Disclaimer: cf chapitre 1

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Ma beta est Mistycal...

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Réponse sur mon forum pour Yzeute

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Chasse Aux Nuisibles 4/4

Acte 7 : Le Gibier Est Dans Le Sac

Blaise

Je suis complètement sidéré de la mise en scène que Ron et des Jumeaux ont mise au point et réalisée depuis que nous sommes arrivés avec le Basilic. Bon sang, ces trois là sont incroyables ! Ils devraient monter des spectacles après la guerre, je suis sûr qu'ils feraient fortune !

« Eh, Lee ! Tu as tout ? » demande Tarendra, en haussant un sourcil.

« Bien sûr ! » sourit notre pote, en affichant l'air d'un chat repu.

Il a décidé de tout filmer, pour les archives de l'Ordre, affirmant que dans quelques années, Olivier aura peut-être envie de voir comment on a fait craquer le Basilic. Il pense également, qu'après la guerre, on sera sûrement content de revoir toutes ces images et les missions que nous avons remplies tous ensemble…

Je ne sais pas. On verra bien…

Pour l'instant, nous avons de nouveau changé de décor. C'est dans une cellule du Ministère que le Basilic se réveille cette fois. Hugh et Eddy, pour l'occasion, se sont glissés dans des uniformes d'Auror.

Ils secouent notre prisonnier, l'exhortent à se réveiller et à les suivre.

Le Basilic regarde autour de lui, l'air perdu. Il ouvre la bouche, sûrement pour poser des questions à mes potes, mais ils ne lui laissent pas le temps de proférer un seul son. Ils le poussent en avant et l'accompagnent dans une fausse salle d'interrogatoire.

Le Basilic regarde machinalement son reflet dans le miroir sans tain que nous avons installé, comme là-bas, dans le Département de la Justice Magique. Ses cheveux sont emmêlés, il est sale, débraillé et grâce à un maquillage de cinéma, fait par Annabelle, il semble même un peu amaigri. Et il réalise seulement maintenant qu'il a de nouveau ses propres fringues sur le dos…

Ce détail le perturbe visiblement…

Mes potes le font asseoir sur une chaise un peu branlante, devant une table. Eddy reste debout derrière lui, mais Hugh vient s'installer en face, à califourchon sur la chaise, appuyant ses bras sur le dossier.

Il a demandé à son père l'autorisation de prendre son apparence et comme sa photo a paru dans la Gazette, lorsqu'il a été blessé au Terrier au cours de la Bataille d'Halloween, le Basilic doit sans doute se dire qu'il l'a déjà vu quelque part…

Peut-être même qu'il l'a reconnu.

Si c'est ça, tant mieux. Il ne doutera pas être au Ministère, entre les mains des Aurors…

« Quel est votre nom ? » demande Hugh, avec fermeté, l'air dur et son regard planté droit dans celui du Basilic

« Boo. Edgar Boo… » répond-il, la voix enrouée par tous les cris et hurlements qu'il a poussés depuis ce matin, d'un ton peu sûr de lui.

Une plume à papote enregistre la réponse, sur un parchemin posé devant Hugh. Il est marqué de l'emblème du Ministère dirait-on. C'est un faux, bien sûr. C'est assez visible, même. Mais le Basilic n'aura pas loisir d'y regarder de près, c'est sûr. Il a d'autres chats à fouetter…

« Vous vous souvenez pourquoi vous êtes ici ? » demande encore Hugh, sans ciller

« Non, je… Je m'souviens juste que… » commence à répondre le Basilic, avant de s'arrêter, dérouté et hésitant.

Il soupire et passe une main nerveuse dans ses cheveux. Son regard est incertain, il vacille. J'ai le sentiment que des tas de souvenirs se bousculent dans sa tête et, sous son maquillage, il pâlit encore, en portant la main à son cou.

Je parie qu'il revoit par flash, différentes séquences des scènes que nous lui avons jouées. Il s'en souviendra toute sa vie sûrement… Peut-être même, qu'elles lui pourriront l'existence quand il sera vraiment à Azkaban…

« De quoi vous souvenez-vous ? » insiste Eddy, en posant lourdement une main sur l'épaule du Basilic qui sursaute et se retourne d'un bloc, effrayé

« Regardez par ici ! » tonne Hugh, en claquant si fortement son poing sur la table, que l'encrier fait un bond et manque de se renverser.

Le Basilic obéit, les épaules affaissées et l'air coupable…

« Répondez à la question que mon collègue vous a posée. » demande sèchement Hugh, le regard dur, impitoyable

« Je… J'étais au travail, au Sous-Ministère du Pays de Galles. J'étais assis à mon bureau et cette fille est entrée et… » répond le Basilic, incertain.

Ses mains tremblent et son regard est de plus en plus hagard..

« Il est mûr. Il va parler, surtout après le bateau que les gars vont lui monter dans les minutes qui viennent… » me glisse Ron, un sourire dans la voix

Je croise les doigts pour qu'il ait raison. Plus vite nous en aurons fini avec lui et mieux nous nous porterons…

« Et quoi ? » demande brutalement Eddy, en faisant de nouveau sursauter le Basilic, qui n'ose cependant pas se retourner cette fois.

« Et puis plus rien… c'est le trou noir… Quand je me suis réveillé, j'étais dans une cellule… Et… les Détraqueurs… empêchez-les de m'approcher, s'il vous plait… J'ai rien fait, j'suis innocent…» répond-il précipitamment…

« Ils disent tous ça ! » soupire Hugh, tandis qu'Eddy ricane dans le dos du Basilic.

« Mais j'vous jure ! C'est cette fille ! Je ne sais pas ce qu'elle m'a fait mais j'étais à travailler dans mon bureau quand elle est arrivée et après je ne me souviens plus de rien ! Elle a dû me jeter un Sort et… » insiste le Basilic, l'air geignard et suppliant

« Qui est cette fille et pourquoi vous aurait-elle jeté un Sort ? » l'interrompt Hugh, l'air dubitatif

« Je ne sais pas ! Je ne la connais pas ! C'est la première fois que je la voyais ! » s'exclame le Basilic, qui semble reprendre un peu de poil de la bête.

Ça ne va certainement pas lui durer bien longtemps…

« Personne ne vous a vu sur les lieux de votre travail depuis que vous en êtes parti, seul et en bonne santé, vendredi 3 janvier en début de matinée. » assène Hugh, d'un ton brutal, tandis que les yeux du Basilic s'écarquillent d'une mauvaise surprise

« Alors cessez de nous raconter des salades et dites-nous toute la vérité ! » enjoint Eddy, en laissant de nouveau sa main lourdement tomber sur l'épaule du Basilic

« Quoi ! Mais je vous dis la vérité ! J'étais bien au boulot, vendredi matin et je n'ai pas quitté mon bureau ! C'est cette fille ! Elle a dû me faire quelque chose, me mettre sous Impérium, peut-être ! Je ne sais pas ! Je ne me souviens de rien d'autre ! Seulement que je me suis réveillé en cellule ! J'suis innocent ! Innocent ! » se défend le Basilic, en s'arrachant à demi les cheveux.

Hugh soupire encore une fois et regarde vers Eddy en hochant la tête d'un air entendu qui signifie qu'il ne croit pas un mot de ce que raconte son prisonnier, puis il reporte son attention vers le Basilic.

« Nous avons interrogé tout le monde au Pays de Galles. Une jeune fille est bien venue, pour retirer un formulaire de demande pour passer son permis de Transplanage. Elle était avec une amie et elles ont quitté le Ministère quelques secondes avant vous. Mais nos collègues en faction ont confirmé que tandis qu'elles partaient à droite, vous êtes parti à gauche. L'un des employés nous a pourtant dit que vous avez affirmé que vous alliez les accompagner chez elles, pour photographier une plante qu'elles auraient créée. Lequel de vous ment ? » explique-t-il, les yeux plissés vers le Basilic qui ne cesse de hocher la tête de droite à gauche, l'air complètement effaré

« Mais c'est faux… C'est faux ! C'est l'autre qui ment ! J'étais dans mon bureau ! Je ne l'ai pas quitté ! » s'écrie-t-il, la voix cassée et prêt à pleurer, en essayant de se lever de sa chaise.

