Disclaimer: cf chapitre 1

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Merci à Mistucal, d'être ma béta depuis le début de cette aventure!

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum pour: -Marina - Douceurfamille -

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Annonce importante:

Je pars en vacances pour trois semaines et je n'aurais pas internet...

Je suis donc au regret de vous annoncer que le prochain chapitre sera mis le 16 Août...

J'espère que vous ne m'en voudrez pas!

Je vous promets de revenir avec quelques nouveaux chapîtres dans mon

ordinateur portable ordinairement réservé au travail!

Bonne lecture!

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Des Projets En Evolution 1/2

Acte 4 : Conversations Avec Des Moldus

Severus

Je viens à peine de quitter Dobby et je me hâte vers un petit pub du charmant village de Quainton, dans lequel j'ai rendez-vous avec le père de Justin Finch-Fletchley.

J'entre dans l'établissement, heureux de pouvoir me mettre à l'abri de la pluie glaciale, particulièrement désagréable après la matinée printanière dont j'ai bénéficié dans le Village Des Elfes de Maison. Je repère très vite Justin, qui me fait signe depuis un box privé situé à l'écart des autres tables, dans lequel il a pris place avec son père. Le commissaire Finch-Fletchley m'accueille avec une poignée de main franche et chaleureuse, tandis que son fils se rend au comptoir pour aller chercher des boissons.

« Justin m'a dit que les incendies et explosions qui ont ravagé Little Whinging le jour de Noël sont liés à ce qu'il se passe actuellement dans le monde Sorcier… » déclare d'emblée, mais avec discrétion, le père de Justin

Il a planté son regard clair, brillant d'intelligence et de détermination dans le mien et je me dis qu'il doit être un redoutable adversaire pour les voyous Moldus. Il sait discerner la vérité du mensonge, deviner si on lui cache quelque chose. C'est certain.

« Je ne sais pas s'ils sont directement liés à notre guerre contre Voldemort, mais je peux assurer qu'ils sont liés à la petite Miho Kido. » réponds-je, avant de raconter brièvement ma rencontre avec Lucius à Privet Drive, sans toutefois révéler son identité.

Le commissaire et Justin, revenu dès le début de mon récit avec deux bières du pays, un soda et des sandwichs, m'écoutent attentivement.

Sourcils froncés concernant le père, regard avide de nouvelles de notre monde concernant le fils…

« Pourquoi ce Mangemort voulait-il tuer Miho ? C'est une gentille gosse ! C'est parce que c'est une Rebelle ? Est-ce que d'autres copains des Comités ont été attaqués ? Je n'ai rien vu à ce propos dans la Gazette…» demande mon élève, l'air maintenant inquiet

« Non, il n'y a pas eu d'attaque depuis Noël, juste des menaces envers la famille Vila qui a été aussitôt mise à l'abri. Et j'ignore pourquoi Miho est une cible. Je sais juste qu'elle en est une… Justin, ce que je vais dire est confidentiel. Peu de personnes sont au courant et elles étaient toutes sous le Sceau du Secret. Il faut donc que... » réponds-je, le regard appuyé, avant d'être vivement interrompu par mon élève.

« Vous pouvez me faire confiance, Monsieur ! Je ne dirais rien à personne, je le jure ! » s'exclame-t-il visiblement froissé

S'il m'avait laissé aller au bout de ma pensée, il ne l'aurait pas été. Impatiente et impétueuse jeunesse !

« Je sais que je peux vous faire confiance, Justin. La question n'est pas là. Je voulais juste que vous sachiez que ce sujet ne doit pas être abordé devant d'autres élèves que ceux qui étaient présents. Je vous en donnerais la liste tout à l'heure… » assure-je, d'un ton apaisant.

Mon élève sourit, rassuré de constater que je ne mets pas en doute sa fiabilité et hoche la tête, une main sur le cœur, ce qui signifie dans notre monde, qu'il effectue une promesse. En l'occurrence, celle d'être prudent et de garder sa langue.

De son côté, le commissaire Finch-Fletchley ne dit rien, mais je devine qu'il n'en pense pas moins et que le père et le fils auront une petite conversation ultérieurement, dans l'intimité familiale. Ils ont des liens profonds et doivent souvent parler à cœur ouvert, cela se voit. Cependant, ce n'est pas le moment d'analyser les relations père-fils des Finch-Fletchley, aussi reprends-je la parole, sous leurs oreilles attentives

« Après l'attaque à Privet Drive, le même Mangemort est allé attaquer la maison du Chef des Aurors où la famille Strikawe avait été emmenée quelques heures plus tôt. Même si le Chef des Aurors et sa famille pouvaient être directement visée, je n'ai pu m'empêcher de penser que c'était une sacrée coïncidence que la famille Strikawe se soit encore une fois retrouvée sur le chemin de ce Mangemort. Et j'avais raison. Albus Dumbledore, soupçonneux lui aussi, a discrètement effectué une petite vérification et découvert qu'un Sortilège de Filature avait été posée sur la petite eurasienne actuellement accueillie par les Strikawe, ce qui avait pu permettre au Mangemort de la retrouver. Naturellement, Albus s'est empressé d'enlever ce Sortilège. Mais ce fait, me conforte dans l'idée que Miho, à laquelle l'autre petite fille ressemble beaucoup, je vous l'ai déjà dit, est une cible à abattre à tout prix pour ce Mangemort. D'autres faits le confirment… » révèle-je, sous le regard choqué de Justin.

« Miho ! Une cible à abattre ! Ah ben merde alors ! » s'exclame-t-il, sous le haussement de sourcil réprobateur de son père…

« Je comprends que cela te choque, mais surveille ton langage, mon fils. » déclare-t-il d'ailleurs, avant de boire une gorgée de sa bière.

Justin rougit, d'être ainsi repris par son père devant l'un de ses professeurs. Il se tortille sur sa chaise, l'air embarrassé et croque rapidement dans un sandwich pour se donner une contenance.

« Oui. Miho est une cible. Comme je le disais précédemment, d'autres faits le confirment. Tout d'abord, un autre Mangemort s'est présenté chez les Strikawe, quatre jours avant l'attaque, sans aucun doute pour s'assurer que Miho était bien présente chez elle pour les fêtes de fin d'année. Il a vu Kyo et, ne connaissant pas son visage, il a assurément pensé que c'était elle. Il est possible que ce soit à ce moment-là, que le Sortilège de Filature a été posé. Vous comprenez sans doute, Monsieur le commissaire, qu'il est impératif que nous sachions pourquoi ce Mangemort tient à tuer Miho. Je pense que cela peut avoir une relation avec un don particulier que cette petite possède et dont ce Mangemort aurait eu connaissance par un espion qui se trouve à Poudlard ou peut-être avec son passé, ses parents en particulier. Mais voilà, son dossier a disparu du Ministère. Nous n'avons donc aucun moyen du côté Sorcier, de savoir qui ils étaient. Par ailleurs, aucun membre de l'Ordre ne se souvient d'un Sorcier nommé Kido et la famille Strikawe m'a confié ne rien connaître du passé de la petite, hormis que ses parents sont décédés. Mon seul espoir d'en apprendre davantage sur elle maintenant, c'est vous, Monsieur Finch-Fletchley… » poursuis-je, avant de me laisser tenter par un petit sandwich au saumon fumé.

« L'ennui, c'est que je n'ai pas appris grand-chose de mon côté… » répond le père de Justin, avec une petite grimace, tandis qu'il se penche sur le côté de la table.

Il ramène une mallette de cuir, l'ouvre et en sort un dossier cartonné de couleur brune, qu'il pose sur la table, avant de le faire glisser vers moi.

