Tous ces compliments, c'est vraiment adorable ! :) Je suis ravie de voir que l'histoire vous plaît et que même si je trouve que je m'en sors pas, au moins, elle passe auprès de vous ! C'est le plus important, je crois :)

Je suis consciente que la fin du précédent chapitre avait de quoi s'arracher les cheveux, et j'espère ne pas vous voir tous mourir d'impatience en lisant ce troisième chapitre.. parce que je joue un peu avec vous :P C'est pour le bien de l'histoire, dirons-nous ! ) Mais ne vous inquiétez pas, tout vient à point à qui sait attendre )

Depuis la visite de Castiel, les yeux de Dean restent rivés sur la fenêtre. Au début, il lui restait au moins les marques sur le verre pour s'assurer qu'il n'avait pas tout rêvé, mais maintenant, les traces se sont effacées. Il est resté un moment devant la fenêtre, pourtant, il a tout bien inspecté, mais plus de trace du prénom. Il a à peine eut le temps de réaliser que Bobby emmener le jeune homme de l'autre côté avant que celui ne disparaisse pour de bon. Ca doit faire presque une heure désormais mais il reste planté devant la fenêtre, n'osant pas se retourner vers sa chambre. Il se sent de nouveau seul, isolé, abandonné. Il sait que c'est pour son bien, que son système immunitaire est trop peu efficace pour lui permettre de se promener dans les couloirs de l'hôpital mais cette situation commence à lui donner envie de s'arracher les cheveux. Il esquisse un sourire amer. Même ça, il n'en a plus !

Quand il réalise ce qu'il est en train de faire, il entend avec discernement ses voix internes le maudire. Quoi, il suffit de la visite d'un simple inconnu pour qu'il abandonne tous ses principes ?! Ne te plains pas, Dean, se répète t-il. Tu es toujours en vie. Ne rends pas les choses plus dures qu'elles ne le sont déjà. Etc, etc. C'est toujours le même discours depuis deux ans, mais il marche, au moins.

Satisfait de lui, il finit par retourner dans son lit. Au moment même où il glisse ses jambes sous les couvertures, la porte de sa chambre s'ouvre. Bobby entre, dans sa tenue spéciale chambre stérile. Le sourire qu'il adresse à Dean lui redonne immédiatement un peu de baume au cœur.

« Comment tu te sens aujourd'hui, p'tit gars ? »

Dean sourit et lève son pouce en direction de son docteur préféré. Ses visites sont très réglementées. A part son médecin traitant, il n'a le droit qu'à une seule autre visite. Evidemment, il a choisi Sammy. Ce sera toujours Sammy, et sa mère le sait. Ca ne pouvait pas être Adam, de toute façon, il est trop petit, trop jeune, et Dean préfèrerait crever immédiatement plutôt que de faire subir ça à son plus jeune frère. Il préfère faire le pitre avec lui à travers la fenêtre et échanger des grimaces comme si de rien n'était. Sam lui a dit qu'Adam raconte à tout le monde, dans sa classe de CE1 que son grand frère est étudié pour la science parce qu'il a des super pouvoirs. Et Dean veut préserver cette innocence plus que tout au monde.

Malgré tout le bonheur que lui apportent les visites de Sammy, il n'a pas le droit à plus d'une visite par jour et elles se finissent à 17h30 dans son cas. Sam a cours et Dean a été catégorique : vu à quel point c'est important pour lui, hors de question qu'il sèche pour lui. Il ne le voit donc que le samedi et le dimanche. Le reste du temps, sa famille lui manque. Mary, sa mère, l'appelle tous les jours, mais ce n'est pas pareil. Il n'y a pas son odeur, par son étreinte, ni son sourire. Alors quand le Dr. Singer se pointe pour papoter un peu à la fin de son service, c'est la fête dans la chambre immaculée du jeune malade.

Les yeux émeraude de Dean suivent les mouvements de Bobby sans même s'en rendre compte alors que ce dernier vérifie machinalement les vitaux de Dean, ainsi que ce que les machines affichent. Il hésite. Il y a cette question qui lui brûle les lèvres. Il hésite même à ouvrir la bouche parce qu'il a l'impression que même s'il voulait dire autre chose, la question sortirait d'elle-même tant elle l'obsède. Tant pis, il va se jeter à l'eau. Ce n'est pas son style de se cacher. Par contre, c'est tout à fait son style de prendre une expression neutre, l'air de rien, quand il aborde un sujet qui lui tient énormément à cœur.