Eddy appuie fermement sur ses deux épaules pour l'inviter à se re-asseoir et il obtempère très vite. De toute façon ses jambes tremblent tellement, qu'il ne doit pas pouvoir tenir debout longtemps…

« Vous mettez en doute la parole de nos collègues qui vous ont vu quitter le Sous-Ministère à 08H23 précises ? » s'insurge Eddy, en raffermissant encore sa poigne sur les épaules du Basilic

« Non ! Non ! Mais… Quelqu'un a dû me mettre sous Imperium! C'est un coup monté tout ça ! J'vous promets, c'est un coup monté ! » se défend le Basilic, avec toute la véhémence dont il réussit encore à faire preuve

« Un coup monté ? Et de la part de qui selon vous ? » demande Hugh, avec un sourire en coin, une lueur de satisfaction traversant son regard.

Nos potes attendaient ce genre de remarque, pour passer à l'offensive suivante et amener doucement le Basilic sur le terrain où lui sera asséné le coup de grâce…

« Je n'en sais rien… J'vous jure, je ne sais vraiment pas comment, ni pourquoi je suis arrivé ici…» souffle le Basilic, visiblement épuisé et abattu, en laissant tomber son visage dans ses mains.

Il éclate en sanglots et je me dis que c'est une chance, qu'Hermione Chérie ait pensé à fixer son maquillage avec un Sortilège, où il l'aurait laissé sur ses mains. Après quoi, il aurait pu se poser des questions embarrassantes pour nous, subodorer l'entourloupe…

« Vous ne savez ni comment, ni pourquoi vous êtes ici et vous assurez être innocent. La seule chose dont je sois sûr, en ce qui me concerne, c'est que les Détraqueurs vous font un sacré effet… » glisse avec perfidie Eddy, penché à son oreille.

Le Basilic sursaute et relève la tête. Des larmes roulent sur ses joues et il déglutit avec difficulté, une lueur affolée dans les yeux…

« Je… J'ai eu… J'ai eu beaucoup de malheurs dans ma vie. C'est pour ça… » souffle-t-il, d'abord hésitant, puis un peu trop précipitamment pour être honnête…

« Moi, à la façon dont vous réagissez en leur présence, je dirais plutôt que vous en avez beaucoup causé, du malheur… » susurre Hugh, le regard et le visage sévères…

« Non… Non… J'suis innocent… » souffle le Basilic, avec des petits hochements de tête négatifs, qui n'ont rien de convaincant.

Il essaye de résister, mais les copains vont bientôt tirer des cartouches décisives et je suis certain qu'il va alors s'empresser de se mettre à table.

Et plutôt deux fois qu'une encore…

« Innocent de quoi ? » demande Eddy, en se penchant en avant, une main à plat sur le bureau, pour le regarder de côté

« Mais… ddddddde de rien… ddddde de tout… » répond en bégayant le Basilic

Il sent que la situation lui échappe de plus en plus, même s'il ne comprend vraiment pas comment il a pu arriver là. Et il ne manque qu'un petit coup de pouce, pour qu'il déballe tout ce qu'il a sur la conscience…

Et ses complices…

« Vraiment ? Pourtant, à en croire ceci, ce n'est pas le cas, loin s'en faut. … » affirme Hugh d'un ton doux.

Trop doux, le Basilic ne s'y trompe pas et déglutit avec peine, son regard ne ratant pas une miette des gestes de Hugh, qui tend la main vers la table. Il prend lentement un parchemin roulé, retenu par un ruban argenté et le brandit sous le nez du Basilic, qui amorce un mouvement de retrait.

« C'est quoi, ça ? » demande-t-il dans un souffle, le regard méfiant et des tonnes de questions lui traversant visiblement l'esprit…

« Nous aurait-on menti, dans ce parchemin ? » demande Eddy, toujours penché vers le Basilic, en haussant un sourcil

« Je ne pense pas. » répond Hugh, à l'intention de son « collègue », avant de s'adresser de nouveau au Basilic : « Et vous ? »

Le Basilic regarde tour à tour Hugh et Eddy, l'air désorienté.

« Je… je n'en sais rien… Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il y a d'écrit là-dedans ? » répond-il, sa voix brisée traduisant toutes ses incertitudes, tandis qu'il fixe toujours le parchemin d'un regard brûlant d'une incompréhension effrayée…

A mes côtés, Tarendra pose une main sur le miroir sans tain, qui nous permet de voir toute la scène comme si nous étions présents aux côtés de nos amis.

« Tu peux trembler mon coco… Tu es fait comme un rat… » souffle-t-il, le regard brillant de satisfaction.

« Oui. Le gibier est dans le sac et il va tout déballer, c'est sûr… » affirme Ramaya, non moins satisfaite.

Pour ma part, je préfère réserver mes commentaires pour plus tard, quand le gibier sera dans le chaudron…

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Severus

Comme il n'y a plus trop de monde au QG, je transplane directement dans le Hall, faisant sursauter Vernon occupé à vernir les lambris dans l'escalier. Il en laisse échapper son pinceau, qui tombe dans le pot en provoquant des éclaboussures. Vernon pousse un juron et s'empresse de nettoyer les dégâts, non sans m'avoir jeté un regard noir auparavant…

« Comment cela s'est-il passé ? » demande Remus, qui sort de la cuisine au même moment

Il n'a pas manqué de nous entendre arriver et vient aux nouvelles, naturellement. Cela m'étonne même, qu'il ne soit pas là-haut, dans la Base d'Espionnage. Mais je me souviens tout à coup qu'il devait servir d'escorte à Mme Jordan ce matin, jusqu'à la poste de Little Whinging, où elle devait se rendre pour faire suivre le courrier des Strikawe, dans une boîte postale, ici, à Londres…

Il doit être revenu au QG depuis peu…

« Ç'tait parfait…Willy l'a m'ché dans la combine hic… Hein, prof ? » répond Mondingus, qui subit encore fortement les effets de la Potion d'Ebriété et manque de se prendre une bûche lorsqu'il trébuche sur la boîte à outil de Vernon.

Il la trimballe partout avec lui, Vernon, au cas où il y aurait un clou à remplacer, une vis à revisser ou que sais-je encore. Ce qui ne se produit jamais étant donné qu'il n'y a ni clou ni vis chez les sorciers de Sang-pur… J'ai plutôt l'impression que se balader avec ça, sert à lui donner de l'assurance, une impression de pouvoir ou de maîtrise sur la situation… D'être le Maître des lieux, peut-être.

Ce qu'il n'est pas et ne sera jamais, loin s'en faut…

« C'était plus que parfait ! Mondingus a réalisé une performance digne des plus grands acteurs ! Un morceau d'anthologie ! Larbrouss n'a pas marché, il a couru !… » renchéris-je, avec un enthousiasme non feint, avant d'ajouter : « Espérons que ce soit au Manoir… »

« Allons voir ça ! » s'exclame Remus, en soulevant l'un des bras de Mondingus, pour le mettre sur son épaule.

J'en fais autant de l'autre côté et à nous deux, nous soulevons Mondingus pour le faire monter vers la Base d'Espionnage. Il ne touche plus terre et soudain, il est secoué d'un fou rire nerveux…

« J'l'impression d'être r'venu en enhic… fance quand mes cousins m'trimbal… hic… laient comme ça avant d'aller m'j hic… jeter dans la rivière… » explique-t-il, tout gloussant, entre deux hoquets…

« Si je ne savais pas pourquoi tu es dans cet état, c'est sous la douche que j'irais te jeter… Tu cocottes dur mon vieux… » commente Remus, à moitié riant, en ouvrant la porte de la Base

« F'lait bien donner l'change…hic ! Si j'vais été trop propre, Willy s's'rait méfié… Hic ! » répond Mondingus, que nous aidons maintenant à prendre place dans un fauteuil, avant qu'il n'ajoute : « Pis ç'pas d'ma faute mais.. hic… à cause de tout l'thé qu'jai hic… bu, f'lait qu'je pisse avant d'rentrer et hic !… L'prof m'a aidé mais hic… à cause d'la Potion m'suis à mitan hic… fait d'sus les godasses… »

Il glousse derechef et Remus lui tape sur l'épaule, avec compassion, mais l'œil rieur.