« Tout ce que j'ai pu trouver est dedans. Les rapports de police et ceux des services sociaux. Peut-être, en examinant les photographies prises dans la demeure de feu Madame Kido, trouverez vous un détail qui a échappé à mes collègues. Je peux également vous emmener sur les lieux, si vous le voulez. La maison est inhabitée depuis le décès de sa propriétaire. Elle reviendra à la petite, à sa majorité. Il n'a pas été établi qui étaient les précédents propriétaires, ni quelle agence ou quel notaire a procédé à la vente de cette maison quand Madame Kido l'a achetée. Personne n'a pu renseigner mes collègues… Quelques habitants du village se souviennent seulement vaguement d'une femme, qui avait deux filles et a quitté la région il y a pas mal d'années. Personne ne se souvient de son nom, ni de ceux de ses enfants. Apparemment, cette femme était une solitaire qui ne fréquentait personne, tout comme ses filles qui n'étaient pas scolarisées au village. Elles étaient pensionnaires probablement, mais nul ne sait où. Et elles ont toutes les trois quitté le village il y a quinze ou vingt ans, personne ne sait quand exactement. Depuis, la maison était inhabitée et nul ne s'en approchait. En fait, c'est comme si tout le monde avait oublié l'existence de cette maison jusqu'à ce que mes collègues en parlent. Et je dois dire que si je n'avais su qu'il y en avait une dans cette impasse, je ne l'aurais peut-être pas trouvée car il y a devant un fouillis d'arbres et arbustes épais. Enfin, bref…. Je pense que Madame Kido était l'une des filles qui vivaient là avec leur mère il y a plus de quinze ans. Mais dans ce cas, que sont devenues sa mère et sa sœur… Je n'en sais rien… » déclare-t-il, tandis que j'ouvre le dossier.

Je découvre d'abord des photographies. La première représente la mère de Miho, l'œil figé sur une expression de terrible souffrance. Il manque une partie du crâne, la mâchoire inférieure, une partie du nez et ce qu'il reste de son visage est horriblement tuméfié, totalement méconnaissable … La seule certitude que l'on puisse avoir à son propos, c'est qu'elle avait les cheveux châtains et les yeux bleus.

« Les collègues n'ont retrouvé aucune photographie de cette pauvre femme, aucun papier, ni passeport. Il est donc impossible de savoir à quoi elle pouvait ressembler avant d'être battue à mort, ni quel était son nom de jeune fille, son âge et tout le reste. Cependant, une voisine, qui l'a formellement identifiée grâce à une tâche de naissance sur l'avant bras, l'a décrite dans les trente ou trente-cinq ans, fort jolie et douce, mais assez triste. Elle vivait seule dans la maison. Toujours d'après la voisine, elle était revenue du Japon un peu moins de deux mois plus tôt. Son époux est mort dans un accident d'avion. Un jet privé, piloté par son père qui était un homme d'affaire et s'est abîmé en mer alors qu'ils revenaient tous deux d'un voyage aux Etats Unis. Ce qui explique sa tristesse, bien sûr. Madame Kido avait demandé à la voisine de garder la petite Miho, car elle devait prendre un train de nuit pour aller dans le nord, à la recherche d'un parent éloigné, seule famille vivante qui lui restait. Elle n'avait pas les moyens d'emmener la petite avec elle et celle-ci étant adorable, la voisine avait accepté sans hésitation. Madame Kido cependant, n'a jamais pris ce train. Elle est morte avant et c'est trois jours plus tard que son corps a été découvert, quand la voisine inquiète de ne pas la voir venir chercher sa fille, est allée voir sur place si elle était rentrée de son voyage… Mes collègues devaient faire un portrait robot mais la voisine n'était pas en très bonne santé et le choc qu'elle a reçu en trouvant le corps l'a anéantie. Elle a fait une crise cardiaque quelques heures plus tard et en est morte, avant que ce portrait puisse être établi. » explique d'un ton professionnel le commissaire Finch-Fletchley, alors que je regarde les autres photographies.

Plusieurs représentent le corps terriblement malmené et blessé de la pauvre maman de Miho, tandis que les autres offrent différentes vues de son intérieur. Non seulement la malheureuse a été salement torturée, mais la maison a été saccagée…

Qui a fait cela ? Que cherchait-on chez Madame Kido ?

Deux questions auxquelles la police Moldue n'a pas trouvé réponse.

« La voisine était sourde, pour ne rien avoir entendu ? La mère de Miho a dû drôlement crier pourtant… » fait remarquer Justin, qui est très pâle.

Il a regardé les photographies, sans que son père esquisse un seul geste pour les dérober à son regard. Sans doute estime-t-il que son fils est assez grand pour être confronté à la réalité du monde…

« Non. Mais le cottage de feu Madame Kido, est situé tout au bout d'une impasse qui traverse un verger. La voisine, qui habitait la maison la plus proche, était à un peu plus de trois cents mètres, non loin d'une salle de fête où il y avait un mariage. La musique, les explosions de pétards et feux d'artifice ont dû largement couvrir l'écho lointain des hurlements de la malheureuse… » explique encore le commissaire, l'air fataliste.

Toutes les conditions étaient donc remplies pour que nul ne puisse venir au secours de la mère de Miho. Et je frissonne, à la pensée que ma petite protégée aurait pu être avec sa mère cette nuit là… Elle a échappé à un sort bien cruel me dis-je. Car il ne fait nul doute dans mon esprit que le ou les individu(s) n'aurai(en)t pas hésité à la tuer elle aussi…

« Mmmm… C'était une maison Moldue. » fais-je remarquer, en désignant un téléviseur renversé sur le sol.

« Oui. Mme Kido n'était pas une Sorcière. Son intérieur était aménagé avec des appareils électriques… C'est la seule certitude que nous pouvons avoir. » acquiesce le père de Justin, avant d'allumer une cigarette.

Je ne suis pas aussi certain que lui, mais dans le doute, je m'abstiens de le dire

« La voisine en savait-elle davantage sur son identité ? » demande-je, me disant que Miho serait peut-être heureuse d'apprendre le prénom de sa mère

« Pas le nom de jeune fille. Mais le prénom oui et c'était Ariane… Un prénom peu commun chez les anglais… » répond le commissaire, tandis qu'un frisson remonte le long de mon échine…

Ariane… Un prénom tout droit venu de la mythologie et souvent donné à leur fille, dans le passé, par des Sorciers… Je savais bien qu'on ne pouvait affirmer avec certitude que la mère de Miho n'était pas une Sorcière et qu'elle pouvait avoir un autre lien que Miho avec notre monde…. Mais lequel ? Et pourquoi vivre dans une maison Moldue dans ce cas ? Pour donner le change aux voisins ? Cela arrive parfois, chez les Sorciers qui vivent isolés de notre monde, dans des villages Moldus… A moins que la mère de Miho soit une Née-Moldue ou Sang-Mêlée et qu'elle ait hérité de la maison ainsi équipée… Ou que son époux soit Moldu et qu'elle se soit habituée à vivre dans son environnement, tout comme sa fille…

Autant de questions sans réponses…

« Pas de nouvelles du parent éloigné qu'elle devait voir ? Aucun carnet d'adresse, ni numéro de téléphone ? » demande-je, en faisant appel à mes connaissances du monde Moldu

Le père de Justin se contente de hocher négativement la tête pour répondre à ces questions…

« Je vais tâcher de continuer à creuser, même si après autant de temps, je risque fort de ne rien trouver. Mais on ne sait jamais. Il y a peut-être une trace de son passage quelque part où on en sait davantage sur elle. Son prénom peut être un bon point de départ, puisqu'il n'est pas courant. Par ailleurs, j'ai un collègue qui fait un stage à Interpol. Il pourra peut-être savoir quelque chose du côté du père… Si les Japonais acceptent de coopérer dans une enquête non officielle, bien sûr… Tout ça risque de prendre du temps… » déclare-t-il ensuite, avant de croquer à son tour dans un sandwich

Et de mon côté, je peux tâcher de voir dans les archives de Poudlard s'il y avait une Ariane dans les années soixante-dix… Bien que je ne me souvienne pas avoir entendu ce prénom, au temps de ma scolarité… Minerva et Filius se souviendront peut-être… Ou Nally et Remus…

« Ecoutez, je retiens votre proposition d'aller visiter la maison même si pour l'heure je ne vois pas d'intérêt à le faire, car j'imagine que tout a été fouillé de fond en comble. Je vais d'abord examiner ces rapports et les photos. Ceci dit, je vous remercie, Monsieur le commissaire, du mal que vous vous donnez pour éclaircir cette affaire.. » déclare-je, en refermant le dossier.

