Disclaimer: cf chapitre 1
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Bêta: Mistycal, la seule et unique...
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum: -Marina - Douceurfamille - Hi. Kari - Mireille -
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Retour vers la vie 2/2
Mercredi 25 décembre 1996
Acte 4 : Le Temps Des Projets
Draco
Il commence à y avoir un peu trop de monde dans la cuisine, maintenant que la famille de Lee est revenue de chez la parenté Moldue de sa mère, où ils ont passé la journée. Ses cousines et son cousin piaillent avec bonheur, en montrant tous les cadeaux de Noël qu'ils ont reçus aux autres enfants et tous projettent de jouer après le dîner pour mieux découvrir ces merveilles.
La porte, qui ne fait que ça depuis le début de l'après-midi, s'ouvre de nouveau, laissant passage à Pa qui invite de nouvelles personnes à entrer, Alioth en tête. Miho se précipite vers son ami, toute joyeuse de le retrouver. Il lui présente ses parents et ses petits frères, âgés respectivement de dix et sept ans. Miho les entraîne vivement dans le coin où se trouvent les autres gamins et ils s'installent tous autour des jeux Moldus.
Et ça piaille derechef…
Gabe, Gil, Terry, Marian et Benjamin décident d'aller dans le labo concocter quelques Potions avec les Jumeaux et Lee. Phillipa s'en va avec les filles dans l'une des chambres là-haut. Elles mijotent quelque chose. Un cadeau pour Hermione. « Typiquement féminin et ne souffrant pas la présence des mecs », selon l'expression d'Elinor…
Nous entendons la voix de Maugrey dans le hall. Il provoque Walburga qui ne lui répond pas et je devine aisément pourquoi. Tout comme j'imagine le regard noir qu'elle doit adresser à Fol Œil et l'incompréhension de ce dernier face au mutisme de la Harpie…
« Venez ! » souffle Blaise, avec un regard amusé, à mon intention et celle de Théo, se glissant déjà vers la porte…
Il nous mène hors de la cuisine, s'arrêtant dans le hall. Maugrey se tient devant le tableau de Walburga, les poings sur les hanches et les sourcils froncés.
« Bah quoi ! T'as perdu ta langue de vipère la mégère, que tu m'souhaites pas la bienvenue comme il se doit ce soir ? » demande-t-il, la mine déçue
Walburga plisse les yeux, les narines frémissantes et tourne brusquement le dos. Fol Œil se gratte la tête, puis son œil s'allume. Il s'approche du tableau pour l'examiner de plus près et il éclate de son rire rocailleux, quand la lueur de sa baguette éclaire le trou aux bords noircis que Ron a fait dedans ce matin…
« Ben on dirait qu't'as trouvé ton dompteur ! J'comprends maint'nant pourquoi tu m'réponds pas ! Il t'a menacé d'foutre en l'air ta toile si tu l'ouvrais encore, hein ! Dommage ! Ça m'prive de mon p'tit plaisir ! Si tu veux, j'peux d'mander qu'on fasse une exception pour moi et qu'tu puisses me répondre ! Faut bien qu'tu déverses ton trop plein d'venin d'temps en temps ou tu risques d'exploser, non ? Qu'est-ce t'en dis la virago ? » demande-t-il, avec un sourire en coin.
Walburga ne répond pas, mais elle jette un coup d'œil brillant par-dessus son épaule et il ne fait nul doute que ça lui démange d'acquiescer aux demandes du vieil Auror, même si elle ne le ferait pas pour tout l'or du monde, fierté oblige…
Maugrey ricane et se tourne vers nous.
« C'est qui, qu'y a fait ça ? » demande-t-il en montrant le tableau du pouce.
« Ron… Mais vous aurez tout le temps de lui en parler tout à l'heure. Faut que je vous demande quelque chose… » répond Blaise, en entraînant Maugrey vers un petit salon miraculeusement vide de tout autre occupant
Théo et moi les suivons, intrigués. Maugrey allume une belle flambée qui chasse presque immédiatement le froid humide du salon. Nous prenons place dans les fauteuils et nous tournons, intrigués, vers Blaise…
« Ça vous dirait de vous amuser un peu ? Si oui, j'ai un petit projet qui pourrait vous intéresser…» déclare-t-il, le regard allumé d'une lueur malicieuse.
Maugrey plisse son œil sain en regardant Blaise, tandis que son œil magique parcourt tout le reste de la maison, jusqu'à se fixer dans une direction bien précise. Et sa bouche s'étire sur un sourire en coin, avec un air de chat qui a trouvé la proie avec laquelle il va s'amuser un temps avant de la dévorer…
Et mentalement, je cherche ce qui peut bien se trouver dans le champ de vision de son œil magique… La Base d'Espionnage… Il a dû saisir sur l'écran une image intéressante à ses yeux…
« Dis voir quel est ton plan, p'tit gars… » répond-il brusquement à Blaise, en se calant dans son fauteuil, appelant de nouveau mon attention sur ce qu'il se passe ici.
Blaise ne se fait pas prier et nous expose aussitôt son idée. Une idée loufoque, une idée grandiose qui nous fait tordre le bide à Théo et moi, tandis que Fol Œil ricane de bon cœur…
« Tope-là, p'tit gars… » déclare-t-il, en présentant sa paume à Blaise qui tape dedans…
Oh ! Misère !
Voilà qui nous promet des moments intéressants, me dis-je, au moment où le gong qui annonce que le dîner sera servi dans trente minutes résonne dans toute la maison…
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Algie
Nous sommes réunis dans le salon, comme chaque soir, pour commenter les nouvelles du Quotidien Vespéral de Brasov. C'est Octavian Enescu qui nous résume les articles, de sa voix de baryton aussi harmonieuse que fascinante. Cet homme pourrait soulever la ferveur des foules s'il avait des velléités politiques.
Mais, s'il s'intéresse vivement à la sécurité et au bien-être de son Pays et qu'il a des entrées très bien placées au Ministère, il préfère cultiver sa passion pour la botanique et les plantes magiques rares qu'il soigne avec amour dans ses nombreuses serres.
« Le Ministèrrre a rrreçu confirrrmation du Chef des Aurrrorrrrs Anglais. Nombrrreux sont les jeunes gens qui étaient sous l'emprrrise de l'Imperrrrium, lorrrrs de l'attaque à Dunvegan Castle. Tous de Sixième et Septième année à Durrrrmstrrrang. Bojan Xepa a été arrrrrêté. Il n'a rrrien confirrrrmé, mais trrrois des jeunes gens qui se sont enrrrrôlés volontairrrement dans les rrrrangs de Voldemorrrrt ont avoué que les prrrrofesseurrrs Petrrrov et Iliev sont de ferrrvents adeptes du Lorrrd Noirrr et que ce sont eux qui maintenaient les élèves sous leur emprrrrise. Ils n'ont pas dirrrectement combattu, rrrrestant cachés non loin du château pour garrrder contact avec ces pauvrrres jeunes gens prrrisonniers de leurrrs Maléfices. Il y avait cinq autrrres marrrrrionettistes avec eux… Chacun manipulaient une dizaine d'élèves non consentants… » révèle-t-il, l'air consterné.
« Il y avait donc soixante-dix jeunes gens sous Imperrrrium ! Combien ont été fait prrrisonniers ? Combien sont morrrts ? Et combien sont encorrrre là-bas, au Manoirrr Malfoy ? » s'enquiert Dragomir Krum, qui affiche un air tout aussi catastrophé que son beau-frère.
Je partage parfaitement leurs sentiments. Toute cette jeunesse abusée par des monstres assoiffés de sang, des enseignants qui étaient supposés leur offrir la possibilité de prendre des décisions éclairées en cultivant la connaissance, en ouvrant leurs jeunes esprits au monde, à la tolérance ! J'en ai froid dans le dos !
Et je plains avec sincérité les parents de tous ces enfants, qui doivent se faire un sang d'encre pour leur progéniture…
« Une cinquantaine a été fait prrrisonnier. Cinquante et un exactement. Quatrrre sont décédés trrrois en chutant de leurrr balai et un qui a accidentellement rrreçu un Maléfice de morrrt qui ne lui était sans doute pas destiné. Il en rrrreste donc seize au Manoirrr. Et perrrsonne ne peut rrrien pourrr eux… » répond Octavian, sur un soupir
« Albus va les sortir de là ! Il trouvera une solution ! En attendant, il vous faut organiser le retour au Pays pour les malheureux jeunes gens qui ont été capturés par les Aurors, les Tireurs de Baguette et l'Ordre. Car ils vont revenir n'est-ce pas ? ! » déclare Rupert de son ton bourru.
