Disclaimer: cf chapitre 1

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Merci à Mistycal, ma bêta

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Réponses aux review anonymes sur mon forum : Marina - Douceurfamille

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Un Noël D'Enfer 4/4

Acte 4 : Enfer

Bill

Ça ne va pas être de la tarte de neutraliser les deux Souffles du Dragon qui se trouvent dans le coin et dont nous devons nous occuper maintenant. Il y en a un qui a été jeté à hauteur du troisième étage et pour le badigeonner de Potion, ça va être coton. Surtout que l'immeuble à côté est en feu… et que la route devant est effondrée sept ou huit mètres plus bas, sur au moins cinq de largeur…

L'autre immeuble est également déjà cerné de flammes. Et m'est avis que celui-là, on n'aura pas le temps de s'en occuper avant que le Maléfice se déclenche…

Bordel ! Faut pourtant qu'on tente le coup !

Je divise nos forces. De la manière la plus équitable possible. Et j'envoie Terry, Elinor et Marsha, avec Neville, Phillipa, Hugh, Viktor et Eddy en soutien, prendre en main le premier Maléfice qu'il nous faut neutraliser, me réservant l'immeuble cerné de flammes…

C'est le plus dangereux et j'aime autant avoir deux Briseurs expérimentés avec moi. J'embarque donc Mark et Oliver.

Je charge Magnus, Cameron, Greg et Vincent de contenir le plus possible les flammes à l'intérieur du bâtiment. Charly les guide, donnant ses instructions d'une voix forte et claire. De notre côté, Mark, Oliver et moi nous approchons avec précaution du point d'impact du Maléfice. Mark et moi pesons de toutes nos forces sur le Sortilège qui doit empêcher le mur de nous sauter à la gueule en cas d'explosion.

« C'est bon ! Vas-y, applique la Potion Oliver ! » m'exclame-je, quand nous avons bien assuré nos points d'appui.

Oliver se magne vers sa cible. Il badigeonne largement le point d'impact, d'une main experte et sûre et revient en courant vers nous. Nous reculons avec précaution, jusqu'à la ligne de démarcation que j'ai dessinée sur le sol…

Passé cette ligne, nous sommes à peu près à l'abri. Il suffira d'un bon bouclier pour assurer notre sécurité.

Je jette un œil du côté de l'autre équipe. Neville a fait Léviter Elinor jusqu'au point d'impact, tandis que Viktor, Phillipa, Eddy, Hugh, Terry et Marsha assurent les Boucliers et Pares-Feu. Avec Marsha aux commandes, je suis en confiance. C'est une bonne Briseuse, très compétente et expérimentée.

Et elle ne nous fera pas d'entourloupe, j'en suis sûr et certain…

Elinor redescend doucement et se pose enfin sur le sol. Tout le monde recule et c'est Marsha qui se met en position pour neutraliser le Souffle du Dragon. Terry se tient à ses côtés pour assurer le coup en cas d'échec …

L'éclair du Contre-Maléfice fuse. Un poil trop à gauche. Il a dû être dévié par la brusque bourrasque de vent qui vient de balayer la place. Terry frappe à son tour… En plein dans le mile et le sifflement caractéristique chuinte. Rageur…

L'équipe n'attend pas pour partir et se préparer à neutraliser leur prochaine cible. Que nous réussissions ou non à contrer notre Souffle du Dragon avant qu'il se déclenche n'a pas d'importance. Dans les deux cas, nous devrons supprimer les suivants…

En attendant, c'est à nous…

De nombreuses flammes lèchent la façade de l'immeuble avec gourmandise. Il faut faire vite. D'autant que la pluie tombe de nouveau raide. La vapeur qui commence à former un beau nuage au-dessus de notre tête risque de s'enflammer d'une minute à l'autre…

Oliver est en place. Il lève sa baguette et jette son Contre-Maléfice qui fuse droit vers le point d'impact. Il s'écrase dessus, mais pour une raison que j'ignore, ça foire et au même moment, une immense langue de feu balaye le coin. Nous nous jetons à terre pour tâcher d'échapper à sa morsure. Elle passe très bas au-dessus de nous et je sens sa chaleur caresser mes fesses…

Putain ! Si c'est ça l'enfer, j'espère bien ne pas y passer mon éternité ! Parce que c'est terriblement chaud et cuisant !

Heureusement que j'ai une cuirasse en peau de Dragon me dis-je, soulagé, avant de réaliser avec horreur que ce n'est pas le cas pour les jeunes qui nous ont rejoint…

J'entends un cri à l'instant même où je pense ça et je relève la tête…

Putain ! Greg est debout, au milieu des flammes ! Il titube et je le vois tomber en avant. La langue reflue, pour aller goûter ce qu'il y a derrière elle. Elle enflamme cinq immeubles en passant. Mais je m'en fous. Je me précipite vers Greg, baguette prête à cracher de l'eau…

Mais ça sert à rien. Greg ne flambe pas, comme je le pensais Mais il est quand même tombé de tout son poids sur Oliver, qui cherche à le basculer de côté.

Et soudain, je vois le poing de Greg se lever puis s'abaisser sur le nez d'Oliver. Et au craquement qui suit, il n'y a pas de doute. Le nez du Briseur de Sort est cassé…

« Greg ! Arrête ! » m'écrie-je, en le voyant lever une nouvelle fois son poing vers Oliver qui se débat rageusement

Mais le poing s'écrase sur le menton cette fois, faisant claquer les mâchoires l'une contre l'autre avec force.

« Merde, Greg ! Quand j'ai entendu crier, j'ai cru que tu flambais ! » s'exclame Charly, tandis que Greg se relève d'un bond …

« Gèle-Flamme. Blaise nous a tous protégés quand on a vu ce qu'il se passait par ici. Il est champion, son Gèle-Flamme. C'est pas moi qui criais, c'est lui qui l'a fait quand il a compris que j'étais après lui » répond Greg en haussant les épaules, tandis que j'aide Oliver à se remettre sur pied à son tour

Son nez pisse le sang et il est à moitié KO…

« Ok, pourquoi étais-tu après lui et l'as-tu frappé ? » m'enquiers-je, en désignant Oliver du menton…

« Parce qu'il cherchait à se cavaler après avoir accompli son forfait… » déclare Greg, avec un regard noir pour mon équipier…

« De quoi parles-tu ? » interroge alors Mark, l'air de se demander si Greg n'est pas un peu frappadingue…

« Son Contre-Maléfice a foiré parce qu'il a pas utilisé la bonne Potion. Je l'ai vu. Celle qu'il a utilisée est vert pomme, quand celle que Bill a donnée à Elinor qui en manquait était vert laitue… La différence n'est pas grande, mais j'ai l'œil… Sur le moment je me suis dit que ça devait pas faire grande différence. Mais quand le Contre-Maléfice a foiré, j'ai compris que ce n'était pas un hasard… » affirme Greg, tandis qu'à mes côtés, Oliver semble un peu nerveux soudainement…

« N'imborde quoi ! » se défend-il, parlant du nez, en sortant son flacon de Potion de sa poche de droite…

Elle a la bonne couleur. Et je suis en train de penser que Greg s'est fourvoyé, quand, d'un geste vif, Vincent faufile sa main dans la poche gauche du blouson d'Oliver et en extirpe un autre flacon…

Presque la même couleur de Potion… Mais pas tout à fait la même quand on y regarde de près…

Et cette Potion là n'a pas seulement fait foirer le Contre-Maléfice…

Elle l'a renforcé…

« Putain d'enfoiré ! Tu fais partie de ceux qui ont posé les Maléfices, hein ! Toi et Jennifer, vous êtes complices de Lucius ! Je savais bien qu'il ne pouvait pas avoir posé tous ces Souffles du Dragon tout seul ! Il y en a bien trop ! Combien de Maléfices n'avez-vous pas marqués sur la carte, toi et l'autre putasse ? » explose-je, en le secouant comme un prunier…