« Il ne faut pas. Cette pauvre femme mérite que son ou ses assassins soi(en)t châtié(s). Et sa gosse éprouvera le besoin de savoir d'où elle vient un jour ou l'autre. Et si ça peut aider à trouver pourquoi on en veut à sa vie, alors ça vaut largement que je tire quelques ficelles… » répond le commissaire, après avoir avalé sa bouchée de sandwich.

La conversation dévie ensuite sur les évènements qui secouent le monde sorcier. Justin me demande des nouvelles de ses camarades et je devine sans mal que le commissaire Finch-Fletchley, qui m'écoute attentivement, évalue les risques courus par son fils en revenant à Poudlard. Mais je devine également qu'il laissera Justin prendre ses décisions, même s'il les discute, pour s'assurer qu'il les mesure bien et ne foncera pas dans le danger tête baissée…

Finalement, nous nous quittons, une demi-heure plus tard. Il est temps pour moi de rentrer, pour agiter mes carottes sous le nez des Dursley, avant qu'ils ne reprennent le travail après leur pause de midi…

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Draco

Ron, Harry, Théo, Neville et moi sortons du bureau où nous étions en train de tirer quelques plans pour nos entraînements et le programme des prochains jours.

« Marraine a dit qu'elle viendrait nous voir dans une heure. Il est trop tôt pour aller voir Hermione, elle doit faire la sieste encore. Si nous allions prendre un thé dans la cuisine en attendant ? » propose Harry, à l'instant même où Pa descend l'escalier, l'air très satisfait de lui-même, malgré sa fatigue évidente.

Il faut dire qu'il n'arrête jamais. Et il n'est pas le seul. Tous les Membres de l'Ordre en sont au même point. Aucun d'eux n'arrête une minute. Ils ont toujours quelqu'un à aller voir, une mission à remplir, des réunions avec l'un ou l'autre des Ministres d'Europe, des entraînements à assurer…

Bref, ils ne chôment pas…

Et les copains et moi ne chômons pas non plus. Nous travaillons sur les Cartes, concoctons des Potions, fabriquons des Onguents, envisageons mille scénarios pour tirer nos plans de défense de Poudlard où il n'y a toujours pas moyen de faire fonctionner des caméras, bippers et micros…

Sans compter nos propres entraînements, que nous effectuons dès que nous avons un moment libre…

Autant dire que nous n'avons pas beaucoup de temps pour nous reposer… Heureusement, Tatie Nally nous a promis un vrai séjour de vacances au Paradis le week-end prochain, sinon, nous ne serions pas très frais pour la rentrée…

J'interroge Pa du regard, mais il se contente de sourire, nous invitant d'un geste à pénétrer dans la cuisine où je gage que nous aurons la joie d'apprendre ce qui le rend heureux…

Nous nous installons à table, tandis que Harry prépare le thé, Dobby et Dyna étant quelque part dans la maison à faire le ménage, la lessive ou je ne sais quoi… Et Pa nous raconte avec bonne humeur, comment il a convaincu les Dursley de s'investir plus activement dans le sport et leur travail… Ce qui nous fait grand plaisir, bien évidemment, même si ce n'est pas très gentil de notre part…

Mais que voulez-vous ! Après la manière dont ils se sont conduits avec nous, surtout les deux tantes, tout ce qui nous permet de nous sentir quelque peu vengés nous met le cœur en joie…

« Oh ! Monsieur Severus ! C'est justement vous que nous cherchions ! » s'exclame Madame Strikawe, en entrant dans la cuisine, suivie de son époux et de son fils…

Il se décoince un peu, Tim. Il parle assez souvent avec Annabelle, qui est Moldue, comme lui. Et peu à peu avec nous également. Il est très curieux de notre monde, mais n'ose pas trop nous poser des questions encore. Ça viendra sûrement…

« Que puis-je pour vous ? » demande Pa, en invitant les Strikawe à s'asseoir.

« Nous voulions vous parler de Miho… » déclare Madame Strikawe, un peu hésitante, au moment même où Blaise entre à son tour dans la cuisine.

Il s'arrête aussitôt, plissant les yeux, puis vient s'asseoir auprès de moi et se sert un thé, tandis que Pa invite Madame Strikawe à poursuivre

« Voilà… Je voulais vous dire… » commence-t-elle, avant de soupirer profondément et de se lancer, après un regard vers son mari qui l'a encouragée d'un signe de tête : « J'avoue que j'ai très mal réagi, quand j'ai appris que Miho est une Sorcière et que j'ai entraîné mon fils et mon époux dans mes craintes. Mais cela m'a vraiment fait très peur. Surtout quand notre voisine, Madame Dursley, a deviné la nature de Miho et qu'elle m'a invité à prendre le thé, pour me raconter des tas d'horreurs sur son neveu. En toute confidence, assurait-elle, bien sûr. Alors j'ai dit à l'assistante sociale que je souhaitais me séparer de Miho, puisque sa mère l'avait inscrite dans un internat, payant tous les frais de scolarité, avant de décéder. Je lui ai dit que puisqu'elle ne serait presque plus à la maison, je voulais une autre petite fille à la place… Et puis est venu le moment de la rentrée… J'étais énervée, car nous avons failli rater l'autobus et qu'ensuite des embouteillages nous ont ralentis… Bref, je suis arrivée à la gare, un peu perdue, cherchant ce fameux quai 9 ¾ et ne le trouvant pas, malgré les indications que j'avais reçue, jusqu'à ce qu'un jeune homme très poli et bien élevé, nous propose gentiment son aide… »

Blaise, qui est très attentif à ce qu'elle raconte et un peu tendu également, l'interrompt brutalement dans ses explications

« C'était moi. Je vous ai vue tirer Miho par le bras. Elle avait du mal à vous suivre et vous n'étiez pas très gentille avec elle. Vous lui parliez avec brusquerie. » dit-il, avec un air de reproche.

Madame Strikawe sursaute et dévisage Blaise avec surprise, avant de sembler enfin le reconnaître.

« Oh ! Oui ! Oui, bien sûr, c'était vous ! Je me souviens maintenant ! Oui, c'est vrai que je n'étais pas très patiente avec Miho, vous avez raison. Je craignais qu'elle rate son train. Je craignais également d'avoir à rencontrer des Sorciers adultes… J'ai agi comme une idiote, je le reconnais maintenant et j'en suis profondément désolée… Vraiment. » assure-t-elle, son regard confirmant tout à fait son propos.

Blaise hoche la tête, signifiant ainsi qu'il la croit et Monsieur Strikawe encourage de nouveau son épouse à poursuivre son récit.