Son regard quitte les flammes qu'il contemplait pour se tourner vers nos hôtes. Octavian hoche lentement la tête.
« Oui. Ils vont êtrrre rrraccompagnés à Durrrmstrrrang au plus vite. Dès que le ménage aurrra été fait dans le corrrps prrrrofessorrral. Le Ministrrre Bulgarrre a dépêché une commission d'enquête pourrr s'assurrrer qu'il n'y a pas d'autrrres parrrtisans de Voldemorrrt dans l'école. Il va engager des nouveaux prrrofesseurrrrs et nommer un Dirrrecteurrr fiable. » annonce-t-il, juste avant qu'un hibou vienne frapper à la vitre, nous faisant tous sursauter.
Le maître des lieux se dépêche d'ouvrir la fenêtre et un hibou grand duc pénètre dans la pièce, allant se poser directement sur le manteau de la cheminée, pour se réchauffer au plus vite. Il est vrai que la température extérieure est très basse. Il ne cesse de neiger depuis quatre jours, dans des bourrasques de vent violentes. La pauvre bête a bien du mérite d'avoir bravé cette tempête pour apporter la lettre qu'Octavian détache de sa patte, tandis que son épouse s'empresse d'appeler Zoltan, le majordome Cracmol, pour qu'il apporte une nourriture solide et riche pour le hibou.
« C'est pourrr toi, Drrragomirrr » annonce Octavian, en tendant le rouleau de parchemin scellé à son beau-frère.
Dragomir Krum casse le sceau, qui me semble être celui du Ministère de la Bulgarie et parcourt rapidement le pli, ses yeux s'arrondissant de surprise.
« C'est de Luben Yorrrdanov, le Ministrrre Bulgarrre ! Il me demande de prrrendre la Dirrrection de Durrrmstrrrang ! » s'exclame-t-il en relevant les yeux vers nous.
« Tu dois accepter ! » s'exclame en retour son épouse, en se levant brusquement de son siège pour se précipiter aux côtés de Dragomir et lire à son tour la lettre.
Dragomir Krum passe son bras autour de ses épaules et la serre brièvement contre son flanc…
« Je n'avais pas l'intention de laisser échapper cette opporrrtunité de prrrotéger les jeunes membrrres de notrrre communauté. Je suis juste surrrprrris que Yorrrdanov me prrrropose cette place. Aprrrrès tout, nous avons toujourrrrs été adversairrrres, même si nous sommes du même borrrd politique. Il veut me voirrr dès ce soirrr pourrr fairrre le point de la situation et avoirrr mon avis sur le rrrrecrrrutement des nouveaux prrrofesseurrrs. Je vais y aller tout de suite et lui fairrrre parrrt de mes prrrojets pour assurrrrer la sécurrrité de l'école. Je rrreviendrrrais cherrrcher ma malle aprrrès ce rrrendez-vous…. » déclare-t-il avant de l'embrasser sur la joue.
Puis il nous salue rapidement, avant de quitter le salon pour aller enfiler sa cape d'hiver et partir aussitôt en Bulgarie.
« Eh bien ! On dirrrait que nous allons avoirrr bientôt de nouveaux prrrojets à mettre en brrranle. C'est une trrrrès bonne chose que Yorrrdanov ait fait appel à Drrragomirrr. Un effet du Conseil des Ministrrres sans doute. Yorrrrdanov a dû apprrrendrrre que Drrragomirrr fait parrrtie de l'Orrrrdrrrre du Phénix par Albus ou Mme de Paimpont… Oui, l'un ou l'autre a dû lui dirrre surrr qui il pouvait compter avec cerrrtitude… » affirme Octavian Enescu, l'air satisfait de la tournure des évènements.
Je ne peux que l'approuver. Car la situation n'est pas brillante en Roumanie, en Serbie et Bulgarie, depuis que leurs Ministres ont refusé d'abdiquer faces aux menaces des partisans de Voldemort. Des attaques éclairs ont lieux depuis, prenant les habitants de ces trois pays en otage et nous savons que nombre d'entre eux sont tentés de rallier leurs rangs par crainte des représailles, malgré les appels au calme de leurs Ministres et les mesures prises pour la protection de la population.
Dragomir Krum a toujours joui d'une bonne réputation. Le savoir à la tête de Durmstrang devrait rassurer les parents… Apaiser leurs craintes concernant la sécurité de leurs enfants…
« Et comment avance votrrre mission ? » demande soudainement Mila Krum, en me prenant le bras pour avancer vers la table du dîner, à l'instant annoncé par Zoltan.
« Elle avance doucement et j'ai bon espoir de trouver bientôt une piste sérieuse dans mes recherches… » réponds-je, tandis que mes pensées s'envolent vers le Musée de la Vieille Ecole Roumaine…
Et surtout vers la cave de la maison de notre précieux guide qui cache un merveilleux trésor artistique que Rupert et moi n'avons pas eu l'occasion encore d'aller examiner de plus près, les évènements et le climat épouvantable de ces derniers jours nous ayant retenus chez nos hôtes.
Et il me tarde soudainement de pénétrer à nouveau dans cette caverne dérobée aux regards depuis si longtemps ! J'ai le puissant sentiment que le destin me pousse vers elle, à toucher la roche peinte, à ressentir les émotions de son auteur, à voir à travers ses yeux ce qu'il a vécu et ses mains immortaliser son œuvre…
Demain j'irais là-bas…
Il le faut. Il est temps…
Et c'est dans cette caverne que je trouverai l'indice que je cherche depuis mon arrivée, non dans les livres mis à ma disposition par notre guide…
Aussi fou que cela puisse paraître, j'en suis convaincu !
Et c'est fort de ce projet, que je remercie Zoltan qui vient de me servir une assiette débordante de Bortsch chaud…
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Acte 5 : Le Temps De La Revanche
Harry
Ron et moi quittons la chambre d'Hermione. Ses parents sont revenus, pour dîner avec elle et nous montons vers le grenier pour aller en faire autant. Blaise, Draco et Théo nous font signe de les rejoindre. Ils sont installés non loin de ma famille et nous ont réservé des places auprès d'eux.
Je soupire. Bien évidemment, tout le monde les évite. Je comprends pourquoi et ne blâme personne… Ils sont d'une si désagréable compagnie !
A peine suis-je assis auprès d'elle, que je me récolte un regard noir de la tante Pétunia. L'oncle Vernon pince ses lèvres, Marge tord sa serviette et Dudley se renfrogne de plus belle…
Je soupire encore une fois et détourne mon attention vers les autres. Les enfants se sont regroupés à l'autre bout de la table et ont l'air de bien s'entendre. Les adultes, bien plus solennels, tentent d'orienter les conversations vers autre chose que la guerre et mes amis en font autant.
Soudain, mon attention est de nouveau attirée vers ma famille, car Maugrey Fol Œil, qui vient d'entrer dans le grenier, se laisse tomber sur la chaise libre à côté de Marge…
« Salut les jeunes ! Comment ça va ? » tonne-t-il, en faisant rouler son œil magique dans son orbite, avant de se tourner vers ma famille, sans même attendre notre réponse pour ajouter : « Ah ! Les Dursley ! Vous vous souvenez de moi, sans doute ! »
L'oncle Vernon bredouille un oui qui manque totalement d'assurance, tandis que la tante Pétunia a un petit sursaut de recul et que Dudley semble sur le point de défaillir…
« Oh ! Mais je ne connais pas votre charmante sœur, Monsieur Dursley ! Maugrey, dit Fol Œil, mais appelez-moi Alastor ! Marjorie, c'est bien ça ? » s'exclame le vieil Auror, en se tournant vers Marge avec un sourire…
Sur son visage couturé de cicatrices hideuses et dont il manque une partie du nez, le sourire de Fol Œil ressemble plutôt à une horrible grimace. On dirait une citrouille d'Halloween massacrée par les mains malhabiles qui ont tenté de la sculpter…
« Ou… Oui… C'est b… bien ça… » bégaye Marge, en se ratatinant sur son siège…
« Un très joli prénom ! Mon préféré ! Et il vous sied à merveille, très chère ! » s'exclame Maugrey d'un ton convaincu et avec un regard appréciateur sur Marge, plus pâle que jamais.
Elle fixe l'œil magique de Maugrey de ses petits yeux effrayés, l'air visiblement désireuse de s'enfuir à toutes jambes, mais incapable du moindre mouvement.
