Disclaimer: cf chapitre 1

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Ma bêta sur le livre III est toujours Mystical.

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Réponse aux commentaires anonymes sur mon forum pour: - Marina - Mireille - Douceurfamille -

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Un Noël D'Enfer 2/4

Acte 2 : Le Souffle Du Dragon

Severus

« Putain de bordel de chiure de mouche à merde ! » s'écrie Lee les poings et la mâchoire serrée sur la déception…

Il m'ôte les mots de la bouche…

Le rat se tortille et couine de souffrance dans sa cage…

Notre Potion n'a pas marché…

Les larmes roulent sur les joues de Megan et Gabe la serre doucement contre lui. Livide et au bord des larmes lui aussi…

« On a échoué… » constate Benjamin dans un murmure étranglé, tandis que Tarendra fixe le mur, le regard lointain et terriblement découragé …

J'immobilise le rat en le plongeant dans le coma pour faire cesser ses couinements aigus de douleurs et j'avance une main tremblante vers la Potion qui mettra définitivement fin à ses souffrances et à sa vie.

La pauvre bête sera bientôt morte pour rien pense-je, en me saisissant délicatement d'elle pour la ramener vers moi. Mais tandis que je la sors de la cage, mon poignet accroche un petit bout de fil de fer qui dépasse et m'égratigne profondément la peau. Le sang perle aussitôt…

Et je suspends mon geste, lâchant le rat qui retombe mollement, atterrissant au fond de la cage avec un bruit mat…

« Le sang… Magie Noire… Magie du Sang… » murmure-je à peine, les yeux rivés sur la goutte de sang qui s'écoule doucement le long de mon poignet…

Tarendra sursaute et se tourne brusquement vers moi.

« Il faut vite faire des analyses ! » s'exclame-t-il avec fébrilité, tandis que je reprends déjà vivement le rat en main.

De la pointe acérée d'un couteau d'argent, je lui blesse une patte, recueillant aussitôt le sang qui s'en écoule sur une lame de cristal que je dépose sur la paillasse, avant de jeter une série de Sorts dessus.

« Oh ! Merlin ! La composition du venin a changé au contact du sang ! » s'exclame Megan, ses yeux écarquillés fixés sur les résultats que Tarendra inscrit sur un parchemin.

« Oui… Voldemort a toujours été fasciné par la Magie du Sang. J'aurais dû y penser, merde ! Il faut revoir la composition de notre Potion en tenant compte de ce paramètre. La Potion Finale doit être élaborée à partir du sang de la victime ! Nous allons retourner dans le Temps Ralenti. Préparez ce dont nous allons avoir besoin, je reviens tout de suite ! » déclare-je, furieux contre moi-même, en partant à grandes enjambées précipitées vers la porte du labo.

Nous avons perdu tellement de temps bon sang ! Pourvu qu'il ne soit pas trop tard !

Je monte les marches quatre à quatre et traverse la cuisine sans me préoccuper des Dursley qui ont l'air épuisés et chagrinés. J'en ignore la raison, mais je n'en ai cure.

C'est dans la chambre d'Hermione que je me rends.

Je suis accueilli par un silence profond et des regards emplis d'espoir, qui s'assombrissent aussitôt en constatant que j'ai les mains vides de toute Potion.

« J'ai besoin d'un peu du sang d'Hermione. » murmure-je en m'approchant du lit dans lequel Hermione gît, pâle, les joues creuses et d'immenses cernes noirs sous les yeux…

Et mon cœur se serre. Son temps est compté et chaque minute est précieuse. Je ne peux cependant recueillir son sang, sans l'assentiment de ses parents…

« Pourquoi ? » demande Madame Granger d'un ton de voix tout aussi désespéré que son regard.

« Pour le Contrepoison. Nous avons découvert que la composition du venin change au contact du sang. Nous avons besoin d'analyser celui d'Hermione, pour identifier les modifications qui se sont opérées au contact du sien. » explique-je, en prenant délicatement le poignet d'Hermione.

« Prenez tout le sang dont vous avez besoin et je vous en prie, sauvez là.. » me supplie Madame Granger, avant d'enfouir sa tête dans le creux de l'épaule de son époux dont les yeux expriment la même prière…

« Je ferais tout pour y parvenir. » affirme-je, profondément désolé de ne pouvoir promettre davantage.

Et je tranche rapidement le poignet d'Hermione, recueillant son sang dans une petite fiole de cristal, ensorcelée pour empêcher le sang de coaguler. Et tandis que je bouche le flacon empli, Harry referme la plaie avec douceur.

« Faites vite ! Hermione a gagné un sursis, mais faites vite ! » me souffle-t-il, alors que je tourne les talons pour partir.

Nally me suit. Elle a compris que je vais encore avoir besoin de ses services. Elle est épuisée, mais mènera ses forces jusqu'au bout pour nous permettre de rester le plus longtemps possible dans le Temps Ralenti.

Nous descendons l'escalier. Nous sommes à mi-chemin, quand la porte du QG s'ouvre.

Molly, qui a l'air d'avoir pris dix ans depuis lundi, se dépêche d'entrer, maintenant la porte ouverte pour faciliter le passage d'Arthur qui soutient Fred avec l'aide de Georges…

Tous les quatre s'arrêtent au pied de l'escalier

« Comment va notre petite Hermione ? Avez-vous trouvé le Contrepoison ? » demande Molly dans un souffle inquiet et tendu de chagrin.

« L'état d'Hermione s'est provisoirement stabilisé. Les recherches pour trouver le Contrepoison se poursuivent… » répond Nally d'une voix douce.

« Sauvez-là, Severus. Elle est comme notre fille, vous savez. Même si elle a encore ses parents, elle est de notre famille…Je vous en prie, Severus, je ne veux pas perdre un autre enfant. Promettez-moi de la sauver…» me supplie Molly, en, s'accrochant à mon bras…

Son regard me bouleverse, tout autant que celui des parents d'Hermione et comme je ne puis répondre à sa supplique, je la serre brièvement sur mon cœur.

« Nous venons avec vous, professeur. » déclare Fred, en se dégageant de la prise de son père, tandis que Georges raffermi la sienne autour de sa taille…

« Fred… Tu es… » chuchote à peine Molly, en se tournant brusquement vers son fils qui l'interrompt tout aussitôt

« M'mam. J'ai perdu une jambe, pas ma tête, ni mes mains. J'peux aider à sauver ma p'tite sœur adoptive… » dit-il, l'air un peu buté

« Il a raison M'man. Nous sommes des génies en Potions. Même le prof te le dira. Notre aide sera bienvenue… » le soutient Georges, avec le même air…

« Ce qu'ils disent est vrai, Molly. Le concours de Fred et Georges nous serait très précieux… » affirme-je également, en toute sincérité.

Ils ont l'art d'effectuer en un temps record des associations d'idées auxquelles personne ne penserait avant des jours, voir des semaines si ce n'est des mois. Une faculté qui nous permettra de gagner un temps très précieux et d'avancer bien plus vite dans nos recherches.

