d'une vision se firent ressentir. J'étais assise en cours, ombre imperceptible perdue dans le temps. Le lieu m'était familier et je reconnus le prof de maths.
Il fixait ma voisine. En pivotant sur ma gauche, je reconnus la fille du magasin. Autant j'étais étonnée, autant elle avait l'air de paniquer, la bouche ouverte comme si elle ne pouvait parler.
- Alors Melle Swan, j'attends votre réponse.
Puis plus rien. Enfin concernant ma vision. Je clignai des paupières pour revenir totalement au moment présent.
Je me retrouvai à nouveau face à cette fille qui allait devenir ma camarade de classe, Swan de son nom et je remarquai qu'elle n'avait prononcé aucun mot. Était-elle muette ? Ma vision le confirmait en tout cas.
Elle me regardait différemment de tout à l'heure comme s'il s'était passé quelque chose dans sa tête.
Jamais là quand on a besoin de lui, celui-là ! pestai-je en pensant à Edward.
Elle frissonna, ce qui renforça ma certitude qu'elle savait. Néanmoins, ce « elle savait », pouvait posséder une dimension très mauvaise pour nous.
- Alice ! T'en penses quoi ?
Je jetai un coup d'œil rapide au pantalon que Rose me montrait. Je reportai cependant mon attention sur cette fille étrange, étant plus importante présentement. Le pantalon était magnifique soit dit en passant.
Son regard me disait inconsciemment qu'elle possédait assez de connaissances pour savoir reconnaître des êtres inhumains se tenant devant elle. Comment ?
La sensation habituelle annonçant une vision me happa à nouveau et m'entraîna dans un autre lieu. J'ignorais où je me trouvai. Une chambre qui m'était méconnue.
Cependant les deux personnes allongées sur le lit étaient parfaitement reconnaissables. Mon frère avec dans ses bras la fille, « Melle Swan ». Il lui murmura avec un regard transi d'amour :
- Dors ma Bella.
Elle se blottit plus confortablement dans ses bras et j'étais certaine qu'elle dormait déjà. Je sentis mon esprit réinvestir mon corps cependant j'eus le temps de saisir son soupir :
- Mon vampire préféré.
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Subitement, je me retrouvai dans le magasin en face de Bella qui me fixait. J'étais contente de connaître son prénom. Il lui allait bien. Et en plus cette femme était l'âme sœur de mon frère et n'était pas muette.
J'étais on ne peut plus heureuse. Mon frère allait enfin trouver l'amour.
Et elle était là, devant moi, tenant un horrible pull, horrifiée. Le dernière phrase de ma vision m'apprenait qu'elle saurait pour notre nature et apparemment cela ne l'a dérangerait pas.
J'en sautillerai presque sur place mais je me souvins de l'avertissement donné, m'interdisant de le faire devant des humains. Avertissement donné par mon tendre Jasper. Et il savait très bien que c'était le seul qui pouvait me faire faire quelque chose. Et qu'il-…
Horrifiée ? Pourquoi me regardait-elle comme ça ? Ma vision avait été tellement rapide qu'un humain ne pouvait voir que j'avais été « absente ».
Savait-elle quelque chose ? Dans ma vision elle connaissait notre nature mais cela parce qu'Edward lui avait dit ( enfin lui dira pour être exact ). Si ce n'est pas le cas, j'y veillerai au grain et foi d'Alice Cullen, mon amie détiendra notre secret.
Mais si je me trompais.
Si elle avait déjà eu affaire à des gens de notre espèce avant ? A la vue de son attitude cela ne devait pas être des vampires végétariens. Mais dans ce cas, elle ne serait pas là, devant moi, tout ce qu'il y a de plus vivante.
Pour l'une des rares fois dans ma vie, je fus perdue.
- Qu'est-ce que t'as Alice ?
Avec tout ça, j'en avais oublié la présence de Rose, à 40 centimètres de moi. Je vis la réaction de Bella et elle se réalisa dans la seconde : elle jeta le pull et s'enfuit.
Je murmurai, comme pour entendre dans le présent cette fois et la rendre réelle, le nom de celle qui va bouleverser notre existence.
