Disclaimer: Cf Chapitre 1
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Avec tous mes remeciements à Mistycal...
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Une fois n'est pas coutume, les réponses aux reviews après le nouveau chapitre
Bonne lecture!
OoOoOoO
Une Belle Journée
Mercredi 1er Janvier 1997
Acte 1 : L'inauguration
Draco
Cette maison est une vraie fourmilière ! Que ce soit dans la cuisine, les couloirs, les escaliers ou les salles de bains, ça n'arrête pas d'aller et venir et il y a des bagages qui s'empilent dans le hall du rez-de-chaussée, barrant l'accès au bureau et à la porte d'entrée…
« Bonne annéééééée ! » s'exclame Miho, en me sautant dans les bras, depuis le palier du premier étage…
Je la réceptionne dans mes bras, songeant qu'un de ces quatre elle va salement se louper et se casser quelque chose. Miho me serre le cou à m'étouffer en me faisant un énorme bisou sur la joue…
« Bonne année Miho… » réponds-je, l'embrassant à mon tour
« Merci du beau cadeau que tu m'as fait Draco ! J'adore trop ! Je vais l'emmener avec moi et tous mes autres cadeaux ! Parrain Grognon a dit que je peux rester avec Alioth et sa famille au village des Elfes ! Je suis trop contente ! On va pouvoir s'amuser dans les bois avec Astoria et les autres enfants ! J'vais le dire à Blaise ! » s'exclame Miho, sa jolie petite bouille éclairée d'un grand sourire, avant de sauter de mes bras, pour filer comme une flèche vers le bureau
Elle escalade les bagages en deux temps trois mouvements pour accéder à la porte, malmenant son lapin défraîchi et riant aux éclats.
Elle va me manquer pendant les quelques jours qu'elle va passer au Village.
Et elle n'est pas la seule. La maison va être sacrément calme les prochains jours…
C'est drôle. Il y a un instant, je râlais parce qu'on se marche sans cesse dessus dans les couloirs et escaliers étroits. Mais à la pensée que la plupart de ceux qui sont ici vont vider les lieux, pour un peu, j'aurais le spleen…
« C'est décidé ! Nous allons au Terrier ce soir ! Va faire tes bagages, Draco ! » m'annonce Harry, en sortant de la cuisine, pour grimper aussitôt les marches quatre à quatre
« Le Terrier ! Super ! » m'exclame-je en retour, ragaillardi
Je vais dormir au Terrier ce soir ! Je vais entendre la Goule faire du bruit dans le grenier, les vieux parquets craquer dans la nuit et les chouettes hululer dans les bois ! Et demain, je pourrais peut-être aller faire un petit tour sur le dos d'un Hippogriffe…
Et puis, Maman sera là ! Et je goûterai à nouveau à la bonne cuisine de tante Molly !
Est-ce qu'elle va nous demander de débarrasser le jardin des Gnomes ?
Je fais mes bagages à la volée, dans la foulée ceux de Blaise, coincé en bas dans le bureau et aussi ceux de Théo qui se trouve je ne sais où, sans doute à roucouler avec Ginny. Je vais et je viens, de l'armoire à ma malle, posée sur mon lit, de la commode à la valise de Blaise, du secrétaire au sac de classe de Théo, un immense sourire niais vissé sur la figure…
Je suis tout seul, à me coltiner les bagages et je souris comme un imbécile heureux…
Je vais enfin séjourner au Terrier !
« On rassemble les malles et tout ce qui va au Terrier dans la chambre de Ron et Harry ! » s'exclame Théo, en déboulant dans la chambre, visiblement heureux lui aussi.
Qui ne le serait pas ?
« Ben… T'as déjà fait mes bagages ? » constate Théo, l'air surpris en s'arrêtant net devant son lit.…
« Ouais… Je suis pressé de partir… » réponds-je, avec toujours le même sourire étirant mes lèvres jusqu'aux oreilles…
« On n'y va pas avant ce soir. Et on ne part pas au village avant au moins une heure… » me fait remarquer mon frangin, l'air un peu moqueur soudain…
« Je sais. Mais ce qui est fait n'est plus à faire… » déclare-je, en bouclant ma malle.
Mon regard fait le tour de la chambre. Il n'y a plus rien qui traîne, à part les couvertures du lit de Blaise.
Il prend rarement la peine de le faire avant la fin de la matinée. Et encore, la plupart du temps il se contente de rabattre les couvertures n'importe comment et c'est Dyna qui vient achever le travail… Il a un petit côté bordélique qui m'horripile parfois, mon pote…
Mais bon… C'est son lit. Il fait ce qu'il veut avec, je ne fâcherai pas, du moment qu'il ne laisse pas traîner ses chaussettes et ses caleçons sales n'importe où…
Théo et moi emmenons les bagages dans la chambre de Harry et Ron. Ça commence déjà à se remplir dedans. Je reconnais la malle d'Hermione, celle de Ginny, de Marian et de Luna. Neville ne tardera sûrement pas. Megan et Annabelle non plus.
Annabelle… Mon ange rien qu'à moi…
Peut-être voudra-t-elle venir voler avec moi sur le dos de Buck ou Cunégonde me dis-je en nous voyant déjà planer loin au-dessus des lumières du village de Loutry Ste Chaspoule…
« Allons dans la cuisine, en attendant le départ… » suggère Théo, qui me tire de ma rêverie, en m'entraînant par la manche de ma robe…
Nous descendons l'escalier, croisant Greg, Millicent et Vincent, qui nous apprennent qu'ils ont pris la décision de s'installer au village pour le reste des vacances. Vincent a très envie de découvrir la faune et la flore. Millicent est ravie, elle va pouvoir s'occuper des gosses au grand air. Et Greg déclare qu'il va l'aider à veiller sur eux tous…
C'est bien. Ils prennent leur indépendance, ne demandent plus conseil à l'un ou l'autre pour prendre leurs décisions…
Les Dursley sont dans la cuisine, quand nous y entrons. Ils sont seuls. La tante Pétunia fait une tarte aux pommes, sous l'œil gourmand des trois autres. C'est nouvel an, alors ils ont jour de congé aujourd'hui et le droit de faire une entorse à leur régime. A condition que l'entorse ne soit pas trop grosse, bien sûr. Il ne faudrait pas qu'ils ruinent, en un seul repas, tous les efforts faits depuis une semaine …
Théo et moi nous assoyons. C'est Byddo qui est là, pour nous servir. Dyna et Dobby préparent leur mariage. Ils ont décrété qu'il aurait lieu au coucher du Soleil aujourd'hui. Nous irons donc les rejoindre je ne sais où, directement depuis le Village, en fin d'après-midi…
Le thé est brûlant. Accompagné de biscuits aux amandes. Je ne résiste pas aux biscuits aux amandes. Alors j'en prends un, sous le regard envieux du cousin Dudley qui n'y a pas droit, bien évidemment…
Il a déjà un peu fondu, le cousin Dudley. Les exercices, le régime, le travail plusieurs heures par jour, ça lui réussit. Bon, le résultat n'est pas encore flagrant, bien sûr, étant donné la masse de graisse dont il doit se débarrasser, mais tout de même. On voit qu'il a perdu un tout petit peu de gras au niveau des joues…
« Voilà ! Comme convenu, les ingrédients et tout ce qu'il faut pour faire des Potions et des Onguents, sont prêts dans le labo, Byddo. Tu peux tout emmener au Village quand tu veux... » déclare Harry, avant de se laisser tomber à côté de moi.
Ron prend place en face de lui et Byddo s'empresse de leur servir un thé à eux aussi, avant de Transplaner dans le labo…
Et c'est au tour de Fol Œil d'entrer dans la cuisine. Il est bien sapé aujourd'hui. Il a mis une robe de cérémonie bleu marine à liserés d'argent et un chapeau assorti. Et toutes les médailles reçues durant sa carrière d'Auror sont accrochées côté cœur sur sa poitrine…
Il y en a une sacrée palette. C'est impressionnant !