« Willy est rentré ? » m'enquiers-je auprès de Dedalus et Hestia, qui regardent Mondingus en souriant avec indulgence

« Pas encore. Mais ça ne saurait sans doute pas tarder… D'après Alfred Willis, qui surveille les Caméras du Chemin de Traverse et de l'Allée des Embrumes, avec lequel j'ai pris contact il y a une minute, il s'est fait alpaguer par Harris Leverue, quand il est sorti de la gargote de la Mère Firewater. Ils sont tous les deux chez Barjow et Beurk maintenant et Alfred doit me prévenir dès qu'il le voit sortir. »

« Barjow et Beurk ! Merde ! Pourvu qu'il n'aille pas montrer le Journal de Salazar à Barjow ! Il manquerait plus qu'il lui vende ! Ça retarderait les choses ! » m'exclame-je, vivement contrarié, en tapant du poing sur l'accoudoir de la chaise sur laquelle j'ai pris place

J'ai envisagé cette possibilité, bien sûr. Mais je l'ai rejetée en tablant sur la crainte de Willy, que Voldemort apprenne qu'il avait eu le journal de Salazar Serpentard entre les mains et ne le lui a pas immédiatement apporté…

« Non, je ne crois pas. D'après Alfred, Willy s'est fait un peu tirer l'oreille… » affirme Dedalus, avant d'ajouter : « En tout cas, j'ai tout écouté de ce qui a été dit chez la Mère Firewater et vraiment, toutes mes félicitations, Mondingus, tu as été prodigieux ! »

« Ouais… Merci ! C'est ç'que l'prof dit. Et j'suis plutôt content d'moi aussi. » répond Mondingus, en se rengorgeant avec fierté, avant d'ajouter : « Et j'suis content aussi qu'la Potion d'Ebriété fasse plus effet… même si j'suis prêt à en r'prendre, s'il faut recommencer à jouer la comédie comme aujourd'hui… »

Je lui fais un clin d'œil et lui serre la main, lui assurant que je suis prêt à renouveler l'expérience également et que je ne manquerai pas de faire appel à ses services si nécessaire.

En toute sincérité.

Même si je ne doutais pas qu'il réussisse à berner Willy, il m'a vraiment bluffé, par sa performance hors du commun, l'intelligence avec laquelle il a mené l'affaire, ajoutant quelques détails à la mise en scène prévue, pour en accentuer le réalisme.

Soudainement, le biper de Dedalus sonne et je me tourne vivement vers lui.

« W.L. sor coT AdE… » lis-je par-dessus son épaule.

« Je déteste ce style télégraphique… » soupire Dedalus, les sourcils froncés, avant de décoder avec un peu de lenteur : « W.L ça doit être Willy Larbrouss… sort coT… Coté… AdE… Allée des Embrumes…. »

« Ce doit être Lucy, la fille d'Alfred, qui a envoyé le message. J'ai remarqué que les jeunes les rédigent de cette façon, pour gagner du temps… » commente Remus, avec un petit sourire

« Gagner du temps ? Il m'en faut cinq fois plus pour lire le message, alors je ne vois pas où on en gagne ! Au contraire, ça ferait perdre de précieuses secondes, ça, en cas d'urgence ! Sans compter le risque d'erreur d'interprétation ! Et qu'à force d'écrire comme ça, les jeunes vont oublier comment on écrit vraiment ! Ce n'est pas bon pour l'orthographe, ça ! » râle Dedalus, tandis que mon regard est fixé sur l'écran qui donne sur le portail du Manoir, à l'affût de l'arrivée de Willy…

Il n'a pas tout à fait tort, me dis-je…

« Bah… Concernant l'orthographe des jeunes, d'ici que ce genre d'appareil se généralise, nous avons le temps de voir venir. Ils ne sont pas encore opérationnels pour Poudlard. Mais tu as raison pour le reste, mieux vaut que nous ayons un code commun pour communiquer par biper. Je verrais cela avec Phillipa, la Chef du Comité Expert en Communications. » le tranquillise Remus, en lui tapant sur l'épaule, en un geste de réconfort…

« D'accord. Mais n'oublie pas de lui préciser qu'il y a pas mal d'anciens au bout de ces appareils, alors il ne faut pas que le code soit trop compliqué. Nous n'avons plus la même mémoire qu'avant, pour retenir les nouveautés… » déclare Dedalus, d'un ton bien plus calme

Hestia me fait un clin d'œil de connivence en souriant. C'est un soufflet, Dedalus. Sa contrariété retombe toujours plus vite qu'elle n'est montée…

« V'là Willy ! » s'exclame maintenant Mondingus, qui se penche en avant, pour mieux voir son vieux compère remonter vivement l'allée du Manoir Malfoy.

Soudainement, il s'arrête, hésite un instant, puis coupe la pelouse, en direction d'un sentier qui contourne le Manoir…

« Merde ! Il va directement vers les tentes… » siffle-je entre mes dents, vivement contrarié encore une fois

« Y va p't'être aller d'abord met' les Gallions et les chandeliers à l'abri… » suppose Mondingus, sans grande conviction cependant.

« Ce n'est certainement pas dans une tente qu'il partage avec d'autres filous dans son genre qu'il cacherait le produit de ses larcins. Non, il a un autre plan en tête… » déclare Remus, tout aussi contrarié que moi

Je le sens, à la façon dont il respire dans mon dos

« Si vous voulez mon avis, il est venu pour récupérer ses quelques effets personnels et profiter de l'aubaine des cent Gallions qui sont tombés dans son escarcelle pour essayer d'aller se mettre au vert quelque part. » commente Dedalus, tandis que Willy regarde bien qui se trouve du côté des tentes, avant de se faufiler vers elle…

Il hésite visiblement à poursuivre son chemin…

« Cent Gallions, c'est une jolie somme. Mais ce n'est pas suffisant. Il ne pourrait pas aller bien loin et n'échapperait pas longtemps à Voldemort. » fait fort justement remarquer Hestia

« Oui. Si son intention est de quitter le Manoir, c'est qu'il a dû vendre le livre à Barjow et en tirer un joli pactole… » déclare-je, dans un soupir.

Notre affaire est ratée pour aujourd'hui, même si rien n'est pour autant perdu. Barjow ne revendra pas le livre à n'importe qui. Il voudra en tirer le maximum. Alors il fera courir le bruit en direction des plus fortunés et la rumeur viendra tôt ou tard jusqu'aux oreilles de Voldemort…

« On a des nouvelles de Bill ? Sait-on si le compte de Lucius risque d'être bloqué très vite ? » demande dans un souffle Remus, dont les pensées semblent prendre le même chemin que les miennes.

Comme souvent…

« Je ne sais pas, mais à ce stade, peu importe. Quand Voldemort connaîtra la nouvelle, il se procurera le journal, de gré ou de force… » réponds-je, en regardant Willy se décider enfin et avancer d'un pas hâtif vers les tentes..

Au même moment, pas de chance pour lui, Lucius sort sur la terrasse arrière et il le hèle. Willy stoppe net et se retourne lentement vers lui, l'air coupable…

Une chose est certaine maintenant : s'il avait pour projet de quitter le Manoir, c'est raté…

Et connaissant Lucius et Voldemort, il n'aura plus jamais l'occasion de le faire…

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Acte 8 : La Cuisine Des Anges

Ron

Voilà le moment crucial de notre plan.