Je dois avoir l'air très, très, très mauvais, car Oliver se liquéfie… Je crois même qu'il se chie dessus…

« Aucun ! ze le zure ! On édait douzours abeg des Aurors. On n'a bas bu en dizimuler ! Z'en ai chuzde inderverdi deux zur la carde ! » s'écrie-t-il, la voix tremblante, son nez enflé comme une patate pissant toujours le sang…

Il a aussi deux dents cassées sur le devant, qui le font aussi zézailler… Greg ne l'a vraiment pas loupé…

« Lesquels ! » tonne-je, les cheveux hérissés sur la tête et au bord de lui casser le nez une seconde fois…

C'est sûr, nous sommes dans la panade… Mes cheveux me le disent… Nous ne sommes pas au bout de nos emmerdes…

« Zeux de la gare et de l'égole badernelle ! La gare z'est le zuibant ! » répond-il, en s'effondrant à mes pieds quand je le lâche…

Putain ! Les autres sont partis à l'école maternelle ! Ils doivent être tout près de neutraliser le Souffle du Dragon, s'ils ne l'ont pas déjà fait ! Et si c'est fait, l'ordre est rompu et nous ne pourrons plus contrer ces saloperies !

Et avant ce soir, Little Whinging sera rayée de la carte de l'Angleterre…

« Nous avons entendu, Bill. Et nous avons stoppé la manœuvre à temps… » entends-je soudainement Neville déclarer d'une voix ferme dans mes écouteurs…

Et putain ça me soulage…

Mais mon soulagement est de courte de durée, quand j'entends autre chose qui me fait frémir d'horreur dans mes écouteurs…

A mes côtés, Charly est aussi pâle que moi…

Papa…

Non….

Pas ça, non !

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Ron

Crabbe et Goyle sont des coriaces. Le Mangemort contre lequel Maman se bat également. Heureusement que Harry est arrivé à la rescousse, où elle se faisait avoir… Ce qui m'emmerde, c'est que de ce fait, Papa se retrouve seul contre Lucius…

Quoiqu'il se démerde plutôt bien, Papa.

Tonks et Remus sont sacrément occupés à contenir l'incendie qui ne demande qu'à gagner dans la partie où nous sommes… Lucius a dû poser un autre de ses Maléfices, car le Souffle du Dragon a déjà exhalé une fois, sans rien trouver de neuf à se mettre sous la dent grâce à eux. Mais il va revenir, c'est sûr, tant qu'il n'aura pas satisfait son féroce appétit.

De plus en plus vigoureux et violent…

Attaque, contre-attaque… Ça fuse à tout va…

Je suis content que Greg et Vincent ne soient pas avec nous…

Ça fait chier de combattre leurs pères ! Surtout que je sais qu'ils ont les Bracelets d'Esclavage et que s'ils avaient eu vraiment le choix, ils ne seraient peut-être pas en face de moi mais à mes côtés…

« Nous n'allons plus pouvoir contenir le Souffle du Dragon longtemps ! » s'écrie Remus, en serrant les dents.

D'un coup d'œil, je le vois tenir sa baguette à deux mains. Il sue à grosses gouttes et tous ses muscles sont tendus dans la force qu'il développe pour maintenir son Pare-Feu… Tonks est déjà à genou et sa baguette tremble de plus en plus, entre ses deux mains jointes dans l'effort.

Ce n'est pas étonnant. Ils contiennent une énorme boule de feu, prête à exploser leur Bouclier. On dirait qu'elle est vivante… Elle rugit littéralement, en s'enroulant furieusement sur elle-même, grossissant à vue d'œil…

Ce n'est vraiment pas réjouissant à voir…

En revanche, je suis satisfait de constater que Théo s'est joué de sa cible et qu'il emmène Draco plus bas dans la rue. Un coup d'œil suffit pour constater que mon beau-frère est loin d'être au mieux de sa forme…

Soudainement, un Maléfice fuse en direction de Remus. Dans un réflexe, je le dévie avec le Sort que je destinais à Crabbe, tout en jetant un œil vers l'assaillant de Remus…

C'est cette salope de Jennifer…

Et je me retrouve avec deux adversaires maintenant… Elle et Crabbe…

Putain ! Je ne suis pas à la fête !

Cependant, Jennifer n'est pas une excellente duelliste et je me défais assez facilement de cette garce. Elle roule dans le caniveau, complètement sonné pour un petit bout de temps j'espère !

Mais Crabbe, c'est autre chose… Il peut sembler pataud à première vue, mais ses Maléfices sont puissants. Très contrôlés. Et j'ai du mal à trouver une ouverture…

Oh merde ! Papa vient de se prendre un gadin !

« Tu es un homme mort, Arthur Weasley ! » s'exclame Lucius, d'un ton triomphant, tandis que j'envoie toute ma puissance désespérée dans le Sort que je jette sur Crabbe.

J'ai de la chance. Mon Stupéfix trouve une brèche dans la défense de Crabbe, qui s'effondre contre un mur, à demi assommé tandis que Lucius jette un Avada qui bondit droit vers Papa…

Putain non ! pense-je, bondissant en avant moi aussi…

Mais Papa et Maman ont réagi au quart de tour. Papa contre le Maléfice qui va se perdre quelque part dans le ciel, tandis que Maman jette un Expulsio si puissant et rapide, que Lucius n'arrive pas à l'esquiver, ni le contrer…

Maman en rage, c'est du surpuissant et il valdingue à au moins cinquante mètres…

Pas loin de Draco et Théo qui lèvent tous les deux leur baguette dans sa direction…

Lucius est fait !

« Bien joué M'mam ! » m'exclame-je, ravie

« A terre ! » hurle au même instant Remus

Je me retourne dans un réflexe. La boule de feu, deux fois plus énorme que tout à l'heure semble refluer. Mais il est clair qu'elle n'a qu'une envie : revenir en force dans notre direction et balayer toute la rue de son souffle rageur…

Et pour revenir, elle revient… Au triple galop...

« Par les couilles de Satan, ça va être l'enfer ! Cette saloperie va tout griller sur son passage ! » murmure-je en me jetant au sol en même temps que Tonks et Remus.

La boule de feu percute leur Bouclier Pare-feu qui cède dans un craquement et c'est un puissant déferlement de flammes qui passe au-dessus de ma tête…

Putain ! Cette langue de feu est gigantesque ! Son souffle ronflant de rage m'envoie rouler dans le caniveau, le nez dans la flotte. Je bloque ma respiration, pour ne pas me noyer, incapable de redresser la tête sous la force du Souffle du Dragon… Je crois que toutes les vitres et vitrines de la rue explosent car le verre me tombe dessus en pluie piquante et drue…

Et des toits ont été soufflés également car des tuiles dégringolent un peu plus loin… Y a pas que ça, sûrement, ça pète dans tous les coins…

Enfin, il y a deux dernières explosions qui secouent tout le quartier et ça se calme…

Je relève le nez de la flotte, mon regard partant à la recherche des autres…

Papa, Maman et Harry sortent de dessous le porche ouvert sur une cour dans laquelle ils s'étaient jetés. Remus aide Tonks à se relever. Ils sont indemnes. En revanche, Blaise titube et tombe à genou. Il a l'air d'être blessé dans le dos…

Je laisse Maman et Papa se précipiter vers lui et tout comme Harry, je regarde derrière, à la recherche de Draco et Théo…

Il y a au moins vingt nouvelles bâtisses en proie des flammes de chaque côté de la rue.