« Dis … Pourquoi tu as fait partir Castiel … ? Il ne me dérangeait pas. »

Ca y est, les deux yeux bleus vivaces et intelligents de Bobby se retournent vers lui. Il le voit les plisser et le sonder avec. Quand il est venu ici pour la première fois, il a deux ans, il a tout de suite vu que ce docteur était différent. Et d'ailleurs, il l'a tout de suite adoré. Pour avoir entendu plus de ragots que la plupart du monde dans cet hôpital, il sait que la plupart des parents se demandent ce que leurs enfants peuvent trouver à ce nounours version géante, mais lui, il sait. Aucun enfant ne pourrait rêver meilleur médecin. La spécialité en pédiatrie a dû être inventée pour Bobby Singer, ça ne fait aucun doute.

« Je l'ai ramené dans sa chambre. Il n'a pas le droit d'en sortir sans surveillance et il était introuvable depuis dix minutes. Tout son service était en alerte. » Il prend un sourire taquin. « Merci d'avoir veillé sur lui. »

Dean ne relève pas la blague, il hoche simplement la tête. Ca l'intrigue. Evidemment, il a remarqué les bandages sur les avant bras de Castiel. Evidemment, il a compris. Mais ça ne l'empêche pas de se poser des dizaines de centaines de questions. Qu'est ce qu'il s'est passé dans la vie de ce jeune pour qu'il en arrive là ? L'idée qu'il ait pu souffrir le picote de plus en plus. Il se sent responsable de Castiel. Mais c'est ridicule, il n'est même pas capable d'assurer son bon état à lui actuellement, comment pourrait-il aider quelqu'un qui a voulu mourir ?

Mais parce que Dean Winchester restera toujours Dean Winchester, il pose quand même la question qui lui brûle les lèvres.

« Tu sais ce qu'il s'est passé ? Pour qu'il en arrive là ? Raconte moi tout ce que tu sais sur lui. »

Bobby s'assoit sur la chaise près du lit de Dean et réfléchit afin de réunir le plus de détails possibles. Il ne pose pas de question, il a appris à arrêter de demander. Quand Dean a quelque chose en tête, il ne l'a pas ailleurs, c'est le moins qu'on puisse dire ! Depuis qu'il le suit et qu'il s'occupe de son cas, il ne se passe pas un jour sans qu'il soit réellement impressionné par la force intérieure dont fait preuve ce gosse. Mais il évite de trop lui répéter, il prendrait la grosse tête.

« Il s'appelle Castiel Collins. Il vient d'une famille assez nombreuse si je me rappelle bien. Il a été retrouvé par un de ses frères étendu dans son propre sang il y a presque deux semaines. Il ne parle pas aux psy, ni à personne d'autre d'ailleurs, donc pour le moment, son état ne s'est pas vraiment amélioré … »

Dean s'humidifie les lèvres. Elles sont tout le temps sèches, maintenant, et ça l'agace.

« Si tu veux mon avis, » continue Bobby, « ce qu'il lui faut, c'est un grand bol d'air. Cet hôpital est en train de l'achever. »

Le jeune homme lève les yeux et acquiesce avec un petit sourire.

« Ouais… j'en doute pas. »

Bobby tapote la jambe de Dean par-dessus la couverture. C'est une des raisons pour lesquelles Dean aime tellement ce bonhomme. Malgré sa fragilité apparente, il ne le traite pas comme un bout de sucre, contrairement à tout le reste du personnel. Avec Bobby, il en oublie sa condition, il oublie qu'il ressemble plus à un mort qu'à un vivant. Pour l'avoir déjà vu avec d'autres de ses patients, il sait que ce n'est pas un traitement qui lui est réservé. Ca force le respect, selon lui. Malgré lui, ça lui fait penser à son propre père. Lui aussi, il forçait le respect.

Il se secoue mentalement. Il n'a pas le droit de penser à ce genre de choses tout de suite, il se l'est promis. Il va d'abord se sortir de cet hôpital et après, il aura toute la vie pour penser à son père défunt ou pour être triste. Pour le moment, la seule chose qui lui soit autorisé, c'est d'être fort.

« Je suis venu t'annoncer une bonne nouvelle, à la base. Ton corps n'a pas rejeté la greffe de moelle. »

Les yeux de Dean s'éclairent.

