Disclaimer: cf chapitre 1

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Ma bêta est Mistcal...

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum pour : - Marina - Douceurfamille - Mireille -

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Des Agents Très Spéciaux 1/2

Jeudi 26 décembre 1996

Acte 1 :Plus Dure Sera La Chute

Harry

« Ah ! Harry ! Voilà ce que tu m'as demandé ! » s'exclame Madame Jordan, avec son habituel immense sourire.

Je ne me demande plus d'où Lee tient sa perpétuelle bonne humeur depuis que j'ai rencontré sa mère. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi optimiste. Elle rebondit sur les malheurs comme le ballon de basket d'un joueur en train de dribbler… Un vrai rayon de soleil cette femme !

Et toujours prête à rendre service !

Je la remercie avec chaleur tout en ouvrant l'un des paquets qu'elle vient de me remettre. J'en extirpe un gros catalogue et une liasse de papier. Un coup d'œil sur le premier document me conforte dans ce que je soupçonne et je me dis que l'oncle Vernon ne va pas être content du tout. Mais ça ne le changera pas beaucoup de d'habitude, car je crois bien que je n'ai jamais vu Vernon entièrement satisfait. Sauf peut-être quand il avait une idée pour me pourrir la vie…

Cette fois, c'est la sienne de vie qui est pourrie. Et ça ne va pas en s'améliorant. Loin de là…

« Prêt Harry ? » demande Marraine en entrant dans le petit bureau dans lequel je me suis installé.

« Oui. Et toi ? » réponds-je, en la regardant poser des livres, des cahiers et des crayons sur le bureau.

« Parfaitement prête ! » assure-t-elle avec le sourire.

Elle a l'air bien plus reposée qu'hier, bien que ce ne soit pas encore le top du top assurément. J'avoue qu'elle m'a fait peur, quand elle a craqué. Parrain a raison. Marraine en colère c'est bien pire à affronter que lui. Et j'ai cru la dernière heure des Dursley arrivée.

Ça m'aurait beaucoup ennuyé. Pour Marraine surtout, car je sais combien elle aurait regretté de n'avoir pas su se contrôler… Les Dursley, eux, ne m'auraient pas trop manqué, je l'avoue, même si je ne me serais pas réjoui de leur mort pour autant… C'est que ce sont juste… les Dursley. Et je n'arrive pas à les aimer, même si nous sommes de la même famille et que je me sens liés à eux… Par un petit lien… Un tout petit lien…

Le quatuor de Dursley arrive justement pile poil à l'heure convenue. Vernon en tête. Il n'a pas l'air bien frais…

Les autres non plus d'ailleurs. J'ai croisé Parrain tout à l'heure et il m'a dit que leur première séance d'activité physique a été une véritable catastrophe. Il a pourtant été plutôt gentil avec eux. Il ne les a pas poussés du tout. Quelques étirements, un peu de tapis roulant et de corde à sauter… Et encore, il n'a pas trop forcé sur la corde à sauter. Il a craint que le plancher ne tienne pas sous les bonds pesants de ces hippopotames de Vernon, Dudley et Marjorie.

Parrain devrait peut-être prévoir les prochains entraînements dans le sous-sol, on risquerait moins de se prendre le plancher du grenier sur la tête…

Toujours est-il qu'à voir, la remise en forme ne va pas se faire sans mal… Et avec le boulot qui les attend, ça ne va pas s'arranger. Ils vont se découvrir un tas de muscles qu'ils n'ont jamais utilisés… Mais je sais que Parrain leur a fourni un excellent Onguent. S'ils l'utilisent en suivant bien ses instructions, ils ne devraient pas trop souffrir…

Juste un petit peu…

Assez pour me maudire jusqu'à la cent millième génération…

Je les invite à s'asseoir, de mon ton le plus aimable. Et je tends à Vernon l'enveloppe qui va le mettre à terre…

Madame Jordan est allée la chercher, avec les papiers pour les déclarations aux assurances et autres organismes (banque, services des eaux, de l'électricité, du gaz etc…) à la Mairie de Little Whinging qui a organisé un bureau spécial pour aider celles et ceux qui ont tout perdu dans les incendies. On y distribue entre autre le courrier et Vernon a signé un formulaire qui permet à Madame Jordan de passer le prendre…

Ça ne lui plaisait pas, mais il a dû s'y résoudre. Nous ne pourrons pas toujours mettre une escorte à sa disposition pour l'accompagner dans ses déplacements, qui seront donc limités au strict nécessaire.

Vernon ouvre l'enveloppe. Et il pâlit dangereusement en lisant son contenu…

Voilà, il est catastrophé … C'était inévitable, je m'en doutais…

« Vernon ! Que se passe-t-il ? » demande la tante Pétunia, d'une voix chevrotante…

Vernon est sans voix. Il éponge la sueur qui lui dégouline maintenant du front, en s'étouffant à demi, sa main gauche crispée sur sa lettre.

« Vernon ! » s'exclame Pétunia, les yeux écarquillés d'angoisse.

« Les… les bu… les bubu…les brûlés… les bureaux brûlés… Chôm… technique… chômage tech… Pétu… Pétunia… Je suis… Je… Chômeur… » bégaye Vernon, à demi suffoquant et qui devient violet

Il va nous faire une attaque si ça continue. Mais je vois Marraine qui lui jette discrètement un petit Sort et sa respiration se fait moins laborieuse… Ouf ! Tant mieux ! La tante Pétunia m'aurait accusé de meurtre si Vernon s'était effondré raide mort dans mon bureau…

« QUOI ! » s'exclame dans le même temps la tante Pétunia, en arrachant le courrier des mains de Vernon, tandis que Dudley semble sur le point de s'évanouir…

Plus dure sera la chute dit un proverbe ou je ne sais quoi dont je ne me souviens pas le début… Ben on y est concernant les Dursley…

Le chômage… La pire tare qui puisse arriver à un homme selon le grand sage et philosophe Vernon Dursley. Il est anéanti. Littéralement. Il va falloir lui secouer les neurones avec énergie si on veut qu'il reprenne pied sur cette planète. Je devrais peut-être lui dire : T'inquiète tonton, du boulot il y en a autant que tu veux ici. Tu vas pouvoir gagner ta pitance et celle de ta famille… Ouais… Si je dis ça, c'est pour le coup que je le tuerais. Alors mieux vaut éviter…

Pétunia est pétrifiée d'horreur… La voilà épouse d'un chômeur. Une disgrâce totale et un pur déshonneur. Elle serait obligée de raser les murs en rampant pour qu'on ne la voie pas si elle devait sortir. C'est pour le coup qu'elle a de quoi se réjouir de devoir rester coincée ici… Quoique ma présence va sans cesse lui rappeler que pour l'instant je subviens à tous ses besoins… Dépendre de ma charité. Quel démon je vais incarner à ses yeux !

Dudley est hébété. Il doit voir dans sa tête les chiffres de la caisse enregistreuse qu'il a à la place du cœur, tourner à rebours. Adieu les cadeaux dispendieux, les vêtements de marque et l'argent de poche. Il va falloir faire des économies et se serrer la ceinture… La catastrophe suprême… Et la fin du monde quand il réalisera que je le tiens définitivement dans ma main en ce qui concerne la bouffe. Déjà que Marraine l'a collé au régime !