Cela ne faisait que quelques secondes que Bella était partie que je sortis à mon tour. Je la vis disparaître au coin de la rue. Je remarquai une papeterie à deux pas de là.
- Qu'est-ce que tu fous Alice ? demanda Rose qui m'avait rejointe, agacée de ne rien comprendre.
- Acheter un cahier.
Je me mis en marche tandis que ma dernière pensée avant de traverser la rue était que ce fut la première fois de mon éternité que je ressortis d'un magasin les mains vides.
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Lundi 17 Janvier 2011 à 07H46 (PoV Edward) :
Je coupai le moteur de ma Volvo après mettre garé sur la place la plus proche de l'entrée du lycée. Mes frères et sœurs descendirent et je mis un peu plus de temps pour me préparer psychologiquement au flot de pensées qui allait déferler sur moi une fois au milieu des élèves.
La grande majorité de ces pensées étaient tournées depuis quelques jours sur l'arrivée de la fille du Shérif Swan. En sortant enfin, je sentis sur le parking une odeur qui surpassait toutes les autres. Cela me déconcerta mais je n'y fis pas plus attention.
Nous attendîmes la sonnerie comme d'habitude. Cependant, Alice bondit vers l'entrée sans même nous dire ce qu'elle fabriquait. Jasper me regarda, interrogatif. Je haussai les épaules. Ce petit lutin me cachait ses pensées depuis son retour de Port Angeles, hier.
Nous partîmes tranquillement vers nos cours. Je commençai avec Anglais. Emmett s'assit à côté de moi.
- T'en fais une de ces têtes.
« Raconte à Tonton Emmett tes problèmes ! » m'encouragea-t-il mentalement.
La cloche sonna le début du cours, me sauvant d'une explication. Comme s'il ne savait pas que venir au lycée était d'un ennuie.
Mortel, ajoutai-je avec une pointe d'ironie.
Et une semaine commençait encore. Une semaine de plus à se lasser un peu plus de tout. A la fin de la première heure alors que je me dirigeai vers mon deuxième cours, je croisai Alice dans le couloir.
Elle me lança un regard d'avertissement. Je lus dans son esprit qu'elle venait d'avoir une vision de la nouvelle, assise à côté de moi. Nous étions ( serions ) en biologie, si je me basais au bureau typique des labos.
Dans cette vision, je la regardais comme si mon contrôle était poussé à rude épreuve.
« Tu y arriveras, Edward. Tu te contrôleras. Seulement Bella sait pour nous. Pas de notre nature exact mais elle sait que nous ne sommes pas humains. Alors s'il te plaît, sèche le cours de bio. Ne vas pas lui faire peur alors qu'elle deviendra mon amie et to- »
Alice fit l'inventaire de son dressing, m'empêchant d'accéder à la fin de sa pensée.
« Ne lis plus mes pensées, Edward. Sinon tu le regretteras »
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Je continuai mon chemin. De l'extérieur, personne n'aurait pu dire que nous nous étions portés une quelconque attention. Je me focalisai sur les cours pendant le reste de la matinée. Ne repensant plus à mon petit entretien avec ma sœur.
Je retrouvai Rose et Emmett près de l'entrée du self. Jasper et Alice nous rejoignirent peu de temps après. Cette dernière me regardait avec inquiétude. Je ne pris même pas la peine d'utiliser mon don pour savoir ce qu'elle avait.
Même en étant télépathe, je n'arrivais pas à la comprendre. Je me demandais toujours comment faisait Jasper.
Les miracles de l'amour sûrement, méprisai-je avec rancune.
En entrant dans le self, l'odeur de ce matin me sauta à nouveau aux narines. C'était une odeur agréable. Trop agréable même. Nous nous assîmes à notre table habituelle. Personne ne s'y approchait jamais.
J'entendis de ma place le babillage de Jessica sur notre famille. Manifestement, elle faisait un cours de rattrapage à la nouvelle. Je regardai celle-ci.