« Vous pouvez venir, pour la fête d'inauguration, vous savez ! Après tout, il y aura une maison pour vous au village d'ici quelque temps et ça f'rait du bien à Molosse de s'dégourdir les pattes au grand air… Et puis on va danser… » déclare Maugrey, avec un clin d'œil appuyé vers la tante Marge qui rosit et s'empresse de se détourner, comme si elle n'en avait rien à faire…
Mais je vois bien qu'elle coule un œil vers son frère, avec une brève lueur d'espoir dedans…
Vernon est devenu rouge. Ça ne lui plait pas du tout que Maugrey drague sa sœur. A la tante Pétunia non plus, c'est clair comme de l'eau de roche. Quant à Dudley, il regarde toujours Maugrey d'un air effrayé. Il déteste par-dessus tout, quand le vieil Auror l'observe avec son Œil Magique. Fol Œil l'a bien repéré. Il fait exprès de le fixer sur lui et de le faire rouler de temps en temps dans son orbite, rien que pour le plaisir de le voir tourner à demi de l'œil…
« Non, merci ! Nous allons profiter de prendre un repas calme, en famille. Et cet après-midi, nous avons du travail. » décline l'oncle Vernon, sur un ton brusque.
Du travail ! Le jour de l'An ! Eh, ben ! Pa l'a sacrément motivé celui-là !
Dudley gémit. Marge regarde son frère d'un air désapprobateur et Pétunia qui pétrissait sa pâte à tarte avec énergie, suspend son geste…
« Vernon… C'est le 1er janvier... » fait-elle remarquer, d'un ton qui traduit parfaitement sa pensée.
Vernon charrie un peu. On ne travaille pas, le 1er Janvier…
« Et alors ? La maison va être vide ! Nous pourrons avancer à grands pas ! J'ai prévu de commencer à détapisser les chambres du premier étage aujourd'hui ! Et nous tiendrons ce programme ! » répond l'oncle Vernon, d'un ton sans réplique.
Il mène son petit monde à la baguette depuis lundi… Augmentant le nombre d'heures de travail quotidien de son propre chef. Deux heures tapantes de boulot en plus, de 20H00 à 22H00… Profitant que chacun reste dans le grenier ou se retire dans sa chambre, après le dîner, pour commencer à détapisser dans les couloirs ou décaper les boiseries des escaliers…
Au grand dam de Dudley, Pétunia et Marge, qui n'ont pas pu le faire fléchir…
Les gémissements douloureux de Dudley ne le touchent plus. Les plaintes de Pétunia ne l'atteignent pas. Et même sa virago de sœur n'a plus aucune emprise sur lui depuis qu'elle se laisse draguer par Maugrey sans protester avec énergie, ce dont Marge a bien essayé de se défendre mais sans le moindre succès…
C'est que nous avons compris, en écoutant derrière leur porte lundi soir, alors qu'ils se chamaillaient sec après que Vernon leur a fait part de son beau programme…
« Ah ! Vous êtes dur, Dursley ! C'est jour de fête ! Votre famille a bien droit à un peu d' répit ! Ça n'vous plairait pas, d'faire un pas d'danse avec votre dame ? Et puis votre fiston pourrait s'dépenser en allant courir dans l'bois ! Parait qu'il y a d'jolies Nymphes dans l'coin ! » insiste Fol Œil, avec un clin d'œil coquin…
Il insiste avec la danse, Fol Œil. Il n'est pourtant pas prévu qu'on danse. Il n'y aura pas de musique. Ce sont des familles pour la plupart en deuil, que le village va accueillir. La fête va consister en un repas sous le soleil et des jeux organisés pour les gosses…
Mais il s'amuse, Maugrey. Et sous couvert de son ton bonhomme, il se moque joyeusement des Dursley. Il fait durer la plaisanterie, bien plus longtemps qu'il n'était prévu. Blaise lui avait demandé de faire marcher Marge deux ou trois jours. C'est tout.
Ça en fait huit qu'il le fait…
Et il est capable de faire durer longtemps encore. Ouais, aussi longtemps que ça l'amuse, il continuera…
« J'ai dit non ! N'insistez pas, merci ! » aboie Vernon, l'air d'avoir du mal à se maîtriser
« Dommage ! Mais bon, c'est vous qu'ça regarde ! Allez les jeunes ! Il va être l'heure bientôt. Allons dans l'grenier, c'est d'là qu'on va partir ! » déclare Maugrey, en se levant de son banc.
Mais, avant de quitter la cuisine, il présente ses hommages aux dames, avec un regard faussement navré vers Marge qui se détourne encore une fois en rosissant sous l'œil désapprobateur de sa belle-sœur et de son frère.
Harry, Ron, Théo et moi suivons le vieil Auror dans l'escalier, joyeux et le faisant marcher en lui recommandant de faire attention de ne pas se faire prendre à son propre jeu. Et Fol Œil réplique de bon cœur, en riant aux éclats. Il est plus hilare et gamin que nous sur ce coup là…
Dans le grenier, il y a déjà bien du monde prêt à partir. Nous allons prendre des Portoloins pour nous rendre dans les montagnes d'Ecosse où se trouve le village. Je rejoins Annabelle. Megan et moi allons l'aider. Elle se cramponnera à nous deux et nous ne la lâcherons pas non plus.
Quelques minutes plus tard, nous arrivons sur un chemin enneigé que nous parcourons sur une centaine de mètres, avant de passer un fouillis de branches et ronces qui se sont écartées sur un mot de passe. Enfin, nous franchissons un petit pont de bois, pour pénétrer dans un lieu enchanteur et sous un agréable soleil printanier…
Et je me dis que nous allons certainement avoir une belle journée aujourd'hui.
Ça va nous faire grand bien !
OoOoOoO
Ron
C'est vachement surprenant, de quitter soudainement la grisaille et le froid, en enjambant simplement un petit pont de bois.
Tonton Sev nous fait avancer un peu sur le sentier, nous arrêtant près d'une très jolie petite fontaine, pour attendre les réfugiés du Terrier et de chez Tatie Nally.
Fred et Georges sont en tête du groupe venant du Terrier. Fred, appuyé sur des béquilles, se précipite vers nous, heureux de nous apprendre qu'il a reçu un hibou de Ste Mangouste hier soir et aura sa jambe artificielle demain.
Il ne faut pas longtemps, pour que les autres arrivent à leur tour. Certains se tombent dans les bras, avec un plaisir évident. D'autres, cependant, le font dans les larmes…
Comme Ginny et sa copine Sophie Faucett, qui a perdu son père dans la Bataille de Dunvegan Castel ou la petite Rose Barbary, qui a également perdu le sien et Keina Jordan, la sœur de Lee…
Tonton Sev laisse les retrouvailles s'effectuer comme il se doit durant quelques minutes et quand les larmes sont apaisées, il nous invite à avancer. La balade est agréable et elle achève d'alléger les cœurs. Je comprends pourquoi Tonton Sev est si attaché à cet endroit. Il respire la quiétude et il doit y faire bon vivre, assurément.
Ça me fait penser au Terrier.
Ouais, il va faire bon vivre ici, me répète-je, en respirant l'air tiède et parfumé à pleins poumons…
Enfin, nous arrivons aux abords du village. Roi Dobby est là, sur une petite estrade tendue d'un rideau de velours vert bouteille, brodé de feuilles d'argent, qui masque le village à notre vue. Il a revêtu la tenue que Harry lui a offerte hier soir, composée d'un pantalon et d'une tunique bordeaux foncé, liserés d'or, ainsi que d'une toque blasonnée aux armoiries des Potter.
« Non pour marquer ton appartenance à la famille Potter en tant qu'esclave, mais en tant qu'ami fidèle et, à ce titre, membre honoraire de la famille… » a bien précisé Harry, avant de recevoir un Dobby en larmes dans les bras…
Inutile de dire que le petit Roi des Elfes lui a sangloté dessus pendant au moins une heure…
Tous les Elfes de Maison qui ont participé à la construction du Village sont là également. Ils forment deux groupes, disposés en rang, de chaque côté de Dobby. Tous ont revêtu un torchon impeccablement blanc, frappé d'un écusson sur lequel on reconnaît les armoiries de Poudlard, surmontées de l'emblème de leur corps de métier.