Molly déglutit difficilement et tourne son regard vers Arthur, qui a l'air aussi misérable qu'elle et lui fait un signe positif de la tête…

« Ne perdons plus une seconde… » souffle alors Molly, en s'écartant pour laisser libre le passage vers la cuisine..

Deux minutes plus tard, Nally nous emmène directement dans la grotte qui nous sert de laboratoire dans le Temps Ralenti…

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Kingsley

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a un sacré charivari à Privet Drive.

L'incendie déclenché par Lucius se propage rapidement aux maisons immédiatement voisines, malgré les efforts des pompiers. La police Moldue qui continue à arriver en renfort, incite les gens à quitter leurs maisons. Sans même prendre le temps d'emporter quelques effets…

Inutile de dire que ça grogne et panique un peu…

On peut comprendre ça. Il fait nuit, il fait froid, il pleut et la plupart de ces gens sont en pyjama et peignoir. Seuls quelques-uns ont une couverture jetée sur leurs épaules, par des voisins dont les maisons ne sont pas encore trop menacées…

Il y a pas mal de monde qui a vu Lucius et Severus échanger quelques Sorts et les Oubliators aussi ont fort à faire, me dis-je, en avisant l'un d'eux modifier discrètement la mémoire d'un policier, tandis qu'un de ces collègues se charge du type auquel il venait de parler…

« Ce n'est pas normal qu'ils n'arrivent pas à éteindre malgré toute la flotte dont ils arrosent les maisons et celle qui tombe du ciel… » me glisse discrètement Ambrosius Pygott

« Ouais. Il y a de la Magie Noire dans l'air… Prend quelques gars et allez voir ça de plus près. Faites bien attention à vous. Avec un zigoto comme Lucius Malfoy on peut s'attendre à toutes les saloperies possibles et imaginables… » murmure-je, mes yeux plissés glissant de maison en maison…

« Les plus inimaginables aussi sans doute ! T'inquiète, Chef, nous serons prudents et discrets… » me souffle en retour Ambrosius, en me donnant une tape sur l'épaule…

Il emmène avec lui quatre gars qui ont pris soin de transformer leur uniforme en vêtements moldus pour passer inaperçu. Je marche un peu le long de la rue, traversant les pelouses impeccablement tondues et détrempées de pluie, me posant les mêmes questions pour la millième fois.

Que venait faire Lucius ici ? Il aurait pu attaquer n'importe quel quartier de n'importe quelle ville. Alors pourquoi Privet Drive précisément ? Pour culpabiliser Harry qui connaît ces gens ? Severus avait l'air de penser que la famille qui se trouve actuellement chez Arabella était particulièrement visée ? Pourquoi ? Quel lien a-t-elle avec Harry ? Il n'a jamais été dit que Harry les appréciait plus que d'autres….

Il n'a jamais été dit que Harry appréciait ses voisins…

Je suis si profondément plongé dans mes pensées, que je ne vois pas une fillette qui sort en courant de la maison devant laquelle je passe et qui heurte de plein fouet ma jambe…

« Oh pardon Monsieur ! Je suis désolée » me dit-elle, en me regardant de ses grands yeux bleus innocents, serrant un chaton dans ses bras.

« Ce n'est rien mon petit » réponds-je en souriant et ébouriffant ses longs cheveux blonds emmêlés par une nuit un peu agitée.

Elle est toute mignonne avec ses yeux encore bouffis de sommeil, son petit peignoir bleu pâle et ses pantoufles roses en forme de lapin … Elle frissonne de froid. Elle doit être glacée la pauvre pitchounette, trempée comme elle est.

« Sherry ! Reviens tout de suite ! Nous t'avons dit de rester avec nous ! » s'exclame la voix paniquée d'une femme toute aussi blonde que sa fille et qui court vers nous, une épaisse couverture en main.

« Mais Félix était resté dans la maison ! » s'exclame en retour la fillette, en allant vers sa mère…

Un frisson me remonte l'échine…

Félix… C'est la fillette dont Percy a sauvé la vie, au prix de la sienne…

Elle se prénomme donc Sherry, cette petite fille… Devrais-je le dire à Arthur et Molly ? Voudraient-ils savoir qui est cette fillette ? Voudraient-ils la suivre de loin et savoir ce qu'elle fera de la vie dont leur fils lui a fait cadeau ?

Je n'en sais foutrement rien. Mais je m'en vais quand même discrètement relever le nom de famille de ces gens sur leur boîte aux lettres…

« Chef ! Magie Noire comme nous le soupçonnions. Un Maléfice sacrément tordu semble-t-il. Tout le quartier s'enflammera bientôt. A voir, il suffit que la température monte un peu aux alentours pour que le feu se propage d'une maison à l'autre. Enfin, je sais pas trop comment il marche, mais bientôt l'incendie va traverser la rue ça semble évident… Je sais pas neutraliser ce foutu Maléfice… Et toi Chef ? » souffle Ambrosius, tout haletant de sa course…

Enfoiré de Lucius ! Il a bien monté son coup dirait-on !

Pour preuve, deux nouvelles maisons se sont enflammées en moins de quinze minutes. Et le processus de propagation semble s'accélérer…. Je suis prêt à parier que Lucius comptait mettre le feu à quelques maisons avant de partir et que le quartier tout entier aurait été la proie des flammes avant qu'un seul des habitants ne se soit réveillé…

Et moi non plus, je ne sais pas comment neutraliser ce foutu Maléfice… Je ne sais même pas comment il s'appelle, ni quel est son mécanisme…

« Je vais faire déménager Arabella et ses réfugiés chez moi en attendant mieux. Toi, va chercher Bill Weasley, c'est le meilleur Conjureur de Sorts qu'il y ait dans toute la Grande Bretagne. Il doit être au QG… Il nous faut également Albus. Il aura peut-être une idée pour empêcher tout le quartier de partir en fumée… » dis-je, au moment où une Xième explosion secoue la rue…

Ça arrive régulièrement. Ce sont des téléviseurs ou des voitures encore enfermées dans leur garage… Des bombonnes de fioul ou des conduites de gaz…

Je cours pour rejoindre la maison d'Arabella. Elle est assez proche de celle des Dursley et même si elle est de l'autre côté de la rue, elle risque de s'enflammer bientôt. J'explique vite fait la situation à la famille un peu hébétée. Ils ne comprennent pas comment je peux les mettre à l'abri, en passant par une cheminée. Alors je les endors vite fait et je les prends deux par deux, pour les emmener chez moi, pendant qu'Arabella rassemble toute sa ménagerie…

Heureusement que ses chats sont intelligents. Ils obéissent tous à son appel très rapidement et bientôt tout le monde est tranquillement installé dans mon salon où ma chère moitié s'empresse de bichonner les invités surprises que j'ai ramenés chez nous…

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Narcissa

La porte s'ouvre sur Molly et Arthur. Je me lève pour serrer mon amie contre ma poitrine. Je ne puis rien faire, ni rien dire pour soulager son chagrin même si mon cœur saigne pour elle…

Perdre son enfant, c'est si affreux !

Molly se dégage doucement de mon étreinte et essuie ses larmes silencieuses d'un revers de la main, avant de redresser la tête avec courage et avancer vers le lit d'Hermione.

