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Chapitre 4 : le lit d'hôpital

Il était étendu sur le lit hôpital, le cou déchiré, portant un bandage d'où suintait un liquide verdâtre.

Il ne pouvait s'empêcher d'être ému par la force de cet homme qui luttait pour vivre envers et contre tout. Ses traits portaient les traces des souffrances qu'il avait traversé, à jamais abîmés, à jamais marqués.

Il n'avait jamais soupçonné sa vraie nature, tourmentée, passionnée, pourtant il connaissait sa maîtrise des potions, art subtil, précis, un art qui demandait une force d'abnégation,…Il était considéré comme un génie par ses pairs, un créateur, un esthète.

Comment aurait-il pu deviner un amour si grand? Il avait si bien simuler et dissimuler sa nature...Toute cette passion enfermée dans ce cœur, toutes ses aspirations brisées, est-ce pour cela qu'il portait toujours des vêtements lourds et rigides? Armure et prison à la fois.

Et sa vie, vacillante résistait encore et encore, refusant de s'éteindre malgré les ténèbres.

Il avait vu dans ses souvenirs le regard brulant de son ancien professeur, quelque chose de fort, de dévorant et jamais plus rien ne serait pareil. Quelque chose avait résonné au plus profond de lui-même, une même aspiration à l'amour, ce dont l'un et l'autre avait été privé. Ils le voulaient grand et magnifique, pur et absolu.

Ses doigts tachés par les potions reposaient paisiblement sur le drap. Des doigts longs, fins, délicats, des doigts d'artiste.

A quoi rêvait-il soudain ? Il ria de lui-même, de ses divagations pour mieux se cacher les émotions que cet homme faisait naître au plus profond de lui. Cet homme qui avait aimé sa mère...

Son regard à ce moment là...quelqu'un, un jour, quelque part, aurait-il ce regard là pour lui? Comment vivre avec cette image qui ne s'effacerait jamais, cette chose si belle, il ne pouvait concevoir qu'elle puisse s'éteindre dans les yeux noirs...

Quelque chose de si beau, de si pur, qui balayait tout...

Il avait entraperçu le vrai Sèverus Snape et il en était bouleversé. Il avait vu l'amour pour la première fois et il en était tombé amoureux mais si il ne le savait pas encore.

Dans quelques heures il irait témoigner en sa faveur pour que la vérité soit rétablie. Il avait obtenu qu'il soit soigné en toute discrétion dans cette aile. Même Minerva n'était pas au courant qu'il avait survécu. Il n'avait pu empêcher qu'il soit officiellement "enterré". S'il survivait, et Harry en était intimement convaincu à cet instant, il déciderait librement de son avenir. Sèverus ne renoncerait pas. Il luttait pied à pied avec le destin et il était en train de gagner.

Il regarda une dernière fois le profil d'aigle se dessinant dans la pénombre de cette chambre isolée.


Espérant être là quand enfin il ouvrirait les yeux, alors Harry rêvait d'y voir cette flamme encore, ne serait-ce qu'une fois.

Il revint souvent au chevet de ce lit d'hôpital. Les infirmières étaient bien étonnées que le célèbre Harry Potter rende visite à cet homme inconscient. Il était satisfait de les avoir obligées à tenir leurs langues.

Des semaines passèrent avant que Sèverus ne reprenne conscience.

Hormis Minerva quand son emploi du temps le permettait, c'est à dire presque jamais, il n'avait pas d'autres visites. Il était un héros, mais un héros antipathique.

Potter qui a gagné?

Comme vous pouvez le constater, c'est moi.

Un sourire ironique.

J'ai laissé un griffondor et je retrouve un serpentard...comment ?

Harry lui fit le récit de la bataille.

Il vit le soulagement enfin dans les yeux noirs.

J'ai plaidé en votre faveur devant le tribunal. Votre innocence ainsi que vos actes de bravoure sont désormais connus. Vous êtes libre et vos biens vous seront restitués

- merci Monsieur Potter

De la gratitude dans ses yeux couleur de nuit...


Des mois furent nécessaires pour que Sèverus se remette complètement.

Contre toute attente, il semblait apprécier la présence d'Harry et se dernier en était profondément heureux. Lorsqu'il se plongeait dans ces yeux où la vie renaissait.

Monsieur Potter savez vous que pour la première fois je serais vraiment libre ?

Tant d'émotion dans ces quelques mots, Harry est bouleversé même s'il n'en montre rien. Ce sentiment qui fait écho à ce qu'il ressent lui même. Ce besoin de liberté loin du carcan du destin.

Vous retournerez à Poudlard?

Probablement pas. Je ne veux plus vivre dans cette routine. L'enseignement n'est pas une chose que j'aime. Je ne pense pas être beaucoup regretté d'ailleurs.

Sourire entendu. Harry ne préféra pas contre argumenter et se contenta de lui rendre son sourire.

Monsieur Potter, pour votre mère et moi, je suis désolée...

Vous n'avez pas à l'être.

Mais...

Je ne peux vous reprochez d'avoir aimé...je n'ai pas ébruité ces éléments, je ne pense pas que vous l'auriez souhaité.

Merci.

Sèverus fut touché par la discrétion du jeune homme, sa pudeur. Un être rare sans un aucun doute.

Monsieur Potter, je vous remercie de vos visites et je regrette pour le passé. Je regrette mon comportement qui n'était ni digne ni juste. Ces actions sont parmi celles dont j'ai le plus honte...

Je ne vous en veux pas, je ne savais pas moi-même ce que vous enduriez pour notre bien à tous...

Mais j'étais l'adulte et vous un enfant...c'était mesquin, stupide...j'aurais du vous protéger...

Cela appartient désormais au passé. Vous en vouliez à ce point à mon père...

Oui et plus encore à moi même pour mes erreurs, mais cela n'a pas suffit à m'amender.

Vous avez souffert plus que tout autre. Pour ma part, tout est pardonné et je suis heureux de passer ces moments avec vous.

Moi aussi Monsieur Potter, moi aussi...

Sèverus a quitté définitivement son lit d'hôpital le 1er octobre, une journée d'Autonme magnifique. Quand il a pris connaissance de sa situation financière, il a racheté le manoir de la famille Prince dont il est le dernier descendant.

Je me rappelle ce nom qu'il avait inscrit sur son livre de potions...

Mon cœur s'est empli de bonheur quand le hibou m'a amené la lettre ornée d'une serpent qui se mort la queue surmonté d'une couronne. Mon nom tracé par une écriture que je reconnaitrais entre mille. Cette invitation à le rejoindre. Même si je refuse encore de voir la réalité de mes sentiments, je ne peux cacher le besoin que j'ai de sa présence Je veux le connaître, je veux être auprès de lui. L'idée de ne pas le revoir m'est intolérable...

C'est dimanche prochain. Les jours se succèdent et enfin quand le moment arrive j'entre dans la cheminée et ma voix tremble un peu quand j'affirme « Prince Manor ».