« Alors je vais pouvoir sortir d'ici ?! »

Bobby hausse une épaule.

« De cette chambre, au moins, oui. On avisera par la suite. On va y aller doucement. »

Le bipper du docteur sonne et Dean soupir. Bobby lui lance un long regard qu'il veut plein de reproche, mais l'adolescent le connaît tellement bien qu'il devine sans grande peine le sourire qui se dissimule sous la barbe mal taillée de son ami.

« Arrête de râler. T'es pas le seul ici. Et t'es certainement pas le plus important, princesse. »

Dean joue le jeu et lui renvoie une grimace. Bobby se lève et s'avance vers la porte. Avant de l'ouvrir et de sortir, il se retourne vers Dean.

« Il est chambre 807 ».

Puis il sort. La pièce redevient calme.

Ce que le Dr. Singer ne sait pas, ou alors ce qu'il sait trop bien, c'est qu'avec ces derniers mots, il a jeté l'allumette sur le tas de bois éteint en Dean. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tout reprend feu et la chaleur consume Dean. C'était tout ce dont il avait besoin et c'est tellement énorme que s'il pouvait, il sortirait en courant de sa chambre pour aller remercier son docteur. D'un côté, c'est sûrement aussi bien qu'il soit bloqué là, ça l'empêche de faire ce genre de bêtises. La minute sentiment, ça n'a jamais été son truc et c'est pareil pour Bobby. Tout ce qu'il aurait gagné, c'est une bonne réplique cuisante accompagnée d'un de ces fameux « idiot » dont Bobby Singer était le maître absolu.

Mais il s'en fichait parce qu'il se sentait investi d'un nouveau souffle. Son corps n'avait pas rejeté la greffe de moelle alors que tous les médecins avaient mis un point d'honneur à ne pas les laisser y croire trop. C'est vrai, un donneur hors de la famille, ça marche toujours moins bien, mais après examens, il s'est avéré qu'aucun des Winchester encore en vie n'étaient compatibles. Dean se souvenait encore des yeux de Sam quand il avait appris qu'il n'était pas compatible. Mais maintenant, c'était du passé, non ? La greffe avait marché. S'il reprenait vite des forces, il pourrait sortir de cette chambre et gambader (ou presque) de nouveau dans les couloirs ! Et surtout, aller chambre 807.

Ce soir là, quand son téléphone sonne, il décroche avec fébrilité.

« SAMMY ! »

« Woaw, quoi ? M'hurle pas dans les oreilles comme ça, crétin ! »

« La greffe a pris ! Si je reprends des forces, je vais pouvoir changer de chambre ! »

Le silence se fait à l'autre bout du fil. Dean sait que Sam n'ose pas se réjouir. Ces deux dernières années, il y a eu des tas de fausses joies de ce genre, mais cette fois-ci il est confiant. Il va se donner trois fois plus pour y arriver. Il a une mission à remplir.

« Et alors, fillette ? T'es pas content ? »

« Si … Si, bien sûr, Dean ! J'ai hâte samedi ! »

Dean pouffe. Lui aussi. Mais il n'a pas besoin de le dire, Sam le sait, c'est tout. Il préfère le taquiner.

« On est que lundi et je te manque déjà ? Que deviendrais-tu sans moi ? »

« Alors là … Je préfère pas savoir. »

La voix de Sam est dure, grave, sérieuse. Avant, il ne parlait pas comme ça. Mais tout a changé désormais et à chaque fois que Dean s'en rend compte, il a l'impression de sentir son cœur se briser. Mais pas cette fois. Cette fois, il est trop heureux pour se sentir coupable. Chambre 807.

Quand Mary Winchester s'avance dans le couloir, ce samedi, la main sur l'épaule de son plus jeune fils, la peur lui noue l'estomac. Comme à chaque fois qu'elle entre dans cet hôpital, à dire vrai. Il y a sept ans, il lui a déjà pris son mari et maintenant, il se bat pour garder son fils. Heureusement que Dean est fort, songe t-elle. Sinon, elle l'aurait déjà perdu et l'idée même est insoutenable.

Adam tire sur son bras et la force à aller plus vite. Il lève de grands yeux bleus impatients sur elle et comme à chaque fois, elle revoit ceux de John, son mari. Elle sourit doucement.