Elle caresse doucement son visage, puis se penche pour l'embrasser avec chaleur et se tourne ensuite vers les Granger. Elle ne dit rien cependant. Je crois que les mots sont bloqués dans sa gorge par tout le chagrin qu'elle éprouve. Mais elle leur serre les mains, avec un regard qui en dit bien plus long que des mots…

Ils partagent la même peine…

Charly et Bill se lèvent pour offrir leur siège à leurs parents. Ils sont livides de fatigue tous les deux.

« Où sont Fred et Georges ? Je pensais qu'ils viendraient avec vous… » demande doucement Bill, en débarrassant sa mère de son manteau.

« Ils sont partis avec Severus… » répond tout aussi doucement Arthur en passant un bras autour des épaules de Molly

Il est aux petits soins pour elle depuis lundi soir. Malgré son immense chagrin, c'est à elle qu'il pense avant tout.

« Tu entends ça, Hermione ? Fred et Georges ont rejoint l'équipe de recherche. Tu peux être sûre que Fred donnera sa deuxième jambe s'il le faut pour te tirer de là… » chuchote Ronald, en pressant le bras d'Hermione…

« Ron… » soupire Molly, la voix brisée…

« Laisse-le dire ses bêtises, Maman. Ron sait que notre Hermione est capable de guérir même sans Contrepoison, rien que pour pouvoir lui donner une bonne tape sur la tête en s'écriant : Ronald Weasley, comment peux-tu plaisanter sur un tel sujet, ce n'est pas drôle ! N'est-ce pas, petit frère ? » sourit tristement Charly, en serrant son jeune frère contre son flanc…

« Ouais… Hermione est forte. Vraiment forte. Elle sortirait de l'enfer pour venir me botter les fesses s'il le fallait, j'en suis sûr… » sourit en retour Ronald, arrachant un pauvre sourire aux parents d'Hermione…

Garder espoir. C'est tout ce qu'il nous reste. Car Richard a été très clair. Hermione est en sursis, certes. Mais elle ne survivra pas à la matinée si Severus et son équipe ne trouvent pas rapidement le Contrepoison…

Le silence est revenu dans la chambre. Je regarde autour de moi, me demandant à quoi chacun peut bien penser…

Draco est silencieux depuis près d'une demi-heure maintenant. Il est appuyé au pied du lit d'Hermione et ne la quitte presque pas des yeux.

Je me souviens de tout ce qu'il m'a raconté de son amitié avec Hermione. La manière simple et naturelle dont elle l'a accueilli et soutenu. Leurs fous rires, leur complicité. Le combat qu'ils ont mené côte à côte pour me délivrer… Et je vois tout le chagrin qu'il éprouve à la voir souffrir.

A la savoir mourante…

Et Annabelle, qui comprend son chagrin elle aussi, se serre contre lui, silencieuse mais bien présente et réconfortante…

A leurs côtés, Vincent dessine dans son carnet, comme souvent quand il n'a rien d'autre à faire que d'attendre. Millicent a appuyé sa joue contre son épaule et elle ne bouge pas. Son regard rivé sur la fenêtre dont le rideau est resté ouvert sur la nuit profonde.

Derrière eux, Grégory se tient debout, jambes légèrement écartées. De temps à autre, il masse son bras encore un peu douloureux du Maléfice Noir qui l'a blessé lundi. Il refuse cependant de s'asseoir à chaque fois qu'on lui propose un siège.

Mon regard glisse maintenant vers Théodore. Le pauvre Théodore qui a subi une bien terrible épreuve lundi et qui fait malgré tout de son mieux pour réconforter Ginny… Ils forment un joli couple tous les deux. Tendre et doux. Et si fort !

Viktor se penche vers Hermione. Il prend délicatement la main de la jeune fille qu'il aime dans la sienne et la porte à ses lèvres pour l'embrasser avec tendresse. Une larme glisse de sa joue sur les doigts menus et il les essuie avec douceur, avant de reposer la main sur le drap tendu. Son visage ravagé par le chagrin me fend le cœur.

Neville, qui est à ses côtés, se détache doucement de Luna et passe un bras sur l'épaule du jeune champion de Quidditch. Et celui-ci se laisse aller à pleurer une fois de plus, cachant son visage dans ses mains.

Face à eux, Blaise semble aussi éperdu de chagrin. Il berce doucement Miho qui a refusé d'aller se coucher et lutte pour garder les yeux ouverts, tout en serrant son Plumki contre son cœur…

Je sais que Blaise éprouve une amitié aussi forte que Draco pour Hermione. Combien de fois nous ont-ils fait rire tous les deux, quand ils se taquinaient lorsque nous étions dans le Temps Ralenti pour la ré-éducation de Grégory, Millicent et Vincent… Quelle belle complicité ils partagent !

Comme j'ai aimé ces instants joyeux ! Tout comme j'ai aimé les conversations intelligentes d'Elinor, qui se tient debout, grave et le visage fermé, aux côtés de Remus et de ma nièce, arrivée dès la fin de son service hier soir…

La porte s'ouvre de nouveau, pour laisser passer Dobby qui fait Léviter un plateau largement pourvu de thé, chocolat, café et sandwichs variés… Augusta se saisit du plateau, remerciant Dobby pour sa gentille attention. Le petit Elfe lui sourit puis semble hésiter un bref instant. Enfin il se décide et trottine vers le lit.

Il prend la main d'Hermione et la caresse avec douceur.

« La Magie des Elfes ne peut pas vous sauver, Mademoiselle Hermione. Dobby en est très triste. Mais Dobby a le cœur confiant oui ! Le professeur Snape Monsieur va trouver la bonne Potion ! Oh ! Oui ! Il va trouver ! » dit-il, en agitant doucement ses oreilles, une larme unique coulant sur sa joue avant de s'écraser sur la main qu'il caresse toujours.

Et il se passe quelque chose d'étrange. La larme brille d'un éclat doré, puis elle s'efface, laissant une petite marque en forme de croissant de lune discrètement argenté sur le dos de la main d'Hermione… Dobby penche la tête et sourit en battant doucement des oreilles en regardant cette marque, tandis que mon cœur se serre une nouvelle fois dans ma poitrine…

« A bientôt Mademoiselle Hermione » murmure Dobby avant de déposer un baiser sur sa joue et de Transplaner dans un pop discret…

La Maman d'Hermione éclate en sanglot. J'en suis chavirée…

Et je détourne mon regard plein de larmes, qui accroche celui du jeune Marian, allongé sur un divan un peu en retrait. Il a tenu à venir veiller sur son amie lui aussi, bien que sa grave blessure à la jambe le laisse épuisé…

Il a tellement souffert pendant de très longues heures, quand son fémur a été remis en place ! Heureusement que Ronald avait pensé à le récupérer d'ailleurs ! Ou il aurait fallu amputer ce pauvre garçon…

Comme s'il n'avait pas suffisamment souffert déjà, de la mort de ses parents… Tout comme son frère Terry, qui se tient auprès de lui et le couve comme une mère poule. Ce sont tous deux de braves garçons. Gentils, généreux et courageux…

Cameron et Magnus également… Magnus… Lui aussi a été gravement blessé. Et lui aussi est là… Tout comme Hugh Pygott…

En fait, toutes celles et ceux qui ont combattu au Ministère ou à Privet Drive avec Hermione sont ici ou dans le Temps ralenti à chercher un Contrepoison qui la sauvera.