« Je tiens à dire également que je… Je croyais être soulagée quand Miho serait partie de la maison. Mais quand elle a disparu à mon regard, j'ai ressenti un vide immense dans mon cœur. Elle était avec nous depuis si longtemps ! Je m'étais beaucoup attachée à elle, pendant ces quelques années. Sa gentillesse, sa bonne humeur, ses câlineries, sa serviabilité… Elle était si heureuse d'avoir retrouvé son ours en peluche au début de l'été et d'apprendre qu'elle était une sorcière ! Et si triste de savoir qu'elle ne reviendrait plus à la maison que pour les petites vacances de cette année et qu'après ce serait tout. Qu'elle devrait aller dans un foyer dès l'été prochain… Oh ! Je m'en suis voulue, vraiment, d'avoir été si bête ! Et puis, vous aviez été très gentil, Blaise et j'ai bien vu d'autres enfants sorciers, accompagnés de leurs parents. Je les ai reconnus, à leurs malles, aux hiboux et surtout… à leur façon de… de s'habiller. Ils… je... enfin… vous comprenez… c'est que…» déclare Madame Strikawe, en bredouillant un peu et rougissant

Les copains et moi nous regardons en souriant. Même Blaise qui s'est quelque peu détendu, maintenant que Madame Strikawe a avoué s'être comportée comme une idiote.

« Vous avez pu reconnaître les Sorciers à leur façon de s'habiller car ils sont pour la plupart bizarrement vêtus, de frusques horriblement démodées et mal assorties… Ne vous inquiétez pas, cela ne nous vexe pas que vous en fassiez la remarque. C'est l'une des choses que nous apprenons aux Membres de l'Ordre, de se vêtir correctement dans le monde Moldu. Bien qu'il réside quelques phénomènes qui ne changent rien à leurs habitudes pour autant. Fol Œil, par exemple…» intervient Pa, d'un ton rassurant, dans lequel pointe une note d'amusement.

Madame Strikawe a l'air soulagé de ne pas avoir commis d'impair et elle sourit en retour…

« Il est vrai que Monsieur Fol Œil… » dit-elle, avant de pouffer de rire…

Elle doit se souvenir de sa fracassante arrivée hier soir, habillé d'un pantalon de golf vert et d'une veste à rayures violettes et grises, sur un pull jaune canari…Une véritable injure à l'esthétique !

Ceci dit, je le soupçonne de l'avoir fait exprès pour incommoder la tante Marge à laquelle il a encore fait une cour discrète mais empressée…

« On ne le croirait pas comme ça, mais c'est un vrai clown, Fol Œil, quand il s'y met… » déclare d'ailleurs Blaise, en riant franchement maintenant…

Ce dont nous convenons tous, riant encore un peu, jusqu'à ce que Pa recentre la conversation en invitant Madame Strikawe à reprendre la parole.

« Oui… Euh… Je disais donc que j'avais regardé attentivement autour de moi et c'est là, que je me suis rendu compte que j'avais une idée tout à fait erronée des Sorciers. Je me suis rappelée avoir vu le neveu de Madame Dursley, vous, Harry, au début de l'été. Vous m'aviez fait l'impression d'un gentil garçon. Et Miho a toujours été une adorable fillette. Enfin, certes Madame McGonagall avait l'air strict, quand elle est venue nous donner quelques explications à la maison, mais elle n'avait rien d'un…d'un… de… » poursuit Madame Strikawe, avant d'hésiter en rougissant encore une fois

« D'un monstre. Vous pouvez le dire. Ma tante Pétunia n'a pas dû cesser d'appeler les Sorciers ainsi, n'est-ce pas ? Cela, ajouté aux horreurs dont elle m'a accusé et dont j'imagine aisément la teneur, explique parfaitement vos craintes… » intervient Harry, d'une voix douce.

La brave femme hoche la tête, gênée visiblement, mais Harry hausse les épaules et la rassure d'un sourire.

« Elle n'était pas la seule à dire des horreurs… Au début, votre cousin était sur la réserve, mais par la suite, il a raconté des choses effroyables à Tim… » ajoute Madame Strikawe, en se tournant vers son fils…

« C'est vrai. C'était effrayant. Et je l'ai cru, car il se montrait sympathique avec moi et ce qu'il racontait paraissait vrai. Il m'a même montré une cicatrice. Mais par la suite, je me suis aperçu qu'il était bête, vantard… menteur et méchant. Ses copains ne sont pas très recommandables non plus… » révèle Tim, avec une petite mou de dégoût…

« Mmmm… Il t'a dit qu'un Sorcier géant lui a fait pousser une queue de cochon, avec une Baguette Magique cachée dans un parapluie. De là sa cicatrice, pas vrai ? » s'enquiert Harry, l'air vivement amusé.

« Ouais… Comment tu le sais ? Il m'a assuré qu'il n'a jamais parlé de ça à qui que ce soit. Il m'a même fait jurer le secret absolu, sous peine de terribles représailles de la part des sorciers…» répond Tim, qui semble sincèrement surpris…

« C'est sans doute la seule chose vraie qu'il t'a racontée ! Du moins, la queue de cochon ! Car le risque de représailles, ça sort de son imagination… » s'exclame Harry, avant d'éclater de rire…

Et comme Pa lui demande des explications, il nous narre avec moult détails plus amusants les uns que les autres et en mimant les réactions de chaque personne concernée, la mésaventure de Dudley, quand Hagrid a débarqué, en pleine tempête, sur l'île où son oncle Vernon les avait emmenés dans l'espoir qu'aucun courrier de Poudlard ne lui parvienne…

« Oh ! Putain, Harry ! Tu es le meilleur conteur que j'ai jamais entendu ! Déjà l'autre jour dans la bagnole, j'étais mort de rire en t'entendant raconter ta fable au patron de ton oncle ! Tu as un véritable don, mon vieux ! » m'exclame-je, à demi écroulé sur la table, quand il a fini son histoire…

Je ne suis pas le seul, à me payer une bonne pinte de rire. Les copains, Pa, les Strikawe, bref, tout le monde est bien joyeux…

« Ouais… Avec Harry le conteur et Ron l'imitateur, nous avons un sacré duo de comiques ! Autant vous dire que ça rigole bien, dans notre dortoir à Poudlard ! Surtout quand Ron nous imite les profs ! » renchérit Neville, avant de pouffer derechef de rire

Et comme Pa hausse un sourcil vers lui, Ron se mêle de la partie…

« Riez, Monsieur Londubat, riez et priez Merlin pour que votre chaudron n'explose pas à votre prochain cours de Potion. Car si cela se produit, je vous hache menu, avant de vous faire sécher, vous réduire en poudre et vous enfermer dans un bocal à ingrédients spécialement réservé à votre nom depuis votre arrivée à Poudlard ! Et je vous promets également que vous finirez dans une Potion où les cornichons congénitaux de votre espèce ont enfin une utilité ! Dusse-je passer les vingt prochaines années à inventer cette Potion ! » siffle-t-il, penché vers Nev, dans une parfaite imitation de Pa dans ses grands jours.

Pa, qui n'est pas le dernier à rire de ces pitreries. Loin de là… Tout le monde s'est écroulé de rire, encore une fois.

« Oh ! Mon Dieu ! Il vous a parfaitement imité, Monsieur Severus ! C'est exactement comme cela que vous avez parlé à la sœur de Monsieur Dursley l'autre jour ! C'est impressionnant ! Vous avez beaucoup de talent jeune homme ! Vous également Harry ! Il y a longtemps que je ne m'étais pas autant amusée ! » s'exclame Madame Strikawe, en tamponnant ses larmes joyeuses avec un mouchoir…

« C'est vrai, chérie. Et je dois dire qu'indépendamment des circonstances qui nous ont amenées ici, je ne regrette absolument pas d'y être. Les Dursley ne savent pas ce qu'ils ratent, à ne pas vouloir fréquenter votre monde… Il y a pourtant de belles leçons à y apprendre… » assure à son tour Monsieur Strikawe, tout en prenant la main de son épouse pour la serrer avec affection.