« Charmante, vraiment charmante ! Je sens que nous allons bien nous entendre tous les deux. Sûr que nous avons des atomes crochus ! Permettez que je vous rende hommage comme il se doit envers une dame de votre qualité. » ajoute Maugrey d'une voix grave et suave, avec un sourire plus élargi encore, avant de se saisir de la main aux doigts épais de Marge et de lui faire un baise-main délicat…
Marge, laisse échapper un petit hoquet de surprise quelque peu horrifié. A ses côtés, Vernon semble sur le point d'exploser, tandis que Pétunia s'accroche de toutes ses forces à son bras et que Dudley glisse à demi sous la table.
Il y a de quoi. Maugrey qui drague ouvertement Marge, c'est effrayant…
Et il y a de quoi aussi se demander pour ceux qui le connaissent s'il n'est pas tombé sur la tête. Ou alors, s'il ne s'est pas pris un Sort bizarre pendant le combat chez King… C'est pas possible autrement. Qui voudrait draguer Marge sinon ? me dis-je, en grimaçant face à cette scène surréaliste…
Puis, avisant le regard amusé de Blaise, je commence à nourrir des soupçons. Il se trame quelque chose de louche entre lui et Maugrey, j'en suis soudainement convaincu… Quelque chose qui expliquerait le comportement pour le moins inhabituel du vieil Auror. Je n'ai cependant pas loisir de me pencher sur la question, car la porte du grenier s'ouvre sur les derniers convives attendus et la mère de Lee se précipite vers nous, traînant une grosse malle derrière elle…
« J'ai profité que nous étions dehors pour passer par le hangar ! Comme vous avez tout perdu, je me suis dis que vous auriez bien besoin de ça ! » annonce-t-elle avec un aimable sourire vers tante Pétunia
Et elle ouvre la malle, dans laquelle sont soigneusement pliés des vêtements propres …
Tous plus démodés les uns que les autres…
Et mon cœur effectue un sursaut de joie dans ma poitrine. Tante Pétunia, Oncle Vernon et Dudley réduits à porter des vêtements de seconde main qui ne seront sans doute pas à leur taille ! Je vois nettement ce que cela donne dans ma tête ! Les cloches de la victoire sonnent à mes oreilles et je me sens flotter sur un petit nuage de bonheur. Ils seront d'un ridicule délicieux !
Oh ! Quelle douce revanche ! me dis-je, en réprimant à grand peine un sourire ravis et triomphant…
« Merci ! Mais nous irons acheter ce dont nous avons besoin demain ! » répond sèchement tante Pétunia, en détournant son regard de la malle, avec une moue de dégoût.
« Hum… Euh… Pétunia chérie… Je… Nous… Euh… Nous n'avons plus… Euh… Ni carte bancaire, ni chéquier… Euh… Souviens-toi que… » commence oncle Vernon, bredouillant et rouge de gène.
« Oui, je sais Vernon. Ton porte-feuille et ton chéquier étaient dans la voiture et mon sac à main est resté dans notre chambre. Tout comme celui de Marge dans la sienne… Mais… Il y a bien un moyen… Et… Enfin… » répond Tante Pétunia, en se tordant les mains
« Il faudra du temps, pour refaire nos papiers et que la banque nous fournisse une nouvelle carte et un chéquier… » souffle oncle Vernon, plus rouge encore qu'un instant plus tôt
« Je sais mais… Harry pourra sans doute nous prêter ce qu'il faut et nous le rembourserons plus tard… » commence tante Pétunia, l'air embarrassée…
« Non ! » la coupe-je brusquement, bien déterminé à ne pas céder sur ce point…
Je veux bien nourrir les Dursley, mais je ne donnerais pas une noise pour les vêtir ! Même s'ils promettent de me rembourser plus tard !
C'est décidé !
J'ai bien trop envie de les voir tels que je les ai imaginés, tantôt ! Certes, ce n'est pas charitable. Mais jamais ils ne l'ont été avec moi non plus. Alors j'ai bien droit à une petite revanche. Non ?
Tante Pétunia sursaute et se tourne vers moi, les yeux presque suppliants soudainement.
« Mais… Tu as fait un gros héritage quand ton Parrain est mort. Enfin, c'est ce que nous avons compris l'été dernier… Cette maison et aussi une grosse somme d'argent… » proteste-t-elle en baissant la voix
« Effectivement, j'ai hérité de Sirius. Mais j'ai tout donné. » réponds-je, en omettant de préciser que j'ai également hérité d'une jolie fortune de mes parents, que celle-ci remplit un coffre à mon nom à Gringotts et me rapporte de coquets intérêts annuels.
Si coquets en fait, qu'ils couvriraient sans peine leurs frais de vêture et de nourriture pendant dix ans au moins…
Le regard de Pétunia se brouille de larmes.
Elle est mortifiée, cela ne fait aucun doute. Elle qui méprise de tout cœur ceux qui vivent de charité, qui accorde tant d'importance aux apparences et ne sort pas de la maison si elle n'est pas tirée à quatre épingles, va devoir se contenter des miettes qu'on lui accorde. Et cela doit être pire que la torture pour elle…
« Petit égoïste ! Après tous les sacrifices que nous avons faits pour toi durant toutes ces années, tu refuses de nous venir en aide ! » siffle Vernon, en passant un bras autour des épaules de sa femme.
Des sacrifices ? Mais de quoi parle-t-il ? J'ai plus que largement payé les maigres repas qui m'étaient accordés !
« Allons ! Allons ! Dursley ! Vous n'croyez tout d'même pas qu'un p'tit gars aussi généreux que Harry laiss'rez quelqu'un dans l'besoin ! Vous l'connaissez trop pour penser ça ! Vous savez bien que ce serait avec grand plaisir qu'il vous offrirait des vêtements neufs, mais comment croyez-vous que l'Ordre puisse nourrir tous les réfugiés qu'il y a ici, au Terrier et ailleurs ? Et avoir les moyens de lutter contre Voldemort par-dessus le marché ? » intervient Maugrey, d'un ton enjoué, avant d'ajouter d'une voix qu'il réussit à rendre moelleuse, presque émue : « C'est grâce à l'argent d'Sirius, que votre brave neveu a offert à l'Ordre et aux Weasley ! Ah ! Y a pas à dire ! Vous avez d'quoi être fiers de lui ! Plus courageux que St Georges et plus généreux que St Martin ! Voilà comment il est Harry ! Et j'sais qu'il réserve les quelques Gallions qu'il lui reste pour rendre la maison salubre et agréable pour tous ses invités ! J'l'ai entendu l'dire à ses amis tout à l'heure ! Et vous conviendrez avec moi, que c'est une priorité ça, hein ! Alors c'est pas possible qu'il vous offre des vêtements neufs ! Il n'a pas les moyens pour le faire ! Mais vous en faites pas ! J'suis sûre qu'il y a dans cette malle de quoi faire votre bonheur ! Regardons ça, en attendant qu'Dobby apporte les plats du dîner ! »
Et, joignant le geste à la parole, Fol Œil s'empresse de défaire la malle d'un coup de baguette, exposant largement robes et pantalons, pulls et chemises, sous-vêtement et chaussettes à la vue de chacun, sous les sourires et les rires plus ou moins discrets. La tante Pétunia gémit en enfouissant sa tête dans ses mains, tandis que Vernon bleuit, visiblement offensé, quand un slip de taille 3XL vient flotter sous son nez.
« Oh ! Regardez-moi cette merveille ! Elle va vous aller comme un gant, Marjorie ! » s'exclame Maugrey, en se saisissant d'un ensemble de couleur vive, composé d'un pantalon de coton à pattes d'éléphants et d'une veste assortie brodée de fleurs.
Et qui devait être très en vogue il y a vingt-cinq ans…
« Ravissante ! Oui ! Ravissante ! » roucoule Fol Œil, en plaçant l'ensemble devant Marge, avant d'ajouter, d'une voix veloutée, en se penchant à son oreille : « Cette tenue mettra votre gracieuse beauté en valeur, très chère Marjorie ! Je serais flatté si vous me faisiez l'honneur de la porter pour me plaire au dîner demain soir… »
Vernon s'étouffe, Pétunia se liquéfie, Dudley s'évanouit à demi.
Marge, quant à elle, écarquille grand les yeux, se demandant visiblement si elle doit être horrifiée ou flattée. De toute évidence, aucun homme ne lui a jamais tenu un tel discours, ni ne l'a jamais regardée d'un œil appréciateur comme le fait Fol Œil actuellement.