D'autres jeunes gens du Comité, qui faisaient partie des équipes de secours se tiennent avec eux. Attentionnés avec leurs amis blessés…

Combattre ensemble crée des liens très forts. Nous en avons là la preuve.

Et chacun de nous tente de communiquer sa force, son amitié, son amour à Hermione.

Chacun de nous espère du fond du cœur qu'elle pourra être sauvée…

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Bill

Mon regard se perd dans la nuit noire derrière la fenêtre dégoulinante de la pluie qui vient la frapper de plein fouet, quand la porte s'ouvre brusquement sur un Auror. C'est Ambrosius Pygott. Il me fait signe de venir le rejoindre et, intrigué, je me dirige aussitôt vers lui.

« Que se passe-t-il ? » demande-je, tout en refermant doucement la porte derrière moi.

« Le Chef m'envoie vous chercher. Un Maléfice de Magie Noire très vicieux à neutraliser. Ça urge. » répond rapidement l'Auror, en m'entraînant déjà vers l'escalier.

« Attendez, je dois en savoir davantage avant de partir. J'aurais peut-être besoin d'emporter d'un attirail spécial… Quel Maléfice dois-je neutraliser ? » le retiens-je en haut des marches.

« Je ne sais pas comment il s'appelle. Je ne le connais pas… Et le chef non plus… » répond Ambrosius, en faisant la grimace

Allons bon ! Ça doit être une sacrée merde, si des Aurors expérimentés et de la trempe de King et Ambrosius Pygott ne savent pas l'identifier…

« Dites moi ce que vous en savez » demande-je, déterminé à ne pas partir les mains vides, devant l'inconnu…

« L'incendie allumé par Lucius à Privet Drive, se propage à vitesse grand V. Ça fait comme une langue de feu qui embrase tout à son passage dès que la température de l'air augmente d'un cran semble-t-il… » explique le brave Auror, sur un débit rapide…

Et un frisson me remonte brusquement l'échine…

Pour une merde, c'est une sacrée merde ! Venue de l'étranger. Et très rarement connue. Pas étonnant qu'Ambrosius Pygott n'ait pu l'identifier…

« Le Souffle du Dragon…. Où Lucius peut-il avoir appris cette saloperie de Maléfice ? » murmure-je, en me hâtant de nouveau vers la chambre d'Hermione.

Je vais avoir besoin de renfort sur ce coup là. Et je sais qui va pouvoir m'aider…

« Terry, Elinor, faut que vous veniez ! » déclare-je, d'une voix douce et basse, malgré la chamade qui affole mon cœur…

Tous les deux viennent me rejoindre rapidement, sous l'œil intrigué des autres. Et ils sont immédiatement suivis de Harry, Ron, Charly et Draco…

Ouais. Je pouvais compter sur eux pour venir voir ce qui se trame de louche…

« Quoi ? » demande Charly, un sourcil haussé.

« Souffle du Dragon… » réponds-je laconiquement.

Terry et Elinor, auxquels j'ai parlé de ce Maléfice sous le Sceau du Secret et appris à le maîtriser dans le Temps Ralenti, sursautent et pâlissent.

« Quoi ? » demande de nouveau Charly, tandis que Harry et Ron plissent les yeux, subodorant déjà qu'une saloperie vacharde est en train de se produire…

Draco également a compris, d'après son expression plus que sombre…

« C'est un Maléfice asiatique jeté à Privet Drive par Lucius avant de déclencher l'incendie. La pluie et la flotte des pompiers Moldus produisent de la vapeur. Sous l'influence du Maléfice, arrivée à un certain point de concentration et de chaleur, cette vapeur s'enflamme et ça fait comme une langue de feu qui embrase tout à son passage. Et plus il y a de vent et plus ça porte loin… Et je suppose que du vent, il y en a en ce moment à Privet Drive, tout comme il y en a ici… » explique-je rapidement à mes compagnons.

« Ouais… Y a du vent. Un vent tournant… » acquiesce Ambrosius, lèvres pincées…

Il ne connaît pas le Maléfice, mais aux quelques explications que je viens de donner, il en mesure la dangerosité à n'en pas douter… Il en a même peut-être déjà vu les premiers effets…

« Pouvons-nous vous aider ? » souffle Ron, le visage anxieux.

Je réfléchis vite fait. Le Souffle du Dragon est un Maléfice terrible. Il augmente en puissance à mesure que l'incendie se propage. Elinor et Terry peuvent m'aider à le neutraliser. Mais pas les autres…

Cependant, leurs connaissances peuvent nous être utiles… Charly sait produire un Bouclier Pare-Feu très efficace. Ça fait partie de sa formation de Dresseur de Dragon. Et je ne doute pas que Ron et Harry sachent en faire autant. Tout comme Neville, qui est encore dans la chambre…

Mais j'ai des doutes, concernant Draco qui est encore un peu faiblard du côté gauche…

« Va falloir protéger les maisons les plus proches, ainsi que ceux qui jetteront le Contre-Maléfice. Alors oui, venez Harry et toi. Nous aurons également besoin de Neville. Draco, je ne sais pas si… » déclare-je, avant d'être interrompu.

« Je connais ce Maléfice. Et je sais comment on le neutralise… » souffle Draco, le visage plus que livide.

« Quoi ? Comment pouvez-vous… » commence Ambrosius, l'air sacrément surpris.

« Lucius a appris ce Maléfice à Noël dernier. En Chine… J'étais avec lui. Il a fait croire qu'il était Briseur de Sort et que je marchais sur ses traces et c'est un Briseur de Sort Chinois qui nous l'a appris… Ce Maléfice est tabou en Chine. C'est un Impardonnable au même titre que l'Avada Kedavra…» explique rapidement Draco, toujours aussi blême.

« Je comprends que vous ayez appris le Contre-Maléfice mais… » commence encore Ambrosius avant que Draco ne l'interrompt encore une fois

« Là-bas en Chine, ils estiment qu'il faut savoir maîtriser le Maléfice pour être capable de le combattre. Et mon géniteur a été un élève très attentif durant cette phase de l'apprentissage, vous pouvez me croire… » éclaircit-il hâtivement.

« Bien. C'est intéressant tout ça, mais qu'est-ce qu'on doit faire pour arrêter la propagation de l'incendie ? » demande Charly, mon pragmatique frangin

« On s'équipe. Charly, va chercher des protections en cuir de Dragon pour tout le monde. Je me charge des Potions dont nous allons avoir besoin. Ron, va chercher des micros. Nous en aurons l'utilité pour synchroniser nos actions et le Sonorus n'est pas de mise en zone Moldue. Harry, demande à Neville de venir. Ambrosius, allez faire évacuer le plus de monde possible de Privet Drive. Y compris la police et les pompiers si possible. Rendez-vous dans la cuisine… » réponds-je, avant de dégringoler l'escalier à la suite de Charly

Et je Transplane près du Chaudron Baveur, me rendant vite fait sur le Chemin de Traverse, pour aller chercher mon attirail à Gringotts où l'un des Gobelins en faction me regarde passer d'un œil méfiant, tandis que je cours vers mon bureau.

