Disclaimer: cf chapitre 1

...

...

Super beta: Mystical. Je vous invite à lire ses fics!

...

Réponse aux commentaires anonymes sur mon forum pour : - Douceurfamille - Yzeute - Marina -

OoOoOoO

...

Des Agents Très Spéciaux 2/2

Acte 5 : Des Ennemis Sur Les Talons

Algie

Rupert me relève du sol sur lequel je suis tombé à genou. Il m'emmène dans le salon de notre hôte, me portant à demi, m'allonge sur un canapé moelleux, me couvre d'une couverture, allume un feu dans la cheminée et va dans la cuisine pour faire un thé bien chaud.

Je suis épuisé. Glacé jusqu'aux os, après ces longues heures passées dans la caverne à la fresque. Et pourtant il me tarde de partir sur les traces du traducteur.

« Y avait pas de thé. Mais bois ça, ça te réchauffera. Et puis tu me raconteras tout. » m'ordonne Rupert, en me fourrant un bol de potage brûlant entre les mains.

Du potage en boîte Moldu. Trop salé.

Je grimace, mais je bois tout quand même, à petites gorgées prudentes. Ça me réchauffe bien. Et aussitôt que j'ai fini, je raconte ce que j'ai vu à Rupert par le menu, tandis qu'il prend des notes dans son carnet. Il me pose quelques questions, comme d'habitude, pour me faire préciser le détail d'une scène, les expressions faciales du traducteur, ses gestes, ses paroles exactes.

« Est-ce qu'il y avait un sceau, sur la lettre ? » demande-t-il encore, après un court silence.

« Je crois, oui… » réponds-je, en fermant les yeux

Rupert me laisse replonger dans mon souvenir. Un sceau… Oui, il y en a un… Et ce sont des armoiries. Les mêmes que celles que j'ai déjà vues : le lion, dressé sur ses pattes arrières et qui semble avoir une langue de feu…

Les armoiries. Voilà une piste qu'il nous faut explorer…

« Répète-moi le nom de l'endroit que t'as lu… » demande encore Rupert.

« Château de Chantilly. C'est en France… » réponds-je, dans un bâillement que j'ai peine à étouffer.

Rupert barre un mot sur son carnet et en écrit un autre. Il relit ses notes à plusieurs reprises, réfléchissant en maugréant parfois entre ses dents…

« Faut aller là-bas. Je vais laisser un mot, pour remercier le conservateur du Musée et lui dire qu'on a dû rentrer chez nous, mais que nous ne manquerons pas de revenir le voir. On se mettra en route demain matin à la première heure. Comme ça, t'auras le temps de te remettre. » déclare-t-il finalement, en écrivant déjà son billet.

Puis il descend de nouveau vers le sous-sol, pour fermer la porte donnant accès à la caverne et remettre le casier à vin en place. Je suis sûr cependant qu'il n'a pas manqué d'ajouter quelques protections de son cru sur l'endroit. Quand il remonte, il vient jeter un œil, pour voir comment je vais, avant d'aller laver le bol, laisser quelques pièces pour remplacer la boite de soupe et ranger la cuisine.

« Tu veux qu'on Transplane d'ici ou tu veux prendre un peu l'air avant de rentrer te reposer ? » me demande-t-il, quand il est prêt à partir.

« Ça me fera du bien de marcher un peu. » réponds-je, désireux de me débarrasser des fourmis qui me picotent les pieds

Et d'alléger mon cerveau, lourd de tous ces souvenirs qui m'ont assailli durant plusieurs heures.

« Il a neigé gros encore, pendant qu'on était en bas. Nos traces sont couvertes. Va falloir lever haut les jambes…» me fait remarquer Rupert, en jetant un coup d'œil par la fenêtre.

« Allons au point de Transplanage de la sortie Est de Brasov, dans ce cas. Nous ne serons pas trop loin de la maison de nos hôtes et nous pouvons être sûrs que la neige aura été tassée par-là… » suggère-je, en pliant le plaid dont Rupert m'a couvert tantôt, avant de le reposer sur le divan..

Rupert acquiesce et vient me prendre par le bras pour effectuer un Transplanage d'escorte et nous arrivons bientôt aux abords du quartier sorcier de Brasov.

L'après-midi est à peine entamé, mais il fait sombre et froid. Les ruelles étroites sont désertes. Pas même un chat ne les arpente. Nous remontons le col de nos manteaux et enfonçons nos mains dans nos poches, avant d'entamer notre petit périple dans les ruelles.

Le silence autour de nous est cotonneux, la neige tassée par les coups de baguette réguliers des Sorciers du quartier, crisse sous nos pas. Des sons étouffés nous parviennent depuis les maisons, des restes d'odeurs de cuisine nous chatouillent les narines, rappelant cruellement à nos estomacs affamés que nous avons raté le repas de midi. Un peu en amont, une fenêtre s'ouvre. La tête d'une jeune femme se penche, regarde rapidement vers le ciel pour jauger du temps qu'il va faire dans les minutes qui viennent, avant de rentrer et de refermer sa croisée en frissonnant.

Je goûte cette atmosphère avec délice. Elle apaise mon cerveau, revivifie mon corps engourdi. Mon regard s'attarde sur des détails d'architecture des vieilles maisons. Une date, gravée au-dessus d'une porte, l'enseigne d'un commerçant, vieille de plusieurs siècles. Mais soudainement Rupert sursaute, tirant prestement sa baguette en m'entraînant sous l'abri d'une porte cochère…

« Yaxley et l'autre… Bletchley… » murmure-t-il précipitamment, en cherchant vivement la poignée de la porte, tandis que j'accroche du coin de l'œil les deux silhouettes qui viennent de passer un coin de rue, un peu plus haut.

A cette distance, je ne distingue pas les visages. Mais je peux compter sur la vue perçante de Rupert, pour les avoir identifiées avec exactitude.

La porte s'ouvre sur la cour intérieure très sombre d'un vieil hôtel particulier dans laquelle nous nous engouffrons, laissant à peine un entrebâillement pour voir passer les deux Mangemorts qui descendent la ruelle.

Je lance un coup d'œil par-dessus mon épaule, vers la haute bâtisse qui surplombe la cour. Elle jette son ombre épaisse au sol et je doute qu'on puisse nous voir depuis les fenêtres, car nous sommes à l'abri d'un passage, sous une voûte large mais basse, où il fait quasiment nuit déjà.

« Ça doit être quelque part par ici… » entendons-nous distinctement, l'un des Mangemorts dire.

Je reconnais la voix de Yaxley, que j'ai eu à croiser à plusieurs reprises, à une période où j'effectuais des recherches historiques à la Bibliothèque du Ministère.

Son ombre et celle de son compagnon obscurcissent brièvement la lumière filtrant par l'entrebâillement de la porte, que Rupert ouvre un peu plus pour suivre les deux hommes du regard.

« Là ! Nous y sommes ! Il était temps ! Il fait un froid de canard dans ce maudit pays ! » s'exclame Bletchley, avant de heurter du poing une porte.

Il doit frapper une seconde fois, avant que quelqu'un vienne ouvrir. Suit un bref conciliabule en roumain, dont je ne puis saisir que quelques mots sans suite et les Mangemorts sont invités à entrer. Il ne fait cependant nul doute pour moi que c'est un partisan de Voldemort qui les a accueillis.

Il faudra penser à donner cette adresse à Octavian Enescu, notre hôte…

« Sont sur nos talons les crapules… Faut se dépêcher d'aller au château de Chantilly. On devrait peut-être partir tout de suite. » soupire Rupert, en refermant la lourde porte cochère.