On reconnaît donc facilement les menuisiers, les tailleurs de pierre, les plombiers, les jardiniers, les sculpteurs etc..
Ils ont l'air un peu gêné d'être là et nous regardent approcher avec appréhension, tortillant visiblement leurs mains dans leur dos.
« Au nom de tous les Elfes Artisans qui ont bâti le village, Dobby vous souhaite la bienvenue ainsi qu'à tous vos invités, professeur Severus Monsieur. » déclame Dobby, en bombant le torse avec fierté.
Il a demandé conseil à Harry hier soir, sur la manière de s'y prendre et nous lui avons suggéré quelques idées, lui laissant le loisir de choisir entre plusieurs formules.
« Merci, Roi Dobby. C'est un grand honneur pour nous, d'être ainsi accueilli par le noble représentant du peuple des Elfes de maison et une si belle délégation d'artisans hautement talentueux. » répond Tonton Sev, en venant serrer la main de Dobby, dont les oreilles battent avec énergie, avant de se tourner pour s'incliner vers les Elfes situés à droite puis à gauche.
Les Elfes s'inclinent également, l'air gêné, qu'un sorcier se conduise avec autant de déférence à leur égard.
Puis Tonton Sev se tourne vers nous et regarde à la ronde en prenant une grande inspiration, avant d'entamer un petit discours
« Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, nombreux parmi vous ont eu à souffrir de la guerre, perdant un ou plusieurs membres de leur famille ou leurs biens et parfois les deux. Certains également se remettent à peine, de bien terribles blessures. L'Ordre du Phénix, sous l'impulsion de Monsieur et Madame Weasley, vous a offert le gîte et la sécurité. Mais les menaces, les attaques et les combats ont chassé de chez eux de plus en plus de familles qui se sont dès lors vues contraintes de vivre dans la promiscuité. Aujourd'hui, je me réjouis de vous accueillir ici, dans ce lieu hautement sécurisé, où les Elfes de Maison de Poudlard ont exploité leurs merveilleux talents, pour bâtir un village dans lequel je vous souhaite de trouver l'apaisement de vos douleurs. Bienvenue à toutes et à tous, dans le Village des Elfes de Maison. » déclare-t-il, achevant son petit discours en s'écartant, bras droit tendu vers le rideau, au moment où les Elfes de Maison, sur un signe de tête de Dobby, tirent tous ensemble sur des cordelettes dorées
Et le rideau s'écarte à son tour, révélant ce qu'il cachait si bien à notre vue, sous les exclamations admiratives et des applaudissements.
Tonton Sev avait raison : les Elfes de maison ont accompli un prodigieux travail…
Le village a l'air magnifique !
Les Elfes, sur un nouveau signe de Dobby, s'avancent timidement et prennent par la main les enfants qui s'étaient tous massés devant, pour les emmener vers le village. Les adultes les suivent, regardant de tous les côtés, se laissant guider dans la visite organisée par Roi Dobby, les Elfes artisans menant dans tout le village, de petits groupes composés de familles qui se sont naturellement rassemblées.
Et bien naturellement aussi, je reste avec Harry, que Dobby est venu saisir par la main en sautillant d'impatience, tout heureux et excité de lui montrer ce village, dont il est l'architecte et le chef des bâtisseurs …
Sur la place, des banderoles de bienvenue ont été déployées. Des guirlandes de fleurs s'enroulent autour des colonnes du kiosque dans lequel sera dressé le buffet. Une jolie statue de glace, représentant un phénix aux ailes déployées, trône sur un socle posé au centre du kiosque. Tout autour, sur des petites tables tendues de nappes blanches, des plats d'or ou d'argent sont harmonieusement disposés sur des coussins de fleurs. Ils sont vides, pour l'heure. Mais je ne doute pas qu'ils seront remplis sur un claquement de doigt, par l'Elfe chef cuisinier du jour, dès que l'ouverture du festin sera annoncée.
Autour du kiosque, les tables, dressées d'or, de vermeille et de cristal, sont également décorées, avec sobriété et élégance.
Nous visitons tout le village, les maisons, les commerces, la Maison des salles de bains, l'école, la salle commune et, bien entendu, la grande salle d'Etat Major où sera installée la nouvelle Base d'Espionnage.
L'intimité de chaque famille est garantie par des jardinets d'agrément bordés de hauts buissons fleuris et, partout, l'architecture et la décoration sont splendides. On ne croirait jamais que tout a été construit et équipé avec du matériel de récupération.
« C'est merveilleux, Roi Dobby, vraiment merveilleux ! » s'exclame Hermione pour la énième fois, tandis que nous marchons à nouveau vers le centre du Village…
Les autres groupes reviennent également et sur tous les visages, nous notons le même ravissement.
Et je me dis en moi-même, que les Elfes de Maison ont fait un sacré cadeau à toutes ces familles meurtries et aux orphelins du tristement fameux Samedi Noir et de la bataille de Dunvegan Castle…
« Mille fois bravo et mille mercis aux Elfes de Maison ! » s'exclame une voix, quelque part vers le kiosque
Je crois que c'est celle du père de Claryce. Mais peu importe. Ce qui compte, c'est que tout le monde se joint à cette voix, dans un concert d'applaudissements et de vivats amplement mérités, tandis que les Elfes de maison agitent frénétiquement les oreilles, les joues roses, les yeux humides et tortillant un coin de leur torchon…
Et, quand tinte la cloche annonçant le festin, je note avec plaisir que les familles invitent les Elfes qui les ont guidés dans la visite du village, à se joindre à eux…
Ça va être une belle journée pour tout le monde, me dis-je, en donnant le bras à Pénélope, pour l'emmener vers notre table. Une très belle journée, même, pour les familles et les orphelins, qui ont trouvé ici un havre de paix et pour les Elfes de maison, qui viennent de gagner la reconnaissance de leur talent…
Et sont enfin traités en égal par des Sorciers…
OoOoOoO
Neville
Merlin, que je suis content d'être ici et de profiter du grand air ! Je commençais à en avoir assez, d'être confiné au QG et de ne pas pouvoir prendre mes aises comme je le voulais…
Ah ! La nature ! Il n'y a rien de mieux pour se requinquer que de se promener dans la verdure !
Il y a ici des tas de plantes que je n'ai jamais vues. Wuffo, un Elfe jardinier, m'a indiqué quelques-unes d'entre elles, venant d'Italie, du Portugal, de Hongrie et d'un peu partout en Europe, Asie et Afrique… Une fleur m'a particulièrement tapé dans l'œil. La Goodyera Repens, une orchidée originaire de Suède, dont le cœur libère, en milieu magique, des larmes de sève violacées aux puissantes propriétés curatives. Il m'a confié que les Elfes Guérisseurs (j'ignorais qu'il y en avait…), s'en servent pour contrer les effets néfastes de la Magie Noire…
Il faudra que j'étudie cette fleur de très près, ça pourrait servir…
Et j'en parlerai à Tonton Sev aussi, car je n'ai jamais vu de flacon de cette sève parmi tous ses ingrédients de Potion. Merlin sait pourtant qu'il en a de toutes les sortes possibles et imaginables…
Je hume encore une fois l'odeur suave et enivrante d'un Gardénia d'une belle couleur orangée, avant de relever la tête et d'ouvrir les yeux… Je me sens bien ici, me dis-je, sourire aux lèvres, avant de me tourner vers ma Luna…
Elle se tient debout, la tête un peu penchée et un sourire aux lèvres elle aussi, tandis que son regard se perd dans le sous-bois. Le soleil fait étinceler ses cheveux blonds, dans lesquelles elle a piqué une rose pourpre.
Elle est magnifique et je m'avance vers elle pour prendre sa main menue dans la mienne.
« Il y a beaucoup de Luminates ici. Cela faisait longtemps que je n'en avais pas vu autant rassemblés dans un même endroit… » dit-elle de sa voix si douce et un peu chantante, avant de se tourner vers moi.
Elle plonge son regard dans le mien, me caresse la joue de ses doigts légers et tout ce qui n'est pas elle disparaît de ma vue. Je suis englouti dans son monde tendre et chaleureux. Plus rien ne compte, juste l'envie de sentir la chaleur de son corps contre le mien et le désir de l'embrasser.