J'ai beau faire partie de la Maison, je suis un Sorcier et donc un ennemi potentiel à ses yeux…

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Harry

Il ne faut guère longtemps à Ron pour arriver dans la cuisine avec les micros. Aussitôt, nous ôtons nos robes et vêtements pour nous équiper, sous l'œil des Dursley au grand complet. Même Dudley, qui avait un air de martyr à notre entrée, nous regarde maintenant d'un regard intéressé et gourmand…

Il faut dire qu'ils ont la classe, nos équipements derniers cris…

Et qu'Elinor est plutôt sexy, vêtue uniquement de son ensemble Tee-Shirt moulant et Shorty de coton kaki…

Mais il peut baver et adopter tous les airs langoureux qu'il veut, jamais Dudley ne pourra séduire une aussi jolie fille. Et je crois qu'il le comprend, quand Elinor lui envoie un regard noir et lourd de menaces à le faire ratatiner sur le banc…

Charly entre à son tour et nous jette rapidement un paquet à chacun. Nous nous empressons de revêtir les vêtements en peau de Dragon qu'il s'est procurés pour nous auprès de ses copains…

« Qu'est-ce que vous allez faire, accoutrés comme ça ? » demande Tante Pétunia, qui, malgré son ton méprisant, est visiblement dévorée de curiosité…

« Essayer de contenir l'incendie qui ravage Privet Drive… » réponds-je laconiquement, en remontant la fermeture éclair de mon blouson.

« Personne n'a donc appelé les pompiers ? » s'enquiert de nouveau Tante Pétunia, l'air étonnée

« Si. Mais un Maléfice très dangereux permet à l'incendie de se propager et jamais les pompiers ne pourront éteindre le feu si nous ne le neutralisons pas. » explique-je, avant d'enfiler une cagoule qui ressemble à celle des forces spéciales Moldues.

Dudley me regarde, l'œil plus gourmand et envieux que jamais. Sûr qu'il aimerait enfiler une telle tenue lui aussi. Mais il peut toujours rêver. Jamais il n'aura l'étoffe pour devenir un agent des forces spéciales. Et jamais il n'aura aucun vêtement en cuir de Dragon…

Tante Pétunia ouvre encore une fois la bouche, sans doute pour effectuer une remarque acerbe, mais Bill entre à son tour dans la cuisine, lui volant la parole.

« Elinor, Terry et Draco, nous allons en premier lieu évaluer la situation. Il faut déterminer combien de Souffle du Dragon ont été posés dans le quartier et dans quel ordre. Chacun de nous sera accompagné par Ron, Harry, Charly ou Neville, qui sont chargés de nous protéger d'un Bouclier Pare-Feu et de masquer nos Sortilèges de Détection… » explique-t-il rapidement, en distribuant des gros flacons de Potions à mon frère et nos deux amis.

« Comment procédons-nous ? » demande Charly, d'une voix calme.

« Charly, avec moi, Terry avec Neville, Elinor avec Ron, Draco avec Harry. Deux paires de chaque côté de la rue. Quand nous arrivons au bout, nous faisons le point… Lucius a dû jeter le Maléfice sur plusieurs maisons, depuis la façade. C'est donc depuis la façade qu'il faut déterminer où il l'a fait. Désillusion et nous nous servons des arbustes, buissons et arbres comme abri pour jeter nos Sortilèges de Détection que notre équipier masque aux regards. » explique rapidement Bill, en remontant la fermeture de son blouson bien haut sur son cou.

« Ok… Où nous retrouvons-nous ? » s'enquiert Draco, en fermant bien la poche dans laquelle il a glissé son flacon de Potion.

Tout le monde se tourne vers moi. C'est normal, je suis celui qui connaît le mieux le quartier.

« Extrémité sud-est de la rue. Sur le parking de la supérette. Le mieux, c'est que je fasse un Portoloin… » décide-je, en soupirant et me saisissant d'une spatule en bois

Je jette le Sortilège qui transforme la spatule en Portoloin, sous le regard effrayé des Dursley qui sursautent quand l'éclair jaune électrique vient frapper sa cible et trois secondes plus tard, nous sommes emportés par le crochet caractéristique.

Le parking, situé derrière le magasin est désert. Nous nous empressons d'en sortir et je me dis que j'ai bien fait de choisir cet endroit, en voyant tous les curieux massés au bout de la rue où ils ont été refoulés…

Nous contournons la foule, deux équipes de chaque côté, avant de nous faufiler discrètement parmi les arbustes.

Draco et moi laissons Ron et Elinor devant la première maison, dont ils vont s'occuper, tandis que nous prendrons la suivante…

L'incendie est impressionnant. Il y a au moins huit maisons en flamme et de loin, je vois Kingsley qui tâche sans doute de convaincre les pompiers et la police de dégager les lieux… Sans succès apparemment…

Et soudainement, tandis que le vent tournoie dans une brusque bourrasque, je vois une énorme langue de feu surgir d'une des maisons en flamme et tout balayer sur son passage dans un souffle puissant. Et une clameur effrayée s'élève de la foule des curieux, tandis que l'un des camions de pompier est soulevé comme un fétu de paille par la langue de feu et projeté sur la maison d'en face, où il explose littéralement…

De nouvelles flammes s'élèvent vers le ciel, vives et puissantes, tandis que des hurlements sont poussés par des policiers et des pompiers, transformés en torches vives et dont certains se roulent à terre…

Putain de Magie Noire ! Cette saloperie de Maléfice est vraiment puissante et dévastatrice ! Pire que le Feudeymon que Parrain nous a appris à neutraliser…

D'autres pompiers se précipitent vers leurs collègues à terre, tâchant d'étouffer les flammes avec des couvertures brillantes, tandis que des brancardiers, des infirmiers et des médecins, qui étaient rassemblés avec leurs ambulances devant la foule des curieux, remontent la rue en courant…

« Putain les malheureux ! Ils vont tous se faire dégommer si un autre Maléfice se déclenche ! » s'exclame Ron, dans mes écouteurs…

« Ouais… Faut se dépêcher de détecter tous les Maléfices ! Ça va aller de plus en plus vite et de plus en plus fort ! » commente Bill, la voix urgente…

« Et pourquoi ne neutralisons-nous pas tout de suite ceux que nous trouvons ? » m'enquiers-je, même si je subodore que la réponse à notre problème, ne peut pas être aussi simple…

Rien n'est jamais simple avec la Magie Noire…

« Parce qu'il faut les neutraliser dans l'ordre dans lequel ils ont été posés… Et Lucius a dû les jeter au hasard… Il savait que des Aurors viendraient dès que les Sorciers entendraient parler de cet incendie et ne souhaitait sans doute pas faciliter la tâche des Briseurs de Sorts appelés à la rescousse…Et pendant qu'on cherche, le feu se propage, en se foutant bien, quant à lui, de l'ordre dans lequel les Maléfices ont été jetés… Sale putain d'enfoiré de Lucius ! Il a bien calculé son coup pour nous emmerder un max ! Il a posé des faux marquages pour ralentir nos recherches ! Et j'ai des marques qui portent un chiffre élevé ! Il n'a pas seulement piégé cette rue ! » explique Bill, que je devine courir vers la maison suivante, de l'autre côté de la rue…

Je cours moi-même en tenant Draco par la main pour ne pas le perdre. Il s'arrête soudainement, derrière un petit sapin et je me mets en position pour couvrir son Sort de Détection. En relevant la tête, je réalise que je suis devant la maison des Craven, dont la petite fille a eu la vie sauve au prix de celle de Percy.