Elle écoutait avidement le monologue de Jessica et je vis Angela lever les yeux au ciel quand son amie précisa que j'étais le seul célibataire.
Isabella Swan, vraiment passionnée par ces potins, devait être cataloguée dans la même case que son interlocutrice. Elle se tourna vers nous et je fus surpris quand ma sœur lui fit un signe de la main. Elle y répondit, hésitante.
Mais ma sœur pensa que c'était un bon début.
Je captai une fuite dans les pensées d'Alice : Isabella et elle dans un magasin. Elles s'étaient déjà rencontrées ? Ceci expliquait cela. J'essayai alors d'intercepter les pensées d'Isabella. Vous êtes vous déjà cognés la tête contre un obstacle trop bas et que vous aviez mal jaugé sa hauteur ?
Ce fut exactement le sentiment que je ressentis. Un mur. Un bouclier. Rien ne me parvenait de la tête d'Isabella. Je m'acharnai mais le vide me répondait toujours. Je grognai et Alice le découvrit en voyant ma réponse à la question d'Emmett, Rose avachie dans ses bras :
- Qu'est-ce que t'as frangin ?
- Rien, grommelai-je pour la forme sachant qu'Alice s'en chargera pour moi.
- Il ne peut pas lire les pensées de Bella, rigola-t-elle.
Mais son regard me pria de ne pas en faire tout une histoire. Toute une histoire ? Je me sentais …. Je ne savais pas.
- Inutile, vulnérable, irrité, frustré ? intervint Jasper en me dévisagent.
- On peut dire ça comme ça en effet.
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Peut-être pas dans cette ordre cependant, me modérai-je.
Je ne pouvais m'empêcher de fusiller du regard la nouvelle quand elle se retournait. Mon incapacité à utiliser mon don m'irrité comme disait Jasper. En un siècle, jamais je ne m'étais heurté à du silence. Et cela me déstabilisait aussi.
Je m'étais bâti une protection autour de moi, une défense, et voilà que par sa simple présence, elle détruisait tout cela ? La colère prédominait quand la cloche sonna la reprise des cours.
Etait-ce cette colère qui me poussa à aller en bio et braver le conseil d'Alice ?
Je fus l'un des premiers à entrer en classe. Le prof était déjà là. Il pensait au cours d'aujourd'hui… et à la nouvelle. Je m'avachis sur mon tabouret, désespéré. J'essayais de me préparer à l'heure qui allait suivre.
Cette odeur qui appartenait à Isabella et qui me tentait beaucoup trop pour notre propre bien à tout les deux.
La classe se remplit et elle fut la dernière à entrer accompagnée d'Angela. Cette dernière prévint le prof que Bella est muette. Silencieuse par tout les aspect : la seule pensée que je pus créer.
Bien sûr, la place à ma droite était la seule place restante. A mesure qu'elle s'approchait, je me tendis.
Ma respiration avait cessé depuis son entrée. Mais cela n'a pas suffit quand elle s'était penchée pour sortir ses affaires. Pourquoi ne pouvais-je pas juste détourner le regard ? Pourquoi cette fille insignifiante avait-elle autant de prise sur ma soif ?
Elle fronça adorablement les sourcils.
ADORABLEMENT ?
Calme-toi Edward, essayai-je de me tranquilliser.
Alice m'a révélé que je réussirais à me contrôler. Cette idée me permit de laisser mes mains maltraiter le bureau au lieu de la brutaliser. Il posséda un bout en moins après qu'elle ait poussé ses cheveux devant son visage, m'envoyant un effluve de son parfum.
Je portai une main à mon nez, espérant atténuer la force de sa fragrance.
Ses cheveux découvrirent une partie de son cou et je vis sa veine avec son sang pulsé à l'intérieur. J'en grognai, le monstre brisant un peu plus les chaînes de mon humanité.
La piéger et lui enlever ce liquide si précieux, aussi bien pour elle que pour moi, devrait être facile.
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Maintenant ? Non, pas en pleine classe, je devrais éliminer tous ceux présents.