C'est un baiser délicat que nous échangeons, aussi suave et enivrant que l'odeur du Gardénia. Et mon cœur bat la chamade, mes doigts effleurent la peau de ses bras nus, aussi soyeuse que le satin, tandis qu'un bonheur tranquille chante dans mon cerveau…
Je l'aime, ma Luna…
Je l'aime plus que tout au monde…
Je ne veux pas que la guerre me l'arrache, car une vie sans elle n'aurait pas de sens pour moi, me dis-je, en la serrant plus fort dans mes bras…
« Je serais toujours avec toi, quand la guerre sera finie. Et nous vivrons de nombreuses aussi belles journées qu'aujourd'hui… » me glisse-t-elle à l'oreille, quand nos bouches se séparent…
Comme d'habitude elle a deviné ma pensée. Et je prie Merlin de toutes mes forces, pour qu'elle ait raison et que nous vivions ensemble toute une vie d'un bonheur tranquille, comme celui d'aujourd'hui…
OoOoOoO
Ginny
« Eh ! Théo ! Ginny ! Venez nous rejoindre ! L'eau est super bonne ! » nous hèle Blaise, qui s'ébroue dans le bassin ménagé par les Elfes, non loin du lavoir
Il est heureux, Blaise. Il a retrouvé Ursula, sa petite amie, qui l'a présenté à toute sa famille.
Bien sûr, il s'est fait interroger serré par le père d'Ursula, s'est fait charrier par ses deux grands frères et maintenant ce sont ses deux petites sœurs qui le collent et l'éclaboussent joyeusement. Finalement, il a charmé toute la famille Leigth avec ses bonnes manières, son humour et son intelligence.
Je suis contente pour lui. C'est la première fois que je le vois vraiment détendu depuis le début des vacances…
En fait, c'est la première fois que je vois tout le monde détendu, depuis le début des vacances…
La première fois que je le suis également…
Percy… Comme il me manque, mon frère !
Je suis sûr qu'il aurait adoré cet endroit lui aussi…
Je me sens de nouveau triste. Mais d'une tristesse plus douce, moins douloureuse que les jours précédents. Peut-être parce que j'ai vu Maman et Papa réussir à sourire pour la première fois depuis dix jours, quand Miho, Alioth et Astoria, entraînant les autres enfants et quelques Elfes de maison à leur suite, se sont lancés dans une carmagnole effrénée en chantant à tue-tête avec des voix de faussée …
Ça fait du bien, de voir tous ces gosses joyeux et de les entendre rire…
« Tu veux que nous les rejoignons ou tu préfères que nous allions faire un petit tour dans les jardins ? » me demande Théo, en plaçant l'une de mes mèches de cheveux derrière mon oreille…
Théo… Il m'a été d'un tel réconfort ces derniers jours ! C'est le plus doux, le plus tendre, le plus merveilleux des petit-amis !
« Un petit tour… » réponds-je, en me penchant vers lui pour effleurer sa bouche…
Ça m'électrise toujours autant que la première fois de faire ça…
Théo se lève et me tend la main pour m'aider à me relever.
J'ai bien récupéré maintenant. J'ai retrouvé mon équilibre et presque toutes mes sensations. Je n'ai plus besoin qu'on m'aide ou me soutienne quand je me relève du sol où j'étais assise ou que je marche. Mais j'accepte la main de Théo avec plaisir…
J'aurais ignoré celle d'un autre garçon, arguant que je suis assez grande pour me lever toute seule. Avec Théo c'est différent. J'aime bien ses attentions et sa galanterie. J'aime bien qu'il remarque quand je me coiffe différemment ou que je porte un nouveau vêtement. J'aime bien aussi sentir sa main dans la mienne et son regard sur moi, ses gestes doux, ses sourires tendres et tous ces petits riens qui me prouvent combien il se soucie de moi…
Et par-dessus tout, j'aime bien l'entendre me dire qu'il m'aime. Et ses baisers…
Nous nous éloignons lentement de l'aire de jeu, main dans la main. Nous croisons Neville et Luna, qui reviennent de leur promenade, l'air heureux. Plus loin, j'aperçois Fred et Georges qui font le pitre avec des farces et attrapes, pour amuser un groupe de gamins…
Théo et moi traversons les jardins et nous engageons finalement dans un sentier sous une voûte de branches feuillues. La lumière est verte. Ça sent bon autour de nous, l'herbe fraîche, la terre et les fleurs. Peu à peu, les rires et les cris des enfants s'estompent et nous entendons plus nettement les oiseaux gazouiller dans les arbres…
« Regarde… » chuchote Théo, en s'arrêtant brusquement…
Il me montre du doigt un espace un peu plus clair à notre droite…
Vincent est là. Il caresse le dos d'une jeune biche qui frotte son museau contre son épaule. A ses pieds, il y a deux lapins, qui le regardent comme pour lui réclamer des attentions. Et soudainement, un oiseau vient se percher sur sa tête, en poussant un trille joyeux.
Vincent éclate de rire et saisit délicatement l'oiseau, avant d'inviter ses nouveaux amis à le suivre. Les lapins et la biche obéissent, s'attachant à ses pas qui s'enfoncent plus profondément sous le couvert des arbres…
« Il a vraiment un don, avec les animaux… » chuchote encore Théo, la voix un peu étranglée, en se tournant vers moi
Il sourit, mais son regard brille d'une infinie tristesse. Et mon cœur se serre…
Ma main se lève et cueille une larme qui coule doucement sur sa joue…
Théo pleure…
« Théo… Pourquoi ? » souffle-je, dans l'incompréhension totale…
La scène que nous venons de voir avait un côté émouvant mais quand même…
Théo secoue la tête, de gauche à droite et de droite à gauche, avant d'éclater soudainement en sanglot…
Je le prends dans mes bras. Il me serre contre lui, à m'étouffer et nous glissons à genoux au milieu du sentier d'herbe tendre. Le silence autour de nous n'est troublé que par le pépiement des oiseaux et les sanglots de Théo résonnent douloureusement sous la voûte des arbres…
Ses épaules tressautent et je sens ses larmes couler dans mon cou…
« Théo. Dis-moi ce que tu as, dis-le-moi, s'il te plait… » souffle-je encore, la gorge nouée, en le forçant à lever son visage vers moi…
« Pardon, Ginny, pardon… » supplie-t-il, en s'accrochant à moi, l'air désespéré…
« Pardon de quoi ? » m'enquiers-je, en sentant mon cœur s'affoler dans ma poitrine…
De quoi parle-t-il, Merlin ? Que se passe-t-il ? Pourquoi me demande-t-il pardon ?
« C'est de ma faute, Ginny ! Tout est de ma faute ! J'ai tout foiré, tout ! Pardon ! Pardon ! Pardon ! » répond-il en hoquetant, en s'accrochant de plus bel à moi…
« Mais de quoi parles-tu ! » m'écrie-je presque, en sentant les larmes monter à mes yeux…
Je le sais…
Je sais au fond de moi ce qu'il veut dire…
Je le sais même si je le demande…
Et que je voudrais qu'il ne me réponde pas…
Mais il a besoin de le dire. Parce que ça l'étouffe… Je me rends compte maintenant que ça l'étouffe depuis dix jours… Et c'est à mon tour de le soutenir…
« Percy ! C'est ma faute si ton frère est mort ! J'ai tout foiré, Ginny ! Tout !…. A Privet Drive, comme au Ministère ! Scrimgeour, c'est ma faute aussi ! La Bibliothécaire a pu venir dire ce qu'elle savait à Voldemort parce que je l'ai sauvée ! Et j'ai tué mon père ! Et je suis resté stupidement planté sur place au lieu de rentrer dans la maison comme c'était prévu ! Et à cause de moi, ton frère est mort ! Percy est mort par ma faute, Ginny ! Par ma faute ! Je suis un assassin ! Pardon !… Pardon !… Ginny, pardon ! » s'écrie Théo en hoquetant, les larmes ruisselant sur ses joues, depuis ses yeux désespérés…
« Non… Non… » réponds-je dans un souffle, le cœur si serré qu'il me fait mal dans ma poitrine, tandis que j'entends des branches mortes craquer non loin et des pas précipités venir vers nous…
Non… Non, ce n'est pas sa faute…
Non, Théo n'est pas un assassin…
Des lucioles explosent dans mon cerveau…
« Non… Non, ce n'est pas vrai… Tu n'es pas un assassin… Ce n'est pas vrai… » ne puis-je que répéter en boucle, mes doigts serrés autour des mèches de cheveux de Théo, dont je serre maintenant la tête contre ma poitrine…
Je voudrais pouvoir le consoler, mais je n'arrive pas à trouver les mots pour le faire et derrière mes paupières fermées, les lucioles dansent toujours la sarabande. Je sens des larmes dévaler sur mes joues et j'ai la nausée…
Il y a des froissements de tissus et un bras fort m'entoure les épaules. Une main chaude et douce se pose sur ma main qui serre la tête de Théo contre moi. J'ouvre les yeux et au travers les lucioles et les larmes, je vois les visages de Papa et Maman penchés vers Théo et moi. Ils ont l'air terriblement tristes tous les deux…
Maman m'attire vers elle et Papa détache mes mains de Théo pour le prendre contre lui.