Si tous les trois n'avaient pas l'air si sincèrement misérables, j'éclaterais de rire. Mais pour le coup, ils me font pitié. Surtout quand je vois la façon dont Marge les regarde et se trémousse sur sa chaise pour se tenir le plus éloignée d'eux possible. On viendrait d'annoncer qu'ils sont pestiférés, qu'elle n'agirait pas autrement… Quelle putain de garce quand même ! Comme si c'était leur faute si les bureaux et une grande partie du magasin du siège central de la Grunnings ont été ravagés par un incendie hier matin ! Et que le Directeur Général de la société a décidé de mettre au chômage technique le Directeur des ventes qui ne s'est pas pointé à la réunion de crise qu'il a organisée l'après-midi même de la catastrophe…

Vraiment, les évènements s'acharnent sur son frère chéri, sa belle-sœur et son neveu adoré. Elle devrait se montrer un peu plus clémente et sympathique avec eux. Mais non. Son esprit étriqué et son cœur de pierre ont décidé que ce sont de dangereux tarés qu'il aurait fallu noyer à la naissance. J'en jurerais… Quelle horrible mégère ! Cette fois c'est décidé, je la déteste irrémédiablement !

« Chômage technique, c'est temporaire… Je vais voir si on peut t'accompagner au siège de crise de la Grunnings cet après-midi. Tu pourras rencontrer le Directeur Général et lui expliquer ta situation… Après tout, ce n'est pas comme si tu avais pu aller travailler dans les prochaines semaines, n'est-ce pas ?… Oncle Vernon ? » dis-je, en me risquant à poser une main sur l'épaule de mon oncle pour le secouer un peu afin d'attirer son attention…

Il relève la tête, me regardant d'un air perdu et je lui répète ce que je viens de dire. Bien, il réagit. Il cligne des yeux…

« Que… Mais… Mais… Co… comment veux-tu que je lui explique… Il ne me croira jamais… Il me prendra pour un fou… Je suis foutu… Foutu… Jamais je ne retrouverai de travail à mon âge… Chômeur à vie…Je suis foutu… On va finir sous les ponts…» répond Vernon, d'une voix éteinte et les larmes lui montant brusquement aux yeux…

Je jette un coup d'œil à Marraine. Je sais qu'elle n'aime pas Vernon, mais je suis certain qu'elle pourrait le tirer d'affaire. Elle a toujours des idées géniales… Marraine hausse les épaules et soupire…

« Tu es bien comme ta mère, toi ! Toujours prêt à pardonner à l'animal qui t'a mordu et à prendre soin de lui ! Bon, d'accord. Mais c'est bien pour toi que je vais le faire… Vous n'êtes pas foutu, Vernon ! Je vais demander à Kingsley de vous accompagner. Il connaît bien les méthodes policières Moldues et sait parfaitement jouer ce rôle. Allez voir votre grand patron et dîtes-lui, en toute confidence, que vous êtes la cible d'un tueur. Après tout, c'est la vérité. » propose-t-elle, tandis que je la serre dans mes bras pour la remercier de son aide.

« Je le connais, il va me demander pourquoi je suis la cible d'un tueur ! Et si je ne lui réponds pas, il pensera que je cherche seulement à sauver mon travail par un mensonge. Et ce sera le renvoi pur et simple, sans indemnité ! » s'exclame Vernon, en se tordant les mains.

A ses côtés, Pétunia est tout aussi angoissée, mais elle semble, tout de même, reprendre un peu espoir. Dudley, lui, dresse l'oreille, tout ouïe et prêt à vénérer Marraine jusqu'à la fin de ses jours si elle le sort de cette mauvaise situation. On dirait un joueur de casino, suspendu à sa machine à sou et qui guette le moment où la machine va cliqueter et les pièces joyeusement tinter en cascadant dans son escarcelle…

Il est pathétique, mon gros cousin. Pour un peu, je voudrais qu'il y reste un bon moment, dans sa mauvaise situation. Ça lui permettrait peut-être de comprendre un jour, que l'argent ne fait pas le bonheur, même s'il y contribue parfois un chouia…

« Attentat ! Tu es témoin du sabotage à l'origine des fuites de gaz qui ont provoqué les incendies de Little Whinging ! C'est une information ultra secrète qui ne doit pas filtrer ! Ton patron ne doit rien révéler de cela ou il sera lui aussi en grand danger ! Les types qui ont fait ça sont hyper dangereux ! C'est pour cela que tu dois disparaître quelque temps avec ta famille et que tu n'as pas pu te présenter à la réunion de crise hier. Tu étais en train de déposer dans les Bureaux des Services Secrets Internes de Sa Majesté à Scotland Yard ! Tu ne vas pas aller au siège de crise pour le voir, ton grand patron ! On va lui téléphoner, pour lui donner un rendez-vous secret ! Non ! Mieux encore ! On va le guetter ce soir et l'enlever pour le conduire quelque part ! Les yeux bandés, peut-être même ! Dans un entrepôt vide ! Et tu seras là-bas, oncle Vernon, avec une escorte complète, armée jusqu'aux dents ! Et c'est là que tu lui raconteras ta petite histoire ! On va lui sortir le grand jeu à ton patron ! Qu'est-ce que tu en penses, Marraine ? » m'écrie-je soudainement, pris d'une fièvre joyeuse…

Une idée comme ça, le patron de mon oncle ne peut que la gober, non ? C'est tellement gros, que ça ne peut que paraître vrai… Et puis, des rumeurs font état justement d'un attentat politique, selon les journaux Moldus… On ne fera que les nourrir dans l'esprit de ce type, le Directeur de la Grunnings…

« Que tu as une imagination digne de ton père ! James avait le chic pour inventer des scénarii rocambolesques ! Il aurait fait un excellent auteur de romans, s'il n'avait choisi d'être Auror. Ceci dit, ça peut marcher… Il faut juste creuser un peu l'idée et la mettre au point. Si ce n'est pas pour ce soir, ce sera pour demain… Je m'attelle à ça dès que nous aurons fini ici… » répond Marraine, avec une lueur espiègle dans le regard…

Je peux compter sur elle pour mettre sur pied un plan d'enfer…

Et glisser en douce des super compliments sur mes parents pour bien faire entrer dans le crâne des Dursley qu'ils étaient des gens bien. Non des chômeurs ivrognes, comme ils se sont toujours plu à le claironner…

« Qu'en dis-tu, Oncle Vernon ? » demande-je donc, en me tournant vers mon oncle…

Il me regarde maintenant avec des yeux où se disputent l'effarement, l'espoir et le doute…

Il me prend pour un dingue. Et Marraine avec. Mais bon, ce n'est pas nouveau. Je me demande juste s'il sera capable de jouer cette comédie sur un ton juste. Je verrais cela avec Marraine tout à l'heure…

Pétunia, elle, semble ragaillardie et serre les mains de Vernon, en le regardant comme si c'était lui qui avait trouvé la solution… Ça ne m'étonne pas. Reconnaître que j'ai eu une idée de génie doit lui être impossible…

Quant à Dudley, il me fixe bouche bée et… Oh ! Je n'en crois pas mes yeux ! Une lueur d'admiration et d'envie dans le regard ! Ça, je ne m'y attendais pas du tout ! Il va pleuvoir des grenouilles !