« Allez maman, plus vite ! »

Elle hoche la tête, mais elle n'ose pas accélérer le pas, pourtant. Elle sait que la greffe est installée, le Dr. Singer le lui a dit mais on n'efface pas deux heures de peur viscérale en une seule conversation. Elle déteste ce long couloir et elle déteste que Dean soit dans la chambre tout au bout. Elle peut imaginer les pires choses le temps de se retrouver devant la fenêtre et ça la panique. Elle le retrouve toujours plus amaigri, pâle, faible … Elle déteste ce couloir.

N'y tenant plus, Adam lâche la main de sa mère et se précipite. Il freine de justesse pour éviter de se prendre le mur et se colle directement à la fenêtre, son petit nez écrasé par le verre. Il jubile et fait de grands signes. Mary sourit en imaginant son ainé lui répondre de l'autre côté. Sam n'est pas avec eux, il a été emmené par les infirmières pour qu'il se prépare. Il doit enfiler une espèce de combinaison, passer dans un genre de sas … La moindre infection pourrait être fatale pour Dean alors les précautions sont nombreuses.

Elle finit par s'arrêter à son tour devant la fenêtre. Ses yeux s'écarquillent, elle n'arrive pas à croire à ce qu'elle voit. Ca ne fait qu'une semaine depuis qu'elle a vu Dean et pourtant … il a changé. Mais pas comme elle le craignait.

Dean est assis dans le fauteuil, Sam ayant pris sa place sur le lit, parfaitement à l'aise. Certes, son fils porte toujours sa casquette mais quelque chose a définitivement bien changé en lui. Il est souriant et ses yeux pétillent comme ils le faisaient avant. Mieux que ça, encore mieux que ça, il a repris du poids. Pas tout ce qu'il avait perdu, mais il flotte beaucoup moins dans son pyjama. De surprise, elle plaque une main sur sa bouche.

Dean lui sourit et lui fait un grand signe de la main. Une explosion de fierté et d'amour retentit en elle et pour la première fois depuis deux ans, elle se permet d'espérer que tout ceci se finisse bien …

Dean regarde sa mère l'observer avec de grands yeux avant de se retourner vers Sam, amusé.

« Je suis devenu encore plus beau ? »

Sam jette un coup d'œil à leur mère et sourit. Il secoue la tête.

« Elle est juste contente de voir que tu te remets bien. Maintenant, si je veux te faire tomber, il suffit plus que je te souffle dessus. »

Dean sourit.

« Ne sois pas si prétentieux, même épais comme une feuille de papier, je te mettrais facilement la raclée du siècle. »

Sam ricane.

« L'espoir fait vivre. »

Les deux frères se regardent un long moment. Sam semble sur le point de rajouter un truc mais quelque chose l'en dissuade dans le regard de son frère. « On n'a pas le droit de changer, lui a-t-il un jour dit. On n'a pas le droit de changer parce que je risque de mourir. C'est de toi dont j'ai besoin, pas d'un frère qui me prendrait avec des pincettes. » Sam avait alors hoché la tête, mais la promesse avait été dure à tenir, et bien des fois brisée. Le spécialiste du déni, c'était Dean, pas lui. Il ne pouvait pas faire semblant, c'est tout. Mais là, il revoit Dean plus vivant que jamais et il la trouve bizarrement beaucoup plus légère à porter cette promesse. Surtout quand Dean le remercie d'un simple regard.

« J'ai fait une rencontre assez étrange, en début de semaine. »

« Une rencontre ? Dans tes rêves ? Qui t'a bien pu rencontrer ? »

Dean s'efforce de prendre une expression normale mais il sent parfaitement que son visage ne veut pas lui obéir. Il doit avoir l'air d'un imbécile heureux. Il s'efforce de reprendre le contrôle mais c'est plus dur que ça en a l'air. Un coup, il se sent sourire, l'autre coup, il réussit à paraître indifférent, et vice versa. A voir le regard sceptique que lui jette son petit frère, pas de doute, il a l'air ridicule.