Je me sens tendu tout à coup. Jusqu'à présent, tout a marché comme sur des roulettes et je dois avouer que je ne croyais pas que ça irait si vite…

Mais il faut reconnaître que tous les copains et copines ont mis le paquet jusqu'à présent et ont tous joué leur partie en y mettant beaucoup de cœur. Je n'ai pas eu grand chose à leur dire pour qu'ils comprennent ce qu'ils devaient faire. Pour le reste, ils improvisent à merveille !

Hugh et Eddy, en particulier. Parce que les autres n'avaient pas besoin de beaucoup parler, mais eux, oui. Et avec les jumeaux, nous ne leur avons donné que les grandes lignes de leur texte. Pour le reste, ils se sont mis d'accord entre eux et rebondissent sur les occasions que leur offre le Basilic.…

Justement, celui-là ne lâche pas des yeux, le parchemin que Hugh tient à la main. Mais mon pote va faire durer le plaisir, comme prévu. Faire mariner le Basilic dans son jus, voilà la recette qui fera leur succès… Nous avons insisté là-dessus, avec les jumeaux.

« N'êtes-vous pas curieux, d'abord, de savoir comment vous êtes arrivé ici ? » demande mon pote, en reposant le parchemin, là où il l'a pris il n'y a pas une minute.

Le basilic, qui suivait toujours sa main du regard, relève les yeux vers lui.

« Si… Si, bien sûr… » répond-il, sur ses gardes

Hugh sourit, tandis qu'Eddy vient prendre la chaise qui se trouve à côté de lui, pour la ramener auprès du Basilic. Il prend son temps pour s'installer, très près du Basilic qui n'a pas l'air à l'aise d'être ainsi collé par mon pote.

« Vous avez été déposé pieds et poings liés devant le Ministère. Avec ce parchemin sur le ventre…» déclare Eddy, penché vers l'oreille du Basilic, comme pour lui confier un secret.

L'autre essaye de se reculer pour le regarder, mais Eddy lui empoigne le col et le retient, avant d'ajouter, d'un ton suave : « A votre avis, qui a bien pu faire ça ? »

Le Basilic hoche à peine la tête de gauche à droite, ses yeux écarquillés sur la peur.

Il faut dire qu'Eddy a une allure impressionnante. Je ne sais pas où il a dégotté son matériel, pour compléter sa part de Polynectar, mais le type sur lequel il l'a prélevé est terrible. Grand, bodybuildé, gueule carrée barrée d'une cicatrice sur la joue, cheveux noirs coupés à la brosse, nez écrasé comme s'il avait été cassé plusieurs fois. Et comme si ça ne suffisait pas, Eddy s'est ajouté un bandeau noir sur l'œil…

Une vraie tête de malfrat dur à cuir…

Dans un uniforme d'Auror, ça fout encore plus les ch'touilles…

« Vous ne savez pas ? » demande encore Eddy, en haussant un sourcil, avant de relâcher le col du Basilic pour lui passer le bras sur les épaules

Puis, dans un geste brusque, il l'attire davantage encore contre son flanc et lui colle une fois de plus la bouche à l'oreille.

« Moi, je pense qu'on a voulu se débarrasser de vous, comme d'un colis encombrant. Alors réfléchissez, qui a intérêt à vous écarter de son chemin ? » susurre-t-il, avant de repousser le Basilic et de se lever pour venir se replacer derrière lui…

Le Basilic ne répond rien, encore une fois. Mais son regard vogue jusqu'au parchemin. Son contenu l'intrigue, c'est sûr. Et les paroles d'Eddy commencent à faire leur chemin dans sa tête, ça aussi, c'est certain…

« Qui, Monsieur Boo ? » redemande doucement Hugh, en posant sa main sur le parchemin.

Le Basilic hoche négativement la tête. Il n'est pas encore tout à fait prêt à cracher ses aveux, mais Hugh, comme Eddy, n'est pas prêt à lâcher la pression. Au contraire, il ramène lentement le parchemin vers lui et retire le ruban, déroule la lettre, avec toujours la même lenteur et laisse ses yeux s'égarer sur les lignes écrites dessus…

« Tinsley Green… Est-ce que cela vous dit quelque chose, Monsieur Boo ? » demande-t-il d'une voix veloutée, sans même relever les yeux sur son vis-à-vis.

Le Basilic écarquille les yeux, comme si les pièces du puzzle venaient de se mettre en place dans sa tête…

« La salope… » murmure-t-il une lueur meurtrière traversant brièvement son regard

« Plait-il ? » s'enquiert Hugh, en relevant brusquement la tête, l'air interrogateur, comme s'il n'avait pas compris le murmure du Basilic…

« Je crois que Monsieur Boo vient de comprendre qui a tout intérêt à se débarrasser de lui… » déclare Eddy, d'une voix joyeuse, en revenant s'installer auprès du Basilic, après avoir un peu écarté sa chaise.

Puis sa main va saisir le pied de celle du Basilic et il lui fait effectuer un quart de tour, pour qu'il lui fasse face, avant de le lâcher. Il se penche maintenant en avant, jambes écartées et appuie ses bras sur ses genoux, en souriant à pleines dents

Ce qui paradoxalement le fait paraître encore plus effrayant…

« Racontez-moi tout… Qui est la salope ? Quel est son intérêt dans cette affaire ? » demande-t-il, d'un ton enthousiaste, son regard planté dans celui du Basilic…

Ce dernier déglutit avec peine. Il a la bouche sèche et la gorge irritée, assurément, après tous les cris qu'il a poussés. Le peu de salive qu'il produit doit être épais et amer… Effet secondaire de la Potion que nous lui avons fait prendre…

Il regarde Eddy. De toute évidence, il hésite à parler. Il se demande sans doute ce que les deux Aurors savent. Et il doit aussi chercher comment se tirer de cette panade dans laquelle il est en train de se noyer…

« C'est le baiser du Détraqueur qui vous attend, si vous ne coopérez pas, Monsieur Boo… » déclare doucement Hugh, qui a adopté une pose décontractée.

Mais son regard clair est vif et sous la douceur du miel, sa voix est tranchante comme un rasoir…

Le Basilic le regarde. Tout son être transpire la peur…

« Dé.… » forment les lèvres de Hugh, sans produire aucun son.

« Non… Non ! C'est elle ! C'est cette salope ! » réagit vivement le Basilic, soudainement paniqué…

Voilà, on y est… Le gibier mijote ! Il va rendre tout son jus !

Je suis abasourdi par la perfidie de la tactique que mes deux potes ont adoptée pour le mener pile poil où on voulait ! Merde ! Ils sont Poufsouffle et Serdaigle, mais sur ce coup, ils ont été plus retors que des Serpentards ! A croire qu'on déteint tous les uns sur les autres, à force de se fréquenter…

« Ils sont sacrément bons… » souffle Ramaya, l'air franchement admirative

« Ouais… Je ne sais pas si j'aurais été capable de jouer aussi bien qu'eux… » ajoute Tarendra, la main collée sur le miroir sans tain.

« Moi je suis sûr que non. J'ai trop de contentieux avec ce type, je me serais énervé. Je crois que… je crois que nous sommes tous les trois trop impliqués émotionnellement parlant, pour réussir un coup pareil… » renchérit Blaise, qui ne perd pas une miette de ce qu'il se passe au-delà du miroir, mais se retourne soudainement vers moi pour ajouter : « On te doit une fière chandelle, Ron… »

« Je ne suis pas tout seul, sur ce coup… » réponds-je, en lui claquant l'épaule…

« Pour la mise en scène, l'exploitation des idées et le jeu durant toutes les saynètes, non… Mais c'est toi qui m'as convaincu qu'on y arriverait pas sans vous. Et tu avais raison… Notre idée de base était bonne, mais on ne serait parvenu à rien, sans vous tous et sans ajouter cette fameuse touche Gryffondor… » affirme Blaise, sous les hochements approbateurs de Ramaya et Tarendra.