Mais bon, ça ne va pas durer. Il va sans aucun doute me gratifier d'un regard assassin dans quelques minutes… Quand je vais lui remettre son emploi du temps de la semaine…

Un emploi du temps bien chargé…

Car il faut bien qu'il gagne le gîte et le couvert que je mets gracieusement à sa disposition !

Et puis après toutes les misères qu'il m'a faites dans le passé, je viens de mettre un énorme coussin sous ses fesses pour amortir sa chute. Ça mérite bien qu'il se remue un peu le cul pour rendre ma maison agréable à vivre, non ?

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Acte 2 : Chasse Au Trésor Phase 2

Ron

Ça fait bien dix minutes que je poireaute dans le hall, attendant que Harry et sa Marraine aient fini de donner leurs instructions aux Dursley.

Walburga me suit du regard, tandis que je fais les cent pas. Ça lui démange de m'insulter et je parie que c'est une véritable litanie d'injures toutes plus juteuses les unes que les autres qui lui traversent l'esprit en ce moment… Si elle avait des poignards à la place des yeux, je serais mort mille fois depuis dix minutes…

Onze maintenant.

Bon, je n'y tiens plus. Faut que je voie leurs têtes…

J'entrouvre la porte. Juste assez pour constater que les Dursley me tournent le dos. Bien, je vais pouvoir me glisser à l'intérieur. J'y vais doucement. Naturellement, Harry et sa Marraine me repèrent aussi sec, même si je n'ai fait aucun bruit. Les Dursley, eux, sont loin de se douter que je suis là, même si les vitres de la bibliothèque renvoient nettement mon reflet, presque sous leur nez.

Harry tend la main vers l'emploi du temps que lui et sa Marraine ont concocté hier soir, avec la mère de Lee et Monsieur Strikawe. Mais Tatie Nally le devance d'un quart de poil…

« Bien, nous reparlerons de cela quand nos plans seront tirés. En attendant, vous occuper l'esprit vous fera grand bien. Alors voilà. Les livres et cahiers sont là pour toi, Dudley. Monsieur Strikawe a pointé les exercices de maths et de physique que tu dois faire pour ce midi, ainsi que les chapitres d'histoire et de géographie que tu dois réviser. Il viendra dans une heure pour voir comment tu t'en sors avec les maths et la physique, te donner d'autres exercices à faire pour demain et tu auras un contrôle samedi matin pour les deux autres matières. Quant à Madame Jordan, elle demande que tu fasses une fiche de lecture concernant ce livre, à lui remettre lundi soir. Elle te posera des questions dessus. Il y a également des exercices d'anglais et de français à faire pour évaluer ton niveau, pour lundi également… Tu as trois heures d'études obligatoires, de neuf heures à midi, du lundi au samedi. Pour le reste, tu organises ton temps d'étude comme tu veux, sachant que de treize heures trente à dix-huit heures, tu aides tes parents et ta tante Marge à refaire la décoration. A la fin des vacances, tu auras deux heures d'études supplémentaires par jour, du lundi au vendredi. A déduire de ton temps de travail avec tes parents et ta tante Marge, bien entendu. Des questions ? » expose Tatie Nally, en haussant un sourcil vers Dudley qui s'est ratatiné sur sa chaise à mesure qu'elle parlait.

Il tire une tête de six pieds de long. Je peux le voir à son reflet dans la vitre de la bibliothèque. Mais il n'ose pas piper mot. Après ce qui a failli lui arriver, selon ce que Harry m'a raconté, cela ne m'étonne pas. Tatie Nally en super rogne, ça devait donner…

« Bien ! Puisque Dudley n'a pas de question, passons à la suite ! Il faut décaper les meubles, les parquets, les boiseries et les lambris de toute la maison, avant de les vernir ou les peindre. Tous les plafonds ont besoin d'un sérieux coup de pinceau également, les murs d'être tapissés. Il faut remplacer les doubles rideaux et les tissus d'ameublement des fauteuils et canapés… Beaucoup de travail en perspective. Tu sais coudre, Pétunia, m'a dit Harry. Il y a une vieille machine à coudre à pédale, qui marche sans électricité, dans l'entrepôt où se trouvent les dons recueillis par Madame Jordan et sa belle-sœur. Lee la ramènera ce soir. En attendant, tu vas pouvoir commencer à travailler avec Vernon et Marge. Je propose que vous commenciez par le petit salon. Il y a dans ce paquet tout le matériel nécessaire pour détapisser les murs et décaper les boiseries. Harry ira choisir les papiers, tissus, peintures et vernis demain après-midi… S'il vous faut du matériel, adressez-vous à lui. Il tiendra ce catalogue à votre disposition pour effectuer vos choix. Vous travaillerez à la décoration de neuf heures à midi et de treize heures trente à dix-huit heures, du lundi au samedi. Des questions ? » expose encore Tatie Nally, à l'intention des trois adultes.

Et comme aucun ne dit mot, elle fourre le paquet de matériel dans les mains de Vernon Dursley et l'invite, ainsi que sa femme et sa sœur, à la suivre jusqu'au petit salon. Ce qu'ils font sans moufter…

Y a pas à dire, ils sont drôlement matés les Dursley… Et je soupçonne Tatie Nally de profiter de la situation pour faire en sorte qu'ils la détestent plus qu'ils ne détestent Harry.

« Tu devrais t'installer pour commencer tes devoirs, Dudley. Il est déjà neuf heures vingt-cinq. Monsieur Strikawe ne va pas tarder à venir voir où tu en es… » déclare Harry, en regardant son cousin qui est resté complètement amorphe dans son fauteuil.

Assommé par la somme de taf qui l'attend…

Enfin, il bouge ses grosses fesses, avec un soupir à fendre l'âme. C'est à croire que tous les malheurs du monde lui sont tombés sur les épaules… Il se déplace en traînant les pieds et se laisse tomber de tout son poids sur le fauteuil de bureau. Le fauteuil gémit dangereusement, mais il tient le choc.

Les Ancêtres Black doivent se retourner dans leur tombe : un cachalot Moldu assis dans le vénérable fauteuil de bureau du chef de famille… une hérésie, à n'en pas douter…

M'enfin… J'ai d'autres Kneasels à fouetter…

« Tonton Sev veut nous voir. Il a eu une nouvelle idée, pour le Journal de Salazar… » annonce-je à Harry, en l'entraînant vers la sortie.

Nous laissons le cousin Dudley à ses devoirs, pour grimper à l'étage, dans notre chambre où notre prof de Potions nous attend. Je suis curieux de savoir ce qu'il a encore mijoté. Sûrement quelque chose de bon, à voir sa mine de chat gourmand…

« Ah ! Vous voilà ! Je veux glisser un souvenir de Salazar dans son Journal. Un message en Fourchelang ! » annonce tout de go le Parrain de Harry.

Pour le coup, je m'étrangle à demi avec ma salive.