Mais aucune trace de mes deux potes…

Ni de leur prisonnier…

Ni de Lucius…

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Harry

Putain ce n'est pas possible !

Merlin, dîtes-moi que Lucius n'a pas emmené Draco et Théo !

Il n'y a plus trace non plus du Mangemort que mes deux frères gardaient…

Crabbe, Goyle et Jennifer ont également profité de l'occasion pour se faire la belle…

« Draco ! Théo ! Où êtes-vous ! » m'exclame-je, la voix étranglée par une trouille monstrueuse qui me tord complètement la tuyauterie…

Au même moment, une nouvelle explosion secoue la rue et me crève les tympans…

Des pans de mur entiers volent, non loin de là où Draco et Théo se tenaient tout à l'heure.

Putain… Si toutes les cuves de fioul du quartier explosent, nous avons intérêt à foutre le camp d'ici fissa, sinon, cuirasse en peau de Dragon ou pas, ça va chauffer dur pour nos fesses…

« Théo, Draco ! Répondez nom de Merlin ! » s'exclame Ron, d'une voix blanche et tendue…

« Ici ! » entendons-nous enfin répondre Draco, à notre grand soulagement…

« Où ici ! » m'écrie-je, en scrutant la rue où l'ombre et la lumière se disputent au gré des flammes…

« Dans la ruelle ! On arrive ! » répond Théo, d'une voix très décontractée…

Ça c'est la meilleure du jour ! Nous nous faisons un sang d'encre et lui, il est tout guilleret ma parole !

Ron et moi avançons, regardant de chaque côté pour repérer cette ruelle dont a parlé Théo… Et je la vois, cinquante pas environ plus loin. C'est un passage étroit dans lequel on ne peut avancer qu'en file indienne. Elle n'est que faiblement éclairée par une baguette…

Mais je peux nettement voir un encagoulé avancer droit vers nous et je pointe aussitôt ma baguette vers lui. Et il lève les bras aussitôt, pour me montrer qu'il n'est pas armé…

« Eh ! Pas de blague ! Ou je te dégomme, sale type ! » s'exclame la voix de Théo…

Elle vient de derrière le Mangemort prisonnier…

« Vous auriez pu nous prévenir que vous alliez promener le chien méchant ! » s'exclame Ron, avant de glousser de soulagement

« Désolé… Mais il s'est cavalé quand Remus a crié « à terre » et nous lui avons couru après… Et passé la laisse une seconde fois au vilain toutou ! » déclare Théo, avec un grand sourire triomphant…

« Tu l'as eu. Moi, je n'ai fait qu'éclairer le chemin… » précise Draco, en claquant l'épaule de Théo, l'air réjoui.

« Bah si t'avais pas éclairé, je n'aurais pas pu l'avoir. C'est un travail d'équipe… » assure Théo, en se rengorgeant quelque peu cependant…

Voilà qui va lui remonter le moral. J'en suis content pour lui, car il en avait bien besoin après ses mésaventures de lundi dernier…

Nous remontons vers les autres. Blaise a l'air un chouia mieux que tout à l'heure, mais ce n'est pas la forme, c'est sûr…

« Qui est-ce ? » demande-t-il, en plissant les yeux vers le prisonnier.

« Sais pas. On voulait le découvrir en même temps que vous. » répond Théo, en empoignant le masque du Mangemort, pour l'enlever…

« Amycus Carrow ! Une belle prise, Théo. Que nous allons ramener immédiatement à Kingsley. » déclare Arthur, en ficelant Carrow d'un Incarcerem bien serré…

« On sait où il est ? » m'enquiers-je, en me demandant comment nous pourrons le rejoindre.

« Au complexe sportif. Une tente a été dressée en urgence par les Aurors pour établir leur quartier général provisoire, sur le terrain de football… Le centre du terrain est spécialement aménagé pour que les sorciers puissent aller et venir en toute discrétion… » répond Arthur qui a l'air très au fait de l'organisation mise en place par King

« Ok… Je sais où c'est. Je fais un Portoloin. On va tous là-bas… » dis-je, en me baissant pour attraper un morceau de tuyau qui traîne à terre.

Moi qui déteste les Portoloins, je suis servi aujourd'hui ! Deux transports en moins de trois heures…

« Centre ville assaini ! Les pompiers vont pouvoir venir éteindre les incendies dans le coin ! Avant de partir, attendez Greg ! Il vous rejoint avec son prisonnier ! » entends-je au même moment Bill annoncer…

Ça, c'est de la bonne nouvelle !

« Parfait ! Tu as besoin d'aide pour le reste ? » s'enquiert Draco, tandis que je jette le Portus sur le bout de tuyau.

« Non, merci ! Ça va aller ! Vous en avez assez fait comme ça, Harry, Ron et toi ! Et maintenant que nous n'avons plus de saboteurs dans nos rangs, nous devrions finir rapidement le reste ! Nous nous retrouverons tous au complexe pour rentrer ensemble ! D'ici une demi-heure je pense !» répond Bill, un poil avant que le Portoloin nous emmène.

A peine sommes-nous arrivés, que deux Aurors nous accueillent et emmènent notre prisonnier et celui de Greg. Dommage que nous n'ayons pas pu leur livrer Lucius, pense-je, en déambulant dans le campement improvisé sur le terrain de football, avec Ron, Draco, Greg et Théo, tandis que Remus et Tonks vont rejoindre le professeur Dumbledore, Kingsley et Maugrey dans la tente des Aurors…

Il y a du peuple dans le coin. Toute la ville est rassemblée ici et les gradins sont noirs de monde. Je parie que c'est la même chose dans la salle couverte, à la piscine et sur le terrain de tennis…

Je crois que plus personne ne reprochera au maire d'avoir eu des idées de grandeurs en faisant bâtir un complexe Olympique…

La plupart des gens sont en pyjama et chemise de nuit, sous des manteaux, des robes de chambre et des couvertures jetées sur leurs épaules. De nombreux stands ont été dressés et on distribue des boissons chaudes, des sandwichs.

Nous entendons des sirènes de pompiers qui s'éloignent vers le centre ville. Pas mal d'autres camions sont en attente de partir à leur tour. On dirait que toutes les casernes de toutes les villes du coin ont été appelées en renfort…

Il me semble même voir l'armée, là bas, un peu plus loin…

Je prends le gobelet de thé, qu'une femme tend à mon passage près de son stand et, machinalement, je me tourne vers la ville, comme toutes celles et ceux qui sont autour de moi…

Vu d'ici, ce n'est pas aussi impressionnant que lorsqu'on est à l'intérieur, mais quand même. Il ne fait pas encore jour et le ciel est d'un beau rouge sang flamboyant. Une épaisse fumée noire se dégage dans le ciel toujours très plombé.

« Quand je pense à ces hommes courageux qui colmatent les fuites de gaz pour que les Pompiers puissent ensuite faire leur travail en toute sécurité, j'en ai le frisson ! Ce doit être l'enfer pour eux ! J'espère qu'aucun n'a été touché par les dernières explosions que nous avons entendues ! » s'exclame soudainement une jeune femme, juste à côté de moi…

On dirait que la rumeur des fuites de gaz lancée par Kingsley pour expliquer la virulence de l'incendie de Privet Drive est acquise comme fait établi par les habitants de la ville…

« Ouais, c'est des héros ces mecs ! » renchérit un adolescent, son fils semble-t-il, l'air presque envieux…

« J'ai entendu dire qu'il y avait aussi des femmes parmi eux ! » ajoute une quarantenaire, d'une voix forte…

Je parie pour une militante féministe…

« Il paraît qu'ils sont tous très jeunes. Leurs familles doit se faire un sang d'encre pour eux ! » s'exclame une autre femme, en frissonnant violemment

Ouais… Au point qu'une certaine famille et des amis ont débarqué pour leur apporter leur aide me dis-je, en me demandant soudainement comment ils ont pu savoir que celle-ci serait plus que bienvenue…

Nos micros ne sont pas réglés sur la fréquence de la Base…

« Pas toutes les familles… Lucius doit espérer que je ne m'en sois pas si bien sorti. Il doit même enrager que nous lui ayons échappé ! » me glisse à l'oreille Draco, avec un sourire en coin…

« Ouais… Mais lui c'est un sale enfoiré… » commente Ron, en m'attrapant par la main, pour m'emmener plus loin.