Je ne réponds rien. Ce n'est pas la peine. Tout est dit.

C'est vrai que je savais qu'ils n'y arriveraient pas. Fallait pas être devin pour s'en rendre compte. Il n'y a pas de quoi pavoiser qu'ils le reconnaissent sans réserve maintenant.

Je n'attends pas non plus mille mercis de leur part.

Les potes, c'est fait pour s'entraider. Le merci qu'ils viennent de me donner suffit amplement.

C'est ça, l'amitié…

OoOoOoO

Remus

Lucius descend de la terrasse et vient à la rencontre de Willy Larbrouss. Nous voyons nettement ce dernier soupirer discrètement et remonter vers le Manoir. Il s'arrête à deux pas de Lucius et lui fait un signe de tête respectueux, en lui disant bonjour, son chapeau à la main.

« Que fais-tu ici, Larbrouss. Tu devrais être sur le Chemin de Traverse, à remplir la mission que le Maître t'a fait l'honneur de te confier.. » susurre Lucius, en toisant Willy de toute sa taille, l'air déjà de se réjouir de la punition qu'il va pouvoir infliger au serviteur désobéissant.

« J'ai quelque chose pour le Maître ! Mais j'voulais pas d'mander audience sans avoir fait un brin d'toilette avant… » répond Willy, très mal à l'aise, en tournant à demi la tête sur le côté.

Il triture son chapeau entre ses mains, tandis que Lucius plisse les yeux, le regard amplement soupçonneux, avant de s'approcher un peu et de humer l'air..

« Menteur ! Tu as bu, ivrogne ! Et tu allais te cacher pour cuver ! Tu sais ce que cela va te coûter, n'est-ce pas ! » s'exclame-t-il, en tirant sa baguette de sa canne, d'un geste vif

« Oui, j'ai bu un p'tit peu, mais j'vous jure, qu'ç'était pour la bonne cause ! J'vous en prie, non ! Pas de Doloris ! J'ai fait ça pour l'Maître ! J'vous l'jure, Monseigneur ! » s'exclame Willy, en se recroquevillant quelque peu sur lui-même, mains en avant, en un geste dérisoire pour se protéger…

« Ne m'appelle pas Monseigneur ! C'est réservé au Maître ! » siffle Lucius, en effectuant un mouvement sec avec sa baguette

La peau des avant-bras découverts de Willy se déchire et le malheureux pousse un petit cri, avant de ramener ses bras contre sa poitrine.

« Pardon, M'sieur Malfoy ! Mais j'vous promets, croyez-moi, j'allais v'nir au Manoir après êt' passé dans la tente ! » s'écrie Willy Larbrouss, l'air suppliant

« Je ne te crois pas, Willy. Tu serais passé au Manoir d'abord, pour prévenir le garde. Et je t'ai vu, depuis ma chambre. Tu passais en catimini. Pourquoi faire cela, si tu n'avais rien à cacher ? » répond Lucius, l'air méprisant autant qu'en colère…

« Je… J'voulais pas… J'avais oublié et pis j'me suis rapp'lé et… J'me suis dit que j'devais bien l'cacher en attendant d'pouvoir l'jeter ailleurs… » bafouille Willy, avant de fouiller dans la poche de sa cape et d'en sortir un récipient…

Mondingus sursaute.

« L'pur-Feu ! C'est ça qu'il allait planquer ! C'est l'Pur-Feu qu'y f'zait mine de boire chez la Mère Firewater, mais qu'y mettait en réserve pour garder les idées claires en attendant d'pouvoir m'tirer les vers du nez ! Il voulait s'le garder pour plus tard, mais il aura eu peur qu'Voldemort le r'nifle, s'il allait l'voir avec ça dans sa poche ! Qué crétin ! Il aurait mieux fait d'le cacher dans un buisson avant d'rentrer sur l'domaine ! Même plein comme un boudin c'est ç'que j'faisais avant d'venir au QG, dans l'temps, pour pas qu'Molly elle me l'jette dans l'évier… » s'exclame-t-il, en tapant du plat de la main sur sa cuisse.

Severus l'approuve. Et je comprends mieux la réaction de Willy, son hésitation dans l'allée, avant de contourner le Manoir

Pendant ce temps, sur l'écran, nous voyons Lucius s'approcher de Willy, lui arracher le récipient des mains et le renifler d'un air dégoûté, avant de le renverser sur le sol… Larbrouss regarde son Whisky se répandre dans l'herbe d'un air contrit…

« Explique-moi ce que cela faisait dans ta poche.. » ordonne Lucius, d'un ton sec.

Willy lui explique en deux mots sa rencontre avec Mondingus sur le Chemin de Traverse, qu'il a décidé de le suivre dans l'espoir de lui soutirer des informations car il sait son compère toujours bien renseigné et comment il a feint de boire…

« Ne mens pas, Willy. Tu as bu, même si tu t'en défends… » susurre Lucius, les yeux plissés sur une lueur cruelle

« J'm'en défends pas, non, M'sieur Malfoy. J'reconnais qu'j'ai bu un peu. Mais si j'l'avais pas fait, au début, Mondingus s'en s'rait rendu compte et y se s'rait méfié… » répond Willy, sur la défensive, mais l'air parfaitement sincère

Lucius s'approche de lui et l'attrape par le col de sa robe, avant de se pencher, d'un air menaçant

« Peux-tu réellement assurer qu'il ne s'en est pas rendu compte et que ce n'est pas lui, qui t'a tiré les vers du nez ? Ou mieux, qu'il ne s'est pas servi de toi pour te faire passer de fausses informations ? Après tout, Mondingus n'est pas de notre bord… » déclare-t-il, en toisant son vis-à-vis avec dédain.

Il a pris leçon du faux Conseil des Ministres, Lucius. La méfiance est de mise maintenant, dans le camp adverse et il nous faudra être plus retors que jamais, pour faire passer de faux renseignements…

J'espère cependant, que cette fois, ça va encore marcher. Que Voldemort va plonger droit dans la combine.

« Ah non ! J'vous jure, M'sieur Malfoy ! D'abord, Mondingus marche que pour lui-même ! Ça lui permet d'faire des affaires avec tout l'monde ! Et pis il sait pas que j'suis pour l'Seigneur des Ténèb'… Et il était fin saoul, croyez-moi ! C'est moi qu'j'y ai soutiré quèque chose ! L'Seigneur des Ténèb' pourra l'vérifier autant qu'il veut ! Ici ! » s'exclame Willy Larbrouss, beaucoup plus assuré maintenant, en tapotant sur sa tempe

« J'espère que s'il le fait, ce ne sera pas de trop près. Il ne faudrait pas qu'il s'aperçoive que j'ai bloqué l'Oubliette de Willy… Ni qu'il capte le coup du petit doigt, bien que je doute qu'il le connaisse. » murmure Severus, d'un ton ennuyé, tandis que Lucius jauge Willy Larbrouss du regard…

Mais proposer d'ouvrir son esprit à Voldemort, ça prouve bien sa bonne foi. Lucius ne s'y trompe pas…

« T'aurais p'têt dû l'laisser faire, prof. Richard connaît sans doute un truc pour r'trouver la mémoire après un Oubliette…. » commente Mondingus, alors que Lucius invite Willy à le suivre chez son Maître

Severus se retourne vers Mondingus et hoche la tête en signe de négation.

« Je ne sais pas si Richard connaît un Sortilège efficace pour contrer un Oubliette, sans que cela ne laisse de séquelles ou non. Mais même si cela était, jamais je n'aurais pris le risque que tu te retrouves comme Lockhart, si Willy avait raté son Sort. Il n'était peut-être pas complètement ivre, mais assez pris de boisson tout de même, pour avoir davantage de chance de louper son coup que de le réussir. » assure-t-il, avant de reporter son attention sur l'écran

« Merci, prof… » dit Mondingus, avec un regard empli de gratitude…

« De rien, Médicomage… » répond Severus, avec un sourire dans la voix…

Et une larme monte dans les yeux de Mondingus, qui se rengorge de fierté…

Je crois que Severus vient de gagner, au-delà de son indéfectible amitié, sa reconnaissance éternelle, me dis-je, alors que Lucius et Larbrouss arrivent dans le bureau de Voldemort.