Soudainement, je la vois rougir. Mais ce n'est pas son rougissement de colère habituel. Non. C'est plutôt un rougissement intimidé. Et elle se trémousse sur sa chaise, en tortillant ses doigts boudinés, baissant les yeux comme une rosière effarouchée par un séduisant et entreprenant jeune homme. Enfin, rougissant de plus belle, elle se saisit de l'ensemble et le fourre vivement sur ses genoux, cachés par la nappe de la table, avant de prendre un air pincé.
Mais le rapide coup d'œil qu'elle jette vers Maugrey avant de se tourner vers un Vernon qui ne goûte guère la situation, pour lui chuchoter qu'il « faudra bien se résoudre à porter ces frusques un jour ou l'autre si on ne veut pas puer comme des clochards ! », ne trompe pas. Elle a décidé de se sentir flattée…
Face à moi, Draco et Théo se mordent les lèvres quand Fol Œil lance un clin d'œil discret à Blaise.
Oh ! Merlin ! Blaise et Maugrey se sont entendus pour que le vieil Auror fasse du gringue à Marge ! réalise-je, avec une monstrueuse envie de rire
Et au regard pétillant que m'adresse Maugrey, je devine que son numéro de séduction ne fait que commencer et j'ai hâte de voir comment vont réagir tous les Dursley…
On n'a pas fini de se marrer !
Et quelle revanche ce sera aussi, quand Marge se rendra compte que Fol Œil s'est joué d'elle ! Quelle humiliation ! Je sais, une fois de plus ce n'est pas charitable de ma part de me réjouir de cela.
Mais combien de fois m'a-t-elle humilié sans en éprouver le moindre remord, elle ? Et après toutes les méchancetés qu'elle a balancées à mes amis depuis lundi, elle mérite bien une petite leçon…
Et qu'ils s'amusent à ses dépens…
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Severus
A peine le repas est-il fini, que chacun se lève pour aller vaquer à ses occupations ou gagner la chambre que Harry lui a attribuée. Cependant, au moment où ils se lèvent, Harry arrête les Dursley.
« Un instant, je dois vous parler. » dit-il, le visage grave et sérieux.
Les Dursley se figent, raides et quelque peu mécontents. Sauf peut-être Marge, dont le visage rosit sous le regard de Maugrey qui lui souhaite une bonne nuit avant de partir en claudicant vers la porte, une expression satisfaite sur le visage.
Je crois que j'ai raté quelque chose, là. Depuis ma place assez éloignée de la leur, j'ai bien noté qu'il se passait un drôle de manège du côté des garçons et de Maugrey, mais je n'ai pas saisi ce que c'était. Il faudra que je les interroge tout à l'heure…
Je me dirige moi aussi vers la sortie, un peu hésitant à laisser Harry seul avec cette famille qui le déteste avec ferveur, mais Nally m'entraîne à sa suite et referme la porte derrière nous.
« Tu ne crois pas que… » commence-je, avant que Nally m'interrompe d'un doigt sur la bouche, en faisant signe de regarder derrière moi.
D'un geste de la main, elle jette un Sortilège qui nous permet de voir à travers la porte et, grâce à l'oreille à rallonge qu'elle glisse dessous, c'est comme si nous n'avions pas quitté le grenier…
« … tu nous veux ? » aboie Vernon Dursley, sur la défensive.
« Tout le monde doit mettre la main à la pâte, c'est une règle ici. Chacun s'occupe de sa chambre et de son linge, tandis que Roi Dobby et Dyna font le ménage des parties communes et la cuisine. Ils s'occuperont de votre lessive également, dans la mesure où nous n'avons pas de machine à laver. » répond Harry d'un ton ferme
« D'accord, nous ferons le ménage dans notre chambre ! » acquiesce Vernon, en se levant déjà, pour clore la conversation.
Mais Harry l'arrête d'un geste de la main et il se rassoit, les sourcils froncés de mécontentement, tandis que Pétunia pince les lèvres.
« Le ménage dans votre chambre sera vite fait et il vous faut une occupation ou vous allez devenir dingues à rester sans rien faire le reste du temps. » déclare Harry en regardant les membres de sa famille tour à tour.
« A qui la faute ? » maugrée Vernon, les dents serrées.
Les mâchoires de mon filleul se crispent, mais il décide de ne pas répondre à cette attaque, se contentant de prendre une profonde inspiration pour garder son calme.
« Chacun a des missions à remplir ou un travail à l'extérieur. Par exemple, mes amis et moi avons à nous entraîner au combat, des Potions et des Onguents de soins à concocter, entre autres choses. Bref, nous sommes tous très afférés. J'ai réfléchi à ce que vous pourriez faire, qui soit utile et bénéfique pour tous…. » poursuit-il, avant de marquer un temps d'hésitation que Pétunia met à profit, en se levant d'un bond.
« Nous n'avons rien à voir avec toi et avec ton monde ! Et il n'est pas question que nous travaillions pour vous ! » s'exclame-t-elle en levant un doigt menaçant sous le nez de Harry. « Si tu n'avais pas dilapidé ton héritage, tu aurais pu nous offrir un séjour dans un endroit accueillant, pourvu de toutes les commodités, au lieu de nous amener ici, dans ce bouge infâme, au milieu de tous ces m… sorciers ! En sécurité, loin de ces assassins qui ont détruit notre maison ! Mais au lieu de ça, nous sommes obligés de…. De… Raaaaah ! Si…. Si seulement tu étais mort, comme mon imbécile de sœur nous n'en serions pas là ! »
Je sens une bouffée de rage pure me monter à la gorge…
Et la magie de Nally vibrer dangereusement tandis qu'elle ouvre brusquement la porte.
Cette fois, Pétunia ne va pas couper de la petite conversation que mon épouse lui a promis, me dis-je, ma colère retombant aussi vite qu'elle est montée, pour laisser place à une satisfaction anticipée…
Je me régale d'avance…
« Pétunia ! » gronde Nally, en avançant d'une démarche décidée vers la sœur de Lily…
Pétunia écarquille ses yeux terrifiés et se met à trembler de la tête au pied, vacillant sur ses jambes…
A mesure que Nally, dont la Magie crépite et tourbillonne avec fureur, s'avance vers eux, les cheveux des Dursley se hérissent droits sur leur tête et on dirait des oursins sur pattes géants…
Et mon euphorie laisse place à l'inquiétude. Il va falloir que mon épouse se calme ou elle va les griller sur place…
« Ne t'avise jamais, jamais, jamais plus de dire une telle chose ! » siffle-t-elle, en brandissant un index menaçant sous le nez de Pétunia qui ne tient plus debout que grâce à la Magie qui tournoie autour d'elle.
« Bien que la jalousie t'ait crevé le cœur et que tu lui aies pourri la vie dès l'instant où tu as appris qu'elle était une sorcière, Lily t'aimait tendrement ! » poursuit mon épouse, toujours sur le même ton : « Combien de fois l'as-tu fait souffrir et pleurer ! Tu détruisais les cadeaux de Noël qu'elle confectionnait avec amour pour toi ! Tu piétinais les fleurs et les plantes qu'elle avait patiemment soignées pour te les offrir à ton anniversaire ! Tu déchirais ses lettres sans les lire, ni jamais lui répondre ! Tu as brûlé les photographies de votre enfance, celle où vous étiez ensemble, comme deux sœurs qui s'aiment tendrement ! Et comble de tout, tu lui as fait parvenir une couronne mortuaire pour son mariage ! Et pourtant elle te pardonnait tout et continuait à t'aimer ! Et quand tu as malmené son fils durant des années, je sais avec certitude qu'elle aurait élevé le tien comme son propre fils ! Elle l'aurait aimé et choyé ! Elle lui aurait parlé de toi et de ton mari avec respect et amour ! Elle lui aurait dit combien vous l'aimiez ! Alors que toi, tu as malmené Harry ! Tu t'es acharnée à dire du mal de Lily et James, à salir leur mémoire ! Ton mari, ton fils et ta belle-sœur en ont fait tout autant ! Et tout cela, moi je ne peux pas le pardonner Pétunia ! Je ne peux pas ! »
Les Dursley sont statufiés et leurs pieds ne touchent plus terre. La Magie de Nally les retient prisonniers, en lévitation à quelques centimètres du sol, incapables de seulement battre des cils et leur souffle sont suspendus. Ils sont morts de peur et la panique anime leurs regards d'une lueur folle. Leur cerveau et chacun de leurs organes doivent être vrillés, broyés, torturés par la terreur…
Cette fois il faut que j'intervienne ou Nally va les tuer, bien que ce ne soit pas ce qu'elle souhaite. Elle l'a compris, elle sait qu'elle ne se contrôle plus et ferme les yeux, les poings serrés pour tâcher de retrouver la maîtrise de ses émotions et de sa puissance…
Mais ça ne marche pas. La douleur des évènements de ces derniers jours, la haine viscérale des Dursley, leur colère perpétuelle et l'épuisement ont raison d'elle. Et sa Magie se cabre comme un cheval sauvage qui se débat pour retrouver sa liberté…
« Marraine… » souffle Harry, d'une voix nouée, en essayant de s'interposer pour protéger sa famille Moldue, tandis que je m'avance résolument, pénétrant la bulle de Magie furieuse qui enveloppe Nally et les Dursley.