Nous allons rejoindre Arthur, Molly et Blaise, qui sortent du complexe sportif couvert, où ils se sont rendus pour aller aux toilettes.

« Comment ça va Blaise ? » m'enquiers-je, en examinant son visage pâlichon…

« Mieux maintenant que Tante Molly m'a enlevé toutes ces saletés de morceaux de verres qui me grêlaient le dos, les bras et les jambes… » répond-il, en me piquant mon reste de thé.

« Te gène pas. Je n'en voulais plus… » fais-je remarquer avec un sourire, avant d'ajouter : « Et si vous nous disiez comment vous avez su que nous avions besoin d'aide et où nous trouver ? »

« Plumki… » répond laconiquement Théo le regard las, maintenant que l'excitation de l'action nous a quittés.

Oh ! Plumki ! Ça explique tout ou presque, me dis-je.

Et cela me suffit pour l'instant. Il sera bien temps pour de plus amples explications plus tard…

« Vous croyez que les autres vont bientôt revenir ? J'ai hâte de rentrer maintenant que ça se termine ici… » déclare Draco, la voix un peu voilée…

« Oui. Moi aussi. Il me tarde de savoir comment va Hermione… » renchérit Ron, en regardant dans le vague…

A moi aussi, il me tarde de savoir comment va ma petite sœur de cœur. Mais Bill a demandé que nous les attendions et il me semble juste de le faire. Nous sommes partis ensemble, nous rentrerons ensemble…

« Les voilà… » souffle Théo, en désignant un groupe qui se dirige vers nous…

Nous les regardons venir, contents de constater que tout le monde est entier, même si chacun porte des traces des incendies. Ils sont presque arrivés à notre hauteur, quand un petit miaulement se fait entendre derrière nous. Ron se retourne et presque aussitôt, il fait quelques pas, puis s'accroupit, pour ramasser une petite boule de poil…

« Qu'est-ce que tu fais là, toi ? » demande-t-il d'une voix douce en caressant un chaton tout gris avec la pointe des oreilles et de la queue noire…

« Félix ! » s'exclame au même moment, la voix d'une petite fille…

Un frisson me remonte l'échine et Ron relève brusquement la tête vers la fillette en robe de chambre bleue et pantoufles roses qui arrive en courant vers nous. Il ne la quitte pas des yeux, serrant doucement le chaton entre ses grandes et fortes mains.

Je m'approche de lui et pose la mienne sur son épaule, au moment où la gamine s'arrête devant lui…

« Félix ! Vilain chaton ! Tu t'es encore sauvé ! » s'exclame-t-elle, en se tortillant un peu, les mains dans le dos…

Visiblement, elle a envie de reprendre son chaton mais n'ose pas le faire.

Je sens quelqu'un venir derrière moi et je jette un œil par-dessus mon épaule… Arthur, Molly, Bill et Charly se sont approchés de nous. Ils fixent tous la petite fille, les larmes aux yeux…

Et ma gorge déjà nouée se resserre encore à me faire mal…

A l'entente du nom du chat, ils ont deviné que c'est pour sauver cette fillette, que Percy a donné sa vie.

« Tu devrais bien le surveiller, tu sais. » dit doucement Ron, la voix tremblante…

« Je le fais ! Je promets que je le fais ! Mais il se sauve toujours quand je suis occupée à manger ou me laver ! » répond la fillette, d'une voix malheureuse, ses yeux bleus suppliant Ron de la croire…

« Vraiment ? C'est un petit aventurier fugueur alors… Je vais lui parler et il ne le fera plus. » déclare Ron, de la même voix douce, avant de lever le chaton devant ses yeux pour s'adresser à lui : « Je sais que tu es curieux de découvrir le monde, mais tu es trop jeune pour le parcourir seul déjà. Car vois-tu, si le monde est très beau, il est aussi empli de bien trop grands dangers pour un aussi petit et fragile chaton… »

Le chat le regarde et miaule aigrement, comme pour protester.

« Oui, je sais. Mais tu grandiras très vite, je t'assure. Tu auras alors bien le temps d'explorer tout ce que tu veux. En attendant, reste avec ta jeune maîtresse. Elle serait trop triste, s'il t'arrivait malheur. Et tu ne veux pas qu'elle soit triste n'est-ce pas ? Car elle est gentille avec toi et qu'elle veille sur toi avec beaucoup d'amour, hein ? » dit encore Ron, avec infiniment de sérieux.

Et le chat regarde vers la fillette puis vers Ron et miaule encore…

Ron et lui se parlent vraiment, me dis-je. C'est comme si le Grizzly pouvait se faire comprendre du chaton…

« Tu as compris je vois. C'est bien. Tu es un bon chaton, Félix. » déclare Ron, avec un sourire triste, avant de tendre le petit animal à la fillette.

Elle le prend délicatement, avec un grand sourire, avant d'embrasser spontanément la joue de Ron pour le remercier. Molly me contourne soudainement et emmitoufle vivement la fillette qui tremble de froid dans son grand châle de laine mauve, nouant les pans dans son dos pour qu'il ne s'échappe pas de ses épaules. La petite lui offre également un grand sourire, la remerciant avec chaleur et Molly dépose un rapide baiser sur son front avant de se retirer derrière moi…

Et je l'entends sangloter doucement…

« Sherry ! N'embête pas ces personnes ! » s'exclame au même moment la maman de la gamine, en courant vers nous

« Je ne les embête pas ! C'est Félix qui s'est encore sauvé et le Monsieur l'a rattrapé ! Il lui a parlé pour qu'il ne se sauve plus ! » répond la fillette, avec un regard de reconnaissance pour Ron, toujours accroupi à sa hauteur…

« Je vous remercie, jeune homme… » dit la maman de Sherry, avant de tendre une main à Ron

Ron se relève et prend la main de la jeune femme pour la serrer doucement. Elle lui sourit, accrochant son regard clair et franc à celui infiniment triste de Ron, avant de poser sa main sur la nuque de sa petite fille.

« Rentrons, Sherry. Ton père va être inquiet » dit-elle, sur un signe de tête d'au revoir.

Sherry fait un signe de la main à Ron et toutes deux s'éloignent, rejoignant bientôt un homme grand et élancé près de la porte du complexe dont il vient de sortir.

« Ce sont les Craven. Ils sont très gentils. » dis-je tout simplement, en serrant discrètement la main de Ron.

« J'en suis sûr. Percy a bien fait les choses… » souffle-t-il, avant de se détourner du couple et de leur enfant pour laisser ses larmes couler…

Il n'est pas le seul à pleurer. Tous les Weasley pleurent.