Ou alors après le cours, je pourrais l'attirer dans un coin tranquille avec une excuse bidon et un sourire envoûtant, je pourrais ainsi assouvir mon envie et enfin apaiser ma soif, ce feu brûlant cruellement ma gorge. Ce bûcher qui n'attendait que son sang.
« Edward, contrôle-toi. Deux minutes. » hurla mentalement Alice, un étage en dessous.
Tourné entier vers mes plans, je n'avais pas vu l'heure s'écoulait. Je fermai les yeux une seconde, le temps de consolider mon contrôle.
Deux minutes. Je pouvais y arriver.
Ce n'était pas cette humaine qui allait détériorer mes convictions. Elle débarquait comme ça, gagnant la confiance d'Alice, je ne savais comment puisque cette dernière me cachait ses pensées.
Elle démolissait par sa simple présence ce que j'avais mis un siècle à construire avec tant de mal. Je la haïssais pour cela. Je la détestais. Pourtant je me détestais autant, sinon plus, car justement je la détestais.
Et cela signifiait lui donner de l'importance alors qu'elle n'avait aucune prise sur moi. Alors pourquoi réagissais-je comme cela, si elle n'en avait pas ?
« Trois secondes »
Je rangeai mes affaires et me levai tandis que la sonnerie retentissait. Je partis vers ma voiture. Je louperai les trois prochaines heures de cours. Je me pinçai l'arrête du nez et soufflai de soulagement une fois assis dans ma Volvo.
J'avais encore l'impression que son odeur était partout autour de moi. Je mis mon CD de musique classique, celui qu'Emmett dénigrait tout le temps et fermai les yeux aux premières notes. Je me détendis, flottant dans un reste de son parfum.
Avec aussi peu d'intensité, cela était agréable, me détendant plus que la musique. J'ouvris brusquement les yeux sous cette pensée absurde.
Comment pouvais-je penser cela alors que je viens de passer une heure à souffrir à cause de son odeur, me consternai-je.
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Quelqu'un cogna au carreau passager et je soupirai en regardant Emmett s'installait.
- Alors, p'tit frère ? On a peur d'une humaine ? rigola-t-il.
Mon manque de protestation à sa provocation lui rendit son sérieux. Je le prévins d'un regard que je ne voulais pas en parler. Pour dire quoi de toute façon ? Il n'y avait absolument rien à dire.
- Bon d'accord, mais je te tiens compagnie, capitula-t-il à moitié en changeant de CD.
Nous attendions Alice. Elle était près de la sortie et attendait elle-même Isabella. Elle arriva et je ne prêtais pas attention à leur conversation sachant déjà qu'Alice voulait l'inviter à une journée shopping demain.
Je supportais son odeur difficilement. Seule la distance me permit de garder assez les idées claires. Jasper se concentra aussi. Ressentir ma soif dévorante était difficile pour lui. A l'idée qu'il puisse attaquer Isabella, je grognai.
- J'avais raison Bella ! Tu as une voix magnifique !
Je captai la phrase d'Alice car elle s'était approchée de nous. Je ne comprenais plus rien.
« Elle n'est pas vraiment muette Edward. Elle refuse juste de parler. Et tu ne sauras pas comment je le sais » me tira-t-elle la langue.
Elle me regarda comme si cela me concernait. Qu'est-ce que ça pouvait me faire ? Oui, alors pourquoi fixai-je Bella jusqu'à ce qu'elle soit dans l'habitacle de son véhicule ? Je démarrai la voiture, regardant Alice par le biais du rétroviseur.
Son sourire éblouissant, son téléphone à la main ainsi que son chant mental de l'hymne nationale russe ne me disait rien qui vaille pour la suite.
Ce fut la première fois de mon éternité que mon avenir ne m'apparut plus aussi figé et immuable.
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Un petit changement pour ce chapitre.
J'espère avoir bien retranscrit le caractère des personnages ( avec quelques petites touches personnelles sinon ça ne serait pas marrant xD )
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ATTENTION ! ! ! ! ! !
Le chapitre 5 est parti en voyage et tête en l'air comme il est,
il a égaré son billet de retour ! !
Des reviews sont nécessaires pour lui payer ! !
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