« Ils vont se rendre à la Bibliothèque Sorcière de Brasov et n'auront peut-être pas l'idée d'aller dans le Quartier de Schei. » murmure-je en retour, un peu angoissé, en hâtant le pas dans la ruelle.

« Quand bien même ils iraient, les bouquins pourraient pas les renseigner, pas vrai ? » déclare Rupert, de l'espoir dans le ton.

« Non, je ne crois pas qu'ils puissent trouver quoi que ce soit dans les livres qui les renseigne beaucoup. Mais ils pourraient apprendre que nous sommes venus par le conservateur, quand il reviendra. Et ils pourraient lui faire du mal, le torturer pour savoir ce que nous cherchions et ce que nous avons trouvé.… » réponds-je, vivement inquiet cette fois.

« T'as raison. Faut empêcher ça d'arriver, protéger ce brave homme qui ne pourrait pas se défendre contre ces pourritures. Faut qu'on brouille les pistes… Qu'ils n'aient pas l'idée d'aller là-bas… ou alors… Qu'ils y aillent tout de suite, pendant qu'il n'est pas là. Ils auront tout le temps de regarder dans tous les bouquins avant qu'il revienne de chez sa fille. On va en parler à Enescu. Il trouvera quoi faire. Nous, faut qu'on parte aujourd'hui… » décide Rupert, alors que nous arrivons en vue de la maison de nos hôtes.

Et fort de ce projet, nous accélérons le pas pour rentrer.

OoOoOoO

Acte 6 : Comediente...

Harry

Marraine tambourine sur la table, lèvres pincées et regard contrarié.

Ça fait trois fois qu'on rejoue la même scène fictive, pour juger des capacités de l'oncle Vernon à donner le change.

Et c'est la cata !

Il est absolument incapable d'improviser correctement des réponses plausibles aux questions que son Directeur Général est susceptible de poser, bien que je doute que nous lui donnions assez d'espace pour en poser beaucoup

Vernon bafouille encore une fois. Bon sang ! Ce n'est pourtant pas compliqué de simplement dire qu'il a des tueurs à ses trousses ! D'autant que c'est la pure vérité.

Bien entendu, nous avons modifié les faits pour les rendre crédibles aux oreilles d'un Moldu. Mais quand même ! Il suffit de remplacer « Mangemorts » par « terroristes », « Quartier Général de l'Ordre du Phénix » par « Scotland Yard » et « Aurors » par « Agents de Sa Majesté »…

Mais il bredouille lamentablement et n'est absolument pas crédible. Pas plus que Dudley et tante Pétunia qui nous font une mine exagérément effrayée pour l'une et trop bravache pour l'autre.

Au lieu de rester eux même, non, ils grossissent le trait… Et en plus, l'estomac de Dudley n'arrête pas de gronder et il louche sans arrêt sur les sandwichs et les gâteaux que Dobby a apportés avec le thé. Lui, n'a eu droit qu'à une branche de céleri et une mandarine…

Alors il crève de faim, lui qui a l'habitude de s'empiffrer toute la journée…

Marraine soupire. Agacée. Elle se lève en hochant la tête de gauche à droite et inspire un bon coup.

« Bien. Face à un tel fiasco, il n'y a pas trente-six solutions. Harry, tu prends la place de ton oncle, Draco prendra celle de Dudley et Elinor, remplacera Pétunia. Il n'y a pas besoin que Marge soit présente et c'est une bonne chose. Polynectar pour tous les trois ! Vernon, vous venez avec nous, pour nous indiquer quelle voiture suivre. Par la suite, vous resterez caché, en liaison par micro avec Harry, pour le cas où votre Directeur poserait une question à laquelle vous êtes seul capable de répondre. Pour le reste, on ne change rien. » décide Marraine, en se dirigeant vers la porte, pour aller chercher Draco et Elinor.

« Polynanar ? Micro ? » demande l'oncle Vernon, en me jetant un regard incertain.

Sous l'oreille attentive de Pétunia qui plisse les yeux et pince les lèvres, contrariée de se voir mise au rancard. Dudley, lui, a l'air déçu de ne pas faire partie de l'expédition et quelque peu vexé qu'on ne lui reconnaisse pas de talent pour la comédie.

Il doit aussi et surtout regretter d'avoir à rester ici où il ne pourra pas échapper aux corvées qui lui ont été assignées…

« Polynectar. C'est une Potion complexe qui va nous permettre de prendre votre apparence. Et oui, nous communiquons par micros. Comme des agents du FBI. Tu as bien dû le remarquer, hier matin… » dis-je, en faisant référence au FBI, pour narguer un peu Dudley…

Je me souviens que l'une de ses séries télévisées préférées, a pour héros deux agents spéciaux du FBI qui enquêtent sur des affaires non classées… Cependant, je me garde bien de dire que nos appareillages n'ont rien à voir avec ceux de ces agents là et qu'ils sont ensorcelés. Mais pour le coup, une lueur d'envie traverse le regard de mon cousin.

Sûr que ça le botterait de porter un équipement comme le nôtre ! Il se sentirait plus pisser…

Quoiqu'il n'a pas besoin de micro pour ça. Ça lui est arrivé plusieurs fois depuis lundi tant il avait les chtouilles… Mouais… Il n'a aucune chance de devenir Agent Secret un jour et de porter un tel équipement. Parce qu'un Agent Secret qui pisse de trouille dans son froc, ça ne le ferait pas…

M'enfin… Bref !

Marraine revient déjà, Draco et Elinor sur les talons. Manifestement Draco a l'air ravi d'être de la mission. Ils saisissent très vite ce que nous attendons d'eux et quand nous faisons un essai, tout est très rapidement parfait…

« C'est bon ! Allez vous changer, nous partons dans trente minutes ! Vous aussi Vernon. Rendez-vous dans la cuisine. » décrète Marraine, sourire revenu.

Nous nous hâtons tous, pressés de passer à l'action. Pour cette fois c'est une mission sans danger que nous allons remplir et nous avons le cœur léger.

Quand nous nous retrouvons dans la cuisine, j'ai revêtu des vêtements à la taille de mon oncle, cent fois trop larges pour moi, bien évidemment. Marraine, qui a enfilé un tailleur noir strict mais élégant et relevé ses cheveux en chignon sobre, me tend une fiole de Polynectar. Elinor et Draco ont déjà pris celui qui les a transformés en Pétunia et Dudley plus vrais que nature…

Sous l'œil plus que scandalisé des vrais de vrais d'ailleurs… Qu'est-ce qu'ils font là, au fait ? Comme ils ne viennent finalement pas, ils devraient aller rejoindre Marge qui travaille toute seule dans le petit salon depuis une heure trente déjà.