J'accroche du regard Elinor. Elle est très pâle, regardant dans le vague, pensant sûrement à ses parents et sa grand-mère, décédés il y a peu eux aussi. Et je ne doute pas qu'à la rentrée, le nom de Percy sera brodé sur la manche de sa robe, avec celui des autres victimes de lundi…

Nous approchons de l'aire aménagée au centre du Terrain de foot, d'où nous avons l'intention de Transplaner pour le QG, quand nous voyons le Chef King sortir en courant de la tente des Aurors. Il est suivi de Maugrey, Tonks, Remus, le professeur Dumbledore et Ambrosius Pygott…

« Gil Travers vient de me transmettre du QG que Lucius se prépare à attaquer chez moi ! Arthur, Bill, Charly, Viktor, j'ai besoin de vous ! Il faut tâcher d'évacuer tout le monde de la maison avant que les Mangemorts arrivent ! Molly, préparez leur arrivée au Square s'il vous plait ! » s'exclame King, en brandissant son biper…

« Putain de Noël d'enfer ! J'ai hâte qu'il soit fini ! » murmure Ron, tandis que son père et ses deux frères aînés se ruent à la suite du groupe de secours…

« Ouais, moi aussi. Allez, rentrons à la maison, auprès d'Hermione. » souffle-je, en marchant résolument vers l'aire de Transplanage…

Et en priant Merlin que les autres nous reviennent bientôt, sains et saufs…

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Acte 5 : Dernière Chance

Blaise

A peine avons-nous passé la porte d'entrée du QG, Tante Molly se rue vers la cuisine et j'entends une cavalcade dans l'escalier. Soudainement quelque chose bondit par-dessus la rampe et me tombe dessus…

Dans un réflexe, je referme mes bras autour d'elle, juste à temps pour éviter une lourde chute à Miho…

« Blaise ! J'ai eu trop trop peur quand les voitures et les motos tombaient autour de vous ! Et quand le feu a explosé le Bouclier ! J'avais trop peur que tu sois blessé et les autres aussi ! Et puis quand Lucius a jeté le Maléfice de Mort à Tonton Arthur ! C'était horrible ! » s'exclame Miho, ses grands yeux bruns en amande pleins de larmes

Elle a crié un peu fort et réveillé Walburga qui nous arrose aussitôt de copieuses injures. Mais je n'en ai cure…

« Tu as vu ça… » souffle-je, contrarié que Miho ait eu à assister à un tel spectacle, tandis que Ron referme le rideau sur Walburga, non sans lui claquer quelques belles insultes au passage, lui aussi…

« Oui… Plumki ne voulait pas que je vois mais il arrivait pas à l'empêcher ! Il avait trop peur lui aussi ! » s'exclame-t-elle encore, en se blottissant dans mon cou.

« Draco ! » s'écrie au même moment Tante Narcissa, qui vient d'arriver au pied de l'escalier…

« Vermine ! Traître à leur sang ! Honte de la famille ! Vous pourrirez en enfer ! » crie derechef Walburga de son ton aigre et acide

« On en revient de l'enfer, vieille peau ! » crache Ron, en refermant de nouveau le rideau d'un coup sec…

« Ça va maman… Comment va Hermione ? » répond doucement Draco, tandis que sa mère le serre dans ses bras

« Son cœur et sa respiration recommencent à s'emballer progressivement depuis quelques minutes… » annonce Richard, qui vient lui aussi d'arriver dans le hall

« Allons-y ! » décide aussitôt Harry qui a brusquement blêmi, en s'empressant vers l'escalier, comme chacun de nous.

Mais Richard arrête Harry en l'attrapant par le bras, d'une poigne ferme…

« Non. Aucun de vous ne mettra un pied dans sa chambre avant d'avoir pris une collation et une douche. Et c'est un ordre du Médicomage ! » ordonne Richard, d'un ton sans appel.

« Mais… » proteste Ron, en avançant d'un pas.

« Il n'y a pas de mais ! Vous ne passerez pas ! Faites ce que Richard vous a dit ! » réplique Tante Augusta, bras croisés sur la poitrine et fermement campée sur la première marche de l'escalier

Avec un air plus terrible que celui du Cerbère des Enfers…

Et d'une voix si forte, que Walburga se met de nouveau à vociférer

« Fille de Satan ! Démons ! Vous grillerez tous dans les flammes de l'enfer ! » hurle-t-elle de toute la force des poumons

« Putain ! C'est toi qui va griller ! J'en ai ma claque de t'entendre toujours répéter la même ritournelle ! » s'énerve Ron, en tirant brusquement sa baguette et jetant un Sort sur la toile…

Je ne sais pas ce qu'il a utilisé comme Sortilège, Ron a été trop rapide, mais il frappe en plein centre du tableau et y laisse un beau trou, juste à l'endroit où se tenait Walburga…

« Sale petit vandale ! Délinquant ! Meurtrier ! » s'exclame Walburga, en sortant à peine la tête de derrière son fauteuil, là où elle s'est réfugiée en voyant Ron pointer sa baguette vers elle…

Ron s'approche de la croûte, l'air rageur…

« On dirait bien que j'ai trouvé comment nous débarrasser définitivement de ton indésirable portrait, Walburga Black ! » susurre-il, avec un sourire en coin et l'œil plissé, en levant sa baguette…

« Ne faites pas ça ! Je n'ai pas d'autre portrait où me réfugier ! Si vous détruisez celui-ci je disparaîtrais pour toujours… » se lamente Walburga, l'air suppliante et d'une toute petite voix…

Ron fait mine de réfléchir, sans quitter Walburga de ses yeux plissés

« D'accord. Je te laisse une dernière chance. Mais plus d'insulte, ni remarque désobligeante ou je te ferme définitivement ton clapet, la mégère ! » accorde-t-il, d'un ton menaçant…

« C'est promis… » assure Walburga, avec forces hochements de tête…

Et Ron referme le rideau, pour la troisième fois, avant de se tourner vers nous l'air triomphant.

« Une bonne chose de faite ! » se réjouit-il, avant d'amorcer un pas vers l'escalier…

Mais il se heurte à Tante Augusta…

« Ne crois pas, jeune homme, que cette diversion m'ait fait oublier les ordres de Richard. Ni que tu pourras m'impressionner et encore moins me mater comme tu viens de le faire avec Walburga ! » s'exclame-t-elle, écrasant Ron de son regard, bien qu'elle ait presque deux têtes de moins que lui

« Ben j'aurais au moins essayé… » soupire Ron, avant de battre en retraite vers la cuisine où nous le suivons tous.

Tante Molly a fait reculer un peu la table par Roi Dobby, pour laisser un bel espace libre devant la cheminée et lui a demandé de nous préparer vite fait une collation, du thé et du chocolat chaud.

Les Dursley sont dans leur coin. Ils nous regardent, visiblement curieux.

« Hum, hum… alors ? » demande la Tante Pétunia après quelques minutes de silence tendu, en direction de Harry, tout en tortillant du cul sur le banc…

Elle n'a pas pu résister à sa curiosité mais visiblement ça lui coûte d'y avoir cédé…

« Alors quoi, Tante Pétunia ? » s'enquiert distraitement Harry, plus intéressé à fixer la cheminée du regard et à boire son chocolat chaud qu'à faire la conversation à sa tante.

« Cet incendie, vous avez pu l'éteindre ? » demande la Tante Pétunia, d'un ton agacé.