« Tu n'es pas responsable, mon petit. Ce n'est pas toi qui a tué Percy. Pas toi non plus qui a tué Scrimgeour… Et pour ton père, c'était un accident… » assure Papa, en serrant ses bras autour des épaules de Théo…
Il lui parle doucement, longtemps, tandis que Maman me berce contre elle. Je me réfugie dans sa chaleur, en écoutant la voix de Papa et celle de Théo, qui argumente encore et encore, mais se laisse progressivement convaincre…
Il pleure toujours, mais j'entends dans sa voix qu'il s'apaise peu à peu
« Mais si j'avais bougé tout de suite, si j'étais rentré dans la maison, on n'aurait pas eu à se battre ! Percy ne serait pas mort ! » proteste-t-il encore dans un sursaut énergique
« Tu étais choqué, après ce terrible accident. C'est normal, Théo. Tout à fait normal… » répond Papa, qui hésite un instant, avant d'ajouter : « Tout est allé si vite après cela… Je m'en veux, moi aussi, tu sais. Probablement comme toutes celles et ceux qui étaient là-bas. Je me dis que j'aurais dû rester auprès de Percy, que j'aurais peut-être pu le sauver, si j'avais été à côté de lui. Théo… Nous n'aurions pas dû être là, lui et moi. Mais nous y étions, parce que nous avons choisi d'y être. Et si nous n'étions pas venus à Privet Drive, c'est à Dunvegan Castle que nous serions allés. Et il serait mort là-bas, parce que c'était son heure, Théo. Nous n'y pouvons rien. C'est comme ça… Et je préfère qu'il soit mort à Privet Drive où il a sauvé la vie de cette petite fille. Au moins, sa mort a-t-elle servi à cela et cela lui donne un sens supplémentaire, Théo… Même si elle reste profondément injuste, sa mort a un sens autre que la guerre. Un beau sens… » assure Papa, la voix terriblement voilée…
Il tient Théo par les épaules, son regard triste ancré dans le sien. Théo peine à déglutir et se tourne vers Maman et moi… Et il y a tellement de douleur dans ses yeux, quand ils accrochent ceux de maman !
« Arthur a raison, mon petit. Nous avons tous choisi de combattre, toute notre famille, en sachant que nous pouvions mourir. Je savais que je pouvais avoir la douleur de perdre l'un de mes fils… Et tu fais partie de notre famille. Tu es notre enfant, Théo. Tu es notre fils, toi aussi… » affirme Maman, en se saisissant de la main de Théo, pour l'attirer doucement vers nous…
Je serre Théo en même temps que Maman, puis je me dégage de leurs bras, pour laisser toute la place à Théo, qui a de nouveau éclaté en sanglots, avant de me réfugier dans ceux de Papa…
Je ne sais pas combien de temps nous restons là, au milieu de ce sentier. Mais je sais que nos larmes finissent par se tarir et que peu à peu, nous parlons d'autres choses. Je sais aussi que toute cette douleur qui nous a saisi tout à l'heure s'apaise et que nous nous sentons plus sereins. Je sais, que Percy va terriblement nous manquer, durant toute notre vie, mais que nous allons pouvoir redresser la tête et apprécier le bonheur, quand il viendra frapper à notre porte.
Et quand nous revenons lentement vers le village, pour y rejoindre les autres, je me dis que c'est une bonne chose que Théo ait craqué. Il fallait qu'il le fasse. Il fallait qu'il parle de tout cela. Pas seulement avec moi. Avec Papa et Maman aussi…
Je me rends compte qu'il n'osait pas leur parler vraiment depuis dix jours. A moi non plus d'ailleurs. Il m'écoutait surtout et me câlinait. Et j'étais trop absorbée par mon chagrin, pour voir sa détresse, même si, au fond de moi, je la sentais. Je m'en rends compte maintenant… Oui, je me rends compte que moi non plus je n'osais pas tout lui dire de ce que je ressentais. Je crois que je ne voulais pas ajouter à sa culpabilité…
C'est passé, maintenant. Nous pourrons de nouveau nous parler à cœur ouvert et nous apporter mutuellement davantage de réconfort…
Et c'est à cet endroit, cette terre qui appartient à Tonton Sev que nous le devons. Il y a quelque chose de Magique en elle. Quelque chose qui apaise les douleurs et guérit les blessures.
J'en suis sûre…
OoOoOoO
Hermione
Les yeux fermés et allongée dans l'herbe d'une clairière située un peu à l'écart du Village, j'écoute Merton Grave jouer du violoncelle à la mémoire de son ami, Heathcote Barbary. Les cordes de son instrument de musique pleurent des notes émouvantes et mélancoliques et je serre la main de Viktor dans la mienne, le cœur serré…
Enfin, les dernières notes restent suspendues quelques instants dans l'air silencieux. J'ouvre les yeux et me redresse. Nous n'étions que quelques-uns, quand Merton Grave a commencé à jouer. Tout le monde est là, maintenant. Assis ou debout. Regardant Fred et Georges qui, sur le même balai, fendent le ciel et lâchent une poignée de FeuxFous.
Les feux d'artifice explosent tous en même temps dans le ciel…
Des personnages, aux visages souriants, nous font signe.
Il s'agit de toutes celles et tous ceux qui sont morts depuis Halloween.
Mon cœur se serre encore davantage. J'ai failli me trouver parmi eux…
Viktor me presse contre son flanc, son regard accroché sur le FeuxFous qui représente son ami Dimitrov Anton. Je sens aussi une main chaude se poser sur mon épaule. C'est celle de Ron et ma main va la rejoindre. Ensemble nous regardons Percy nous faire signe. Il nous dit au revoir, le sourire aux lèvres, l'air de dire que nous ne devons pas nous en faire pour lui, qu'il est heureux et qu'un jour nous aurons la joie de nous revoir…
Tous les personnages restent suspendus, dans le ciel silencieux, continuant à nous faire signe, tandis que Fred et Georges, qui se sont élevés loin au-dessus d'eux, lâchent une nouvelle poignée de FeuxFous. Une immense porte dorée se dessine maintenant dans le ciel bleu et des anges en sortent, pour descendre vers nos chers défunts et les prendre par la main.
La voix grave de Myron Wagtail s'élève à son tour, soutenue par celles de ses compagnons. C'est un chant doux, qu'ils chantent. C'est la promesse de se revoir et de vivre un bonheur éternel. Et au moment du refrain, de nombreuses voix se joignent à celles des Bizarr'Sisters et je me surprends à chanter avec eux, moi aussi…
C'est un moment fort, que nous partageons, une communion de cœurs et de voix unis. Et à mesure que les paroles et les anges s'envolent avec celles et ceux que nous aimions, je sens que la tristesse qui nous avait tous saisis quand Merton Grave jouait de son violoncelle, s'envole avec elles…
Ce n'est pas un Adieu. C'est un au revoir. Celles et ceux qui sont partis ne nous ont pas quittés pour toujours. Nous les reverrons tous dans un autre monde, quand notre heure sera venue de les rejoindre. Et cette certitude, qui gagne nos cœurs, allège notre peine.