Mais bon, ils iront la rejoindre quand nous serons partis sans doute. Après avoir fait des adieux émouvant à Vernon bien entendu… Comme s'il allait à l'échafaud ou que nous allions le mettre délibérément en danger…

Et puis, si nous avions pu faire autrement, il ne viendrait même pas avec nous. Mais bon, nous ne voulons pas que ma famille ait connaissance de la Base d'Espionnage. Il est donc hors de questions que l'oncle Vernon mette un seul pied là-bas, pour se mettre en liaison avec moi…

Je bois une grosse gorgée de Polynectar en grimaçant. Mon oncle a un goût terriblement amer. C'est dur à avaler… J'espère que je n'aurais pas à en prendre plus d'une autre fois par la suite…

Ron, habillé d'un costume noir, chemise blanche et cravate, cheveux coupés en brosse, barbe légère et lunettes noires, entre à son tour dans la cuisine. Il paraît plus vieux comme ça. Très séduisant. Et sacrément impressionnant. Il sera à mes côtés, comme garde du corps personnel et pour intimider le patron de Vernon… Et ça va marcher, il n'y a aucun doute…

Charly, Viktor, Parrain, Tonks et Remus sont également de la partie. Tout comme Kingsley, qui sera le « chef des Agents Spéciaux de Sa Majesté ». Les hommes sont en costume, allant du gris anthracite au noir profond, en passant par le bleu marine, tandis que Tonks est méconnaissable dans son tailleur vert bouteille, avec ses cheveux blonds coupés très courts et ses petites lunettes sans montures apparentes. On dirait Draco au féminin…

Et ça fait rire mon frère, boudiné dans son jean et sa parka qui lui donne l'allure d'un bibendum Michelin… En rouge et bleu…

« Avez-vous ce que je vous ai demandé, Vernon. » demande Marraine, d'un ton qu'elle essaye de rendre aimable.

Mais elle a une telle dent contre lui, qu'elle échoue…

Mon oncle acquiesce et sort une liasse de feuilles de papiers pliés en deux de sa poche, qu'il me tend aussitôt. Je la prends et la glisse dans la poche intérieure de mon manteau. Puis Marraine m'indique un casque, que je remets à mon tour à mon oncle. Il fourre le boîtier sous son anorak d'hiver, puis ajuste le casque sur ses oreilles et j'entends aussitôt son souffle court dans mes oreillettes invisibles.

Que nos gardes du corps en aient, ce sera normal, aux yeux du patron de Vernon, mais nous concernant, Draco, Elinor et moi, il ne faut pas qu'il sache que nous en avons également…

« Allons-y. Vernon, avec les doublures de Pétunia et Dudley. Vous serez dans la même voiture que Remus, Viktor, Tonks et moi. Les autres, dans l'autre voiture. Nous suivons le plan et tout devrait parfaitement se dérouler… » décide Marraine, en poussant mon oncle vers le hall.

Nous sortons hâtivement et grimpons dans les voitures du Ministère. De vraies limousines américaines qui n'ont pas eu besoin d'être agrandies pour qu'on puisse y prendre place à une dizaine et avoir quand même ses aises. Tonks se met derrière le volant de la première voiture, tandis que Charly va conduire celle dans laquelle je prends place.

Nous roulons en direction de Little Whinging, où nous arrivons rapidement, Magie oblige.

« Bon Dieu ! On dirait qu'il y a eu la guerre ici ! » s'exclame l'oncle Vernon, que j'entends nettement dans mes écouteurs, quand nous longeons la Grand Place.

« C'est exactement ce qu'il s'est passé… » répond Marraine, un peu sèchement.

Avec un rien de mépris dans la voix. Vraiment, elle ne peut pas saquer Vernon…

« Et cela aurrrait pu êtrrre pirrre. Toutes les habitations aurrraient été détrrrruites si les Brrriseurs de Sorrrts n'avaient pas maitrrrrisés les Maléfices de Magie Noirrrre. » déclare Viktor, de sa voix grave aux accents roulant terriblement les R qui doivent écorcher les oreilles sensibles de Vernon…

Il déteste les étrangers, presque autant que les Sorciers. Alors un Sorcier étranger…

« Oui. Les dégâts ont été bien limités. Lucius a bien failli réduire cette ville à néant et faire plusieurs centaines de victimes… » renchérit Remus, sur un soupir

Je gage qu'oncle Vernon comprend, maintenant, pourquoi il nous a fallu tant de temps pour revenir hier matin. Ceci dit, j'ai un pincement au cœur, en voyant le centre ville ravagé. J'aimais bien venir flâner par ici, de temps en temps. Rêver que j'étais un gamin comme les autres et que je recevais les beaux cadeaux que je pouvais contempler dans la superbe vitrine du « Temple des Jouets », me régaler des yeux, dans celle de la pâtisserie la plus réputée ou que je portais les vêtements exposés dans ceux de la boutique la plus chic et à la mode de la ville…

Aujourd'hui, la Grand Place est désolée. Deux de ses immeubles sont effondrés, il y a des cadavres de voitures et de motos calcinées, de la poussière partout et, de l'autre côté de la place, une partie de la route manque. Quant à la rue piétonne, où se trouvait le siège de la Grunnings, je n'ose imaginer de quoi elle a l'air, après les multiples explosions et l'immense incendie qui l'a ravagée…

Nous tournons dans une rue adjacente, laissant les ruines derrière nous et enfin nous nous rangeons le long du trottoir, tous feux éteints…

Je sais qu'avant que nous partions, Marraine et Ron ont jeté des Sortilèges d'Illusion sur nos voitures, pour leur donner un aspect tout à fait banal. Personne ne nous remarquera, pendant que nous attendons que le Directeur Général de la Grunnings sorte des bureaux temporaires qui ont été mis à sa disposition par la Mairie.

Nous attendons une vingtaine de minutes, avant de voir sortir un groupe de trois hommes. Oncle Vernon nous indique lequel est son patron. Il est très reconnaissable, à son épaisse moustache blanche et son chapeau melon. Il est également maigrichon, semble avoir un parapluie dans le cul, comme dit Ron et il discute avec animation durant quelques minutes encore, en compagnie de son Directeur de Marketing et son secrétaire, ainsi que Vernon a identifié les deux autres.

Enfin, les trois se séparent et le Directeur Général grimpe dans une grosse Bentley grise. Le dernier modèle grand luxe.

Nous le suivons à distance respectable, traversant la ville en direction du périphérique.

« Bien. Il se rend directement chez lui dirait-on. Vous savez où intervenir… » déclare Marraine quelques minutes plus tard, quand la Bentley prend une bretelle qui mène vers la campagne anglaise.

Tonks et Charly acquiescent, d'un oui laconique. Ron et Marraine profitent de la nuit noire pour laisser tomber le Sortilège d'Illusion et ce sont maintenant les deux limousines qui suivent la Bentley sur les petites routes sinueuses que nous empruntons.

Nous filons pendant deux kilomètres à une allure modérée, sans croiser d'autre voiture et soudainement, alors que nous traversons un petit bois, Tonks accélère pour dépasser la bagnole du Directeur Général puis elle stoppe en se mettant en travers de la route.

Le Directeur pile et Charly, qui roule derrière lui à distance raisonnable, s'arrête en douceur, mais en prenant bien soin de lui barrer la route lui aussi. Dans la lumière des phares, je peux voir le Directeur regarder autour de lui, un peu affolé, tandis que Ron, Parrain et Kingsley sortent de notre voiture et se dirigent vers lui en courant.

Ron, qui a été le plus rapide, ouvre la portière de la Bentley, côté chauffeur, juste avant que son propriétaire n'ait eu le temps de la verrouiller. Le brave homme essaye de résister, mais mon Ron est bien trop fort pour lui et la portière s'ouvre sans aucune difficulté.

« Pitié ! Ne me faites pas de mal ! C'est la voiture que vous voulez ? Prenez là, laissez-moi descendre, je vous la donne ! » s'écrie le Directeur Général, en levant les bras bien haut, pour montrer qu'il n'est pas armé.

De toute évidence, il nous prend pour des pirates de la route, voleurs de voitures de luxe.