Je me tourne instinctivement dans la direction où je sais Ron… Il va lui être douloureux de passer ici, me dis-je, mon regard revenant vers le coin de pelouse où Percy est tombé lundi soir…

« Harry… » me souffle Draco, d'un ton doux

Je reporte mon attention vers le travail que nous devons accomplir et je jette le Sort qui dissimulera l'éclair de son Sortilège aux regards. Draco frappe la maison de plein fouet et une brève petite boule de lumière bleu pâle scintille juste au-dessus de la porte. La maison est marquée d'une Rune.

Draco se saisit de ma main et nous repartons en courant, quand une nouvelle langue de feu surgit, depuis la dernière maison enflammée. Elle s'élève très haut dans le ciel, vacillant comme si elle hésitait sur la direction à prendre, avant de plonger directement vers sa cible…

Une vitre explose et la maison d'Arabella Figg s'embrase à son tour, tandis que les pompiers et les sauveteurs qui se trouvent non loin plongent au sol…

J'ai un coup au cœur. La maison qui sentait le chou ne sera bientôt plus que ruine et cendre… Où iront vivre Madame Figg et ses chats ?

Kingsley presse tout le monde de partir. Mais personne ne l'écoute, tandis que de nouvelles sirènes hurlent dans le loin… Les pompiers ont appelé des renforts… Et un peu plus loin, ce sont des policiers qui reculent les barrières de sécurité et évacuent de nouvelles maisons…

« Il faudrait qu'ils songent à évacuer les rues parallèles à celle-ci… On ne sait jamais… » murmure Neville dans mes écouteurs…

« Je vais en parler à King. Nous passons devant lui dans moins d'une minute… Je vais aussi demander si des Aurors peuvent aller voir dans les autres rues s'ils trouvent des traces de Maléfices et si oui, de marquer les maisons concernées. Ça nous facilitera la tâche et nous irons plus vite… » chuchote Charly, tandis que Draco et moi prenons un peu le large pour contourner une maison en feu.

Il nous faut maintenant sauter une haute palissade et Draco me demande de l'aider à la franchir. La fatigue ne lui permet pas de donner son maximum dans cet exercice physique car son côté gauche s'affaiblit.

Ce n'est pas étonnant avec toute la fatigue accumulée depuis lundi…

A peine passons-nous la clôture, qu'un énorme chien surgit devant nous en grondant… C'est un Doberman. Il sait que nous sommes là, malgré le Sort de Désillusion et il va nous bouffer. Au moindre mouvement de notre part, il va nous sauter dessus et nous mordre. J'en mettrais ma main à couper…

« Ron… » souffle-je, en serrant ma main autour de ma baguette dont je n'aurais pourtant pas le temps de me servir avant que le chien me bondisse à la gorge, j'en suis intimement convaincu…

Draco et moi restons parfaitement immobiles

« J'arrive ! » souffle Ron en retour

Et j'entends au son de sa voix qu'il court déjà vers nous…

Et de fait, quelques secondes plus tard, il surgit à son tour dans le jardin, en un bond phénoménal, atterrissant juste devant Draco et moi… Il grogne, l'air menaçant et le Doberman recule vers le fond du jardin, en piaillant et en se pissant dessus…

Il a senti le Grizzly qui couve en Ron et il est mort de peur… Pauvre bête…

Nous relâchons notre Sortilège de Désillusion et nous dépêchons de foutre le camp du jardin, avec Elinor qui nous a rejoint…

« Ses maîtres auraient pu l'embarquer quand ils ont été évacués ! » fait-elle remarquer, en sautant de la palissade

« A moins qu'ils n'aient passé la nuit ailleurs et qu'ils l'aient laissé en garde… » suppose Ron, en jetant un œil par-dessus la clôture derrière laquelle le chien pleure maintenant…

Et soudainement je le vois exploser la haute barrière de bois…

« Allez, viens le chien. Tout doux et sans te faire remarquer… » dit-il d'un ton ferme, avant de préciser, en voyant le sourcil haussé d'Elinor qui a ôté son Sortilège de Désillusion pour ménager ses forces : « Ben quoi. On ne va pas risquer de laisser griller cette pauvre bête… »

Et je reconnais bien là le bon cœur de mon Ron…

Le chien trottine, silencieux et collant Ron tandis que nous contournons la maison voisine. Et nous repartons vers les façades, pour poursuivre notre tâche. Quelques minutes plus tard et trois nouvelles maisons enflammées, nous atteignons l'extrémité de la rue et nous rejoignons Bill, Charly, Neville et Terry, qui sont en grande conversation avec Kingsley et le professeur Dumbledore…

Elinor et Ron, qui étaient un peu en arrière de Draco et moi, s'arrêtent un instant, auprès d'un couple qui a ouvert la portière de sa voiture. Et je comprends qu'il s'agit des propriétaires du chien, quand ce dernier grimpe, sans faire aucun problème, par la portière arrière que Ron lui ouvre…

« Ils revenaient seulement de leur réveillon de Noël et étaient bien contents de récupérer leur clebs… » explique Elinor, en arrivant enfin à notre hauteur…

Et sans plus de commentaire, elle se glisse auprès de Bill pour aller lui faire son rapport.

« Fudge va aller réveiller son homologue Moldu, avec Arthur. Ils vont lui expliquer la situation et tâcher d'obtenir qu'il donne l'ordre aux pompiers et policiers de nous laisser faire. Et à la population d'évacuer plus loin. Si cela ne donne rien, nous opérerons quand même. Bien sûr, il faudra alors modifier la mémoire de toutes les personnes présentes, mais nous allons tâcher de faire en sorte qu'il y en ait le moins possible. » explique notre Directeur, à notre Chef des Aurors

« Si seulement Nally était là, elle pourrait jeter un Sort d'Illusion pendant que nous opérons et faire croire qu'en réalité ce sont les pompiers qui maîtrisent l'incendie… » souffle Kingsley, d'un ton un peu las…

« Je peux faire ça… Pas aussi bien que Tatie Nally, mais je peux faire quelque chose de pas trop mal… » déclare Ron, d'un ton plutôt assuré….

Et modeste… Je suis sûr qu'il va être très efficace, car il est vraiment talentueux, dans le domaine des Illusions…

« Ouais, pourquoi pas. Mais il faudrait quelqu'un pour te remplacer auprès d'Elinor… » dis-je, en me demandant qui pourrait épauler notre amie.

