Notes de la traductrice : Hello ! Alors tout d'abord je vous remercie, du fond du coeur, vous tous qui avez laissé des reviews pour le premier chapitre et également pour "Internet ne sert pas qu'au porno". Aux revieweurs anonymes, un grand merci également, je suis désolée de ne pas pouvoir vous répondre.
Ensuite, l'auteur, Sherlock's Scarf est super contente, d'ailleurs elle ne réalise toujours pas que sa fiction est réellement en cours de traduction ^^
Donc voilà la suite, Sarah et son petit discours ont-il enfin ouvert les yeux à John ?
Vous le saurez en lisant !
Pensée spéciale pour Elizabeth Mary Holmes, qui m'a gentiment donné des conseils pour le premier chapitre.
Et le plus grand et beau merci à ReachingforHeaven, pour son soutien agrémenté d'amusement, pour son aide également, d'ailleurs si ce chapitre était à moi, il aurait été pour elle ^^
N'hésitez pas à laisser des reviews pour vanter les idées de l'auteur ! Ou si jamais un petit compliment traîne pour moi, je le veux bien aussi ;)
(1) Regent's Park est composé en plusieurs parties, dont l'Inner Circle et l'Outer Circle (respectivement, le Cercle Intérieur et le Cercle Extérieur).
(2) j'utilise plus souvent le mot "passerelle" que le mot "pont", car ce terme désigne un pont exclusivement pour piétons, comme c'est le cas ici. Et je préfère ça à "petit pont".
Chapitre 2 :
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« Toutes les vérités sont simples à comprendre une fois découvertes, le point est de les découvrir. »
– Galileo Galilei
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John se trouvait sur la passerelle, le regard rivé sur les lumières de Regent's College. Une légère brise ébouriffait ses cheveux blonds. Ça faisait une heure qu'il était là, tentant de réfléchir à propos de la bombe que Sarah lui avait lâché plus tôt.
Car c'était réellement une bombe. John n'arrivait pas à croire qu'il avait été ignorant de ses propres sentiments et penchants. Il préférait penser avoir été conscient de tout et s'être préservé. Seulement, à la lumière de ce que Sarah avait dit, il n'était plus sûr de savoir quoique ce soit à propos de lui-même.
Peut-être qu'il devait utiliser la logique. Sherlock conseillerait certainement de voir ça comme un mystère à résoudre. Bien, d'accord. C'est le moment d'appliquer 'la méthode de Sherlock'. Les lèvres de John s'étirèrent en un sourire à cette pensée.
Prenons les arguments de Sarah un par un pour commencer. En premier, sa sexualité : John s'était toujours considéré comme parfaitement hétéro. Oui, il y avait eu cet incident lorsqu'il était à l'Université, où lui et un camarade, Dennis, s'étaient bagarrés pour un ballon de rugby quand soudain, la lutte s'était changée en quelque chose d'autre, quelque chose de chaud, urgent et désespéré...
Après ça, John avait essayé de caresser la joue de Dennis. Ce qui sembla électriser l'autre qui se releva en s'éloignant, renfilant désespérément son pantalon avant de s'enfuir. Dennis l'avais évité par la suite, et John avait fermement chassé l'incident de son esprit. C'était juste une expérimentation durant ses années de fac, et il semblait que tout le monde soit passé par là dans sa vie. Ça ne pouvait pas signifier qu'il était réellement attiré par les hommes, non ?
N'est-ce pas ?
Hmm. Peut-être pas tout à fait vrai.
John aimait les femmes, particulièrement les grandes et fines femmes. John aimait la courbe de leurs longues jambes, le balancement de leurs hanches. Contrairement à beaucoup d'hommes de petite taille, il appréciait la sensation de devoir lever le regard pour une belle femme, il se délectait de la longue courbe du cou d'une femme. Mais là, il n'était pas question de son goût pour les femmes.
Donc, en considérant les points que Sarah avait soulevé, tout cela voulait-il forcement dire qu'il n'appréciait pas les hommes ? Il s'avoua avoir souvent été fasciné par des acteurs comme Rupert Everett, Pierce Brosnan et Daniel Day-Lewis. Il s'était toujours dit qu'il les appréciait pour leur talents d'acteurs, rien de plus. Bien qu'à chaque fois, il semblait fasciné par leur apparence.
Hmmm. Ils semblaient tous avoir quelque chose en commun... des pommettes saillantes, grands, ténébreux et élégants. Bon, ok, pas ténébreux. Tous longs et minces, mais la peau assez pâle, les cheveux sombres contrastant magnifiquement avec...
Merde. Merde. Merde. Merde.
Sarah pourrait bien avoir mis le doigt sur quelque chose concernant sa sexualité. Ça n'était certainement pas les pensées d'un homme strictement hétérosexuel.
« Arrête de tourner autour du pot, John. » se murmura-t-il intérieurement.
Et à propos de ce qu'elle a dit concernant Sherlock ?
John avait été hypnotisé dès le début par le détective consultant. Sherlock avait été absolument captivant, brillant, dynamique. John avait réussi à passer sous silence quelques défauts plutôt extrême de sa personnalité, simplement à cause de sa fascination pour cette énigme vivante. Et il s'était retrouvé mis en orbite autour de Sherlock, emporté par tout ce que le détective lui demandait de faire.