Madame Strikawe perd aussitôt toute joie. Elle soupire et serre en retour la main de son époux

« Oui, tu as raison, Adrian. Et je regrette d'autant plus mon attitude et de vous avoir convaincus Tim et toi, de couper nos liens avec Miho, pour ne pas avoir à faire avec les Sorciers… » dit-t-elle, l'air contrite

« Mais tu es revenue sur ta décision, maman… Tu as fait ce qu'il fallait. C'est Miho, qui n'a pas répondu à ton courrier et qui n'est pas rentrée à Noël. Et bien que tu n'aies pas eu de réponse de sa part, tu es allée à la gare, pour aller la chercher avec Kyo. Elle n'y était pas. Ce n'est pas ta faute… » intervient Tim, d'une voix douce.

A mes côtés, Blaise sursaute et pâlit. Harry, Ron, Théo, Neville et moi nous regardons, surpris.

« Vous ne nous l'avez pas dit mercredi dernier, Madame Strikawe. Miho non plus. Elle n'a jamais parlé d'une lettre que vous lui auriez écrite. En fait, elle semble même ne pas savoir que vous êtes revenue sur votre décision. » déclare Pa, dont le cerveau doit tourner à plein régime..

« Quand avez-vous envoyé cette lettre ? Il y a toujours quelqu'un auprès de Miho, chargé de veiller sur elle et de vérifier que son courrier ne contient rien de suspect depuis cet épisode avec ma mère dans le hall de Poudlard… Et je sais qu'elle n'a rien reçu depuis. C'est certain. » assure Blaise, en nous regardant tour à tour avec une vive inquiétude.

Inquiétude que nous partageons tous, bien sûr. Du moins, les Sorciers. Car les Strikawe ont plutôt l'air un peu perdu encore une fois…

« Eh bien, j'ai attendu de voir l'assistante sociale, pour lui demander s'il n'était pas trop tard pour changer d'avis. Elle est venue début septembre, nous amener Kyo. Elle ne pouvait pas répondre tout de suite, nous n'avons l'agrément que pour une seule petite fille. Cela n'était pas gênant, pour les petites vacances, mais pour les grandes, c'est différent. Il fallait réviser notre dossier, pour que nous puissions accueillir deux enfants. L'assistante sociale a dit que cela ne devrait pas poser problème normalement, mais mieux valait attendre la réponse officielle. Seulement, elle est tombée malade et n'a pas pu s'occuper des formalités avant la fin octobre. J'ai reçu la réponse début décembre et j'ai immédiatement écrit à Miho… Par l'intermédiaire que Madame McGonagall nous avait recommandé, au Ministère de la Magie, car je ne savais où trouver un hibou et que de cette façon, il suffisait d'envoyer le courrier dans une boite postale… Je n'ai pas reçu de réponse. Mais je suis tout de même allée à la gare et Miho n'était pas là. J'ai pensé… Qu'elle m'en voulait. Et quand je l'ai vue mercredi dernier, j'ai été très surprise… Je n'ai pas voulu parler de tout cela… Même pas à elle… Elle semblait heureuse d'être parmi vous et vous… vous étiez tous si soucieux déjà… » explique Madame Strikawe, avant d'ajouter, elle-même anxieuse maintenant : « Vous croyez que cela a un rapport avec la tentative de meurtre dont nous avons fait l'objet ? »

Les copains et moi sommes sur le qui-vive et nous tournons vers Pa, dans l'attente de sa réponse. Madame Strikawe a fait transiter le courrier pour Miho par l'intermédiaire du Ministère… Se pourrait-il qu'il ait été intercepté par l'un des sbires de Lucius ?

Pa plisse des yeux. Il est évident qu'il réfléchit intensément…

« Le courrier qui transite par le Ministère met toujours du temps à parvenir à Poudlard. Une bonne dizaine de jours, au moins… Il est d'abord contrôlé par un employé, qui s'assure de sa provenance et qu'il n'y a pas de violation du Code International du Secret Magique, avant de l'envoyer au Directeur de la Maison dans laquelle l'élève a été réparti par le Choixpeau. Je n'ai rien reçu qui soit destiné à Miho. A quelle date précisément avez-vous envoyé votre lettre ? » déclare-t-il quelques secondes plus tard…

« Je l'ai postée le vendredi 6 décembre au soir. Je m'en souviens parfaitement, car il était assez tard et je me suis dit que la lettre ne partirait pas vers sa destination avant le lundi suivant… » répond Madame Strikawe, avec vivacité.

« Alors il est fort probable que cette lettre soit parvenue dans mon bureau vers le 19 ou 20 décembre…. Et comme j'étais très occupé à ces dates et tout autant depuis, elle est sans doute en souffrance, avec d'autres courriers, sur mon bureau. Nous allons le savoir tout de suite… » assure Pa, avant d'appeler l'Elfe de Poudlard chargé de récupérer son courrier en son absence.

Il ne faut guère longtemps, pour que celui-ci revienne avec un petit paquet de courrier, composé d'exemplaires de la Gazette et de Magazines de Potion, dont Pa extirpe rapidement une enveloppe portant le sceau du Ministère. Il l'ouvre et en sort une seconde enveloppe, portant le nom de Miho…

« Miho n'a pas reçu ma lettre ! C'est pour cela qu'elle n'a pas répondu et qu'elle n'était pas à la gare ! » s'exclame Madame Strikawe, visiblement soulagée d'un poids…

« Effectivement, Miho n'a pas reçu sa lettre. Mais son courrier a pourtant été ouvert… Ce qui n'est pas normal… » déclare Pa, en nous montrant les légères traces qui confirment que la lettre a été lue par quelqu'un…

Et sans préciser que Miho était bien à la gare, mais qu'elle a été, aussitôt son arrivée à Londres, transportée par Transplanage d'escorte, jusqu'au square Grimmaurd

Ceci dit, le fait que son courrier ait été ouvert, me fait froid dans le dos…

« Bullstrode… » siffle Blaise entre ses dents, une lueur de colère traversant son regard

« Oui, Blaise… Bulstrode a eu accès à cette lettre, j'en suis certain également. Et il est allé à Privet Drive pour s'assurer que Miho l'avait reçue et était bien revenue pour les vacances. La question majeure maintenant, c'est qui, dans le Bureau des Affaires Moldues, est son complice… Je vais immédiatement envoyer un message à Arthur et King. Ils vont devoir mener l'enquête pour le savoir… » décide Pa, en sortant son Bipper de sa poche, pour composer son message…

« Vous avez des Bippers ! » s'exclame aussitôt Tim, l'air éminemment surpris…

« Ouais… Et pas que ça. Mon père et son groupe de recherches ont adapté des caméras, des télévisions, des magnétoscopes et des micros à notre monde. Avec ça, nous avons une belle petite Base d'Espionnage… Et bientôt, nous aurons des Cartes Magiques qui nous permettrons de surveiller les déplacements des Mangemorts et des Pro-Voldemort… » répond Ron, assez fiérot de pouvoir vanter les mérites de son père et de toutes celles et ceux qui ont travaillé dans les groupes de recherches

Tim a l'air visiblement impressionné et nous lui promettons que nous lui montrerons tout un peu plus tard. Cette fois, la glace est complètement brisée et il est totalement décoincé avec nous.

Et je gage qu'il va nous poser des milliers de questions…

C'est bien. Parce qu'il n'est pas près de retourner dans le monde Moldu. Qu'il se fasse des copains dans notre monde est donc une bonne chose… Je suis sûr qu'il s'entendra bien avec les jumeaux et avec Lee aussi…

« Voilà, c'est fait… » déclare Pa, en remisant son Biper dans sa poche, avant d'ajouter, à l'intention des Strikawe : « De mon côté, j'ai également une nouvelle à vous communiquer. Vous allez pouvoir emménager dans le Village hautement sécurisé, construit par les Elfes de Maison, à l'intention des personnes visées par Voldemort et Lucius. L'inauguration aura lieu le 1er janvier. »

Les Strikawe pâlissent et se regardent les uns les autres, avec une pointe de tristesse mêlée de résignation.