« Je peux tout à fait remplacer Ronald. » affirme alors le professeur Dumbledore, en regardant Ambrosius Pygott venir vers nous en courant

A la tête qu'il fait, j'ai la certitude que les nouvelles qu'il apporte ne sont pas bonnes…

« Tu as eu raison de nous envoyer dans les autres rues, Chef… Le Maléfice a été jeté là-bas également… Les collègues vérifient toutes les autres rues…» annonce-t-il, avant même d'être arrivé à notre hauteur…

Putain de saleté de Magie Noire ! Bill avait raison ! Lucius a ensorcelé tout le quartier ! On va en chier pour un bout de temps, c'est sûr !

« Professeur Dumbledore, vous remplacerez Ron quand nous serons prêts à contrer cette saloperie de Maléfice. Rendez-vous sur le parking du supermarché le plus vite possible ! Draco et Elinor par-là ! Les autres avec moi ! Il faut vérifier toutes les rues de cette satanée ville ! Magnons-nous ! » ordonne Bill en toute hâte.

Et nous partons tous en courant, pour remplir notre mission, tandis que Kingsley annonce qu'il va faire appel à quelques autres Briseurs de Sorts…

Et en moi-même, je me dis qu'il a sans doute raison d'appeler des renforts. Je ne serais pas étonné que Lucius ait eu l'intention d'effacer Little Whinging de la carte du pays…

OoOoOoO

Draco

C'est la septième détection positive depuis que nous sommes dans ce coin de la ville, non plus le quartier résidentiel, mais une cité où alternent îlots de maisons individuelles et immeubles à cinq ou six étages, séparés par des allées d'arbres décorés de guirlandes lumineuses, de pelouses foisonnantes de buissons et de sapins, de parkings où de nombreuses voitures sont impeccablement alignées…

Et à la Rune que je déchiffre, c'est le Maléfice numéro soixante-deux…

Putain de bordel ! Jamais nous n'aurons assez de Potion pour contrer toute cette saloperie de Magie Noire !

Et comment Lucius a-t-il fait pour poser autant de Maléfices à lui tout seul ? C'est impossible. Je n'y crois pas. Il devait avoir au moins un ou deux complices… A moins qu'il n'ait préparé son coup à l'avance. Ce qui serait tout à fait dans ses méthodes également…

Soudainement, toutes les lumières s'éteignent. Seul un magasin fortement éclairé, au bout de la rue, est épargné par la panne. Pour combien de temps ?

« L'électricité a dû être coupée dans le secteur. Le gaz aussi sans doute. Pour éviter que le feu se propage par les conduites… » souffle Harry, tandis que nous courrons vers l'immeuble prochain.

Il est net. Comme les trois suivants. Cela ne m'étonne pas. Les Souffles du Dragon sont de plus en plus espacés. Tout simplement car lorsque le feu arrivera ici le Maléfice aura gagné en puissance grâce à toute la chaleur dégagée par l'incendie de toutes les autres maisons ou immeubles et toute la flotte qui aura été balancée dessus, si les pompiers ne reçoivent pas l'ordre d'arrêter d'arroser… Et si la pluie ne cesse pas...

Et chaque Souffle du Dragon embrasera plusieurs demeures…

Sauf si nous réussissons à les neutraliser avant bien sûr…

« Merde ! Regarde là-bas ! Si un incendie se propage dans le coin et que la station service explose, ça fera sauter une bonne partie du quartier ! » me fait remarquer Harry, en me désignant le grand magasin

Une station service. C'est là où les Moldus vont chercher l'essence pour leurs voitures, me rappelle-je en frissonnant d'appréhension, au moment où une voiture de police arrive dans le coin toute sirène hurlante.

« Mon pif chatouille furieusement depuis un temps… Y a des emmerdes dans l'air… Tenez-vous tous sur vos gardes… » chuchote Ron dans mes écouteurs…

« Ouais, je confirme. Ma nuque suinte raide et Bill a les cheveux dressés sur sa tête malgré sa cagoule… » appuie Charly, d'un ton lourd…

« Purée… Les « Troisième Œil » des frères Trelawney qui nous prédisent la mauvaise aventure. Manquait plus que ça pour nous faire un joyeux Noël…» râle Elinor sous les gloussements de Ron, Draco et Neville…

La voiture de police ralentit, avant de tourner dans la rue et de stopper. Des policiers en sortent. L'un d'eux met un porte-voix devant sa bouche…

« Ici le chef de la police de Little Whinging ! Un violent incendie s'est déclaré dans la ville consécutivement à des fuites de gaz ! Toute la ville doit être évacuée ! Je répète, toute la ville doit être évacuée ! Montez dans vos voitures et partez immédiatement ! N'emportez rien ! Partez immédiatement ! » déclare-t-il, en avançant doucement dans la rue…

Bien ! Fudge a réussi à convaincre le Ministre Moldu d'évacuer toute la ville ! A moins que ce ne soit Arthur… Enfin, peu importe, c'est ça de gagné. Je ne sais pas où vont aller tous ces gens, mais ce sera un endroit sûr sans doute, où ils ne risquent pas d'être pris dans un incendie et des explosions…

Des tas de gens en pyjama ou chemises de nuit sortent la tête par les fenêtres. Il est à peine 06H15. Il fait encore nuit et ils n'ont pas l'air de comprendre ce qu'il se passe tout de suite. Ils devaient tous dormir comme des souches, pour ne pas avoir entendu les explosions qui ont secoué leur patelin…

Ce n'est que lorsque le chef de la police répète son message, que les réactions se produisent…

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces pauvres gens n'ont pas un réveil joyeux, en ce matin de Noël…

Il y a des cris, des pleurs et des tas de personnes sortent finalement en courant, certaines portant des enfants à moitié endormis dans leurs bras… Si quelques-uns obéissent très vite, montant dans leur voiture pour partir, d'autres râlent et déclarent qu'il n'y a certainement pas lieu de s'affoler…

Et ceux là sont les plus nombreux…

Harry et moi ne pouvons plus opérer sans risquer d'être bousculés ou que mon Sortilège soit vu par tous ces gens qui descendent de l'immeuble devant lequel nous sommes, à peine vêtus d'une robe de chambre ou d'un manteau enfilé à la hâte. Il nous faut attendre un peu et nous nous plaquons contre un mur en regardant ce qu'il se passe autour de nous…

Mon regard vogue de groupe en groupe, tout le long de la rue. Et soudainement je m'agrippe à Harry…

« Lucius… » murmure-je en regardant fixement mon géniteur.

Il est là, tranquillement adossé à un arbre et il regarde les gens paniquer, avec délectation.

« Il va foutre le feu à la station ! » s'écrie Harry, en m'entraînant à sa suite

Lucius ne peut pas nous voir venir grâce à notre Sort de Désillusion et nous courrons à perdre haleine, évitant habilement les habitants du quartier qui nous coupent de temps en temps le chemin. Mais c'est peine perdue… Nous sommes trop loin pour pouvoir l'arrêter me dis-je, en voyant Lucius lever doucement sa baguette…

Et, comme Harry l'avait deviné, il jette un Sort Incendiaire en direction de l'une des pompes…

Elle explose dans un bruit assourdissant et le souffle me jette à terre, derrière un muret, où je me recroqueville mains sur la tête dans un réflexe.