Des mains se joignent, des bras s'enlacent, des têtes se posent sur des épaules et tout le monde chante. Et le chœur des voix, accompagné par la cornemuse de Gideon Crumb, monte crescendo vers le ciel avec les anges et nos défunts qui franchissent l'un après l'autre, la porte du Paradis
Voilà, les portes se referment lentement et quand elles sont closes, elles brillent de mille feux, avant de se diluer en fine pluie dorée dans le ciel bleu, en même temps que les dernières paroles de notre chanson…
« Au revoir Papa ! Au revoir maman ! Je vous aime ! » s'exclame la voix d'Annabelle, quelque part à ma droite
« Au revoir, Percy. Je t'aime mon frère. » fait doucement écho celle de Ron dans mon dos…
Et d'autres au revoir sont murmurés, avant que les Bizarr'Sisters n'entament un nouveau chant, puis un autre et encore un autre. Des chants d'espoir et des chants de vie de plus en plus joyeux, issus du folklore de tout le Royaume Unis, des mondes Sorciers et Moldus.
Tonton Sev n'avait pas prévu de musique. Mais la musique s'est quand même invitée à cette belle inauguration du Village des Elfes, rendant un hommage à celles et ceux qui nous ont quittés et rassemblés ici…
« Sacrés Georges et Fred. Ils ont comploté tout ça avec les Bizarr'Sisters… » sourit Ron, en tapant dans les mains, au rythme de la musique
« Oui… Et c'est bien ce qu'ils ont fait. La peur, le chagrin, le malheur c'est ce qui a amené les gens ici. Ils auraient eu du mal à surmonter tout ça et à apprécier la tranquillité de ce Village, sans cette petite fête improvisée. » approuve Martha Hope, qui est ici avec son frère et ses deux cousins, dont l'un porte un bandeau pour masquer l'orbite vide de son œil gauche
Souvenir terrible de la Bataille de Dunvegan…
« Pas si improvisée que cela. Ils ont préparé les FeuxFous dès qu'ils ont su que le village allait être inauguré aujourd'hui. Lee est venu me demander une photographie de mes parents et de ma grand-mère. Toutes les familles endeuillées savaient qu'ils rendraient un hommage aux morts. Mais on ne savait pas que les Bizarr'Sisters étaient dans le coup. » assure Elinor, qui bat la mesure également
On dirait que ça la démange de danser…
Et elle n'hésite pas une minute, quand la farandole formée par les enfants et les Elfes de maison passe devant nous. Elle saute sur ses pieds et les rejoint, entraînant sa cousine Alice avec elle, qui s'accroche elle-même à la main de Viktor qui se saisit de la mienne…
Et la chaîne s'enrichit de nouveaux membres qui nous rejoignent spontanément et bientôt la majorité des villageois se laissent emmener dans la danse menée par Miho et son fameux Plumki…
Et quand la musique s'achève, des applaudissements crépitent. Tous les visages sont souriants.
« L'après-midi va bientôt toucher à sa fin. Nous sommes attendus ailleurs. C'est le moment de se retirer discrètement… » me souffle Harry dans le creux de l'oreille.
Viktor et moi le suivons, laissant derrière nous les nouveaux villageois et les chants qui ont repris. La musique et les chants nous accompagnent, de plus en plus lointains, tout au long de notre chemin, jusqu'au petit pont de bois, s'éteignant brusquement, quand nous l'avons franchi.
Je me retourne. Je ne vois plus rien d'autre qu'un fouillis de branchage et de ronces. Je n'entends plus rien que le silence assourdi par la neige qui a dû tomber à gros flocons pendant toute cette merveilleuse journée que nous avons passée sous le soleil, là-bas, dans ce magnifique Village des Elfes de Maison…
« Fais attention à ne pas prrrendrrre frrroid Herrrrmione… » me glisse Viktor, en posant ma cape qu'il a récupérée près du petit pont de bois, sur mes épaules
« Quelle belle journée nous avons eue, n'est-ce pas ? » lui dis-je, avec un sourire
« Oui. Et elle n'est pas finie. Nous avons encorrre une belle soirrrée qui nous attend… » répond-il, en me prenant la main, pour rejoindre les autres.
Le mariage de Dobby et Dyna. Je me demande où cela va se passer…
« Où allons-nous ? » demande justement Harry, quand nous arrivons au point de Transplanage.
« A Pré Au Lard. Tout le monde connaît la cabane hurlante, n'est-ce pas ? Rendez-vous devant la clôture… » répond Tatie Nally, avant de Transplaner
Et nous Transplanons à sa suite, par deux ou trois, laissant passer suffisamment de temps entre deux Transplanages, pour qu'il n'y ait pas de bousculade à l'arrivée…
OoOoOoO
Acte 2 : Mariage Elfique
Harry
Le Soleil est orangé et bas, quand nous arrivons à Pré Au Lard et la cabane hurlante a l'air plus branlante et sinistre que jamais, dressée seule au milieu de la plaine enneigée. Je frissonne et remonte le col de ma cape. Quel contraste de température entre ici et le Village des Elfes de maison !
Dès que tout le monde est arrivé, c'est à dire les Membres Décideurs de l'Ordre, Richard, Nadya, Neville, sa grand-mère, Luna, Blaise, Ginny, Théo, Annabelle, Megan et Viktor en sus, Marraine nous invite à la suivre. Nous nous enfonçons sous les arbres squelettiques d'une allée qui nous éloigne encore du village et que je n'avais jamais remarquée. Je soupçonne qu'un Sortilège empêche quiconque de la voir et de s'en approcher…
Nous marchons sur trois cents mètres environ, avant de franchir l'orée du bois et d'aboutir dans une immense clairière où se dresse une maison. Et je m'arrête net. Je suis devant la maison de Marraine, la maison où les Elfes de Grande Bretagne viennent se marier et mettre leurs enfants au monde. Elle est grande, haute, toute blanche, avec des tourelles et un toit en terrasse d'où émerge un grand arbre.
Et elle est de forme ovale !
J'en reste bouche bée et yeux écarquillés…
Cette maison est majestueuse, élégante et superbe !
« Ce n'est pas commun, comme maison… » souffle Ron, d'un ton qui traduit son ébahissement
« C'est le moins qu'on puisse dire… » acquiesce Draco sur le même ton.
« Avant que nous continuions, il faut que je vous dise, que les réfugiés n'ont pas vu la même chose que vous voyez, ni ce que vous allez voir quand nous serons entrés… » déclare Marraine, d'un ton doux.
« Oh ! Nous sommes donc des privilégiés ! » aboie Fol Œil, dont l'œil magique tourne dans tous les sens
« Oui. » répond simplement Marraine, avec une légère inclinaison de la tête.
« Vous en faites pas ! Aucun de nous ne dira rien sur cet endroit ! » s'exclame Fol Œil, avec une belle assurance.
« Je n'en doute pas. Allons-y. Dobby et Dyna doivent être impatients de nous voir… » affirme à son tour Marraine, avec un sourire malicieux…
Le Sceau du Secret doit être posé ici…
Elle emprunte un chemin qui traverse la clairière, marchant d'un pas rapide et nous arrivons bientôt devant une porte d'entrée à double battant, en chêne épais, ornée de hauts-reliefs et finement incrustée d'argent
De chaque côté de la porte, entre des fenêtres rondes, les murs d'une blancheur éclatante sont également sculptés de hauts et bas-reliefs, pour figurer des scènes représentant toutes les créatures du monde Magique. Une galerie, dont les colonnes de marbre sont délicatement décorées de tendres volutes de liserons, court tout au long de la façade et, entre les colonnes, les arcades semblent être faites de dentelle finement ciselée
Marraine pose sa main à plat, à la jonction des deux panneaux de la porte d'entrée et celle-ci s'ouvre sans bruit.
Oh, Merlin ! Je n'ai jamais, jamais, jamais vu un truc pareil !