« C'est donc bien ce que je pensais. Nous ne pouvons pas retourner dans notre monde, n'est-ce pas. » déclare Monsieur Strikawe, sur un soupir

Son épouse le saisit par le bras et se serre contre lui, dans un geste de réconfort…

« Non, vous ne pouvez pas retourner dans le monde Moldu, aussi longtemps que cette guerre ne sera pas terminée et Lucius neutralisé. Il va falloir prévenir votre employeur, Monsieur Strikawe et l'école de Tim… » répond Pa avec douceur, tandis que Monsieur Strikawe hoche la tête en signe de compréhension.

« L'assistante sociale doit être à notre recherche… Nous aurions dû prendre contact avec elle jeudi dernier, déjà… Nous sommes tenus de l'informer de l'endroit où nous sommes, pour le suivi de Kyo. Elle voudra venir voir où nous sommes installés, pour s'assurer que Kyo bénéficie de tout le confort et les soins nécessaires. Qu'allons-nous lui dire ? … » intervient alors Madame Strikawe, en se mordillant la lèvre inférieure…

Elle prend la situation avec calme. De toute évidence, son époux, son fils et elle-même avaient déjà évoqué leur situation et envisagé qu'ils devraient rester cachés quelque temps…

« J'ai bien peur que la seule possibilité que nous ayons à ce propos, c'est de lui effacer la mémoire, pour qu'elle oublie votre existence et celle de la petite… Nous aurons l'occasion d'en reparler, avec Nally et Albus. Cela devrait pouvoir se faire demain matin » assure Pa, son regard compatissant englobant toute cette famille qui voit sa vie complètement chamboulée…

« Et pour mes études ? Je comprends que je sois obligé d'abandonner mon collège, mon club de foot et mes copains. Mais comment vais-je faire pour étudier ? » demande Tim, visiblement inquiet concernant cette question.

« La solution, ce sont les cours par correspondance. Cela pourra peut-être s'arranger, n'est-ce pas ? Et j'aurais tout mon temps pour t'aider, maintenant que je suis au chômage forcé… Après tout, je fais déjà du soutien scolaire auprès de Dudley. Cela me fera deux élèves au lieu d'un seul…» répond son père, avec un sourire crispé.

« Nous trouverons une solution. Madame Lee vous ouvrira une boîte postale où vous pourrez recevoir votre courrier, qu'elle ira chercher et vous transmettra. Par ailleurs, vous ne serez pas au chômage, Monsieur Strikawe. Enfin, si vous acceptez le travail que j'ai à vous proposer... » affirme Pa, en lissant ses joues barbues

« Un travail ? Lequel ? Si je peux vous rendre service, j'en serais ravi ! » s'exclame Monsieur Strikawe, l'air vivement intéressé

« Les Elfes ont bâti une école, dans le village. Vous êtes professeur, alors je me disais que cela vous intéresserait peut-être d'enseigner la lecture, l'écriture et autres bases utiles aux enfants qui ne sont pas en âge d'aller à Poudlard et qui vont trouver refuge là-bas… » répond Pa, en haussant un sourcil interrogatif

« Bien sûr que cela m'intéresse ! » affirme Monsieur Strikawe, avant de se tourner vers son épouse : « Samantha aussi sans doute ! Après tout, Kyo va devoir intégrer l'école également… S'il y a une section maternelle, tu seras formidable auprès des gosses ! Qu'en dis-tu chérie ? »

Madame Strikawe acquiesce, en hochant la tête avec un sourire sincèrement heureux, avant de déclarer que rien ne pourrait lui faire plus plaisir que de s'occuper de jeunes enfants

« Et moi, je pourrais animer un petit club de foot ! Avec des équipes mixtes ! Comme ça, les filles qui sont intéressées pourront participer ! » s'exclame aussitôt Tim, avec entrain

Et je me dis que cette famille a vraiment bon cœur… Ce dont je doutais, quand Miho avait parlé d'elle, le fameux jour où elle a demandé à Pa de l'adopter…

OoOoOoO

Acte 5 : Projets Intimes

Hermione

Le souvenir de mon rêve s'effiloche derrière mes paupières encore closes. Je n'ai pas envie de les ouvrir. Je me sens triste. Mes parents sont repartis vers le Canada très tôt ce matin. Ils ne pouvaient prolonger leur séjour, sans risquer que Papa perde son tout nouveau travail…

Que cette guerre nous coûte à tous !

Je dois pourtant m'estimer heureuse. Certes, j'ai été cruellement blessée et j'ai horriblement souffert. Mais je suis en vie et tous ceux que j'aime aussi…

Mon cœur se serre encore davantage. Je pense à Percy, qui a donné sa vie à Privet Drive, pour sauver cette petite fille. Et me sauver moi aussi… Si je n'avais pas été mordue, cette bataille n'aurait pas eu lieu et il ne serait pas mort…

Et je me sens horriblement coupable. D'autant que toute la famille Weasley est adorable avec moi, ne me tenant nullement rigueur d'avoir survécu, alors que Percy est mort…

« Herrrmione ? Tu es rrréveillée, mon colibrrri ? » demande en chuchotant Viktor.

Je sens son souffle chaud sur ma joue, sa main caresser doucement mes cheveux et j'ouvre lentement les yeux. Il s'est agenouillé à côté de mon lit et il me sourit…

Viktor… Il est si doux, si gentil et romantique, derrière son apparence renfrognée. Si cultivé et captivant aussi quand nous discutons de nos lectures, de son pays, des voyages qu'il a faits…

Il se penche vers moi et m'embrasse délicatement la bouche, avant de poser son front contre le mien.

« Je t'aime, mon Herrrmione. » souffle-t-il à peine, avant de me serrer contre lui.

Et la chaleur de son amour se diffuse dans tout mon corps. Je l'aime moi aussi. D'un amour tranquille et confiant.

« Voudrrras-tu m'épouser, quand tu aurrras fini tes études à Poudlarrrd et que la guerrrre serrra finie ? » me demande-t-il, dans le creux de mon oreille.

Je ne m'attendais pas du tout à ça ! Et le bonheur m'envahit, chassant toute la tristesse de mon cœur. Viktor veut m'épouser, Merlin ! Il veut m'épouser ! Moi ! Hermione Granger ! Le rat de bibliothèque ! La Miss je sais tout agaçante et autoritaire !

Mon cœur bondit à un rythme effréné dans ma poitrine, la moiteur gagne mes mains et des larmes mouillent mes yeux…

Viktor veut m'épouser !

Des milliers d'images traversent ma tête. Toute une vie à ses côtés défile derrière mes paupières closes sur les larmes de bonheur qui dévalent mes joues.

Oh ! Viktor ! Viktor ! Viktor !

Oui, je veux t'épouser Viktor, oui !… hurle mon cœur…

Mais je suis si heureuse que je reste sans voix. Et je sens Viktor se tendre tout contre moi…

Il faut pourtant que je lui réponde, Merlin ! Il faut que je le rassure, que je lui dise que je le veux !

Alors j'ouvre la bouche. Mais aucun son ne peut en sortir et j'éclate stupidement en sanglots, me raccrochant de toutes mes forces au cou de Viktor.

Il me sert très fort lui aussi

Merlin ! Rendez-moi ma voix, s'il vous plait ! Ou il va croire que je ne veux pas de lui !

« Herrrmione… » chuchote Viktor, la voix étranglée.