« Nous ne sommes pas allés éteindre l'incendie. Nous sommes allés maîtriser les Maléfices qui empêchaient les pompiers de l'éteindre et permettaient aux flammes de se propager à grande vitesse aux logements voisins. Et oui, c'est fait. » répond Harry, sans accorder un regard à sa Tante

« Oui, eh bien si tu veux mon avis, Pétunia, ils n'ont pas dû se remuer beaucoup. Plus de trois heures qu'ils sont partis ! Je suis sûre qu'au moins deux ou trois autres maisons du quartier ont pris feu pendant qu'ils glandouillaient… Sorciers fainéants… Vernon et toi vous n'auriez pas perdu vos biens, s'ils s'étaient remués avant pour aller les chercher… » maugrée la Tante Marge à voix basse…

Pas assez basse cependant pour que nous n'entendions pas…

Nous la regardons tous, proprement scandalisés encore une fois et Harry bondit sur ses pieds, pâle et tremblant…

« Soixante-sept Maléfices ! C'est ce que nous avons eu à maîtriser ! Nous n'avons pas pu empêcher Privet Drive de s'envoler en fumée, ni une partie de la Cité des Tilleuls et c'est vrai également que la rue piétonne du centre ville n'est plus qu'un champ de ruine ! Mais malgré les incendies et les multiples explosions qui auraient pu avoir notre peau, malgré les Mangemorts qui nous ont attaqués, nous avons sauvé Little Whinging et la plus grande partie de ses habitants ! Tu nous reproches d'être des fainéants, Marge, mais aucun de vous n'a levé le petit doigt depuis que vous êtes ici ! Il y aurait pourtant fort à faire pour aider celles et ceux qui en ont besoin ! Et vous n'ouvrez tous les quatre votre clapet que pour critiquer et récriminer ! J'en ai ma claque ! Tu m'entends ! Je te laisse une dernière chance, Marge ! Mais je te préviens, si tu ouvres encore une fois ta grande gueule pour débiter des conneries et des insultes contre les Sorciers, je te fous dehors ! Et pendant que j'y suis, Oncle Vernon, j'ai le regret de t'annoncer que ton dernier bien sur cette terre a sauté en même temps que l'immeuble qui abritait les concessions de voitures et de motos, ainsi que le parking souterrain ! Je suis désolé de n'avoir rien pu faire pour sauver ta bagnole, mais j'étais bien trop occupé à sauver ma misérable vie au moment où ça arrivait ! Sur ce, vous m'excuserez, mais j'ai une douche à prendre avant d'aller soutenir une amie mourante et sa famille ! » s'exclame-t-il, frémissant de colère et débordant d'Ondes Magiques…

Et il sort de la cuisine, en claquant la porte derrière lui, montant aussitôt les marches quatre à quatre, tandis que la tante Marge suffoque d'indignation.

Elle est violette, prête pour faire une attaque cardiaque ou cérébrale… Et nous la fixons tous sans bouger d'un cil, jusqu'à ce que Ron se lève avec lenteur…

« Vous ne l'aurez pas volé, si Harry vous flanque dehors. Et croyez bien que je prendrais grand plaisir à vous accompagner jusqu'à la porte. A grands coups de pompes dans le train… » déclare-t-il, en fixant la tante Marge droit dans les yeux, avant de prendre le même chemin que Harry…

Même Tante Molly l'approuve ! C'est dire combien elle est scandalisée par la conduite de la tante Marge !

« Ouais… Moi aussi je serais ravi de vous accompagner à la porte. Je crains, cependant, que nous attendions ce jour béni en vain. Harry a bien trop de conscience et de générosité pour mettre sa menace à exécution. Ceci dit, à votre place, je ne pousserais pas davantage le bouchon. Parce que vous risquez fort de trouver Tatie Nally et Tonton Sev sur votre chemin. Et si ça arrive… Ben je ne voudrais pas être à votre place pour tout l'or de Gringotts… » renchéris-je, sous les hochements de tête de Draco et Théo, qui affichent un sourire cent pour cent Serpentard…

Et je me dis que ce serait peut-être une bonne idée que nous nous concertions tous les trois, histoire de monter un petit tour à cette vacharde pour lui faire payer un peu sa méchanceté…

« Ils vont arriver ! » s'exclame soudainement Miho, en fixant la cheminée, Plumki bien calé dans ses bras.

Et de fait, la cheminée ronfle de belles flammes vertes et une grande et plantureuse femme en sort, tenant fermement par la taille, une autre femme qui porte une enfant endormie dans ses bras.

« Bonjour madame Strikawe ! » claironne Miho, avec un grand sourire

La bonne femme qui porte l'enfant cligne des yeux, puis fixe Miho les yeux ronds, sa bouche formant un « Oh ! » muet…

Me demande d'où Miho la connaît, jusqu'à ce que je me souvienne de l'avoir vue à la gare de King Cross. Au moment même où ma petite sœur de cœur bondit soudainement de mes genoux et m'attrape par la main…

« Viens, Blaise ! Tu dois prendre ta douche et aller voir Hermione toi aussi ! » déclare-t-elle, en m'entraînant vers la porte de la cuisine.

Et je me dis qu'elle a raison.

OoOoOoO

Remus

Il a l'air charmant, le quartier de King. Mais comme nous ne sommes pas là pour faire du tourisme, je me contente de m'engouffrer à sa suite dans sa maison.

« Bibiche ! Où t'es ! » s'écrie-t-il, à peine un pied dans le corridor

« Chhhhhhhhhuuuuuuut ! Tu vas réveiller Yasmine, Célia et nos invités ! » répond son épouse, en sortant de la cuisine, avec en main une casserole dans laquelle elle tourne une sauce…

Je ne l'ai jamais rencontrée, mais elle est tout à fait à l'image que je me faisais d'elle : plantureuse et chaleureuse…

« Ouais, ben c'est exactement ce qu'il faut faire ! » répond King, en se tournant vers l'escalier en criant : « Yasmine ! Célia ! Debout tout le monde ! Et fissa ! Faut foutre le camp d'ici et tout de suite ! »

« King ! » s'écrie sa femme, en laissant tomber sa casserole qui atterrit au sol en répandant son contenu alentour…

« Faut partir, bibiche ! Les Mangemorts seront là dans peu de temps… » déclare King, d'une voix douce, tandis que nous entendons du monde remuer là-haut…

Madame Shackelbolt, qui se reprend déjà, ne se le fait pas répéter deux fois. Elle vient rapidement ouvrir le placard de l'entrée et en sort trois manteaux et un grand sac, tandis que deux fillettes d'une dizaine d'année descendent l'escalier en courant, un nounours et une mallette à la main…

De toute évidence, Madame Shackelbolt et ses filles se sont préparées à devoir déménager en vitesse. Une vraie famille d'Auror. Prévoyante et courageuse.

« Où ? Comment ? » demande l'épouse de King en enfilant son manteau, tout comme le font les deux petites.

« Cheminée. 12 square Grimmaurd... Mais je vous en prie, Madame. Prenez le temps de rassembler quelques effets supplémentaires, pendant que notre brave Ambrosius fait relier la cheminée du Square Grimmaurd à la vôtre. Cela va prendre encore quelques minutes… » répond Albus, d'un ton très courtois, tout en désignant les étages à Tonks, Viktor et Charly qui s'y engouffrent illico

Bill, Arthur et Maugrey eux, se partagent les pièces du rez-de-chaussée

« Que se passe-t-il ? » demande une femme, qui descend l'escalier, tout en nouant un peignoir de bain trop grand pour elle, par-dessus sa chemise de nuit.

« Faut partir, Madame. Rassemblez tout de suite votre famille dans le salon, s'il vous plait. » répond King, tout en aidant son épouse à tirer une grande malle de dessous le placard sous l'escalier.

Ses petites sont déjà dans le salon et se tiennent par la main, près de la Cheminée, dont le manteau est décoré de grandes chaussettes débordantes de cadeaux et de friandises de Noël. Leur nounours calé sous leur aisselle et, dans l'autre main, la mallette qui doit contenir leurs trésors …

« Mais… » commence la femme, avant que Madame Figg ne l'interrompe du haut de l'escalier.