Willy se jette aux pieds de son maître et s'empresse de sortir le Journal de Salazar, le présentant à deux mains à Voldemort, tandis que Lucius lui raconte en deux mots ce qu'il vient de se produire…

J'ai l'impression d'entendre le cœur de Severus battre la chamade dans sa poitrine. Je le comprends. Il a travaillé des semaines sur ce projet, peaufinant encore et encore chaque détail.

« Ainsi, tu es prêt à me montrer ton souvenir » susurre Voldemort, en relevant la tête de Willy, d'une légère pression de ses doigts sous son menton, sans même jeter un coup d'œil au présent que lui offre son serviteur

« Oui, Maître… » répond Willy, qui n'est plus si assuré que cela maintenant qu'il se retrouve au pied du mur

Il va apprendre à ses dépens qu'on ne fait pas ce genre de proposition à la légère. Il a tout intérêt à n'avoir réellement rien à cacher à Voldemort, car s'il a fait ça sur un coup de bluff, il a mis sa peau en jeu…

« Bien… Voyons alors ce qu'il y avait de si important, que tu as jugé bon de te détourner de tes devoirs envers moi et de transgresser les ordres de Lucius concernant l'interdiction totale de consommer de l'alcool… » annonce Voldemort, avant de s'insinuer brutalement dans l'esprit de Willy

Larbrouss pâlit, mais il se laisse faire, bien que Voldemort ne juge visiblement pas nécessaire de prendre quelques précautions, pour éviter à son serviteur de souffrir de cette intrusion…

Voldemort fouille impitoyablement l'esprit de Willy durant quelques longs instants, puis son expression change et il s'arrache vivement de l'esprit de son serviteur, fixant aussitôt le Journal qu'il lui présente toujours à deux mains. Il parait ne pas en croire ses yeux. Figé par la surprise, il semble ne pas savoir que croire durant quelques secondes qui me paraissent infiniment longues..

Enfin, il avance une main avec lenteur, caresse la couverture abîmée par les ans du bout de ses longs doigts maigres, puis prend le journal avec révérence, se lève et ose finalement l'ouvrir avec d'infinies précautions. Ses yeux flamboyants parcourent rapidement la page de garde, puis il tourne quelques pages au hasard. Son visage semble s'éclairer à mesure, même si la surprise reste imprimée sur ses traits…

« Il va marcher dans la combine ! » murmure Severus, d'un ton qui n'en revient pas, avant de se tourner vers nous, l'œil brillant et d'ajouter : « Il marche ! Il y croit ! »

Et il éclate d'un rire clair et joyeux…

« On dirait, oui ! » réponds-je, heureux de voir ses efforts récompensés, mais un peu sur la réserve encore…

« Ouh ! Waouw ! C'est incroyable ! On a réussi ! Mais je vais attendre, avant de l'annoncer aux autres. On ne sait jamais, le journal ne résistera peut-être pas à un examen plus attentif, quand Willy sera parti… » s'exclame encore Severus, qui me rejoint finalement dans ma réserve…

Sur l'écran, Voldemort est maintenant immobile, tenant toujours le Journal de Salazar dans ses mains, mais regardant dans le vague. Il réfléchit…

« Willy, as-tu parlé de cela avec quelqu'un ? » demande-t-il, en baissant son regard sur son serviteur, toujours à genou.

« Non, Maître ! Et même qu'j'ai effacé la mémoire d'Mondingus ! Y s'souv'nais plus qu'y m'avait vu, ni d'sa tante Adélie ! J'vous jure ! Vous pouvez r'garder encore par vous-même ! » s'écrie Willy, l'air si sincère, que nul être sensé ne mettrait sa parole en doute et le laisserait tranquille…

Sauf Voldemort, bien entendu…

« Vraiment ?… Tu as très bien réagi, Willy. Relève-toi, mon ami… Et montre-moi, le moment où tu as interrogé cette vieille crapule, pour t'assurer qu'il ne se souvenait de rien. Pousse ton souvenir en avant, que je n'ai pas à fouiller ton esprit à sa recherche… » déclare-t-il, en plongeant son regard dans celui de Larbrouss qui s'est vivement relevé.

L'intrusion ne dure guère cette fois et Voldemort a l'air parfaitement satisfait, tandis que Severus pousse un léger soupir de soulagement. Willy a dû bien sélectionner le souvenir demandé, passant l'instant où il a jeté le Sortilège.

« Tu m'as servi avec honneur, mon fidèle Serviteur… Ta récompense sera grande, quand viendra notre heure de gloire. Et tu mérites bien de garder tes autres trophées… » susurre-t-il, avant d'inviter Willy fier et triomphant, à le laisser seul avec Lucius.

Willy le remercie avec empressement, l'air heureux et soulagé à la fois. Il se courbe en deux, pour présenter ses respects à son Maître et tourne les talons, se dirigeant vers la porte, quand Voldemort tire sa baguette…

« Willy ! » appelle-t-il, alors que Larbrouss pose la main sur la poignée de porte.

Larbrouss se retourne, tout sourire, un « oui, Maître » à la bouche, qu'il n'a pas le temps de prononcer. Un Sortilège d'Oubliette le frappe de plein fouet, suivi d'un Impérium qui le fige instantanément

« Il a une bourse peine de Gallions, deux chandeliers en argent et une blague à tabac en cuir, également volés à ce misérable Mondingus Fletcher. Prends-les Lucius. Je ne veux pas qu'il s'interroge à ce propos, ni qu'il reste quoi que ce soit en sa possession, lié à ceci » ordonne Voldemort, en montrant le Journal qu'il tient dans la main.

Lucius obéit, avec quelque peu de répugnance, quand il s'agit de toucher la cape crasseuse de Larbrouss. Puis il soigne convenablement les bras de Willy, dont il n'avait qu'arrêté les saignements avant d'entrer dans le Manoir et revient avec la bourse de Gallions, les chandeliers et la blague à tabac vers son Maître.

« Retourne sur le Chemin de Traverse, Willy. Quand tu arriveras là-bas, tu oublieras avoir quitté ton poste d'observation, sauf au moment où tu es allé chez Barjow et Beurk avec Leverue et tu retrouveras le contrôle de toi-même… » ordonne Voldemort, en prenant place dans son fauteuil.

Willy obtempère, de façon mécanique, tandis que Lucius observe son Maître, visiblement curieux et avide de comprendre en quoi le livre apporté par Willy a autant de valeur aux yeux de son Maître.…

Severus, Dedalus, Hestia, Mondingus et moi-même retenons notre souffle

Voldemort ignore Lucius, durant quelques minutes. Il feuillette le livre, examine les enluminures à la loupe, lit quelques passages. Puis il revient à la page de garde et il émet un long sifflement désagréable, sans quitter le bas de la page des yeux. Et soudainement, il éclate de rire, tête en arrière et gorge déployée…

Un message est apparu, je le sais, j'étais là, quand Harry a posé le Sortilège. Ce n'est pas grand chose, mais Salazar était sensé prouver ainsi l'authenticité de son Journal… Et c'est ce qui rend Voldemort si joyeux…

Il accorde enfin un regard flamboyant de joie à Lucius qui le regarde toujours sans comprendre.

« Le Journal de Salazar Serpentard… Lucius ! C'est le journal de mon ancêtre ! Et il est authentique ! Il n'y a aucun doute là-dessus ! » s'exclame-t-il, d'un ton qui exprime un enthousiasme débordant.

Et, tandis que Lucius ouvre des yeux ronds comme des billes, Severus relâche enfin son souffle, dans une explosion de joie, sautant littéralement dans les bras de Mondingus, avant de me serrer contre sa poitrine et d'en faire autant avec Dedalus et Hestia.