Il faut dire que Ron et Parrain ont sorti un faux flingue et qu'ils affichent des mines patibulaires derrière leurs lunettes noires, incongrues dans la nuit profonde qui nous entoure. Marraine, Viktor et Remus, sont sortis de voiture eux aussi et font semblant de faire le guet à côté de l'autre voiture, visage très sérieux et main sur leur arme (tout aussi fausse que celles de Parrain et Ron) encore rangée dans son holter mais prête à être dégainée, dans une imitation parfaite de flics, d'agents secrets ou de gardes du corps de cinéma…

S'ils n'étaient tous des sorciers, j'aurais envie de dire qu'ils regardent trop de films à la télé…

De quoi rigoler, je vous jure !

Mais il faut croire que la scène est très réaliste, car le Directeur Général de la Grunnings n'a pas l'air d'avoir le moindre soupçon. Au contraire, il est visiblement très impressionné.

« Ne vous affolez pas, Monsieur. Faites ce que nous vous disons de faire et tout ira bien. Sortez de la voiture, s'il vous plait. » ordonne King, d'un ton avenant mais ferme.

Il est en mode Auror et dégage une belle autorité.

Le Directeur de la Grunnings obéit et sort de sa Bentley après s'être un peu débattu avec sa ceinture de sécurité récalcitrante, tandis que je reprends une gorgée de Polynectar.

Il y aura bientôt cinquante-cinq minutes que j'en ai bu pour la première fois et il vaut mieux que j'en reprenne tout de suite. Au moins, on ne risque pas de mauvaise surprise…

« Suivez-nous » ordonne encore King, en faisant un signe de tête vers Ron.

C'est un signal convenu entre eux et Ron fait ce qui est prévu. Il saisit le bras du Directeur et l'emmène rapidement vers l'arrière de notre voiture dont il ouvre la portière, avant d'engager fermement et sans une parole, le type à monter dedans.

« C'est un enlèvement, c'est ça ! Ma femme vous donnera tout l'argent que vous voulez ! » gémit ce dernier, la moustache tremblante, en se glissant sur le siège, tête tournée vers Ron.

Ron ne répond pas. Il lui indique seulement d'aller se mettre sur l'autre banquette, celle qui me fait face. Encore une fois le Directeur obéit prestement et quand il me voit enfin, il ouvre des yeux ronds…

« Dursley… Mais qu'est-ce que cela signifie… » souffle-t-il, avec un air d'incompréhension totale.

J'ouvre la bouche pour répondre, mais King me précède, comme convenu.

« Nous vous l'expliquerons dans quelques minutes, Monsieur Graham. Soyez patient. » dit-il, toujours du même ton avenant et ferme.

Je regarde Graham d'un air désolé, comme pour m'excuser des désagréments que je lui cause, tandis qu'il s'interroge visiblement sur ce qu'il se passe mais ne moufte pas. Et il fixe Ron d'un œil qui ne trompe pas. Il n'osera pas s'y frotter même pour tout l'or du monde. Ce que je peux parfaitement comprendre étant donné son gabarit plutôt malingre.

Parrain, qui est allé mettre la voiture de Graham sur un chemin de terre, sous le couvert des arbres du petit bois, remonte dans la voiture, à côté de Charly. Il se tourne vers nous, le visage fermé et brise le silence tendu, aussi épais que la nuit.

« C'est bon, personne ne verra sa voiture, Chef » dit-il, d'une voix neutre

« Allons-y. Donnez le signal de départ. » répond King, avec un signe de tête vers Charly qui le regarde dans le rétroviseur.

Charly fait un appel de phare et Tonks démarre. Nous roulons de nouveau. Et, aussitôt sortis du petit bois, une centaine de mètre plus loin, nous tournons à gauche…

« Où m'emmenez-vous… » souffle Graham, dont je peux nettement voir la carotide battre follement.

« Nulle part. En ce qui vous concerne, c'est juste une petite promenade en notre compagnie, Monsieur Graham. Nous vous ramènerons plus tard à votre voiture et vous rentrerez chez vous. Monsieur Dursley tenait absolument à vous voir. C'est pour cela que vous êtes ici. Pour que nous vous expliquions brièvement sa situation. Mais qu'il soit bien clair que vous ne pourrez rien révéler de tout ceci à quiconque. Entendu ? » répond King, avec beaucoup d'autorité, en brandissant une fausse carte des Services Spéciaux de Sa Majesté sous le nez de Graham qui ouvre des yeux ronds comme des billes, encore une fois.

Le bonhomme n'a pas fini d'avoir des surprises…

« Oui… Je… Bien sûr, je n'en parlerai à personne. » répond-il bien qu'il ne comprenne toujours visiblement rien à la situation.

Ce qui est tout à fait normal, puisqu'on ne lui a rien expliqué encore. Mais tout est fait pour qu'il soit déstabilisé et qu'il ne pose pas trop de questions. Tout ce que nous voulons, c'est qu'il gobe rapidement la petite histoire que je vais lui servir dans quelques minutes.

Je jette un coup d'œil vers Parrain. Il doit me lancer le Sort d'Imitation qui me permettra de parler avec la voix de l'oncle Vernon. Ce Sortilège ne tient jamais très longtemps et Parrain devra le renouveler souvent.

C'est bon, il est prêt. Sa baguette pointe ma gorge. Graham ne verra pas le Sort me toucher, Ron est chargé d'y veiller. Et tous deux se sont bien entraînés pour se synchroniser…

« Monsieur Graham, je ne suis pas sûr que vous saisissez bien l'importance de la situation. Et je ne peux laisser Monsieur Dursley vous dire quoi que ce soit, aussi longtemps que je ne suis pas certain que vous avez bien compris. Il s'agit d'une affaire de la plus haute importance. Et ultra secrète. Vous avez servi avec honneur dans l'armée de Sa Majesté, Monsieur Graham, c'est pourquoi nous sommes prêts à vous accorder confiance en vous révélant un fait qui ne doit en aucun cas filtrer hors de cette voiture. A moins que vous ne souhaitiez mettre votre propre vie et celle de vos proches en très grand danger. » insiste King, qui joue son rôle à merveille.

Pour le coup, Graham se redresse et reprend du poil de la bête, même s'il a encore pâli.

« Je promets solennellement de garder le secret, sur mon honneur et sur ma vie, Monsieur ! Dans mon cœur, je suis toujours un soldat fidèle à la Couronne et à Sa Majesté ! Soyez assuré que je ne faillirais pas à mon devoir, dusse-je y laisser la vie ! ! » répond-il, la voix tremblante de passion contenue.

Flatter son ego en faisant allusion à ses anciens états de service dans l'armée était une bonne idée. Marraine a bien fait les choses, quand elle a interrogé Vernon à propos de son patron, pendant qu'il arrachait la tapisserie du petit salon, dans la matinée. Elle voulait apprendre tout ce qu'il savait de lui, pour l'aborder au mieux. C'est réussi. La fibre patriotique est touchée. Le bonhomme va mettre un point d'honneur à servir son Pays et sa Reine avec bravoure…

Nous ne lui en demandons pas tant. Qu'il gobe notre histoire et ferme sa boîte à paroles. C'est tout…

« Très bien Monsieur Graham, je vous fais confiance. Alors voilà, sachez avant tout que la rumeur faisant état d'un sabotage sur les conduites de Gaz ayant conduit à la destruction d'une partie de Little Whinging, n'est pas aussi dénuée de fondements que les autorités politiques l'affirment. Cette rumeur doit être étouffée, si nous voulons éviter la panique dans tout le Royaume. Il s'agissait cependant bel et bien d'un attentat. Un essai à petite échelle, en attendant l'heure de reproduire la même chose dans toutes les plus grandes villes de Grande Bretagne, en faisant des milliers de victimes et des milliards de livres de dégâts. » révèle King, le regard et le visage grave.