« S'il dit qu'il faut partir, c'est qu'il faut partir ! Venez, Samantha ! Il faut réveiller votre fils et la petite ! Je vais rassembler mes chats ! » dit-elle, d'un ton autoritaire…

La femme obéit, l'air désorientée. C'est son deuxième réveil pénible de la nuit et elle doit penser être en plein cauchemar…

« Je vais prendre les couverts en vermeille que nous avons reçus en cadeau de mariage, le service en porcelaine de Limoges qui vient de ta mère et les livres de papa. Et puis l'horloge de grand-mère… ça te va ? » demande Madame Shackelbolt, d'un ton fébrile, en passant la tête depuis le salon.

« Prends ce que tu veux Bibiche, ça m'ira. Tu prendrais seulement les souliers de Noël des petites que ça m'irait… » répond Kingsley, tandis que je jette un œil par la porte entrouverte…

« Je vais vous aider, Madame » offre gentiment Albus, en rejoignant Madame Shackelbolt dans le salon.

« Combien de temps peuvent durer tes Protections ? » m'enquiers-je auprès de King dès que nous sommes seuls

« Dépend de combien de ces zigotos seront à les attaquer… Disons cinq minutes au pire… Va encore falloir au moins dix minutes à Ambrosius pour faire relier la cheminée au QG. Faudra donc sûrement se défendre… » répond King, en jetant un œil anxieux vers le salon…

« Comment est-elle protégée justement, la cheminée ? » m'enquiers-je encore, le regard rivé sur la rue…

« Archi bardée de Sortilèges. C'est la dernière chose qui tombera quoiqu'il arrive. Et Charly m'a dit avant de partir, qu'il allait se poster sur le toit et la renforcer autant de fois qu'il faudra… » révèle King, en allant aider Arabella Figg à descendre l'escalier.

Tous ses chats et demi-Kneazels la collent, au risque de la faire tomber…

« Désolé pour tous ces désagréments, je pensais que vous seriez à l'abri chez moi. Mais le bras droit de Voldemort a décidé que non et va débarquer ici avec quelques-uns de ses gougnafiers. Mais n'ayez pas peur, vous avez la fine fleur de l'Ordre pour défendre vos précieuses fesses, Arabella ! Alors allez-vous donc vous asseoir sans vous faire de souci dans un fauteuil du salon en attendant le départ ! » déclare King, faisant doucement rire Arabella Figg

Il installe ensuite le couple et leurs deux enfants, qu'il a également recueillis chez lui ce matin. L'homme et la femme sont visiblement inquiets, posant des questions sur ce qu'il se passe pour qu'un tel branle bas de combat ait été sonné, tandis que la petite fille se blotti contre sa mère adoptive, visiblement fatiguée. Leur fils, un adolescent d'une quinzaine d'années, semble un peu renfrogné.

« Les v'la ! Au bout de la rue ! » crie Charly, depuis le toit

« Merde ! Pourvu qu'ils ne s'en prennent pas aux voisins ! » s'exclame King, en pâlissant…

« S'ils le font, nous sortirons… » déclare-je, en jetant un coup d'œil sur ma montre…

Avec un peu de chance, la famille et les invités de King pourront être évacués avant que les Protections tombent me dis-je, tandis que mon regard revient sur la rue.

Quelques secondes plus tard, Lucius, à la tête d'une dizaine de Mangemorts, se positionne devant la maison et à son ordre, les Maléfices fusent, s'écrasant sur les barrières et boucliers de King, dans des craquements sinistres…

Dans le salon, les invités de King sursautent et se recroquevillent les uns contre les autres dans un concert de miaulements apeurés, tandis que sa femme et ses fillettes restent calmes, malgré leur peur visible…

Les minutes passent. Les Protections commencent à s'affaiblir, mais elles tiennent toujours bon et nous nous gardons pour l'heure de riposter. Il sera temps de le faire quand les Maléfices pourront nous atteindre.

Soudainement, la cheminée ronfle et je devine que la connexion est effectuée…

« Vas-y, bibiche ! Emmène Madame et la gamine ! Les petites vous suivront ! T'embête pas avec les bagages ! J'les prendrai ! » s'exclame King, d'un ton impératif

La femme de King obtempère aussitôt et je l'entends très vite prononcer l'adresse du square. Elle est suivie peu après de ses deux fillettes.

« Arthur, à toi avec Monsieur et son fils ! Et r'viens chercher Arabella ! » s'exclame King, au moment où les protections tombent.

Et, comme les autres, je ne fais ni une, ni deux. Je canarde les Mangemorts aussi vite et aussi fort que je peux, pour les empêcher de trop approcher de la maison.

« V'là Ambrosius avec des collègues ! » entends-je Tonks annoncer depuis l'étage

Oh ! Ça tombe bien ! Nous allons peut-être pouvoir faire de belles prises, me dis-je, en ajustant un Stupéfix vers le plus proche des Mangemorts à ma portée. Je fais mouche et j'en suis bien aise. Je ne m'attarde cependant pas sur cette petite victoire. Il y a encore du monde à neutraliser et étant donné la direction de leurs Maléfices, Charly ne doit pas être à la fête…

La Cheminée ronfle. Arthur emmène maintenant Arabella et ses « chats » et j'avoue que ça va faire du bien à nos oreilles car les pauvres bêtes étaient complètement paniquées…

« Qu'est-ce qu'on fait, maintenant que tout le monde est à l'abri, on s'tire ou on sort ? » s'écrie Kingsley depuis le salon

« On sort ! » répondons-nous tous, en donnant l'assaut aux Mangemorts qui ne s'attendaient pas à ça et se retrouvent pris entre les feux croisés des Aurors emmenés par Ambrosius et nous-mêmes…

Il y en a trois qui tombent en trois secondes et le reste de ces saligauds se débine en Transplanant, Lucius en tête…

« Ah ! Putain de chiotte ! Ça fait quatre fois aujourd'hui qu'on le loupe cette saleté de margoulin à la mords-moi le nœud ! Et c'était sûrement notre dernière chance de la journée de le prendre ! » enrage Kingsley, en jetant sa baguette de dépit sur le sol…

Je ne l'ai jamais entendu aussi grossier… Il doit être sacrément en colère…

« T'inquiète ! On a trois belles prises et il va sans doute se prendre une raclée pour avoir raté son opération… D'autant qu'il en a pris l'initiative sans demander l'autorisation à son Maître… » déclare Maugrey, en ligotant nos trois prisonniers ensemble…

Trois belles prises, oui : Alecto Carrow, Philip Vaneck l'Ancien et Syssoï Alexeïevitch…

Voilà qui peut être très, très, très intéressant pour l'Ordre du Phénix…

OoOoOoO

Harry

Depuis que nous sommes revenus dans sa chambre, la respiration et le cœur d'Hermione se sont considérablement accélérés… Tout son lit tremble de nouveau et nous entendons chaque battement sourd de son cœur…

Cette fois, c'est vraiment la fin. Je le vois bien à l'air sinistre de Richard. Si Parrain ne revient pas très bientôt avec une Potion efficace, Hermione va mourir…

J'appuie mon front sur la fenêtre, cachant mes larmes. Le jour se lève, gris et triste. Il ne reste plus rien des bonhommes de neige, que nous avions dressés de chaque côté du perron. Un homme sort de la maison voisine, resserrant le col de l'imperméable qu'il a enfilé par-dessus son pyjama. Il a un bonnet de père Noël sur la tête et il court jusqu'à sa voiture. Il ouvre le coffre et sort un gros carton plein de cadeaux de Noël emballés dans des paquets de couleurs vives, joliment enrubannés.