L'explosion est suivie de plusieurs puissantes déflagrations successives…

Bruits de verre brisé. Jets de pierres, de tuiles ou de briques. Hurlements de douleur. Chuintements et vrombissements de flammes. Tôles froissées. Carambolages en chaîne…

Tous ces bruits se mêlent et m'assourdissent tandis que je suis plaqué contre le muret. Je reçois quelque chose sur mon dos. Ce n'est pas une pierre, ni un morceau de bois.

Pourvu que ce ne soit pas un membre… me dis-je, le cœur au bord des lèvres, à la pensée que de pauvres gens ont dû être déchiquetés par toutes ces explosions ou fauchés par du verre brisés, des briques ou des tuiles…

Ou ensevelis sous les décombres de leur demeure…

« Harry ! Draco ! » entends-je crier dans mes écouteurs

Les voix de Ron, Charly, Bill, Neville, Elinor et Terry…

« Suis là. Vais bien. » réponds-je dans un souffle, tandis que Harry répond à peu près la même chose de son côté.

Ma main part à la recherche de ce qui m'est tombé sur le dos. Elle ramène quelque chose de mou. Un coussin à demi éventré. Mon souffle se relâche, soulagé et je relève la tête, à la recherche de mon frère cette fois…

Tout comme le mien, son Sort de Désillusion a dû lâcher quand nous avons été soufflés.

Mon regard balaye les environs, sans rien vouloir voir ou fixer jusqu'à ce qu'il accroche mon frère. Et mes oreilles sont fermées à tout ce qui n'est pas la voix de Harry… Il n'est pas très loin de moi, à demi enfoui sous un auvent qui s'est effondré sur lui. Je me lève rapidement et je vais l'aider à s'extirper de là-dessous…

« Putain d'enfoiré de Lucius ! » enrage Harry, en se relevant, le regard rivé vers la station service.

Et il se met à courir.

Lucius est toujours là, éclairé par les flammes qui dévorent les restes de la station service, comme si rien ne s'était produit, debout et adossé à son arbre dont le faîte a été arraché, au bord du cratère où se trouvaient autrefois les pompes …

Il doit avoir un sacré Bouclier de Magie Noire, pour avoir été épargné par le souffle des explosions !

Ce salopard contemple son œuvre, l'air réjoui et ça me fout la rage au ventre…

Je n'ai qu'un désir. L'attraper et lui faire payer tout le mal qu'il vient de faire à de pauvres gens sans défense…

« Désillusion, Harry ! Et nous pourrons l'avoir par surprise ! » murmure-je, en levant ma baguette vers moi, pour me jeter le Sortilège.

Mais c'est trop tard. Dans une multitude de « plop », des Aurors Transplanent non loin devant nous et Lucius s'échappe…

« Putain de bordel ! Pourquoi a-t-il fallu que vous débarquiez ici maintenant ! Nous l'aurions eu ! » s'exclame Harry, d'un ton rageur.

« De qui parlez-vous ? » demande l'un des Aurors

Il ne fait pas partie de l'Ordre et j'ignore s'il est dans la confidence, concernant Lucius.

« Du Mangemort qui a fait exploser la station service. Il s'est tiré à votre arrivée… » réponds-je donc rapidement en lieu et place de Harry…

« Désolé. Nous ne savions pas que le salaud responsable de toutes ces horreurs était là. Nous sommes venus à la rescousse de tous ces pauvres gens… » déclare l'Auror, en pointant du menton vers ce qu'il se passe derrière Harry et moi…

Dans un réflexe je me retourne… Et cette fois, je mesure l'ampleur du chaos…

Putain… Quelle horreur !

Plusieurs maisons et un immeuble se sont effondrés. Trois maisons, un autre immeuble et une allée d'arbres flambent dans un ronflement de flammes très hautes. De partout s'élèvent en concert les hurlements atroces de ceux qui sont en train de brûler vifs dans leur logement et des aboiements douloureux de chiens qui pleurent leur douleur…

Qui hurlent à la mort…

Une bonne douzaine de voitures ont explosé au milieu de la rue et elles se consument, incinérant les corps de malheureuses victimes prisonnières de leurs carcasses, dans une horrible odeur d'essence et de viande brûlée. Une autre a été soufflée et elle gît sur le côté, après avoir vraisemblablement effectué plusieurs tonneaux. Le conducteur, à demi éjecté par le pare-brise, est de toute évidence mort et on entend des pleurs d'enfants à l'intérieur du véhicule…

Et partout dans la rue et sur les pelouses, au milieu les décombres de toutes sortes et le verre brisé, il y a des voitures renversées, des corps atrocement mutilés dont certains remuent faiblement ou gémissent…

Une femme serre contre son cœur son petit garçon blessé en appelant au secours. Une autre hurle en secouant son mari, l'exhortant à lui dire quelque chose… Mais il ne parlera plus jamais… Un homme à demi couché sur le sol, cherche en criant son pied dans le fatras d'une poubelle renversée sur le trottoir, tandis que son moignon ruissèle de sang malgré le pansement sommaire qu'un vieux type lui a fait avec sa veste de pyjama…

Et là, non loin de nous, une petite fille pleure, blottie contre le corps sans vie de sa mère qui repose non loin d'un bras dont la main est crispée sur la poignée d'un porte-voix…

Il y a des dizaines et des dizaines de victimes…

Et parmi les corps morts, les blessés, les estropiés, les membres amputés et les décombres, il y a des restes de sapin décorés, des guirlandes scintillantes, des cadeaux de Noël encore emballés à demi éventrés….

Et des hommes, des femmes, jeunes et vieux, des adolescents, des enfants, qui déambulent, l'air hagard ou sanglotant.

Nombreux parmi eux dégoulinent de sang, sans même sembler se rendre compte qu'ils sont blessés. Ce qui leur importe, c'est de retrouver leur conjoint, un fils, une fille, un père ou une mère…

C'est horrible et la bile remonte à toute vitesse vers ma gorge… Mais je la ravale. Ce n'est pas le moment de vomir. C'est le moment d'agir…

« Il faut évacuer toutes les personnes encore en vie ! Tout de suite ! Les Souffles du Dragon qui ont été posés dans le coin ne vont pas tarder à se déclencher ! » murmure Harry, en se précipitant vers une femme pour l'aider à se relever…

Et comme pour lui donner raison, une immense langue de feu s'élève depuis une maison située à une cinquantaine de mètres de nous, balayant les environs à la recherche de nourriture…

Trois nouvelles maisons, des arbres et des voitures s'embrasent à son passage, sous la pluie qui redouble de violence…

« Harry, Draco, laissez faire les Aurors ! Il faut détecter les Maléfices ! Plus vite ce sera fait, plus vite nous pourrons maîtriser cette merde ! » claque la voix de Bill

Et nous nous empressons de lui obéir.

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...Votre Avis m'intéresse vivement...

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