Le hall est immense. Tout rond. Et en son centre, trône un tronc d'arbre, si énorme, que vingt personnes, se tenant par la main et bras tendus, ne seraient pas suffisantes pour en faire le tour…
Je m'avance à pas lents, mon regard se levant pour courir le long du tronc de l'arbre. Finalement, je me suis trompé, nous ne sommes pas dans un hall, mais dans une cour intérieure, dans laquelle cet arbre incroyablement immense a poussé. Et il est si haut et si large que je n'en vois que les premières branches s'étalant majestueusement loin au-dessus de nos têtes…
« C'est phénoménal ! Jamais je n'aurais cru que c'était si… gigantesque ! » commente Blaise, avec un geste large autour de lui…
« Oui, vue de l'extérieur, la maison ne semble pas si grande que ça… » approuve Hermione, qui regarde autour d'elle avec ravissement
« Maison ? Tu appelles ça une maison ? Mais elle doit être dix fois plus grande que le Manoir Malfoy, pour le moins !… Et dix mille fois plus belle assurément ! » déclare Draco, qui avance en tournant sur lui-même, les yeux écarquillés de surprise
« Ouais… Ce n'est pas une simple maison, c'est carrément un château ! Presque tout le village des Elfes, aurait pu tenir à l'aise dans cette cour ! » renchérit Théo, en se tournant vers Marraine, l'air de se demander pourquoi, dans ces conditions, il avait fallu recueillir autant de monde au QG et au Terrier…
« Je rejoins tout à fait Théo dans ses interrogations. Pourquoi la nécessité de construire un village ? Ce château, car cela en est bien un, n'est-ce pas, doit pouvoir accueillir autant de monde ou presque que Poudlard ! » renchéris-je, sincèrement curieux…
« Effectivement, Cela ressemble plus à un château qu'à une maison. Mais, faire venir davantage de réfugiés ici, aurait été problématique. Ils auraient pu découvrir toute l'étendue de la propriété et ses secrets. Or, les Elfes ne sont pas prêts encore pour les partager. Comme l'a dit tout à l'heure Alastor, vous êtes des privilégiés. Dobby vous a invités personnellement. Et à ce titre, vous êtes en droit de voir le domaine tel qu'il est réellement, quand les réfugiés n'ont vu qu'une maison un peu plus grande que les autres… » nous apprend Marraine, de sa voix douce
« Je te croyais propriétaire de cet endroit… » dis-je, sincèrement étonné
« Le domaine a été bâti par les Elfes, il y a fort longtemps, sur l'une de leurs terres sacrées. Certes, ces terres m'ont été transmises par héritage, mais je suis en devoir de respecter la sacralité des lieux et de protéger leurs secrets » répond Marraine, d'un ton doux
Puis elle nous invite à la suivre, car l'heure tourne et nous sommes attendus.
Nous nous engageons sur une allée dont la neige a été tassée. On se croirait revenu aux abords du Village des Elfes, si ce n'est qu'ici, c'est l'hiver et que les buissons, les parterres de fleurs, les bancs, les fontaines, les bosquets et les statues sont couverts de neige et de givre. Mais comme là-bas, tout est calme et sérénité…
Nous longeons ensuite sur une cinquantaine de mètres, le même genre de galerie que celle que nous avons vue à l'extérieur, passant devant des portes de forme ovale, des fenêtres rondes, des fresques sur les murs. A deux reprises, nous pouvons également voir l'entrée de couloirs ou d'escaliers étroits qui montent vers la terrasse. Enfin, nous franchissons une arcade, descendons quelques marches et nous retrouvons bientôt aux abords d'une petite cascade, large d'environ un mètre cinquante. L'eau tombe, avec force éclaboussures sur des rochers, alimentant un bassin arrondi, avant d'aller rejoindre une rivière qui va se perdre dans un petit bosquet.
« Nous sommes arrivés à flanc de montagne, n'est-ce pas ? » demande Ginny, en regardant la paroi en à-pic qui nous surplombe.
« Oui. Et nous allons passer derrière la cascade. Mais ne craignez rien, vous ne serez pas mouillés, si vous suivez bien mes pas… » répond Marraine, avec un sourire.
Elle nous ouvre la voie, une fois de plus, avançant avec confiance vers le bassin et j'ai soudainement l'impression de la voir marcher sur l'eau… Et quand elle arrive à hauteur de la cascade, le rideau d'eau s'écarte pour lui laisser passage…
Parrain la suit, sans hésitation et je m'attache à ses pas, Ron dans mon sillage…
« C'est incroyable ! Je marche sur l'eau ! » m'exclame-je, en regardant mes pieds, avant d'éclater de rire…
En réalité, je marche sur une surface vitrée…
« Ouais, fais tout de même attention de ne pas glisser quand tu arriveras près de la cascade ! » me met en garde Ron, que je sens sourire dans mon dos…
Mais la surface de la vitre reste sèche, tout au long du court chemin qui nous mène dans une grotte éclairée par des flambeaux, dans laquelle Roi Dobby et Dyna nous accueillent, les oreilles battantes et le sourire aux lèvres.
Dobby est toujours vêtu de la tenue que je lui ai offerte hier soir. Dyna, quant à elle, s'est habillée pour la première fois. Elle porte une toge d'un joli vert, brodée d'or et une petite couronne de feuilles et fleurs sur la tête…
« Le soleil va bientôt se coucher ! Venez vite ! » nous presse Roi Dobby, d'un ton un peu surexcité
Il attrape Dyna par la main et trottine vers le fond de la grotte, nous entraînant dans un boyau un peu bas, surtout pour Ron qui est obligé de se courber en deux. Heureusement, le chemin n'est pas bien long et nous débouchons bientôt sur un escalier étroit mais haut de plafond, qui descend en pente assez raide durant une cinquantaine de marches, avant d'emprunter un nouveau couloir plus large. Environ deux cents mètres plus loin, nous arrivons dans une grande et belle caverne, toute de colonnes tarabiscotées, de draperies, de stalactites et de stalagmites blanches et luisantes d'humidité…
Le Temple Sacré des Elfes de maison !
C'est magnifique encore une fois !
De très nombreux Elfes de maison sont présents. Je reconnais Kreattur parmi eux. Il ne me regarde pas. Son regard est fixé sur Roi Dobby et Dyna. Il me semble plus serein que la dernière fois que je l'ai vu.
Plus maigre et plus vieux aussi…
Dobby et Dyna avancent maintenant vers le fond de la caverne, où se trouve une espèce d'estrade en or, à laquelle ils accèdent en montant trois marches taillées dans la roche et le calcaire. Ils nous font face, tournant dos à la paroi rocheuse très sombre à cet endroit.
Les Elfes de Maison se rassemblent au pied de l'estrade. Certains, qui étaient tout à l'heure au Village, viennent nous chercher et nous invitent à nous asseoir auprès d'eux, sur les tapis moelleux qui ont été disposés sur le sol.
Un seul Elfe reste debout, à l'instar de Dobby et Dyna. Il est très vieux et se tient au pied des marches qui montent vers l'estrade, les yeux fermés et les mains jointes à hauteur de poitrine. Tout le monde se tait et il règne dans la caverne un silence digne de celui des cathédrales, jusqu'au moment où le vieil Elfe fredonne un chant très doux sur un ton bas. Puis il lève la tête et les bras vers la voûte et tous les Elfes qui nous entourent en font autant. Il y a là-haut, très haut au-dessus de nous, une petite ouverture ronde qui laisse à peine passer une faible lueur…
Et soudainement, un vent se lève, les flambeaux qui éclairaient largement la grotte s'éteignent et une lumière rougeoyante, descendant depuis l'ouverture dans la voûte, vient illuminer l'estrade d'or et le couple qui se tient debout dessus.
Et je comprends que c'est le soleil couchant, qui frappe Dobby et Dyna de sa lumière.
Ainsi auréolé de cette lueur rougeoyante, Dobby et Dyna semblent léviter et seuls au monde.
Autour de nous, les Elfes reprennent en chœur le chant doux initié par le vieil Elfe, tandis que Dobby et Dyna effectuent une série de gestes lents, en parfaite harmonie. Peu à peu, le rougeoiement de la lumière pâlit, pour laisser place à une lueur argentée, qui nimbe les futurs époux d'une auréole brumeuse.