« Quoi ! » s'exclame Harry, traduisant parfaitement ma pensée…

Il veut faire un journal à la Jedusor maintenant ? De la Magie Noire ! Parce qu'il s'agissait bien de Magie Noire, le professeur Dumbledore nous l'a bien expliqué. Je n'ai pas tout compris de ses explications d'ailleurs, mais je n'ai pas non plus cherché à comprendre. Tout ce qui touche à la Magie Noire me fait flipper…

Tonton Sev éclate de rire.

« Ne faites pas cette tête. Il ne s'agit pas de recourir à la Magie Noire. Vous allez voir, elle est géniale, mon idée. Je me suis inspiré des Higgs. Tu te déguises en Salazar Serpentard, Harry. Tu t'installes devant un miroir, Ron jette une illusion pour faire croire que tu te trouves dans un décor du moyen âge, tu délivres ton texte et retire le souvenir de ta mémoire pour le glisser dans une fiole ancienne, que nous cacherons dans le Journal de Salazar… » explique Tonton Sev, d'un ton triomphant.

Ah ! Ça me rassure ! Harry également à voir…

« Et que dira ce message ? » demande-t-il, en haussant un sourcil.

« Nous voulons absolument être certains que Voldemort donnera une bague piégée à Lucius, n'est-ce pas ? Alors Salazar va lui donner l'ordre de le faire, par l'intermédiaire de ce message. J'ai eu cet éclair de génie ce matin, pendant les exercices physiques des Dursley…» répond Tonton Sev, toujours aussi triomphant.

« Ah…. Ben ça te réussit de leur faire faire des exercices… » commente Harry, rigolard, avant d'ajouter : « Et quand veux-tu que nous fassions cela ? »

« Le plus vite possible ! C'est à dire maintenant. Voilà le texte. Je suis allé voir Raph Seymour, il me l'a immédiatement écrit. J'ai également la fausse carte de Stonehenge que nous allons joindre au Journal, dessinée par Marian sous mes instructions il y a quelques jours déjà, avant les vacances. Oh ! A propos, Kevin viendra ici, tous les après-midi, pour finir de retranscrire le Journal. Marian travaillera le matin pour l'illustrer. Avec le Chronomètre Magique, nous espérons que ce fameux journal sera prêt pour la fin des vacances… » nous apprend Tonton Sev, avec une belle énergie.

« Eh bien. On dirait que ça se précipite soudain, cette affaire là… » fais-je remarquer, tout en gambergeant déjà sur l'Illusion que je vais créer.

« Oui… Il devient urgent de savoir ce que mijote Lucius quand il n'est pas au Manoir et ce qu'il dit à ses contacts. Nous avons eu de la chance hier, de limiter les dégâts. Je doute que ce soit le cas la prochaine fois. J'aimerais que Voldemort l'ait avant la fin des vacances… » répond Tonton Sev, soudainement moins joyeux.

« Les bijoux, tu les as déjà ? Le collier et la bague ? » demande alors Harry, l'air pressé de s'y mettre.

« Oui. Le père de Mademoiselle Janice Tucker est un joaillier remarquable ! Mais jugez-en par vous-mêmes. » assure Tonton Sev, en sortant deux écrins de sa poche.

Et il exhibe bientôt à nos regards, deux magnifiques pièces de joaillerie, qui ont l'air parfaitement anciennes et avoir besoin d'un bon nettoyage, comme si elles avaient pris la poussière durant des siècles et des siècles…

Du magnifique boulot, c'est sûr !

« Euh… J'ai un doute soudain… Ça existait déjà, les miroirs, au moyen âge ? » demande-je, en fourrageant dans ma tignasse, un rien dubitatif

« Bien sûr ! Pas comme nous les connaissons cependant. J'en ai ramené un. Il est là. » répond Tonton Sev, en désignant un objet de belle taille, posé contre le mur, avant d'ajouter : « Il faisait partie de tout le fatras entassé dans le grenier de Poudlard depuis sa création. Dobby l'a briqué avec beaucoup de soins et il a l'air comme neuf… Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'il a appartenu à un Serpentard…»

C'est un rectangle en argent poli, aux bordures délicatement ciselées de feuillages et de serpents, enchâssé dans un fin cadre de bois brut poli. Je le prends et le pose sur l'un des bureaux de la chambre, que je débarrasse de ses bouquins, plumes et parchemins…

« De quoi a l'air le faux journal de Salazar ? » demande-je, en me disant que ce serait pas mal de l'insérer dans mon Illusion.

« Dans ce paquet. Avec des plumes et flacons d'encre à l'ancienne. J'ai également un vieux bougeoir. Ainsi que la fiole pour y mettre le souvenir… » révèle Tonton Sev, en me confiant le tout.

Je répartis les objets sur le bureau, journal ouvert à la dernière page écrite, sur laquelle je jette un œil. C'est parfait, si Voldemort se penche dessus, il pourra lire un petit passage où Salazar a commencé à parler des dispositions qu'il a prises pour son enterrement. Il faut juste que je m'assure de donner un aspect neuf au parchemin…

Je demande maintenant à Harry et son Parrain de se reculer un peu, puis je me concentre sur les souvenirs des tableaux représentant le moyen âge, que j'ai pu voir dans les couloirs de Poudlard ou des illustrations de livre.

Et sur Salazar… Sur ce que je sais de lui, avant qu'il ne quitte Poudlard.

Un homme austère et froid. Il préférait la solitude à la compagnie de ses semblables. Se pensait raffiné quand sa décoration était lourde et ampoulée, ses meubles tarabiscotés de sculptures et qu'il s'exprimait en anglois, comme les paysans du coin. Il enluminait ses écrits. Ses bijoux, si j'en crois le collier et la bague, étaient ostentatoires…

Et il était fier, se sentait supérieur à tous…

Et l'image se construit dans ma tête… Je la tiens parfaitement et je jette mon Sortilège avant d'ouvrir les yeux…

La pièce est sombre, toute de pierres et de bois, éclairée par un feu dans l'âtre et un seul flambeau. Le plafond est bas, voûté, soutenu par de grosses poutres noires. La fenêtre est aveuglée par de lourds rideaux. Les murs sont nus, il y a juste un crochet planté dans l'un d'eux, comme si le miroir avait été accroché là, au-dessus d'un coffre assez haut sur lequel trône un pot et une bassine en gré, auprès desquels gît une pièce de drap à demi roulée en boule. Et à côté, une chemise de nuit en drap gris est jetée négligemment sur le dossier droit d'une chaise percée. Le coin toilette de l'époque…

En face, un lit à baldaquin tendu de rideaux verts, est ouvert, draps et couvertures défaits, oreillers froissés, comme si quelqu'un venait de sortir du lit. Il y a une chandelle éteinte sur un chevet, qui voisine une carafe d'eau, une coupe d'argent et un livre. Près de la porte fermée, sur un bahut bas, sont posés une lourde cape de drap noir épais brodé d'argent, un chapeau de sorcier piqué d'une épingle également en argent et une épée à poignée sertie d'émeraudes dans son fourreau de cuir. Tous les sorciers fortunés de l'époque en avait une…

A droite du lit, il n'y a plus de bureau, mais une table épaisse de bois brut, sur laquelle on retrouve ce que j'ai disposé tout à l'heure, mais également des rouleaux de parchemin, un sceau et de la cire. Une assiette qui contient les reliefs d'un repas frugal composé de pain, de jambon fumé, de confiture et d'œufs au lait, jouxtant une carafe de vin et une coupe de cristal. Une Pensine aussi et une baguette. La chandelle est allumée, éclairant le journal de Salazar de son ombre mouvante. Le fauteuil à dossier droit qui lui fait face, a l'air horriblement inconfortable, malgré le coussin râpé, de couleur vert bouteille, posé sur son assise.