Je suffoque sous la pression, mais je ne renonce pas. Je me saisis des mains de mon épouse avant de l'entourer de mes bras et je pose ma joue sur la sienne. Et je laisse ma Magie s'échapper, se mêler à la sienne pour l'apaiser en douceur. Elles tourbillonnent durant quelques instants dans un ballet endiablé, séparées, s'effleurant à peine avant de se reconnaître enfin et de se fondre l'une dans l'autre. Ma Magie s'agrippe avec fermeté à celle de Nally et la force à ralentir son tourbillon, à refreiner ses ardeurs et sa puissance. Elle la ramène doucement vers nous et Harry peut enfin jeter son Bouclier, libérant les Dursley de l'emprise incontrôlée de sa Magie.
Les Dursley tombent. Toussant et crachant comme des noyés libérés des eaux. Harry ne s'occupe cependant pas d'eux car, bien que Nally lutte désespérément pour retrouver sa maîtrise, sa Magie se débat de nouveau furieusement. Alors il vient vers nous. Il se joint à moi pour aider Nally à retrouver le contrôle. Il libère lui aussi sa Magie. Elle est douce, tendre mais ferme et elle déferle avec une puissance inouïe. Elle nous enveloppe avec chaleur, nous étreint avec étroitesse, pour restreindre nos périmètres d'action.
Il y a de l'amour à l'état pur dans la Magie de Harry. De la force tranquille et de la maturité, mêlé à un petit reste de candeur enfantine que je reconnais. Il tient cela de Lily. Lily qui souffrait de la vilenie du monde tout en s'émerveillant de ses splendeurs. Lucide et farouche à l'heure des combats, espiègle et joyeuse à l'heure de la fête. Généreuse, sensible, droite et fidèle en amour et en amitié. Courageuse et persévérante dans l'adversité.
Et toujours prête à accorder son pardon.
Je serre mes mains sur celles de Nally. Je sens ses larmes couler sur ses joues et sur la mienne. Je l'enlace plus étroitement, fermant les yeux sur un souvenir de Lily, vêtue de sa robe blanche en voile léger et qui danse en riant aux éclats, virevoltant dans le vent, accrochée aux bras de James qui lui sourit. Lily, splendide au jour de son mariage et confiante en l'avenir. Lily qui découvre la couronne mortuaire envoyée par Pétunia. Les larmes viennent à ses yeux traversés d'une lueur douloureuse mais elle les ravale avant de sourire avec une pointe de tristesse et de déclarer que Pétunia pensait sans doute que les fleurs lui parviendraient la veille, pour son enterrement de vie de jeune fille et qu'elle reconnaît bien là l'humour espiègle de sa sœur…
Et elle a gardé précieusement la couronne de fleur. La mettant à l'honneur sur la table des mariés après y avoir appliqué un Sort de Conservation. « J'ajouterai quelques babioles dessus et elles feront une superbe couronne de bienvenue que j'accrocherai sur la porte à Noël prochain ! » a-t-elle claironné, plus tard dans la soirée, avec un sourire éblouissant cette fois…
Elle avait pardonné à Pétunia et elle a tenu parole…
A fait de cette triste couronne un symbole de joie, d'amour et de partage…
Mes larmes se mêlent à celle de Nally, dont la Magie s'apaise sous la douce pression exercée par Harry. Mon épouse chancelle et s'appuie contre moi, pour conserver son équilibre. Je sens qu'elle a retrouvé le contrôle d'elle-même et qu'elle est épuisée. Elle aura besoin de plusieurs jours de repos cette fois, pour retrouver toute sa forme.
Enfin, elle ouvre les yeux et se détache doucement de mes bras. Elle sourit à Harry et le serre contre son cœur, le remerciant à voix basse pour son aide.
Et lui demande de la laisser annoncer aux Dursley ce qui les attend dans les prochains jours…
Ce que Harry lui accorde avec le sourire.
« Tu auras plus d'impact que moi à n'en pas douter… » ajoute-t-il, avec un clin d'œil malicieux et visiblement soulagé que la crise soit passée…
Les Dursley se sont recroquevillés contre le mur, le plus éloignés possible de notre trio qui lui barre le passage vers la sortie. Ils sont toujours aussi terrorisés et se serrent les uns contre les autres en sanglotant. Et quand Nally amorce un pas vers eux, ils couinent de frayeur.
Ils sont passés près de la mort. Et je gage qu'ils ne se risqueront plus jamais à mettre mon épouse en colère…
« Debout tous les jours à cinq heures ! Exercices physiques durant une heure, ici dans le grenier, sous le regard attentif de Severus ! Douche, puis à six heures trente vous serez dans la cuisine où vous aiderez Dobby à préparer le petit déjeuner. Le matin, Dudley fera ses devoirs de vacances. Je me charge de lui fournir tous les livres et cahiers nécessaires. Madame Jordan et Monsieur Strikawe qui sont professeurs dans un lycée Moldu, superviseront la qualité de son travail qu'il a tout intérêt à effectuer avec sérieux. Ensuite il vous rejoindra dans vos corvées, jusqu'à dix-huit heures. Votre emploi du temps, élaboré par Harry et moi-même vous sera communiqué demain matin à neuf heures. Vous serez chargés de restaurer les meubles et la décoration de la maison, du sous-sol au grenier. Je précise également que vous aurez un régime alimentaire adapté à vos besoins. Allez dormir maintenant. Et n'oubliez pas de régler votre réveil ou je me ferais une joie de venir vous sortir du lit moi-même ! » déclare Nally d'un ton sec et sans réplique, au quatuor qui acquiesce en gémissant.
Nally se décale, indiquant la porte du grenier d'un doigt impératif et les Dursley s'empressent de se mettre debout tant bien que mal, avant de se précipiter en titubant vers la sortie…
« Exercices physiques, préparation du petit déjeuner, devoirs de vacances, régime… Je n'avais rien prévu de cela… » glisse Harry avec un sourire vers Nally.
« Ça payera la chasse au Harry et les privations de nourriture dont tu as été victime durant ton enfance et tes vacances chez eux. Et à la moindre plainte ou incartade, je leur aménage un placard étroit sous l'escalier pour dormir ! » répond mon épouse en pinçant les lèvres, assez fort pour que les Dursley qui passent à peine la porte du grenier puisse l'entendre
Elle a peut-être retrouvé le contrôle d'elle-même, mais sa colère reste vivace. Ses paroles ne sont pas des promesses en l'air et les Dursley ont tout intérêt à ne pas mériter qu'elle les tienne.
« Je t'approuve tout à fait Nally. Cependant, bien que je me réjouisse de les faire souffrir quelque peu durant les exercices, je regrette d'avoir à me lever si tôt durant mes vacances… » souris-je à mon tour, avant d'embrasser mon épouse sur la joue.
« Tiens. Avec ça, tu pourras dormir tout ton compte… » déclare alors Harry, en me tendant le Chronomètre Magique qu'il garde toujours pendu à une chaîne autour de son cou, avant de se tourner vers Nally : « Comment as-tu su, pour la chasse au Harry et tout le reste ? »
« Arabella. Elle s'est fait un plaisir de tout me raconter, quand je suis allée la voir il y a quelques semaines, pour lui poser des questions, le jour ou Miho a adopté son Parrain Grognon. Souviens-toi, elle avait parlé de l'attitude de Pétunia à son égard et tu as laissé échapper quelques paroles qui m'ont mis la puce à l'oreille… » répond Nally, en lui caressant le front.
« Oh… » commente simplement Harry, avant de se pencher vers Nally et de l'embrasser sur la joue.