La lune est venue à son tour…
Elle éclaire également la paroi, sur laquelle apparaît un joli dessin formé d'arabesques argentées, élégamment sophistiquées.
C'est très beau.
Et le chant monte crescendo, maintenant accompagnés par le tamtam sourd de petits tambours et les gestes du couple s'amplifient et s'accélèrent.
On dirait maintenant que Dyna et Dobby exécutent une danse venue du fond des âges, une danse qui traduit un engagement l'un envers l'autre et la célébration de la vie. Et la musique, le chant et la danse se précipitent peu à peu, pour atteindre un rythme d'une puissance joyeuse et farouche tout à la fois.
Et je me sens pris aux tripes par cette musique. Alors, tout comme les Elfes et mes compagnons, je me lève et je frappe dans mes mains, en dansant avec frénésie.
C'est exaltant, puissant et passionné.
Terriblement sensuel aussi…
Je ne sais pas combien de temps cela dure, mais la fièvre monte et je deviens brûlant, tout dégoulinant de sueur. Mais peu importe le temps qui passe, une énergie folle m'habite et je me sens plus fort et vigoureux que je ne l'ai jamais été, porté par les tam-tams des tambours qui font battre mon cœur à la chamade, pulsant de vie et de Magie.
Peu à peu, les élégantes arabesques dessinées sur la paroi brillent d'un éclat plus vif et s'élargissent, jusqu'à se fondre. On dirait que la roche s'ouvre derrière Dyna et Dobby, pour laisser passer une lumière blanche si éclatante que le couple n'est plus qu'ombres chinoises. Dans le même temps, la musique et le chant semblent arriver à leur apogée et brusquement ils cessent et de nouveau le vent se lève, avec vigueur cette fois. Il semble venir de derrière Dobby et Dyna. Il souffle fort, mais tiède et caressant, il m'englobe et me soulève. Il pénètre en moi avec puissance et la lumière qu'il draine avec lui jaillit de mes mains, illuminant toute la grotte d'un éclat si brillant que je dois fermer les yeux…
Une clameur s'élève parmi les Elfes.
Puis exultant de joie, ils rient et frappent dans leurs mains. Et quand j'ouvre les yeux, au moment où je touche de nouveau le sol, je vois des milliers d'étincelles briller sur les parois, les colonnes, les stalactites et les stalagmites…
Et le vieil Elfe de maison rejoint Dobby et Dyna qui se font face en souriant largement, les mains maintenant unies par un ruban argenté. Il lève la tête et les bras vers la voûte de la caverne, pour remercier le soleil, la lune et les étoiles d'avoir béni l'union de leur Roi et leur toute nouvelle Reine. Puis il se tourne vers le couple souverain et il remercie la Magie Mère d'avoir répondu à leur appel en rendant à leur caverne sacrée sa lumière d'antan. Enfin, il pointe son doigt vers le ruban argenté et celui-ci se sépare en trois morceaux qui dansent un instant au-dessus des mains de Dobby et Dyna, avant de s'évaporer en élégantes volutes qui vont se fondre dans la paroi de la caverne redevenue sombre…
Voilà sans doute l'explication de toutes ces arabesques que nous avons vues tout à l'heure derrière Dobby et Dyna, me dis-je, tandis qu'une nouvelle clameur se lève parmi les Elfes et qu'ils applaudissent à tout rompre…
« Vive Roi Dobby ! Vive Reine Dyna ! » s'exclament les Elfes de Maison, visiblement très heureux, tandis que le couple nouvellement uni descend de l'estrade d'or
Dobby et Dyna remontent l'allée, nous saluant au passage d'un signe de tête, Blaise et moi. Les Elfes les suivent, nous prenant par la main et bientôt, nous quittons la caverne pour rejoindre la surface. Nous traversons rapidement la cour intérieure, avant de franchir l'une des portes ovales de la maison, pénétrant de fait dans une vaste salle de banquet, à la décoration sobre mais élégante.
« C'était… Waow ! Incroyable ! Magique ! » m'exclame-je, en prenant place entre Marraine et Ron, à la table d'honneur où j'ai été mené par Byddo
« Ouais. Et sacrément crevant aussi ! Cette danse était géniale mais elle m'a fichu sur le cul ! » déclare Ron, en s'étirant un peu le dos
« Vraiment ? Moi, je suis en super forme ! Et prêt à recommencer ! » assure-je, avec un bel enthousiasme
« Tu es bien le seul. Regarde bien, tout le monde a l'air crevé, maintenant que la frénésie est passée… » affirme alors Blaise, en réprimant un bâillement…
Il a raison. Ginny a l'air de dormir, la tête appuyée sur l'épaule de Théo, dont les yeux fatigués fixent son assiette probablement sans la voir. A côté d'eux, Luna et Neville n'ont pas l'air plus frais… Et c'est la même chose pour Hermione, Draco et tous les autres. Même Fred et Georges ont l'air rassis…
« Petites natures ! Une petite danse de rien du tout et vous êtes tous KO ! » ris-je, tandis que des carafes de cristal remplissent nos verres d'un liquide ambré
« Une petite danse ? Harry, elle a dû durer pendant au moins deux heures ! Si ce n'est plus ! Alors dis-moi, comment peux-tu te sentir en forme après ça ? Surtout que tu es bien le seul à avoir réussi à la danser jusqu'au bout sans t'arrêter un seul instant ! » répond Ron, qui me regarde comme si j'étais un extra-terrestre…
« Deux heures ? Tu me charries… Une demi-heure peut-être oui, mais pas deux heures… » proteste-je, en cherchant l'approbation de Blaise qui hoche négativement la tête…
« La danse a duré exactement deux heures trente. Et tu es effectivement le seul à ne pas avoir flanché, Harry… » affirme alors Marraine d'un ton doux.
J'en reste sans voix durant une bonne minute, tandis que Ron et Blaise me fixent, l'air interrogatif…
« Je ne m'en suis pas rendu compte… Et je vous assure que je suis en pleine forme… » déclare-je finalement, me demandant comment cela est possible…
« Ben il faudra que tu nous expliques d'où te vient toute cette belle énergie. Ça pourrait nous être utile…Et puis ce truc, avec la Lumière aussi… » déclare Ron, en réprimant un bâillement à son tour
« J'en sais rien… » souffle-je, tandis que mon regard croise celui de Marraine
Elle me sourit et s'apprête à dire quelque chose, mais le vieil Elfe qui a présidé la cérémonie du mariage vient de se lever et annonce qu'il est temps de boire à la santé du nouveau couple royal…
Alors nous levons tous nos coupes et buvons le liquide ambré, qui a un agréable goût à la fois sucré et fleuri. Il coule dans ma gorge avec lenteur et aussitôt, une chaleur diffuse se répand dans mon corps.
Et je me sens des fourmillements dans les jambes et les bras…
« Waow ! Je ne sais pas ce que c'est, mais ça requinque ! » s'exclame Blaise, qui semble soudainement bien plus en forme
« C'est un vin de cérémonie Elfique. N'en abusez pas, où vous ne pourriez pas dormir de la nuit. Et vous pourriez être enclins à faire des choses stupides car il a tendance à faire tourner les têtes… » sourit Parrain, en reposant son verre dont il n'a bu qu'une petite gorgée.
« Tu aurais pu prévenir ! J'avais tellement soif que j'ai bu tout mon verre ! Moi qui me sentais déjà en pleine forme, j'ai maintenant l'impression d'être électrique ! Je crois qu'il va falloir que j'aille courir, pour faire passer ça… » m'exclame-je, en éprouvant de plus en plus d'excitation…
« Pas besoin… Les Elfes ayant renoué avec leurs traditions ancestrales, vont sans doute exécuter quelques danses tribales. Tu n'auras qu'à te joindre à eux. Ça te défoulera… » répond Parrain, avant d'éclater de rire, tandis que les plats du festin apparaissent sur la table
Il peut se gausser de moi autant qu'il veut, mais j'ai bien l'intention de suivre ce conseil dès les premières notes de musique…
La journée a été belle, la cérémonie géniale, je sens que la nuit va être longue…
Très très longue…
Et très belle aussi…
OoOoOoO
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