Enfin, à côté de la table, sous la fenêtre, un gros coffre ouvert révèle son contenu : des grimoires et des rouleaux de parchemin entassés pêle-mêle, sur lesquels glisse un serpent

« C'est parfait Ron. L'atmosphère est feutrée, froide, austère… Juste ce qu'il faut… » murmure à peine Tonton Sev…

Et je me sens fier, car il y a de l'admiration dans le ton de sa voix… Et même s'il est définitivement plus sympa avec nous, ses compliments sont toujours rares et précieux.

« Bien. Il n'y a plus qu'à grimer Harry. Penses-tu pouvoir faire en sorte que les bijoux paraissent plus éclatants, Ron ? » déclare maintenant Tonton Sev, en haussant un sourcil dans ma direction.

« Sans problème. D'autant que le reflet sera un peu flou, dans le miroir d'argent… Et puis s'il faut, nous pourrons toujours recommencer, non ? » réponds-je, haussant les épaules…

« Eh ! J'ai pas envie d'avoir la mémoire comme du gruyère, moi ! Car il faudrait que j'enlève tous les souvenirs de ma tête pour être certain de ne pas les emmêler, au moment de les extraire pour les mettre dans la fiole ! » s'exclame Harry, en me donnant un petit coup de poing sur l'épaule.

« Pas besoin d'en arriver là. Tes souvenirs, tu pourras toujours les remettre après. Sauf celui qui sera livré avec le journal de Salazar… A moins que… Ouais ! A moins de faire comme les parents de Terry et Marian ! Donner un souvenir de souvenir à Voldemort ! Comme ça, tu gardes ta mémoire intacte ! » m'exclame-je en retour, plutôt content d'avoir pensé à ça.

« Pourquoi pas… Oui, un souvenir de souvenir… Avec Salazar qui porte son serpent sur les épaules dans celui où il regarde son propre souvenir. Dans une imitation parfaite de l'attitude que pourrait avoir Voldemort… Pas mal du tout ! Ça ne pourrait que renforcer l'effet du texte. Le sentiment de Voldemort, qu'il est habité par l'esprit de son lointain ancêtre… Mais il nous faut la Pensine d'Albus alors. Et lui donner l'aspect de celle qu'aurait pu avoir Salazar… » complète Tonton Sev, enthousiaste, en me jetant un rapide coup d'œil dans lequel je devine sa demande…

Pourrais-je faire ça…

« Du gâteau ! » acquiesce-je, répétant déjà la scène dans ma tête.

« Bien… Dans ce cas, je vais chercher la Pensine. Pendant ce temps, Harry, apprends ton texte ! » décide Tonton Sev, avant de sortir en hâte de la chambre…

« Bon, ben… Voyons ce que je dois raconter… » déclare Harry, en allant prendre le parchemin sur lequel Ralph Seymour a écrit le message de Salazar et qu'il va devoir réciter en Fourchelang….

Je me penche par-dessus son épaule et lis en même temps que lui :

L'aube de ma vie est loin, le crépuscule descend et bientôt je fermerai les yeux sur la nuit. Pour longtemps, mais pas pour l'éternité. Car mon âme va traverser les Ténèbres de la Mort et rejoindre mon Héritier par delà les siècles. Ensemble, nous accomplirons un rituel sacré et nos âmes fusionneront pour gagner l'Immortalité. Le seul à pouvoir nous vaincre sera alors soumis à notre volonté et nul ne pourra plus nous résister. Nous pourrons sans crainte partir à la conquête du monde, à la tête de notre armée de fidèles serviteurs…

Telle est la Prophétie qui m'a été révélée il y a plus de trente ans déjà et qui a guidé mes pas dans cette vie…

Tel est le destin qui est le nôtre …

Mais pour cela je dois d'abord accepter la Mort qui vient et te faire parvenir mon Héritage. Alors écoute bien, mon Héritier. Et accomplis ma parole.

En des lieux secrets indiqués sur cette carte, reposera ma dépouille, gardant jalousement les joyaux qui feront notre grandeur : ce collier et cette bague.

Va les chercher, mon héritier, toi que j'ai vu, par delà les siècles, te penchant sur mon gisant avec tout le respect qui m'est dû. Toi que mon âme a rejoint, après avoir traversé les Ténèbres de la mort. Libère le collier, réceptacle de ma sagesse et de ma puissance, de la pierre qui la garde pour toi. Porte-le à ton cou, même au cœur de la nuit et il libérera sa Magie, au jour où nous accomplirons le rituel qui nous apportera l'Unité et l'Immortalité. Et une puissance inégalée.

Ouvre également mon tombeau, contemple mes ossements, regarde-les tomber en poussière et s'envoler dans le vent. Recueille la bague qui gît au fond et remets-la à ton plus fidèle Serviteur, celui qui t'a offert sa pureté, son âme et sa vie. Glisse-là à son majeur et elle lui permettra de concevoir le premier de tes Chevaliers, le premier des Sept qui conduiront notre armée partout dans le monde !

Ainsi la Prophétie s'accomplira.

Je ne te fais pas mes Adieux, mon héritier, puisque je suis avec toi déjà…

« Eh ben mazette ! Ils ont fait fort, Tonton Sev et Ralph Seymour sur ce coup là ! » m'exclame-je, ma lecture finie.

« Ça, je ne te le fais pas dire ! Ils ont parfaitement exploité les élucubrations de Voldemort ! Sûr que ça va le conforter dans son délire de m'utiliser, avec Draco, pour accomplir son foutu rituel ! Ça ne va pas être coton pour moi de déclamer tout ça sans éclater de rire ou au contraire me mettre à vomir… » soupire Harry, en se laissant tomber sur une chaise…

Il relit le texte, puis pose le parchemin sur le bureau et, jetant un coup d'œil dans le miroir d'argent, il soupire de nouveau.

« Et en plus, il va falloir que je me fasse une tête lugubre à la Salazar Serpentard ! » dit-il en grimaçant, l'air dégoûté et malheureux…

« Ouais… Ça c'est pas de bol. Mais, ce ne sera que temporaire, tu auras vite fait de retrouver ta tête habituelle… » souris-je, en pressant son épaule pour le réconforter.

« Comme le chômage technique de l'oncle Vernon… En moins longtemps… T'as raison, Ron, c'est pas si grave. Et si je joue bien la scène du premier coup, avant midi le souvenir sera dans la fiole… » dit-il encore, avant de m'attirer vers lui pour un baiser…

Et je me dis alors que si Tonton Sev n'avait pas eu son idée de génie, on aurait pu se permettre de passer une matinée coquine. Mais voilà, on ne peut pas.

Et ça, c'est vraiment pas de bol !

Pour une fois que nous avions un peu de temps devant nous !