Il s'arrête un instant, jaugeant son effet sur Graham. Ce dernier réussit à garder une attitude digne, mais il est clair qu'il a un coup de chaud et bien du mal à déglutir sa salive et garder son calme.

« Un attentat… » souffle-t-il, de la sueur dégoulinant de son front.

« Oui, Monsieur Graham. Un attentat. Mais grâce à Monsieur Dursley ici présent, le pire a été évité, parce qu'il a surpris une conversation qu'il n'aurait pas dû entendre. Bien qu'il n'ait pas compris l'importance de ce qu'il avait entendu tout de suite, les terroristes ont pris peur et déclenché leur opération plus tôt que prévue. Mais je ne voudrais pas priver Monsieur Dursley de vous raconter tout cela lui-même. Allez-y, Monsieur Dursley, révélez à Monsieur Graham ce qui vous est arrivé… » déclare Kingsley, en se tournant vers moi.

Je me rengorge, tout en prenant un air faussement modeste, tout à fait dans la lignée de ce que ferait Vernon dans cette circonstance.

« Oui, merci, Monsieur… Alors voilà, Monsieur le Directeur Général, tout cela est arrivé par le plus grand des hasards. Je rentrais chez moi, après une promenade en famille, mardi soir, quand l'une de mes roues a crevé. Je l'ai changée et quand nous sommes arrivés en vue de Little Whinging, je me suis dit qu'il valait mieux la faire réparer tout de suite. On n'est jamais trop prudent, n'est-ce pas, Monsieur le Directeur, surtout que les crevaisons arrivent souvent par série. » commence-je, en m'adressant d'un ton obséquieux à Monsieur Graham, qui suit mon récit avec beaucoup d'attention, mais en se demandant de toute évidence où je veux en venir avec ce babillage inintéressant

« Oui, vous avez raison, Dursley. Je reconnais bien là votre prudence habituelle… » admet Graham, avec un ton approbateur.

Et un petit reniflement discret qui m'indique qu'il n'apprécie pas beaucoup mon oncle. Va falloir le séduire, pour obtenir ce que nous cherchons…Enfin, le séduire… Façon de parler, bien entendu…

Je sens ma gorge chauffer, signe que Parrain a renouvelé son Sortilège et que je peux reprendre la parole avec la voix de mon oncle.

« Oui, on n'en use jamais assez. C'est bien là une leçon que j'ai apprise durant toutes ces années au service de la Grunnings. Vous m'avez servi de modèle, Monsieur. » affirme-je, en accordant un regard admiratif à mon vis à vis qui se rengorge un peu, avant de poursuivre : « Mais voilà, mon prestataire habituel était en vacances. Je le savais. Alors je me suis arrêté chez le premier garagiste que j'ai trouvé en chemin. Il s'agissait de celui de la Cité des Tilleuls, qui faisait aussi station service et qui a sauté hier matin. Je suis sûr que ces terroristes de malheur ont fait exprès de la faire sauter, pour masquer les preuves qu'on aurait pu trouver là-bas… »

Tout comme King, Graham approuve du chef, complètement captivé par mon récit, tandis que Ron me fait un petit sourire en coin… Le gars est maintenant prêt à gober n'importe quoi de ce que je dirais, semble-t-il me dire, de son regard rieur que Graham ne peut capter.

Ça me fait chaud au cœur, de le voir ainsi, avec une véritable étincelle de joie dans ses yeux. Ses sourires, ses rires étaient mêlés de tristesse depuis lundi.

Et soudain, l'envie me prend de faire durer un peu le jeu, en rallongeant la sauce, rien que pour voir encore cette étincelle. Alors je m'attelle à le faire illico. Ce n'est pas bien compliqué. Il suffit d'ajouter quelques détails superflus à la petite histoire prévue…

« Quand je suis entré dans le garage, tout était ouvert, mais il n'y avait personne. J'ai appelé, mais nul n'a répondu. Alors je me suis dirigé vers l'arrière boutique. Il y avait un fond de musique et des voix. Sur le moment, j'ai cru que c'était la radio ou la télé et je n'ai pas trop accordé d'importance à ce qu'il se disait même si je pouvais nettement tout entendre. Je ne me rappelle donc pas des paroles exactes, mais ça parlait de conduites de gaz, de bombes et de mise à feu et que tout serait prêt à sauter trois jours plus tard. Mais que si tout se déclenchait avant, il y aurait déjà de quoi, je cite : faire un beau petit feu d'artifice un peu partout en ville. Et il y a eu des ricanements mauvais. Encore un épisode de feuilleton policier ou un film de série B, me suis-je dit. » explique-je, de plus en plus à l'aise dans mon rôle d'oncle Vernon qui sert une bonne histoire, fier comme un paon.

Je m'arrête un instant, pour boire un verre d'eau et surtout laisser à Parrain le temps de renouveler le Sortilège.

« Mais c'était réel, ce que vous avez entendu. Les terroristes étaient en train de fomenter leur mauvais coup et vous les avez surpris en pleine conversation ! Vous avez eu de la chance, de ne pas vous faire tuer, Dursley ! Comment cela se fait-il ? Ils ne vous ont pas entendu ? Vous êtes partis sans qu'ils vous aient vu ?… » demande Graham, avide de connaître la suite.

Je vais me faire un plaisir de répondre à ses questions… Et faire passer tonton Vernon pour un con. Du moins, un petit peu… Il faut tout de même que l'autre finisse par prendre Vernon pour un homme de valeur…

« Non, cela ne s'est pas passé tout à fait comme cela, Monsieur le Directeur. En fait, j'ai insisté et appelé, pour demander s'il y avait quelqu'un. Un type est aussitôt sorti, habillé en garagiste. Il m'a demandé brusquement ce que je voulais. Je lui ai demandé s'il pouvait réparer ma roue. Il a dit oui et qu'il allait s'occuper de ça tout de suite. Maintenant que vous le faîtes remarquer, je me dis que vous avez raison, j'ai eu de la chance qu'il ne me tue pas sur-le-champ. Mais il a dû voir que ma femme et mon fils attendaient dans la voiture ou pensé que je n'avais peut-être rien entendu. Et puis, il y a un autre client qui est arrivé presque aussi vite. Il voulait des ampoules de rechange pour ses phares. Le garagiste s'est tout de suite occupé de lui, puis, tout en réparant ma roue, il a fait la conversation. Je me suis rendu compte plus tard, qu'il s'agissait pour lui de savoir ce que j'avais entendu et ce que je projetais de faire dans les jours suivants. Mais sur le moment, je n'avais aucune raison de me méfier et je lui ai répondu en toute confiance. Finalement, quand la roue a été réparée, je l'ai payé et il m'a demandé mon adresse, pour m'envoyer l'annonce de ses promotions sur les pneus, pièces de rechange diverses et vidanges… Je n'avais aucune raison de refuser, d'autant qu'il faut toujours sauter sur les bonnes affaires, n'est-ce pas. Alors je la lui ai donnée… » explique-je encore, sur un ton ni trop, ni trop peu mélodramatique.

Et j'entends dans mes écouteurs, Marraine soupirer et dire que je suis décidément bien comme mon père et que je sais comme lui, raconter des histoires avec une foultitude de détails inutiles, mais qui ajoutent du réalisme au récit…

Et je dois ravaler un rire heureux. J'aime avoir ce genre de point commun avec mon père. Apprendre ces détails sur lui.