Sous la crainte, il y a des tonnes d'amour et de douceur dans sa voix. Elle apaise mes sanglots et dénoue ma gorge… Alors je m'écarte de lui et je prends son visage entre mes doigts tremblants, pour le regarder au travers des larmes d'amour et de bonheur qui coulent encore de mes yeux…

Le regard de Viktor est empli d'un espoir anxieux. Il manque toujours tellement de confiance en lui, quand il s'agit d'amour ! Je me souviens combien il était persuadé, lorsque je l'ai rencontré, qu'aucune jeune fille ne voudrait de lui hormis pour son succès au Quidditch…

Moi, je veux de lui, tout entier et pour toujours. Peu m'importe qu'il renoue avec le succès ou non, je m'en fiche ! Ce que je veux, c'est entendre mon nom rouler dans sa gorge, quand nous faisons l'amour, me promener avec lui sous la lune, me blottir dans ses bras au coin de la cheminée quand il neige… Je rêve de faire avec lui toutes ces choses affreusement romantiques et que je trouvais si idiotes quand Lavande et Parvati en discutaient de longues heures durant dans notre dortoir, au lieu de se cultiver l'esprit…

Et porter ses enfants. Voir ses tempes blanchir, les rides vieillir ses traits, sentir sa main devenir noueuse dans la mienne…

« Oui, je voudrais t'épouser, Viktor. » réponds-je, avec un sourire, avant de déposer un baiser léger sur ses lèvres.

Je laisse une main glisser vers sa poitrine et je sens son cœur battre follement, tandis que le bonheur explose dans son regard.

« Je veux t'épouser, Viktor… » répète-je dans un souffle, avant d'ajouter doucement « Que la guerre soit finie ou non, je veux t'épouser, dès que mes études à Poudlard seront terminées… »

Il me serre contre lui à m'étouffer et j'éclate de rire, heureuse de son bonheur et du mien…

« Hello les amoureux ! On vous dérange ? » entends-je soudainement une voix joyeuse dire depuis l'entrée de ma chambre.

Et, par-dessus l'épaule de Viktor, je vois la tête de Ron passer par l'entrebâillement de la porte…

Il entre, aussitôt suivi de Harry, Draco et tous nos amis présents ici, au Square Grimmaurd…

« Tu as de la chance d'être convalescente, ma puce. Dans le cas contraire, Harry et moi vous aurions copieusement arrosés… Petite vengeance pour un réveil en fanfare. Tu te rappelles ? » déclare Ron, avec un sourire espiègle…

Oh ! Nous l'avons échappé belle !

« Allons, Ron ! Il ne fallait pas le dire ! Ils vont se méfier maintenant et nous n'aurons jamais notre revanche ! » s'exclame Harry, d'un ton joyeux, avant d'ajouter : « Mais vous n'avez pas répondu. On dérange ? »

Oui, ils dérangent. Mais je ne le dirais pas. Car ils s'en iraient tout de suite.

Et je ne le veux pas… J'ai envie de partager mon bonheur avec eux…

« Viktor vient de me demander de l'épouser et j'ai dit oui ! » m'exclame-je, le cœur battant à tout rompre

Et je serre doucement la main de Viktor, avant de l'embrasser avec fougue, sous le concert d'applaudissements et d'exclamations surprises mais heureuses de mes amis…

« Félicitations à tous les deux ! Ça c'est de la bonne nouvelle ! » s'exclame Harry, avant de venir me serrer dans ses bras et de chuchoter à mon oreille : « Je te souhaite beaucoup de bonheur, ma douce. Tu mérites d'être la plus heureuse du monde… Vous le méritez tous les deux… »

Notre enlacement se prolonge un peu, sous le sourire doux de Viktor qui me regarde avec une infinie tendresse.

« Eh ! Ne la monopolise pas, toi ! Moi aussi je veux l'embrasser ! » s'exclame Ron, en bousculant Harry avec une fausse brusquerie

Harry éclate de rire, lui laissant volontiers place et Ron me prend dans ses bras. Son étreinte est forte, mais tendre et c'est la gorge nouée qu'il me félicite et me souhaite le bonheur. Et l'image de Percy me traverse l'esprit encore une fois. Lui aussi devait se marier. Ron doit y penser à cet instant, tout comme Ginny…

« Ron, je… » commence-je à dire.

Mais Ron se détache rapidement de moi et m'interrompt d'un doigt léger sur ma bouche. Son regard brille de larmes contenues…

« Chut… Je suis heureux pour toi, ma puce. Sincèrement et profondément heureux.. Alors ne pense pas à ça. Pas maintenant. Goûte ton bonheur avec tout ton cœur. » affirme-t-il, en m'offrant un sourire doux, avant de baiser mon front et de me serrer de nouveau dans ses bras…

Et je me dis que j'ai la chance d'avoir un frère de cœur tel que lui, avant de me laisser aller à mon bonheur et à ma joie, quand tous mes amis viennent m'embrasser pour me féliciter de cette grande et belle nouvelle qui ensoleille ma journée…

OoOoOoO

Harry

Hermione va se marier…

Je n'en reviens pas…

Bien sûr, ce n'est pas pour tout de suite, mais quand même. Je ne m'attendais pas à une telle nouvelle !

« Qu'est-ce que tu en penses, toi ? » demande Ron, en déposant la fiole qu'il vient de remplir de Potion de Régénération Sanguine sur un présentoir

J'interromps mon propre geste et des gouttes de Potions retombent mollement dans le chaudron.

« Je suis heureux pour elle, bien sûr. » réponds-je, haussant un sourcil vers lui.

Pourquoi me demande-t-il cela ?

« Je ne parlais pas d'Hermione. Mais de l'Opération Trio Infernal… » sourit-il, en se saisissant d'un autre flacon

Oh ! Le plan de Blaise, Tarendra et Ramaya ! Blaise nous en a fait part, juste avant que nous allions voir Hermione et j'avoue que je n'y ai pas trop réfléchi. A vrai dire, je n'y pensais plus du tout…

« Oh… Ça me semble tenir debout. Et toi ? » réponds-je, en reprenant mon activité

« Mmmm…. C'est un plan bien Serpentard. Ça manque d'une petite touche Gryffondor… » déclare-t-il, les yeux pétillants, tandis que la porte du labo s'ouvre pour laisser passer Blaise et Draco

« Ah ! Ces Gryffondors ! Toujours aussi incapables de reconnaître et d'apprécier le génie Serpentard ! » s'exclame Blaise, l'air moqueur, tandis que Draco se saisit d'une louche et s'attelle à nous donner la main à Ron et moi.

« Pas du tout ! Je reconnais tout à fait que votre plan est très bien ! Je pense juste qu'il manque un peu de fantaisie… » affirme Ron, avec un petit sourire en coin, avant d'ajouter rapidement : « Sans blague, je ne sais pas si votre bonhomme est un lâche ou un coriace. Dans le premier cas, vous n'aurez pas trop de mal à le faire plier. Mais dans le deuxième, alors il faudra mettre un peu plus le paquet… »

Blaise soupire et se laisse tomber dans le vieux fauteuil défoncé qu'il a approché de nous d'un coup de baguette. Il réfléchit, en se mordillant la lèvre inférieure et en frottant assez durement la pointe de son menton. Son regard semble amer…

« Nous en avons conscience. Mais nous ne sommes pas comme ces salopards de Mangemorts. Bousculer, titiller, menacer, nous pouvons le faire. Aller plus loin, c'est impossible… » soupire-t-il encore une fois.

Ron pose la louche et la fiole qu'il tenait, pour se saisir d'un torchon et s'essuyer les mains, avant de les poser sur ses hanches.

« Il n'est pas question d'aller plus loin. Mais il faut que ce gars ait une trouille de tous les diables. Qu'il se pisse dessus au point de cracher le morceau et avoue tout avant d'être livré aux Aurors. » assure-t-il, en fixant Blaise de son regard clair.

« T'as une idée ? » demande alors notre ami, les yeux plissés.