OoOoOoOo

Acte 3 : Souvenirs d'Antan

Algie

Rupert et moi nous hâtons de remonter l'allée qui mène vers la maison du conservateur du Musée de l'Ecole Roumaine. La tempête qui sévissait depuis plusieurs jours sur la région s'est enfin calmée, mais il persiste une bise piquante qui traverse tous nos vêtements pour nous glacer jusqu'aux os et des nuages bas qui présagent d'autres flocons.

Rupert déniche la clé sous le pot de fleur enfoui dans une congère près de la porte. Il la glisse dans la serrure et la tourne. La porte cède facilement et nous pénétrons dans le couloir sombre en prenant garde à ne pas laisser de neige sur le tapis.

Je frémis d'anticipation, tandis que nous descendons l'étroit escalier aux marches un peu branlantes qui mène vers le sous-sol. Rupert déplace le casier à vin et je me penche aussitôt pour ouvrir la petite porte qui laisse passage vers la caverne où je vais de nouveau pouvoir contempler ces admirables fresques.

Et les toucher…

A la lueur de nos baguettes, je fais lentement le tour de la caverne en compagnie de Rupert. Nous admirons tous les deux l'incroyable travail accompli par un artiste sorcier des siècles et des siècles plus tôt. Son toucher exceptionnel, les couleurs splendides, la précision des traits.

Je retiens mon souffle devant tant de talent et cette magnifique histoire qui nous est contée…

Enfin, je retire mon gant et j'ose toucher la pierre. Mes doigts effleurent la joue d'une Nymphe, redessine les traits du visage fin d'un cupidon. Et la mémoire de l'artiste afflue dans mon cerveau.

Je le vois. Il est pieds nus, vêtus d'une épaisse robe pourpre tâchée de peinture et d'un bonnet largement enfoncé sur ses oreilles, dont dépassent de longues mèches brunes. Il est très jeune encore et pourtant toute sa personne dégage une assurance, une confiance qui sied davantage aux vieillards. Il semble avoir des siècles de sagesse en lui. Son talent explose, illuminant son visage d'une beauté gracieuse, parfaite, tandis qu'il peint une sirène. Ses mains, fines et élégantes, semblent voleter, effleurant à peine la pierre, mais y laissant pourtant l'empreinte indélébile de son art.

Les images défilent à toute vitesse. C'est la mémoire de la caverne toute entière qui m'est offerte. Je traverse les siècles et les époques, comme d'autres traversent un pont. Je saisis au passage des visages d'hommes et de femmes, certains contemplent la fresque en pleurant, d'autres semblent extatiques, d'autres encore touchent la pierre avec respect, comme je le fais…

Et tous, avant de s'en retourner vers le monde qui les attend dehors, renforcent les Sortilèges qui préservent les peintures des dégâts du temps.

Enfin, le tourbillon de souvenirs ralentit. J'accroche de mieux en mieux les scènes et finalement, je vois un homme que j'ai déjà vu. Le traducteur…

Il est plus jeune, plus fringant que dans le premier souvenir de lui que le passé m'a offert. En bien meilleure santé aussi. Il reste longtemps à contempler la fresque, assis sur le socle de pierre érigé au milieu de la caverne, sur lequel autrefois l'artiste posait ses peintures et ses pinceaux. Il réfléchit, intensément, sourcils froncés sur sa concentration, soupirant à peine de temps en temps ou hochant la tête, l'air découragé.

Enfin, il glisse sa main dans la poche intérieure de sa veste et en sort un carnet. Il le feuillette pendant quelques minutes, relisant d'anciennes notes, avant d'en prendre des nouvelles. Il décrit tout ce qu'il voit, minutieusement, mordillant parfois le bout de sa plume, tandis qu'il cherche les mots justes pour retranscrire sa pensée, ses sentiments. Et quand il a fini, il range son carnet, avant de se pencher pour prendre le sac qui gît à ses pieds. Il hésite un bref instant, puis en sort un livre.

Non, pas un livre. Un volumen (1)…

Il le fixe durant un instant, sans l'ouvrir, puis regarde de nouveau la fresque, l'air de soudainement comprendre quelque chose d'important et d'en être heureux.

Et il bondit sur ses pieds.

« Il faut que je rentre à la maison… Vite… » murmure-t-il, en français, avant de sortir précipitamment.

Et toute lumière s'éteint…

C'est fini, je ne verrais rien d'autre…

J'ouvre les yeux, clignant des paupières. J'ai le vertige et je vacille sur mes jambes.

« T'es parti durant plus de trois heures… » m'apprend Rupert, en se saisissant de mon bras, pour m'aider à retrouver mon équilibre…

« Un Volumen, c'est cela que nous devons chercher, Rupert. Il est reparti chez lui. » murmure-je en retour, certain de ce que j'affirme…

Mon cœur bat la chamade. L'enthousiasme me gagne. J'ai hâte de retrouver cette merveille que j'ai vue dans les mains du traducteur. Je partirais sur-le-champ, si je savais où aller.

Et si je n'étais si chancelant…

« Qui ? Et c'est où, chez lui ? » demande mon ami, en me guidant lentement vers le centre de la caverne, pour que je puisse m'asseoir sur le socle de pierre

« Le traducteur… Je ne sais pas exactement où c'était, chez lui. Quelque part en France sans doute. Mais je vais peut-être en savoir davantage… » réponds-je, en tendant une main avide vers le socle de pierre.

Si je le touche, je saurais. Peu importe si cela doit encore durer des heures et que j'en sorte épuisé. Les indices qui nous mènerons vers notre prochaine étape sont là, à ma portée et je ne les laisserai pas échapper…

Mes doigts effleurent le socle et des odeurs de peintures explosent dans mes narines. Je ne les ai pas senties tout à l'heure. Maintenant elles envahissent tout et je peux également entendre le peintre s'agiter dans la caverne. Le froissement de tissu de sa robe, sa respiration tranquille, les poils du pinceau qui glissent sur la pierre dans un frottement aérien…

Puis, comme tout à l'heure, les souvenirs sautent, de siècle en siècle : un enfant est allongé sur le socle, dormant d'un sommeil paisible, une vieille femme repose ses jambes lourdes de fatigue, un homme serre son épouse contre son flanc, tout en lui montrant des détails de la fresque… Et d'autres encore, se succèdent à une allure vertigineuse qui me donne le tournis.

Et de nouveau le souvenir du traducteur, clé de voûte de nos recherches, m'est accordé. Il se laisse tomber sur le socle, en sortant un mouchoir de sa poche. Une lettre vient avec et tombe sur le sol. Il la ramasse. Mais avant qu'il ne l'ait dérobée à mon regard, j'ai pu saisir quelques mots…

C'est un lieu.

Ce n'est pas son adresse, mais cela nous conduira sur ses traces.

J'en suis certain…

OoOoOoO

Acte 4 : Pensées d'Outre Tombe

Ron

Harry et moi sortons de la chambre d'Hermione avec laquelle nous avons déjeuné. Elle va beaucoup mieux, c'est un fait, mais il lui faudra indéniablement du temps encore pour être parfaitement remise.