« Mon Dieu ! » murmure Graham, qui semble voir où je veux en venir… et se dire que Vernon est bien naïf…

« Après, je suis parti. Mais je me suis souvenu, que le lendemain c'était Noël et que je devais aller chez ma sœur Marge pour quelques jours. Ça fait de la route et j'avais intérêt à ce que le plein soit fait, parce que trouver une pompe à essence ouverte le jour de Noël, ce n'est pas évident, surtout dans notre bonne vieille campagne. Alors j'ai déplacé ma voiture à la pompe à essence. Et pendant que je me servais, trois autres types sont sortis du garage. Ceux qui parlaient avec le mécanicien, mais ça, je ne l'ai su que plus tard, bien sûr… Ils sont passés près de moi. Ils n'avaient pas l'air sympathique du tout, mais encore une fois, je ne me suis pas méfié, ni retourné sur eux. Pas plus que lorsque le garagiste m'a dit avec le sourire : « à très bientôt Monsieur ! » quand je suis allée lui payer l'essence. Je me suis dit à ce moment là, qu'il pensait que j'allais peut-être devenir l'un de ses clients réguliers s'il se montrait particulièrement affable. Mais ce n'est certainement pas ce qu'il pensait. Non certainement pas…En fin de compte, son sourire aurait dû m'alerter. Oui, maintenant que j'y pense, il était un peu ironique… » continue-je, m'interrompant une nouvelle fois pour ménager le suspens et permettre à Parrain de m'ensorceler

Graham hoche la tête. L'air grave, compatissant. Il sent que l'histoire va bientôt arriver à un moment crucial et il m'accorde toute son attention.

« J'ai passé une soirée tranquille, avec Pétunia et Dudley. Nous avons fait un réveillon, un petit repas tout simple bien sûr, puisque c'était soir, n'est-ce pas ! Et nous sommes allés nous coucher après avoir regardé la messe de Minuit à la télévision, comme nous le faisons tous les ans… Mais je me suis réveillé, bien avant le petit matin, car j'ai entendu un bruit dans la rue. J'ai le sommeil fragile, Monsieur le Directeur. Le moindre bruit me réveille. Une portière de voiture qui claque, un chat qui miaule ou un chien qui aboie. Tout bruit inhabituel dans le quartier en somme… … » brode-je, très créatif sur ce coup.

Car jamais un repas n'a été « petit et simple » pour le réveillon chez les Dursley, bien que je n'aie jamais eu l'occasion d'en goûter. Jamais non plus ma famille n'a regardé la messe de Minuit, Dudley ne l'aurait pas accepté. Mais bon, le gars est paraît-il assez bigot et ce détail devrait lui plaire. Et, enfin, mon oncle a toujours ronflé comme un sonneur. Il fallait qu'Hedwige fasse un potin d'enfer, pour qu'il se réveille la nuit…

« Enfin, toujours est-il que je me suis levé et que j'ai regardé par la fenêtre pour voir ce qu'il se passait. Et là, j'ai vu… j'ai vu… Oh ! C'était terrible, Monsieur le Directeur ! » dis-je, la lippe tremblante et avec un long frisson…

Je prends une profonde inspiration, comme pour retrouver la maîtrise de moi-même. Mon regard roule de côté et je saisis la lueur rieuse dans celui de Charly, qui se reflète dans le rétroviseur. Parrain réussit à garder un visage impassible, mais je vois nettement le coin de sa bouche frémir imperceptiblement. Ron, lui, a l'air d'avoir bien du mal à se retenir de rire. Et il fait semblant d'être pris d'une quinte de toux, tandis que King, se masque la bouche tout en se mordant l'intérieur de la joue.

Dans l'autre voiture, cependant, Draco et Elinor ne se privent pas de rire depuis déjà quelques minutes. Pour le coup, je dois faire un effort considérable pour ne pas me joindre à leur hilarité. Et j'en ai les larmes qui me montent aux yeux…

« Qu'avez-vous vu, mon ami… » demande Graham, en se penchant vers moi, pour me tapoter le genou avec sympathie…

Je sors précipitamment un mouchoir, pour me tamponner les yeux et me moucher. Pour gagner du temps et me reprendre. Enfin, j'inspire une grosse goulée d'air et je me lance dans la suite de mon histoire rocambolesque.

La partie la plus palpitante…

« Le garagiste et ses comparses, Monsieur le Directeur… Ils étaient là, devant ma maison. Ils arrosaient les murs avec de l'essence et, à l'arrière ouvert de leur camionnette, j'ai vu un chalumeau portable, des outils divers et des cocktails Molotov ! Des dizaines de cocktails Molotov ! Ils avaient enlevé la plaque d'égout, un peu plus haut sur la route… Sûr qu'ils étaient allés là-dessous, pour crever les canalisations de gaz ou poser une bombe ! J'ai fait ni une, ni deux, Monsieur le Directeur. J'ai réveillé Pétunia et Dudley et nous sommes partis discrètement par la porte de derrière, sans rien emporter, ni même mettre un manteau ou des chaussures convenables pour nous protéger du froid. Et heureusement, Monsieur le Directeur Général, car à peine étions-nous sortis de la maison, qu'elle flambait, d'un seul coup d'un seul !… Quelques secondes plus tôt et nous aurions été piégés par les flammes. Ces sales terroristes venaient d'allumer le premier feu de la soirée…» raconte-je, avec juste assez de peur rétrospective dans la voix et le regard.

Graham a un sursaut d'effroi…

« Ils ont avancé l'heure de leur entreprise terroriste ! Et vous étiez leur cible directe, car ils savaient que vous les aviez entendus parler dans le garage ! Ils voulaient vous éliminer ! Car vous étiez en mesure de les dénoncer avant qu'il ne passe à l'action ou, plus tard, de faire le rapprochement entre ce que vous aviez entendu et les attentats ! » s'exclame-t-il, avec une lueur de compréhension dans le regard.

« Oui, Monsieur le Directeur. » acquiesce-je, avec force hochements de tête.

« Mon Dieu, Dursley ! Vous êtes un témoin capital dans cette affaire ! Un témoin à abattre ! Car vous pouvez les reconnaître ! » s'exclame encore le Directeur, avec un peu de surexcitation.

« C'est cela, Monsieur le Directeur. Vous avez parfaitement raisonné ! Je suis une cible privilégiée pour ces tueurs, dorénavant ! Ils doivent savoir que j'ai échappé à leur tentative de m'assassiner, puisque mon nom ne faisait pas partie de la liste des victimes parue dans tous les journaux ! » acquiesce-je encore, en triturant le mouchoir que je tiens toujours dans ma main.

« Justement, qu'avez-vous fait, après être sorti de chez vous ? Comment avez-vous échappé à ces malfrats ? » demande Graham, avide de détails dramatiques

Puisque c'est ce qu'il veut, je vais lui en servir…

Des gratinés, mais pas trop. Juste de quoi faire passer Vernon pour un héros…

Mon oncle va finir par me devoir une fière chandelle, je le sens… ça risque de ne pas trop lui plaire de m'être redevable…

« Eh, bien, j'étais terrifié, vous pensez bien. Je n'avais qu'une idée en tête, mettre Pétunia et Dudley à l'abri. Ce que j'ai fait, en les menant dans la cabane à outils dans le jardin de l'un de mes voisins. Bien sûr, je me demandais pourquoi ces gredins étaient venus s'en prendre à moi. Et puis je me suis rappelé ce que j'avais entendu l'après-midi même au garage… Et j'ai réalisé. Tout s'est mis en place dans ma tête. Et je me suis dis, Vernon, tu ne peux pas laisser ces voyous s'en prendre à tes voisins, ni à la ville, sans rien faire ! Alors, bien que je sois terrifié et que ma femme et mon fils m'ont supplié de rester bien caché avec eux, je me suis glissé prudemment de jardin en jardin et je suis entré clandestinement dans une cabine téléphonique au bout de la rue. Je pouvais voir les terroristes répandre de l'essence sur les autres maisons du quartier et se rapprocher doucement de moi. Mais je n'ai pas flanché. J'ai récupéré quelques pièces, en forçant le coffret situé sous le téléphone, avec un tournevis que j'avais pensé à emporter quand j'ai quitté l'abri de jardin et j'ai appelé les secours… » raconte-je, presque haletant… tant je dois me maîtriser pour ne pas éclater de rire en imaginant mon oncle faire tout cela…

C'est aux Antipodes de Vernon, ça ! Et je me souviens très bien combien il tremblait tandis que mes amis et moi nous battions contre les Bestioles lundi soir…

« Vous avez fait preuve de sang froid et d'un très grand courage. Vraiment, Dursley, je suis impressionné… » commente Graham, le regard admiratif.