Comme les autres, je suis aussi heureux que lui.

Nous venons de remporter une belle victoire.

Et je suis sûr que la cuisine des Anges n'aurait pas goût plus délicieux…

OoOoOoO

Harry

Hugh et Eddy se regardent, un sourcil levé pour l'un, un haussement d'épaule pour l'autre et ils ont l'air de mettre en doute ce que le Basilic vient de dire…

« Mais si ! J'vous jure que c'est elle ! » s'exclame-t-il, paniquant davantage encore

« Qui elle, Monsieur Boo ? Exprimez-vous clairement… » invite Hugh, avec sécheresse…

Il ne cesse de changer de ton, soufflant des chauds et froids…

Le Basilic déglutit difficilement, en se passant une main nerveuse dans les cheveux. Il ouvre la bouche pour répondre, mais Eddy ne lui en laisse pas le temps. Il allonge le bras pour se saisir du parchemin et se penche brusquement vers lui, le regard froid et une moue dégoûtée sur le visage

« Qui, Monsieur Boo ? Qui a intérêt à vous faire tomber ? Pourquoi ? » insiste-t-il, en levant brièvement le parchemin sous le nez du Basilic…

Pas assez longtemps pour qu'il puisse lire vraiment ce qui est écrit, mais assez pour qu'il reconnaisse l'écriture habilement imitée par Blaise

« Lucrèce Zabini… » crache le Basilic, sans cacher la rage qui le submerge

Il tente de se lever, mais Eddy l'attrape vivement par le col et le cloue de nouveau sur sa chaise…

« Pourquoi cette dame vous impliquerait-elle dans l'affaire de Tinsley Green ? Où est son intérêt ? Je ne comprends pas… » déclare-t-il, d'une voix doucereuse

« Et comment peut-elle être au courant de votre implication dans ces meurtres ? Quels sont vos rapports avec elle ? » poursuit Hugh, qui s'est levé et penché par-dessus la table, ressemblant à un vautour fondant sur sa proie

« Pourquoi n'est-elle pas venue faire ses déclarations dans nos bureaux ? Pourquoi avoir choisi de le faire de manière anonyme ? Pourquoi vous avoir déposé ainsi devant le Ministère ? » le relaye Eddy, en ramenant vers lui le visage du Basilic qui s'était tourné vers Hugh

Il maintient sa mâchoire d'une poigne de fer et approche son visage du sien, son œil plissé pesant de mises en garde. Le Basilic ne sait où donner de la tête sous l'avalanche de questions que posent encore tour à tour Hugh et Eddy : pourquoi avoir tué d'innocents Moldus, des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants sans défense ? Pouvait-il dormir avec cela sur la conscience ? Où se trouve Lucrèce Zabini ? Est-elle impliquée dans les meurtres ? Avait-il d'autres complices ? Qui ? Où sont-ils ? Depuis quand est-il un Mangemort ? A-t-il participé à la bataille de Dunvegan Castle ? A-t-il blessé ou tué quelqu'un au cours de cette bataille ? Si oui était-ce un Auror, un Tireur de Baguette ou un Membre de l'Ordre du Phénix ?

« Coup de grâce final. Maintenant » murmure Ron

Ramaya jette aussitôt son Fluide Glacial, comme si des Détraqueurs sont venus se poster derrière la porte, tandis que je lance le Sortilège qui permet à un souvenir de s'élever depuis la Pensine de Marraine, habilement dissimulée sous la table. Le Basilic se retrouve englobé dedans. Des visages d'hommes, de femmes, d'enfants morts, défilent devant lui, le regard accusateur. Des gémissements, des cris de douleurs, des reproches retentissent. Puis un Détraqueur se penche vers lui, dans un souffle rauque…

Le Basilic, toujours fermement retenu par Eddy, se débat, il hurle, il sanglote, les mains sur les oreilles, dans l'espoir de ne plus rien entendre, les yeux fermés dans l'espoir de ne plus rien voir : « Arrêtez ! Pitié ! Arrêtez ! J'vais tout vous dire mais pitié ! Pitié ! Arrêtez ! Faites-les partir ! Pitiééééé ! »

Pour parfaire l'illusion, Hugh jette son Patronus. Ramaya et moi annulons nos Sorts et la chaleur revient doucement dans la fausse salle d'interrogatoire.

« Les Détraqueurs sont partis. Mais si vous ne vous mettez pas à table tout de suite, nous les faisons revenir… » assène Eddy, d'un ton dur au Basilic qui sanglote, affaissé sur sa chaise.

Il hoche la tête et promet de tout dire, de répondre à toutes les questions. Hugh et Eddy lui laissent un peu de temps pour se reprendre. Ils lui versent un verre d'eau, lui donnent un mouchoir pour essuyer ses pleurs…

« C'est presque de la torture mentale, que nous lui faisons subir là. » murmure Annabelle, blottie dans les bras de Draco.

« Ce n'est pas presque. C'est de la torture mentale. Et je suis content que ça soit fini, qu'il ait enfin décidé de tout déballer. Ce que nous avons fait n'était pas foncièrement méchant et c'était tout à fait nécessaire pour obtenir ses aveux, certes, mais aller plus loin, ce serait du pur sadisme. Et nous ne vaudrions alors pas mieux que lui… » déclare-je, les mains moites.

Je ne me sens pas très fier, d'avoir donné le coup de grâce à ce type en actionnant le souvenir que nous avons fabriqué, même si c'est l'un des plus grands salopards de ce monde.. Cela fait un peu plus de deux heures que nous le terrorisons maintenant et ce n'est pas bien… On a beau dire ce que l'on voudra, mais ce n'est pas bien. Même si c'est pour la bonne cause…

« Nous savions tous, que ce n'était pas un jeu amusant. Nous préférons tous nous battre en duel, à la loyale, face à face avec ces salauds ! Mais nous n'aurions pas pu l'avoir autrement. Nous n'avons aucun témoin, aucune preuve à produire contre lui, puisque les seules que nous avons, sont les enregistrements du Manoir que nous devons pour l'heure tenir secrets. De plus, parce qu'il travaille au Sous-Ministère du Pays de Galles, il n'a pas la marque, bien qu'il ait prêté allégeance à Voldemort. Il aurait donc suffi qu'il nie tout en bloc, pour que le Magenmagot le libère. L'important, c'est que nous sachions où nous arrêter, pour ne pas perdre notre âme dans nos combats… » rationalise Ramaya, tandis que le Basilic porte un verre d'eau à sa bouche, la main tremblante.

« Saloperie de guerre… » murmure Draco, sous les hochements de tête de chacun

Tout le monde est visiblement soulagé, que notre partie de chasse au Basilic soit presque terminée. Mais je ne peux m'empêcher de me demander ce que nous aurions décidé de faire, s'il n'avait pas craqué maintenant. Jusqu'où serions-nous allés ? Aurions-nous poursuivi ou aurions-nous laissé tomber et confié la tâche au Magenmagot de décider ce qu'il y avait lieu de faire ?

Je ne sais pas. Cette question restera sans réponse et je préfère ne pas y penser pour l'heure, reporter mon attention sur ce qu'il se passe de l'autre côté du miroir sans tain, où Hugh et Eddy viennent de reprendre discrètement un peu de Polynectar, avant de passer à la dernière phase de leur mission…

Le Basilic couche ses aveux par écrit. Il révèle sa liaison avec Lucrèce Zabini, son implication dans les meurtres de Tinsley Green, la participation de Chhaya Deli, la mère de Ramaya et Tarendra. Il avoue avoir participé à la bataille de Dunvegan Castle, mais nie avoir tué qui que ce soit au cours de cette bataille. Blessé, mais pas tué, affirme-t-il, reconnaissant quand même, que les blessures ont pu entraîner la mort si elles n'étaient pas immédiatement soignées…

Il explique ensuite que la mère de Blaise vient d'épouser son père et qu'elle projette de l'empoisonner à petit feu, pour hériter de la fortune qu'il était supposé partager avec elle. Il affirme que c'est elle, qui a dû le livrer aux Aurors, pour ne pas avoir à partager cette petite fortune. Mais ces accusations, n'étant fondées sur aucune preuve, elle ne peut figurer sur les aveux, déclare Hugh. Le Basilic ne l'écrit donc pas… Il ne s'interroge même pas là-dessus, ne trouve pas cela étrange. Il est trop épuisé sans doute….