Puis il s'en va à son tour, les mains dans les poches et en sifflotant gaiement…
Sa revanche est consommée, je crois. Et tel que je le connais, je suis certain qu'il demandera d'ici quelques jours qu'on allège les corvées attribuées à sa famille. D'ici là, j'espère que les Dursley auront compris la leçon…
Bien que je ne me fasse pas trop d'illusion. Quelques jours ne seront pas suffisants pour atténuer leurs rancœurs, ouvrir leurs esprits et leurs cœurs. Il faudrait des mois, voire des années.
Si leur cas n'est pas désespéré…
OoOoOoO
Acte 6 : Le Temps Des Ennemis
Charly
Bill et Viktor sont sur le point de nous laisser à notre garde, Nadya et moi, quand Voldemort appelle le planton qui fait le pied de grue devant sa porte, tenant à disposition les exemplaires de la Gazette qui sont sortis depuis mardi matin. De fait, mon frangin et Viktor restent, curieux de ce que Voldemort va faire, lui qui n'a strictement rien fait d'autre que de ronger son frein, depuis qu'il a sévèrement puni Lucius à leur retour de Dunvegan Castle
Le planton entre, visiblement sur la défensive et Voldemort lui arrache les journaux des mains avant de lui tendre un morceau de parchemin sur lequel il a noté quelque chose à la hâte une minute plus tôt.
« Va me chercher cette personne de toute urgence. Mais avant de partir, dis à Lucius que j'ai à lui parler ! » aboie-t-il en sifflant d'un ton mauvais.
Le planton se hâte d'obéir. Voldemort n'a vu personne depuis lundi soir. Et personne n'a d'ailleurs tenté de le voir depuis. Il aurait fallu être fou pour le faire…
Que va-t-il se passer maintenant ? Des punitions ? Des vengeances ?
Quoiqu'il en soit, cela ne peut rien être de bon je pense…
Voldemort jette les exemplaires de la Gazette sur son bureau. L'une d'entre elles se déroule, accrochant son regard… C'est l'Editorial de ce soir, qui annonce les évènements de Little Whinging. Et en bas de la page, il est fait état des arrestations qui ont eu lieu là-bas et chez King… Photographies du russe et des Carrow à l'appui…
Voldemort parcourt rapidement les articles, les narines fumantes et les pupilles flamboyantes.
Et à peine Lucius passe-t-il la porte, qu'il lui flanque un Doloris sans sommation…
Le Maléfice est puissant et Lucius, qui n'a pas eu le temps de se préparer, se tord sur le sol en hurlant de douleur…
Mais ça me fait ni chaud, ni froid.
Et ça me fait peur…
Je n'ai pas envie de devenir un salaud sans cœur…
La porte de la Base s'ouvre à l'instant où le Doloris cesse enfin, livrant passage à Severus et Nally que Nadya est allée chercher en hâte dès que Voldemort a demandé à parler à Lucius.
Voldemort se penche vers son serviteur qui halète et tremble, recroquevillé sur lui-même.
« Continue à prendre de si belles initiatives, Lucius. Mais ne perds plus aucun de mes Mangemorts ou Sympathisants en chemin. Compris ? » susurre le Lord Noir, en écartant une mèche de cheveux du front luisant de sueur de Lucius.
« Oui, Maître. » souffle ce dernier, la respiration laborieuse.
« Bien. Relève-toi et assois-toi dans un fauteuil. Et fais-nous venir du thé. » ordonne Voldemort, en se redressant, l'air satisfait.
Lucius obéit, grimaçant et crispant les mâchoires pour ne pas gémir de douleur. Sa main tremble terriblement quand il saisit sa Baguette et il doit s'y prendre à trois reprises avant de réussir à faire venir le thé.
« On m'a trahi, Lucius. » déclare brusquement Voldemort, tandis que Lucius sert difficilement le thé, en renversant une partie dans les soucoupes.
Il suspend son geste, tâchant de garder un visage impassible, mais le regard hésitant.
« Dolorès Ombrage est morte, tandis qu'elle remplissait sa mission à votre service, Maître… » dit-il d'un ton prudent
« Morte ? » reprend Voldemort, en haussant un sourcil vers Lucius.
« Oui, Maître. Ou c'est tout comme, pour le moins. Dans les cuisines du Ministère. Elle devait s'y être rendue pour glisser le poison dans le thé destiné à Fudge, aux Aurors et Tireurs de Baguette et se sera fait surprendre. Les cuisines étaient, selon la Gazette, dans un état indescriptible. De toute évidence, Ombrage a livré un combat acharné à Scrimgeour. Il lui a pris sa Baguette, mais elle a réussi à le tuer. Ensuite, il semble qu'elle ait voulu passer par le chemin qui traverse le couloir des Détraqueurs, mais elle n'a pas réussi. Un Détraqueur l'a embrassée. Ce n'est pas elle qui vous a trahi, Maître. » précise Lucius, un brin sur la défensive
De toute évidence il craint les réactions de son Maître…
« Et le Poison ? Qu'en est-il advenu ? » demande Voldemort, les yeux plissés…
« La Gazette n'y fait pas allusion. Il a dû être perdu durant le combat contre Scrimgeour » assure Lucius, qui reste en retrait dans son fauteuil.
Il est sur un terrain glissant et il a tout intérêt de garder ses fesses au chaud. Il le sait et redouble de prudence, mesurant chaque parole prononcée
« Ou les Aurors l'ont récupéré et le font analyser en ce moment même. Auquel cas il ne nous sert plus. Car nul doute que toutes les dispositions seront prises pour le détecter et qu'un contrepoison sera rapidement trouvé … » réplique Voldemort, visiblement très contrarié.
Lucius tique à peine et s'accorde le droit d'un léger sourire.
« Il leur faudrait des mois pour arriver à un résultat probant, Maître. Mesdames Zabini et Deli ne sont pas des novices et par ailleurs, mon contact dans les laboratoires de Ste Mangouste ne m'a pas alerté d'une commande par le Ministère. Ce qu'il n'aurait pas manqué de faire, assurément. Et si cela se produit dans les prochains jours, non seulement il m'alertera, mais il fera également tout pour ralentir les recherches. Alors ce poison a encore de beaux jours devant lui… » affirme-t-il avec conviction.
Mais Voldemort balaye l'argument d'un geste brutal de la main et Lucius pâlit imperceptiblement.
« Shackelbolt est à la botte de Dumbledore ! Ce n'est pas à Ste Mangouste qu'il aura confié la tâche, mais à Severus Snape ! Et tu sais comme moi qu'il est le meilleur Maître des Potions d'Europe ! Jamais je n'aurais offert à ce misérable Sang-Mêlé, une place aussi élevée dans la hiérarchie de mes Mangemorts s'il en avait été autrement ! Et cet infâme traître aura malheureusement tôt fait de balayer les mois d'efforts laborieux de ces deux femelles qui ne sont que de piètres empoisonneuses amateurs et ne lui arrivent pas à la cheville ! Je suis contraint de le reconnaître ! Alors non, Lucius ! Ce poison, dont l'élaboration coûte des fortunes, ne peut plus être utilisé dorénavant ! Cela ne servirait à rien d'autre que de gaspiller de précieux Gallions ! » enrage Voldemort, avant d'envoyer sa tasse et sa soucoupe contre les étagères de livres
Lucius s'enfonce dans son fauteuil et le silence s'installe durant quelques minutes. Le Maître et le Serviteur sont pensifs.
« Vous avez sans doute raison Maître. D'ailleurs je me demande… » se risque finalement Lucius, avant d'hésiter.
« Oui ? Que te demandes-tu ? » questionne Voldemort, d'un ton réservé.
Lucius se redresse et se penche vers lui… Il doit avoir eu une idée lumineuse pour s'enhardir ainsi.