Un peu plus loin, deux jeunes garçons sortent également de leur maison, bien emmitouflés, pour essayer leurs VTT neufs, sous le regard attendri et heureux de leurs parents. Les cris de joies des gamins me parviennent aux oreilles, tandis qu'ils s'essayent à quelques acrobaties…

Moi, le seul cadeau que je veuille, c'est qu'Hermione soit sauvée…

Mais le temps passe et j'ai bien peur que mon vœu ne soit pas exhaussé…

Ron vient m'enlacer et me chuchote à l'oreille que tout le monde est bien rentré de chez King. Ça me soulage autant que lui. Même si cela signifie que de nouveaux inconnus vont devoir cohabiter avec nous durant quelques jours.

Je me demande où nous allons pouvoir les installer. J'ai bien peur d'avoir à demander à Marge et Dudley de dormir dans la même chambre que l'Oncle Vernon et la Tante Pétunia…

Encore une crise en perspective à affronter …

Je soupire et me dégage doucement des bras de Ron pour revenir vers Hermione.

Je lui caresse les cheveux, puis la joue, avant de soulever délicatement sa main bouillante et de l'embrasser. Puis je la garde sur ma joue. Emplissant mes narines de son parfum. Je lui fais mes adieux, en silence tout en repoussant de toutes mes forces ma certitude affreuse qu'elle va mourir…

J'entends maintenant une cavalcade dans l'escalier. Et mon cœur bat la chamade.

Faites que ce soit Parrain qui arrive avec le bon remède ! S'il vous plait Merlin !

« Laissez-moi passer ! » s'exclame Parrain, en ouvrant brusquement la porte.

Je me relève d'un bond, heureux que Merlin ait entendu ma prière et me pousse sur le côté, pour lui laisser la place. Il soulève la tête d'Hermione et presse une fiole de Potion sur ses lèvres…

C'est la Potion de la dernière chance, me dis-je, en fixant le flacon. La Potion a une belle couleur chocolat chaud… La même couleur que les yeux d'Hermione…

« Bois ça, Hermione ! Bois ! » supplie presque Parrain, en forçant un peu la bouche de ma petite sœur de cœur…

Mais les dents d'Hermione sont crispées et la Potion ne passe pas, s'écoulant en deux minces filés sur son menton depuis la commissure de ses lèvres…

« Laisse-moi faire, Severus » intervient Richard, en reculant doucement la main de Parrain

Face à moi, Monsieur et Madame Granger sont debout, tendus vers leur fille, le visage suppliant et empli d'espoir à la fois… Ron me serre la main à la broyer. Tout le monde retient son souffle, tandis que Richard jette un petit Sort en direction d'Hermione, puis sur le flacon de Potion…

« Quelle quantité ? » demande Richard, la voix grave et professionnelle

« La moitié de la fiole au moins ! Les trois-quarts au plus ! » répond Parrain, fébrile et pâle…

Et d'un petit coup de baguette, Richard fait passer la Potion par les narines d'Hermione. La Potion est prise en quelques secondes…

Mais il ne se passe rien. La respiration et le cœur d'Hermione sont toujours aussi rapides…

C'était sa dernière chance bordel ! Sa dernière chance !

« Ça ne marche pas… Putain, ça ne marche pas… » souffle Ron, d'une voix blanche et tellement nouée que j'ai peine à la reconnaître…

« C'est Normal ! Il faut trois minutes pour que la Potion agisse, comme pour le venin ! » déclare Parrain, le regard fixé sur Hermione et essuyant avec tendresse la Potion qui a coulé de chaque côté de son menton.

Moi, je vrille mon regard sur le réveil, regardant l'aiguille des secondes faire le tour du cadran. Merlin ! Qu'elle est lente !

Un tour… J'entends Fred demander doucement qu'on le laisse passer. Un tour et demi. Fred arrive à la tête du lit d'Hermione. Il est soutenu par Georges et s'agrippe au montant du Baldaquin. Il a l'air fébrile lui aussi…

Deux tours. J'ai envie de hurler et c'est à mon tour de broyer la main de Ron. De l'autre côté du lit, Gabe et Benjamin se sont glissés derrière les Granger et j'entends Tarendra venir se placer derrière Ron et moi…

Trois tours. Mon œil revient sur Hermione et je vois son corps se tendre à craquer. Et soudainement elle hurle, elle se débat furieusement et je me rue vers elle en criant, tout comme Ron, ses parents et Viktor….

Mais Lee retient Viktor à bras le corps, Georges et Tarendra retiennent Ron, Gabe et Benjamin retiennent ses parents et Parrain me retient…

« C'est normal ! C'est normal ! Ça va passer ! C'est signe que la Potion marche ! » crie Parrain en me pressant les bras avec force…

« Mais elle souffre ! Bordel elle souffre ! » crie-je, les larmes ruisselant sur mes joues, en regardant le pauvre corps d'Hermione se tordre sur le lit…

« Je suis désolé ! Il faut qu'elle en passe par-là ! A cause de la Magie Noire ! C'est comme ça, on ne peut rien contre ça… » explique Parrain, d'un ton terriblement attristé et noué…

Saloperie de Magie Noire ! J'aurais dû me rappeler que les remèdes sont aussi douloureux si ce n'est davantage que les Maléfices ! Je le savais…

Mais j'ai mal, putain, de la voir souffrir ainsi ! Ce n'est pas juste bordel !

Au pied du lit, Draco, Théo, Blaise, Miho, Ginny et Annabelle s'agrippent les uns aux autres, sans pouvoir détacher leur regard horrifié d'Hermione… Personne ne le peut et tout le monde souffre avec elle…

Pattenrond reste sur sa poitrine, ses pattes de chaque côté de son cou et il pleure, en lovant sa tête sous son menton…

Hermione hurle. Elle hurle, encore et encore et encore.

Ses bras, ses jambes battent l'air, comme pour chasser un ennemi invisible. Puis ses poings s'agrippent aux draps et ses bras se tordent horriblement, se retournant presque à l'envers.

Madame Granger sanglote, s'accrochant à son mari. Ils sont penchés vers leur fille, criant qu'il faut l'aider et Gabe et Ben ont bien du mal à les retenir. Molly et Arthur se précipitent à leur aide et prennent les Granger dans leur bras, tâchant de les rassurer, quand eux-mêmes sont terriblement chagrinés…

Et Hermione hurle. Elle hurle et se tord toujours de douleur, comme en proie à dix Doloris

Et Viktor s'effondre à genou, auprès du lit, il s'agrippe au matelas et encourage Hermione, il lui dit qu'il l'aime, j'en suis sûre, même s'il parle en bulgare…

Puis Hermione attrape sa chemise, à hauteur de la blessure que lui a infligée la Bestiole et elle se griffe de toutes ses forces, puis arrache le tissu d'un coup sec et sa peau se déchire, réouvrant ses blessures…

Mais ce n'est pas du sang qui s'échappe d'elle. C'est un liquide noir et visqueux… Il s'échappe en exhalant une odeur horriblement malodorante et à mesure qu'il s'écoule, le corps d'Hermione s'apaise et ses cris s'espacent…

Le liquide s'éclaircit, il devient rouge foncé puis rouge sang et tout s'achève…

Hermione semble maintenant dormir paisiblement. On n'entend plus que des sanglots et Richard jette un sort de Diagnostic…

« Elle est sauvée… Vous avez réussi, elle est sauvée… » dit-il à Parrain, les yeux brillants de joie…

Je n'arrive pas à y croire…

« Hermione est sauvée… » souffle-je, en regardant Richard qui s'empresse de refermer les blessures, avant de me tourner vers Ron : « Hermione est sauvée ! C'est le plus beau cadeau de Noël que j'ai jamais reçu ! »

Et je laisse éclater ma joie…

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