En ré-examinant la situation, John n'avait pas été lui-même. Il avait des valeurs, des principes. John était habitué à prendre les directives – et avait dû être disposé à suivre les ordres dans l'armée – mais il était toujours tout à fait sûr de qui il était. Il n'était pas faible au point d'obéir aveuglément à un parfait inconnu. C'est pourtant exactement ce qu'il fit avec Sherlock.
Était-ce le comportement d'un simple ami ? Ou le signe qu'il y avait quelque chose de plus dans ses sentiments envers son colocataire ?
« Tu étais... un somnambule, John. Tu étais à moitié en vie avant que Sherlock, le beau prince, n'arrive et te réveille. »
« Je suis en train de te dire que Sherlock te complète, John. Quand tu es avec lui, tu n'es pas le même homme que d'habitude. Tu es brillant. »
« Parce que si quelqu'un me faisait ressentir ce que Sherlock te fait manifestement ressentir, je me ficherais complètement de son genre. Je ne le laisserai jamais s'en aller. »
Merde.
oOoOo
John avait erré à travers les différents sentiers de Regent's Park durant une grande partie de la nuit, remarquant à peine le froid, souhaitant de temps à autre avoir sa canne, car sa jambe semblait le déranger grandement.
Des fragments de plusieurs conversations passées lui revenaient. Des conversations dans lesquelles tout le monde sous-entendait qu'il y avait plus qu'une histoire de colocation entre lui et Sherlock.
« Hmm et vous avez déjà emménagé avec lui et enquêté sur des crimes ensemble. Va-t-on apprendre un prochain mariage d'ici à la fin de la semaine ? »
« Je vais mettre des chandelles sur la table... C'est plus romantique. »
« Oups ! Vous en avez trop dit, Docteur Watson. Je vous tiens ! »
« Quelqu'un vous aime, en tout cas. Si je devais vous frapper au visage je sens que moi aussi j'éviterais votre nez et vos dents. »
« Tu sais mes amis se trompent lourdement sur toi. T'es un copain génial... et Sherlock Holmes a vraiment de la chance de t'avoir. »
« - On est pas un couple.
- Oh que si.
- Je signale quand même, si ça intéresse qui que ce soit, que je ne suis pas homosexuel.
- Hé bien moi, je le suis. Regardez-nous. »
« Sherlock et moi ne sommes pas ensemble. Pourquoi tout le monde pense que nous le sommes ? »
« John, Sherlock et toi êtes ensemble. »
John s'arrêta net dans son élan, bouleversé en réalisant que Sarah (et tout les autres, même Moriarty !) avait vu ce que John n'avait même pas compris à propos de lui-même. Il était déjà avec Sherlock. Ils n'avaient pas de relation physique – pour l'instant – mais émotionnelle, il était plus proche du brillent détective qu'il ne l'avait jamais été avec qui que ce soit.
Mon Dieu !
Arrivant encore une fois sur la passerelle menant au Cercle Externe(1), puis à Baker Street, John longea le lac avec fatigue, et s'arrêta de nouveau pour regarder les lumières du College, derrière lui. En se penchant par dessus la rambarde, il se souvint s'être tenu ici avec Sherlock, durant un après-midi ensoleillé, quelques semaines auparavant. Ils rentraient après avoir résolu une nouvelle affaire, le vol d'un vase antique que le British Museum avait désespéré de retrouver. Sherlock avait énoncé une série de déductions qui les avaient menés au voleur, un jeune conservateur qui avait trouvé un acheteur à Prague.
John était resté hypnotisé, regardant le jeu de lumière réfléchit par l'eau, sur le visage de Sherlock. Il avait passionnément écouté son génie d'ami décrire le processus de pensées l'ayant conduit à la solution, regardé les mouvements de son long et mince visage, admiré ses stupéfiantes pommettes.
Penses-tu toujours n'être qu'un zéro sur l'échelle de Kinsey John ?
Puis Sherlock avait levé les yeux et rencontré le regard de John, juste au moment où un flash de lumière réfléchit par l'eau jouait avec ses yeux, transformant leur habituel gris-argent en un riche feu de platine. Le temps avait comme ralentit pour John. Ils étaient restés ainsi, se regardant l'un-l'autre pendent probablement quelques secondes, mais ressenties comme des heures, puis John avait posé son regard ailleurs. Le temps avait repris son cours, et Sherlock, après un moment de pause, avait continué son explication comme si ce moment n'avait jamais existé.
Sur le moment, John avait haussé les épaules, écartant fermement ses sentiments à propos de ça. Maintenant ça lui revenait vivement, le frappant avec la force et la vitesse d'un train. La forme du visage de Sherlock, les étonnants plats et angles qui devraient être bizarres et étranges, mais qui pourtant fusionnaient avec... beauté. Il était beau. Ses yeux, ses pommettes, la longue, comme celle d'un cygne, courbe de sa nuque. Comment John avait-il pu se cacher ça pendent tout ce temps ?
John était fou de son colocataire. Il était amoureux de Sherlock Holmes.
Merde.
A suivre...