« Eh bien… D'après la Gazette, les corps de Scrimgeour et Ombrage ont été trouvés après la bataille dans le Hall du Ministère. Il est donc certain qu'Ombrage avait déjà mis le poison dans le thé et l'avait envoyé à destination, sinon les Aurors se seraient demandé pourquoi le thé ne venait pas et seraient allés aux nouvelles, découvrant les corps plus rapidement. Nul doute alors qu'ils auraient aussitôt été en alerte, bouclant le Ministère et Bertram Yaxley ne serait pas passé à l'attaque, se réservant ainsi que ses troupes, avec une juste prudence. Et il se serait débrouillé pour nous faire avertir, par l'intermédiaire de Mugge ou Bishop. Alors voilà ce que je pense, Maître. Peut-être… Peut-être savaient-ils déjà, pour le poison et comment le déceler. Ils ont pu en récupérer dans les restes de gâteau, après les essais effectués par Zabini et Deli, là-bas, dans le Sud de l'Angleterre. Il est donc possible que Snape ait déjà fini ses analyses et trouvé comment le détecter. Par ailleurs, le temps étant à la méfiance, je ne serais guère surpris que toutes les boissons et nourritures, soient systématiquement testées au Ministère… Auquel cas, le poison a été découvert dans le thé. Peut-être alors Dumbledore, qui aura été tenu au courant, aura deviné vos intentions et que c'est pour cela que les Aurors et les Tireurs de Baguette nous attendaient à Dunvegan Castle, sans avoir ingéré le Poison et en ayant remplacé les Ministres par des doublures de l'Ordre du Phénix… » suppute Lucius, qui gamberge visiblement à toute allure…
C'est pas mal raisonné. Mais loin de la réalité. Et Voldemort ne semble pas convaincu… Lucius s'en rend parfaitement compte.
« Ceci dit » ajoute-t-il vivement, « nous ne pouvons pas exclure que Tanaka ce soit fait avoir par un piège que l'Ordre nous a tendu à Dunvegan Castle. Après tout, sa fille est une petite sotte et n'a guère été prudente en affichant clairement ses convictions. Aki s'est défendu d'adhérer aux idées de sa fille, mais Dumbledore aura été soupçonneux pour une fois. Et il se sera arrangé pour que Tanaka ait accès à de fausses informations… »
Voldemort reste pensif quelques instants, tandis que Lucius semble prier le ciel pour que l'une ou l'autre de ses explications trouve grâce aux yeux de son Maître…
« Et comment expliques-tu la présence de Potter, de ton fils renégat et leurs amis au Ministère ? » demande soudainement Voldemort, en gardant son regard dans le vague des flammes qui dévorent des bûches dans l'âtre.
« Une coïncidence, comme ils l'affirment. Ils étaient venus à la Bibliothèque du Ministère pour effectuer des recherches sur un sujet d'histoire. Je suis sûr, Maître, que l'Ordre du Phénix ne les aurait pas laissé aller au Ministère s'il avait craint une quelconque action de votre part là-bas. Et encore une fois, si la moindre information avait filtré à la dernière minute quant à une imminente attaque au Ministère, ils auraient été évacués très rapidement, par la sortie secrète. C'est certain. » répond rapidement Lucius, en retrouvant quelque peu ses couleurs et l'air sûr de son fait.
« Et ce serait également une coïncidence qu'ils soient tous allés dans la famille Moldue de Potter à peine la bataille du Ministère terminée ? Et qu'Arthur Weasley les ait rejoint là-bas avec l'un de ses fils aînés ? » susurre Voldemort, en se tournant vers Lucius avec brusquerie, un rictus mauvais aux lèvres.
Lucius pâlit encore une fois. Je ne vois pas comment il peut contrer cela. Je ne vois pas comment quiconque pourrait trouver une explication plausible d'ailleurs…
« Je ne sais, Maître. C'est le seul point sur lequel je trébuche. Tout comme vous, je doute des raisons évoquées par Nott et que Carrow nous a rapportées. Tout comme je ne sais comment ils ont pu échapper à vos Diablotins… La trahison est la seule explication qui me vient, mais je ne saurais dire qui est le traître… » avoue Lucius, avec une moue dépitée.
Et contre toute attente, Voldemort éclate d'un rire froid. A la surprise de Lucius, qui se détend soudainement et hausse un sourcil interrogatif, osant même un sourire amusé.
« Vous savez, n'est-ce pas, Maître. Me ferez-vous partager votre joie ? » demande-t-il, en laissant une main hardie risquer une caresse légère sur celle de son Maître.
Et comme Voldemort referme ses doigts sur les siens en souriant avec invite, Lucius vient se mettre à genou auprès de son Maître, lui offrant son visage au regard brillant d'excitation. Voldemort se penche vers lui, sa langue vient dessiner les contours de son visage, avant de glisser sur ses lèvres et de s'insinuer dans sa bouche en un baiser possessif.
Oh, merde ! Je sens qu'on va encore avoir droit à une de leur partie de jambes en l'air !
« Oui, Lucius, je sais… » siffle Voldemort dans un souffle, le regard triomphant…
« Dîtes-moi, s'il vous plait, Mon Seigneur… » quémande Lucius, d'une voix sensuelle accompagnée de caresses aériennes sur les cuisses de son Ténébreux Seigneur.
Chiotte ! J'avais raison ! Ils vont baiser ! Mais pourquoi faut-il que j'ai toujours droit aux punitions et à la baise à la va vite de ces deux là quand je suis de garde !
Voldemort se saisit de l'une des mains de Lucius et la guide vers son sexe. La demande muette n'a rien d'équivoque et Lucius s'empresse de déboutonner la robe de son Maître pour lui prodiguer ses faveurs.
« Mes adorables Diablotins étaient fragiles, Lucius. Le froid de la nuit a dû les saisir et ils ne devaient guère être vivaces. Ce qui aura permis à Potter, ton fils et leurs amis d'en venir à bout facilement. Il nous faudra régler ce problème pour la prochaine couvée… » déclare Voldemort en laissant ses doigts squelettiques et blafards courir sur la joue de Lucius qui boit ses paroles tout en prodiguant du plaisir à son Lord Noir.
« Oui… Vous avez parfaitement raison, Mon Maître… » acquiesce Lucius, avant de gratifier le sexe de Voldemort d'un coup de langue sensuel.
Voldemort se laisse aller sur le dossier de son fauteuil avec un soupir d'aise, appuyant sur la nuque de Lucius pour l'encourager à approfondir sa caresse. Il goûte son plaisir, les yeux fermés, durant deux ou trois minutes, puis attire Lucius vers lui. D'un Sort il le dénude, avant de s'enfoncer profondément en lui. Lucius l'accueille, en rejetant la tête en arrière, une expression d'extase totale sur le visage. Et, quand Voldemort est complètement en lui, il l'embrasse avec gourmandise, avant de planter son regard dans le sien…
« Mais qui les a prévenus, Maître ? » demande-t-il, en effectuant des petits mouvements de bassins.
« Patience, Lucius, tu sauras bientôt… En attendant, donne-nous du plaisir et caresse-toi. Et fait vite, nous avons une visite imminente…» répond Voldemort, le regard flamboyant de luxure…
Et en bon serviteur, Lucius s'exécute avec fougue…
Et moi j'éteins le son pour ne plus entendre leurs bruyants soupirs et gémissements…
OoOoOoO
Bill
« Je me demande quelle tête va tomber… » murmure Severus, les yeux plissés sur la réflexion.
« Je ne sais pas… Mais dans une certaine mesure, nous serons responsables de sa mort… » répond Nally d'une voix blanche, me filant illico le frisson.
Ce qu'elle dit est vrai. Qui que ce soit, cette personne va mourir, car Voldemort a l'air certain de sa culpabilité. Et nous en serons responsables, même si nous ne l'avons pas jetée dans les bras de Voldemort…
« Merde ! Comme si on en n'avait pas assez sur le dos ! » s'exclame Charly, dont les tâches de rousseur semblent bien plus foncées que d'habitude tant son visage a pâli…
« Nous savions tous qu'il y aurait des dommages collatéraux, dès l'instant où nous avons pris la décision d'espionner le Manoir et d'encourager Voldemort à croire qu'il y a un traître dans ses rangs. Il n'est pas temps de culpabiliser. Laissons cela à plus tard.» déclare aussitôt Severus, avant de se tourner vers Viktor : « Des nouvelles des jeunes de Durmstrang enrôlés de force ? »
« Ils sont au Manoirrr. Maintenus sous Imperrrium. Une idée pourrr les sorrrtirrrr de là ? » demande Viktor, avec une pointe d'espoir.
« Malheureusement non. Pas pour l'instant. Mais nous n'avons guère eu le temps de penser à cela jusqu'à présent. » répond Nally, sur un soupir.
