Un nouveau chapitre, en espérant que le style vous plait...

Des retours seraient les bienvenus ;)

Chapitre 3 : Prince Manor

Un maître des potions gagne beaucoup d'argent. Un maître des potions qui passe son temps libre à espionner ne dépense pas ses gains. Sèverus était par la force des choses riche. Il avait touché aussi de fortes indemnités pour ses services à la nation sorcier. Il avait hérité contre tout attente d'Albus...Ce dernier savait-il qu'il allait survivre ? Est-il un indécrottable optimiste? Avant d'accepter, il avait contacté Abelforth mais ce dernier n'avait pas voulu contrarier les choix de son frère à ce sujet.

Il contemplait le manoir des Prince passablement à l'abandon. Il avait pu le racheter. Sa mère lui en avait parlé, assez peu, c'était pour l'enfant qu'il était alors un endroit mythique et mystérieux, le château du Prince des contes de fées, son double, riche, respecté, sorcier, si loin de sa vie d'alors dans le quartier délabré de Spinner End. Il l'avait vu de loin quand il était étudiant, se dressant au loin, inaccessible comme tous ses autres rêves.

Il ne voulait plus vivre à Spinner End avec ses souvenirs et son horizon borné par la cheminée de l'usine désaffectée.

Les lieux étaient isolés mais la campagne environnante était splendide, toute en vallons entourés par des bois. Il tendit sa baguette et le manoir accueillit son nouveau maître avec quelque chose comme un soupir de joie. Les jardins à la française avaient du être beaux. Il s'en occuperait.

Le Manoir se détachait de tout son orgueil palladien et baroque. Son entrée était encadrée par de majestueuses colonnes que surmontait un premier étage. Le fronton triangulaire, orné d'un serpent qui se mord la queue surmonté d'une couronne, les armes de la famille Prince, donnait à l'ensemble une beauté classique et sévère. C'était là que sa mère était née et avait vécu, au milieu d'un couple très âgé. Comment avait-elle pu accepter de vivre toutes ces années dans la grisaille maussade de Spinner End ? Son père avait-il su d'où elle venait, quand ils s'étaient mariés? Jeune fille au visage ingrat et triste, elle n'avait que dix-neuf ans...Tobias Snape trente-quatre. Un visage très semblable au sien, et le cœur assorti à l'enveloppe. Une vie sans couleur, sans amour, avec beaucoup de souffrance et de violence. Sa mère n'avait quasiment jamais sourit sauf lorsqu'il avait reçu sa lettre et lorsqu'elle avait reçu la lettre de Slughorn qui l'informait que son fils aurait une bourse pour ses études des potions tant il était prometteur. Être un maitre des potions était une haute position dans le monde des sorciers. Elle en était très fière mais cela ne suffit pas à la sauver du cancer qu'elle avait en elle et dont elle n'avait parlé à personne. Son mari l'avait suivi peu de temps après.

Il entra dans un hall majestueux et trônaient les portraits des anciens maîtres des lieux. Ils le regardaient avec curiosité mais hésitaient encore à lui parler. Il y avait des dizaines de pièces à explorer.

Deux elfes âgés apparurent, un mâle et une femelle.

Maître Sèverus Snape est venu dans le Manoir Prince ! Bienvenue à notre maître, Elfy et Epsy sont heureux de servir le nouveau Maître.

Veuillez préparer ma chambre et me servir du thé.

Les elfes obéirent instantanément. Sèverus n'aimait pas maltraiter les elfes de maison mais il savait combien les vieux elfes,particulièrement, étaient soucieux de respecter les convenances.

Qui êtes vous ?

Sèverus Tobias Snape

Le fils d'Eillen ! Cette petite écervelée ! Cette presque craquemol !

C'était Augusta Prince, sa grand-mère qui s'était exprimée à la fois surprise et inquiète. Elle avait préféré renier sa fille unique.

Le sang-mêlé !

Qui êtes vous ?

Angus Prince ! Ton arrière grand-père!

J'ai racheté le Manoir et je vais m'y installer.

Avec quel argent sang-mêlé? Ce n'est pas ton moldu de père...cet ivrogne, ce bon à rien...

Je ne vous permet pas de m'insulter, ni d'insulter la mémoire de mes parents. Je suis un maitre des potions et j'ai assez d'argent pour acheter mon domaine !

Les portraits retombèrent dans leur mutisme. Tous des sang purs, tous serpentards...Ca et là des traits du visage montraient la parenté de Sèverus avec ses ancêtres maternels. Ils n'étaient pas joviaux, cela l'arrangeait, il ne l'était pas non plus. Ils le respecteraient, c'était suffisant. Il n'avait pas envie pour le moment de chercher à les connaître, eux, sa famille, qui ne l'avait pas reconnu.

Il les regarda tous à travers la galerie, leurs yeux étaient fixés sur lui.

Ma mère est morte d'un cancer. Je suis le dernier Prince.