Draco et moi interrompons notre travail à notre tour, pour observer Blaise et Ron. Il n'est pas besoin d'être devin, pour savoir que Ron a au moins une bonne idée. Il a son air des grands jours, celui qu'il a systématiquement, quand il tient une idée de génie

« Une ou deux. Mais le mieux, serait d'en parler avec Fred et Georges. Leur coup des Banshees, là-bas dans le Connemara était super. Ils ne voudront pas le réitérer, vu la façon dont cela a tourné l'autre fois, mais ils sont capables de faire aussi bien et aussi fort… Franchement, à nous trois, je crois que nous pourrions vous donner un sacré coup de main. » déclare Ron, avant de reprendre son boulot

Blaise ne dit rien. Son regard se perd dans le vague et Draco, Ron et moi le laissons réfléchir en reprenant notre tâche en silence. Je me demande ce que le cerveau de Ron a encore mijoté. Mais je sais qu'il est inutile de l'interroger. Il va d'abord en parler à Fred et Georges, peaufiner son idée avec eux. Nous saurons tout, en temps voulu…

J'observe donc Blaise, du coin de l'œil. Je sais que Ramaya, Tarendra et lui mettent un point d'honneur à régler cette affaire et qu'ils voudraient le faire seuls. Mais je sais également qu'ils sont intelligents. S'ils pensent avoir besoin d'aide, ils en demanderont…

« Très bien. Je vais en parler à Tarendra et Ramaya. » déclare d'ailleurs Blaise, au bout de quelques minutes.

Il se lève, pour aller les contacter immédiatement, mais au moment même Dobby et Dyna arrivent dans un plop assez sonore qui nous fait sursauter, lui barrant passage vers la porte.

« Zut ! » s'exclame Draco, qui a versé la Potion à côté de sa fiole

« Dobby et Dyna sont désolés de vous avoir surpris, petit Maître Draco ! » s'excuse aussitôt Dobby en agitant les oreilles avec forces, tandis que Dyna se tortille, visiblement gênée.

« Pas grave… » sourit Draco, en nettoyant la paillasse d'un coup de Baguette.

Dobby sourit lui aussi et Dyna pousse un petit soupir de soulagement…

« Vous vouliez faire le ménage ici ? Nous aurons bientôt fini. » dis-je, en montrant le chaudron presque vide et les fioles bien alignées sur les présentoirs.

Dobby perd aussitôt son sourire, affichant un visage grave et sérieux. Et je me demande aussitôt ce qu'il se passe là-haut… De nouveaux ennuis ? J'espère bien que non !

« Dobby et Dyna veulent parler à Monsieur Blaise et à leur ami, Maître Harry Potter Monsieur ! » déclare Dobby, en bombant le torse, tandis que Dyna rosit

Et mon ventre se tord bizarrement.

Je jette un coup d'œil à Blaise. Il a l'air un peu chamboulé lui aussi. Je crois que tout comme moi il a compris…

Dobby et Dyna… Ils s'entendent plutôt bien ces deux là, depuis qu'ils ont fait connaissance…

« Euh… Oui… Oui, bien sûr. Allez-y, nous vous écoutons. » encourage-je Dobby et Dyna, après avoir dégluti avec un peu de mal ma salive.

Comment les choses vont-elles se passer ? me demande-je, en me rapprochant de Blaise. L'un de nous deux va-t-il perdre les services de son ami Elfe de Maison ?

Dobby et Dyna nous font bien face. Dyna se tortille de plus belle et je crois que jamais les oreilles de Dobby n'ont battu avec autant de force que maintenant.

« Dyna et Dobby vous demandent l'autorisation de se marier. » déclare Roi Dobby, en rosissant à son tour…

Et voilà, nous y sommes ! Je me doutais bien qu'il s'agissait de cela !

Ceci dit, je ne m'attendais pas à ce qu'ils demandent l'autorisation. Je croyais juste qu'ils allaient nous l'annoncer…

« Mmmm…. Euh… L'auto…risation ? Pourquoi, l'autorisation ? » balbutie-je en me demandant s'il est d'usage de présenter ses félicitations aux nouveaux fiancés chez les Elfes de Maison

« Les Elfes demandent toujours l'autorisation au Chef de sa famille ! » répond Dobby, d'une voix aiguë et l'air soudainement nerveux

« Mais… Vous êtes des Elfes Libres, maintenant… » fais-je remarquer, sous le hochement de tête de Blaise qui reste sans voix depuis tout à l'heure…

Il a l'air inquiet…

« C'est l'usage, mon ami, Maître Harry Potter Monsieur, car l'Elfe femelle doit aller dans la famille de son époux après le mariage ! C'est une loi des Elfes de Maison ! Seulement, il y a des Chefs de famille qui refusent de nourrir et protéger une Elfe supplémentaire. Et des Maîtres qui refusent de perdre leur servante, même si on doit promettre de donner le premier né pour la remplacer ! Mais Dyna a décidé de continuer à servir son Monsieur Blaise ! Et Dobby est d'accord avec cela ! Même si ce sera la première fois que cela se produira ! Dobby est d'accord pour changer cette loi des Elfes, si son ami, Maître Harry Potter Monsieur et Monsieur Blaise sont aussi d'accord ! » s'empresse d'expliquer Dobby, ses oreilles battant furieusement

Son anxiété est plus que palpable, tandis que je suis abasourdi…

« Il y a des sorciers qui refusent ? Que se passe-t-il dans ce cas ? » m'enquiers-je, sous l'oreille attentive de Ron, Draco et Blaise qui ont l'air très intéressés par la question

« Alors le mariage n'a pas lieu… Est-ce que son ami, Maître Harry Potter Monsieur et Monsieur Blaise vont refuser que Dobby et Dyna se marient ? » demande Dobby, son regard nous suppliant presque

« Non ! Bien sûr que non ! » nous écrions-nous d'une même voix, Blaise et moi…

« Même si cela avait signifié que tu quittais ma maison, jamais je n'aurais eu l'idée de t'empêcher de te marier, Roi Dobby… » poursuis-je, tandis que Blaise affirme la même chose à Dyna de son côté…

Mais aucun des deux ne nous écoutent. Ils sautillent de joie, dans les bras l'un de l'autre, en couinant dans les aigus, avant de s'embrasser

Ils ont une curieuse façon de s'embrasser les Elfes de Maison. Ils se tiennent l'un l'autre par les oreilles, les caressant du pouce, se frottent le nez et se picorent la bouche d'une multitude de petits baisers sonores…

Les copains et moi nous regardons… Draco et Ron ont les yeux pétillants. Blaise sourit, l'air ému. Je dois faire la même tête que lui…

« Merci ! Merci ! » déclare maintenant nos deux petits amis, en applaudissant à tout rompre, juste avant de se jeter dans nos bras et d'éclater en sanglot…

Il faut un peu de temps, avant qu'ils ne se calment tous les deux. Et, tout comme Ron, Draco sort un mouchoir afin que Dobby et Dyna puissent se moucher ailleurs que dans nos pulls, à Blaise et moi-même…

« Dobby et Dyna vous remercient, mon ami Maître Harry Potter Monsieur et Monsieur Blaise ! Et Roi Dobby vous invite à leur mariage ! C'est la première fois que des Sorciers auront le droit de venir dans leur temple sacré ! Oui, la première fois ! Et petit Maître Draco et Monsieur Ron aussi sont invités ! Et Mademoiselle Hermione ! Dobby et Dyna vont faire une liste d'invités ! Oui ! Une liste d'invités ! Comme les Sorciers ! » s'exclame Dobby, en affichant un sourire jusqu'aux oreilles

Des noces d'Elfes de Maison…

Je suis curieux de voir ça…me dis-je, avant de songer que décidément, c'est le jour des demandes en mariage…

De bien beaux projets. Oui, de bien beaux projets…

Et je serais vraiment heureux d'être là, quand ils se concrétiseront…

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