« Les deux affreux ont fini de batifoler et quelqu'un arrive… » annonce Charly, qui vient de jeter un rapide coup d'œil sur les écrans pour les surveiller…
Lucius a fait vite… Lapinus Baisus comme aurait dit la pauvre Carlotta… Mais il n'est pas temps de penser à l'amie de Charly et Nadya, qui sera enterrée demain, là-bas, en Italie où son corps a été rapatrié…
Je concentre mon attention sur les deux Mangemorts qui remontent l'allée. Je reconnais la silhouette du planton et m'attache à observer de plus près l'autre. Elle est plus petite, plus mince et court presque pour se maintenir à hauteur. Et à sa démarche, je suis certain que c'est une femme…
« Lui, c'est Ramirez Senior. Il a fini par se décider à prêter allégeance, à ce que je vois. C'était prévisible. Mais elle, je ne la reconnais pas. » déclare Severus, en montrant le planton et la femme tour à tour, dès que le couple entre dans la lumière du Hall du Manoir
« Moi si. C'est la Bibliothécaire du Ministère. Elle s'appelle Dorothy Holmes… » révèle Nally, avant de prendre note de cette arrivée dans le journal de bord.
Holmes avance dans le couloir à la suite de Ramirez Senior. Elle est visiblement terrifiée. Elle le serait davantage encore si elle savait qu'un destin funeste l'attend et qu'elle exhalera bientôt son dernier soupir…
Ramirez s'arrête enfin devant la porte. Il frappe et Voldemort ouvre d'un geste négligent de la main. A ses côtés, Lucius finit d'ajuster ses vêtements, en regardant Holmes se précipiter aux pieds de son Maître.
« Dorothy Holmes… Tu te souviens sans doute, Lucius, qu'elle nous a rendu visite, lundi dernier… » susurre Voldemort, en observant d'un air satisfait sa Mangemort qui tremble comme un petit oiseau blessé…
« Je m'en souviens parfaitement, Maître. » répond Lucius, prenant place dans son fauteuil.
Il se cale confortablement, croisant les jambes, puis sirotant un peu du Whisky qu'il s'est servi avant que Holmes entre dans le bureau. Il fixe la Mangemort de son regard clair, se délectant visiblement par avance du spectacle macabre que son Maître ne va pas manquer de lui offrir.
Voldemort, qui a l'air d'un chat satisfait de tenir entre ses griffes la proie avec laquelle il va jouer de longues heures, se penche vers Holmes et lui relève le menton.
« Et sais-tu, Lucius, ce que notre chère amie a fait, après que je l'ai renvoyée chez elle ? » demande cette fois Voldemort, en caressant le front de Dorothy Holmes avec délicatesse
« Non, Maître. Mais je gage que vous allez me l'apprendre. » répond Lucius d'une voix veloutée dans laquelle pointe un peu de moquerie.
Voldemort sourit, d'un sourire froid, tandis que l'ongle de son index posé sur le front de Holmes, pousse rapidement. Pointu, visiblement très acéré et s'enfonçant légèrement dans la peau de Holmes. Le sourire du Lord Noir laisse place à un rictus cruel et les yeux de Holmes, qui ne comprend rien à la situation mais subodore qu'elle est en très mauvaise posture, s'écarquillent de terreur pure.
« Elle a fait mine de partir, puis est revenue en catimini, se dérobant à nos regards, pour espionner nos conversations. Et quand elle a tout su de nos projets, elle est partie, chevauchant vivement son balai jusqu'aux grilles d'où elle a Transplané. Et elle nous a trahis ! Elle est allée livrer nos secrets à l'ennemi ! » assène Voldemort, en déchirant la peau du front de Holmes d'un coup sec de son ongle acéré…
Holmes hurle, le sang dégoulinant dans ses yeux.
« Non ! Non ! C'est faux ! Je suis partie dès que vous me l'avez ordonné ! Je ne suis pas revenue ! Je ne vous ai pas trahi, Maître ! Je ne vous ai pas trahi ! Je le jure sur ma vie ! » s'écrie-t-elle, en s'accrochant à la robe de Voldemort, qui la repousse brusquement en arrière.
Elle tombe sur le parquet et se recroqueville sur elle-même en gémissant, suppliant Voldemort de croire en son innocence entre deux sanglots…
« Oui… C'est pour cela que Potter est allé dans sa famille ! Quand elle est arrivée pour prévenir l'Ordre, il n'y avait plus que lui, Draco et leurs amis. Tous les autres étaient partis pour nous attendre à Dunvegan Castle… » souffle Lucius, ses yeux brillants comme à la révélation d'une vérité divine…
Voldemort acquiesce et se lève, pour venir tourner autour de Holmes, qui sanglote toujours et se défend des accusations injustes dont elle est l'objet…
« Oui, Lucius. C'est pour cela que Potter s'est précipité à Privet Drive. Pour secourir sa famille… Notre chère Dorothy l'a prévenu. » affirme Voldemort, avant de jeter un Sort de Silence d'un geste agacé, en direction de Holmes et de poursuivre : « Je nourrissais déjà des soupçons à son égard, après avoir vu ses souvenirs du Ministère, où elle n'a pas prêté main forte à nos amis. Et depuis l'échec de Nott à Privet Drive et le nôtre à Dunvegan Castle, je n'ai cessé de réfléchir. Tu avais raison, Lucius. Un piège nous a été tendu à Dunvegan Castle, par l'intermédiaire de ce benêt de Tanaka qui n'a pas su détecter qu'il était l'objet d'un leurre. Et sans doute aucun Yaxley a-t-il été victime de malchance au Ministère. Mais à Privet Drive, Lucius, il ne pouvait en aucun cas être question de malchance ou de piège, puisque cette attaque n'avait pas été prévue pour ce soir là. Seule une trahison pouvait expliquer l'échec de Nott ! Et seule Dorothy avait eu l'opportunité de renseigner l'ennemi ! Elle avait quatre précieuses minutes pour le faire, car elle avait à disposition un balai pour sortir rapidement de l'enceinte du Manoir, tandis que nous avons marché… » explique Voldemort, en tournant toujours autour de sa proie, penché vers elle, au comble de la rage.
Et il lui assène un Doloris furieux. Plus puissant encore que celui qu'il a balancé à Lucius plus tôt dans la soirée.
Holmes se cabre et roule sur le sol, dans une tentative désespérée d'échapper au Maléfice. Ses hurlements, rendus muets par le Silencio, doivent lui déchirer la gorge. On dirait un pantin, au visage barbouillé de peinture rouge, bouche béante, manipulé par des mains malhabiles…
Voldemort ne laisse même pas une chance à sa servante de prouver qu'elle ne l'a pas trahi. Il se déchaîne sur elle avec une haine et une rage folle.
« Je ne suis pas sans cœur » souffle Charly dans un murmure à peine audible.
Et dans un réflexe, je lui saisis le bras, pour le serrer en un geste de réconfort dérisoire. Je le comprends. Je sais ce qu'il pense et ressent… Moi non plus je n'ai pas éprouvé la moindre pitié pour Lucius tout à l'heure. Mais cette fois, j'ai le bide qui se tord, à voir cette femme se faire torturer par Voldemort, sous le regard allumé de plaisir de Lucius.
Et je me sens mal, je ne peux que détourner le regard, pour ne plus voir cet abominable spectacle.
« Sortez. Nous savons tous comment cela va finir. Inutile que tout le monde reste. Je vous préviendrais quand ce sera fini. » déclare Severus d'une voix blanche, en se décalant pour masquer l'écran aux regards.
« Tu es sûr ? » demande Nally, en regardant son époux d'un air inquiet.
« Oui. Ce n'est malheureusement pas la première fois que j'assiste à ça. Croyez-moi, ce sera bien pire que ce qu'a subi Marsden après l'échec d'Halloween et sa misérable tentative pour faire accuser Harry, Ron, Neville et Hermione de meurtre. Voldemort est parti pour faire durer la séance durant des heures… Regardez, il emmène Dorothy Holmes dans les jardins. Il va la torturer pour exemple devant tous ses Mangemorts. Partez. Je vais laisser courir la bande, son coupé et je ne jetterai qu'un œil de temps en temps, jusqu'à ce que ce soit terminé. Quelqu'un viendra me relever après. J'enverrais mon Patronus dans la cuisine quand ce sera le moment…. » assure Severus, d'un ton un peu plus ferme.
Et bien que je me sente lâche de le laisser assumer seul une tâche aussi ingrate, je lui obéis, sortant d'un pas lourd pour descendre dans la cuisine. Je suis épuisé après ces dernières journées de merde que nous avons eues, mais, même si je ne me sens pas le courage de rester avec Severus, j'attendrais qu'il vienne dans la cuisine, pour boire un remontant, que ce soit du thé ou autre chose, en sa compagnie…
Et mes compagnons ont l'air de penser la même chose que moi quand ils s'assoient autour de la table, dans le silence de la cuisine, désertée à cette heure avancée de la soirée…
OoOoOoO
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