Seul le silence lui répondit, sans que cela l'étonne. Les serpentards n'étaient pas des sentimentaux. Les tableaux restèrent figés, tournés vers eux même, analysant la situation.

Il admira encore et encore la beauté classique des lieux, la symétrie, la richesse discrète du décor loin du clinquant néogothique des Malfoys.

Les elfes avaient maintenu l'essentiel mais les lieux avaient été abandonnés longtemps. Les protections avaient correctement fonctionné car il n'y avait eu à l'évidence aucune intrusion.

Sa chambre, la chambre du maître au premier étage donnait sur les jardins, vaste, ornée d'une immense cheminée. Le lit à baldaquin était couvert de draperies vertes. Les elfes avaient déjà placé ses quelques effets personnels. Ses mains caressaient les meubles, les tables, les objets en argent.

Epsy demanda au maître les fleurs qu'il préférait. Il avait instinctivement répondu les lys blancs puis s'était ravisé. Des roses rouges plutôt, la variété qu'il avait vu dans le jardin en entrant.

Des Isiria pour le maître !

Il disparu dans un petit « pouf ».

Il appela Elfy et lui demanda si une pièce pouvait convenir à l'établissement de son laboratoire. Le sous-sol s'y prêtait ainsi qu'une pièce donnant sur les jardins avec laquelle il pouvait communiquer en installant un escalier.

Il transforma la pièce attenante en bibliothèque de travail. Le manoir avait par ailleurs une merveilleuse bibliothèque. Il avait l'air d'un enfant dans une confiserie géante. Tout était resté comme dans le conte de la Belle au bois dormant. Sans héritiers, lorsque ses grands parents étaient morts dans la solitude la plus totale, les portes du manoir s'étaient refermées sur le domaine. Les évènements n'avaient pas permis au ministère de se pencher sur la question d'autant que personne ne connaissait vraiment le manoir. Il aurait fallu faire les recherches sur tous les descendants, c'était long et couteux.

Il prit son repas dans la salle à manger. C'était étrange, dans cette vaste salle, décorée avec le meilleur goût, sur cette longue table il était seul. Il mangeât tranquillement, observant de temps en temps la bouquet de roses qui insufflait un subtil parfum.

Sa première visite fut celle d'Harry Potter.

Ils avaient finalement assez peu parlé depuis qu'il avait repris conscience. Il l'avait invité un dimanche et le jeune homme avait accepté sans se faire prier.

Il était un peu inquiet.

Il savait que le jeune homme lui avait souvent rendu visite à l'hôpital, qu'il s'était occupé de tout. Il avait même sauvé l'essentiel de ses livres à Poudlard.

Les flammes devinrent vertes et il se leva pour accueillir son invité.

Dans l'encadrement de la cheminée, il se tenait devant lui, dans son costume d'Auror, manteau brun qui protégeait des sorts, l'insigne des gardiens. Il n'était qu'élève pour l'instant mais déjà il en avait la stature.

Il avait beaucoup changé le petit garçon trop mince qui s'excusait à chaque instant d'exister.

Il ne ressemblait plus vraiment à son père, trop d'épreuves sans doute.

Il l'invita à entrer et leur fit servir du thé.

Alors qu'il avait peur de n'avoir rien à dire, il ne vit pas le temps passer, il découvrait tant de choses dans cette personne qu'il avait si peu chercher à comprendre. Tant de richesses...Et découvrit aussi sa réserve, sa subtilité qui rendent les silences plaisants, confortables.

Merci monsieur pour votre accueil.

Ce fut un plaisir pour moi également. J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir rapidement.

Je le souhaite.

Où demeurez vous ?

Harry eut l'air gêné.

Je n'ai pas de maison fixe. Le 12 square Grimaud est trop chargé de souvenirs vous comprenez...J'ai toujours un bureau à Poudlard. Je partageais également un appartement avec Ron mais il va se marier avec Hermione dans quelques mois. Il faudra que je me fixe.

Nous pourrions aller à Diagon Alley ? Si vous le permettez j'aimerais éviter Pré-au-lard pour le moment.

Je comprends monsieur.

S'il vous plait, appelez moi Sèverus. Je vous dois beaucoup, j'en ai conscience vous devez en avoir la certitude.

Vous ne me devez rien. Vous le méritez amplement.

C'est important pour moi Harry.

Ce doux sourire sur ce visage, cette réserve, cette modestie. Quelque chose de grand et de beau. Lily ton fils est un être magnifique.

Votre mère serait si fière de vous Harry.

Ce dernier est touché par ces paroles, leur douceur. Il découvre un homme bien plus profond loin des faux semblants.

Merci Sèverus.

Parfois quelques mots suffisent pour se comprendre, pour avoir envie de s'aimer.

Ils se rencontraient de plus en plus souvent, surtout au manoir. Harry y restait beaucoup de ses jours de repos. Au plus ils se découvraient au plus ils avaient envie de rester ensemble. Une amitié profonde était née, doublée d'une grande compréhension et d'une admiration mutuelle.