Ça nous arrange. Il n'est pas besoin que les vrais Aurors se posent des questions sur ce qu'il a voulu dire par : c'est Lucrèce Zabini qui m'a livré aux Aurors, même si King et le père de Hugh sont dans la confidence de ce que nous allions faire aujourd'hui et que nous les tiendrons au courant du nouveau mariage contracté par la mère de Blaise et de ses projets concernant son époux.

« Bien… Nous avons vos aveux concernant l'empoisonnement de cinquante-sept membres d'une même famille à Tinsley Green, ainsi que votre participation à la Bataille de Dunvegan Castle. Avoir livré le nom de vos deux complices peut vous valoir quelques indulgences, Monsieur Boo, mais ce serait mieux encore, si vous pouvez nous révéler où se trouvent ces deux femmes : Lucrèce Zabini et Chhaya Deli… » déclare Hugh d'un ton doux

« Même si je vous le dis, cela ne servira à rien… » soupire le Basilic, en passant une main sur son visage fatigué.

Il se passe la langue plusieurs fois sur ses lèvres sèches…

« Pourquoi ? » demande Eddy, en poussant devant lui un autre verre d'eau, que le Basilic accepte avec soulagement…

Les effets secondaires de la Potion des Jumeaux risquent de durer quelques heures encore. Il n'a pas fini d'avoir la bouche sèche, malgré toute l'eau qu'il pourrait boire…

« La propriété est bien protégée : Sort Anti-Transplanage, Fidélitas, posés par le Seigneur des Ténèbres lui-même. C'est Lucrèce, la Gardienne du Secret… Incartabilité, posé par Zabini avant son mariage avec Lucrèce. Il y a aussi d'autres protections et barrière, que nous avons jetés ensemble, avec le Seigneur des Ténèbres. Il y a même un Maléfice qui empêche les Elfes de Maison de quitter la demeure. C'est Chhaya Deli qui l'a posé. Toutes les courses sont livrées devant la porte. Et les femmes ne sortent presque plus. Quand elles le font, elles passent à peine la grille et Transplanent aussitôt, depuis un périmètre encore protégé par le Fidelitas…Vous ne pourrez pas prendre cette salope de Lucrèce là-bas. Et ailleurs non plus sans doute, elle prend trop de précautions… » révèle le Basilic, avec une moue haineuse

« Pourquoi toutes ces précautions ? Pourquoi empêcher les Elfes de Maison de sortir ? » demande Hugh, en haussant un sourcil.

« Pour les Elfes, Lucrèce ne voulait pas que mon père les envoie chercher du secours. Après tout, ils sont à lui, pas à elle. Pour le reste, elle se méfie de son fils. Il sait des choses sur elle et elle pense qu'il a mis votre chef au courant… Elle pense aussi qu'il est capable de la capturer pour la livrer aux Aurors… Et Chhaya, elle pense la même chose de sa fille Ramaya et de son fils Tarendra… Que rien pourrait leur faire plus plaisir à leurs rejetons, que de les savoir entre les mains de la Justice…» avoue le Basilic, avant de reprendre une gorgée d'eau…

« Comme elles ont raison ! » commente Blaise, en serrant brièvement ses poings

« Dites-nous quand même où elles sont. On ne sait jamais. Elles peuvent commettre un impair… » insiste Eddy, d'un ton encourageant.

« Un impair ? Ho non ! Pas ces deux diablesses, croyez-moi ! » répond le Basilic, qui ajoute cependant très vite, quand Eddy se penche vers lui le regard menaçant : « Elles sont dans les Cotswolds, pas très loin de Winchcombe, dans un ancien Manoir Moldu ! Priest Hole Manor ! C'est comme ça que les habitants du coin l'appelaient dans le temps quand ils connaissaient son existence ! Le nom lui est resté ! Il appartient au fils Zabini ! C'était la propriété de son père, où il est né ! Lucrèce a dit que jamais il pourrait la trouver là, parce qu'il ne savait pas. Il ne connait pas ce Manoir. Elle a caché le titre de propriété dans son coffre à elle, à Gringotts ! »

A mes côtés, Blaise a terriblement pâli. Il ne dit rien, mais il n'est pas bien difficile de comprendre combien cette révélation le touche…

« Merci, Monsieur Boo. Nous avons tout ce qu'il nous faut maintenant. Il ne vous reste plus qu'à signer vos aveux… » déclare Hugh, en tendant une plume au Basilic.

Le Basilic la prend, hésite brièvement puis signe, se détournant aussitôt de la table.

« Qu'est-ce qui va m'arriver maintenant ? Combien de temps je vais rester à Azkaban ? » demande-t-il, une lueur presque désespérée traversant son regard, lorsqu'il le lève vers Eddy

« Vous allez être jugé et condamné, Monsieur Boo… Au baiser du Détraqueur, sans aucun doute… » répond mon pote, juste avant de jeter un sort du sommeil au Basilic, ne lui laissant ainsi pas le temps de réagir…

Le Basilic s'effondre en avant et Eddy a tout juste le temps de le rattraper pour qu'il ne tombe pas nez en avant sur le sol. Ron relâche ses Illusions et nous nous retrouvons au milieu de la salle de réception où les tables et chaises ont été reculées contre le mur…

« Il ne reste plus qu'à livrer le colis aux Aurors… » déclare Hugh, en tendant à Blaise, Ramaya et Tarendra, le parchemin roulé et retenu par le ruban argenté, contenant les aveux du Basilic …

C'est Blaise qui s'en saisit

« Merci, Hugh… Merci tout le monde… Vous avez été formidables… » dit-il d'une voix étranglée, tandis que Tarendra fait Léviter le Basilic au bout de sa baguette.

Et, sans attendre davantage, tous prennent le chemin de la sortie, avec Ramaya et leur prisonnier…

« Il est 11H43, la chasse au Basilic est terminée. Le temps de ranger, nous serons de retour au Terrier pour faire ripaille à midi ! » s'exclame Fred, en commençant d'ors et déjà à remettre le mobilier en place.

Georges sourit, sort un Gallion de sa poche et le lance vers Fred avec un clin d'œil.

« Tant mieux ! Maman a prévu une assiette des anges en dessert ! » s'exclame Ron, avec un sourire jusqu'aux oreilles..

« Une assiette des anges ? » interroge Théo, un sourcil haussé

« Ouais… C'est le dessert pour les enfants sages, spécial Molly Weasley ! Tu vas voir, c'est fameux ! » répond Georges, en rassemblant dans une petite malle tout le matériel que nous avons utilisé

Et chacun s'applique à la tâche, soudainement pressé de quitter les lieux, de rentrer au Terrier où nous allons pouvoir annoncer à Olivier que notre mission est remplie, avant de passer à autre chose…

Je me ferais bien une petite sieste coquine avec Ron après le déjeuner, me dis-je, en regardant mon petit ami replacer des chaises autour d'une table…

Une bonne façon de commencer le week-end qui annonce la fin de ces fichues vacances qui ont été pour le moins mouvementées et marquées d'évènements douloureux…

En fin de compte, rentrer à Poudlard, ça va réellement nous faire des vacances. Au moins, là-bas, on pourra se reposer bien davantage qu'on ne l'a fait ces deux dernières semaines. Surtout que le séjour dans le temps ralenti que nous avait promis Marraine pour demain, a dû être annulé, parce que le Ministre Français a requis ses services…

Poudlard, la reprise du train-train quotidien et de nos entraînements avec les copains…

J'ai soudainement hâte d'y être…

OoOoOoO

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