Tandis que cette fois, Ron a dû jeter un Sortilège d'Illusion pour masquer qu'il est mort de rire, à l'instar de Charly. King et Parrain, arrivent encore à se maîtriser. Dans l'autre voiture, c'est l'hilarité générale…

A part Vernon sans doute...

« Merci, Monsieur le Directeur. Permettez que je vous raconte la suite. Après mon coup de fil, j'ai rejoint mon épouse et Dudley. Ça les a rassurés de me voir revenir. Nous avons attendu les secours, avec fébrilité. Un autre incendie s'était déclenché et nous savions que bientôt tout le quartier partirait en fumée. Et que les canalisations sabotées ne tarderaient pas à sauter. Heureusement, les secours ont fait diligence. Dès que j'ai entendu les sirènes des pompiers et de la police, je me suis douté que les terroristes allaient filer sans demander leur reste. Nous avons encore attendu un peu, avant de sortir de notre cachette, pour être sûrs de ne pas nous trouver nez à nez avec ces tueurs qui voulaient ma peau, puis je suis allé demander à parler au plus haut gradé des policiers. Une heure plus tard, j'étais à Scotland Yard, où j'ai répondu toute la journée aux questions de ces messieurs, regardé des centaines de photographies pour tâcher de repérer les suspects et dressé des portraits robots… Voilà, vous savez tout…» achève-je, avant de me laisser aller lourdement au fond du siège de la voiture qui roule toujours et de m'éponger le front avec mon mouchoir.

Nous sommes sur l'autoroute depuis quelque temps déjà et nous devons être presque arrivés à destination. Bien que je gage que Tonks et Charly peuvent encore emprunter pas mal de détours si cela s'avère nécessaire.

« Eh bien, mon ami, quelle terrible aventure ! Et je comprends maintenant pourquoi vous n'êtes pas venu à la réunion d'urgence que j'ai convoquée hier après-midi… Oh ! Mais j'y pense ! Vous n'avez sans doute pas pu passer prendre votre courrier, vous ne savez donc pas ! » s'exclame Graham, l'air soudainement confus.

Oh ! Me voilà son ami !…

Ou plutôt, voilà qu'il donne du « mon ami » à Vernon… Une belle évolution. Tout à fait en faveur de mon oncle, me dis-je…

Et en plus, il nous amène de lui-même là où j'allais maintenant tâcher d'en venir.

Que demande le peuple !

« Si, j'ai reçu mon courrier, un agent de sa Majesté est passé le prendre pour moi à la Mairie. Mais je n'ai pas encore eu le temps de le lire. Que devrais-je savoir, Monsieur le Directeur ?… » réponds-je, mentant effrontément.

Je suis curieux de savoir ce qu'il va dire à cela. Et je n'ai pas longtemps à attendre car il s'empresse de le faire…

« Ne tenez pas compte de ce courrier, mon ami ! J'ignorais tout de votre situation et j'avoue avoir été fortement contrarié de votre absence hier. J'avais donc pris la décision, qui m'apparaît maintenant tout à fait injuste, de vous mettre au chômage technique. Mais bien entendu, il n'est plus question de cela ! Finissez tranquillement vos vacances, pour vous remettre de vos émotions, mon ami ! Ne vous préoccupez pas de ce courrier ! Des hommes de votre valeur, qui n'hésitent pas à mettre leur vie en péril pour protéger leurs voisins et témoigner contre d'infâmes gredins, nous en avons besoin, en ces temps de crise ! » déclare-t-il, avec emphase

Et voilà ! Mission accomplie ! Vernon passe maintenant pour un héros aux yeux de cet homme… Et je vais pouvoir lui sauver la mise.

« Merci, Monsieur le Directeur. Mais… J'ai bien peur, Monsieur, que mes vacances se prolongent quelque peu… Tant que cette affaire n'est pas terminée et les Terroristes derrière les barreaux, mes jours et ceux de ma famille, sont en grand danger, vous comprenez… » glisse-je, en prenant l'air contrit…

Graham sursaute. Celle-là, il ne l'avait pas vue venir, malgré l'évidence…

« Monsieur Dursley a été placé sous le programme de protection des témoins, Monsieur Graham. Ce qui explique la manière quelque peu… cavalière, dont nous sommes venus vous chercher pour qu'il puisse vous parler. Ce dont je vous prie de nous excuser. Cependant, vous comprenez maintenant, qu'il doit disparaître, avec sa femme et son fils, sous l'étroite surveillance des agents de mon service, aussi longtemps que nécessaire. Les terroristes se sont eux-mêmes volatilisés dans la nature. Il faudra sans doute du temps pour les retrouver et démanteler leur réseau. » intervient Kingsley, de sa voix grave et ferme…

« Oh !… Oui, oui, bien sûr… Voilà qui est fâcheux. Très fâcheux… » répond Graham, avant de froncer les sourcils et d'ajouter : « Mais au fait, pourquoi teniez-vous tant à me raconter tout cela, avant d'être mis à l'abri, mon ami… »

Il me fixe de son regard clair, interrogatif.

« Parce que, Monsieur le Directeur Général, le travail a toujours été une valeur forte à mes yeux. Et que, bien que je ne puisse être présent à vos côtés en ces temps difficiles, je veux être fidèle à l'esprit de solidarité et de fraternité qui fait la grandeur de la Grunnings et au sérieux qui la caractérise et lui permet de fidéliser sa clientèle ! Quand j'ai appris que nos bureaux ont été détruits, je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose, pour que notre Société puisse redresser rapidement la tête ! Alors voilà, je tenais absolument vous remettre ceci, Monsieur le Directeur. » affirme-je, en redressant fièrement le buste, tout en sortant de ma poche les papiers pliés en deux, que l'oncle Vernon m'a remis tantôt…

« Qu'est-ce… » demande Graham, en dépliant les feuilles

Ses yeux s'arrondissent, en lisant ce qui est écrit. Il a l'air de se demander s'il n'est pas en train de rêver…

« Oui, Monsieur le Directeur. C'est bien la liste de tous nos clients et je pense que cela va vous être très utile, puisque tout à brûlé dans nos bureaux. Mettre ma mémoire à votre service, était un devoir pour moi !… » dis-je, avec une évidente fierté.

« Dursley, mon ami, ceci va nous aider, assurément ! Et que vous pensiez à faire un tel geste quand vous êtes dans une position aussi fâcheuse et inconfortable, est vraiment tout à votre honneur ! Vous êtes un collaborateur très précieux, vraiment très précieux ! Soyez assuré, que vous retrouverez immédiatement votre place, si un jour vous pouvez revenir parmi nous ! Vraiment, mon ami ! Je ne sais que faire d'autre pour vous remercier ! » s'exclame le Directeur Général, ému.