Hermione a demandé à Tatie Nally et Tonton Sev, comment elle a pu entendre mes pensées quand elle était dans le coma. Il semble que j'étais tellement désespéré et concentré sur elle, que je me suis projeté dans son esprit sans le vouloir. D'après Tonton Sev, c'est un phénomène courant chez les bébés et les gamins en bas âge, quand ils sont en mauvaise posture. C'est leur Magie Instinctive qui se met en action, pour aller chercher le secours de leurs parents…

Chez les adolescents et les adultes, en revanche, hormis pour les couples unis, c'est exceptionnel. Et cela ne se produit que chez ceux qui sont entraînés à la Légilimencie et l'Occlumencie. Et comme Hermione et moi nous sommes souvent exercés ensemble, mon esprit a pu entrer facilement en contact avec le sien.

Ça m'a rassuré. J'ai craint un moment avoir possédé Hermione, l'avoir mise sous Impérium ou un truc du genre sans le vouloir. Mais ça n'a rien à voir. La fatigue, le chagrin d'avoir perdu Percy, la peur de perdre ma petite sœur de cœur, tout ça a fait que ma Magie est entrée toute seule en action pour me venir en aide et faire passer mon message à Hermione… Et comme elle était elle-même dans un état très vulnérable, sa propre Magie m'a laissé entrer sans problème.

Parce que nous sommes en parfaite confiance l'un avec l'autre. Que nous sommes liés par une solide amitié. Que sa Magie savait que je ne lui voulais pas de mal, au contraire. D'après Tatie Nally, toute cette Magie emplie d'amour que j'ai développée, a renforcé celle d'Hermione et l'a aidée à lutter contre le venin à ce moment là.

Ça lui a sauvé la vie… Et j'en suis fou de joie.

Même si je ne l'ai pas fait exprès.

Enfin bref. Toujours est-il, qu'il ne nous reste plus qu'à éclaircir le mystère du gamin qu'elle a vu près de Harry, là-bas à Privet Drive. Mais ça, ça peut attendre, puisqu'elle ne le voit plus et qu'Hermione commence à penser que ce n'était finalement qu'une hallucination…

C'est fort possible. Après tout, d'après ce qu'on sait, McNair se débattait désespérément après avoir été mordu par la Bestiole, là-bas, dans les Cavernes du Diable. Ce n'était peut-être pas seulement parce qu'il avait mal. Il se débattait peut-être contre des hallucinations. D'horribles hallucinations…

Mais bon, on verra ça plus tard. Pour l'heure, Harry et moi allons chercher Miho et Alioth, qui sont dans la cuisine avec les autres gamins. Harry veut leur remettre le parchemin qu'il a trouvé l'été dernier dans les affaires de Sirius, sur lequel sont notées des formules magiques pour faire des farces.

Rien de bien méchant, des petits tours de Magie accessibles aux Premières et Deuxièmes Années, qui provoquent des chatouillis, colorent les cheveux pour une heure ou deux et autres trucs du genre. Des tours de gamins quoi…

Quand nous arrivons au bas de l'escalier, la porte d'entrée s'ouvre. Et mon cœur fait un bond…

« Penny ! » m'exclame-je, la gorge un peu nouée, en regardant Pénélope entrer.

Mes mains sont moites et je reste figé tandis qu'elle s'avance vers moi. Son chagrin me saute à la figure, tandis que le mien me saute au cœur…

C'est fini, je ne verrais plus jamais Percy. Jamais plus il n'enverra Hermès pour m'apporter un courrier ou un colis. Jamais plus il ne me donnera de ses fameux conseils dont je n'ai pas besoin…

Je me souviens comme il m'a prodigieusement agacé à une époque, avec ses airs supérieurs et quand il m'envoyait ces lettres pour me mettre en garde contre Harry… Puis mon souvenir glisse, vers ce jour où nous l'avons vu, Harry et moi, en train d'embrasser Penny dans un couloir sombre, alors que nous avions pris du Polynectar pour nous faire passer pour Vincent et Grégory… Je le revois également, arborant fièrement son insigne de Préfet, guindé et pompeux tandis qu'il mène les Première Année fraîchement arrivés à Poudlard, jusqu'au dortoir… « Suivez-moi ! Je suis Préfet ! » … « Laissez-moi passer ! Je suis Préfet ! »… Combien de fois a-t-il prononcé ces paroles, d'un ton fier comme Artaban. Il ne l'eût pas été davantage s'il avait été le roi du monde…

Puis, je le revois, au soir d'Halloween, après les combats, se jeter dans mes bras, soulagé que je sois revenu entier du Manoir Malfoy. Soulagé que nous soyons tous vivants. Et plus tard, quand il est arrivé pour la première fois dans le Temps Ralenti. Ses premiers entraînements enthousiastes…

Comme nous avons ri, mes frangins et moi, de le voir courir et faire maladroitement de l'exercice, lui, l'intellectuel de la famille ! Il n'était pas très bon sportif, il le reconnaissait lui-même et en riait avec nous, mais il y mettait tout son cœur. Comme dans tout ce qu'il faisait…

Enfin, j'entends sa voix joyeuse annoncer à Papa la grande nouvelle. Il allait être Papa et ça le comblait de joie… Ça m'a fichu un coup au cœur, quand il a révélé qu'il m'avait choisi, pour être le Parrain de son enfant. C'est une telle marque de confiance !

Et ça m'a troué le cœur, de voir ses yeux privés de vie me fixer si peu de temps après…

Je ne pourrais pas lui dire combien je suis heureux qu'il ait pensé me faire un tel honneur.

Mort… Percy est mort.

Et la guerre ne me laisse même pas le temps d'apprendre à vivre avec ça…

A consommer mon chagrin comme il se doit…

« Je venais te voir, Ron… » me dit Penny, la gorge nouée.

Je ne reconnais pas sa voix. En fait, je ne reconnais rien d'elle. Elle apparaît complètement éteinte, elle d'habitude si pimpante. C'est comme si toute énergie l'avait quittée.

Harry me pousse un peu en avant, en me chuchotant que le bureau doit être vide à cette heure-ci et que Penny et moi y serons tranquilles pour parler. Je lui obéis mécaniquement, prenant délicatement Penny par le bras pour la conduire. Elle porte en elle le bébé de Percy, alors elle m'est précieuse et je la traite avec infiniment de précautions…

Je l'invite à s'asseoir sur le plus confortable des fauteuils et je m'assois en face d'elle. Assez près, pour prendre ses mains entre les deux miennes.

« Penny… » murmure-je à peine, en serrant doucement ses doigts raidis par le froid du vent de l'hiver.

Je ne l'ai pas revue depuis mardi, quand nous avons enterré Percy. Je scrute son visage, ne sachant que dire. Etouffé par le chagrin.

Penny a vieilli. Son teint est terne, sa peau marbrée de larmes séchées. Il y a de très fines ridules autour de ses yeux. Ses joues sont creuses. Il y a un pli amer aux coins de sa bouche. Et quelques fils gris dans ses cheveux…

Comment peut-on autant changer en si peu de temps ?

« Ron, je… » commence Penny, hésitante.

Une lueur de détresse traverse ses yeux. Ses mains tremblent dans les miennes. Et l'angoisse m'étouffe de plus bel.

Quelle nouvelle a-t-elle à m'annoncer ? Que peut-il y avoir de plus terrible que ce qui est déjà arrivé ? Que son départ imminent pour une contrée lointaine ?