« Non, il était de l'autre côté de la vitre. On a échangé nos prénoms en les écrivant sur la fenêtre. »

Sam hoche simplement la tête. Il attend la suite de l'histoire. Dean, lui, est obligé de s'arrêter un petit instant parce qu'il est submergé par l'émotion. Par le manque de réaction de son frère quand il a dit « il ». Par le fait que Sammy n'a pas relevé l'image de la scène dégoulinante de sentiments qu'il a sous-entendu en parlant de leurs prénoms. Parce que, oui, évidemment, depuis 6 jours que Castiel a fait irruption dans sa vie, il s'en pose des questions. Et la plus grande, la plus importante reste le pourquoi. Pourquoi se sent-il aussi responsable du sort du jeune brun ? Pourquoi est-ce qu'il regarde sa fenêtre sans pouvoir s'empêcher de sourire, désormais ? Pourquoi lutte-t-il aussi fort pour reprendre des forces tout en ne pouvant s'arrêter de penser à la tête que fera Castiel quand il ira le voir dans sa chambre ? Alors si lui est totalement perdu, il se sent tellement reconnaissant envers son petit frère pour avoir juste… Acquiescé. C'est du Sam tout craché évidemment, mais ça le surprend toujours…

« Bobby m'a dit qu'il était ici pour une tentative de suicide. »

Sam hoche une nouvelle fois la tête et enchaîne sur un nouveau sujet. Tout y passe, au fur et à mesure de l'après-midi. Il lui parle du lycée, des cours, de Gen, sa petite amie de longue date (ce qui fait tiquer Dean, comme à chaque fois. C'est vrai ça, on ne reste pas trois ans avec quelqu'un alors qu'on a que 16 ans !), ils parlent même de musique, sans oublier les fabuleuses tartes de Mary qui manquent à Dean au moins autant que le reste de sa famille. Il joue avec Adam à travers la fenêtre une bonne demi-heure et échange de nombreux sourires avec sa mère. Mais comme à chaque fois vient le moment de la séparation. C'est toujours aussi dur, malgré tout, constate Dean quand il voit Sam se lever pour se diriger vers la porte. Ca ne fait que renforcer sa détermination.

« Au fait, Dean ? »

« Mmmh ? »

« Fais attention, okay ? En le sauvant. »

Sacré Sam.

La nouvelle vient de tomber. Il a réussi. Deux semaines qu'il se force à manger comme quatre, qu'il essaie de reprendre le plus de force possible, et finalement .. Il y arrive ! Bobby l'installe dans sa nouvelle chambre, met en place les intraveineuses, le conseille et lui indique les précautions à prendre. Tout ce que Dean entend pendant cet interminable monologue, c'est « 807, 807, 807, 807, 807, 807, 807… » Il entend toujours la même chose d'ailleurs, maintenant qu'il marche doucement dans les couloirs. Il fixe les plaques sur les portes, la boule au ventre. Il était tellement sûr de lui quand il est sorti de sa chambre et maintenant, il se demande s'il n'a pas été plus idiot qu'autre chose. Ca se trouve Castiel va mieux et il est parti. Bobby ne lui a pas reparlé de lui une seule fois. Il se sent idiot et surtout égoïste d'avoir peur de cette issue là. Ne serait-ce pas mieux si Castiel avait retrouvé le goût à la vie et était rentré chez lui ? Même si ça voulait dire qu'il n'était pas passé le voir avant de s'en aller définitivement .. ? Mais il y avait pire, encore. Et si il l'avait oublié ? S'il s'en foutait ? Si, une fois qu'il le verrait, il ne le reconnaissait même pas ?

807.

Dean jette un regard autour de lui et approche son oreille de la porte. Il n'entend rien. Il se sent tellement nerveux que son ventre lui fait mal. Il faut bien qu'il entre, maintenant qu'il est là. Si Castiel sortait à ce moment là, il aurait vraiment l'air ridicule. Déjà qu'il n'est pas extraordinaire avec sa casquette et sa tenue d'hôpital trop grande, il va peut-être éviter d'en rajouter, n'est ce pas ?

« Rho c'est pas vrai, ça, faut tout te faire ! Idiot ! »

Et avant qu'il ne comprenne la moindre chose, il voit Bobby ouvrir la porte, le pousser dans la chambre et refermer la porte derrière lui. Son cœur s'arrête de battre sous le coup de stress.

« Excusez-moi … Je … Euh … Castiel ? »

Castiel est bien là, dans son lit, dans les bras d'un autre jeune homme, sûrement de son âge, ou alors pas loin. Ils se tournent tous les deux vers lui, surpris. Enfin, il suppose que l'autre est surpris, parce que sincèrement, la seule chose qu'il voit, ce sont les deux yeux bleus de Castiel rivés sur lui. Le reste du monde disparaît aussitôt.