« Monsieur Dursley a perdu tous ses biens… » glisse Kingsley, comme nous en avions convenu.

« Oh ! Bien sûr ! Eh bien mon ami, je veillerais personnellement à ce qu'une prime substantielle vous soit versée ! C'est le moins que je puisse faire ! D'autant que je suis dans l'obligation de vous licencier mon ami ! Pour pouvoir vous remplacer. Car il m'est impossible de laisser votre poste vacant pendant une durée indéterminée. Le conseil d'administration ne comprendrait pas. Surtout que je ne pourrais expliquer votre absence, puisque j'ai juré de garder le secret sur cette affaire ! Mais ne vous inquiétez pas, mon ami ! C'est un licenciement temporaire n'est-ce pas ! Comme je l'ai dit un peu plus tôt, vous aurez toujours une place à la Grunnings ! Et quand vous y reviendrez, ce sera avec les honneurs ! J'en fais serment ! » déclare le Directeur, tandis que j'entends Vernon gémir dans mes écouteurs quand vient le mot : licenciement…

Comme si cela ne faisait pas partie du plan et qu'il ne savait pas que nous arriverions à cette issue ! Elle était inévitable ! Il peut s'estimer heureux que ce ne soit que temporaire…

« Je comprends tout à fait, Monsieur le Directeur. Et je vous remercie pour cette promesse. La grande famille de la Grunnings va beaucoup me manquer. Je suis moins chagriné d'avoir à disparaître pendant quelques mois, devant l'assurance d'en faire à nouveau partie quand cette affaire sera terminée ! » assure-je, en lui tendant ma main gauche.

J'ai bien repéré que le bonhomme est gaucher. Il sera touché de mon attention et en sera d'autant plus reconnaissant envers Vernon… Encore faudra-t-il que ce dernier s'en souvienne, la prochaine fois qu'ils se verront, s'il veut garder l'entière estime que j'ai gagnée pour lui auprès de son Patron….

Graham prend ma main, sourire aux lèvres et la serre avec chaleur.

« Mais c'est naturel, mon ami ! Je ne puis moins faire ! Il faudra que vous veniez dîner au Manoir, avec votre charmante épouse et votre fils dès que possible ! Que cette épreuve doit être difficile pour eux ! A ce propos ! Où sont-ils ? » babille Graham, qui a retrouvé toute son énergie.

Il prend finalement plaisir à sa petite aventure, le vieil homme ! Il est beaucoup plus à l'aise que lorsqu'elle a commencé. Ça ne fait pas un pli !

« Dans la voiture qui nous précède, Monsieur Graham. Vous aurez sans doute remarqué que nous roulons maintenant en direction de l'aéroclub de Little Whinging, où Monsieur Dursley et sa famille vont prendre un petit avion pour une destination que nous ne pouvons pas vous révéler. Vous comprenez sans mal pourquoi … » réponds Kingsley en me tendant un verre bien tassé.

Il en propose un également à Graham, qui l'accepte avec plaisir. Bientôt, le Directeur boit un Whisky d'excellente qualité, tandis que j'ai de nouveau droit à un « cocktail Vernon Polynectarisé » horriblement amer…

« L'aéroclub de Little Whinging… Oh, oui… Mais nous avons mis, me semble-t-il, bien longtemps pour y arriver… Et n'est-il pas fermé, à cette heure ? » s'étonne Graham, en scrutant la nuit, au travers des vitres teintées de la limousine.

« Nous avons effectué de nombreux détours, pour nous assurer que nous n'étions pas suivis. Et certes, l'aéroclub est effectivement fermé à cette heure, mais pas pour les Services Spéciaux de Sa Majesté… » répond Kingsley, avec amabilité et un sourire affable.

« Oh ! Bien ! Bien ! Oui, je comprends… Sécurité… Services Spéciaux de Sa Majesté…Oui, il est normal que vous puissiez accéder là-bas à toute heure et en toute priorité. » commente Graham, avec un air pompeux

Et je me dis que le brave homme va regretter de ne pouvoir raconter sa petite aventure, la prochaine fois qu'il se rend dans son club. Ça risque de lui démanger sacrément la langue, toute cette histoire. Heureusement, Marraine a posé le Sceau du Secret sur la Limousine. Et il ne pourra pas délier sa langue et se faire mousser à tout venant, aussi fort son envie puisse être, en rapportant tous les énormes mensonges que je lui ai racontés. Sans compter ceux qu'il ajouterait probablement …

Enfin, nous arrivons à l'aéroclub.

Remus descend de la voiture qui nous précède et ouvre la grille d'un Alohomara discret. Nous roulons aussitôt après vers un hangar et descendons tous de voiture. Sauf oncle Vernon qui reste bien à l'abri. Finalement, il aurait pu rester au QG, Graham n'ayant posé aucune question à laquelle j'aurais été en peine de répondre…

Mais bon, ça lui aura fait une balade.

Cette fois encore, les faux gardes du corps jouent leur rôle à la perfection, accompagnant leur « témoin protégé et sa famille », en guettant les alentours, la main sur leur fausse arme de service en vrai plastique.

Graham entre avec nous dans le hangar, par une porte latérale. Ron et Marraine s'éloignent de quelques pas. Ron va donner l'Illusion qu'il ouvre la grand porte, tandis que Marraine va s'occuper de faire croire que l'un des deux petits avions de tourisme démarre…

C'est le moment de présenter « ma charmante femme et mon fils » à Graham, qui leur serre la main avec chaleur et compassion, tout en vantant les mérites de Vernon. Elinor et Draco jouent sobrement la scène, tandis que Charly et Tonks, nos chauffeurs, arrivent avec nos maigres bagages : tout juste une valise de petit format et un vanity-case…

Après tout, nous avons tout perdu dans un incendie. Nous ne pouvons donc avoir que quelques vêtements de rechange et des produits de toilette achetés à la hâte…

« Nous sommes prêts à partir, chef » intervient Parrain, le visage toujours aussi impassible, en s'adressant à King

« Bien, accompagnez Monsieur Dursley et sa famille. Je vais reconduire Monsieur Graham à sa voiture avec Hanson. Nous vous rejoindrons demain, où vous savez. » déclare King, en effectuant un signe de tête d'un air entendu vers Parrain qui répond de même.

Nous faisons vite fait nos adieux à Graham, que Kingsley entraîne rapidement en direction des voitures, Tonks alias Hanson sur les talons, tandis que nous allons vers l'avion, au moment où retentit le vrombissement très sonore de ses moteurs.

Issu d'un enregistrement fourni par Lee, dans l'après-midi.

Et je ne doute pas un seul instant que Marraine et Ron vont pousser l'Illusion jusqu'à « faire rouler l'avion sur la piste d'envol » et le « faire décoller », avant que Graham ait quitté le terrain de vue, histoire de jouer notre affaire jusqu'au bout…

« Voici une affaire rondement menée, n'est-ce pas ! » m'exclame-je, avec un grand sourire, à Pétunia/Elinor et Dudley/Draco, avant d'éclater de rire.

Je ne sais pas si, là-bas dans la limousine où il se trouve encore, mon oncle Vernon est satisfait de la façon dont nous avons joué cette comédie, mais moi, j'avoue que je le suis entièrement…

Finalement, je pourrais peut-être devenir acteur de théâtre, quand la guerre sera finie…

Car j'avoue que ça me plait bien, de jouer la comédie…

OoOoOoO

...Votre avis m'intéresse vivement...

...

...