Voici un nouveau fragment de leur histoire...

Merci encore pour toutes vos reviews, j'avoue que j'ai du mal à m'en passer ! :)

Le titre est tiré d'un poème de Baudelaire.

Chapitre 9tristesse de la lune

La souffrance restera toujours là, comme une part de nous même. Elle est tapie dans chacune de nos insécurités qui nous empêche de parler de peur de nous blesser, de peur de nous perdre. Nous avançons tout doucement par peur de rompre le lien qui nous uni.

Je te regarde dormir encore un instant. Tu as l'air si paisible dans ton sommeil et j'aime à penser que désormais je veillerai toujours sur toi. Mes yeux s'attardent sur la cicatrice dans ton cou que j'aimerais faire disparaître à force de baisers. Je te réveille ainsi et malgré ton sourire tendre, la souffrance est tapie dans tes yeux incrédules à cette part de bonheur toujours un peu irréelle.

La souffrance est là quand j'ai peur que tu regrettes que ce ne soit que moi et non pas elle. Elle était exceptionnelle et moi je ne suis qu'un héros de hasard. Je sais bien que je ne suis pas à ta hauteur. J'ai si peur qu'un jour tu te lasses de moi...Que tu m'en veuilles de m'accrocher à toi...D'être une fois de plus celui dont on ne veut pas.

La souffrance est dans les écrits de Rita Skeeter qui s'acharne à salir notre histoire, dans les ragots colportés sur notre compte, dans les regards ironiques...Qu'avons nous encore à prouver? Ils nous doivent notre innocence, ma famille, mon enfance et vingt ans de ta vie, n'est-ce pas assez ?

Elle a même écrit que tu m'avais touché lorsque j'étais presque une enfant...Je ne t'ai jamais dit la fureur qui s'est emparée de moi, mes collègues ont dû me maitriser. J'ai eu droit aux plates excuses du directeur et elle a été sanctionnée, pas assez à mon goût. Elle n'aura pas autant de chance la prochaine fois. Elle a osé insinuer que tu m'avais privilégié lors de mes études, cruelle ironie n'est ce pas ? Que sait-elle cette pourriture du sort du crusiato quand des jours après on tremble encore malgré les potions? Que sait-elle de la mort, de la perte de ses proches, des nuits sans dormir emplies des souvenirs de l'autre, j'avais onze ans quand j'ai vu mourir Quirrel...Et toi mon loyal Sèverus que sait-elle de ta souffrance, quand seul tu affrontais le mal en personne sans ami, sans soutien, sans espoir. Comment oublié le son de la morsure de Nagini quand j'ai failli te perdre pour toujours...

La souffrance est là quand j'ai peur de ne pas te donner assez, de ne pas savoir...Je n'ai jamais su ce qu'était un foyer alors j'ai peur d'échouer, de tout rater. J'ai peur d'être faible...

Je t'aime, c'est la seule chose que je sais, mais je sais aussi que ce n'est pas toujours assez.


La souffrance est là quand je te vois si incertain face à la vie. Sais-tu à quel point je hais Albus de t'avoir fait subir tout cela? J'imagine le petit garçon enfermé dans le placard sous l'escalier, seul aux mains de ces gens. Je suis hanté par l'adolescent confronté à la folie des adultes...

Je suis ton premier amour, ton premier amant...La souffrance est là quand j'ai peur qu'un jour tu te lasses, qu'ai-je à t'offrir après tout? Mon passé, mes erreurs, mon visage, mes cicatrices ?

La souffrance est là quand j'ai peur que tu n'apparaisses plus dans la cheminée de Prince Manor et que je sois à nouveau seul, plus seul encore après avoir connu le bonheur à tes côtés.

La souffrance est là quand j'ai peur de dire les paroles qui pourraient te blesser, j'ai tant perdu à cause d'un seul mot...Je me suis si souvent trompé, j'ai peur de commettre des erreurs encore, de te faire mal sans le vouloir, de te perdre...

Je regrette tant le mal que je t'ai fait. Si je pouvais revenir en arrière, je te protègerais. J'ai été si stupide, si aveugle, plus que les autres j'aurais du comprendre, j'aurais du voir dans quel état tu revenais à Poudlard...Tu dis souvent que je suis fort alors que je suis faible, je ne suis que le jouet de ma bétise, aurais-je commis tant d'erreurs si cela n'avait pas été le cas? Tu mérites tellement mieux.

Nous sommes différents des autres, enfermés en nous même par toutes ces années de combats. Il me faut du temps pour guérir, pour réapprendre à vivre. Pourras tu m'attendre ?

J'ai peur de ne pas savoir, on ne m'a jamais appris. Ma mère s'est laissée mourir de chagrin, je lui en ai tellement voulu de ne pas m'aimer, pas assez en tout cas pour ne pas m'abandonner, mon père ne m'aimait pas...j'étais seul.

Le bonheur est un subtil mélange dont je n'ai pas la recette. Je tâtonne, j'expérimente, je m'émerveille à chaque pas, à chaque petite victoire qui illumine ma journée mais j'ai peur qu'à tout moment par ma faute tout soit perdu. Que m'importe aujourd'hui la puissance et la gloire, comme cela me paraît dérisoire à côté d'un seul de tes sourires. Grâce à toi ma vie n'est pas qu'une vallée de désespoir. J'ai si peur de ne pas y arriver, d'échouer encore.

Je te serre tout contre moi alors que mes yeux sont fixés sur le feu qui brûle dans la cheminée, je ne peux imaginer cette ébauche indistincte qu'est notre avenir mais j'espère au plus profond de moi pouvoir te rendre heureux. Mes doigts s'enroulent dans tes cheveux indisciplinés. Ils sont épais, rebelles et doux comme de la soie. J'aime frotter mon nez contre la peau de ton cou, m'enivrer de ton parfum. Je te serre un peu plus fort car j'ai peur de me réveiller d'un songe merveilleux et de m'apercevoir que tout cela n'est qu'illusion. J'ai peur quand tu es loin même si je veille à ne pas te le montrer. Je ne veux pas t'enfermer comme un oiseau en cage. Tu es si lumineux, si flamboyant, tu dois déployer tes ailes et t'envoler.

Si on jour tu pars pour toujours, je condamnerais cette cheminée car je n'aurais plus rien à attendre.

Je t'aime mon amour pour toujours.