« Tu es… Tu étais le frère préféré de Percy, tu sais… Celui qu'il comprenait le mieux et dont il se sentait le mieux compris… Il avait une grande admiration pour ton courage. Il disait que tes faiblesses sont ta force et tes forces ta faiblesse. Il… Percy pensait que nos qualités font nos défauts et inversement. Et qu'à toi seul, tu incarnais toutes les qualités et tous les défauts de tous les Weasley réunis et qui font d'eux ce qu'ils sont… Et c'est pour cela qu'il voulait que tu sois le Parrain de notre enfant. Il affirmait que tu serais un modèle exceptionnel pour lui. Un vrai héros, qui lui apprendra à accéder à ses rêves, à les rendre réalisables, tout en restant honnête et généreux envers ses semblables… » déclare Penny, ses larmes dévalant sur ses joues, comme elles dévalent sur les miennes…

Merlin tout puissant ! Jamais je n'aurais pensé que Percy pensait cela de moi ! Et il se trompait, Merlin, il se trompait…

Je ne suis pas un héros. Je suis juste un adolescent qui se bat pour aider son mec à échapper à un dangereux malade mental qui veut son cul et sa peau. Et celle de tous ceux qui se mettent sur son chemin, pour l'empêcher de conquérir le monde et le plonger dans les Ténèbres…

Et j'ai la trouille qui me colle au bide, à chaque fois que je dois me battre…

Pénélope essuie ses larmes d'un revers de la main, avant de sortir un mouchoir propre de sa poche pour se moucher.

« Je… Je ne suis pas un héros sans peur et sans reproche, Penny et je crains que Percy n'ait eu une image quelque peu erronée de moi… » dis-je, en déglutissant difficilement ma salive, tant ma gorge est nouée…

« Je sais… Et Percy le savait également. Il disait que c'était cela ta plus grande force et ton plus grand courage. Cette peur qui te noue les tripes mais que tu dépasses à tout prix, par amour et par fidélité envers Harry, tes amis et ta famille. Et ce n'est pas à ton attitude dans cette guerre, aussi louable soit-elle, qu'il pensait, quand il disait que tu es un héros. C'est dans la vie de tous les jours. Il savait que tout comme lui, tu avais eu à subir le poids de la réputation de vos frères. Que vous aviez dû tous les deux vous battre avec acharnement pour parvenir à être à leur hauteur dès votre enfance. Et que toi, tu avais réussi le tour de force d'être plus grand qu'eux tous réunis. Pas seulement par la taille, mais aussi par le talent… et surtout par le cœur… Et il t'admirait pour cela et de réussir ça avec autant de… désinvolture et de facilité apparentes… et de modestie… » explique-t-elle encore, avec une triste tendresse dans la voix…

Elle me livre la pensée de Percy. Des paroles qu'il n'a délivrées qu'à elle. Et combien je regrette de n'avoir jamais eu une vraie conversation avec mon frère. Une au cours de laquelle il aurait pu me dire lui-même tout cela. Et où j'aurais pu lui dire que je l'aimais, même quand il m'agaçait profondément. Et que je l'admirais moi aussi. Pour avoir eu la simplicité, l'humilité de reconnaître ses torts, ses peurs et ses faiblesses. Et avoir su dépasser tout cela.

On se ressemblait. Nous avions les mêmes tourments, avant de trouver chacun de notre côté l'apaisement. Je l'ai toujours su. Mais je ne savais pas qu'il savait lui aussi.

Nous aurions pu parler de tout cela. Comparer les chemins que nous avions empruntés pour arriver où nous en étions tous les deux…

Mais nous ne le ferons jamais. Du moins, pas dans ce monde ci…

Et combien je le regrette…

« Je… J'étais heureux qu'il trouve son courage à Halloween. Maintenant je regrette qu'il l'ait fait. Il serait encore avec nous, sans cela. » murmure-je, sans pouvoir retenir une nouvelle vague de larmes…

« Non, Ron. Il ne faut pas le regretter. Percy était plus heureux que je ne l'aie jamais vu l'être depuis ce jour là. Il se sentait devenu un vrai Weasley, tu comprends ? En trouvant son courage, il a eu le sentiment de trouver sa vraie personnalité, d'appartenir réellement à sa famille et il en était fou de joie. Et il était très fier de faire partie de l'Ordre du Phénix. Alors non, il ne faut pas le regretter… » m'assure Penny, avec une certaine véhémence

Et me regardant dans les yeux avec supplique. Et je hoche la tête, en une promesse muette.

Elle a raison. Il ne faut pas que je regrette, ce serait faire insulte à la mémoire de mon frère. Au courage qui l'a poussé à donner sa vie pour cette petite fille. Sherry Craven…

« Voilà, je voulais te dire tout cela, Ron, car je sais que Percy voulait avoir cette conversation à cœur ouvert avec toi, avant de te demander d'être le Parrain de notre enfant. Et il me semblait donc juste de le faire pour lui. » déclare maintenant Penny, en serrant bien fort mes mains entre les siennes.

Je la remercie, profondément ému et je l'embrasse sur la joue avant de la serrer sur mon cœur. Je suis heureux qu'elle m'ait dit cela. Et je me promets de me rendre sur la tombe de Percy, avant de retourner à Poudlard, pour lui parler à cœur ouvert moi aussi.

Lui dire combien il me manque…

« J'ai encore une chose à te dire, Ron. Je tiens à ce que tu sois le premier de ta famille à savoir. J'ai bien réfléchi depuis mardi. Finalement, je ne vais pas partir à l'étranger. J'irais au Village Refuge où je pourrais encore me rendre un peu utile dans cette guerre. Pour honorer la mémoire de Percy… » me révèle encore Penny, en redressant le menton avec courage.

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine.

« Je promets de faire tout ce que je peux pour t'aider, Penny. Et quand le bébé sera là, je viendrais vous voir souvent. N'hésite pas à me demander si tu as besoin de quelque chose. N'importe quoi, n'importe quand… » affirme-je, soulagé qu'elle ait pris cette décision.

La savoir là-bas à l'étranger, seule, pour mettre son enfant au monde quand notre famille aurait pu l'aider et la soutenir, me chagrinait vraiment, même si je ne puis pas faire grand chose pour elle, à part lui écrire, tant que je serais à Poudlard…

Et puis, je me dis que cela va aussi soulager Maman. C'est une part de son fils trop tôt parti au Paradis, qui pousse dans le ventre de Penny. La savoir si loin, aurait ajouté à son chagrin…

« Je sais que je peux compter sur toi, Ron, que Percy a fait le bon choix en te désignant comme Parrain. Et tout ce dont j'ai besoin, c'est que tu restes en vie. Alors promets-moi d'être prudent… » répond Penny, en me fixant une fois de plus de son regard suppliant.

Et je le promets. C'est tout ce que je peux faire.

Même si je ne suis pas certain de pouvoir tenir ma parole.

Car la guerre est loin d'être finie et que nous serons tous en grand danger, tant qu'elle dure…

OoOoOoO

(1) Volumen : ancêtre du livre, rouleau de papyrus où le texte est écrit en colonnes perpendiculaires au sens de déroulement. Le volumen est enroulé autour de deux axes verticaux en bois.

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